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ivanov666
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Файл:Au pays des cosaques du Don. Учебное пособие по лингвострановедению на французском языке
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MODULE III. ROSTOV-SUR-LE-DON, LA PORTE DU CAUCASE
101
provinces ayant publié plus de 60 livres et brochures. Plus tard Nicolas s'est fort
désenchanté des révolutionnaires. En automne 1919 la famille Paramonov a immigré
à l'étranger.
Aujourd'hui il s'y trouve la bibliothèque scientifique de l'Université du Sud »
[9, c. 78].
A partir du novembre 2011 devant le bâtiment de la bibliothèque de
l'Université du Sud se lève le portrait sculpté à mi-corps de Yuri Jdanov,
membre-correspondant de l'Académie des sciences de Russie, recteur de
l'Université de Rostov de 1957 à 1988, connu aussi en qualité de l'ancien époux
de Svetlana Allilouyeva, fille de Staline. Les auteurs du monument sont
l'architecte Nicolas Morgoune et artiste architecte Yuri Dvornikov et sculpteur
Sergueï Olechnya.
Dans les années 80 du XX siècle le recteur de la célèbre Université de Rostov
Yuri Jdanov a introduit la tradition de prendre une photo commune sur les
marches de la bibliothèque avant de commencement de l'année scolaire. Pour les
nouveaux étudiants c'était un symbole de la rentrée dans la communauté
d'étudiants universitaires. La photo avec le recteur Jdanov au centre est gardée
comme relique dans les familles de plusieurs promus.
Yuri Jdanov a organisé le centre scientifique du Caucase du Nord, qui se trouve
dans le bâtiment construit par le marchand Paramonov.
La bibliothèque de l'université aujourd'hui c'est une riche collection de
livres. Le bâtiment attire par son aspect architectural particulier. Se sont juste
des bâtiments comme celui-là, construit à la charnière des siècles, qui créent
la spécificité de la rue. Leur image fait penser au haut niveau de maîtrise des
constructeurs, qui vous transmet la respiration de l'époque révolue. Au début
du XX siècle ils s’y installaient des riches, marchands, millionnaires, maires,
citoyens d'honneur de la ville. A l'époque soviétique la Rue Pouchkinskaïa
devient rue de l'élite du parti communiste, et le nouveau pouvoir occupe avec
plaisir de riches hôtels. Au coin de la Rue Tchékhov on voit se lever une
maison élitaire pour les membres du comité régional du parti, que l e peuple
a baptisé "Nid de gentilshommes". Plus tard la Rue Pouchkinskaïa qui était
à l'époque ouverte à la circulation, devient piétonne. Aujourd'hui à la place
des caïds du parti on voit installé des fonctionnaires, banqués et entrepreneurs
russes.

MODULE III. ROSTOV-SUR-LE-DON, LA PORTE DU CAUCASE
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Exercice 2. Rédigez des excursions consacrées aux curiosités de Rostov-sur-
le-Don :
1. Les attractions de la ville de Rostov-sur-le-Don.
2. Rostov-sur-le-Don : la rue Pouchkine.
3. Les monuments architecturaux de la ville de Rostov-sur-le-Don.
4. Le musée des beaux-arts de la ville de Rostov-sur-le-Don.
5. La place du Théâtre de la ville de Rostov-sur-le-Don.
6. Le musée régional de la ville de Rostov-sur-le-Don.
7. Le zoo de Rostov.
8. Nakhitchevan : passé et présent.
9. Rue Bolshaïa Sadovaïa.
10. L'université de Rostov (anciennement l'université de Varsovie) : histoire,
architecture des bâtiments, statut moderne.
11. Rostov-sur-le-Don pendant la Seconde Guerre mondiale. Lieux mémorables.
La ravine Zmeyovsiaïa.
12. Le jardin botanique de Rostov.
Recommandations méthodologiques pour la rédaction, exigences de
présentation d’une visite guidée.
La création d'une nouvelle excursion / présentation sur n'importe quel sujet
de la pratique linguistique et culturelle est un processus complexe qui nécessite
la participation active d'un groupe entier d'élèves. Le contenu de la future
excursion / présentation et sa valeur éducative dépendent directement des
connaissances de des guides, de leur compétence, du degré d'assimilation
pratique des bases de la pédagogie et de la psychologie, ainsi que de leur
capacité à choisir les méthodes et techniques les plus efficaces pour influencer
le public.
L'excursion est le résultat de deux processus fondamentaux : sa préparation et
sa réalisation. Ces processus sont interconnectés et interconditionnés.
La méthodologie de travail sur le projet créatif de groupe répond aux questions
suivantes :
1. Pourquoi le projet est-il préparé et testé (objectif, tâches) ?
2. Quelles questions sont abordées (quel est son contenu) ?
3. Comment mener l'excursion / la présentation (méthodes pédagogiques) ?
4. Comment susciter et maintenir l’attention des participants ?

MODULE III. ROSTOV-SUR-LE-DON, LA PORTE DU CAUCASE
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Le travail sur n'importe quel thème commence par une définition claire de son
objectif. Cela aide ses auteurs à organiser leur travail de manière plus structurée
par la suite. Par exemple, l'objectif d'une excursion est ce pour quoi les monuments
d'histoire et de culture et d'autres objets sont montrés aux visiteurs. Le discours du
guide est également subordonné à ce même objectif final. Énumérons quelques
objectifs : l'éducation au patriotisme, l'amour et le respect pour la patrie, le travail
d'intérêt général, et pour d'autres peuples ; l'éducation esthétique, ainsi que
l'élargissement des horizons et l'acquisition de connaissances supplémentaires
dans divers domaines des sciences et de la culture, etc. Les tâches de l'excursion
consistent à atteindre ces objectifs en développant son thème.
Le choix du thème dépend d'une demande potentielle, d'une commande spécifique
ou de la création délibérée d'un thème particulier pour l'excursion / présentation.
Chaque excursion / présentation doit avoir un thème clairement défini.
Au cours de l'élaboration de l'excursion / présentation, une liste de livres,
brochures, articles publiés dans des journaux et revues qui traitent du sujet est
établie. L'objectif de cette liste est de définir les limites approximatives du travail
à venir sur l'étude des sources littéraires et d'aider les apprenants à utiliser le
matériel factuel et théorique nécessaire lors de la préparation du texte.
En plus des publications imprimées, d'autres sources peuvent être utilisées. Les
auteurs des projets de groupe établissent une liste, qui comprend des archives d'État,
des musées, des films documentaires et scientifiques, dans lesquels se trouvent des
matériaux sur le sujet de l'excursion / présentation. Seules des informations fiables,
soigneusement vérifiées, doivent être sélectionnées pour l'exposé. Les encyclopédies
informatiques, y compris les bases de données multimédias, peuvent également
apporter une aide précieuse dans la recherche et la systématisation des matériaux
des excursions.
La présentation des objets constitue une partie essentielle de l'excursion.
Le choix correct des objets, leur nombre et la séquence de présentation influencent
la qualité de l'excursion / présentation.
En ce qui concerne les excursions, la sélection des objets se termine par
la création d'une fiche (passeport) pour chacun d'eux. Ces fiches sont utilisées pour
le thème en cours d'élaboration.
L'itinéraire de l'excursion représente le chemin le plus approprié pour le groupe
d'excursion, facilitant le développement du thème. Il est construit en fonction de
la séquence la plus appropriée pour la visite des objets, de la disponibilité de zones

MODULE III. ROSTOV-SUR-LE-DON, LA PORTE DU CAUCASE
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pour regrouper le groupe, ainsi que de la nécessité d'assurer la sécurité des
visiteurs. L'une des missions de l'itinéraire est de favoriser une révélation aussi
complète que possible du thème.
Le « portefeuille du guide » est un terme désignant l'ensemble des supports
visuels utilisés au cours de l'excursion. Ces supports sont généralement placés
dans un dossier ou un petit sac.
Le succès de l’excursion dépend directement des techniques pédagogiques
utilisées lors de la présentation et du récit. Le choix de telle ou telle méthode
pédagogique est dicté par les objectifs du projet et le niveau d’information du
sujet spécifique.

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MODULE IV.
AZOV OU AZAQ, LA VILLE DÉSIRÉE
Exercice 1. Lisez et traduisez les informations concernant la ville d’Azov,
faites le vocabulaire d’après cette visite guidée écrite.
Aujourd’hui on va visiter la plus ancienne cité de la région de Rostov – la ville d’Azov.
La ville d’Azov est située sur la frontière entre l’Europe et l’Asie au Sud-Ouest
de la région de Rostov, sur la rive gauche du Don à 12,5 km de son embouchure
dans la baie de Taganrog de la mer d’Azov. Azov est à 35 km de Rostov. Nous
allons traverser le territoire d’Azov dont chaque coin est empreint d’histoire, et on
va voir la ville chantée par des légendes. La ville d’Azov est marquée par neuf
siècles passés, par des générations qui ont vécu sur ce territoire.
Avant d’arriver dans cette ville ancienne on va traverser la ville de Bataïsk un
des plus grands nœuds ferroviaires au sud de la Russie qui partage avec Rostov le
rôle prestigieux, mais difficile de la « porte du Caucase ». On va traverser la région
agricole d’Azov célèbre par ses vergers et ses potagers. Dans la ville même avec
ses rues étroites descendant vers le fleuve, avec ses remparts, ses contes et légendes
allant de génération en génération vous prendrez connaissance de l’histoire de la
ville riche en événements dramatiques, de sa lutte pour l’indépendance de la patrie.
Azov est une ville unique. Ella a passé par toute les formes des civilisations
urbaines: police antique, cité des pêcheurs, cité des nomades, ville orientale,
factorerie commerciale européenne, forteresse militaire, capitale des cosaques au
XVII siècle, forteresse frontalière, bourgade perdue et enfin centre industriel.
Azov est la plus ancienne ville de la région de Rostov. Le temps a détruit les
murs et les tours d’Azov, mais a conservé la ville. Azov a survécu aux événements
tumultueux des siècles passés ; maintenant c’est une ville moderne très animée.
Au Sud de la Russie c’est la seule ville qui ayant une histoire aussi ancienne et
riche se soit conservée depuis l’antiquité jusqu’à nos jours.
Le territoire de la ville moderne avait été peuplé depuis les temps préhistoriques.
Il y a 2000 ans ont apparu les premières colonies dont les vestiges sont appelés
maintenant Cités Podazovskoïe et Krepostnoïe (Ier siècle av. J.- Cr.). On suppose
qu’en antiquité ses colonies se soient appelées Paniardis et Patarva. Ces deux
colonies ont apparu à la période tumultueuse de l’histoire du Royaume de
Bosphore. Aux II-III siècles de notre ère chassés probablement par les Alains (tribu
Sarmate venue de l’Orient), les habitants de ces colonies sont partis. D’abord au

MODULE IV. AZOV OU AZAQ, LA VILLE DÉSIRÉE
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II siècle les Méhothe ont quitté Patarva et puis au milieu du III siècle ont a quitté
Paniardis. La fuite était organisée car il n’y a pas de traces de la destruction des
colonies. Après la disparition des colonies antiques il n’avait pas de grandes
bourgades sur le territoire d’Azov lequel néanmoins n’est jamais resté inhabité.
Au X siècle les premières cités slaves ont apparu sur le territoire d’Azov. En 965967 le prince Sviatoslav le Téméraire a défait les Khazars et la Russie a eu la
Principauté de Tmoutarakan située sur les presqu’îles de Taman et de Kertch.
Aux X-XII s. près d’Azov dans la colonie Kazatchi Erik il y avait un centre de
commerce sur la voie de la Russie de Kiev en Byzance. Les fouilles archéologiques
témoignent que la plupart de la population dans cette cité était d’origine russe.
Dans les années 60 du XI s. les steppes ont vu les Polovtsiens (tribu turque
nomade) venus d’au-delà de la Volga. En Europe on les appelait Cumans, en Asie –
Kiptchaks, tandis que les Russes les appelaient Polovtsiens à cause de la robe jaune
clair de leurs chevaux (polova – la paille).
L’histoire a voulu que les Polovtsiens soient nommés fondateurs d’Azov. La
tradition historique et littéraire lie l’apparition de la ville au nom du Khan des
Polovtsiens – Azup en 1067. Dans la ville d’Azov vous apprendrez les détails de
cette histoire. Une vraie ville, centre administratif, politique et artisanal est né sur
l’emplacement d’Azov en 1270 et sa naissance et son développement sont liés
à l’histoire d’un grand État médiéval La Horde d’Or.
Vers la fin des années 60 du XV s. la ville tombe sous la domination des Turcs.
Ceux-ci la transforment en une forteresse imprenable et lui donnent le nom
d’Azaq. Étant à la frontière de l’Empire Osman la ville non seulement défendait
les terres du Sultan, mais était la base et le point du départ des invasions de
l’Empire dans les terres avoisinantes. Les attaques aux terres russes à partir
d’Azov ont commencé dès le début du XVI siècle. L’apparition des cosaques sur
le Don à la première moitié du XVI siècle a beaucoup aggravé la vie de l’Azov
turque. La forteresse frontalière contrôlant la région et fermant l’accès à la mer
d’Azov est devenue l’objet des attaques et puis d’une lutte longue et acharnée qui
a beaucoup influencé les rapports de la Russie et de la Turquie. Une des pages les
plus intéressantes de la lutte des cosaques contre les Turques c’est le siège d’Azov –
événement sans exemple dans l’histoire du Moyen Age dont vous prendrez la
connaissance pendant la visite des remparts anciens. Vous y verrez le panorama du
delta du Don. Vous verrez la porte de la forteresse et la cave poudrière qui sont des
monuments de l’art militaire du XVIII siècle. La cave abrite le diorama consacré

MODULE IV. AZOV OU AZAQ, LA VILLE DÉSIRÉE
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à la prise d’Azov par l’armée de Pierre Ier. On se pose la question : pourquoi cette
ville-clé avait-elle joué un rôle si important aux époques différentes ?
Le destin d’Azov a été définitivement déterminé par la paix de KoutchukKaïnardji signée par la Russie et la Turquie en 1774. D’après ses clauses la
forteresse d’Azov appartenait à l’Empire russe. Le nom de la ville d’Azov, symbole
des victoires russes sur la Turquie, était alors largement connu de toute l’Europe. Le
grand écrivain français Voltaire qui a appris l’histoire d’Azov des lettres de
l’Impératrice russe Catherine II, a installé les personnages d’un de ses romans dans
la forteresse d’Azov. Les Turques, les cosaques, la fuite d’Azov en bateau – tout
cela était intéressant au public européen au XVIII siècle. On parlait partout d’Azov,
elle incarnait les immenses nouvelles terres méridionales de la Russie. La célèbre
princesse Tarakanova, une aventurière se disant fille de l’Impératrice Élisabeth
Petrovna et prétendant au trône russe, signait ses documents « princesse d’Azov ».
Au début du XIX siècle, après l’élargissement des frontières de l’État russe la
forteresse d’Azov a été aboli et la ville d’Azov est devenue bourgade de la
province d’Ye katerinoslavl. Sous le pouvoir soviétique en 1939 Azov redevient
officiellement ville.
Azov d’aujourd’hui est une ville spacieuse, élégante dont la zone industrielle
se trouve hors les quartiers urbains. La population d’Azov compte 82,9 mille
personnes. La perte des ports de la côte de la mer Noire et la formation des
nouvelles frontières de la Russie ont de nouveau, comme sous Pierre I, fait d’Azov
un port maritime international. La silhouette de l’Azov de nos jours comprend
l’Hôtel « Azov », des maisons à huit étages, les coupoles de l’église de NotreDame d’Azov et de la Cathédrale de la Sainte-Trinité. Ce qui n’a pas changé
depuis le XIX siècle c’est la Tour du musée avec sa mince et haute aiguille. Le
musée-réserve historique, archéologique et paléontologique d’Azov abrite
l’unique dans le pays squelette du mammouth âgé de 600 mille ans (sa hauteur est
de 4,5 mètres) et celle du dinothérium âgé de 7,5-8 mln d’ans.
Le célèbre explorateur et savant Thor Heyerdahl a visité Azov 2 fois : en 2000 et
2001. Il a dirigé le travail de l’expédition archéologique Russie-Norvège à Azov.
Il attiré l’attention de la communauté mondiale à Azov, il a démontré l’importance
de cette ville pleine de traces de plusieurs peuples. « Vous ne vous rendez pas
compte de la terre que vous foulez », c’est ce que Heyerdahl répétait plusieurs fois
au cours de ses visites à Azov. Ainsi nous dirigeons nous à Azov, ville-monument
gardant les vestiges des temps passés, ville ancienne, ville moderne.

MODULE IV. AZOV OU AZAQ, LA VILLE DÉSIRÉE
108
Les attaques des cosaques à Azov sont devenues permanentes et il n’y pas une
seule année sans que les canons des cosaques ne tirent sur les murs de la forteresse.
Pour éconduire leurs voisins tumultueux quand bien même ce serait provisoirement,
les habitants d’Azov payaient la rançon aux cosaques par des chaudières, des filets,
du sel, du poisson. Cette rançon d’Azov au début du XVII siècle est devenue
traditionnelle. Le vizir (le haut fonctionnaire d’État. Le Grand Vizir était le chef
de toute l’administration de l’Empire ottoman) Mehmet-Pacha a dit en 1615 aux
ambassadeurs russes P. Mansourov et S. Samsonov : « Avant tout les habitants
d’Azov ont donné au cosaque de Don pour les pacifier 1000 monnaies d’or, des
chaudières, des filets, du sel ». Mais très souvent les cosaques après avoir pris la
rançon revenaient à Azov pour la siéger.
Les activités des cosaques sur la mer Noire et contre Azov ont provoqué le
mécontentement de Moscou qui voulait conserver la paix avec la Turquie et la
Crimée puisque la Russie était affaiblie par les défaites au cours de la guerre contre
la Pologne (1632-1634). Les cosaques disaient franchement : « Si le tsar nous avait
ordonné de prendre Azov, nous l’aurions fait et toute le Crimée se serait soumise
au tsar et les Nogaïs auraient signé la paix et si le tsar nous avait envoyé quelque
deux mille guerriers Azov aurait été pris depuis longtemps ».
L’historien du Don V. Soukhoroukov a écrit : « Les cosaques et les habitants
d’Azov séparés par 50 km de steppes signaient la paix plusieurs fois par an qu’ils
rompaient aussitôt. On comptait les périodes de paix en jours et les périodes de
guerre – en mois. Il arrivait souvent que la paix fût rompue le jour même de sa
signature ».
La conquête de la forteresse d’Azov est devenue le rêve des cosaques du Don.
Dans de vieilles chansons des cosaques il s’agit des intentions des cosaques d’aller
conquérir la ville d’Azov.
Mais il n’était pas facile de prendre la forteresse d’Azov. Elle était composée
de trois campements, ceinte d’un haut rempart de terre et d’un fossé profond. Les
murs en pierres de la forteresse avaient l’épaisseur jusqu’à 6,4 mètres et les 11 tours
étaient munies de deux cents canons. La garnison comptait 4000 janissaires :
artillerie, infanterie, flotte et cavalerie légère. Au dehors de la forteresse on a organisé
un système d’observatoires. Ce n’est par hasard qu’une des chansons anciennes
des cosaques décrit cette situation : « Comment pourrons-nous, frères, prendre la
ville d’Azov ? La ville d’Azov c’est une forteresse et on ne peut s’en approcher ni
à pied, ni à cheval) ».

MODULE IV. AZOV OU AZAQ, LA VILLE DÉSIRÉE
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Une situation particulièrement favorable dans la lutte pour Azov et ses
alentours s’est formée au printemps 1637. Le 21 avril 1637 les cosaques sans
permission du tsar de Moscou ni son aide militaire en profitant de la guerre menée
par la Turquie contre l’Iran ont décidé « d’aller tuer les Sarazins, de prendre Azov
et d’y installer la foi orthodoxe ». Après le siège de deux mois les cosaques ont
pris Azov d’assaut le 18 juin 1637. Le 15 juillet de la même année l’Armée du
Don a envoyé d’Azov à Moscou l’ambassade des cosaques avec Potap Petrov à la
tête avec la nouvelle de la prise d’Azov et de l’assassinat de l’ambassadeur. La
prise d’Azov par les cosaques était une grande victoire stratégique : on a liquidé
une importante base de départ de la Turquie sur le littoral d’Azov, la position de la
Russie du Sud a été renforcée. La perte d’Azov a privé de défense les tatars et les
Nogaïs qui étaient les réalisateurs obéissant des projets turcs. Ainsi après la prise
d’Azov les envoyés de la Grande Horde des Nogaïs sont venus chez les cosaques
avec la déclaration de leur désir d’obéir au tsar. Cette victoire a étonné l’Europe et
a frappé l’Empire Osman. La cour du sultan à Constantinople a avoué que l’Azov
des cosaques est devenue pour eux « pire que Bagdad ». Azov était une forteresse
imprenable à cette époque-là. Cette victoire a été le début de l’histoire de la
défense d’Azov. Dans leur rapport au tsar Michail Fiodorovitch les cosaques ont
écrit : « Nous avons pris la ville d’Azov, nous n’avons laissé partir pas un seul
habitant d’Azov dans la steppe dans la mer ».
Pour le gouvernement cette brillante victoire des cosaques à Azov prédisait
l’altération des rapports diplomatiques avec Istanbul et pouvait provoquer la
guerre avec la Turquie. Il était évident que le sultan Mourad IV ne voudrait lâcher
Azov et ferait tout son possible pour la reprendre.
La situation particulièrement favorable à la conquête de toute la région d'Azov
est apparue vers le printemps du 1637. Le 21 avril 1637, sans autorisation du tsar
de Moscou et sans appui militaire de son côté, profitant de la guerre turcopersane,
les Cosaques décident d'"aller capturer la forteresse d'Azov pour défendre la foi
orthodoxe"... Le 18 avril 1637, après deux mois de siège, ils prennent d'assaut la
citadelle turque. Le 15 juillet 1637, les Cosaques envoient à Moscou une
"délégation spéciale" ayant à sa tête Potap Petrov qui doit annoncer au Tsar la prise
de la forteresse ainsi que l'assassinat de l'ambassadeur turque.
La capture de la forteresse d'Azov avait des conséquences stratégiques
importantes. La perte de ce point-clé par les Ottomanes signifiait un renforcement
considérable de positions russes. Les Tatares et les Nogaïs, ces exécuteurs

MODULE IV. AZOV OU AZAQ, LA VILLE DÉSIRÉE
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obéissants de la volonté ottomane, ont perdu leur fief protecteur sur le Don. Or,
les messagers de La Grande Horde Nogaï ne tardaient pas à venir auprès de l'armée
cosaques pour annoncer le désir de leurs nomades de "se placer sous la main du
Tsar". Cette victoire a surpris l'Europe et elle a choqué La Porte. La Cour du sultan
reconnaissait avec irritation qu'"l'Azov cosaque, c'est mille fois pire qu'un Bagdad
!". La forteresse d'Azov était considérée à l'époque comme une fortification
imprenable. Cette victoire a marqué le début d'une longue histoire de batailles
défensives pour la maîtrise d'Azov. Dans leur rapport détaillé, les Cosaques ont
signalé au Tsar Mikhaïl Fiodorovitch : "Nous avons pris la ville d'Azov. Nul
n'a fui, nul n'a été laissé dans la steppe ou dans la mer".
Pour le Gouvernement russe cette belle victoire présageait une dégradation des
relations russo-turques jusqu'à la guerre avec la Porte. Il était évident que le sultan
Mourad IV ferait tout son possible pour reconquérir la forteresse. Le Gouvernement
russe réservait aux Cosaques du Don un certain rôle dans la guerre contre les Turcs
et les Tartares, mais la capture de la forteresse d'Azov ne faisait pas partie de
projets de Moscou. Bien que la maîtrise d'Azov donnât un gros gain stratégique et
des avantages économiques importants, le gouvernement de Moscou voulait
surtout éviter le conflit ouvert avec l'Empire Ottomane.
Or, le Tsar inflige aux Cosaques une rude réprimande et il adresse parallèlement
une lettre au sultan dans laquelle il souligne que les Cosaques agissent de leur
propre chef sans aucune autorisation de sa part.
D'autre côté, le gouvernement russe était intéressé à garder l'emprise cosaque
sur le territoire le plus long possible. Le profit était évident : les attaques ennemies
menées du côté d'Azov ne se produisaient plus ; le gouvernement a réussi la
construction de quelques forteresses sur la Ligne défensive de Belgorod et la
grande partie de la population nogaï a pu retourner sur le Don. C'est pourquoi, tout
en réprimandant les Cosaques, le gouvernement russe continuait à les soutenir : ils
recevaient tout ce qui était nécessaire pour satisfaire leurs besoins quotidiens et
militaires. Les privilèges octroyés aux Cosaques avant l'année 1630 ont été
restaurés et la région du Don a été ouverte pour la libre circulation des
marchandises. En échange, Moscou exigeait que les Cosaques garantissent la
protection des frontières russes et fournissent des renseignements sur les Turcs, les
Tatars et les Nogaïs.
Pendant que les grandes puissances négociaient le problème d'Azov, la ville
frontalière vivait sa vie agitée. La forteresse d'Azov dont les murs étaient témoins
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