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Файл:Au pays des cosaques du Don. Учебное пособие по лингвострановедению на французском языке
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MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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mettaient le garçon sur le cheval : s’il s’agrippait à la crinière, il ne mourrait pas
au combat, s’il pleurait, il serait tué. Puis le père prenait l’enfant dans ses bras, le
parrain ceinturait les deux du sabre et ensemble ils se rentraient à la maison où le
parrain disait à la mère : « Accueillez le Cosaque !» Au fait, l’éducation des
garçons se basait sur des traditions séculaires. Comme aux enfants des princes
russes, on coupait les cheveux aux garçons cosaques quand ils avaient un an. Cette
mèche se gardait toute sa vie derrière une icône. A 7 ans on coupait les cheveux
pour la deuxième fois. Pour la première fois, le garçon allait au bain avec les
hommes et après à la confession. Alors qu’à la maison il goûtait pour la dernière
fois des friandises d’enfant. Après il passait sur la moitié des hommes, où ils
contrôlaient que son oreiller ne soit pas trop doux et sa couverture trop chaude.
« Apprends le service, tu n’es plus un enfant mais un demi-Cosaque.» Les parents
accoutumaient les enfants à être autonomes et travailleurs : à marcher derrière la
charrue, à garder le bétail dans la steppe. L’ambiance de bienveillance était
obligatoire ; les Cosaques battaient rament leurs enfants car ils estimaient que le
châtiment corporel contribuer à élever un lâche. D’ailleurs, une attitude égale et
gentille des adultes aux enfants ne contredisait pas l’exigence et la sévérité.
A partir de 17 ans, les jeunes Cosaques de différents villages se réunissaient
pour une revue où ils démontraient leur savoir de tirer de la selle, à couper l’osier/
épouvantail. On traversait la rivière à cheval avec l’équipement et les armes. Les
exercices se passaient toute l’année. Le tir à la cible était un exercice préféré. Ces
jeux où l’audace et la force étaient indispensables préparaient les jeunes Cosaques
aux futures difficultés. En plus, dans les familles où le grand-père, le père et les
frères faisaient le service militaire, les jeunes grandissaient avec l’idée de devenir
comme eux ou les dépasser.
La naissance d’une fille était un événement plus intime, familial. On l’avait la
nouvelle-née avec des chansons et les vœux que l’eau emporte tous les soucis, et
le père devait manger sans froncer la bouillie de père, avec de la moutarde, du
poivre et du sel. Ainsi il mangerait l’amertume pour que sa fille en connaisse moins
dans la vie. Les filles étaient éduquées à être gracieuse, patiente, compatissante,
bonne ménagère. On suggérait aux filles que le plus important dans la vie est
d’avoir l’âme en paix, que le bonheur est dans une famille solide et dans l’aisance.
Quand la fille commençait à marcher on lui offrait un ruban, un peigne et un
foulard pour aller à l’église.

MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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On ne peut pas dire que la vie des petites n’était que distraction. Les filles
travaillaient dès le bas âge ; elles l’avaient le linge et le sol, rapiéçaient, gardaient
leurs petits frères et sœurs. Quand la fille devenait grande, son grand-père lui
achetait un anneau d’argent en disant qu’elle devait se comporter autrement parce
que les jeunes hommes la regardaient. Un anneau à la main gauche d’une jeune
fille disait qu’on pouvait la considérer comme une future fiancée. Les filles se
mettaient à se préparer une dot. Aux XVIIe-XVIIIe s. la vie des jeunes filles était
conditionnée par des règles strictes. Elles ne pouvaient passer le temps avec des
hommes que pendant les noces, elles ne devaient pas rentrer tard le soir. Sinon la
grand-mère grondait que c’était une honte et que les jeunes hommes pouvaient mal
y penser.
Au XIX s les filles ont eu plus de liberté ce qui ne voulait pas dire la légèreté
des mœurs. Si la fille plaisait au jeune homme, il venait avec son père chez elle
boire du thé, sans parler guère du mariage. Le gars mettait comme par hasard sa
casquette sur le fond. Si la fille la retourner, aussi comme par hasard, ça voulait
dire qu’elle aimait le candidat. Si elle l’amenait dans l’antichambre, il était hors
question de demander le mariage. Les longues soirées d’hiver, toute la famille
s’occupait du travail : les femmes filaient la laine, la fille qui allait se marier se
préparer la dot. Avant le mariage elle était exposée devant toutes les voisines qui
pouvaient en juger de la qualité de la ménagère.
La vie de la femme mariée était dure, car tout le ménage était à sa charge.
Les hommes passant bcp de temps dans les campagnes, étaient souvent absents.
Le service durait 25 ans, ils avaient aussi droit d’aller en permission chez eux.
A partir de 1835, les Cosaques recevaient un lot foncier, mais ils étaient obligés
de se présenter au service avec 2 chevaux, un sabre, un couteau, un fusil,
2 pistolets et en uniforme.
Le départ et le retour des Cosaques d’une campagne s’accompagnait d’une
cérémonie. La plus solennelle avait lieu à Starotcherkassk où nous sommes
arrivés.
Aujourd’hui nous ferons une excursion dans un des villages, dénommé La
Perle du Don.
Nous nous rendons à Starotcherkassk. Le village de St. se trouve à 30 km de
Rostov, en amont du Don, il est relié au chef-lieu par des voies routière et
fluviale.

MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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Il n’y a pas d’endroit plus intéressant lié à l’histoire cosaque dans notre
région que St. En 1570, il fut déjà un cité cosaque, alors que sa première mention
écrite remonte à 1593. Cinquante ans après, Tcherkassk, tel étai t son nom
à l’époque, devint la capitale des Cosaques du Don et le resta pour cent-soixante
ans à venir, de 1644 à 1805. C’était une forteresse jouant un rôle important dans
la lutte des Russes contre les envahisseurs ottomans et tatares, contre les
nomades des steppes qui menaçaient les terres frontalières russes. C’est d’ici
que partirent prendre Azov les Cosaques et, plus tard, l’armée de Pierre I. Le
18 août 1696 Tcherkassk entendit les salves du premier salut militaire russe en
honneur de la prise d’Azov.
Tcherkassk provoquait de l’appréhension chez la noblesse russe et les
Cosaques riches, devenant plusieurs fois le foyer des troubles antiféodaux. C’est
là, que Stépan Razine appelait les Cosaques pauvres à aller à Moscou ; c’est là que
naquit la révolte populaire sous la direction de Kondratiy Boulavine. En 1805, la
capitale de la cosaquerie du Don fut transférée à Novotcherkassk à cause des crues
annuelles. Tcherkassk fut alors destitué au rang d’une ville ordinaire. Ses rues ont
pourtant gardé une remarquable particularité : elles mènent non seulement d’un
monument à l’autre, mais d’une époque à l’autre, dont chacune donnait des héros,
fierté de l’histoire russe.
En se rendant compte de la valeur historique et culturelle du village, Michail
Cholokhov a adressé au Gouvernement russe la proposition de créer à St. un
musée-réserve historique et architecturale. La proposition a été soutenue en
décembre 1970. Actuellement, c’est un complexe de 180 ha qui comprend plus de
100 monuments, dont 15 d’importance nationale. Il s’agit du territoire protégé de
112 ha et de trois zones protégées : celle de Bataille avec l’église de la
Transfiguration et le cimetière (4,5 ha), celle du Monastère (10 ha) et la forteresse
Sainte-Anne (50 ha).
La zone du Monastère, située non loin du village, est célèbre comme lieu
d’enterrement des Cosaques morts dans toutes les guerres qu’avaient menées la
Russie. Là-bas se trouvait le cité monastique cosaque qui était au début du XVII s.
une seconde capitale du Don.
Sur le Champ de bataille, situé derrière les remparts, se rassemblaient les
Cosaques de tous les coins de la région du Don pour partir en campagnes. L’église
qui se trouvait sur le Champ s’appelait celle de Bataille. Derrière, il y avait un

MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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cimetière, le plus ancien de la région. Là, sont enterrés les chefs cosaques, les
parents de M. Platov, le général I. Krasnochtchekov.
A 5 km de Starotcherkassk, on peut voir les vestiges des remparts et des douves
de la forteresse Sainte-Anne. Sa construction commença en 1730, plus tard, elle
fit partie de la ligne défensive ukrainienne. La forteresse servit de base pour
l’armée russe pendant la guerre contre la Turquie de 1735-1739. En 1760, le
gouvernement supprima la forteresse.
Dans le village même, les monuments anciens se marient parfaitement bien
avec les maisons traditionnelles cosaques. Parmi ceux-ci il faut surtout mentionner
la cathédrale de l’Armée avec le clocher et le manoir d’ataman.
La cathédrale de l’Armée est la première cathédrale en pierre sur le Don
(1706–1719). La construction de la cathédrale est liée au nom de Pierre Ier. Le
tsar en personne déposa une brique dans le mur d’autel et la couvrit de chaux.
Dedans il y a une iconostase à cinq rangées avec des icônes peintes au XVIII-XIX
siècles. Les intérieurs sont ornés de la galerie du XVIII siècle, du porche et des
lustres en argent. À l’entrée sont clouées les chaînes qu’on avaient mises sur le
rebelle Stépan Razine pour l’amener à l’exécution à Moscou.
Le clocher de la cathédrale de l’armée fut érigé entre 1725-1730. Il se trouve
sur l’esplanade de la cathédrale et fait aussi un des monuments principaux du
village. Maintenant les visiteurs peuvent monter sur le point d’observation d’où
s’ouvre un beau panorama sur le village et ses alentours. Devant le clocher sont
exposés les trophées ramenés par les Cosaques d’Azov en 1641.
Le manoir d’ataman c’est un complexe unique de monuments d’architecture
et de culture qui s’est conservé en entier dans le pays et représente l’histoire de
la cosaquerie du Don du XVII-XIX siècles. Son centre est formé par le manoir
des Yefremov, notamment le palais des Yefremov, la maison de Stépan Yefremov,
la chapelle Notre-Dame du Don et les cellules du couvent. Le manoir fut fondé
par l’ataman Danila Yefremov et son fils Stépan qui appartenaient à une des
familles les plus riches du Don. Le palais, étant une des rares résidences de la
noblesse locale qui s’est conservée depuis le XVIII s. Ce premier palais de la
région, représente un intérêt particulier. « L’histoire de St. C’est l’histoire du
Don. Il faut décrire beaucoup pour évoquer l’histoire de Starotcherkassk»
N. Pogodine, écrivain.

MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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Exercice 1. Lisez et traduisez les informations concernant la ville de
Starotcherkassk, faites le vocabulaire d’après cette visite guidée écrite.
Starotcherkassk – l’ancienne capitale des Cosaques
Le 30 décembre 1970 le village est devenu une réserve historico-architecturale.
Le Champ de Bataille avec son église de Transfiguration et le cimetière en font
aussi partie. Ils se trouvent à l’extrémité nord-ouest du village.
L’église de la Transfiguration et son cimetière –
un lieu particulier de Starotcherkassk
Là où nous voyons l’église se trouvait un village. Au fait, c’était un lieu fortifié
par l’ingénieur militaire Albrecht Schnevenz qui abritait une garnison de 6000 soldats
russes sans compter les Cosaques. Tous ces gens devaient faire face aux Ottomans
d’Azov. En 1677, la garnison a quitté le lieu mais le village est resté.
L’église de la Transfiguration est le 2e monument par son ancienneté de ST,
étant construite en 1730-1751. Dans son plan elle a trois parties et deux petits
autels : celui de St-Elye et celui de Frol et Laure. Elle possédait une belle
iconostase qui avait brûlée plusieurs fois mais était restaurée. Dans les années
1920, l’église a été pillée et presque démolie. Maintenant elle est restaurée. Le
cimetière à côté est une ancienne nécropole. Ici gisent des Cosaques illustres,
comme les héros du siège d’Azov, les atamans Naum Vassiliev et Ossip Pétrov, les
compagnons d’armes de Pierre le Grand Frol Minaev et son fils Vassili, le premier
général de brigade Ivan Krasnochtchekov. Ici reposent les Cosaques nobles tels
que les Orlov, les Platov, les Denissov, les Ilovayski, les Karpov, les Léonov, les
Efrémov. Les anciens disaient : « Évoquer le nom d’un mort, c’est le ressusciter ».
Espérons que la restauration de l’église et l’aménagement du cimetière sauveront
de l’oubli les Cosaques qui ont procuré la gloire pour la Patrie.
Les origines de Starotcherkassk
Actuellement le village a les fonctions du chef-lieu de la commune, occupe le
territoire de 2 km² et compte 2500 habitants. L’année 1570 est considérée comme
celle de sa fondation bien que la première mention écrite date de 1593. Le sultan
turc avait reçu le rapport comme quoi les Cosaques avaient mis quatre campements
près d’Azov pour déranger la forteresse. Le sultan exigeait des explications
à l’ambassadeur russe. L’ambassadeur a assuré comme d’habitude que les Cosaques
agissaient de leur gré, sans obéir au tsar.

MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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De 1644 à 1805 Tcherkassk est la 4e capitale des Cosaques. Pendant toute son
histoire elle n’a jamais été prise par l’ennemi. La forteresse de Tcherkassk était
située sur une île formée par le Don et ses deux chenaux, maintenant il n’en reste
que deux ravins occupés par les potagers et les maisons. Les guerres permanentes
ont poussé les Cosaques à choisir un endroit facile à défendre. Tcherkassk, situé
sur une île était protégé de l’eau, surtout au printemps et en été quand le Don était
large de 10 km. C’était une forteresse presque imprenable. Après ses campagnes
d’Azov (1695-1696), Pierre Ier y a laissé pas mal de canons et de munitions.
Tcherkassk servait de citadelle dans la lutte contre les Turcs. Au début du XVIII s.
la capitale se composait de 12 villages. Tout le territoire était entouré d’une
muraille et de bastions. En outre, il y avait un rempart et la garnison comptant
2-2,5 mille soldats se mettaient à une double chaîne de piquets.
Le long des XVI-XVII siècles le Don est la seule route par laquelle Moscou
communiquait avec la Turquie et les Cosaques d’aval.
La forteresse était une citadelle lors des campagnes d’Azov. Les bateaux de la
nouvelle flotte russe s’amarraient en face. Les canons de la forteresse l’ont saluée.
La ville de ST a vu plusieurs révoltes antiféodales. Pour en effacer toute mémoire
et aussi à cause des inondations constantes, le gouvernement a fait transférer la
capitale à Novotcherkassk. Tcherkassk a été rebaptisé ST, a cessé d’être forteresse,
les bastions ont été démolies, les canons posés sur terre. Elles sont englouties par
la vase et la terre si bien qu’on ne les retrouve qu’après des travaux terrassiers
comme en 1958 où l’habitant P. Lasarev a sorti 14 canons de calibres différents.
Les organisations défensives de Starotcherkassk
Jusqu’aux années 1740, les constructions défensives de Tcherkassk restaient en
bois, devenant très rapidement vétustes. Le gouvernement a même permis d’abattre
11 mille arbres pour une nouvelle muraille. Pourtant l’ataman Danila Efrémov, avec
l’accord de l’Assemblée, s’est mis à construire une muraille en pierre sans
l’autorisation du gouvernement. Cette initiative lui a coûté 2 ans de prison. Après sa
libération, il a été chargé de finir la muraille. Une de ses parties porte toujours le
nom de Danila. Vers la moitié du XVIII s. la longueur des murs atteignait 2,3 km ;
la partie centrale de la ville étant fortifiée de 2 murailles en pierre et de 4 bastions
en bois. Il y avait aussi un bastion en pierre qui servait de tour de guet et d’une
prison. Avec le temps, le bastion s’est détruit. Maintenant à sa place, on peut voir
un canon et une composition sculpturale « A la garde ». Ce bastion protégeait la
ville du côté sud, turc. Et il y avait déjà quoi défendre. A la place des huttes qu’on
ne regrettait pas trop en perdant, est venu un nouveau type de logement – le kouren.

MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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La maison typique cosaque – le kouren
Au fait, le kouren vient du mot mongol qui signifie « campement rond ». En
Ukraine et au Don on appelait comme ça de grandes maisons pour un groupe de
Cosaques non mariés, ici venaient les habitants du village pour discuter les affaires
urgentes. Plus tard, le kouren est devenu le nom commun pour toute maison cosaque.
Comme au printemps Tcherkassk subissait de grandes crues, l’architecture des
maisons comprenait 2 niveaux : le niveau des fondations en pierre et le niveau supérieur
en bois. La maison était couverte d’un toit à 4 pentes qui était avant en roseaux, en
liber ou voliges et remplacés plus tard de tôles. Le niveau inférieur se composait de
2 locaux : sorte d’entrée non chauffée qui servait de dépendances et l’autre, avec un
four, où habitaient les hôtes. Il y avait de 2 à 4 fenêtres, l’entrée était du côté de la
cour. La pierre de construction pour cette partie de la maison était le calcaire
jaune. D’ailleurs on blanchissait les murs ce qui donnait un air pimpant à la maison.
Le niveau supérieur était bâti en demi-rondins, les fentes étaient calfeutrées
de chanvre, de laine et enduites d’argile. Puis, la maison était revêtue de larges
planches de sapin. A l’étage menaient deux entrées – de service et principale.
Devant l’entrée principale il y avait un perron sous l’auvent, un balcon étroit
ceinturait la maison de 3 côtés, on l’utilisait pour ouvrir les volets. Le 4e mur
n’avait pas de fenêtre, ici passait un couloir qu’on appelait galerie. Quand l’eau
était haute, on y amarrait. Les pièces de la maison se communiquaient : du salon
on passait dans la chambre, de la chambre à la cuisine.
Les hôtesses entretenaient leurs maisons très proprement. Quelques fois par
an, elles l’avaient les murs intérieurs et toutes les semaines blanchissaient les
fours. Les murs extérieurs étaient enduits d’argile et peints de couleurs naturelles.
Les anciennes maisons n’avaient presque pas de décorations ciselées. La vie
souvent nomade des hommes ne favorisait pas le développement des artisanats.
Ce sont des maisons typiques en bois, mais il y en a en pierre appartenant à la
noblesse cosaque. Nous nous approchons d’une de ces maisons.
La révolte paysanne de Kondratiy Boulavine
La maison en pierre de l’ataman Loukiane Maximov est plus connue comme
celle de Kondratiy Boulavine. Ici se mêlent les traits d’un kouren et d’une
forteresse avec ses volets et portes en fonte.
Tcherkassk a toujours été le berceau de la liberté et de l’insoumission. Au début du
XVIII s, la ville devient le centre de la guerre paysanne sous la direction de Kondratiy
Boulavine. La cause du soulèvement était l’appauvrissement et les austérités du

MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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servage. Les serfs s’enfuyaient dans la région du Don car ils connaissaient l’ancien
principe des Cosaques – ne pas rendre les fugitifs. Le détachement punitif sous la
direction du prince Dolgorouki a été envoyé pour œuvrer la recherche et le retour
des fugitifs. L’ataman Boulavine a tué le prince, son détachement a été écrasé.
L’incendie de la guerre a vite pris la partie nord-est de la région. Les Cosaques
d’Ukraine sont venus à la rescousse. Après l’écrasement du détachement des Cosaques
riches en avril 1708 sur la rivière de Lissovatka, Boulavine a entrepris une marche
forcée pour Tcherkessk où les riches Cosaques avaient pris les positions. Le 28 avril,
les insurgés se sont approchés de l’île où se trouvait la ville. L’eau faisait un obstacle
considérable. Mais Boulavine n’a pas eu à la prendre d’assaut. Le 1er mai les pauvres
se sont insurgés et ont exécuté l’ataman Maximov et ses 5 officiers supérieurs ;
leurs biens ont été distribués parmi les pauvres ; les prix du blé ont été baissés.
Le 9 mai, sur la place devant la cathédrale, Boulavine a été élu ataman.
Il a envoyé des lettres à tous les villages en appelant les Cosaques à joindre son
armée. Au tsar Pierre, pour gagner du temps, il a écrit que l’ataman précédent avait
été exécuté pour l’injustice et l’abus du pouvoir.
Le premier objectif de l’armée Boulavine était la prise d’Azov, à l’époque
forteresse russe. Le 6 juillet les insurgés ont été battus, avant, le 2 juillet, un autre
détachement avait été écrasé ce qui avait prédéterminé le sort de tout le
soulèvement. Boulavine avait commis l’erreur de diviser ses forces. Dès que les
nouvelles ont atteint Tcherkassk, les riches Cosaques ont comploté et ont attaqué
la maison de Boulavine le 7 juillet.
Jusqu’aux années 1960, tout le monde partageait la version officielle du suicide
de Boulavine. En effet, un Cosaque qui se suicide était considéré comme un lâche ce
qui discréditait tout le mouvement d’insurrection. Mais l’historienne Podhiapolskaya
a su prouver, que Boulavine, n’étant pas gaucher, ne pouvait pas se tuer.
Pourtant avec la mort de Boulavine l’insurrection n’a pas fini, elle a duré jusque
1709. Une partie des Cosaques sous le commandement d’Ignat Nekrassov sont
partis en Turquie. Ils ne sont revenus que 250 années plus tard, ayant sauvegardé
leur mode de vie traditionnel. Au musée, nous verrons l’expo dédié à l’insurrection.
Après l’étouffement de l’insurrection, les droits des Cosaques ont été réduits.
En avril 1709, Pierre Ier en personne s’est rendu à Tcherkassk pour s’assurer de la
loyauté des Cosaques. Bien que l’autogouvernance ait été sauvegardé, elle est
passée sous le contrôle des fonctionnaires impériaux.
Le service militaire n’excluait pas les connaissances. Savoir lire et écrire était
aussi indispensable.

MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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Tcherkassk – le centre d’enseignement dans la région
Le bâtiment de l’école paroissiale nous fait évoquer le sujet de l’éducation,
surtout que la première école de la région est apparue à Tcherkassk dans les années
1740. Avant les années 1750 il n’y avait point d’écoles régulières dans la région.
C’étaient les moines et les popes qui apprenaient aux enfants l’écriture et le calcul.
En 1746, l’impératrice Elisabeth a fait ouvrir l’école où on enseignait la
grammaire et l’arithmétique, le latin et la poésie. Les élèves étaient issus des
familles aisées. En 1758, le feu a interrompu l’activité de l’école. 8 ans plus tard,
c’était le tour d’une école pour les futurs popes, mais elle n’a travaillé qu’une
douzaine d’années et puis a été fermée, faute d’argent. Pourtant, le progrès est
impossible sans les gens instruits. Catherine la Grande qui s’en rendait compte
a ordonné de couvrir tout l’empire du réseau d’écoles – Principales et Petites.
A Tcherkassk, c’était d’abord une Petite École populaire, transformée en 1793 en
École Principale. L’Administration cosaque y tenait bcp. Un bâtiment y était donné.
L’ataman Ilovaiskiy a nommé son fils directeur. C’était un homme honnête et
responsable. A l’école il y avait 4 classes plus une, pour les doués au dessin.
Durant les 5 premières années, 289 élèves y ont fait leurs études. L’enseignement
était gratuit. Les classes de physique, de chimie, d’histoire naturelle étaient bien
équipées, il y avait les meilleurs manuels et livres scientifiques de l’époque. Parmi
les matières, on peut citer: les maths, la physique, la chimie, l’histoire, la géo, la
statistique, la philo, le français, l’allemand, des langues orientales. En 1805 l’École
devient Lycée, qui en 1809 est transféré à Novotcherkassk.
La place du marché. L’église St Pierre et Paul
En cherchant à dominer l’armée cosaque y compris idéologiquement, le
gouvernement fait construire quelques églises dans la région et surtout à Tcherkassk.
Ainsi, à la 2e moitié du XVII, la ville compte une cathédrale, 3 églises en pierre et
2 en bois, une mosquée tatare.
L’église St Pierre et Paul que vous voyez date de 1749 et se trouve sur l’emplacement
d’une ancienne, en bois datant de 1692. L’impératrice Elisabeth a même envoyé
ses maçons et plâtriers. C’étaient les riches Cosaques commerçants qui ont donné de
l’argent pour l’église. Celle-ci se compose de trois parties : du clocher, de la partie
vouée à St-Jean le Guerrier et de la partie d’autel. En un an les travaux avaient été finis;
encore un an plus tard, on a ajouté encore une partie. L’iconostase n’a jamais été trop
riche. Pourtant les portes royales en argent attiraient l’attention des fidèles. L’église
possédait plusieurs livres du XVIII s. C’est ici qu’on a été baptisé le futur héros de la
guerre Patriotique 1812 – Mathieu Platov. Après la Grande guerre de 1941-1945,
l’église servait de boulangerie. C’est au début du nouveau siècle qu’elle a été restaurée.

MODULE I. STAROTCHERKASSK, LA PERLE DU DON
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La place du marché. Les sceaux de l’Armée cosaque
L’église se trouve sur une place très animée, celle du marché. Elle est très grande
et on y menait le commerce toute l’année, alors que dans d’autres villages que lors
des périodes foraines. Encore en 1614, le gouvernement a octroyé aux Cosaques, pour
leur service, le droit du commerce sans taxe. Et le Tcherkassk du XVIII s a vu les
marchands russes, ukrainiens et étrangers. Des bateaux commerciaux de Kertch, de
Kapha, de Taman jetaient leur ancre au mouillage de Tcherkassk. On entendait les
paroles dans plusieurs langues. Selon les contemporains, le marché de Tcherkassk
était très pittoresque. Il y avait des commerçants de différentes nationalités, des
Cosaques de tous les régiments. Les Cosaques n’ont pas obéi à l’ordre de Pierre Ier
de porter les vêtements européens et de se raser la barbe. Donc chacun s’habillait
comme bon lui semblait, c’était un signe d’indépendance. Le marché était organisé,
il y avait des rangs avec des tissus, des chaussures, des vivres etc. La marchandise
principale des habitants était le bétail, ils importaient surtout le blé. Le commerce des
esclaves prospérait aussi. Un esclave coûtait de 20 à 40 roubles, alors qu’un bon
cheval 80. Certaines années, les esclaves se vendaient à une écuelle de riz. Les boutiques
étaient au nombre de 203, certaines en pierre. Du XVIII s. il n’en reste qu’une.
Sur son mur latéral, pour les 400 ans de Starotcherkassk les habitants ont fait
graver le sceau de l’Armée cosaque. Le sceau est accordé par Pierre le Grand en
1704. Le tsar a plusieurs fois visité Tcherkassk. Un jour, en se promenant sur la
place du marché il a vu une scène bizarre : un gros Cosaque, ivre, nu mais avec un
bonnet sur la tête, un sabre à la ceinture et un fusil à la main enfourchait une barrique
vide. Étonné, Pierre lui a demandé pourquoi il n’avait pas vendu son fusil, qui
coûterait plus cher et permettrait d’acheter plus de vin. Le Cosaque aurait répondu :
« un Cosaque peut tout bazarder sauf son fusil. Avec je me procurerai des vêtements,
je rendrai service à l’Armée Cosaque et à notre cher tsar Pierre. » Le souverain
a aimé la réponse et a fait faire un sceau représentant un Cosaque à moitié nu
à califourchon sur une barrique. Dans sa main droite il tient un fusil, dans sa main
gauche une corne. Devant lui, sur la barrique est posé un verre, à sa ceinture – un
sabre. Le sceau était fait en argent et offert à l’Armée. Mais les Cosaques ne
l’aimaient point car, entre autres, il rappelait la dépendance de la couronne. Ils
cachetaient la correspondance intérieure avec leur premier sceau représentant un
cerf galopant percé d’une flèche, ce qui voulait dire « blessé mais libre ». En 1775,
les deux sceaux ont été évincés par celui avec l’aigle bicéphale et l’inscription
« Sceau de l’Armée du Don ». Les attributs cosaques n’y étaient plus présents.
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