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--golubzova_ideologiya_i_kultura_selskogo_naseleniya.doc
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☆

Ignorons s ’il y avait aux villages des gymnasions et des

maîtres professionnels. On peut le supposer en se basant sur

l ’étendue de l ’écriture grecque dans les régions rurales.

L’apparition en Asie Mineure des romains, de l ’admini­

stration romaine, du service fiscal romain n’influença qu’

approximativement les rapports communautaires et ne toucha

pas profondément les régions rurales. La romanisation de

l ’Asie Mineure allait par intermédiaire de la polis, moyen­

nant l ’accroissement du nombre des villes dont savaient

profiter assez largement les romains, mais n ’embrassait que

légèrement les régions rurales. Les romains n’intervenaient

pas aux rapports intérieurs des organismes communautaires

ce qui favorisait la conservation de la communauté. C’était

le volume des impôts payés par la communauté qui comptait

pour les fonctionnaires romains et non le «mécanisme» de

leur obtention. Il est significatif l ’existence de nombreuses

inscriptions qui traitent le versement des impôts de la part

d ’une communauté mais rares sont des témoignages d ’une

intervention des fonctionnaires romains dans la vie financière

de la communauté. La régularité reste intacte pour la vie

idéologique: les romains n ’intervenaient pas dans le mode de

vivre du paysan; ses intérêts, ses joies et ses ennuis ne les

touchaient plus que les cultes qu’il professait ou les temples

qu’il érigeait.

En plus, la caution solidaire et son caractère fermé,

aggravé par de traditionnels cultes communautaires, était

avantageuse pour le gouvernement romain. Il est bien signi­

ficatif que les divinités romaines ne devinrent non plus fami­

lières aux indigènes qui travaillaient dans les propriétés

romaines. Les inscriptions érigées par les oikonomoi des

propriétés romaines montrent que les paysans qui y habi­

taient adoraient leurs propres dieux locaux et non ceux des

romains. Même dans les cas où les propriétaires changeaient —

les uns mouraient et cédaient leurs places aux autres —

même en changeant le patron la communauté restait fidèle à

son mode de vie économique et idéologique. Les paysans

continuaient à ériger les inscriptions à la santé des divinités

qu’ils adoraient, en conservant pieusement leurs traditions

communautaires.

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Il est évident que de leur côté les romains n ’imposaient

leurs cultes dans les propriétés, ne tenaient pas à transmettre

les cultes des lares, des ancêtres, de faire adorer leurs propres

dieux. Les inscriptions des propriétés particulières de l ’Asie

Mineure témoignent de la stabilité des cultes communautai­

res locaux. Les romains veillaient seulement sur le culte de

l ’empereur. Cela ne nie pas le fait qu’au courant de la dé­

composition de la communauté, surtout dans les régions oc­

cidentales de l ’Asie Mineure, les liens religieux devenaient

plus faibles, dans la communauté apparaissaient des étran­

gers qui apportaient leur idéologie à eux, leur conception du

monde. Ce processus n ’était pas facile et uni, les cultes com­

munautaires recevaient de différents changements.

Les déplacements sociaux emmènent des changements idé­

ologiques. La couche des sacrificateurs ne veut pas céder les

positions conquises et tient au culte du dieu — protecteur

local qu’elle sert. L’aristocratie rurale enrichie et munie

d ’une certaine influence, entre en lutte avec elle et cherche

une autre base idéologique. Ainsi, la lutte sociale à l ’intérieur

de la communauté est menée sous les mots d ’ordre religieux

et les collèges des sacrificateurs défendent obstinément les

cultes locaux qui garantissent leur prospérité.

La réligion de la communauté rurale était démocratique.

Tous les habitants du pays — ceux qui jouissaient comme

ceux qui ne jouissaient pas de tous les droits civiques —

s ’adressaient à la divinité prolectrice et étaient égaux devant

elle. L’aristocratie rurale et les esclaves dans la même

mesure adoraient le défenseur et le protecteur de la commu­

nauté, érigeaient les inscriptions votives avec les dédicaces:

«au dieu et au κωμήτοα», «à tous les κωμήτοα», «pour tous les

vivants» etc. Un pareil démocratisme de la religion commu­

nautaire constituait l ’appui des cultes locaux dans de diffé­

rentes couches de la population rurale.

Il n ’est pas fortuit, alors, le culte du dieux juste qui

jouissait d ’une grande popularité dans la communauté rura­

le. D ’habitude, c ’étaient les dieux «sacrés et justes» qui

etaient les plus répandus en Phrygie. Ce culte était souvent

identifié avec le culte de Δίκη, représentée sur les reliefs

comme une femme vêtue d ’une longue robe et avec un bonnet

Phrygien, portant un balance à deux plateaux.

Le culte du Soleil, du Hélios portait en soi une grande

«charge» sociale. Il était connu en tous les temps et dans

toutes les régions de l ’Asie Mineure, mais il était le plus

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répend и en Carie. Dans les inscriptions il était nommé

‘Ήλιο; θεός Μεγίϋτος, parfois ‘Ήλιος Δίκαιος tout simplement.

Ces derniers rappellent particulièrement le dieu solaire des

Héliopolitains. Ne sont pas occasionnelles les paroles de

Strabon qui dit qu’ «Aristonikos cherchant de conquérir le

pouvoir après la mort du roi de Pergame Attale III, réunit

les pauvres et les esclaves (απόρων τε^άνθρώπων καί δούλων),

en leur promettant la liberté et en les appellant habitants

de la ville du Soleil» (XIV, 1, 38). Le problème des rapports

possibles entre l ’idéologie de la révolte d ’Aristonikos et

l ’utopie de Jambulos et son état du Soleil est discuté dans

l ’historiographie des derniers cent ans. Les uns y discer­

naient une liaison directe, les autres la niaient, mais les sa­

vants d ’aujourd’hui se penchent de plus en plus souvent

vers la constatation des origines communes de l ’utopie de

Jambulos et de l ’idéologie des révoltés. Il faudrait les cher­

cher dans la conception du monde des habitants de campagne,

dans de nombreuses inscriptions desquels était maintes fois

mentionné «Hélios le Juste». Il faut prendre en considération

l ’expansion de la révolte parmi les tribus de l ’Asie Mineure

et, en particulier, parmi les abbaïtes et les abbretains, la

révolté embrassa toutes les régions centrales de l ’Asie Mi­

neure. Il est bien probable que la popularité de la révolte

peut être en grande partie expliquée"par le fait qu’aux ha­

bitants du pays était cher et proche son principal mot

d ’ordre — Héliopolis. Brièvement, la révolte est divisée en

deux périodes. La première période, dès le commencement

des actions et jusqu’à la capture du chef, porte le nom de la

période «esclavagiste». La deuxième étape — depuis que

Aristonikos avait été envoyé à Rome,— il faut la caracté­

riser comme «paysanne». Au moment d ’arrivée en Asie du

consul Manius Acquilius toute la Carie, la Lydie, la Mysie

et partiellement la Phrygie étaient envahies des flammes de

la révolte. L ’armée romaine luttait contre les paysans qui,

les armes à la main, défendaient leurs idéales exprimés en

mots d ’ordre religieux témoignant l ’adoration de Hélios le

Juste, et leurs intentions de la fondation de l ’utopique ville

du Soleil. Il est incontestable que le culte d ’Hélios dont les

origines remontent vers la haute antiquité, était un culte

traditionnel de la communauté et qu’il restait intact au cours

de plusieurs siècles.

Dans certains cas il se complétait du culte d ’Appolon

Lerben, de cette divinité à laquelle ou dédiait les esclaves

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en les affranchissant. L’organisation de ces cultes influençait

beaucoup la vie sociale de la communauté. L’exercice

des fonctions reposait sur les sacrificateurs ou les collèges

des sacrificateurs jouissant de singulières privilèges. Et si

les fonctionnaires du village, les κωμάρ/αι et les βραβευταί

étaient élus par la réunion populaire pour le délai d ’un an,

assez souvent, les sacrificateurs conservaient leurs postes à