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Французский язык. Учебное пособие по курсу Страноведение

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cession ; le pèlerinage à la grotte de la Ste-Baume, « sanctuaire national de la Provence » où Marie-Madeleine la pécheresse fit pénitence, est célèbre dans tout le Midi et à Tarascon, la victoire de sa sœur Marthe sur la monstrueuse Tarasque est com­mémorée avec faste.
Noël ensuite, représente l’événement majeur du calen­drier festif provençal. Pour lui seul, les membres plus ou moins éloignés de la famille n’hésiteront pas à braver tous les obstacles et seront présents au rituel «gros souper», bombance qui se clôt par les fameux treize desserts et leur promesse d’indigestion. Entre les nombreux plats, l’assistance admire, amoureusement disposée par le pape sur le coin du buffet, la crèche et ses maisons gigognes, envahie de santons aux frais coloris appportant «dévotement» leurs offrandes à l’enfant­Dieu, le niston ; personne, à vrai dire, ne s’y retrouve dans l’incroyable cacophonie chronologique qui caractérise cet attendrissant tableau où Gaspard, Melchior et Balthazar sont accueillis par le maire et le curé du village, quand ils ne sont; pas conviés à une partie de pétanque! Les vaillants, les gardiens de la tradition, iront à la messe de minuit assister au spectacle de la crèche vivante, encore empreint de sincérité dans les vil­lages établis sur les anciens circuits de transhumance, tels les Baux-de-Provence.
Les pastorales, forme dramatique de la crèche vivante inspirée des délicieux Noëls provençaux du Comtadin Nicolas Saboly, greffent astuces et propos frondeurs sur le thème de la Nativité ; bénéficiant d’un regain de popularité, elles animent les théâtres pendant l’hiver.
Enfin, parmi les marques les plus ostentatoires de la piété populaire, figurent les ex-voto imagés dont, de toutes les régions de France, la Provence est la plus riche. Ces touchants témoignages d’actions de grâces ornent les murs de sanctuaires comme Notre-Dame-des-Lumières à Goult, Notre-Dame-de- la-
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Garde à Marseille et la chapelle Ste-Anne à St-Tropez, ces der­niers renommés pour leurs ex-voto marins.
Simplicité romane, faste gothique, fantaisie baroque
Au 12e siècle, la Provence, qui traverse une des plus brillantes périodes de son histoire, connaît une éclatante renais­sance architecturale. On assiste à une éclosion d’églises, toutes remarquables par leur merveilleux appareil de pierre, combinant les influences de l’antiquité romaine dont elles héritent le plan basilical et la sobriété du décor intérieur, du Languedoc, de la Lombardie et de l’Auvergne. Les plus belles réussites sont St­Trophime d’Arles et St-Gilles-du-Garddont les portails magni­fiquement sculptés supportent la comparaison avec les chefs­d’œuvre de la France septentrionale, St-Gabriel de Tarascon, la cathédrale Notre-Dame-des-Doms d’Avignon, l’église du Thor. Les cloîtres recèlent les meilleures pages de sculpture, et celui de St- Trophime, avec ses magnifiques piliers d’angle ornés de statues de saints, forme l’ensemble le plus remarquable.
Une exceptionnelle floraison monastique se produit, bénédictine à Montmajour, cistercienne à Sénanque, Silvacane et au Thoronet, trois «abbayes sœurs» que caractérisent une austérité et un dépouillement conformes à la règle établie par saint Bernard.
Sans oublier les innombrables chapelles de campagne, merveilles de simplicité, dont la fraîcheur et l’intimité constitu­ent autant d’invites au recueillement.
Les marchés de Provence
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Voici pour cenfrancs, du thym de la garrigue, un peu de safran et un panier de figues...» La chanson de Bécaud, natif de Toulon, a immortalisé ces marchés à l’affluence considérable qui animent les petites cités comme les grandes, et séduisent tant par la qualité et la diversité des produits proposés que par le pittoresque de leur ambiance. Repéré par le brouhaha des conversations, par le grossissement de la foule, le marché se découvre au détour d’une ruelle, prodigieux embouteillage de bâches multicolores et d’étals sur­chargés. Chez le poissonnier, daurades et loups à l’œil vif se désignent pour la grillade tandis que rascasses, pageots et ga­linettes s’apprêtent à faire une bouillabaisse du tonnerre. L’épicerie interprète une symphonie de puissants arômes con­trastés, où interviennent de concert tout un ensemble de prépa­rations d’ olives : « picholines » et « belgentiéroises » vertes, «tanches» noires de Nyons ou de Carpentras, la collection des «herbes de Provence» : sarriette, thym, basilic inséparable de la soupe au pistou, sauge délice de l’aigo boulido, romarin, fenouil compagnon fidèle des plats de moisson, marjolaine princesse des civets, le plein tonneau d’anchois «des tropiques», le cor­tège des «mendiants» (fruits secs), et tutti quanti. Les tréteaux du confiseur croulent sous le poids des friandises réunies : cal­issons d’Aix, berlingots ne Carpentras, fruits confits d’Apt, nougat de Montélimar, pâtes de coings des Alpilles, miel du pays de Sault, confitures de pastèques ou de figues. Un peu plus loin, décorée de tresses d’aulx, l’installation du maraîcher: oignons, courgettes, aubergines, poivrons, tomates rouges un peu molles – les “bien vertes”, ce sera pour la salade niçoise —, a de quoi ravir les inconditionnels de la ratatouille; question fruits, le cœur balance entre de sympathiques melons craquelés et de juteuses petites pêches de vigne. Au-delà du carré des fleuristes, étourdissant bouquet d’œillets et glaïeuls fraîchement acheminés d’Ollioules ou de Carqueiranne, se déploie l’éventail
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des productions artisanales: ici des savons «de Marseille» par­fumés à l’huile d’olive, des essences de parfum dont Grasse est capitale, là une farandole garance-indigo-safran de tissus provençaux imprimés entre Arles, Avignon et Tarascon, puis la batterie des jarres, tians et pignates vernissées, fierté des potiers d’Aubagne, Vallauris, Biot ou Salernes. Plateaux en écorce de liège des Maures, mortiers d’aïoli et saladiers en bois d’olivier vous escorteront vers la sortie de ce spectacle inoubliable, légèrement retardée par une courte escale au stand des vins provençaux, histoire d’admirer les robes magnifiques des cassis, bandol, tavel et autres châteauneuf-du-pape... et de s’ouvrir dé­finitivement l’appétit.
Les reines de la Côte
Quitte Paris, plante ta canne dans mon jardin; le lende­main à ton réveil, tu verras qu’il a poussé sur elle des rosés » (Alphonse Karr, à St-Raphaël, fin du 19e siècle).
De Bandol à Menton, la mer au bleu intense baigne plus de 300 km de littoral d’une incomparable beauté, associant de sombres caps cristallins, de longues anses dorées (oh, Pam­pelonne!) et un chapelet d’îles enchanteresses à la féerie des «porphyries» amarante de l’Esterel et aux rudes plis alpins plongeant vertigineusement vers la Riviera. Certes la Côte d’Azur – le terme fut inventé en 1887 par Stephen Liégeard – ne débute « officiellement » qu’à St-Raphaël, mais la douceur du climat presque débarrassé du mistral et du gel, la dictature du soleil, l’atmosphère permanente de vacances se perçoivent dès le massif des Maures, en quelque sorte sa succursale, si ce n’est, déjà, autour du cap Sicié.
Aristocrates et grands bourgeois anglais ou russes, ces «hirondelles d’hiver» pour qui s’élevèrent les plus somptueux
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palaces et les plus excentriques villas, ont formé l’avant-garde touristique de ces rivages enchantés. Après 1918, le tourisme estival prit le relais des têtes couronnées adeptes du «clima­tisme», drainant vers Juan-les-Pins, Saint-Tropez et autres lieux propices une clientèle noctambule, exubérante et bariolée. Puis ce furent la démocratisation du tourisme, la vogue des bains de mer et des corps cuivrés, qui déversèrent « leurs fourmilières d’estivants » accourus de toute l’Europe dans les villes ou vil­lages, inéluctablement métamorphosés en «stations» aussi fleuries que trépidantes, rivalisant entre elles d’atouts et d’élégance.
Nice, capitale de la Côte d’Azur, assidûment courtisée dès le 18e siècle, offre la beauté de son site, adorablement souligné par l’arc de la baie des Anges, la magnificence de sa Promenade des Anglais, le charme bigarré de sa vieille ville avec son fouillis de toits rosés, ainsi que les défoulements de ses batailles de fleurs et de l’illustre Carnaval. Cannes, la vieille cité des abbés de Lérins, «Salon d’hiver de l’aristocratie mondiale » et l’une des plus prestigieuses villes touristiques d’Europe, est promu à l’heure du Festival international du Film capitale mondiale du cinéma. Coincé dans son amphithéâtre de collines, Monaco fait pousser, autour du « Rocher » où se juche le palais princier, d’audacieux gratte-ciel et tire parti de la renommée de son Casino, établi à Monte-Carlo. Villefranche­sur-Mer et sa merveilleuse rade, Roquebrune que domine un surprenant donjon carolingien, Menton cerné d’orangers et de citronniers, ainsi que Hyères, nostalgique des séjours de la reine Victoria, figurent également parmi les impériales majestés de la Côte.
Corse
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Magnifique et rude – son nom signifierait rocher – , la Corse a forgé sa personnalité dans l’isolement. Pisane puis génoise avant de devenir française, cette grande île méditerra­néenne a su rester avant tout elle-même, indépendante de cœur et d’esprit, et fière de l’être. Le milieu, il est vrai, s’y prête : même les Romains, pourtant aménageurs impénitents, ont été rebutés par les dédales d’arêtes, les prodigieux escarpements, les encaissements démentiels qui caractérisent ses paysages : aiguilles de Bavella ou du Cinto, désordre cataclysmique de la Castagniccia, topographie dantesque des calanche de Piana, gorges sans fond de la Spelunca... Du coup, sentes cavalières agrémentées de ces quelques ponts «génois» en dos d’âne qui comblent aujourd’hui les photographes, et surtout sentiers mu­letiers ont très longtemps représenté les seuls axes de communi­cations, dont les routes goudronnées actuelles, restées étroites et sinueuses, sont les héritières directes. Mais que de merveilles attendent ceux qui prennent le temps de la découverte ! Dès lors les stéréotypes résumant la Corse à un empereur, un chanteur de charme, une poignée de brillants administrateurs, une longue liste de fonctionnaires ou d’hommes politiques et quelques ban­dits célèbres, s’effacent devant l’authenticité de cette civilisa­tion forte d’une langue riche et savoureuse en usage chez le plus grand nombre, et de traditions religieuses ou profanes bien vi­vantes, libératrices d’angoisses et de passions comme les pro­cessions du Vendredi saint suivies avec ferveur par les femmes en mezzaro (mouchoir noué sous le menton), ou l’interprétation du paghjella, chant polyphonique a cappella, aux poignantes sonorités.
Plus montagne qu’île, la Corse, qui a longtemps vécu en se désintéressant de la mer, déroule de somptueux rivages pour la plupart exempts d’aménagements disgracieux, succession de plages paradisiaques aux eaux transparentes, de promontoires déchiquetés où veillent toujours les tours de l’Office de St-
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Georges, et de calanques au creux desquelles se lovent de minuscules ports somnolents sous l’ardeur du soleil. Quelque villes côtières cependant bénéficient d’une réelle animation : Ajaccio-la-Blanche, au climat exceptionnellement doux, porte étendard de la fortune napoléonienne ; Calvi et sa citadelle, fi­èrement campée au débouché de la Balagne ; Bastia la «Ville du Levant» qui, avec son pittoresque vieux port, a su garder un as­pect typiquement méditerranéen ; et Bonifacio l’imprenable forteresse génoise, orgueilleusement perchée entre mer et gar­rigue.
L’intérieur, plus âpre encore, réserve un lot respectable d’agréables surprises: statues-menhirs encore empreintes d’une part de mystère, petites chapelles à appareil polychroime sur­gies du maquis, forêts de hêtres et pins laricio d’Aïtone ou de Vizzavona et châtaigneraie de Castagniccia miraculeuseme épargnées par tant d’incendies, chapelet de lacs du monte Ro­tondo, villages-balcons du Nebbio, de Balagne, vieilles cites incarnant l’âme corse telles Corte encore vibrante de la déter­mination de ses héros Sampiero Corso, Gaffori, Pascal Paoli, et Sartène « la plus corse des villes corses» (P. Mérimee).
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7. LA CAMARGUE
La Camargue est une région de Provence, située entre deux branches du delta du Rhône. Son étendue est 75 000 hectares dont 26 en marais et en étangs. Le sol est imprégné de sel. Peu d’arbres, sauf au bord des canaux d’irrigation, mais à perte de vue, d’immenses prairies, domaine de "manades" de taureaux, de chevaux, et des "gardians". L’eau potable est rare, mais non les moustiques.
La Camargue forme un triangle pointant la tête vers la capitale, Arles, fondée par Jules César*. Pendant des siècles, le pays compta juste quelques douzaines de grands mas d’un étage, dos tourné au mistral. Maintenant, environ 8000 habitants y vivent, au milieu des manades.
Les marais, les étangs ont régressé de moitié depuis le début du siècle. Les oiseaux protestent, ils s’éloignent, ne se laissent plus guère observer. Leur refuge est l’immense réserve nationale de 12 000 hectares au centre de la Camargue.
Cependant, depuis le 19ème siècle, le paysage camarguais s’est, en beaucoup de points, transformé: digues construites contre le fleuve et la mer, travaux de drainage, amélioration de l’élevage sur les sables, et, au cours de la Seconde Guerre mondiale, création de rizières. Les rizières font au delta une couronne verte en juin, jaune en septembre. Trente mille hectares environ, autrefois occupés par des vignobles ou des marécages.
Les estivants affluent en Camargue. Il y a en été 35 000 habitants aux Saintes-Mariés, au lieu de 2 000 en hiver. C’est pour eux qu’on organise les promenades à cheval. Les maisons de gardians pour ... touristes ont poussé comme des champignons. Ces habitations n’ont de commun avec la vieille et authentique maison du gardian que leur aspect extérieur. À l’intérieur, tout le confort moderne. Les gardians logent ailleurs.
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La Camargue ne se découvre qu’aux visiteurs qui prennent leur temps: on doit se promener le long des canaux ou sur la digue à la mer. Au petit jour, on peut voir les pêcheurs d’anguilles et de sandres partir à la pêche, à travers les îles minuscules sur les étangs, pour caler leurs filets. À la tombée du soleil, les eaux prennent couleur de cuivre, et les flamants rosés s’envolent par centaines pour dessiner dans le ciel des ballets géométriques.
Chevaux blancs et taureaux noirs, cinq milie environ, apparaissent sur la terre salée au bord d’un étang cerclé de joncs et de tamaris. Les gardians, amoureux de leur métier et de leurs chevaux, se mêlent peu à la vie des vacanciers. Ils ont leur cheval, que personne d’autre ne peut toucher, la manade qu’il faut savoir surveiller, soigner, trier, ferrer, et dont il faut pouvoir reconnaître chaque bête. Si l’on réussit à trouver quelqu’un pour se faire conduire, à cheval, à travers les sables mouvants, on pénètre dans le coeur de la Camargue. Là, dans une réserve naturelle, poussent les plus beaux pins de France, les genévriers... Là nichent les hérons pourprés, courent les sangliers, nagent les castors...
Peu de pays sont aussi sévères, la solitude triomphe ici avec le galop libre des chevaux.
Vocabulaire
• étendue f протяженность marais m болото étang m пруд imprégner vt de пропитывать, насыщать à perte de vue насколько хватает глаз manade f de taureaux стадо быков (в Камарге) gardian m пастух (в Камарге) eau m potable питьевая вода moustique m комар
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• pointer vt • поднимать mas m хутор, сельский дом mistral m мистраль (вemep)
• régresser de moitié • сокращаться наполовину refuge м убежище réserve f nationale национальный заповедник
• digue f • плотина création f des rizières создание рисовых полей vignoble m виноградник marécage m болото
• les estivants affluent • отдыхающие съезжаютсч authentique adj подлинный
• prendre son temps • не спешить le long des canaux вдоль каналов au petit jour чуть свет pêcheur m рыбак anguille f угорь sandre f судак minuscule adj маленький caler les filets забрасывать сети à la tombée du soleil на закате cuivre m медь flamant m фламинго
• cercler vt de окружать jonc m тростник, камыш tamaris m [tamaris] тамариск soigner vt ухаживать trier vt отбирать ferrer vt подковывать à travers les sables mouvants через зыбучие пески pin m сосна genévrier m можжевельник nicher vi гнездиться héron m цапля sanglier m кабан castor m бобр
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