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Французский язык в современных письменных средствах массовой информации. Учебное пособие

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Учебное пособие
choisir son camp. Notre projet a toujours été un projet global (présidentiel et législatif) pour pouvoir avoir l'amplitude pour réformer et transformer le pays de manière efcace. Si demain M. Saïed gagne sans avoir une majorité au Parlement, quel programme pourra-
t-il appliquer?
Si vous êtes élu, quel président serez-vous?
Je serai un président moderne, défenseur des valeurs démocratiques, tolérant, respectueux des droits des minorités. Un président qui va être proche de ses concitoyens, qui va sillonner le pays pour essayer d'améliorer leur quotidien. Un président qui va libéraliser l'économie, soutenir les entreprises, encourager les investisseurs, qui va porter haut le drapeau commercial et diplomatique de la Tunisie, encourager les investisseurs étrangers, encourager les artistes et la culture. Je serais le président des décisions courageuses et non pas celui du consensus mou, je vais combattre le terrorisme, renforcer la sécurité, amener la Tunisie à s'intégrer dans son contexte régional, maghrébin
et méditerranéen. Je suis pour une Tunisie ère optimiste, créative, le président qui va
encourager les jeunes à développer leurs talents, à développer le digital et à bien les ancrer dans la mondialisation. [41]
Benoît Delmas
Le Point.fr
le 18 septembre 2019
Tunisie: le spectre d'un Parlement ingouvernable
ANALYSE. Alors que le pays n'a pas de Cour constitutionnelle, le risque d'une Assemblée sans majorité ni coalition possible est évoqué par de nombreux dirigeants.
Le 6 octobre au soir, l'Assemblée des représentants du peuple aura un nouveau visage. Une gueule cassée si l'on en croit les sondages. Depuis le printemps, les instituts indiquent
un paysage concassé, une «mosaïque» comme l'anticipe Lot Zitoun, ex-conseiller politique du président du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi. Dans la dernière ligne droite de la campagne ofcielle, le climat n'est pas à la sérénité. Le leadeur du parti en tête (depuis juin) dans les intentions de vote, Au cœur de la Tunisie, est en détention préventive depuis
cinq semaines. Les résultats de son parti, présent dans toutes les circonscriptions, seront un enseignement clé avant le second tour de la présidentielle du 13 octobre.
Débâcle des partis politiques, acte II
Le premier tour de la présidentielle anticipée a démontré, preuve par les chiffres, le
rejet des partis qui gouvernent la Tunisie depuis 2011 (Assemblée constituante) et 2015 (présidentielle et législative). Rejet que tous les instituts de sondage avaient anticipé. Les deux
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leadeurs de la coalition au pouvoir ont mordu la poussière: Abdelfattah Mourou, candidat
d'Ennahdha, a terminé en troisième position quand le président du gouvernement Youssef
Chahed pointait en cinquième position avec moins de 8 % des suffrages exprimés. Nidaa Tounes n'existe guère. Les partis d'opposition ont été également emportés par la mauvaise humeur populaire ambiante. Le Front populaire, agrégation de partis d'extrême gauche, dont
la gure de proue, le militant historique Hamma Hammami, n'a pas dépassé le 1 %. Arrivé
en tête avec près de 19 %, Kais Saied veut incarner les valeurs de la révolution de 2011.
L'homme, soutenu au second tour par Ennahdha, a dit que «les élections législatives ne le concernaient pas». S'il est élu, il souhaite supprimer son élection au suffrage universel direct. Elle se ferait via des conseils d'élus locaux. Un parti, la Coalition de la dignité, prote
de l'élan Saied. Il est dirigé par Seiffedine Makhlouf, avocat. Sur la question des libertés individuelles, il est en accord avec Kais Saied: non à l'égalité homme-femme dans l'héritage, pour la peine de mort, pour la poursuite de la criminalisation de l'homosexualité. Il veut
moderniser l'économie du pays, souhaite le numériser. Il considère que la France «occupe» la Tunisie, «vole» ses richesses. Il pourrait être la grande surprise des législatives.
Cinq partis entre 6 et 19 %
La stabilité parlementaire nécessite une coalition de 109 députés. C'est le nombre
d'élus requis pour obtenir la majorité. En 2014, l'alliance de Nidaa Tounes (le parti de Béji Caïd Essebsi) et d'Ennahdha assurait cette majorité: 86 députés pour le premier, 68
pour le deuxième. Cinq ans plus tard, il faudrait au minimum l'alliance de cinq partis pour
construire un semblant de coalition. Difcile à croire tant les antagonismes sont forts.
L'ARP a six mois pour adouber un président de gouvernement. En cas d'impossibilité, le président de la République demanderait la dissolution de la chambre et de nouvelles
élections. Qui pourraient intervenir en mars 2020. «Ça sera gueule de bois générale le 7 octobre», anticipe un prétendant à la députation. [51]
Benoît Delmas
Le Point.fr
le 01 octobre 2019
EXERCICES ET ACTIVITÉS
1. Résumez le texte en en comprimant le contenu de moitié
Le temps de l'apaisement semble être venu au ministère de l'Éducation nationale. Après une
année scolaire mouvementée, où la contestation des professeurs contre la loi sur l'école
de la conance promulguée en juillet a atteint son apogée au moment du baccalauréat
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Учебное пособие
(notamment par la voie de la rétention des copies du bac), c'est un Jean-Michel Blanquer
en quête de réconciliation avec les enseignants qui s'est présenté à la conférence de rentrée mardi dernier. Même le décor de la grand-messe de rentrée, qui s'est tenue dans les jardins de l'hôtel de Rochechouart à Paris, semblait avoir été soigneusement choisi pour inviter les
interlocuteurs du ministre de l'Éducation nationale à enterrer la hache de guerre. Souhaitant «tourner la page» sur les épisodes de juillet et «renouer le dialogue» avec les profs pour restaurer «leur bien-être au travail», Jean-Michel Blanquer a placé sa troisième rentrée scolaire sous le signe de la «réussite» et de la «maturité». «Nous arrivons à l'étape de la mise en œuvre des mesures», a-t-il afrmé, repoussant pour
le moment de nouvelles réformes. En cette nouvelle année scolaire, doivent en effet se mettre en place les changements prévus par la loi Blanquer. Le Point détaille pour vous
les principales nouveautés de cette rentrée 2019.[36]
Anne-Noémie Dorion
Le Point.fr
le 02 septembre 2019
2. Dites en une seule phrase de quoi il s’agit dans cet extrait
À partir de cette année, l'âge de l'instruction obligatoire est abaissé à 3 ans, au lieu
de 6 ans jusqu'à présent. 97 % des enfants étant déjà scolarisés en école maternelle, 26 000 élèves supplémentaires sont concernés. Autre mesure, l'amélioration du taux d'encadrement en premier cycle. Amorcé à la rentrée 2017, le dédoublement des
classes de CP et de CE1 des quartiers défavorisés (REP et REP+) se nalise en cette
rentrée. L'ensemble des 300 000 enfants concernés est désormais réparti dans ces classes limitées à 12 élèves. Selon le ministère, 10 800 classes ont au total été créées. Le dispositif doit progressivement s'étendre aux classes de grande section des mêmes
zones dès la rentrée 2020. À terme, l'ensemble des classes de grande section, CP et
CE1 de l'Hexagone devraient voir leurs effectifs limités à 24 élèves. Troisième mesure, annoncée par Emmanuel Macron, aucune école ne sera, à partir de cette année, fermée
sans l'accord du maire. Enn, 2 300 postes de professeurs des écoles ont été créés.
3. Trouvezdansundictionnaireencyclopédiquelasignicationdesmots
graissés
«L'avenir du français dans l'information est plutôt rassurant. Au l des ans, les secteurs de la presse écrite et de l'information radio et télévision ont été moins touchés
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par les excès de familiarité ou la dégradation relative de certains aspects de la
langue», écrit Guy Bertrand, conseiller linguistique à Radio-Canada. M. Bertrand note
que les communicateurs de la radio et de la télévision doivent souvent improviser en direct plusieurs des textes qu'ils livrent. «Les bafouillages, les lapsus, les tournures lourdes ou un peu maladroites et les impropriétés sans gravité sont excusables dans une émission ou l'improvisation tient
une place importante», dit-il.
4. Remplacez les trois points par les prépositions qui conviennent
Les étudiants investissent… leur formation, parfois… s'endettant, ils les choisissent donc scrupuleusement… des critères non pas… contenus mais… marques. Si nous voulons être compétitifs… ce système, nous devons les attirer et cela passe notamment… un catalogue… cours… anglais. Aujourd'hui, 237 établissements supérieurs français,… 130 publics, proposent des formations… anglais. Leur nombre, 1 328 formations, apresque doublé… cinq ans et 75 % d'entre elles se font intégralement en anglais. Al'université… Paris Est Marne la Vallée, le développement… ces cours… anglais est un objectif important. Un centre… formation, le CAPLA (centre d'action pédagogique… langues)… les professeurs a été mis… place il y a 3 ans, an… les aider… dispenser leurs cours… anglais.
5. Traduisez les phrases en russe
1.Les universités publiques qui proposent ces cours en anglais pratiquent pour la plupart ce différentiel tarifaire. 2.L'argument avancé: la mise en place de cours de français Langue Etrangère (FLE) pour les étudiants internationaux ou des services d'accueil personnalisés.
3.Mais de nombreux étudiants français sont également attirés par ces formations et la sélection est de plus en plus rude face aux étudiants étrangers. 4.Il n'est pas rare dans les universités qu'un professeur enseigne en anglais à une majorité d'étudiants français.
5.Des étudiants en licence d'anglais à l'UPEM s'inquiètent de la généralisation des cours en anglais dans toutes les matières. 6.C'est complètement absurde parce que la langue
dans laquelle nous enseignons tient plus du globish que de l'anglais shakespearien.er en
anglais à une majorité de Français. 7.Lorsque je reviens au français, dans 70% de mes
cours, j'en éprouve un grand plaisir parce que mon propos est évidemment plus nuancé,
plus subtil. 8.Je ne suis pas pour le tout-anglais, j'ai commis plusieurs articles pour
lutter, par exemple, contre les publications qui dans la recherche se font exclusivement en
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Учебное пособие
anglais. 9.Sans doute faut-il aussi organiser une résistance, des gardes fou. tres d'étude
du plateau de Saclay par exemple, qui propose le plus de formations tout en anglais en France, la scolarité d'un master international varie de 3 à 8 000 euros en moyenne pour
les étrangers quand les étudiants français payent, eux, au tarif des frais nationaux. 10.A
l'université PSL, à Paris, les étudiants extracommunautaires devront s’acquitter d'une facture de près 16 000 euros par an.
6. Traduisez les phrases en français
1. Велика роль газеты и других средств массовой информации как социального посредника, института, устанавливающего связи между всеми частями и элемен­тами общества. 2. Газета раскрывает перед любой общественной группой, любой социальной структурой возможность обращения к другим членам общества, уста­новления контактов с ними. 3.Газета становится для государственных, властных ор­ганов эффективным средством управления обществом, для передачи гражданам управленческой информации— в виде законов, указов, постановлений. 4.Гражда­не используют газету для направления власти— государственным органам разных уровней— своих запросов и требований, предложений и мнений о ее действи­ях, для контроля общества над деятельностью государства. 5. Газета, как и другие средства массовой информации, не в состоянии обеспечить принятие решений, обязательных для их реализации государственными и общественными институтами.
6.Газета способна лишь содействовать их обнародованию, публикации, передавать предложения и рекомендации граждан государственным органам и побуждать их к реальным действиям в соответствии с требованиями граждан. 7.Газета и другие средства массовой информации— не власть, но сила, иногда очень значительная сила, выражающая общественное мнение и влияющая на реальную власть, подчас даже ограничивающая ее возможности.
7. Lisez le texte et résumez-le par écrit en une vingtaine de phrases.
Traduisez votre résumé en français, toujours par écrit, en faisant attention à la bonne orthographe des mots
Газета— первое, старейшее средство массовой информации. На протяжении более четырех столетий ее истории она, наряду с журналом, оставалась незамени­мым источником информации для многих миллионов людей. С ускорением техни­ческого прогресса сама она и ее положение в обществе серьезно изменились. Двад-
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цатый век принес человечеству несколько новых средств массовой информации. В начале века, с изобретением Поповым и Маркони радио, монополия газеты была нарушена. Радиостанции разносили информацию по всему миру с оперативностью, которая была недостижима даже для ежедневной газеты. А с изобретением в конце века телевидения люди получили возможность не только оперативно узнавать о событии, но и увидеть его на телеэкране. Достижение газетой эффекта сиюминут­ности— передачи информации о событии в момент его свершения— было, по­нятно, невозможно. Сначала радио, а затем телевидение поочередно стали важней­шими средствами массовой информации. Наконец, в конце века, с приходом новых технологий, электроники и Интернета, появились сетевые периодические издания, раскрывшие неизвестные прежде возможности производства и получения инфор­мации. Возникла система средств массовой информации.
С развитием этой системы участились предсказания неизбежности исчезно­вения старых — печатных периодических изданий. Специалисты, крупные уче­ные— канадский исследователь телевидения Маклюэн и другие, заявили, что газета обречена, и ей не выжить. Предсказания эти, однако, не оправдались. Газета не умерла, она сумела приспособиться к новой ситуации. С изменением условий ее существования она сама изменилась, показав гибкость и способность приспособле­ния. Усилился процесс специализации газеты: кроме издания для всех появилось множество газет для различных социальных групп и институтов, для специальной аудитории. Это привело к изменению концепции газеты как печатного средства мас­совой информации и модели каждого издания. Совершенствование технической базы, ускорение сбора и передачи информации, использование новых методов рас­пространения позволило убыстрить доставку газеты ее читателям. Она нашла свое новое место в системе СМИ, успешно восполняя то, что не могли предоставить читателям другие средства массовой информации.
Не будучи в состоянии конкурировать с телевидением и радио в сообщении оперативных новостей, газета сосредоточилась на их комментировании, на первич­ном анализе ситуаций и проблем и прогнозировании их развития. К непрерывному потоку оперативной информации, поставляемой телевидением, радио и сетевыми изданиями, газета присоединяет порционную информацию, получаемую читателя­ми через определенные промежутки времени, и сопровождает ее аналитическим комментарием. Она всегда существует в потоке времени, расставляя в нем своими номерами памятные столбы. Газета— зеркало своего времени, с которым движет­ся и развивается. Не случайно, изучая какой-либо период истории, исследователи обращаются к комплектам газет в поисках на их страницах информации о фактах,
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Учебное пособие
событиях, выступлениях, характеризующих время, которое их привлекает. Газета со­храняет аромат времени, которое она отображает.
Это связано с важнейшим ее преимуществом по сравнению с другими СМИ— с материальностью бумажного листа. Бумага, на которой напечатана газетная инфор­мация, а в будущем другие материальные заменители бумаги, обеспечивает долго­временную сохранность содержания номера печатного периодического издания. Газету можно прочитать полностью или частично, сложить ее, спрятать в стол или в портфель и принести домой и там дочитать ее до конца. Номер газеты можно передать для чтения родным или соседу, положить его в архив и перечитать через любое время, пока он сохраняется. Его можно переслать по почте товарищу и потом получить его тем же путем обратно. Подобного эффекта «отложенного чтения» пока невозможно добиться ни на телевидении, ни на радио. Можно, конечно, сохранять пленки с теле- или радиозаписью, но для ее воспроизведения требуется соответ­ствующая аппаратура. То же относится и к сетевым изданиям. С этим же связано и другое преимущество газеты: для получения содержащейся в ней информации не требуется никаких дополнительных приборов или иных устройств— радиоприем­ника, телевизора или компьютера. Она удобна в использовании, воспринимается «сама по себе»— полностью или частично, в результате просмотра заголовков пу­бликаций или последующего чтения текстов. К тому же газета содержит всю ин­формацию, которая может быть воспринята читателем: он сам определяет характер и темп чтения газеты. Это возможно также при обращении к сетевому изданию, но исключено при обращении к телевидению или радио, где темп передачи информа­ции задается диктором или редактором. [3]
Дзялошинский И.М.
СМИ, власть и гражданское общество в регионе. М., 2002.
Sujet à discuter en classe: La mort du support papier n’est pour demain
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Un i t é 22 Un h é ro s d e n ot r e t e m P s
Lisez et traduisez le texte ci-dessous. Relevez et analysez les procédés stylistiques qui y sont utilisés par l’auteur.
Napoléon Bonaparte
Il y a 250 ans, Napoléon naissait en Corse. Le début d'une aventure quasiment unique
dans l'Histoire de France: un homme parti de presque rien allait gravir les échelons un
à un pour diriger la France, puis l'Europe au gré des victoires militaires et nir, après un revers belge, seul sur une île perdue dans l'Atlantique. Près de deux siècles (198 ans exactement) après sa mort à Sainte-Hélène, Napoléon fascine encore: génie pour les uns, tyran pour les autres. Mais que représente l'Empereur pour les Français?
Même si l'historien rechigne toujours à parler du passé au temps présent, Napoléon
a encore bien des choses à nous dire. Sur lui-même et son «exceptionnalité», sur la
France, sur ce qu'est un gouvernement, sur ce qu'est la décision politique. Il est, qu'on le veuille ou non, un point fort de la mémoire nationale, et pas seulement pour le souvenir
des guerres et de sa «gloire». L'homme, d'abord. Il n'était pas sans défauts, sa marche ne se t pas sans erreurs, d'ailleurs sanctionnées par sa vertigineuse chute, mais il est
un personnage qui dépasse largement la comptabilité de ses faits et gestes ou l'étude de ses comportements domestiques. La France et, sans doute, l'humanité ne produit que rarement de tels dirigeants, avec la tête bien faite, un projet, un système de pensée dont il ne s'éloigne pas, un homme de synthèses et d'innovation, un gouvernant qui sait ce qu'il veut, qui le fait, non pas seul, mais en donnant à toute une génération les moyens de
participer à l'œuvre. Un génie et un chef d'État-manager dans le même homme.
N'oublions jamais les circonstances dans lesquelles il accède au pouvoir: guerre
extérieure, guerre intérieure, nances à sec, désorganisation complète de l'appareil d'État, plus de 100 000 Français encore en émigration. En deux ans, tout est en voie d'être
résolu, par l'idée, celle de la synthèse possible entre l'ancien et le nouveau, mais aussi par l'action, le sens de la décision, la rigueur de gestion des hommes et des choses. La suite est, à l'intérieur, l'affermissement de ce qui a été créé si vite et dont des pans entiers
structurent encore notre pays et quelques-uns de nos voisins. À l'extérieur, la France est,
en 1802, en paix avec tout le monde et sa prépondérance en Europe est assurée. Ce qui est en cause dans ce domaine n'est pas seulement l'ambition d'un homme, mais un projet
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Учебное пособие
commencé deux siècles plus tôt. Napoléon est celui qui a été le plus près de le mettre en
œuvre… et sans doute, après les grandes victoires des années 1800–1807, a-t-il eu les «les yeux plus gros que le ventre».
Mais sa chute est aussi celle d'une ambition française que nous n'avons plus jamais
eu l'occasion de reprendre et, encore moins, de faire aboutir. Deux cents ans après,
comme disait de Gaulle, on ne «marchandera» pas cette grandeur-là. Ceci étant, malgré
Waterloo, le projet social a continué à marquer l'Europe entière. Car, en politique, Napoléon
est l'homme de l'égalité, de la non-confessionnalité de l'État, de la rigueur administrative et nancière, de l'autorité (qui ne fut pas une dictature, comme le récitent ceux qui croient pouvoir résumer la complexité du monde dans des slogans), du gouvernement qui fait (vraiment) ce qu'il dit. Nous en sommes encore marqués, malgré la baisse d'inuence de l'État due à une décentralisation qui n'est plus pensée et peut aboutir au retour
des féodalités, malgré les réformes incessantes et désordonnées du droit civil, malgré
l'émergence d'une autre façon de gouverner, due bien sûr aux temps qui changent, à la
primauté théorique du régime représentatif et à l'omniprésence d'une soi-disant opinion, créée en réalité autour de quelques oukases, mais aussi à la catégorie des hommes qui sont formellement ses successeurs. Sans entrer dans quelque polémique que ce soit,
il suft de dire que le gouvernement napoléonien est un gouvernement qui a un projet
pensé et cohérent, qui s'y tient et se donne les moyens de le mener à bien, qui croit en
l'État comme animateur et arbitre suprême des tensions sociales et qui sait décider, pour
s'apercevoir que les temps ont tout de même un peu changé.
L'édition napoléonienne se porte bien, les lieux napoléoniens sont très visités, les événements concernant la période impériale ont un succès fou, les salles de colloques et
de conférence ne désemplissent pas, etc. Et ces publics ne sont pas là pour crier «Vive l'Empereur!», ce qui n'aurait guère de sens, mais pour comprendre, apprendre, savoir, revivre une expérience (200 000 spectateurs au bicentenaire de Waterloo!), tout prétexte qui ne sont pas mauvais, je crois. Quant aux élites, pour les croiser parfois, je m'aperçois
que chacun a son petit Napoléon dans la tête, sans parler de ceux qui pourraient penser l'être. Elles ont souvent le Napoléon honteux, caché au fond de leur bibliothèque. Il en est au fond ainsi de tous les sujets historiques qui obligent à penser un peu plus loin que le bout de son nez ou de ses espoirs électoraux.
Le président Chirac a fait annuler systématiquement toutes les manifestations
dépendant de l'État… ce qui n'a nullement empêché les commémorations, y compris
d'une certaine ampleur. Mais au fond, lorsqu'on voit comment ont été organisées certaines
manifestations du centenaire de la Première Guerre mondiale— événement cyclotouriste à Sarajevo en 2014 pour le centenaire de l'assassinat de François-Ferdinand, les jeunes
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Franco-Allemands qui s'égayent sur les tombes de Verdun avec un président français et une chancelière allemande qui se régalent à faire des seles, le refus d'inscrire le traité de Versailles dans les commémorations, etc. —, on se demande s'il ne vaut pas mieux faire les choses sans l'État en tant que tel. C'est un constat triste, mais inévitable. Napoléon
fait partie de notre histoire, de notre mémoire, pour le meilleur de ce qu'il nous a donné aussi bien que pour ce qu'il n'a pas bien fait. C'est le sens de toute commémoration. Ceux qui connaissent l'histoire et ont du bon sens n'ont pas besoin d'un comité Théodule qui
imposerait un «consensus» qui ne serait qu'une vision délavée et sans saveur.
Pour leurs premières visites, le président Poutine a traversé la galerie des batailles de
Versailles (Austerlitz, Friedland!) et que le président Trump a été reçu aux Invalides… où
le président Macron s'est mué en guide, ce qu'il montre qu'il connaissait son sujet. Ces
gestes ont retenu l'attention. Je m'étais dit que ce chef de l'État— le premier venant ès­qualité au Tombeau de Napoléon depuis 1870— avait entendu ce que beaucoup pensent: connaissons l'histoire dont nous sommes les héritiers et le produit… et soyons-en ers, sans en rien cacher, bien sûr, mais sans autoagellation permanente. J'ai aussi noté qu'il avait rectié quelques propos trop rapides de sa campagne électorale sur la culture française et la colonisation. J'en déduis qu'il connaît et, probablement, aime l'histoire du
pays qu'il dirige. Je crois aussi que, même si un président ne devrait s'en soucier qu'à la marge, il doit composer avec la superstructure, l'ambiance de notre époque, qui fait que tout vaut tout et rien ne vaut rien, et l'absence manifeste de culture historique de ceux qui l'ont accompagné dans ses hautes fonctions. En ce sens, le départ de son cabinet d'un homme aussi profondément attaché à notre histoire que Sylvain Fort ne peut qu'être
regretté. Il participe peut-être au ou qui règne sur ces sujets en ce moment.
Napoléon va faire un retour au premier plan dans les programmes scolaires,
notamment en classe de première (11 à 13 heures d'enseignement du thème: La Révolution française et l'Empire: une nouvelle conception de la nation). Comment doit-on analyser ce (petit) retour en grâce?
Dans la grisaille, il y a en effet un rayon de soleil avec, enn, un ministre de l'Éducation (Jean-Michel Blanquer, NDLR) qui soutient et anime un comité des programmes moins idéologique (rappelons-nous la novlangue frôlant le ridicule du précédent président du comité). Ils ont pris à bras-le-corps certains domaines, dont l'enseignement de l'histoire. Les élèves vont donc découvrir un peu mieux Napoléon, mais aussi tout le XIXe siècle français
qui était quasiment passé à la trappe. Leur surprise sera grande d'apprendre qu'il s'est passé
quelque chose en France entre 1800 et 1870, en dehors de la conquête de l'Algérie! On
doit s'en réjouir et appuyer ces louables efforts, malgré la mauvaise humeur proverbiale de certains enseignants. Notre fondation a d'ailleurs mis en ligne sur le site napoleon.org
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