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Файл:Au pays des cosaques du Don. Учебное пособие по лингвострановедению на французском языке
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MODULE IV. AZOV OU AZAQ, LA VILLE DÉSIRÉE
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Le café-restaurant "Les remparts" fondé en 1975 se trouve à côté de la porte
Alexéevski. Le lieu est joliment décoré dans le style de l'époque de Pierre Ier, ce
qui fait sa clientèle revisiter les mythes du passé. En prenant cet escalier, nous
allons gravir jusqu'à la crête du rempart. Nous profiterons de très belle vue qui
s'ouvre depuis ce point sur le delta du Don. Le ruban bleu du fleuve traverse les
steppes vastes et profondes. Les stanitzas (anciens bourgs des Cosaques) et les
petits villages suivent en amont et en aval la ligne ondulée du fleuve. Le clocher
élancé de l'église de la Transfiguration s'élève au milieu de cette plaine et domine
le terrain. Les silhouettes de la ville de Rostov-sur-le-Don se profilent à l'horizon.
Au pied des remparts se trouve un chantier fluvial.
Ce panorama exceptionnel permettant de contrôler le terrain avait été très
apprécié par les Ottomans. Pendant la période ottomane la forteresse d'Azov était
une place forte assez importante. Elle se composait de trois parties : Frenk Hisar
(ou Azaq), Orta Hisar (ou Tach Kale - ce qui voulait dire "la forteresse de pierre")
et Toprak Kale ("la forteresse d'argile"). Une muraille extérieure avec ses onze
bastiodotés de 200 canons cernait les fortifications. Les remparts défensifs et les
fossés profonds complétaient la protection. La garnison ottomane comprenait
4000 soldats et elle était dirigée par un commandant d'armes qui s'appelait
"Kalash-Pacha".
A 3 kilomètres en amont de la forteresse d'Azov, à l'endroit où le Don reçoit
un affluent Bolchaïa Kalantcha, les Ottomans ont fait élever deux tours dont
chacun était doté de 15 à 20 canons. Ces tours, bâtis sur les berges opposées de
ce chenal praticable, commandaient la sortie latérale vers la mer d'Azov. Pour ne
pas laisser les Cosaques pénétrer dans la mer, les Ottomans tendaient une chaîne
de fer entre deux tours d'une telle manière que personne ne pouvait y passer
inaperçu même pendant la nuit. Pour tromper les soldats turcs, les Cosaques
simulaient le passage de leurs saïques en utilisant les tronçons de bois. Persuadés
qu'il s'agissait de navires ennemis, les Ottomans ouvraient le feu. Cette astuce
permettait aux Cosaques de franchir la passe périlleuse au moment où les canons
étaient rechargés.
En 1637, les Cosaques s'emparent de la forteresse d'Azov. Déjà engagée dans
le conflit turcopersane, l'armée ottomane ne pouvait venir secourir les assiégés.
Mais la Sublime Porte n'avait pas l'intention de se résigner à une reddition
définitive de la forteresse. Après avoir fini la guerre contre la Perse, la Porte se
prépare à la reconquête. Le 25 juin 1641, l'armée ottomane assiège Azov. Les

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forces ottomanes comptaient 240000 hommes, 120 canons de siège, 32 mortiers
(pour effectuer un tir plongeant) et 674 canons de faible calibre. La flottille
ottomane se composait de 80 navires de ligne, 100 galères méditerranéennes,
90 saïques et 200 bâtiments de transport chargés de boulets et de poudre. La
campagne militaire était dirigée par le chef des armées Déli Hüseyin Pacha,
surnommé "Audacieux". Il était un homme de guerre illustre et un suppléant du
Grand Vizir. Le kapudan Siavouch Pasha commandait la flottille ottomane. Son
adjoint était Piali Pacha, déjà connu comme "vainqueur des Cosaques" auprès du
golf Adakhoun. De surcroît, l'armée ottomane était renforcée de 6000 volontaires
d'origines diverses.
La garnison de la forteresse ne comptait que 5367 hommes avec 800 femmes.
Au nombre de défenseurs on retrouve les Cosaques de Don, les zaporogues, les
Cosaques de Voronej et quelques marchands russes venus dans la région pour le
commerce. Un commandant réputé et expérimenté, l'ataman Ossip Petrov était
à la tête des défenseurs. L'ancien commandant d'armes Naum Vassilev s'était
désisté en sa faveur. L'ataman Abakoum Sofronov s'occupait du ravitaillement et
des questions civiles. Fiodor Porochine était le scribe de l'armée et l'auteur du
fameux "Récit poétique" portant sur le siège d'Azov.
Les Cosaques étaient déterminés à se battre. Bien que le stock de blé fût assez
maigre, les défenseures ne souffraient pas de la pénurie de provisions grâce au
bétail, qui avait été sagement ramené à l'intérieur de la forteresse. Et la place ne
manquait pas de sources d'eau. Le plan de la défense a été aussi soigneusement
élaboré : les Cosaques voulaient placer les guetteurs, aménager les postes d'écoute,
saper les remparts de la forteresse pour faire approcher leurs canons au plus près
des positions adversaires. Avec beaucoup d'émotion l'auteur du "Récit poétique"
nous relate les événements dont il était témoin. En lisant son œuvre, nous
apprenons la réponse téméraire et arrogante donnée à un impérieux ultimatum des
Ottomans : "Attaquez, si bon vous semble. Nous avons pris la forteresse selon
notre propre volonté et sans égards pour les ordres du tsar. Si vous venez nous
offrir la bataille nous ne ferons pas de quartier. La forteresse est à nous. Mieux
vaut pour vous en faire votre deuil!".
Les opérations du siège ont été commencées. La forteresse était complètement
bloquée. Les Ottomans agissaient selon les règles de l'art militaire. Leur tactique
se résumait à bombarder la citadelle, à brûler les constructions à l'intérieure de
l'enceinte, à s'efforcer, mais inutilement, de s'emparer des positions cosaques.

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Pendant le siège, qui a duré 112 jours, les défenseurs ont repoussé 24 attaques
acharnées dont chacune durait de 7 à 12 jours de suite. De jour et de nuit, la
forteresse était bombardée par toutes sortes de projectiles, y compris les boulets
incendiaires. Les fusillades violentes paraissaient sans fin. Les femmes, les enfants
mêmes prenaient part à la défense. Ils jetaient les pierres, ils versaient de l'eau
bouillante ou de la poix fondue sur les assaillants, ils soignaient les blessés. A la
tombé de la nuit, les Cosaques colmataient les brèches dans la muraille. Les
assiégés combinaient une tactique défensive et celle d'harcèlement. Ils pratiquaient
les coups de main audacieux menés par des petites unités fugitives ; ils tendaient
les embuscades ; ils creusaient les galeries pour miner les positions adversaires ;
et ils enfonçaient les pieux pointus pour inquiéter le passage de l'ennemi.
Les bombardements et les attaques sans cesse ont épuisé les munitions de l'armée
ottomane. Le manque de provisions se faisait également sentir. Les messagers ont été
envoyés pour demander les renforts. A l'Empire Ottomane, le gouvernement passait
sous silence le siège d'Azov. Le Grand Vizir filtrait soigneusement toute information
provenant du théâtre de guerre. Même le sultan ignorait l'état réel de la situation. Les
messagers, qui avaient divulgué les détails, ont été condamnés à mort. Les autres
restaient placés en garde à vue. De toute urgence, la Porte expédie à Azov des renforts
considérables en armes et en hommes. La légende veut que le sultan ait dit à Hüseyin
Pacha "Pacha, conquiers Azov ou donne ta tête !"
Dans la deuxième moitié du mois d'août 1641, seize galères turques chargées
de soldats et de munitions arrivent à Azov et les hostilités reprennent avec plus de
violence. Sans trêve ni repos, 17 jours de suite, les Ottomans mènent une attaque
désastreuse. Les unités turques se remplacent sans cesse. Appuyés par un feu
violent d'artillerie, des milliers de janissaires montent à l’assaut.
C'était un engagement le plus dur pendant toute la période du siège. La
forteresse a subi de destructions importantes, ses tours ont été démolis et la muraille
extérieure a été rasée jusqu'au sol. Mais les Cosaques ont réussi à repousser cet
assaut. On peut s'étonner du fait que les défenseurs fussent encore vivants après ces
bombardements infernaux. Exténués, malades, couvert de blessures, ils continuaient
à opposer une résistance opiniâtre en se battant au milieu des décombres où
s'entassaient les cadavres. Après avoir subi de lourdes pertes en hommes et en
matériel, le commandement turc s'est vu obliger d'interrompre les attaques. Malgré
trois mois du siège, les assauts demeuraient infructueux et le repli devenait de plus
en plus inévitable.

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Les Ottomans essaient même de payer une rançon pour faire les Cosaques quitter
la forteresse. Ils proposent de verser 300 thalers et 200 roubles d'or pour chacun de
défenseurs. Mais les Cosaques refusent avec mépris. Cette opposition obstinée
a épuisé les deux adversaires. D'après la légende, les Cosaques résolvent de se battre
jusqu'au bout et de faire sauter la forteresse pour ne pas se rendre vivants lorsque leurs
forces seraient épuisées. Le "Récit poétique" nous parle de l'état épouvantable dans
lequel les défenseurs se trouvaient : "nos yeux sont brûlés par les feux, nos jambes ne
nous portent plus et nos mains affaiblies ne peuvent plus tenir les armes".
L'ataman Ossip Petrov décide de donner le dernier combat contre les Ottomans.
Les Cosaques veulent vaincre ou mourir. Et ils fixent la date - le 26 septembre
1641. Selon une vielle tradition, à la veille de la bataille décisive, les Cosaques ont
mis des vêtements propres et ils se sont réunis pour se dire adieu.
Le jour venait à peine de poindre, mais la garnison cosaque était déjà prête
à se jeter à l'attaque. Cependant, après avoir ouvert les portes de la citadelle, ils
ont eu la surprise de trouver les positions ennemies complètement abandonnées.
L'armée ottomane s'était repliée sous le couvert de la nuit. Le siège avait été levé.
Les épidémies, les conditions de vie particulièrement difficiles et les grandes
pertes en hommes, - tous ces facteurs s'additionnaient, provoquant une montée de
la protestation parmi les janissaires. Une grosse mutinerie aurait pu éclater à tout
moment. De surcroît, les premières gelées s'approchaient et il fallait se retirer dans
les quartiers d'hiver car il était impossible d'hiverner en pleine steppe. Le conseil
militaire turc a donc pris la décision de se replier vers le delta du Don où les
Ottomans devaient s'embarquer pour Constantinople. Grâce aux riches expériences
militaires, à la bravoure et à une volonté d'acier, les Cosaques ont vaincu. Mais cette
victoire a coûté trop cher à deux parties du conflit. Presque 3000 Cosaques ont été
tués. Quant à l'armée ottomane, elle a perdu environ 70000 soldats de son effectif.
Ayant défendu la forteresse, les Cosaques proposent au gouvernement russe de
prendre sous son protectorat la région d'Azov. Pour débattre cette question, au
mois de janvier 1642, le tsar convoque le Conseil de la Terre russe (Zemski Sobor).
Les débats durent presque quatre mois, mais finalement, la majorité de ses
membres se prononce contre la proposition, car ils voulaient surtout éviter la
guerre avec l'Empire Ottomane. Le 30 avril 1642, le capitaine des cosaques
Rodionov et un gentilhomme Mikhaïl Zasetski sont envoyés à Azov pour
transmettre aux Cosaques la réponse du Tsar. Le tsar voulait que les Cosaques
quittassent la forteresse et qu'ils se repliassent sur le Don.

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Privés de tout appui de la part de Moscou et face à l'absence de perspectives
d'une lutte ultérieure, ils se soumettent à cet ordre. Le 28 mai 1642, les Cosaques
et les membres de leurs familles quittent la forteresse. En guise des trophées de
guerre, ils prennent avec eux les canons, les vantaux des portes de la muraille et
un gros peson en fer forgé. Toutes ses reliques se conservent actuellement au
musée de Starotcherkassk. Selon une ancienne tradition, le vainqueur est celui, qui
ouvre les portes de la forteresse. Et quand les Ottomans sont revenus en Azov en
été 1642, ils ont retrouvé une muraille nue, privée de ces portes ; ce qui était très
désobligeant pour une armée renommée. L'armée ottomane a repris le contrôle de
la forteresse et les fortifications ont été totalement reconstruites. Depuis cette
reconquête, la Porte a engagé une politique très offensive dans la région.
Vous avez connu les principaux événements qui avaient eu lieu pendant le
siège d'Azov. Les détails des campagnes menées par le Pierre Ier vous allez
apprendre lors de la visite du "Magasin à poudre". Il s'agit d'un ouvrage d'art
militaire datant du XVIIIe siècle qui se trouve au centre de la forteresse.
En 1996 à l'occasion du 300e anniversaire de la seconde campagne de Pierre
Ier, un panneau en haut-relief a été installé sur le versant du rempart auprès de la
porte Alexéevski. Elle représente Frans Timmerman, un ingénieur d'origine
hollandaise, qui était un spécialiste renommé de la construction navale. Il tient le
plan de la forteresse ouvert sur ses genoux. L'auteur de ce panneau est Sergueï
Olechnya. Après être passé sous la voûte de la porte Alexéevski, nous nous
trouvons devant le bas-relief qui représente le comte Fiodor Alexeïevitch
Golovine, le feld-maréchal et le diplomate russe sous le règne de Pierre Ier. Ce
bas-relief a été érigé en 2007. Il est l'œuvre de deux sculpteurs : S. Olechnya et
A. Dementiev.
Lors du 350e anniversaire du siège d'Azov, la Croix de Sacrifice, réalisée par
l'architecte en chef Fomenko, a été montée au pied du rempart donnant sur le Don.
La Croix est revêtue de basalte. Au pied de la Croix gisent deux plaques en fonte
qui portent les noms des défenseurs combattant pour la forteresse pendant le siège
du 1641.
Les livres commémoratives (appelés aussi les Synodikons) existaient depuis
le règne de Mikhaïl Fiodorovitch. Parmi d'autres noms, ils renfermaient aussi les
noms des Cosaques morts en défendant la forteresse pendant le siège du 1641.
Deux de ces anciens Synodikons, celui de Vladimir et celui de Rostov, sont venus
jusqu'à nous.

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Sur la descente menant à la gare fluviale se trouve un monument commémoratif
aux anciens combattants volontaires qui luttaient contre l'Allemagne nazie
pendant la Seconde guerre mondial. C'est à cet endroit-ci, dans l'ancien
bâtiment d'administration du kolkhoz de pêcheurs, se trouvait l'état-major des
combattants. Nous pouvons voir un monolithe en pierre naturelle sur lequel est
apposée une plaque commémorant ces événements. Ce monument a été inauguré
le 4 février 1983.
Magasin à poudre
La forteresse d'Azov était autrefois dotée de quatre magasins à poudre dont
trois se trouvaient auprès des bastions et le quatrième était placé près de la porte
Alexéevski. Le magasin à poudre situé auprès du bastion de Sainte Anne s'est
conservé jusqu'à nos jours. Il avait été construit en 1799. Ensuite, en 1807, une
armurerie y a été aménagée. Il s'agit d'un ouvrage d'art solide à double paroi. La
chambre de stockage a une longueur t de 23 m, la largeur de 9m et sa hauteur totale
atteinte 9 m. Ses fondations sont enfoncées dans le sol à une profondeur de 5 m.
La surface utile est de 173 m2. L'épaisseur de ses parois en pierre coquillière va
jusqu'à 1,5 m. Le système de ventilation permet de maintenir une température
constante, alors la comparaison à un thermos s'impose facilement. Les murs et la
voûte externes sont construits en briques rouges. La voûte est protégée par une
couche de terre mise sur ses dessus. Une porte massive en fer forgée sert d'entrée.
Le dallage en pierres naturelles posées en épi couvre le sol. Les murs sont appuyés
de chaque côté par cinq contreforts. Il y a 10 puits de ventilation ; les fenêtres ont
été aménagées en 1809. La chambre de stockage pouvait contenir jusqu'à
60 tonnes de poudre.
Ce magasin à poudre est le seul ouvrage d'art conservé au sud de la Russie
dont l'origine remonte à la période du règne de Catherine II. Quant aux forteresses
de Rostov et de Taganrog, elles sont déjà complètement rasées. Le diorama réalisé
par Arséni Tchernychev a été installé à l'intérieur du magasin à poudre en 1967.
C'est une partie didactique de l'exposition qui reconstruit l'histoire des Cosaques
du Don et les campagnes d'Azov menées par Pierre Ier.
Après 40 ans d'existence comme musée, le magasin à poudre a subi une
restauration majeure en 2010, après laquelle il a retrouvé son apparence des années
de Catherine II. Une maquette du tumulus avec les stèles kourganes authentiques
(les balbals) se trouve dans la cour intérieure du musée. Devant le magasin
à poudre est placé un canon authentique datant de la fin du XVIII siècle.

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Congrégation de Notre-Dame d'Azov
Il y a y trois églises orthodoxes canoniques situées dans la ville d’Azov :
l'église de la Sainte Trinité, l'église du bienheureux Paul de Taganrog et l'église
régimentaire de Notre Dame d'Azov. Toutes ces églises appartiennent à l'Église
orthodoxe russe du Patriarcat de Moscou. A part cela, on peut trouver dans la ville
d'autres édifices religieux dont certains peuvent représenter des courants non
traditionnels ou même parfois des courants à caractère marginal. Par exemple,
l'église de la Congrégation de Notre Dame d'Azov, située à la descente d'Alexandre
Nevski, appartient à La Vraie Église orthodoxe russe qui est l'une des Églises
orthodoxes non canoniques. Vu sa doctrine de "l'orthodoxie alternative", La Vraie
Église orthodoxe russe est actuellement en conflit avec l'Église orthodoxe russe du
Patriarcat de Moscou et l'Église orthodoxe russe hors frontières. La construction
de cet édifice a été commencée en 1988, mais les travaux d'aménagement ne sont
pas encore terminés. Les architectes du projet sont Fomenko et Gerbilo. La
coupole de cette église est bien visible depuis le rempart Alexéevski.
Place de la gare fluviale
Sur la place de la gare fluviale se trouve le monument commémoratif réalisé
par l'architecte Fomenko. Il a été élevé en 1982. Le monument représente un mur
en grès jaunâtre sur lequel est apposée une plaque portant l'écriteau suivant : "La
ville d'Azov est une ville de la vaillance militaire russe. Ici, au cours des batailles
féroces du 1637-1642 et du 1695-1696, fut forgée la jeune puissance militaire de
la Russie". Deux canons achèvent la composition.
L'urne funéraire, accueillant les cendres de l'écrivain Grigori Mirochnitchenko,
est ensevelie au pied de ce mur. Il s'agit d'un écrivain soviétique assez connu,
originaire de la région. Les romans "Azov" et "Le siège d'Azov" ont été nés sous sa
plume. Il est mort à Moscou, mais peu avant sa mort, il avait exprimé le désir d'être
inhumé à Azov. Ce qui a été accompli en 1984.
En 1941, 300 ans après les batailles menées par les Cosaques du Don, les marins
des Forces spéciales de la Flottille militaire d'Azov se sont montrés dignes de leurs
ancêtres, en combattant bravement contre les envahisseurs nazis. Le monument en
hommage des marins de cette Flottille a été érigé sur la place de la gare fluviale le
09 mai 1975, à l'occasion de 30-e anniversaire de la Victoire sur l'Allemagne nazie.
Une vedette-torpilleur reste à jamais immobilisée dans son mouvement sur un
piédestal en béton. La plaque commémorative dit : "Ton ancre est à jamais mouillé
près de la rive du Don paisible pour rendre mémorable aux générations à venir les
combats sanglants menés par la Flottille militaire d'Azov en 1941–1942". Le
monument est réalisé par les architectes G. A. Stoultsev et A. T. Ivanov.

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La Seconde Guerre mondiale a été particulièrement dévastatrice. Pour la ville
d'Azov, les dommages de guerre ont été évalués à 200 millions de roubles.
L'occupation allemande durait plus de 6 mois. Maisons particulières, usines,
immeubles administratifs, édifices culturels et religieux ont été réduits en état de
décombres. Durant les années d'après-guerre, la ville d'Azov a été progressivement
reconstruite et aujourd'hui, elle est encore plus belle que jamais. La croissance
industrielle s'est déjà entamée aux années 40, avec la construction des usines
d'estampage et des grandes forges. Le début de l'exploitation en 1953 du canal de
navigation Don-Volga a considérablement contribué au développement de la
région. Le port d'Azov pouvait désormais être considéré comme le port de "cinq
mers". En 1957, la ville d'Azov obtient son statut d'unité municipale (ville
à importance régionale), c'est qui lui a permis de développer d'une manière plus
intense son industrie et d'attirer les investissements. Le profil industriel de la ville
se compose aujourd'hui de trois secteurs de production : l'industrie légère, la
construction mécanique et navale et la production d'alimentation. Après la
dissolution de l'Union soviétique, le port d'Azov a récupéré son statut d'un port
d'intérêt international.
Azov d'aujourd'hui
Azov d'aujourd'hui est une ville accueillante avec beaucoup d'espaces verts.
La zone industrielle se trouve en dehors des quartiers habitables.
L'église de la Sainte Trinité
L'église de la Sainte Trinité a été fondée en 1989 quand le métropolite de Rostov
Vladimir avait déposé sa demande de permis de construire à la mairie de la ville.
Selon le projet initial, cette église aurait dû être élevée sur la place de la IIIème
Internationale. Mais finalement, elle a été construite sur le territoire du parc contigu
à la rue Moskovskaïa. La hauteur du bâtiment est de 27 mètres son clocher culmine
à 25,5 mètres. L'architecte Fomenko est l'auteur de ce projet. Les coupoles dorées
ont été fabriquées à Volgodonsk. L'église a été consacrée en 1992 et vouée à la
Sainte Trinité. Son autel sud est voué à l'icône de Notre-Dame de Kazan et son autel
nord - à Saint Serge de Radonège - un thaumaturge et protecteur de toute la Russie.
Conclusion
Le nom d'Azov est un nom célèbre. Port méridional, forteresse de Pierre Ier,
ville de la gloire militaire russe, point de jonction entre l'Europe et l'Asie. Son
histoire mouvementée remonte à plus de 2 millénaires. La position géographique

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à l'intersection des routes caravanières et au centre du delta du fleuve navigable
rendait cette ville très convoitée par un grand nombre de conquérants. Aux XIII et
XIVe siècles, la région d'Azov était contrôlée par la Horde d'or, c.à.d. par l'Empire
turco-mongol. Une ville fabuleuse de la Route de la Soie et un champ de
confrontation des Génois et des Vénitiens. Les grandes puissances se disputaient
assidûment ce morceau de terre qui donnait accès aux mers chaudes.
En 1745, après la conclusion du traité de Koutchouk-Kaïnardji, la région
d'Azov ainsi que la zone côtière du sud-est de la mer d'Azov ont été jointes
à l'Empire russe. Le territoire était peuplé par des Russes, Ukrainiens, Cosaques
du Don, Moldaves, mais aussi Arméniens et Grecs pontiques. La plupart des
villages et des hameaux existant jusqu'à nos jours avaient été fondés au cours des
décennies entre 1780 et 1830. Avant l'année 1888, la région d'Azov faisait partie
de la vice-royauté d'Yekaterinoslavl, ensuite son territoire a été rattaché à la
Région des Cosaques du Don. La population se livrait à la pêche et à la préparation
du poisson, mais surtout à l'agriculture.
Dans la deuxième moitié du XIX e siècle, la région devient un fournisseur
important de blé sur le marché intérieur et elle approvisionne aussi plusieurs pays
voisins. La vocation commerciale du port d'Azov prend son nouvel essor avec la
construction du chemin de fer en 1911. Après les bouleversements du XXe siècle,
la ville d'Azov reçoit le statut d'unité municipale et se transforme en ville
industrielle.
Aujourd'hui, plusieurs objets géographiques portent le nom de ce célèbre
exploiteur, à savoir : un détroit et un glacier de la Terre François-Joseph, une baie
de la Nouvelle-Zemble, une île de l'archipel de La Terre du Nord, une montagne
et une péninsule de l'Antarctique.
En l'an 2000, Thor Heyerdahl, archéologue et navigateur norvégien
mondialement connu, vient dans la région d'Azov pour y réaliser les fouilles
archéologiques. Il échafaude une hypothèse selon laquelle il existe un certain lien
entre la région d'Azov et les pays nordiques. Son raisonnement est basé sur les
sagas scandinaves. D'après l'idée originale de Heyerdahl, le dieu principal de la
mythologie nordique Odin était un personnage réel de l'histoire antique. Il était
chef de la tribu des Ases qui ont donné le nom à la ville d’Azov : "As-hof", c.à.d.
"le temple du sacrifice de la tribu des Ases". Ensuite, au Ie millénaire avant notre
ère, étant chassés par les Romains, Odin et la moitié de sa tribu ont dû monter
vers le nord.

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Près de 8 fouilles préliminaires ont été réalisées par l'équipe de Heyerdahl en
plein cœur de la ville d'Azov. Le nombre d'artefacts trouvés était plus de 35 mille
pièces. Il s'agissait surtout de la céramique, des monnaies en bronze et des fragments
d'amphores. Toutes ces trouvailles sont typiques pour la couche culturelle datant de
cet âge. Aujourd'hui, ces objets archéologiques se conservent dans le musée d'Azov.
Thor Heyerdahl est mort en 2002 sans avoir fini ses recherches.
Sa mission portait une idée perceptible de l'humanité universelle. Le chercheur
soutenait toujours l'opinion que l'humanité est unie par une histoire commune et
qu'en brassant les cultures, on s'enrichit mutuellement. Sa longue et heureuse vie
est un bon exemple de l'optimisme humaniste et du courage scientifique. Thor
Heyerdahl se passionnait toujours pour l'étude de l'expansion de l'homme à travers
le monde et s'intéressait vivement à l'interaction de l'homme dans le contexte des
cultures différentes. Les résultats des fouilles à Azov semblaient corroborer ses
hypothèses. Il disait souvent : "Je connais beaucoup de sites archéologiques où on
peut trouver des céramiques iraniennes, des porcelaines chinois ou des majoliques
italiennes. Mais je n'en connais pas d'autre, où tous ces artefacts sont concentrés
tous ensembles et en telle abondance". Aux années 2000 et 2001, Thor Heyerdahl
dirigeait l'expédition archéologique russo-norvégienne et il a réalisé deux saisons
de fouilles à Azov. Il aimait à répéter : 'Vvous ignorez la vraie valeur de la terre
que vous piétinez chaque jour''.
Le nom du poète nogaï Dosmambète n'est connu aujourd'hui qu'au sein d'un
cercle restreint de spécialistes de poésie orientale. Son recueil poétique a été publié
pour la première fois à Saint-Pétersbourg en 1883. "La poésie d'un guerrier
mourant" - c'est ainsi que le peuple de son époque percevait la vision poétique
propre à Dosmambète. Une tragédie personnelle a profondément marqué toute la
vie du poète. Il est né au début du XVI siècle dans une famille nobiliaire d'un
féodal nogaï. Ayant reçu une formation traditionnelle, il est devenu non seulement
un guerrier émérite, mais aussi un patriote ardent de sa ville natale. Une profonde
affection pour sa ville adorée est un thème que l'on trouve souvent dans ses poésies :
En quoi ma ville natale
Cède aux gros bourgs ottomans ?
Est-ce que je monte à cheval
Moins aisément qu'un jeun sultan ?
Pour son amour et son dévouement absolu à Azov, il a été surnommé
"Dosmambète Azavly", ce que veut dire "Dosmambète, le fils de sa ville d'Azov".
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