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Файл:Au pays des cosaques du Don. Учебное пособие по лингвострановедению на французском языке
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MODULE IV. AZOV OU AZAQ, LA VILLE DÉSIRÉE
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de batailles innombrables menés par des générations de Cosaques, elle est devenue
maintenant la capitale de l'Armée cosaque. Ici siégeait l'Ataman, se réunissait le
Conseil général et se présentaient les ambassadeurs. C'est d'ici que les Cosaques
partaient pour leurs raids navals et terrestres. Depuis l'an 1637 jusqu'à l'année
1642, la ville d'Azov était la capitale de Cosaques du Don. Mais les Ottomanes ne
pouvaient oublier leur défaite ignominieuse et laisser tranquillement la ville aux
mains des Cosaques. En 1641, les Turcs assiègent la forteresse. Ainsi commence
une défense stoïque d'Azov dont les détails vous allez apprendre sur les remparts
d'Azov situés dans la zone historique où nous nous dirigeons maintenant en
prenant la rue Moskovskaïa.
Après le retour de la forteresse d'Azov en possession ottomane, l'intérêt
militaire pour cette région ne faiblissait pas. Pierre le Grand lui accordait une
attention particulière. En 1695 et 1696 il réalise deux campagnes d'Azov qui
apportent la gloire aux armes russes et donnent naissance à la future Marine
impériale. Malheureusement en 1711 ; la forteresse d'Azov a de nouveau été
rendue aux Turcs, mais elle devient définitivement russe après la conclusion du
traité de Koutchouk-Kaïnardji qui a mis fin à la guerre russo-turque de 1768-1774.
Depuis l'année 1782, la ville d'Azov faisait partie l'ouïezd de Taganrog
subordonné au gouvernement d'Azov. Mais en 1783 la Crimée est jointe à l'Empire
russe et cet événement change totalement l'organisation administrative de toute
la région. En 1784, la vice-royauté d'Yekaterinoslavl incorpore trois unités
territoriales importantes : la Crimée, le gouvernement de Novorossiya et celui
d'Azov. Quant à l'ouïezd de Taganrog il s'appelle désormais l'ouïezd de Marioupol
et la forteresse d'Azov sert d'une fortification de réserve sur la Ligne défensive
Azov-Mozdok. En 1796 Paul I supprime la vice-royauté d'Yekaterinoslavl; devise
l'Empire en 42 gouvernements et il refonde le gouvernement de Novorossiya. La
forteresse d'Azov se rattache à l'ouïezd de Rostov, mais les questions civiles sont
toujours traitées par la mairie de Taganrog. Quoique la frontière russo-turque passe
déjà par le fleuve Kouban, loin de la citadelle, la forteresse d'Azov reste une
fortification d'appui pour l'Armée de Kouban. En 1810, après une expansion
territoriale de l'Empire russe, la forteresse perd son intérêt stratégique et elle est
supprimée par la Décision du Sénat. La ville d'Azov devient dorénavant une
commune (un possad). Suivie des membres de ses familles et du personnel adjoint,
la garnison quitte à jamais la forteresse. En 1816 la population de la commune
comptait 1667 habitants.

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La célèbre place forte, qui contrôlait toute la région au sommet de sa gloire,
elle a cessé son existence. Les installations militaires telles que casernes, magasins
à poudre, postes et remparts ont cédé la place aux constructions civiles. Et bientôt,
seuls les vestiges des remparts, deux portes et un vieux magasin à poudre pourrait
prouver l'existence de la forteresse qui était la pomme de discorde entre la Russie
et La Sublime Porte environ deux siècles durant.
A la fin du XVIII - début du XIXe siècle autour de la commune d'Azov
s'étendaient les terres fertiles non labourées. Pour stimuler le développement
économique de la région, le gouvernement procède à un lotissement des terres.
Des lopins de terre sont octroyés aux militaires mérités, hobereaux russes et colons
grecques et allemands. Ils commencent à cultiver le blé d'hiver qui était très
apprécié sur le marché mondial. La région sous-jacente à la commune comptait
33 villages peuplés par de 10000 paysans. Le plus grand propriétaire terrien était
Katon Shabelski. Les commis-voyageurs achetaient le blé chez les propriétaires et
le transportaient jusqu'aux dépôts de céréales. La commune d'Azov ressemblait
à un village provincial aux petites maisonnettes basses éparpillées d'une manière
chaotique sur les ruelles sinueuses. Il gardait la même apparence jusqu'à l'année
1888 quand la commune a été rattachée à la Région des Cosaques du Don. Une
certaine accélération des échanges s'est fait sentir vers la fin du XIXe siècle. Le
développement du commerce, l'apparition dans la région des marchands et des
employeurs, tout cela changeait progressivement le visage de la commune. Selon
les mémoires des contemporains, la commune d'Azov était un coin perdu où la vie
s'animait uniquement pendant la période de navigation. En l'absence de lignes
ferroviaires, la liaison avec la ville de Rostov a été assurée soit par les navires
à vapeur, soit par le transport hippomobile. Une avenue et les trois rues seulement
bénéficiaient de l'éclairage public avec les becs à huile. Mais ces derniers ont été
régulièrement volés pendant la nuit. Un inspecteur et quelques officiers de police
représentaient le pouvoir municipal. Les routes de la commune étaient
difficilement praticables.
La rue qui mène vers le centre historique s'appelle Moskovskaïa. C'est ici que
commençait la Grande Route de Moscou par laquelle les Cosaques expédiaient
à la capitale leurs "délégations spéciales" portant les suppliques adressées au Tsar
pour faire reconnaître la région d'Azov comme partie de l'Empire russe. Autrefois,
en prenant la Grande Route, on pouvait atteindre Rostov en un seul jour. Cette rue
abrite aujourd'hui quelques bâtiments historiques. L'un d'eux vous pouvez voir

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à votre gauche, il se situe presque en face du Parc des aviateurs où se trouve le
monument aux pilotes de 248ème régiment d'aviation. Le monument en béton
représente un avion léger dit "faucon" qui était très usité pendant la Seconde
Guerre mondiale. Au pied de ce monument gît une dalle en marbre noire où sont
gravés les noms des aviateurs morts pour la Patrie : Koulaguin, Boudnikov,
Simonov.... Une authentique hélice d'avion couronne cet écriteau commémoratif.
Les auteurs du monument sont ingénieurs locaux Radkévitch et Tcheklya.
L'ancien lycée primaire se trouve aussi à votre gauche. Ce bâtiment sans étage,
en briques rouges et aux fenêtres ornées d'un décor blanc, a été construit au
XIXème siècle. La commune d'Azov disposait de 8 établissements d'enseignement
secondaire dont deux lycées primaires (féminin et masculin) offraient une
formation payante qui n'était accessible qu'aux enfants issus des ménages riches.
Les moins fortunés se contentaient d'une éducation plus simple qu'ils pouvaient
acquérir dans de diverses écoles professionnelles. En 1900, les établissements
d'enseignement de la ville d'Azov comptaient en totalité 818 élèves dont
621 garçons et 197 filles. Vers la fin du XIXème siècle, la population de la
commune d'Azov s'élevait à 25 085 habitants, on comptait 15 familles nobles,
10 familles cosaques, 135 familles paysannes et 236 5 familles bourgeoises.
Il s'agissait donc d'une forte prédominance de la bourgeoisie dans le profil social.
Dans la commune fonctionnaient 459 établissements industriels et commerciaux
parmi lesquels on peut citer 5 fabriques de briques, une usine de bougies, deux
usines de délainage, une laiterie, trois distilleries, deux usines de saucisses ;
21 moulins à farine dont un mû par la vapeur.
La Banque Publique d'Azov fonctionnait sur le territoire de la commune depuis
l'année 1881. Au centre-ville se trouvait un beau Jardin de Ville où faisait sa
promenade habituelle "un public de mœurs décents". Dans un club commercial se
réunissaient les marchands pour jouer aux cartes. Les petits fonctionnaires et les
bourgeois ordinaires passaient leurs moments de détente aux salles de billard. Les
tavernes et les cabarets proposaient leurs distractions aux classes défavorisées.
Mais comme partout en Russie à la fin du XIXème siècle, le combat à mains nues
était un divertissement le plus populaire de tous les pauvres. De nos jours, la rue
Moskovskaïa est l'une des plus belles des rues de la ville d'Azov. Plus longue
qu'autrefois, élargie et bordée de bâtiments à plusieurs étages, elle fait partie de
l'axe compositionnel de la ville. Aujourd'hui la rue est bitumée, mais à la fin du
XIXème siècle, c'était la seule rue pavée de la ville.

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Le centre contemporain du vieil Azov
Le bâtiment de l'Hôtel de Ville a été construit en 1892. Il se trouve à l'intersection
de la rue Moskovskaïa et du Petrovski boulevard. L'ingénieur F. N. Gauzenbaum
est l'auteur du projet. Ce bâtiment aux formes originales est bien conservé jusqu'à
nos jours. Vous pouvez voir sa façade élégante en vert et blanc, ainsi que les deux
tours de hauteur différente qui supportent les flèches. L'une de ces tours est ornée
de l'horloge et elle servait autrefois de tour de guet. La mairie siégeait au 1er étage.
Le rez-de-chaussée était souvent loué aux marchands ; c’est là que se trouvaient
les diverses boutiques et la Banque du crédit mutuel. La prison se situait dans le
sous-sol du bâtiment. La mairie s'occupait de la gestion urbaine : son personnel
était responsable de la planification du territoire, du pavement et de l'éclairage des
rues, ainsi que de la gestion du parc immobilier.
De nos jours, ce bâtiment abrite le Musée-réserve historique, archéologique et
paléontologique "Azov". Le musée conserve l'histoire et la gloire passée de la ville.
C'est un centre d'éducation et de la recherche. Le musée dispose de 3 succursales :
"Le Magasin à poudre", "Le musé mémorial de RL Samylovitch" et "La salle
d'exposition " Le Mécène ". Toute une variété d'objets fait partie des collections
muséales : artefacts archéologiques, objets numismatiques et ethnographiques,
spécimens paléontologiques. Le musée expose et conserve une riche collection de
l'or des Sarmates. Les objets rarissimes tels que des bijoux en or, des éléments du
harnais, des pièces de vaisselle et des armes ont été trouvés lors de fouilles
archéologiques de tumulus antiques au sud de la Russie. Tout ce trésor magnifique
fait indiscutablement partie du patrimoine mondial.
Le squelette d'un mammouth méridional, datant de 600 mille ans et ayant une
hauteur de 4,5 m, a été découvert aux alentours d'Azov en 1964. Cette trouvaille
est unique en Russie, et elle est aujourd'hui une pièce d'exposition la plus grosse
et la plus visitée de tous les musées. Le musée possède un autre spécimen unique
en Russie. Il s'agit du squelette d'un Dinotherium géant datant de 7 à 9 Millon
d'années. Les collections du musée ont été exposées avec succès à l'étranger – au
Japon, en France, en Suisse, en Ecosse, en Autriche et en Allemagne. Auprès du
musée fonctionnent un atelier de restauration (métaux, céramique), un laboratoire
de taxidermie et une bibliothèque scientifique regroupant plus de 21 000 volumes.
Tous les visiteurs gardent un bon souvenir de notre ville ancienne et toujours jeune.
En face de la mairie, à l'adresse rue Moskovskaïa 23, au coin de la rue, se
trouve un bâtiment remarquable dont le toit facetté ressemble à une coupole

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d'église. La coupole est vêtue de fer blanc et elle supporte la flèche surmontée
d'une girouette portant la date de construction du bâtiment – 1912. Ses balcons en
fer forgé sont du style Art Nouveau. Son étage supérieur était utilisé autrefois
comme espace de vie, tandis qu'une boutique se trouvait au rez-de-chaussée. Cette
maison est connue aujourd'hui sous le nom de "Maison des Kovalev".
Les Galeries commerciales (rue Moskovskaya; 21)
Parallèlement à la construction de la maison des Kovalev, sur la place du
marché, ont été élevés deux bâtiments symétriques rectangulaires dont les murs
latéraux donnent sur la rue Moskovskaia. Ce sont les Galeries commerciales qui
achèvent la composition architecturale du centre-ville. Pour faciliter les achats,
une circulation circulaire des visiteurs était prévue à l'intérieure des bâtiments.
Pendant les travaux de construction en 1911, un dépôt de monnaies d'argent datant
de la période ottomane a été découvert. Le mélange de différents styles donne
à cette partie de la ville une apparence singulière et crée un merveilleux ensemble
architectural.
En face du Musée régional se trouve le monument dédié au premier
généralissime russe Alexandre Chéine qui était le camarade-militant de Pierre
Ier au cours de ses campagnes d'Azov. L'inauguration du monument a eu lieu le
12 juin 2009. Le projet a été initié par un représentant de la famille de Chéine
et financé par sa fondation privée avec le concours de l'administration
municipal. Les auteurs du monument sont deux artistes méritoires de la Russie :
Mokroussov VA m Lushnikov MO. Le généralissime en bronze regarde la ville
pour laquelle il s'était tellement battu.
Le chef des armées Alexeï Sémionovitch Chéine était issu d'une vieille souche
nobiliaire des boyards de Moscou. La légende familiale veut que la famille de
Chéine soit descendante d'un originaire prussien Mikhaïl Prouchénine qui s'était
engagé au service russe pendant le règne du grand-prince Alexandre Nevski. Tout
au long de son service, le boyard A. S. Chéine était obligé de prouver sa loyauté
personnelle et de défendre l'honneur de sa famille. Il a débuté sa carrière comme
sommelier des nappes : il gérait la distribution des boissons et s'occupait des tables
de tsar lors des festins et des réceptions solennelles. Il accompagnait Pierre Ier
pendant ses périples entre monastères et villages. En bref, Chéine prenait une
part active à la vie de la Cour. En même temps, on le trouve mentionné dans
les documents de l'époque comme sommelier de chambre de Pierre Ier. De
1680 à 1682, Chéine était gouverneur militaire à Tobolsk. Il s'agissait d'un post

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important car le gouverneur militaire de Tobolsk, c'était une personne qui régissait
toute la Sibérie. Parmi les points les plus connus de sa carrière, on peut citer :
protection de la famille tsarienne pendant la révolte des streltsi, participation au
renversement de la tsarine Sophie Alexeïevna, participation aux campagnes de
Crimée menées par Pierre Ier. Pour la deuxième campagne d'Azov, Chéine s'est vu
octroyé le titre de généralissime, une médaille d'or, une coupe précieuse et un
cafetan en brocart doublé en fourrure de zibeline.
Alexeï Sémionovitch était un grand propriétaire foncier, il possédait, entre
autres, une propriété située au centre de Moscou à Kitaï-gorod et une maison de
campagne au village Pokrovskoïe. Le premier généralissime russe est décédé
à l'âge de 48 ans, le 12 février 1700. Il a été enterré à la Laure de la Sainte TrinitéSaint-Serge qui se trouve dans la ville de Serguiev Possad. La ligne directe des
boyards Chéine s'est éteinte avec les fils du généralissime. On ne retrouve
aujourd'hui que les descendants issus des lignes collatérales de la famille. Alexeï
Sémionovitch se marie deux fois, mais son fils de la première noce décède bientôt
après la naissance ; et son héritier du second lit mort à l'étranger pendant les études
dans une école navale.
L'État-major de l'armée russe a soutenu l'idée de représentants de la famille de
Chéine d'ériger deux monuments (à Moscou et à Azov) et de restaurer le tombeau
de leur illustre aïeul.
Le monument dédié à Pierre Ier
Le monument dédié à Pierre Ier a été érigé sur le boulevard Petrovski le
19 juin 1996 à l'occasion du 300e anniversaire de la Flotte russe et de la conquête
d'Azov. La statue de Pierre le Grand est faite en bronze, elle a été coulée par la
fonderie d'art à Mytichtchi (région de Moscou). Elle est montée sur un piédestal
monolithe, formé par un bloc de granite. La hauteur du monument est de 5 m, la
statue elle-même mesure 3m 20. On voit le jeune tsar en pourpoint et en bottes
fortes, avec une épée accrochée à sa ceinture. Il s'appuie sur un mortier tout en
regardant dans la direction de la forteresse d'Azov et du fleuve, là où jadis
mouillaient les premiers navires de la Flottille russe. Au pied du monument vous
pouvez voir les copies des canons faites d'après les originaux du XVII siècle. Le
monument est l'œuvre de deux artistes méritoires de la Russie : Oleg Komov et
Arkadiy Kovaltchouk.
Pierre le Grand rêvait de faire de la Russie une puissance navale. A la fin du
XVIIe siècle, la Russie menait une politique étrangère active. Ayant signé le traité

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de "Paix éternelle" avec la Pologne, la Russie rejoint la ligue anti-ottomane qui
regroupait déjà l'Autriche, la Pologne et la cité-état Venise. Pour protéger ses
frontières et assurer un développement économique stable, la Russie avait besoin
d'un port maritime au sud du pays. La forteresse d'Azov était le seul point qui
répondît à tous les besoins à la fois.
En 1695, le jeune tsar envoie son armée à la conquête d'Azov, mais cette
expédition échoue puisque sans soutien naval, il était impossible de réaliser un
blocus effectif de la forteresse. Pour conquérir Azov, Pierre avait besoin des
navires et il ordonne la construction d'une flotte de guerre. Pour cela, il établit de
chantiers navals à Voronej, où 28 mille charpentiers construisent pendant l'hiver la
première flotte russe. La flottille comptait deux galéasses, 23 galères, 4 brûlots,
1300 barques, 30 chaloupes canonnières et 100 radeaux. Il s'agissait donc d'un
groupement naval assez important.
En 1696, Pierre Ier refait le siège d'Azov. Il bloque complètement la citadelle
turque par terre et par mer. Les navires placés dans l'estuaire du Don coupent toutes
les voies de communication maritime tandis que l'armée assiège la forteresse par
terre. Le 18 juin 1696, les Ottomans capitulent sous la pression des forces russes.
L'utilité de la flotte de guerre était à tel point évidente que le 20 octobre 1696,
Pierre Ier signe le décret proclamant la création de la Marine russe. La prise d'Azov
avait une grande importance stratégique. Ceci donnait un passage aux mers
chaudes et créait un point d'appui sur les territoires frontaliers au sud du pays. La
glorieuse conquête contribuait également au prestige de la Russie et de celui du
jeune tsar. A ce moment-là, Pierre Ier était âgé de 24 ans.
Les travaux de reconstruction ont été entrepris sans tarder. Antoine de la
Valle, un officier du génie d'origine française, était chargé de la construction de
l'Amirauté et de l'aménagement du port. Des vastes ressources humaines couplées
aux énormes efforts déployés par le gouvernement ont permis de réaliser la
construction des fortifications dans les plus brefs délais. Il faut dire que les
conditions de travail étaient extrêmement dures, parfois la peine de mort a été
remplacée par les travaux forcés à Azov.
Le port se trouvait en face de la forteresse d'Azov. Entouré d'un large fossé
rempli d'eau, le port ainsi que la forteresse d'Azov étaient protégés du nord par le
"fortin de Saint Pierre". Ce fortin devait son nom à l'apôtre Pierre et il servait d'un
point complémentaire sur la ligne défensive côtière. Le port abritait 14 navires de
combat, quelques voiliers et petits bateaux de rivière.

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Pour assurer une navigation régulière entre Voronej, Taganrog et Azov, Pierre
Ier ordonne d'enseigner "l'art nautique" aux résidents de la région. En 1698, il
ouvre une école navale auprès de la forteresse. Les officiers brevetés sont ensuite
affectés à la flottille d'Azov. Dans le but de joindre par une voie navigable le centre
de la Russie et ses régions méridionales, Pierre Ier ordonne la construction d'un
canal de navigation qui aurait dû relier la Volga au Don. Les travaux ont été
commencés entre 1701 et 1702, mais ils n'ont jamais été finis. Selon le projet du
tsar, la ville d'Azov aurait dû devenir un grand centre politique et commercial au
sud du pays.
En 1711, après la défaite de l'armée russe et la signature du traité de Pruth, la
Russie restitue la forteresse d'Azov à l'Empire ottomane. En revanche, les
Ottomans s'engagent de ne plus soutenir le roi suédois Charles XII et de le
renvoyer du territoire de l'Empire ottomane. Ayant perdu la forteresse d'Azov et
celle de Taganrog, la Russie se trouve de nouveau privée d'accès aux mers
chaudes. En 1736, l'armée russe, avec le maréchal Peter de Lacy à sa tête,
reconquiert la forteresse d'Azov après six semaines de siège. La citadelle devient
une base navale de la Russie. Mais en 1739, conformément aux dispositions
du traité de Belgrade, la Russie s'est vue obligée de démanteler toutes les
fortifications situées dans la région d'Azov. La garnison quitte la forteresse et les
bastions sont démolis. En 1768, l'armée russe revient et les fortifications d'Azov
sont rebâties sur ses propres vestiges. En 1774, la paix scellée à KoutchoukKaïnardji stipule le droit absolu de l'Empire russe de posséder le territoire. La
dispute entre la Russie et l'Empire ottomane a été finie par le triomphe russe.
L'impératrice Catherine II fonde le gouvernement d'Azov. Mais c'était Pierre le
Grand qui avait écrit les premières pages de gloire de l'Armée et de la Marine
impériale.
La ville d'Azov peut être considérée comme étant le berceau de la flotte russe.
Le 300e anniversaire de la Marine russe a été largement fêté dans la région .
Le 19 et le 20 juin 1996, plus de 10000 habitants se sont réunis sur la place de la
IIIème Internationale qui se trouve derrière les Galeries commerciales et s'appelle
aujourd'hui "place Petrovskaïa". Les célébrations de grandes dates de l'histoire
militaire russe sont devenues traditionnelles. Les festivités se déroulent
habituellement sur la place Petrovskaïa, qui portait avant la révolution de 1917 le
nom de "place du Marché". Au temps jadis, c'était le lieu de commerce où se
trouvait un ancien marché de la ville d'Azov.

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Pour la première fois, la décision d'un réaménagement important de la place
Petrovskaïa avait été prise à l'occasion du 900e anniversaire de la ville. Le monument,
représentant Lénine à la tribune, a été inauguré le 30 avril 1978. La statue est orientée
dans la direction du Don et elle est bien visible dans le paysage littoral. Le monument
est constitué de granite rose provenant d'Azerbaïdjan. La hauteur totale du monument
est de 11 m, la statue de Lénine mesure 5m 50. Le monument est l'œuvre de trois
architectes méritoires : Peterbougtsev, Stepanov et Orekhov.
A proximité du monument de Lénine, se trouvent deux immeubles en fer et en
béton : le Centre commercial "Azov" et l'hôtel "Amaks-Azov" à plusieurs étages.
Les petites sculptures situées dans le parc donnant sur la place Petrovskaïa doivent
leur origine à l'imagination des artistes qui se sont réunis à Azov pour participer
au Symposium de sculpture organisé à la fin du XXe siècle. Les sculpteurs venus
de plusieurs villes de la Russie travaillaient sur la thématique historique. Onze
blocs de grès apportés de onze villes de la Russie ont été transformés en sculptures
historiques ou mythologiques : une Vénus scythe, un Cosaque prenant le repos, un
trône, un sablier, un dragon magique, un Neptune, un pélican, un scarabée.
L'escalier descendant vers le Don relie la place Petrovskaïa à la zone de récréation.
Elle s'appelle la descente Alexandre Nevski. Au début cette descente se trouve un
point de vue (un panorama) depuis lequel on voit le Don et la zone de récréation. La
descente se termine par un pont suspendu sur la rivière Azovka. Le pont à haubans
a été inauguré en 1965. Au milieu des années 80, cet ouvrage a subi d'importantes
réparations : ses haubans ainsi que son tablier ont été compétemment renouvelés.
Ensuite, après plusieurs années d'exploitation, le pont a été jugé dangereux. En 2014,
l'original a été remplacé par un nouveau pont. Il s'agit aujourd'hui d'un joli ouvrage
à haubans s'appuyant sur deux piles en béton. Plus long et plus large que l'ancien, le
nouveau pont offre un accès facile aux personnes handicapées. Le nouveau pont a été
inauguré le 1 septembre 2014 et il a reçu le nom officiel de pont "Le Cygne blanc".
La rue Dzerjinski débouche sur la place Petrovskaïa. Au début du XXe siècle,
au commencement de cette rue se trouvait le Jardin de Ville qui a été abattu
pendant l'occupation allemande. "Le Palais des Enfants" se trouve aujourd'hui à sa
place. "Le Palais des Enfants" est l'endroit où les petits habitants d'Azov viennent
s'initier aux arts et aux métiers. Pendant la construction du Palais en 1970, les
ouvriers ont découvert une couche culturelle datant du premier millénaire de notre
ère, qui atteint une épaisseur de 5 m. Le matériel archéologique était assez riche:
céramiques grecques, pièces de poterie, fragments de mortier, cendres, fragments
d'os d'animaux. Cette cité antique s'étendait jusqu'aux remparts de la forteresse.

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Le Siège d'Azov
Il est nécessaire de prémunir contre la déception des esprits rêveurs désirant
trouver des fortifications côtières importantes et des murailles qui entourent la ville.
La ville d'Azov n’en conserve plus actuellement que des vestiges très partiels.
On a besoin d'une imagination fertile et d'une connaissance de certains faits
historiques pour pouvoir reconstituer le passé à partir de ces ruines isolées. La ville
d'Azov est âgée de plus de 900 ans et elle était témoin de nombreuses batailles. Vous
voyez une portion de rempart qui entourait la forteresse. Il s'agit d'un ouvrage d'art
datant de la fin du XVII-début XVIII siècle. Initialement érigée par les Ottomans,
la forteresse a été démolie au cours des campagnes d'Azov menées par Pierre
Ier. A la fin du XVII et au début du XVIII siècle, pendant le règne de Pierre Ier, les
fortifications ont connu une reconstruction majeure. Après la deuxième campagne
d'Azov, qui a apporté la victoire aux armes russes, il a été décidé d'ériger les
fortifications puissantes pour former un point de défense solide puisque la forteresse
turque avait été quasiment rasée par les opérations militaires. Le 20 juin 1696 Pierre
Ier ordonne la reconstruction. Antoine de la Valle, un officier du génie d'origine
française, dirigeait les travaux. Le remblayage des remparts composés d'argile se
faisait à la main. Grâce à la plasticité naturelle de ce matériau résistant, les remparts
se présentent aujourd'hui comme un monolithe uniforme.
La porte Alexéevski est la seule porte des onze conservée jusqu'à nos jours.
Le tronçon de rempart situé à droite s'appelle Alexéevski, celui à gauche –
Semenovski, et le rempart perpendiculaire porte le nom Gordon. Les anciens
remparts, s'étendant sur plusieurs centaines de mètres et étant traversés par les
rues contemporaines, ils forment un visage particulier de notre ville. La hauteur
des remparts varie entre 5 et 15 m, leur largeur atteint de 12 à 30 m et l'inclinaison
de leur pentes peut aller jusqu'à 60 dégrées. De nos jours, la hauteur de ces
remparts n'impressionne point, mais les clichés d'Azov datant du début du XXe
siècle nous montrent des monticules ressemblant aux pyramides qui trônaient audessus du Don. Au temps jadis, grâce à ces remparts, la forteresse d'Azov était
réputée imprenable.
Nous sommes devant la porte Alexéevski qui doit son nom au fils de Pierre
Ier. Ses vantaux de bois ne sont pas conservés, mais le temps a épargné leurs gonds
en fer forgé fixés dans la muraille faite en briques et en pierres. Les fondations de
la porte Troitski sont également conservées. Cette porte servait autrefois d'entrée
principale de la forteresse.
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