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Стилистический анализ художественного текста на французском языке. Учебное пособие

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MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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Elle est explicite quand les deux homonymes apparaissent dans la phrase
ou le vers:
Et l'air a l'air d'être un soupir d'automne (Paul Verlaine) [La première apparition correspond au mot air qui signifie «fluide que
respirent les êtres vivants»; la seconde, au mot air qui veut dire «aspect».]
Elle est implicite lorsqu'un des deux homonymes n'est pas exprimé; au lecteur
de rétablir le terme manquant:
Changez d'air ! Musique ! Radio MA/MF et lecteur de cassettes sans frais! Climatisation sans frais! (Nissan) [En vertu du contexte, air correspond ici à deux noms: celui qui désigne
un morceau de musique et celui qui réfère au fluide qu'on respire.]
L’homonymie ludique, celle qui confine au jeu de mots, est souvent considérée
comme un calembour:
La tombe? Un trou! Pas étonnant si un jour on tombe dedans! (René Droin) Ah! qu'il est malin, le Malin. (Paul Valéry) Dieu soit loué. A qui? (Georges Perros)
Ses effets
• Souligner la différence de sens entre deux mots, différence qui contraste
avec leur identité de forme.
• Créer un effet d'inattendu en raison d'un brusque changement de domaine.
Par exemple, ci-dessous, on passe du domaine de la lecture à celui du mobilier:
• On n'est pas obligés de regarder la télé. Ce soir, on lit au lit. (Robert Laffont) Étymologie: Homonymie vient des termes grecs homos, «le même», et onoma,
«nom».
Remarque: Dans l'antanaclase*, c'est le même mot qui revient, chaque fois
avec une signification différente.
VOIR antanaclase, homophonie, polyptote.
L'HOMOPHONIE
Nous nous plaignons en accusant les autres […]. C'est le tu qui tue.
(Thomas d'Ansembourg)
On remarque le rapprochement de mots qui ont une prononciation identique
sans avoir la même orthographe, c'est-à-dire des homophones.
Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu hais.
(Victor Hugo)
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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L'auteur a modifié une formulation connue en remplaçant es (une des formes du verbe «être») par son homophone hais (une des formes du verbe «haïr»).
La figure en action
Comme figure, l’homophonie est l’association de deux éléments qui ont une même prononciation, mais des orthographes différentes. Il y a donc équivoqué à l’oral, mais non à l’écrit
On s'enlace/Puis un jour/On s'en lasse:/C'est l’amour! (Victorien Sardou)
L'amour? On s'enlace! (Frederic Dard) [Cf. s'enlasse]
Souvent, le procédé dépasse le mot pour atteindre le groupe de mots. On exploite alors la difficulté à reconnaitre les frontières entre les mots:
Ne rien faire, c'est mal traiter un enfant. (Publicité) [Cf. maltraiter]
Lis tes ratures. (Frederic Dard) [Cf. Littérature]
De deux choses lune
L'autre c'est le soleil. (Jacques Prévert) [Cf. l’une]
L'homophonie est tantôt explicite, tantôt implicite:
Quand les deux homophones apparaissent dans la phrase, elle est explicite:
Si l’image vaut mille mots, l'entente écrite vous évite mille maux. (Publicité)
Quand l'un des deux homophones n'est pas exprimé, elle est implicite:
Entre deux mots, il faut choisir le moindre. (Paul Valéry)
[Cf. Entre deux maux]
Dans ce cas, le mot choisi semble ne pas convenir à la situation.
On peut considérer l’homophonie ludique comme un calembour:
A propos d'unions prématurées: l'hôtel précède parfois l’autel, au lieu de le suivre. (Herve Bazin)
L'homophonie suivante s'appuie sur une homonymie* (je vous conte le conte):
Il faut donc, Messieurs, que je vous conte le conte d'un comte de qui je ne fais pas de compte. (Cécile Sorel)
Ses effets
• Faire dire à un mot autre chose que ce qu'il a l'habitude de dire ou encore lui
faire dire deux choses en même temps pour tirer parti de l'ambiguïté de sens ainsi créée.
• Mettre les sens des mots à la merci de leurs formes.
• Créer un effet d'inattendu en raison d'un brusque changement de domaine.
C'est ainsi que, dans l’exemple suivant, on passe du domaine de la téléphonie (coup de fil) a celui des tracas ([faire] la file):
Un simple coup de fil pour éviter la file. (Régie des rentes du Québec)
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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• Souligner les différences de sens dans les identités de formes sonores.
• Dépayser son public par un effet d'étrangeté ou par l’apparition d'un univers
fantaisiste.
• Entrainer l’adhésion de l’auditoire par le jeu de la séduction, en le faisant
rire ou sourire: en effet, le calembour, souvent plaisant, parfois grossier, est source d'humour.
• Dérouter l’interlocuteur, le désarmer pour mieux le persuader.
• Par jeu, troubler la communication, car, lorsque l'on met l'accent sur la forme
des mots plutôt que sur leur sens, on peut obtenir un enchainement incohérent, et même aboutir au non-sens.
Étymologie: Homophonie est forme des termes grecs homos, «le même»,
et phoné, «son».
Remarques: L'homonymie* associe des mots dont la prononciation
et l’orthographe sont identiques.
La paronomase* associe des mots dont la prononciation et l’orthographe
se ressemblent (ex.: instant, instinct).
VOIR dérivation, homonymie, modification d'une formulation connue,
paronomase.
L'HYPALLAGE
Et le grand-père André, essuyant une larme coupable, n'eut que le temps
de bondir sur le marchepied […]
(Marcel Pagnol)
Normalement, c’est le groupe grand-père André qui serait qualifié de coupable, puisque ce sont des personnes qui peuvent ressentir cet état. Encore que cette larme soit causée par la culpabilité.
La figure en action
L’hypallage permet d'attribuer à un mot ce qui convient logiquement a un autre mot de la même phrase:
Un vol noir de corbeaux s'envola au loin. (Émile Zola)
Le lecteur s'attendait à lire un vol de corbeaux noirs, mais voilà que, par contagion, c'est le vol qui est devenu noir, ce qui modifie la perception visuelle.
Ci-dessous, à strictement parler, ce sont les moissonneurs qui sont lasses, mais rien n'empêche de suggérer que les faucilles aussi montrent des signes d'usure:
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Les moissonneurs posant leurs faucilles lassées […] (Pierre François Guyot Desfontaines)
Ne confondez pas hypallage et personnification*. Dans cette dernière, il n'y a pas d'échange d'attribution, c'est-à-dire qu'on n'attribue pas à un mot ce qui se rapporte normalement a un autre. Aussi est-ce une hypallage que la phrase suivante nous présente
Ce marchand accoude sur son comptoir avide. (Victor Hugo)
Ce n'est certes pas le comptoir qui est avide (adjectif qui s'applique à des humains), mais le marchand. Néanmoins, cette liaison anormale entre un nom et un adjectif se justifie: c'est sur ce comptoir que se fait l'échange de la marchandise contre de l'argent.
Ses effets
• Condenser l’expression pour la renforcer.
• Permettre des rapprochements inattendus qui bousculent la logique.
• Produire des images par le biais de métaphores* et de métonymies* surprenantes.
• Modifier la manière habituelle de percevoir le monde environnant par le refus
des catégories préétablies. (Catherine Fromilhague)
• Créer une impression floue, une vision «impressionniste» du monde, et traduire
une interaction diffuse entre les objets qui se mélangent pour se confondre. (Alain Frontier)
• Faire ressortir la solidarité entre les éléments de l’univers ainsi que leur
interdépendance.
• Favoriser la persuasion.
Étymologie: Hypallage vient d'un mot grec qui signifie «échange».
Synonymes: contagion, échange d'attribution.
VOIR inversion, personnification.
L'HYPERBOLE
Il venait de lire l’aventure d'un amant qui, dans le chagrin de n'être point aime,
remplissait les forêts de ses pleurs.
(Pierre de Mauvaux)
Dire de quelqu'un qu'il remplissait les forêts de ses pleurs, voilà une exagération dans les termes.
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La figure en action
L’hyperbole est l’emploi de mots nettement exagérés, de mots qui dépassent
la pensée
La terre d'Acadie n'a porte son nom que le temps d'un soupir. (Jean Barbe) Il y a donc un écart entre la réalité décrite et ce que dit l'auteur: Elle était une fille mélancolique au regard battu et d'une maigreur à rayer les
baignoires. (Pascal Bruckner)
Parfois, l'hyperbole est elle-même exagérée. On parle alors d'adynaton: Depuis cinq jours que la pluie coulait sans trêve sur Alger, elle avait fini par
mouiller la mer elle-même. (Albert Camus)
Il avait un souffle si puissant qu'il déroulait les cors de chasse. (Robert Desnos) De nombreuses hyperboles sont issues de métaphores*, comme cette image
d'un pays assimile à un cimetière:
Malgré l’aide internationale, la Somalie a été transformée en immense cimetière
par les chefs de guerre. (L'Express)
D'autres sont le résultat de gradations*. Dans celle-ci, les verbes gagnent
en intensité:
Nos pensées parlent, nos pensées crient, nos pensées hurlent sur les toits nos
vrais sentiments. (Marcelle Auclair)
Ses effets
• Créer un effet de surprise.
• Intensifier l'expression d'un sentiment, traduire la force d'une émotion.
• Frapper l'imagination.
• Mettre en relief tel ou tel aspect de la réalité, insister sur l'importance d'un fait.
• Faire percevoir une vérité: «Il faut agrandir la vérité si l'on veut qu'elle soit
vue de loin.» (Gilles Vigneault)
• Souligner des défauts ou des qualités.
• Insister sur la gravite d'une situation.
• Souligner des caractéristiques excessives.
• Créer des effets de disproportion.
• Introduire à un monde fantastique, amener dans le merveilleux.
• Chercher à exprimer l’inexprimable.
• Faire de l’humour.
• Répondre à une intention sarcastique ou satirique.
• Favoriser la persuasion.
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Étymologie: Hyperbole est forme d'éléments grecs signifiant «lancer au- delà». Adynaton vient d'un mot grec qui veut dire «impossible».
Remarque: La litote* aussi renforce la pensée, mais elle y arrive au moyen d'une formulation atténuée.
Synonymes: exagération, excès.
VOIR gradation, litote, métaphore.
L'INTERROGATION STYLISTIQUE
Je croyais que c'était fini. Pas du tout. On nous apporta devinez quoi? Des
macaronis recouverts d'une espèce de dentelle de fromage fondu ! Et puis une
belle orange pour chacun.
(Marcel Pagnol)
D'ordinaire, on pose une question pour obtenir une information. Ce n'est pas le but de la question ci-dessus, qui vise à piquer la curiosité des lecteurs.
La figure en action
Appelons interrogation stylistique toute fausse question. A l'oral, il s'agit de la question qui n'appelle pas de réponse de la part de l'auditoire; à l’écrit, il s'agit de la question à laquelle le lecteur n'aura pas la possibilité de répondre:
Nous aimons. A quoi bon? Nous souffrons. Pour quoi faire? (Victor Hugo)
En voici trois formes:
L'interrogation déclarative est celle qui correspond à une affirmation déguisée. C'est le cas de celle-ci, qui n'entraine qu'une seule réponse («Bien sûr que non!») et qui se substitue à une phrase déclarative: «Il est évident qu’on n'apprend pas en un jour à parler une langue étrangère […]»
Cela ne se fera pas en un jour, car vous avez des centaines d'habitudes nouvelles à acquérir. Mais apprend-on en un jour à parler une langue étrangère ou à jouer d'un instrument? (Marcelle Auclair)
L'évidence de la réponse s'exprime aussi au moyen d'une tournure négative:
Ne croyez-vous pas […] qu'il y a dans la vérité une force qui la rend invincible? (Anatole France)
La subjection est la question à laquelle on répond soi-même, à l’oral comme à l’écrit:
Peur? C'est trop drôle. Et de qui? (Jean-Paul Sartre)
Ou vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit? […]
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules […] (Victor Hugo)
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Mais je suis très bien avec Dieu. Et pourquoi, s'il vous plait, ne serais-je pas
bien avec lui? Il ne vient jamais me voir et il ne m'écrit pas. (Robert de Flers)
La délibération correspond aux questions que l’on se pose à soi-même:
Mais ou était-ce? Place Maubert, peut-être? Ou à l’entrée de la rue de la Gaîté?
Ou peut-être à l’amorce du boulevard des Batignolles? […] Peu importe.
(Alexandre Arnoux)
Ses effets
Ceux de l'interrogation déclarative
• Insister sur une idée ou renforcer un argument.
• Suggérer l’évidence d'une réponse, qu'elle soit affirmative ou négative.
• Mettre l'auditoire au défi de pouvoir répondre
• Forcer l’adhésion du public, étant donne que ce type de question oriente la réponse.
Ceux de la subjection:
• Manipuler son public, puisque la question oriente la réponse dans le sens
souhaite, souvent à l’aide de mots valorisants ou dévalorisants.
• Décomposer un raisonnement dans le but d'imposer une idée ou un argument.
• Créer une complicité avec son public, en donnant l’impression converser
avec lui, de l’associer à la production des idées.
• Solliciter l’accord du public, qui peut se croire à l’origine de de la réponse. Ceux de la délibération
• Manifester un souci de précision ou exprimer la réflexion.
• Traduire l’hésitation, le doute, l'incertitude, un dilemme, qu'ils soient réels ou feints.
• Marquer l’égarement ou ‘affolement.
Synonymes: fausse question, interrogation rhétorique, question oratoire. VOIR apostrophe, exclamation.
L'INVERSION
Maitre Corbeau, sur son budget penché, mesurait des REER les avantages.
(Placements Québec)
La position inhabituelle de deux groupes de mots attire l'attention, puisque
penche sur son budget, mesurait les avantages des REER paraitrait plus naturel.
La figure en action
L'inversion est le changement de l’ordre habituel de mots (ou de groupes
de mots), sans que leur fonction grammaticale soit modifiée
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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De vous faire lire Prévert, on ne pourra pas me reprocher de n'avoir pas essayé. (Normand Baillargeon)
Voici diverses possibilités d’inversion:
Déplacement du sujet après le verbe:
Claque le revolver des départs, et je tressaute. (Henry de Montherlant)
Déplacement de l'attribut avant le verbe (à la place du sujet):
Ténébreuse fut ma jeunesse. (André Gide)
Deplacement du complément avant le verbe:
Le coup de foudre… vous connaissez? (Hyundai)
De cette ténébreuse affaire le Ministre n'avait jamais parlé en Chambre.
(Presse écrite)
Par sa table, ses paysages, ses gens, je me laisse surprendre. (Publicité)
Comme des larmes d'or qui de mon cœur s'égouttent […] (Émile Nelligan)
Déplacement de l'adjectif avant le nom:
La blonde chanteuse a d'ailleurs vendu plus de 30 millions de disques. (Filles d'aujourd’hui)
Déplacement - et détachement - de l’adjectif avant le nom:
Devant nous, pacifiques, des sangliers traversent une piste […] (Francis de Croisset)
Déplacement du complément déterminatif avant le nom:
[…] lorsque le male ouvre largement ses ailes devant son élue, la vue de ces bandes blanches stimule de celle-ci l'appétence sexuelle. (Vie sauvage)
Ses effets
• Mettre en relief un membre de la phrase pour les besoins du sens et du rythme.
• Manifester une recherche esthétique: plus l'inversion est imprévisible, plus
son effet est grand.
• Adopter le registre littéraire, puisque le procédé est rare dans la langue courante.
• Indiquer un ordre de vision de l’auteur. (Claude Peyroutet)
• Exprimer le bouleversement du locuteur.
• Répondre aux contraintes de la rime et du compte des syllabes (en poésie)
• Créer un effet d'attente, surtout quand le sujet apparait longtemps après le verbe.
• Favoriser le développement du sujet de la phrase.
• Rechercher l’expressivité en lançant un complément en début de phrase,
plutôt qu'a sa place habituelle.
• Nuancer la valeur de l'adjectif quand celui-ci n'a pas de place obligatoire.
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Remarque: Les déplacements de mots annonces ou repris par un pronom sont
des dislocations*.
VOIR antimétabole, chiasme, dislocation, hypallage, rallonge.
LA JUXTAPOSITION
Vous travaillez fort, vous méritez ce qu'il y a de mieux.
(Murray Hill)
L'idée de conséquence, le rédacteur de ce message aurait pu l’expliciter en écrivant c'est pourquoi ou de sorte que devant vous méritez ce qu'il y a de mieux. Au lieu de coordonner ou de subordonner ces deux propositions, il a préféré les juxtaposer.
La figure en action
Comme figure, la juxtaposition est l'omission voulue d'un terme de liaison entre deux membres d'une phrase ou deux phrases:
[…] je n'ai pas été dorloté, tapoté, bisoté; [par contre] j'ai été beaucoup fouetté. (Jules Vallès)
Deux cas de juxtaposition se présentent:
On omet un coordonnant entre des mots ou des groupes de mots qui forment une énumération*:
[…] et j'aurais mes mains, mes genoux, ma poitrine, mon front, [et] mes dents pour l’étrangler, l'écraser, le mordre, [et] le déchirer. (Guy de Maupassant)
On omet un subordonnant entre des propositions ou des phrases qui expriment un rapport logique (la cause, la conséquence, l’opposition, etc.):
Vous n'êtes point gentilhomme, [par conséquent] vous n'aurez pas ma fille. (Molière)
J’ai renoncé à son amitié: [parce que] il ne me parlait jamais de moi. (Chamfort)
Ses effets
• Accentuer la vivacité de l’expression: le procédé se prête, entre autres, à la
succession rapide des actions, à la précipitation des mouvements.
• Renforcer l’expression. C'est que la juxtaposition est un moyen:
✓ de mettre en évidence le lien non exprime entre deux faits ou deux idées;
✓ de souligner une opposition ou un contraste;
✓ de mettre en relief le mot de liaison qui arrive après la suppression d'autres
mots de liaison;
✓ de «renforcer 'effet cumulatif des arguments en les présentant en parallèle, plutôt que sur le mode coordonne habituel». (Jean-Jacques Robrieux)
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• Établir une complicité avec l’auditoire qui doit rétablir le lien logique inexprimé.
• Reproduire, à l’écrit, le style oral familier.
Étymologie: Dans juxtaposition, l’élément latin juxta signifie «près de» ou «à côté»,
Donc, la juxtaposition pose une proposition ou une phrase à côté d'une autre.
Synonymes ou variantes: asyndète, parataxe. VOIR accumulation, ellipse, énumération, réticence.
LA LITOTE
[…]et quand ils se regardèrent en face, leurs personnes ne se déplurent pas.
(Jean Giraudoux)
Le groupe verbal ne se déplurent pas laisse entendre que ces personnes se plurent énormément. Le sens implicite est donc nettement plus fort qu'il n'y parait à première vue.
La figure en action
La litote est une formulation de sens faible qui en suggère une autre de sens fort.
Dans l'exemple suivant, le personnage légendaire Œdipe a réalisé qu'il avait tué son père et épouse sa mère:
Quand il eut compris ce qui s'était passé, Œdipe ne se sentit pas innocent. (Milan Kundera)
Ici, ne se sentit pas innocent sous-entend que le personnage ressentit une très grande culpabilité. C'est dire que, pour renforcer l'idée, l'auteur a affaibli volontairement l’expression.
Généralement, au lieu d'affirmer une chose, la litote nie son contraire. Comment?
Au moyen de l'adverbe ne… pas:
✓ Sa préférence n'allait pas aux femmes. (Saint-Simon)
✓ Ce n'était pas un sot, non, non, et croyez-m ‘en,
Que le chien de Jean de Nivelle […] (Jean de La Fontaine)
Au moyen d'un verbe a sens négatif:
[…] et les regards qu'il envoyait à l'oiseau manquaient de tendresse. (Gustave Flaubert)
Mais la litote s'exprime aussi sans négation, souvent à l'aide d'un terme affaiblissant l’expression (un peu, quelque peu, plutôt, assez, légèrement, passablement, peut-être, parfois, etc.):
Et puis, tenez, monsieur Marius, je crois que jetais un peu amoureuse de vous. (Victor Hugo)
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