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Au pays des cosaques du Don. Учебное пособие по лингвострановедению на французском языке

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MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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mettaient le garçon sur le cheval : s’il s’agrippait à la crinière, il ne mourrait pas au combat, s’il pleurait, il serait tué. Puis le père prenait l’enfant dans ses bras, le parrain ceinturait les deux du sabre et ensemble ils se rentraient à la maison où le parrain disait à la mère : « Accueillez le Cosaque !» Au fait, l’éducation des garçons se basait sur des traditions séculaires. Comme aux enfants des princes russes, on coupait les cheveux aux garçons cosaques quand ils avaient un an. Cette mèche se gardait toute sa vie derrière une icône. A 7 ans on coupait les cheveux pour la deuxième fois. Pour la première fois, le garçon allait au bain avec les hommes et après à la confession. Alors qu’à la maison il goûtait pour la dernière fois des friandises d’enfant. Après il passait sur la moitié des hommes, où ils contrôlaient que son oreiller ne soit pas trop doux et sa couverture trop chaude. « Apprends le service, tu n’es plus un enfant mais un demi-Cosaque.» Les parents accoutumaient les enfants à être autonomes et travailleurs : à marcher derrière la charrue, à garder le bétail dans la steppe. L’ambiance de bienveillance était obligatoire ; les Cosaques battaient rament leurs enfants car ils estimaient que le châtiment corporel contribuer à élever un lâche. D’ailleurs, une attitude égale et gentille des adultes aux enfants ne contredisait pas l’exigence et la sévérité.
A partir de 17 ans, les jeunes Cosaques de différents villages se réunissaient pour une revue où ils démontraient leur savoir de tirer de la selle, à couper l’osier/ épouvantail. On traversait la rivière à cheval avec l’équipement et les armes. Les exercices se passaient toute l’année. Le tir à la cible était un exercice préféré. Ces jeux où l’audace et la force étaient indispensables préparaient les jeunes Cosaques aux futures difficultés. En plus, dans les familles où le grand-père, le père et les frères faisaient le service militaire, les jeunes grandissaient avec l’idée de devenir comme eux ou les dépasser.
La naissance d’une fille était un événement plus intime, familial. On l’avait la nouvelle-née avec des chansons et les vœux que l’eau emporte tous les soucis, et le père devait manger sans froncer la bouillie de père, avec de la moutarde, du poivre et du sel. Ainsi il mangerait l’amertume pour que sa fille en connaisse moins dans la vie. Les filles étaient éduquées à être gracieuse, patiente, compatissante, bonne ménagère. On suggérait aux filles que le plus important dans la vie est d’avoir l’âme en paix, que le bonheur est dans une famille solide et dans l’aisance. Quand la fille commençait à marcher on lui offrait un ruban, un peigne et un foulard pour aller à l’église.
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On ne peut pas dire que la vie des petites n’était que distraction. Les filles
travaillaient dès le bas âge ; elles l’avaient le linge et le sol, rapiéçaient, gardaient leurs petits frères et sœurs. Quand la fille devenait grande, son grand-père lui achetait un anneau d’argent en disant qu’elle devait se comporter autrement parce que les jeunes hommes la regardaient. Un anneau à la main gauche d’une jeune fille disait qu’on pouvait la considérer comme une future fiancée. Les filles se mettaient à se préparer une dot. Aux XVIIe-XVIIIe s. la vie des jeunes filles était conditionnée par des règles strictes. Elles ne pouvaient passer le temps avec des hommes que pendant les noces, elles ne devaient pas rentrer tard le soir. Sinon la grand-mère grondait que c’était une honte et que les jeunes hommes pouvaient mal y penser.
Au XIX s les filles ont eu plus de liberté ce qui ne voulait pas dire la légèreté des mœurs. Si la fille plaisait au jeune homme, il venait avec son père chez elle boire du thé, sans parler guère du mariage. Le gars mettait comme par hasard sa casquette sur le fond. Si la fille la retourner, aussi comme par hasard, ça voulait dire qu’elle aimait le candidat. Si elle l’amenait dans l’antichambre, il était hors question de demander le mariage. Les longues soirées d’hiver, toute la famille s’occupait du travail : les femmes filaient la laine, la fille qui allait se marier se préparer la dot. Avant le mariage elle était exposée devant toutes les voisines qui pouvaient en juger de la qualité de la ménagère.
La vie de la femme mariée était dure, car tout le ménage était à sa charge. Les hommes passant bcp de temps dans les campagnes, étaient souvent absents. Le service durait 25 ans, ils avaient aussi droit d’aller en permission chez eux. A partir de 1835, les Cosaques recevaient un lot foncier, mais ils étaient obligés de se présenter au service avec 2 chevaux, un sabre, un couteau, un fusil, 2 pistolets et en uniforme.
Le départ et le retour des Cosaques d’une campagne s’accompagnait d’une cérémonie. La plus solennelle avait lieu à Starotcherkassk où nous sommes arrivés.
Aujourd’hui nous ferons une excursion dans un des villages, dénommé La Perle du Don.
Nous nous rendons à Starotcherkassk. Le village de St. se trouve à 30 km de Rostov, en amont du Don, il est relié au chef-lieu par des voies routière et fluviale.
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Il n’y a pas d’endroit plus intéressant lié à l’histoire cosaque dans notre région que St. En 1570, il fut déjà un cité cosaque, alors que sa première mention écrite remonte à 1593. Cinquante ans après, Tcherkassk, tel étai t son nom à l’époque, devint la capitale des Cosaques du Don et le resta pour cent-soixante ans à venir, de 1644 à 1805. C’était une forteresse jouant un rôle important dans la lutte des Russes contre les envahisseurs ottomans et tatares, contre les nomades des steppes qui menaçaient les terres frontalières russes. C’est d’ici que partirent prendre Azov les Cosaques et, plus tard, l’armée de Pierre I. Le 18 août 1696 Tcherkassk entendit les salves du premier salut militaire russe en honneur de la prise d’Azov.
Tcherkassk provoquait de l’appréhension chez la noblesse russe et les Cosaques riches, devenant plusieurs fois le foyer des troubles antiféodaux. C’est là, que Stépan Razine appelait les Cosaques pauvres à aller à Moscou ; c’est là que naquit la révolte populaire sous la direction de Kondratiy Boulavine. En 1805, la capitale de la cosaquerie du Don fut transférée à Novotcherkassk à cause des crues annuelles. Tcherkassk fut alors destitué au rang d’une ville ordinaire. Ses rues ont pourtant gardé une remarquable particularité : elles mènent non seulement d’un monument à l’autre, mais d’une époque à l’autre, dont chacune donnait des héros, fierté de l’histoire russe.
En se rendant compte de la valeur historique et culturelle du village, Michail Cholokhov a adressé au Gouvernement russe la proposition de créer à St. un musée-réserve historique et architecturale. La proposition a été soutenue en décembre 1970. Actuellement, c’est un complexe de 180 ha qui comprend plus de 100 monuments, dont 15 d’importance nationale. Il s’agit du territoire protégé de 112 ha et de trois zones protégées : celle de Bataille avec l’église de la Transfiguration et le cimetière (4,5 ha), celle du Monastère (10 ha) et la forteresse Sainte-Anne (50 ha).
La zone du Monastère, située non loin du village, est célèbre comme lieu d’enterrement des Cosaques morts dans toutes les guerres qu’avaient menées la Russie. Là-bas se trouvait le cité monastique cosaque qui était au début du XVII s. une seconde capitale du Don.
Sur le Champ de bataille, situé derrière les remparts, se rassemblaient les Cosaques de tous les coins de la région du Don pour partir en campagnes. L’église qui se trouvait sur le Champ s’appelait celle de Bataille. Derrière, il y avait un
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cimetière, le plus ancien de la région. Là, sont enterrés les chefs cosaques, les parents de M. Platov, le général I. Krasnochtchekov.
A 5 km de Starotcherkassk, on peut voir les vestiges des remparts et des douves de la forteresse Sainte-Anne. Sa construction commença en 1730, plus tard, elle fit partie de la ligne défensive ukrainienne. La forteresse servit de base pour l’armée russe pendant la guerre contre la Turquie de 1735-1739. En 1760, le gouvernement supprima la forteresse.
Dans le village même, les monuments anciens se marient parfaitement bien avec les maisons traditionnelles cosaques. Parmi ceux-ci il faut surtout mentionner la cathédrale de l’Armée avec le clocher et le manoir d’ataman.
La cathédrale de l’Armée est la première cathédrale en pierre sur le Don (1706–1719). La construction de la cathédrale est liée au nom de Pierre Ier. Le tsar en personne déposa une brique dans le mur d’autel et la couvrit de chaux. Dedans il y a une iconostase à cinq rangées avec des icônes peintes au XVIII-XIX siècles. Les intérieurs sont ornés de la galerie du XVIII siècle, du porche et des lustres en argent. À l’entrée sont clouées les chaînes qu’on avaient mises sur le rebelle Stépan Razine pour l’amener à l’exécution à Moscou.
Le clocher de la cathédrale de l’armée fut érigé entre 1725-1730. Il se trouve sur l’esplanade de la cathédrale et fait aussi un des monuments principaux du village. Maintenant les visiteurs peuvent monter sur le point d’observation d’où s’ouvre un beau panorama sur le village et ses alentours. Devant le clocher sont exposés les trophées ramenés par les Cosaques d’Azov en 1641.
Le manoir d’ataman c’est un complexe unique de monuments d’architecture et de culture qui s’est conservé en entier dans le pays et représente l’histoire de la cosaquerie du Don du XVII-XIX siècles. Son centre est formé par le manoir des Yefremov, notamment le palais des Yefremov, la maison de Stépan Yefremov, la chapelle Notre-Dame du Don et les cellules du couvent. Le manoir fut fondé par l’ataman Danila Yefremov et son fils Stépan qui appartenaient à une des familles les plus riches du Don. Le palais, étant une des rares résidences de la noblesse locale qui s’est conservée depuis le XVIII s. Ce premier palais de la région, représente un intérêt particulier. « L’histoire de St. C’est l’histoire du Don. Il faut décrire beaucoup pour évoquer l’histoire de Starotcherkassk» N. Pogodine, écrivain.
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Exercice 1. Lisez et traduisez les informations concernant la ville de
Starotcherkassk, faites le vocabulaire d’après cette visite guidée écrite.
Starotcherkassk – l’ancienne capitale des Cosaques
Le 30 décembre 1970 le village est devenu une réserve historico-architecturale.
Le Champ de Bataille avec son église de Transfiguration et le cimetière en font aussi partie. Ils se trouvent à l’extrémité nord-ouest du village.
L’église de la Transfiguration et son cimetière –
un lieu particulier de Starotcherkassk
Là où nous voyons l’église se trouvait un village. Au fait, c’était un lieu fortifié par l’ingénieur militaire Albrecht Schnevenz qui abritait une garnison de 6000 soldats russes sans compter les Cosaques. Tous ces gens devaient faire face aux Ottomans d’Azov. En 1677, la garnison a quitté le lieu mais le village est resté.
L’église de la Transfiguration est le 2e monument par son ancienneté de ST, étant construite en 1730-1751. Dans son plan elle a trois parties et deux petits autels : celui de St-Elye et celui de Frol et Laure. Elle possédait une belle iconostase qui avait brûlée plusieurs fois mais était restaurée. Dans les années 1920, l’église a été pillée et presque démolie. Maintenant elle est restaurée. Le cimetière à côté est une ancienne nécropole. Ici gisent des Cosaques illustres, comme les héros du siège d’Azov, les atamans Naum Vassiliev et Ossip Pétrov, les compagnons d’armes de Pierre le Grand Frol Minaev et son fils Vassili, le premier général de brigade Ivan Krasnochtchekov. Ici reposent les Cosaques nobles tels que les Orlov, les Platov, les Denissov, les Ilovayski, les Karpov, les Léonov, les Efrémov. Les anciens disaient : « Évoquer le nom d’un mort, c’est le ressusciter ». Espérons que la restauration de l’église et l’aménagement du cimetière sauveront de l’oubli les Cosaques qui ont procuré la gloire pour la Patrie.
Les origines de Starotcherkassk
Actuellement le village a les fonctions du chef-lieu de la commune, occupe le territoire de 2 km² et compte 2500 habitants. L’année 1570 est considérée comme celle de sa fondation bien que la première mention écrite date de 1593. Le sultan turc avait reçu le rapport comme quoi les Cosaques avaient mis quatre campements près d’Azov pour déranger la forteresse. Le sultan exigeait des explications à l’ambassadeur russe. L’ambassadeur a assuré comme d’habitude que les Cosaques agissaient de leur gré, sans obéir au tsar.
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De 1644 à 1805 Tcherkassk est la 4e capitale des Cosaques. Pendant toute son histoire elle n’a jamais été prise par l’ennemi. La forteresse de Tcherkassk était située sur une île formée par le Don et ses deux chenaux, maintenant il n’en reste que deux ravins occupés par les potagers et les maisons. Les guerres permanentes ont poussé les Cosaques à choisir un endroit facile à défendre. Tcherkassk, situé sur une île était protégé de l’eau, surtout au printemps et en été quand le Don était large de 10 km. C’était une forteresse presque imprenable. Après ses campagnes d’Azov (1695-1696), Pierre Ier y a laissé pas mal de canons et de munitions. Tcherkassk servait de citadelle dans la lutte contre les Turcs. Au début du XVIII s. la capitale se composait de 12 villages. Tout le territoire était entouré d’une muraille et de bastions. En outre, il y avait un rempart et la garnison comptant 2-2,5 mille soldats se mettaient à une double chaîne de piquets.
Le long des XVI-XVII siècles le Don est la seule route par laquelle Moscou communiquait avec la Turquie et les Cosaques d’aval.
La forteresse était une citadelle lors des campagnes d’Azov. Les bateaux de la nouvelle flotte russe s’amarraient en face. Les canons de la forteresse l’ont saluée. La ville de ST a vu plusieurs révoltes antiféodales. Pour en effacer toute mémoire et aussi à cause des inondations constantes, le gouvernement a fait transférer la capitale à Novotcherkassk. Tcherkassk a été rebaptisé ST, a cessé d’être forteresse, les bastions ont été démolies, les canons posés sur terre. Elles sont englouties par la vase et la terre si bien qu’on ne les retrouve qu’après des travaux terrassiers comme en 1958 où l’habitant P. Lasarev a sorti 14 canons de calibres différents.
Les organisations défensives de Starotcherkassk
Jusqu’aux années 1740, les constructions défensives de Tcherkassk restaient en bois, devenant très rapidement vétustes. Le gouvernement a même permis d’abattre 11 mille arbres pour une nouvelle muraille. Pourtant l’ataman Danila Efrémov, avec l’accord de l’Assemblée, s’est mis à construire une muraille en pierre sans l’autorisation du gouvernement. Cette initiative lui a coûté 2 ans de prison. Après sa libération, il a été chargé de finir la muraille. Une de ses parties porte toujours le nom de Danila. Vers la moitié du XVIII s. la longueur des murs atteignait 2,3 km ; la partie centrale de la ville étant fortifiée de 2 murailles en pierre et de 4 bastions en bois. Il y avait aussi un bastion en pierre qui servait de tour de guet et d’une prison. Avec le temps, le bastion s’est détruit. Maintenant à sa place, on peut voir un canon et une composition sculpturale « A la garde ». Ce bastion protégeait la ville du côté sud, turc. Et il y avait déjà quoi défendre. A la place des huttes qu’on ne regrettait pas trop en perdant, est venu un nouveau type de logement – le kouren.
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La maison typique cosaque – le kouren
Au fait, le kouren vient du mot mongol qui signifie « campement rond ». En
Ukraine et au Don on appelait comme ça de grandes maisons pour un groupe de Cosaques non mariés, ici venaient les habitants du village pour discuter les affaires urgentes. Plus tard, le kouren est devenu le nom commun pour toute maison cosaque.
Comme au printemps Tcherkassk subissait de grandes crues, l’architecture des
maisons comprenait 2 niveaux : le niveau des fondations en pierre et le niveau supérieur en bois. La maison était couverte d’un toit à 4 pentes qui était avant en roseaux, en liber ou voliges et remplacés plus tard de tôles. Le niveau inférieur se composait de 2 locaux : sorte d’entrée non chauffée qui servait de dépendances et l’autre, avec un four, où habitaient les hôtes. Il y avait de 2 à 4 fenêtres, l’entrée était du côté de la cour. La pierre de construction pour cette partie de la maison était le calcaire jaune. D’ailleurs on blanchissait les murs ce qui donnait un air pimpant à la maison.
Le niveau supérieur était bâti en demi-rondins, les fentes étaient calfeutrées
de chanvre, de laine et enduites d’argile. Puis, la maison était revêtue de larges planches de sapin. A l’étage menaient deux entrées – de service et principale.
Devant l’entrée principale il y avait un perron sous l’auvent, un balcon étroit ceinturait la maison de 3 côtés, on l’utilisait pour ouvrir les volets. Le 4e mur n’avait pas de fenêtre, ici passait un couloir qu’on appelait galerie. Quand l’eau était haute, on y amarrait. Les pièces de la maison se communiquaient : du salon on passait dans la chambre, de la chambre à la cuisine.
Les hôtesses entretenaient leurs maisons très proprement. Quelques fois par an, elles l’avaient les murs intérieurs et toutes les semaines blanchissaient les fours. Les murs extérieurs étaient enduits d’argile et peints de couleurs naturelles. Les anciennes maisons n’avaient presque pas de décorations ciselées. La vie souvent nomade des hommes ne favorisait pas le développement des artisanats.
Ce sont des maisons typiques en bois, mais il y en a en pierre appartenant à la noblesse cosaque. Nous nous approchons d’une de ces maisons.
La révolte paysanne de Kondratiy Boulavine
La maison en pierre de l’ataman Loukiane Maximov est plus connue comme celle de Kondratiy Boulavine. Ici se mêlent les traits d’un kouren et d’une forteresse avec ses volets et portes en fonte.
Tcherkassk a toujours été le berceau de la liberté et de l’insoumission. Au début du XVIII s, la ville devient le centre de la guerre paysanne sous la direction de Kondratiy Boulavine. La cause du soulèvement était l’appauvrissement et les austérités du
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servage. Les serfs s’enfuyaient dans la région du Don car ils connaissaient l’ancien principe des Cosaques – ne pas rendre les fugitifs. Le détachement punitif sous la direction du prince Dolgorouki a été envoyé pour œuvrer la recherche et le retour des fugitifs. L’ataman Boulavine a tué le prince, son détachement a été écrasé.
L’incendie de la guerre a vite pris la partie nord-est de la région. Les Cosaques d’Ukraine sont venus à la rescousse. Après l’écrasement du détachement des Cosaques riches en avril 1708 sur la rivière de Lissovatka, Boulavine a entrepris une marche forcée pour Tcherkessk où les riches Cosaques avaient pris les positions. Le 28 avril, les insurgés se sont approchés de l’île où se trouvait la ville. L’eau faisait un obstacle considérable. Mais Boulavine n’a pas eu à la prendre d’assaut. Le 1er mai les pauvres se sont insurgés et ont exécuté l’ataman Maximov et ses 5 officiers supérieurs ; leurs biens ont été distribués parmi les pauvres ; les prix du blé ont été baissés.
Le 9 mai, sur la place devant la cathédrale, Boulavine a été élu ataman. Il a envoyé des lettres à tous les villages en appelant les Cosaques à joindre son armée. Au tsar Pierre, pour gagner du temps, il a écrit que l’ataman précédent avait été exécuté pour l’injustice et l’abus du pouvoir.
Le premier objectif de l’armée Boulavine était la prise d’Azov, à l’époque forteresse russe. Le 6 juillet les insurgés ont été battus, avant, le 2 juillet, un autre détachement avait été écrasé ce qui avait prédéterminé le sort de tout le soulèvement. Boulavine avait commis l’erreur de diviser ses forces. Dès que les nouvelles ont atteint Tcherkassk, les riches Cosaques ont comploté et ont attaqué la maison de Boulavine le 7 juillet.
Jusqu’aux années 1960, tout le monde partageait la version officielle du suicide de Boulavine. En effet, un Cosaque qui se suicide était considéré comme un lâche ce qui discréditait tout le mouvement d’insurrection. Mais l’historienne Podhiapolskaya a su prouver, que Boulavine, n’étant pas gaucher, ne pouvait pas se tuer.
Pourtant avec la mort de Boulavine l’insurrection n’a pas fini, elle a duré jusque
1709. Une partie des Cosaques sous le commandement d’Ignat Nekrassov sont partis en Turquie. Ils ne sont revenus que 250 années plus tard, ayant sauvegardé leur mode de vie traditionnel. Au musée, nous verrons l’expo dédié à l’insurrection.
Après l’étouffement de l’insurrection, les droits des Cosaques ont été réduits. En avril 1709, Pierre Ier en personne s’est rendu à Tcherkassk pour s’assurer de la loyauté des Cosaques. Bien que l’autogouvernance ait été sauvegardé, elle est passée sous le contrôle des fonctionnaires impériaux.
Le service militaire n’excluait pas les connaissances. Savoir lire et écrire était aussi indispensable.
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Tcherkassk – le centre d’enseignement dans la région
Le bâtiment de l’école paroissiale nous fait évoquer le sujet de l’éducation,
surtout que la première école de la région est apparue à Tcherkassk dans les années
1740. Avant les années 1750 il n’y avait point d’écoles régulières dans la région. C’étaient les moines et les popes qui apprenaient aux enfants l’écriture et le calcul.
En 1746, l’impératrice Elisabeth a fait ouvrir l’école où on enseignait la grammaire et l’arithmétique, le latin et la poésie. Les élèves étaient issus des familles aisées. En 1758, le feu a interrompu l’activité de l’école. 8 ans plus tard, c’était le tour d’une école pour les futurs popes, mais elle n’a travaillé qu’une douzaine d’années et puis a été fermée, faute d’argent. Pourtant, le progrès est impossible sans les gens instruits. Catherine la Grande qui s’en rendait compte a ordonné de couvrir tout l’empire du réseau d’écoles – Principales et Petites.
A Tcherkassk, c’était d’abord une Petite École populaire, transformée en 1793 en École Principale. L’Administration cosaque y tenait bcp. Un bâtiment y était donné. L’ataman Ilovaiskiy a nommé son fils directeur. C’était un homme honnête et responsable. A l’école il y avait 4 classes plus une, pour les doués au dessin. Durant les 5 premières années, 289 élèves y ont fait leurs études. L’enseignement était gratuit. Les classes de physique, de chimie, d’histoire naturelle étaient bien équipées, il y avait les meilleurs manuels et livres scientifiques de l’époque. Parmi les matières, on peut citer: les maths, la physique, la chimie, l’histoire, la géo, la statistique, la philo, le français, l’allemand, des langues orientales. En 1805 l’École devient Lycée, qui en 1809 est transféré à Novotcherkassk.
La place du marché. L’église St Pierre et Paul
En cherchant à dominer l’armée cosaque y compris idéologiquement, le gouvernement fait construire quelques églises dans la région et surtout à Tcherkassk. Ainsi, à la 2e moitié du XVII, la ville compte une cathédrale, 3 églises en pierre et 2 en bois, une mosquée tatare.
L’église St Pierre et Paul que vous voyez date de 1749 et se trouve sur l’emplacement d’une ancienne, en bois datant de 1692. L’impératrice Elisabeth a même envoyé ses maçons et plâtriers. C’étaient les riches Cosaques commerçants qui ont donné de l’argent pour l’église. Celle-ci se compose de trois parties : du clocher, de la partie vouée à St-Jean le Guerrier et de la partie d’autel. En un an les travaux avaient été finis; encore un an plus tard, on a ajouté encore une partie. L’iconostase n’a jamais été trop riche. Pourtant les portes royales en argent attiraient l’attention des fidèles. L’église possédait plusieurs livres du XVIII s. C’est ici qu’on a été baptisé le futur héros de la guerre Patriotique 1812 – Mathieu Platov. Après la Grande guerre de 1941-1945, l’église servait de boulangerie. C’est au début du nouveau siècle qu’elle a été restaurée.
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La place du marché. Les sceaux de l’Armée cosaque
L’église se trouve sur une place très animée, celle du marché. Elle est très grande et on y menait le commerce toute l’année, alors que dans d’autres villages que lors des périodes foraines. Encore en 1614, le gouvernement a octroyé aux Cosaques, pour leur service, le droit du commerce sans taxe. Et le Tcherkassk du XVIII s a vu les marchands russes, ukrainiens et étrangers. Des bateaux commerciaux de Kertch, de Kapha, de Taman jetaient leur ancre au mouillage de Tcherkassk. On entendait les paroles dans plusieurs langues. Selon les contemporains, le marché de Tcherkassk était très pittoresque. Il y avait des commerçants de différentes nationalités, des Cosaques de tous les régiments. Les Cosaques n’ont pas obéi à l’ordre de Pierre Ier de porter les vêtements européens et de se raser la barbe. Donc chacun s’habillait comme bon lui semblait, c’était un signe d’indépendance. Le marché était organisé, il y avait des rangs avec des tissus, des chaussures, des vivres etc. La marchandise principale des habitants était le bétail, ils importaient surtout le blé. Le commerce des esclaves prospérait aussi. Un esclave coûtait de 20 à 40 roubles, alors qu’un bon cheval 80. Certaines années, les esclaves se vendaient à une écuelle de riz. Les boutiques étaient au nombre de 203, certaines en pierre. Du XVIII s. il n’en reste qu’une.
Sur son mur latéral, pour les 400 ans de Starotcherkassk les habitants ont fait graver le sceau de l’Armée cosaque. Le sceau est accordé par Pierre le Grand en
1704. Le tsar a plusieurs fois visité Tcherkassk. Un jour, en se promenant sur la place du marché il a vu une scène bizarre : un gros Cosaque, ivre, nu mais avec un bonnet sur la tête, un sabre à la ceinture et un fusil à la main enfourchait une barrique vide. Étonné, Pierre lui a demandé pourquoi il n’avait pas vendu son fusil, qui coûterait plus cher et permettrait d’acheter plus de vin. Le Cosaque aurait répondu : « un Cosaque peut tout bazarder sauf son fusil. Avec je me procurerai des vêtements, je rendrai service à l’Armée Cosaque et à notre cher tsar Pierre. » Le souverain a aimé la réponse et a fait faire un sceau représentant un Cosaque à moitié nu à califourchon sur une barrique. Dans sa main droite il tient un fusil, dans sa main gauche une corne. Devant lui, sur la barrique est posé un verre, à sa ceinture – un sabre. Le sceau était fait en argent et offert à l’Armée. Mais les Cosaques ne l’aimaient point car, entre autres, il rappelait la dépendance de la couronne. Ils cachetaient la correspondance intérieure avec leur premier sceau représentant un cerf galopant percé d’une flèche, ce qui voulait dire « blessé mais libre ». En 1775, les deux sceaux ont été évincés par celui avec l’aigle bicéphale et l’inscription « Sceau de l’Armée du Don ». Les attributs cosaques n’y étaient plus présents.
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