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ivanov666
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Файл:Русские классики в западноевропейских переводах. Учебное пособие по переводу в хрестоматийном изложении
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Часомпомедляпришел—неприняли,втретийпришел—допустили.
Сталяемудокладыватьвсе,какбыло,исталонпокомнатесигатьи
себявгрудькулакомбил:«Чтовы,говорит,сомной,разбойники,делаете?Зналбыяэтакоедело,ябегосконвоемпотребовал!»Потомвыбежал,какого—топозвалисталснимвуглуговорить,апотомопять
комне—исталспрашиватьиругать.Имногопопрекал;адонесяему
обовсемиговорил,чтосмоихвчерашнихсловничеговынепосмели
мнеотвечатьичтовыменянепризнали.Исталонтутопятьбегать,
ивсебилсебявгрудь,исерчал,ибегал,акакобвасдоложили,—ну,
говорит,полезайзаперегородку,сидипока,нешевелись,чтобытыни
услышал,истулмнетудасампринесименязапер;может,говорит,я
тебяиспрошу.АкакпривелиНиколая,тутонменя,послевас,ивывел:
ятебяеще,говорит,потребуюиещеспрашиватьбуду...
—АНиколаяпритебеспрашивал?
— Как вас вывел, и меня тотчас вывел, а Николая допрашивать
начал.
Мещаниностановилсяивдругопятьположилпоклон,коснувшись
перстомпола.
—Заоговоризазлобумоюпростите.
—Богпростит,— ответил Раскольников,и как только произнес
это,мещанинпоклонилсяему,ноуженеземно,авпояс,медленноповернулсяивышелизкомнаты.»Всеодвухконцах,теперьвсеодвух
концах»,—твердил Раскольникови болеечем когда—нибудьбодро
вышелизкомнаты.
»Теперьмыещепоборемся»,— сзлобноюусмешкойпроговорил
он,сходявлестницы.Злобажеотносиласькнемусамому:онспрезрениемистыдомвспоминалосвоем»малодушии».
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Voicilesouvenirquecettescènelaissadansl’espritdeRaskolnikov:
Lebruitquisefaisaitdanslapiècevoisineaugmentarapidementetla
portes’entrouvrit.
— Qu’y a-t-il? cria Porphyre Petrovitch d’un ton mécontent. J’avais
pourtantprévenu…
Personne ne répondit, mais on pouvait deviner qu’il y avait derrière
laporteplusieurspersonnesquis’efforçaientdemaîtriserquelqu’un.
—Maisenn,quesepasse-t-il?répétaPorphyred’unairinquiet.
—Onamènel’inculpéNikolaï,tunevoix.
—Inutile,remmenez-le!Attendez!…Quevient-ilfaireici?Envoilàun
désordre!criaPorphyreenseprécipitantverslaporte.
—Maisil…repritlamêmevoix,quisetutbrusquement.Onentendit
pendantdeuxsecondes lebruitd’unevéritablelutte, puisquelqu’un parut
enrepousseravecforceunautreetunhomme fortpâle tirruptiondans
lecabinetdePorphyrePetrovitch.
Lenouveauvenupouvait,àpremièrevue,semblerfortétrange.Ilavait
lesyeuxxésdroitdevantlui,maisparaissaitnevoirpersonne.Larésolution
selisaitdanssonregard étincelant,mais sonvisagecependantétaitlivide
comme celui d’un condamné qu’on mène à l’échafaud. Ses lèvres toutes
blanchesfrémissaientlégèrement.
Ilétaitfortjeune,vêtucommeunhommedupeuple,maigreetdetaille
moyenne;ilportaitlescheveuxtaillésenrond,sestraitsétaientsecsetns.
Celuiqu’ilvenaitderepoussersubitementseprécipitalepremierderrièrelui
etluimitlamainsurl’épaule.C’étaitungendarme,maisNikolaïréussitàse
dégagerencoreunefois.
Quelquescurieuxsepressaientdanslaporte.Plusieursd’entreeuxs’efforçaientd’entrerdans lapièce.Tout celas’étaitpassé enmoins detemps
qu’iln’enfautpourl’écrire.
—Horsd’ici,ilesttroptôt!Attendsqu’ont’appelle…Pourquoil’a-t-on
amené?marmottaPorphyreaussiirritéquesurpris.
Toutàcoup,Nikolaïs’agenouilla.
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—Qu’est-cequiteprend?criaPorphyretoutébahi.
— Jesuis coupable,c’est mon crime!Je suis un assassin, tNikolaï
d’unevoixentrecoupée,maisassezfortecependant.
Ilyeutpendantdixsecondesunsilenceaussiprofondquesitouslesassistantsétaienttombésencatalepsie.Legendarmelui-mêmeavaitreculéet
n’osaits’approcherdeNikolaï.Ilseretiraverslaporteetydemeuraimmobile.
—Qu’est-cequetudis?criaPorphyrePetrovitchrevenudesastupeur.
—Je…suisunassassin…répétaNikolaïaprèsunsilence.
—Comment…toi…Jenecomprendspas.Quias-tutué?PorphyrePetrovitchsemblaitabsolumentdéconcerté.
Nikolaïattenditunmomentpourrépondre.
—AlionaIvanovna etsa sœur Lizaveta Ivanovna…Jeles ai tuées…
avecunehache.J’avaisl’espritégaré…ajouta-t-il,etilsetutdenouveau,
maisilrestaittoujoursagenouillé.
Porphyre Petrovitch parut un moment rééchir profondément, puis,
d’ungesteviolent,ilréitéraauxspectateursimproviséssonordredequitter
lapièce.Ilss’éclipsèrentaussitôtetlaportesereferma.Alors,iljetauncoup
d’œilàRaskolnikovdeboutdanssoncoin,quicontemplaitNikolaïd’unair
pétrié.Iltunpasverslui,maisseravisa,s’arrêta,leregardaencore,puis
tournalesyeuxversNikolaïpourlesreportersurRaskolnikovettoutaussitôtsurlepeintre.Enn,ils’adressaàNikolaïavecunesorted’emportement:
—Attendsquejet’interrogepourmeparlerdetonégarement,luicria-tilavecunesortedefureur.Jenet’aipasencoredemandésituavaissubiun
égarement…Parle!Tuastué?
—Jesuisunassassin…j’avoue…tNikolaï.
—Etavecquoias-tutué?
—Avecunehachequej’avaisapportée.
—Eh!Cequ’ilestpressé!Seul?
Nikolaïnecompritpaslaquestion.
—Tun’aspaseudecomplices?
—Non,Mitkaestinnocent;iln’aprisaucunepartaucrime.
—NetepressedoncpasdeparlerdeMitka.Et…maiscomment,dismoi,comment as-tu descendu l’escalier? Lesconciergesvousontvusensemble.
—Ça,c’étaitpourdétournerlessoupçons…J’aialors couru avecMitka,
réponditvivementNikolaï(oneûtditqu’ilrécitaituneleçonpréparéed’avance).
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—Allons,çayest;ilrépètedesparolesapprises,grommelaPorphyre
commeàpartsoi,etsoudainsesyeuxrencontrèrentRaskolnikovdontilavait
visiblementoubliélaprésencedansl’émotionqueluicausaitcettescèneavec
Nikolaï.Enl’apercevant,ilrevintàluietparutsetroubler.
—RodionRomanovitch,moncherami,excusez-moi,etilseprécipita
verslui.Onnepeutpas…jevousenprie…vousn’avezicirienà…moimême,vousvoyezquellesurprise…Allez,jevousenprie…
Etillepritparlebrasenluiindiquantlaporte.
—Ilparaîtquevousnevousattendiezpasàcela,tobserverRaskolnikov,
quinaturellementserendaitbiencomptedecequiarrivaitetavaitrepriscourage.
—Maisvousnonplus,moncher;voyezdonccommevotremaintremble,
hé!hé!hé!
—Vousaussivoustremblez,PorphyrePetrovitch.
—C’estvrai,jenem’attendaispasàcela.
Ilsétaientdéjàdevantlaporte.Porphyreattendaitimpatiemmentledépartdesonvisiteur.
—Etlasurprise,vousnemelamontrerezdoncpas?ttoutàcoupRaskolnikov.
—Écoutez-leparler quand sesdentss’entrechoquentdans sabouche.
Hé!hé!vousêtesunhommecaustique.Allons,aurevoir.
—Jecroisqu’ilvautmieuxdireadieu.
—Ce sera comme Dieuvoudra,commeDieu voudra, marmotta Porphyre,avecunsourirequiluitorditlevisage.
En traversant le bureau, Raskolnikov remarqua que plusieurs des employésleregardaientxement.Dansl’antichambre,ilreconnut,parmilafoule,
lesdeuxconciergesdel’autremaison,àquiilavaitdemandél’autrejour de
leconduire au commissariat. Ils paraissaient attendre. À peine arrivédans
l’escalierilentenditdenouveaulavoixdePorphyrePetrovitch.Ilseretourna
etaperçutlejuged’instructionquicouraitaprèslui,toutessoufé.
—Unmot,RodionRomanovitch.IlenseradecetteaffairecommeDieu
voudra,maisj’auraiencorequelquesrenseignementsàvousdemanderpour
laforme…Nousnousreverronscertainement,n’est-cepas?
EtPorphyres’arrêtadevantlui,ensouriant.
—Voilà,répéta-t-il.
Onpouvaitsupposer qu’ilavaitenvied’ajouterquelquechose, maisil
n’entrien.
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—Etvous,PorphyrePetrovitch,excusez-moipourtoutàl’heure…J’ai
étéunpeuvif,réponditRaskolnikov,quiavaitrepriscourageetéprouvaitun
désirirrésistibledefanfaronnerdevantlemagistrat.
—Cen’estrien,ce n’estrien,ditPorphyred’untonpresquejoyeux…
Moi-mêmej’ai…uncaractèrefortdésagréable,jel’avoue.Maisnousnous
reverrons.SiDieulepermet,nousnousreverronssûrement…
—Etnousachèveronsdefaireconnaissance,ditRaskolnikov.
—Oui,répétaPorphyre,enleregardantsérieusementdesesyeuxmiclos.Maintenant,vousallezàunanniversaire?
—Àunenterrement.
—Ahoui!c’estvrai,àunenterrement.Prenezsoindevotresanté,prenez-enbiensoin…
—Etmoijenesaisquevoussouhaiteràmontour,tRaskolnikovqui
commençaitàdescendre,maisseretournatoutàcoup.Jevousauraissouhaitédegrandssuccès,maisvousvoyezvous-mêmecombienvosfonctions
peuventêtrecomiques.
—Pourquoicomiques?Lejuged’instruction,quis’apprêtaitàrentrer,
avaitdressél’oreilleàcesderniersmots.
—Commentdonc?VoilàcepauvreMikolkaquevousavezdûtourmenter,tortureràvotremanièrepsychologiquejusqu’àlefaireavouer.Vouslui
répétiezsans doutejouretnuitsurtouslestons:«Tuesunassassin,tues
unassassin…»etmaintenantqu’ilaavoué,vousrecommencerezàlegriller
àpetitfeuenluiserinantuneautrechanson:«Tumens,tun’espasunassassin,tun’aspucommettrececrime,turépètesdesparolesapprises.»Ehbien,
soutenezaprèscelaquevosfonctionsnesontpascomiques!
—Hé!hé!hé!Vousavezdoncremarquéquej’aidittoutàl’heureàNikolaïqu’ilrépétaitdesparolesapprises?
—Commentnel’aurais-jepasremarqué?
— Hé!hé! Vous avez l’intelligence subtile, très subtile; rien ne vous
échappeetvotreespritenoutreestmalicieux;voussaisissezimmédiatement
lemoindretraitcomique…hé!hé!C’était,jecrois,Gogol,qui,entretous
lesécrivains,sefaisaitsurtoutremarquerparcetrait.
—Oui,Gogol.
—Gogoleneffet…Auplaisirdevousrevoir.Raskolnikovrentraimmédiatementchezlui.Ilétaitsisurpris,sidécontenancépartoutcequivenait
desepasserqu’arrivédanssachambreilsejetasursondivanetyrestaun
quartd’heureàsereposer,enessayantdereprendresesesprits.Ilnetenta
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mêmepasde s’expliquerla conduite deNikolaï.Ilsesentaittropsurpris
pourcela.Ilcomprenaitaussiquecetaveudevaitcacherunmystèrequ’ilne
parvenaitpasàdéchiffrer,surlemomentdumoins.Pourtant,cetaveuétait
unfaitréeldontlesconséquencesluiapparaissaientclairement:lemensonge
nepouvaitmanquer d’êtredécouverteton s’en reprendraitàlui.Mais,en
attendant,ilétaitlibreetildevaitprendresesprécautionsenvuedudanger
qu’iljugeaitimminent.
Jusqu’àquelpointcependantétait-ilmenacé?Lasituationcommençaità
sepréciser.Ilneputs’empêcherdefrissonnerd’effroienévoquanttoutela
scènequivenaitdesedéroulerentreluietPorphyre.Certes,ilnepouvaitpénétrertouteslesintentionsdujuged’instruction,nidevinersescalculs,mais
cequ’ilenavaittiréauclairluipermettaitdecomprendre,mieuxquequiconque,ledangerqu’ilavaitcouru.Unpeuplusetilseperdaitsansretour.
Leterriblemagistrat,quiconnaissaitl’irritabilitémaladivedesoncaractère,
l’avaitdéchiffréàpremièrevue,s’étaitengagéàfond,unpeutrophardiment
peut-être, maispresquesansrisques.Sansdoute, Raskolnikovs’était déjà
biencompromistantôt,maislesimprudencescommisesneconstituaientpas
encoredespreuvescontreluiettoutcelan’étaitquerelatif.Cependant,nese
trompait-ilpasenjugeantainsi?QuelétaitlebutviséparPorphyre?Avait-il
réellementpréparéunesurprisepouraujourd’hui?Etenquoiconsistait-elle?
Commentcetteentrevueaurait-ellenisanslecoupdethéâtredel’apparitiondeNikolaï?
Porphyreavaitdécouvertpresquetoutsonjeu,tactiquehasardeusesans
doute,maisdontilcouraitlerisque.Raskolnikovcontinuaitàlepenser.Eûtil d’autres atouts qu’il leseûtmontrés également.Quelleétaitcette «surprise»?Unefaçonde le tourner endérision?Avait-elle une signication?
Pouvait-ellecacherun semblantdepreuve?Toutaumoinsun faitaccusateur?L’hommed’hier?Commentavait-ildisparu ainsi?Etaujourd’hui où
était-il?CarsiPorphyreavaitunepreuve,elledevaitserapporteràlavisite
del’inconnud’hier.
Raskolnikovétaitassissursondivan,latêteinclinée,lescoudesappuyés
surlesgenouxetlevisagedanslesmains.Untremblementnerveuxcontinuaitàagitertoutsoncorps.Enn,ilseleva,pritsacasquette,s’arrêtaun
momentpourrééchir,puissedirigeaverslaporte.
Ilpressentaitqu’ilétait,cejour-làtoutaumoins,horsdedanger.Toutà
coup,iléprouvaunesortedejoie:ledésirluivintdeserendreauplusvite
chezKaterinaIvanovna.Ilétait,bienentendu,troptardpouralleràl’enter-
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rement,maisilarriveraitàtempspourlerepasetlàilverraitSonia.
Ils’arrêta,rééchit,esquissaunsouriredouloureux.
—Aujourd’hui!Aujourd’hui,serépéta-t-il,oui,aujourd’huimême,ille
faut…
Ilsepréparaitàouvrirlaportequandcelle-cis’entrebâillad’elle-même.
Il fut pris d’un tremblement et recula précipitamment. La porte s’ouvrait
lentement,sansbruit,etsoudainellelaissaapparaîtrelasilhouettedupersonnagedelaveille,del’hommesurgideterre…
Celui-ci s’arrêta sur le seuil, regarda silencieusement Raskolnikov et
tunpasdanslapièce.Ilétaitvêtuexactementcommelejourprécédent,
maissonvisageetl’expressiondesonregardavaientchangé:ilsemblaitfort
afigéet,aprèsunmomentdesilence,ilpoussaunprofondsoupir.Ilnelui
manquaitqued’appuyerlajouesursamainetdetournerlatêtepourressembleràunebonnefemmedésolée.
—Quevoulez-vous?demandaRaskolnikovparalysédepeur.
L’hommeneréponditpasettoutàcoupils’inclinasibasdevantluique
samaindroitetouchaterre[72].
—Quefaites-vous?criaRaskolnikov.
—Jesuiscoupable,tl’hommeàvoixbasse.
—Dequoi?
—Demauvaisespensées.
Ilsseregardaientmutuellement.
—J’étaisinquiet…Quandvousêtesvenul’autrejour,ivrepeut-être,et
quevousavezdemandéauxconciergesdevousmeneraucommissariat,puis
quevousavezinterrogécespeintresausujetdestachesdesang,j’aivu,avec
regret,qu’ilsnetenaientaucuncomptedevosparolesetqu’ilsvousprenaient
pourunhommesaoul;alorsj’enaiétésitourmentéquejenepouvaisdormir.
Etcommejeme rappelaisvotreadresse,noussommesvenushieretnous
avonsdemandé…
—Quiestvenu?interrompitRaskolnikovquicommençaitàcomprendre.
—Moi,c’est-à-direquec’estmoiquivousaiinsulté.
—Voushabitezdonccettemaison-là?
—Oui,jemetrouvaisaveceuxtous,devantlaportecochère,vousvous
ensouvenez?J’exercemêmemonmétierdepuislongtemps,jesuisouvrier
enpelleterieetjetravaillechezmoi…Maiscequim’atourmentéleplus…
Raskolnikovseremémorasoudaintoutela scènedel’avant-veille:il y
avaiteneffet,endehorsdesconcierges,plusieurspersonnesencoresousla
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portecochère,deshommesetquelquesfemmes.Ilsesouvintdelavoixd’un
assistantquiproposaitdel’emmeneraucommissariat.Ilnepouvaitserappelerlevisagedeceluiquiavaitémiscetavisetmaintenantencoreilnelereconnaissaitpas,maisilsesouvenaitdeluiavoirréponduquelquechose,de
s’êtretournéverslui…Ainsi,voilàcomments’expliquaitl’effrayantmystère
delaveille.Etcequ’ilyavaitdeplusterrible,c’estqu’ilavaitfailliseperdre
pourunfaitaussiinsigniant.Cethommen’avaitdoncrienàraconter,sauf
l’incidentdelalocationetlesquestionssurlestachesdesang.EtPorphyre,
parconséquent,n’ensavaitpasdavantage.Ilneconnaissaitquel’accèsde
délire,pasdefaitsendehorsdecela,rien,hormiscettepsychologieàdeux
ns,riendepositif.Donc,s’ilnesurgissaitpasd’autresfaits(etilnedevait
pasensurgir)quepouvait-onluifaire?Commentpouvait-onleconfondre,
mêmesi onl’arrêtait?Ilrésultaitencore detout celaque Porphyrevenait
d’apprendreàl’instantmêmesavisiteaulogementdesvictimes;auparavant
iln’ensavaitrien.
—C’estvousquiavezracontéaujourd’huiàPorphyre…mavisite?demanda-t-il,frappéd’uneidéesubite.
—ÀquelPorphyre?
—Lejuged’instruction.
—Oui,c’estmoi.Lesconciergesn’yétaientpasalléscejour-là.Alors,
moijel’aifait.
—Aujourd’hui?
—J’yétaisuneminuteavantvotrearrivée.J’aiassistéàtoutelascène;
jel’aientenduvoustorturer.
—Oùcela?Comment?Quand?
—Maisj’étaischezlui,derrièrelacloison;j’ysuisrestétoutletemps.
—Comment?C’étaitdoncvouslasurprise?Maiscommentcelaa-t-ilpu
arriver?Parlezdonc.
— Voyant, commença l’homme, que les concierges refusaient d’aller
prévenirlapolicesousprétextequ’ilétaittardetqu’ilsallaientêtregrondés
pourêtrevenusàpareilleheure,j’enfussitourmentéquej’enperdislesommeiletjecommençaiàmerenseignersurvous.Ayantdoncprismesrenseignementshier,jemerendisaujourd’huichezlejuged’instruction.Lapremièrefoisquejemeprésentai,ilétaitabsent.Jesuisrevenuuneheureplus
tardetnefuspasreçu.Enn,latroisièmefois,j’aiétéintroduitauprèsdelui.
Jeracontaileschosesexactementcommeelless’étaientpassées;enm’écoutant,ilcouraitdans lapièceetsedonnaitdescoupsdepoingdanslapoi-
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trine.«Que faites-vousde moi,brigands quevousêtes?criait-il,sij’avais
sucelaplustôtjel’auraisfaitamenerparlesgendarmes.»Ensuite,ilsortit
précipitamment, appelaquelqu’un, semità causer aveclui dans un coin,
puisrevintversmoietrecommençaàmequestionnerenm’injuriant.Ilme
faisaitbeaucoupdereproches;jeluiaitoutraconté:quevousn’aviezpasosé
répondreàmesparolesd’hieretquevousnem’aviezpasreconnu.Alorsil
s’estremisàcourir,ensefrappanttoujourslapoitrineet,quandvousvous
êtesfaitannoncer,ilestvenuàmoietm’adit:«Passederrièrelacloisonet
restelàsansbouger,quoiquetupuissesentendre.»Ilm’apportaunechaise
etm’enfermaenajoutant:«ilsepeutquejetefassevenir.»Mais,quandon
amenaNikolaï,ilmetsortir aprèsvotredépart.«Jevaistefaire appeler
encore,medit-il,carj’auraiàt’interroger…»
—A-t-ilinterrogéNikolaïdevanttoi?
—Ilm’afaitsortiraussitôtaprèsvousetcen’estqu’alorsqu’ils’estmis
àinterrogerNikolaï.
L’hommes’arrêtaetsaluadenouveaujusqu’àterre.
—Pardonnez-moimadénonciationetmaméchanceté.
—QueDieutepardonne,tRaskolnikov.Àcesmots,l’hommes’inclina
encore,maisnonplusjusqu’àterreetseretiraàpaslents.
«Ilneresteplusquedespreuvesàdeuxns»,pensaRaskolnikov,etil
sortittoutréconforté.
«Maintenant,nouscontinuonslalutte»,sedisait-ilavecunmauvaissourire,tandisqu’ildescendaitl’escalier.Cen’étaitqu’àlui-mêmequ’ilenvoulait:ilsongeaitavechumiliationetméprisàsa«pusillanimité».
(TraductionDouciaErgaz—VladimirPozner)
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When he remembered thescene afterwards, this is howRaskolnikov
saw it.The noisebehind the door increased, and suddenly the door was
openedalittle.
‘‘Whatisit?"criedPorryPetrovitch,annoyed.
‘‘Why,Igaveorders…‘‘Foraninstanttherewasnoanswer,butitwas
evidentthattherewereseveralpersonsatthedoor,andthattheywereapparentlypushingsomebodyback.
‘‘Whatisit?"PorryPetrovitchrepeated,uneasily.
‘‘TheprisonerNikolayhasbeenbrought,"someoneanswered.
‘‘Heisnotwanted!Takehimaway!Lethimwait!What'shedoinghere?
Howirregular!"criedPorry,rushingtothedoor.
‘‘Buthe …‘‘began thesame voice,and suddenlyceased.Two seconds,
notmore,werespentinactualstruggle,thensomeonegaveaviolentshove,
andthenaman,verypale,strodeintotheroom.Thisman'sappearancewasat
rstsightverystrange.Hestaredstraightbeforehim,asthoughseeingnothing.There wasadeterminedgleam inhis eyes;atthesametime therewas
adeathlypallorinhisface,asthoughhewerebeingledtothescaffold.His
whitelipswerefaintlytwitching.Hewasdressedlikeaworkmanandwasof
mediumheight,veryyoung,slim,hishaircutinroundcrop,withthinspare
features.Themanwhomhehadthrustbackfollowedhimintotheroomand
succeededinseizinghimbytheshoulder;hewasawarder;butNikolaypulled
hisarmaway.Severalpersonscrowdedinquisitivelyintothedoorway.Some
ofthemtriedtogetin.Allthistookplacealmostinstantaneously.
‘‘Go away, it's too soon! Wait till youare sent for!… Why have you
broughthimsosoon?"PorryPetrovitchmuttered,extremelyannoyed,and
asitwerethrownoutofhisreckoning.ButNikolaysuddenlykneltdown.
‘‘What'sthematter?"criedPorry,surprised.
‘‘Iamguilty!Mineisthesin!Iamthemurderer,"Nikolayarticulated
suddenly,ratherbreathless,butspeakingfairlyloudly.Fortensecondsthere
wassilenceasthoughallhadbeenstruckdumb;eventhewarderstepped
back,mechanicallyretreatedtothedoor,andstoodimmovable.
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