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ivanov666
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Файл:Французский язык говорим, пишем, мыслим = Le Français parler, écrire, réfléchir. Учебное пособие
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UNITÉ 1. DIFFÉRENCIATIONS ET IDENTITÉS CULTURELLES
citoyennes. Beaucoup d’habitants de l’agglomération et autour se sont
alors renseignés auprès de nous pouraccueillir des réfugiés chez eux.
Comment avez-vous répondu à ces sollicitations?
Olivier Tirard-Collet:On a conseillé aux volontaires de seconsti-
tuer en collectif en fonction du village ou de la région où ils habitent
et de mettre en place un système d’hébergement tournant: chaque
membre accueille tour à tour un migrant chez lui pour une période
donnée, quinze jours par exemple, puis une autre famille prend le relais, et ainsi de suite. Ce système est destiné à accueillir des migrants
qui sont en situation d’urgence, car vivant dans la rue: en principe, une
fois qu’un migrant lance une procédure de demande d’asile, il est immédiatement logé encentre d’accueil de demandeurs d’asile en France
(CADA). En réalité, ils attendent des mois, voire n’obtiennent jamais
d’hébergement.
Nous mettons en lien les collectifs et les demandeurs d’asile qui ont
besoin d’un hébergement.
Cette solution est-elle satisfaisante?
Olivier Tirard-Collet:L’expérience montre que le système est bé-
néfi que pour les deux parties. Pour les demandeurs d’asile, c’est une
socialisation accélérée. Les accueillants s’investissent beaucoup dans
l’accompagnement des migrants, qui apprennent rapidement les codes
de la société françaises à leur contact. En CADA, qui sont installés de
plus en plus loin des centres-villes, les migrants vivent dans une bulle.
L’accompagnementsocial et administratif diminue par ailleurs avec le
temps, et l’isolement des migrants augmente.
L’effet pédagogique sur les personnes qui accueillent est énorme lui
aussi: ils apprennent beaucoup au contact d’une autreculture et sur
la complexité du système de demande d’asile en France. La plus grosse
diffi culté, pour les migrants envoyés dans de petits villages en mon-
tagne, c’est l’éloignement de la ville.
Pour quelles raisons?
Olivier Tirard-Collet:Il y a un peu d’appréhension, d’abord parce que
les demandeurs d’asile qui arrivent en France sont en général très urbains.
Tous ne sont pas prêts àaller vivre en montagne loin de leur communauté.
Et puis les démarches administratives imposent aux migrants de serendre
régulièrement à Grenoble, ce qui implique qu’ils puissent se déplacer.
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Jusqu’à présent les choses se passent de manière très fl uide de ce côté-là.
Constatez-vous un décalage entre la réalité de la crise migratoire dans l’Isère et la façon dont les collectifs la perçoivent avant
de s’engager?
Maire-Pierre Fournier:Avec la publication de la photo d’Aylan,
toutle monde voulait son Syrien, chrétien, médecin! Mais en réalité, il
y a très peu de Syriens à Grenoble, une soixantaine de personnes tout
au plus. Les nationalités les plus représentées sont plutôt les Guinéens,
les Congolais de République démocratique du Congo et les migrants
en provenance des Balkans. Cela étant dit, ce décalage ne pose pas de
problème en soi, les accueillants ne s’opposent pas àrecevoir d’autres
nationalités. Ils apprennent tout ça au fur et à mesure.
Parvenez-vous à loger tous les migrants qui en ont besoin
grâce à ces collectifs?
Olivier Tirard-Collet : Non. Actuellement, une cinquantaine de
personnes sont en attente d’hébergement. Pour que le système d’hébergement collectif fonctionne, nous préconisons qu’un minimum de
quatre familles accueillent un migrant. Les collectifs avec lesquels nous
sommes en lien accueillent en moyenne entre une et quatre personnes
maximum, ce qui ne permet pas de loger tout lemonde. Sachant qu’il
y a aussi des profi ls qui sont plus compliqués que d’autres àhéberger,
notamment les familles nombreuses.
Quelles solutions s’offrent à ces familles?
Olivier Tirard-Collet:Plusieurs collectifs y réfl échissent. Une so-
lution qui émerge est la location d’un appartement dont le loyer est pris
en charge par les membres des collectifs. L’idée pour eux est deconser-
ver le système d’hébergement tournant pour les urgences et d’accueillir
en plus, sur une base plus stable, d’autres migrants et notamment des
familles. Le système a déjà été mis en place par un collectif. A La Mure
(40km au sud de Grenoble), le CARM est en train de lefaire.
Vade-mecum lexical
1. Trouvez dans le texte les mots et les expressions correspondant
aux défi nitions suivantes :
1) Intervention faite auprès d’une autorité
2) Reparler d’un sujet, d’une question
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UNITÉ 1. DIFFÉRENCIATIONS ET IDENTITÉS CULTURELLES
3) Accueillir qqn provisoirement
4) Ensemble formé d’une ville-centre et de ses banlieues
5) Succéder à qqn afi n de poursuivre une action
6) Mettre qch en mouvement, lui donner une impulsion
7) Qui procure un avantage, favorable
8) Intégration dans la vie sociale
9) Crainte vague d’un danger futur
10) Obliger qqn à faire une action en se soumettant à un règlement
11) Différence, écart
12) Progressivement, petit à petit
13) Se présenter, se montrer
2. Précisez les champs sémantiques des mots soulignés du texte
lu:
1) ...une douzaine de collectifs de l’Isère, qui hébergent des demandeurs d’asile...;
2) On a conseillé aux volontaires de seconstituer en collectif...;
3) Pour les demandeurs d’asile, c’est une socialisation accélérée;
4) L’accompagnementsocial et administratif diminue par ailleurs
avec le temps.
3. Exprimez et commentez les idées suivantes. Donnez des synonymes et des analogues russes pour chaque mot ou expression
soulignés:
1) Chaque année, l’association suit entre 1000 et 1400dossiers.
2) La publication, en août2015, de laphoto d’Aylan, <...>, a réveillé
lesvolontés citoyennes.
3) Ce système est destiné à accueillir des migrants qui sont en situation d’urgence.
4) Les accueillants s’investissent beaucoup dans l’accompagnement des migrants.
5) En CADA, qui sont installés de plus en plus loin des centresvilles, les migrants vivent dans une bulle.
6) ...les demandeurs d’asile qui arrivent en France sont en général
très urbains.
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II. Focaliser le texte : l’approche structurale, lexico-grammati-
cale, stylistique.
1. Déterminez la structure interne et les moyens de transitions
logiques entre les parties du texte: connecteurs de temps, de
cause, de conséquence, d’opposition;
2. Repérez des mots-clés et des moyens stylistiques les plus signifi ants (ceux qui rehaussent l’idée centrale de chaque partie du
texte lu). Sachez les interpréter en décelant leur sens contextuel.
3. Formulez en une phrase l’idée directrice de chaque paragraphe
(divisez le texte donné en paragraphes s’il le faut).
4. Reformulez à votre façon le contenu essentiel de chaque paragraphe.
III. Rédiger le compte-rendu du texte (consultez le préambule)
1. Exposez la problématique du texte lu;
2. Reliez les idées reformulées et informations rassemblées tout
en assurant la logique de votre rédaction;
3. Faites une courte conclusion sans commentaires personnels.
IV. Faire un aperçu de l’article (consultez le préambule)
1. commentez des idées explicites et sous-jacentes du journaliste
sur le thème de l’article;
2. repérez le ton (didactique, doctrinaire, lyrique, ironique, railleur, sérieux, sarcastique, réfl échi, moqueur, touchant, ponti-
fi ant, dramatique, sophistiqué, solennel, émouvant, instructif
etc.) sur lequel l’auteur présente le sujet traité et des connotations dues à sa manière d’écriture (choix du vocabulaire, procédés rhétoriques);
3. exprimez votre avis personnel sur le problème de l’article
V. Réfl échir et parler
1. Que pensez-vous du système d’hébergement tournant? Le trouvez-vous effi cace? Pourrait-il fonctionner dans votre pays? Ac-
cepteriez-vous vous-même d’accueillir un migrant? Pourquoi?
2. Commentez la phrase suivante: «Avec la publication de la pho-
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UNITÉ 1. DIFFÉRENCIATIONS ET IDENTITÉS CULTURELLES
to d’Aylan, toutle monde voulait son Syrien, chrétien, médecin!»Comment caractérise-t-elle la situation?
3. Partagez-vous l’avis d’Olivier Tirard-Collet qui croit à l’effet
bénéfi que pour les migrants et pour les accueillants à la fois?
Argumentez votre réponse.
Texte 5: «Moins enseigner les «philosophes blancs»: cette
demande d’étudiants fait débat au Royaume-Uni»
I. Travailler l’article de presse: approche globale
Lecture globale du texte vise à:
a) préciser son genre;
b) son thème;
c) trouver les idées forces autour desquelles s’organise le sujet;
d) hiérarchiser les informations pertinentes sur le sujet traité.
Moins enseigner les «philosophes blancs»: cette demande d’étudiants fait débat au Royaume-Uni
Le Monde / Jean-Luc Majouret, le 12 janvier 2017
«They Kant be serious! »,titre leDaily Mail. Et le tabloïd bri-
tannique de dénoncer: « Des étudiants de l’université de Londres
demandent que des philosophes tels que Kant ou Platon soient exclus
des programmes sous prétexte qu’ils sont blancs.»
Depuis trois jours, le débat enflamme la presse britannique. C’est
un syndicat étudiant de la School of Oriental and African Studies
(SOAS), l’institut de l’université de Londres spécialisé dans les
études orientales et africaines, qui a mis le feu aux poudres. Plus
précisément un document consacré aux«priorités éducatives»soutenues par le syndicat. Intitulé « Décoloniser SOAS : face à l’ins-
titution blanche », le chapitre litigieux préconise de ne mettre au
programme les « philosophes blancs » que si cela paraît indispensable et de lesenseigner «d’un point de vue critique». «Par exemple,
en pointant le contexte colonial dans lequel les “philosophes des
Lumières” ont élaboré leur pensée.» Il n’en fallait pas plus pourlan-
cer la polémique.The Telegraph cite Erica Hunter, responsable des
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cours consacrés aux philosophies et auxreligions de la SOAS, qui
juge« plutôt ridicule »la position du syndicat étudiant et annonce
qu’elle résistera à toute tentative d’écarter des programmes certains
philosophes ou certains historiens en fonction de lamode.
«Ignorance»
The Independent fait part, de son côté, de la réaction nuancée de
la responsable pédagogique de l’institution, Deborah Johnston.«Nous
avons toujours envisagé les grandes questions du point de vue des régions
que nous étudions: l’Asie, l’Afrique, le Moyen-Orient. C’est un de nos
points forts. Le débat éclairé sur les programmes est salutaire et participe pleinement de notreprojet académique.»
Grande fi gure de la philosophie britannique, sir Roger Scruton,
cité par leDaily Mail, ne veutvoir dans la revendication des étudiants
qu’une marque d’ignorance et« la détermination à ne pas dépasser
cette ignorance».«On ne peut pasexclure un pan entier de l’histoire
de la pensée sans l’avoir étudié. Et manifestement ils n’ont pas étudié ce
qu’ils appellent la “philosophie blanche”. S’ils pensent que laCritique de
la raison pureest un produit du contexte colonial, j’aimerais lesentendre
sur le sujet », déclare l’auteur de l’essai De l’urgence d’être conservateur: pourquoi il faut accepter notre histoire. Sur le site duTimes,
Oliver Moody met, de son côté, en garde contre un«puritanisme sans
nuances»qui ne peutavoir pour effet que d’appauvrir toutle monde,
àcommencer par les étudiants, fussent-ils inscrits dans un institut
spécialisé en études asiatiques et africaines:« Ce serait un mauvais
coup, tant pour le Vedanta2 et les philosophes arabes que pour les penseurs européens.»
«Acte de barbarie intellectuelle»
Lui-même enseignant en philosophie, Tom Whyman leur répond
dans le quotidien The Guardian.«Lisez les articles consacrés à cette af-
faire etvous serez convaincu qu’un acte de barbarie intellectuelle est sur
le point d’être commis. C’est tout bonnement absurde.»S’il est avéré que
Kant a exprimé une idée essentielle pourcomprendre un aspect de la
réalité, alors il doitrester au programme des cours de philosophie dispensés à la SOAS. Les étudiants n’ont pas dit autre chose, faitobserver
Whyman. Quant au contexte historique etsocial, qui peutprétendre
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Une école de philosophie indienne.
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qu’il n’est pas essentiel pour comprendre, par exemple, comment
Hobbes a pupenser l’état de nature àpartir des premières enquêtes
anthropologiques sur lessociétés amérindiennes?
Tom Whyman note enfi n que la School of Oriental and African
Studies est censée enseigner «les philosophies dumonde »– tel est l’in-
titulé d’unbachelor of arts(l’équivalent de la licence) qu’elle propose.
«Compte tenu de la nature de ce programme et de la nature de la School of
Oriental and African Studies elle-même, il paraît logique que les étudiants
tiennent àétudier davantage la pensée asiatique ou africaine plutôt que les
philosophes européens.»
Beaucoup de bruit pour rien?
Vade-mecum lexical
1. Trouvez dans le texte les mots et les expressions correspondant
aux défi nitions suivantes :
1) Déclencher un confl it ou une vive polémique
2) Qui est contestable, douteux
3) Recommander vivement qch
4) Signaler, dénoncer qch
5) En tenant compte de qch
6) Informer qqn de qch, faire connaître qch à qqn
7) Qui n’est pas très net
8) Qui peut avoir un effet bienfaisant
9) Action de réclamer ce qui est dû, l’exercice d’un droit
10) Partie importante de qch
11) Avertir qqn d’un danger
12) Rigidité morale excessive
13) Événement pénible
14) Être supposé; être considéré comme devant faire qch
15) Avoir la ferme volonté de faire qch
2. Précisez les champs sémantiques des mots soulignés du
texte lu:
1) ...le débat enfl amme la presse britannique;
2)...la réaction nuancée de la responsable pédagogique de l’institution;
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3) C’est un de nos points forts;
4) ...un pan entier de l’histoire de la pensée
3. Exprimez et commentez les idées suivantes. Donnez des synonymes et des analogues russes pour chaque mot ou expression
soulignés:
1) Intitulé«Décoloniser SOAS: face à l’institution blanche», le cha-
pitre litigieux préconise de nemettre au programme les«philo-
sophes blancs»que si cela paraît indispensable et de lesensei-
gner «d’un point de vue critique»;
2) The Telegraph cite Erica Hunter, responsable des cours consacrés
aux philosophies et auxreligions de la SOAS, qui <...> annonce
qu’elle résistera à toute tentative d’écarter des programmes certains philosophes ou certains historiens en fonction de lamode;
3) S’ils pensent que laCritique de la raison pureest un produit du
contexte colonial, j’aimerais lesentendre sur le sujet », déclare
l’auteur de l’essai...
4) Le débat éclairé sur les programmes est salutaire et participe
pleinement de notreprojet académique.
II. Focaliser le texte : l’approche structurale, lexico-grammati-
cale, stylistique.
1. Déterminez la structure interne et les moyens de transitions
logiques entre les parties du texte: connecteurs de temps, de
cause, de conséquence, d’opposition;
2. Repérez des mots-clés et des moyens stylistiques les plus signifi ants (ceux qui rehaussent l’idée centrale de chaque partie du
texte lu). Sachez les interpréter en décelant leur sens contextuel.
3. Formulez en une phrase l’idée directrice de chaque paragraphe
(divisez le texte donné en paragraphes s’il le faut).
4. Reformulez à votre façon le contenu essentiel de chaque paragraphe.
III. Rédiger le compte-rendu du texte (consultez le préambule)
1. Exposez la problématique du texte lu;
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UNITÉ 1. DIFFÉRENCIATIONS ET IDENTITÉS CULTURELLES
2. Reliez les idées reformulées et informations rassemblées tout
en assurant la logique de votre rédaction;
3. Faites une courte conclusion sans commentaires personnels.
IV. Faire un aperçu de l’article (consultez le préambule)
1. commentez des idées explicites et sous-jacentes du journaliste
sur le thème de l’article;
2. repérez le ton (didactique, doctrinaire, lyrique, ironique, railleur, sérieux, sarcastique, réfl échi, moqueur, touchant, ponti-
fi ant, dramatique, sophistiqué, solennel, émouvant, instructif
etc.) sur lequel l’auteur présente le sujet traité et des connotations dues à sa manière d’écriture (choix du vocabulaire, procédés rhétoriques);
3. exprimez votre avis personnel sur le problème de l’article
V. Réfl échir et parler
1. À votre avis, le terme «la philosophie blanche» est-il justifi é
d’un point de vue scientifi que? Pourquoi?
2. Commentez la phrase d’Oliver Moody concernant l’exclusion éventuelle des philosophes occidentaux des programmes
d’études: «Ce serait un mauvais coup, tant pour le Vedanta et les
philosophes arabes que pour les penseurs européens.» Partagez-
vous ce point de vue?
3. Quelle serait votre réponse à la question posée par l’auteur à la
fi n de l’article? Argumentez votre choix.
Texte 6: «Les écolières musulmanes doivent aller au cours de
natation avec les garçons»
I. Travailler l’article de presse: approche globale
Lecture globale du texte vise à:
a) préciser son genre;
b) son thème;
c) trouver les idées forces autour desquelles s’organise le sujet;
d) hiérarchiser les informations pertinentes sur le sujet traité.
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G. V. BELIKOVA, O. A. KULAGINA. LE FRANÇAIS: PARLER, ÉCRIRE, RÉFLÉCHIR
Les écolières musulmanes doivent aller au cours de natation avec
les garçons
Le Figaro / Stéphane Kovacs, le 10 janvier 2017.
Les fi lles doivent apprendre à nager avec les garçons. La Cour euro-
péenne des droits de l’homme (CEDH) a donné raison, mardi, aux autorités suisses qui avaient refusé d’exempter deux écolières musulmanes
de cours de natation mixtes obligatoires. «Sur le plan politique, c’est
une décision très importante, se réjouit Jean-Louis Bianco, président
de l’Observatoire de la laïcité. La CEDH met très souvent l’accent sur
les libertés, mais là, elle a considéré que cette ingérence dans la liberté
de religion était justifi ée pour protéger les enfants de toute exclusion.
Cette décision, rendue à l’unanimité des juges, fera évidemment jurisprudence. Et vaut aussi pour les adultes.»
L’affaire remonte à 2008, peut-on lire dans l’arrêt de la CEDH. Les
requérants, un couple turco-suisse résidant à Bâle, refusent d’envoyer
leurs fi lles – alors âgées de 7 et 9 ans – aux cours de natation «au motif
que leur croyance leur interdit de les laisser participer à des cours de
natation mixtes». Ils indiquent que, «même si le Coran ne prescrit de
couvrir le corps féminin qu’à partir de la puberté, leur croyance leur
commande de préparer leurs fi lles aux préceptes qui leur seraient ap-
pliqués à partir de leur puberté». «Des aménagements signifi catifs ont
été offerts» à la famille, apprend-on encore, notamment «la possibilité
de porter le burkini3» et des cours dispensés par «une enseignante».
Mais les parents refusent.
Après avoir été débouté par les tribunaux suisses, le couple s’est
tourné vers les juges européens. La CEDH leur a donné tort, relevant
que les pouvoirs publics helvétiques avaient pour objectif la «protection des élèves étrangers contre tout phénomène d’exclusion sociale».
«L’intérêt de l’enseignement de la natation ne se limite pas à apprendre
à nager, mais réside surtout dans le fait de pratiquer cette activité en
commun avec tous les autres élèves», a argumenté la Cour. La fermeté
des pouvoirs publics est, certes, une «ingérence dans la liberté de religion», mais elle est justifi ée au nom de «l’intérêt des enfants à une sco-
3
Maillot de bain islamique couvrant le torse, ainsi que les cheveux et une partie des
membres.
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