Добавил:
ivanov666
Опубликованный материал нарушает ваши авторские права? Сообщите нам.
Вуз:
Предмет:
Файл:Французский язык. Учебное пособие по курсу Страноведение
.pdf
TEXTES SUPPLEMENTAIRES
Pays de la Loire
Au voyageur pressé qui le traverserait par l’un ou l’autre
de . ses grands axes, le Val de Loire ne livrerait qu’un paysage
presque ordinaire, au relief peu mouvementé de petites collines
et de plateaux monotones, où régnent landes et forêts, paradis
des chasseurs. Ce sont les vallées qui donnent au pays de la
Loire sa physionomie. Elles justifient sa réputation d’opulence
par l’exceptionnelle fertilité de leurs terres alluviales, les «
varennes », domaine des primeurs, de l’asperge et des vergers,
et les coteaux calcaires ourlés des célèbres vignes qui les bordent.
A l’orée du printemps, la symphonie des fruitiers en
fleurs illumine les horizons, sous l’éclairage fuyant de ciels instables, perturbés de rapides nuages pommelés, au blanc
éblouissant. Sous l’azur tourmenté dorment les coquets villages
de tuffeau transfigurés par la lumière qui ruisselle sur leurs toits
d’ardoise.
Pour goûter la poésie de ces paysages chantés par Ronsard, Balzac, Alfred de Vigny ou Genevoix, l’on saura emprunter des routes de traverse, puis aller à la source, gagner les
rives de la Loire, et vibrer au rythme du fleuve royal.
Seul un regard contemplatif laisse goûter la subtilité de
la lumière qui l’habille d’une parure changeante d’heure en
heure. Et l’on se laisse imprégner de cette immatérielle rencontre entre le fleuve nonchalant et la transparence vibrant du soleil
qui le baigne dans une douceur toute italienne. Cette atmosphère si particulière inspira au peintre Turner ses «vues de la
Loire». Comme l’a consigné l’historien Taine en 1865, «la
Loire va doucement, en larges épanchements, presque
immobile, et l’esprit va comme elle».
151

Le jardin de la France
Le Val d’Orléans prête son ampleur aux pépinières et
aux roseraies. En aval, la Loire se coude entre les étendues céréalières de la petite Beauce et l’enchevêtrement des giboyeux
halliers et des poissonneux étangs de la Sologne. Affleurant la
Sologne, le mystérieux pays du Grand Meaulnes, bocage à
l’atmosphère mélancolique, inspira Alain Fournier. La Touraine
puis l’Anjou ouvrent à la Loire un domaine d’une douceur méridionale: Louis XI put y acclimater le mûrier qui fournissait
aux manufactures tourangelles de soieries leur matière première. On y voit croître le palmier, le figuier, et sur les berges
se perpétuent maintes espèces exotiques.
Le fleuve creuse son chemin dans la craie tendre du tuffeau, où sont aménagées caves et maisons troglodytiques. Les
îles chargées de paresseux bouquets d’arbres s’égrènent alors
dans son lit. Les coteaux se couvrent de cépages qui illustrent
les noms de Montlouis, de Vouvray, de Bourgueil, de l’Anjou et
de Saumur.
Passé Angers, la Loire va son chemin dans un pays de
vert bocage, coupé de haies et sillonné de chemins creux. Elle
côtoie alors «l’Anjou Noir», du schiste et de la fine ardoise,
puis le Segréen, pays de l’extraction de l’ardoise, bordé au sud
par le pays des Mauges, haut lieu de la chouannerie.
De poétiques vallées
Comme le firent avant nous bâtisseurs de la Renaissance
et poètes, on saura quitter la Loire pour goûter le charme de ses
affluents.
Muse de Balzac réfugié à Sache, l’Indre flâneuse et verdoyante, qui lui inspira le cadre du Lys dans la vallée, baigne
152

les graciles élévations d’Azay-le-Rideau. Avant de se fondre
dans la Loire, à Avoine, elle prend le temps de tendre son miroir aux innombrables tours d’Ussé, château de la Belle au bois
dormant.
Le Cher coule son chemin sans histoire ni éclat jusqu’à
Chenonceau, où il unit ses rives et son lit au château-pont qui
lui donne ses lettres de noblesse.
La Creuse mal connue vient grossir la Vienne en
Touraine, après de longs méandres dans un paysage accidenté et
pittoresque semé de châteaux et de pimpants villages.
Riche de ses vignes et de ses cultures, le Val de Vienne
égrène d’harmonieuses églises romanes où l’influence poitevine
– la crypte de Tavant porte un ensemble renommé de peintures
– se prolonge jusqu’en Chinonais.
Le Loir vagabond, aux eaux poissonneuses, arrose un
terroir paisible et souriant, tout de grâce et de mesure, cette «
douce France » où naquit Ronsard et où se retira, blanchi sous
le harnois, Dunois, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc.
À Angers se rejoignent dans la Maine, le Loir, la Sarthe
et la tranquille et sauvage Mayenne jusqu’ici enserrée entre des
rives couvertes de forêts, domaine de la navigation de plaisance
et des croisières.
La Loire marchande
Dés les premiers siècles de notre ère, la Loire a apporté
la vie au pays, convoyant vaisselles de luxe en céramique
sigillée, amphores de vin et marbres d’Italie, ou encore porphyres asiatiques. De même remontent de Nantes poissons de
mer et huîtres jusqu’à Tours, permettant aussi l’exportation des
productions locales, notamment le vin. Au 6e siècle, on atteste
l’existence de marchands grecs, syriens et juifs à Orléans.
Redoutables navigateurs, les Vikings sauront tirer profit
153

de la navigabilité du fleuve qu’ils remonteront au 9e siècle,
jusqu’à St-Benoît-sur-Loire, ravageant les villes sur leur passage. Puis le commerce reprit. Les marchands s’organisèrent en
communauté et, bravant les bancs de sable et les crues, le trafic
se développa rapidement. Aux 17e et 18e siècles, Orléans formait un gigantesque entrepôt.
Ce chemin d’eau, les voyageurs aussi l’empruntaient,
plaçant leurs carrosses sur des radeaux comme le fit Madame de
Sévigné pour se rendre en Bretagne.
Abbayes et châteaux doivent beaucoup à la Loire et à
ses affluents, silencieux et infatigables convoyeurs de pierre.
Ainsi les carrières du Cher fournirent-elles le chantier de
Chambord, dès lors soumis aux aléas des fluctuations de la voie
d’eau : la pierre y manqua lors de l’été 1539, où le lit fut à sec.
Jusqu’au milieu du 19e siècle, la Loire était animée de
voiles blanches de bateaux à fond plat, ainsi qu’on le voit sur
les gravures. Çà et là, dans les églises des anciens bourgs
mariniers, une maquette de bateau offerte en ex-voto rappelle la
vitalité des corporations de bateliers. Les musées de Châteauneuf-sur-Loire et Chinon exposent des souvenirs liés à cette activité.
154

Terre des princes
D’Angers rayonna, à l’aube du 13e siècle, la voûte bombée du style Plantagenêt: la cathédrale St-Maurice en illustre la
mise en place, l’audacieux élancement du vaisseau de CandesSt-Martin, la jubilante plénitude.
Au tournant de l’an mille, les comtes de Blois, qui
tenaient aussi la Champagne, et les comtes d’Anjou se disputent
les pays de la Loire. Foulques Nerra, célèbre pour sa fourberie,
sa cruauté, mais aussi ses grands élans de repentir chrétien, illustre la fougue conquérante des comtes d’Anjou : de ChâteauGontier à Montrichard, le paysage reste hérissé de donjons, fiers
et altiers comme à Montbazon.
Au 12e siècle, la dynastie d’Anjou atteint son apogée
avec les Plantagenêts qui monteront sur le trône d’Angleterre,
ouvrant un demi-siècle de luttes avec les Capétiens. En 1202,
Philippe Auguste fait rentrer Touraine et Anjou dans le giron de
la couronne. La construction du château d’Angers, aux tours
zébrées de noir et de blanc, scelle ce retour à l’ordre. Le 8 mars
1429, les ruelles tortueuses de Chinon accueillirent la bergère
de Domrémy accourue de Lorraine pour voir le «petit roi de
Bourges», futur Charles VII. Dans la grande salle du logis
royal, Jeanne reconnaît son prince entre tous, bien qu’il soit
travesti en courtisan. Des quelques mots échangés qui jouèrent
tout l’avenir du pays demeure un muet témoin : la monumentale
cheminée restée accrochée à un pan de mur du logis ruiné.
De Gien à Angers, la Loire déroule son ruban de forteresses, d’abbayes et de palais qui eurent la faveur de nos princes:
le château de briques d’Anne de Beaujeu à Gien, Sully-surLoire où demeura Charles VII pendant la victorieuse épopée de
Jeanne; l’aimable logis royal de Loches, refuge d’Agnès Sorel;
Amboise, château des fastes de Charles VIII et de l’enfance de
François Ier; la basilique N.-D. de Cléry, dernier repos de
155

Dunois et de Louis XI; la sévère forteresse de Langeais où
Charles VIII épousa Anne de Bretagne; le Plessis-les-Tours,
manoir de Louis XI qui fit de Tours sa capitale ; Saumur, «castel d’amour» du roi René... se succèdent au fil de l’eau.
Le berceau de la Renaissance
La silhouette tout en aiguilles de Pierre d’Amboise
semble jaillir du rempart qui la porte. C’est à Amboise que
naquit, au retour d’Italie de Charles VIII, en 1464, un nouvel art
de bâtir et de vivre, heureuse rencontre du raffinement italien et
des traditions françaises. Le Val de Loire garde inscrits dans la
pierre les balbutiements et les joyaux de la Renaissance : Châteaudun, Blois, Loches, le Lude, Valençay. L’escalier à rampes
droites remplace avec panache la vis gothique à Azay-leRideau; à Villandry, les buis cisèlent en d’étourdissants parterres, jardins d’ornement et potagers décoratifs.
Chambord, «une rêverie brillante qui aurait pris tout à
coup un corps durable», selon Alfred de Vigny. Sur le château
aux 440 pièces et 365 cheminées de François Ier plane le génie
de Léonard de Vinci, installé au manoir du Clos-Lucé
d’Amboise par le souverain. Lui doit-on l’escalier central à
deux hélices superposées, merveille d’ingéniosité architecturale,
qui fit les délices de l’enfance de la Grande Mademoiselle, si
étonnée de gravir le même escalier que son père sans jamais le
rencontrer? De la terrasse où il mène, le chemin de ronde court
parmi les lanternons, cheminées, escaliers et lucarnes, tout en
colonnes et pilastres, architectures de rêve d’une cité imaginaire.
Les financiers des rois rivalisent avec leurs princes à
Azay-le-Rideau et Chenonceau, dans un étalage de luxe qui leur
valut une amère disgrâce et la confiscation de leurs biens. Chenonceau n’eut guère que des maîtresses : à la mort d’Henri II,
156

Catherine de Médicis en déloge froidement Diane de Poitiers
qui avait coulé en ces murs tant de doux moments avec son
royal amant, puis y donne d’étourdissantes fêtes.
Attachés à leur terre natale plus qu’aux gloires de la
cour, l’Angevin du Bellay et le Vendômois Ronsard se consacrèrent à la Renaissance littéraire en Val de Loire, où ils donnèrent le jour à la Pléiade.
Au siècle suivant, Cheverny porte à leur perfection les
canons de l’architecture classique, qu’illustre dans le domaine
de l’urbanisme l’ambitieuse ville de Richelieu, érigée par le
terrible cardinal.
157

12. BRETAGNE. NORMANDIE
Côtes déchiquetées, landes coiffées par le vent, forêts
profondes, la Bretagne est terre de légendes, d’aventure et de
foi. Ici, nos plus lointains ancêtres dressèrent mégalithes et
tumulus comme à Carnac et à Barnenez. Au détour des chemins
creux se découvrent les dentelles de granit des calvaires, les
arches gothiques des chapelles. Riches d’un passé glorieux,
Bretagne et Normandie dressent leurs châteaux, les remparts de
leurs villes fortifiées comme à Saint-Malo, Vannes ou
Guérande. A Fougères et Vitré, les châteaux forts demeurent les
témoins de l’architecture militaire du Moyen Age, et protègent
ruelles et échoppes d’antan. Dans ces provinces profondément
chrétiennes, partout, au-dessus des côtes ou de la campagne, les
églises dressent leurs clochers, des flèches de Saint-Pol de Léon
aux tours de la cathédrale de Rouen peinte par Claude Monet.
De Saint-Malo, Honfleur, Dieppe, Lorient, découvreurs et
corsaires partaient conquérir les richesses du monde qu’ils
entassaient dans leurs châteaux, les malouinières cachées sur les
rives de la Rance, les maisons bourgeoises à pans de bois de
Rennes, Dinan, Dol, Tréguier, Honfleur ou Rouen. Même à
l’intérieur des terres, le plus modeste manoir, la moindre ferme
de granit au toit d’ardoises, peut être un chef-d’œuvre
d’harmonie. La Normandie, avec ses grasses prairies et ses
plages, est fière d’un passé de gloire et de douleur. A Bayeux, la
fameuse «tapisserie» de la reine Mathilde raconte comment, en
1066, Guillaume le Conquérant partit à la conquête de
l’Angleterre et en devint le roi. A Caen, à Arromanches, les
musées rappellent que c’est ici que commença, en 1944, la
libération de l’Europe. Pays de culture, Bretagne et Normandie
s’enorgueillissent de leurs écrivains: Chateaubriand, Corneille,
Maupassant, Flaubert, Michelet, Renan...
158

Rennes
La ville de Rennes est la capitale régionale de la
Bretagne. Elle est située au confluent de éIlle et de la Vilaine.
Elle compte 200 mille habitants. C’est une des villes les plus
jeunes et les plus, attractives de France, une ville d’art et
d’histoire. Rennes offre une atmosphère vivante, chaleureuse et
pleine de charme. Ses deux places royales expriment l’élégante
solennité du 18ème siècle, ses rues médiévales sont étroites et
tortueuses. Elles sont bordées de maisons datant parfois du
15ème siècle. Le centre de la ville est transformé en immense
zone piétonnière que les Rennais viennent faire leurs courses,
assister au spectacle ou prendre «un pot» entre amis.
De l’autre côté du fleuve, c’est une Rennes plus
moderne qui s’est développée autour de la gare d’où partent les
TGV pour Paris. Maintenant la capitale est à deux heures de
train.
Rennes est une ville industrielle qui regroupe
d’importantes industries: usines Citroën, entreprises de
transport, de bâtiments et de travaux publics. La ville s’est
également spécialisée dans les domaines de l’électronique, des
télécommunications et d’informatique.
Ville universitaire, Rennes compte 60 mille étudiants
dans deux universités, dans l’École nationale de la santé
publique et dans 16 grandes écoles et instituts. Les jeunes sont
séduits par les programmes culturelles de la ville, par sa
modernité et ses vieilles rues.
Il est très agréable de se promener dans le jardin du
Thabor. Sur une superficie de plus del 10 hectares, ce parc
comprend un jardin à la française*, un jardin botanique, une
roseraie, un jardin paysager* et une volière. La diversité et la
richesse de ses plantations (rosés, dahlias, chrysanthèmes,
camélias, rhododendrons, chênes, hêtres, cèdres, etc.) en font un
159

endroit particulièrement attrayant en toute saison.
Chaque été depuis 1980. le festival des Tombées de la
nuit envahit les places et les rues de Rennes. Pendant toute une
semaine près de 150 spectacles de musique, de théâtre, de danse
attirent plus de 80000 personnes.
Vocabulaire
• confluent m • слияние рек
attractif, -ve adj притягательный
[la ville] offre une atmosphère [в городе] царит теплая атмосфера
chaleureuse
exprimer une élégante solennité выражать элегантную
[solanite] торжественность
rue f médiévale средневековая улица
rue f tortueuse извилистая улица
être bordé de стоять по сторонам
immense adj огромный
zone f piétonnière пешеходная зона
faire les courses делать покупки
prendre "un pot" выпить стаканчик
• TGV (train à grande vitesse) скоростной поезд
• entreprise f de bâtiments строительное предприятие
travaux m pi publics общественные работы
• santé f publique здравоохранение
une grande école высшая школа
séduire vt привлекать
• superficie f площадь
roseraie f розарий
volière f вольера (большая клетка для
птиц)
diversité f разнообразие
plantation f растение
dahlia m георгин
160
Соседние файлы в предмете [НЕСОРТИРОВАННОЕ]
