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ivanov666
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Файл:Стилистический анализ художественного текста на французском языке. Учебное пособие
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MODULE IV. COMMENT ANALYSER UN TEXTE LITTÉRAIRE?
131
Du vocabulaire pour l’analyse littéraire
Vous pouvez évoquer:
• une atmosphère (euphorique, idyllique, austère, morbide, triste, sordide,
mystérieuse, onirique, mystique...)
• une coloration (sentimentale, romantique, champêtre...)
• une écriture (baroque, classique, blanche…)
• un effet (saisissant de suspense, d'attente, qui pique la curiosité...)
• une impression, une notation (psychologique, spatiale, temporelle...)
• une observation (précise, pénétrante, minutieuse...)
• une portée (universelle, symbolique, révolutionnaire...)
• une réflexion (amère, sereine, désabusée, profonde...)
• une sensation (auditive, visuelle, olfactive, gustative...)
• un sentiment, une signification (psychologique, morale, politique...)
• un thème (original, traditionnel, populaire…)
• une technique (impressionniste, picturale, novatrice, traditionnelle, originale...)
• un style (original, sec, ample, incisif, elliptique, oratoire, familier, soutenu,
délié, heurté...)
• une tonalité (comique, satirique, bouffonne, burlesque, grotesque, polémique,
critique, dramatique, pathétique, tragique, lyrique, solennelle, intimiste, ironique,
sarcastique,…)…
Un mot, un vers, une phrase, un texte, une œuvre…
accentue, confirme, dénote, rappelle, allie, constitue, dépeint, explique,
caractérise, construit, présente un caractère, exprime, comporte, se compose de,
crée, développe, compose, décrit, énumère, illustre, confère, montre, met en
évidence, évoque, implique, indique, oppose, signifie, insiste (sur), présente,
situe, produit, renseigne, souligne, met l'accent (sur), qualifie, suggère, rappelle,
représente, suscite, restitue, symbolise, reflète, résume, traduit, relie, retrace,
unit, renforce, révèle…
Un procédé stylistique ou une figure de rhétorique…
connote, dénote, révèle, donne au lecteur (l'impression, l'illusion, le sentiment
de), oppose, revêt, témoigne de, souligne, anime, renforce, appuie, met en valeur,
met en évidence, signale, rapproche…

MODULE IV. COMMENT ANALYSER UN TEXTE LITTÉRAIRE?
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Un narrateur, un romancier, un poète…
accumule, déplore, mentionne, affirme, désigne, met en garde, alerte (sur), dessine,
analyse, prône, approfondit, dresse (le portrait), propose, recourt à, brosse
ou ébauche (un portrait), emploie, réfute, campe (un personnage), esquisse,
(re)trace, exalte (un héros), célèbre (un sentiment), s'indigne de, communique,
expose, s'insurge, consacre, fait l'éloge de, critique, tente de, déclare, introduit,
transfigure, définit, ironise (sur), use de, utilise…
L’auteur, le locuteur…
réussit (à), évoque, cherche (à), s’efforce (de), se contente de, souligne, fait ressortir,
insiste (sur), s’appuie (sur), fait allusion (à), dénonce, justifie, étaye, avance,
développe, décrit, introduit, suggère, se propose de, commente, analyse, explique,
décrit, adopte (tel fait textuel), procède par, s'emploie à, renvoie à, qualifie, précise…
Le personnage…
séduit, éprouve, rencontre, ressent, perçoit (comme), confronte, traduit, est sensible à,
réalise, procure, émerveille, se caractérise comme, fascine, apprécie, apporte,
considère, (s’)enthousiasme, (s’)imagine, impressionne, soupçonne, découvre, souffre
(de), apparaît (comme), soulève, néglige, suscite, déplore, incarne, représente, constitue
un exemple de, se pose en modèle de, est caractéristique de, est représentatif de…
Le lecteur…
admire, éprouve, s'interroge, ressent, comprend, est ému, partage, découvre, est
touché, perçoit, se demande, s'identifie, se projette, considère que, se demande si,
adhère à, ressent, devine, comprend, apprécie, reconnaît, goûte plus particulièrement,…
Méthode: l’analyse d’un personnage
Buts recherchés
Vous devez analyser les principales composantes d’un personnage important
dans tel livre, c’est-à-dire déterminer avec précision les éléments de sa
personnalité puis étudier le rôle qu’il joue dans l’intrigue, enfin essayer
de comprendre les intentions de l’auteur à son égard. Il faut donc savoir repérer
les éléments utiles au cours de la lecture, les caractériser, noter leur place, leur
rôle, leur évolution. Dans un deuxième temps, il faudra classer, grouper ces
éléments épars pour présenter une analyse structurée. Dans tous les cas il faudra
prouver ce que l’on avance au moyen d’exemples soigneusement choisis, révélateurs,
ou par des citations courtes et suggestives.

MODULE IV. COMMENT ANALYSER UN TEXTE LITTÉRAIRE?
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Méthodologie
Lire avec minutie
Vous commencerez par une lecture minutieuse de l’œuvre proposée. Au fur
et à mesure que vous rencontrerez des chapitres, des pages, des titres qui concernent
le personnage à étudier, vous marquerez l’endroit au moyen de languettes de papier
suffisamment longues pour pouvoir noter les points essentiels qui vous intéressent
et pour que ces indications restent apparentes. Ensuite vous utiliserez des fiches
où vous choisirez, classerez les caractéristiques du sujet.
Le caractère du personnage
Vous vous attacherez à rendre compte du caractère du personnage: c’est-à-dire
des tendances liées au tempérament physique. Par exemple un tempérament
lymphatique entraînera la nonchalance. Vous examinerez s’il n’y a pas des
rapports étroits entre l’apparence physique et la psychologie. Vous ferez attention
au nom, aux habits, aux manières de se comporter souvent révélateurs. Vous vous
demanderez si l’auteur n’y a pas mis une part de lui-même ou tout au moins si sa
créature n’est pas le fruit de son expérience, s’il n’a pas dépeint des contemporains
qu’il a bien connus. Il est alors nécessaire de se renseigner sur l’auteur et les
conditions de la création de son œuvre. Souvent vous aurez à justifier les choix
de l’écrivain en vous demandant si la création de tel personnage n’a pas une portée
symbolique, philosophique ou morale. Pour ce faire vous examinerez l’évolution
du personnage, les aventures que lui prête son créateur, les images qu’il évoque,
le retour parfois obsédant de thèmes qui lui sont immanquablement rattachés, les
liens qu’il entretient avec les autres personnages.
Dans un deuxième temps, il faudra organiser vos notes selon une présentation
rationnelle qui ira du moins important au plus important pour respecter la loi
d’intérêt, ou qui, tout du moins, s’attachera à passer des aspects superficiels
au plus profond d’une personnalité sans éluder les ambiguïtés, voire les
contradictions. On terminera alors par un jugement sur l’utilité du personnage, sur
les intentions de l’auteur, sur la réussite ou l’échec de cette création. On se
demandera si le caractère n’est pas trop simple, s’il ne manque pas de vérité
humaine ou si au contraire il n’est pas un "type", un modèle idéal réunissant à un
haut degré les traits, les caractères essentiels d’une manière de se comporter, sans
pour autant tomber dans la caricature ou le stéréotype. Un indice peut vous être
apporté par l’utilisation du nom comme générique; un Harpagon au lieu d’un
avare, un Tartuffe au lieu d’un hypocrite.

MODULE IV. COMMENT ANALYSER UN TEXTE LITTÉRAIRE?
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Pour nous résumer nous dirons donc qu’on étudiera d’abord les aspects
physiques puis les aspects intellectuels, enfin les aspects moraux du personnage
et nous terminerons sur la nécessité de cette création en jugeant sa réussite, sa
nouveauté. On peut envisager d’autres présentations. Si la tranche de vie racontée
est longue, si le personnage évolue, on peut alors déterminer des étapes qu’il
faudra caractériser et qui permettront le regroupement des détails notés.
Introduire et conclure
Il reste à régler l’épineux problème de l’introduction et de la conclusion.
L’introduction peut consister dans les circonstances de la création de l’œuvre
et dans la justification de l’importance accordée à l’étude du personnage par
l’examen des conséquences sur l’esprit des lecteurs. La conclusion sera
naturellement la synthèse du devoir avec l’indication des traits essentiels
du caractère et le jugement de valeur sur la réussite ou l’échec, voire
la nouveauté d’une telle création.
L’analyse d’un thème
Qu’est-ce qu’un thème?
Il s'agit d'un sujet abordé dans l'œuvre. Par exemple: l'absurde, l'ambition,
l'amour, l'angoisse, l'argent, la courtoisie, l'éducation...
Intérêt de l’étude
L'étude des thèmes est intéressante dans la mesure où elle permet
d'apprécier comment un même sujet a été traité différemment dans les lettres
françaises, elle débouche inévitablement sur les notions de genre: épopée,
comédie, roman... d'école littéraire: classicisme, romantisme, naturalisme... sur
les questions littéraires générales: réalisme, invention, création... L'étude des
thèmes permet donc, par comparaison avec d'autres œuvres similaires, une
meilleure caractérisation de l'ouvrage étudié par les ressemblances et les
différences, par l'appui sur une tradition
Méthode
Lire plusieurs fois au-travers de «grilles de lecture»:
1re lecture: lecture cursive. À la fin de cette lecture, procéder à un questionnement
systématique du texte
Pour ne pas se disperser dans les recherches et les observations.
Pour commencer à constituer les éléments de l’introduction et de la conclusion
(ces points seront abordés plus loin)

MODULE IV. COMMENT ANALYSER UN TEXTE LITTÉRAIRE?
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Questions à se poser systématiquement:
• Quel est le thème du texte? Peut-il être mis en relation avec l’œuvre dont
le texte est extrait, avec le titre de l’œuvre, avec l’auteur, avec l’époque?
• Quel est son genre littéraire (poésie, théâtre, roman…) son type
(argumentatif, narratif, descriptif…)?
• Quelle est sa tonalité ou registre littéraire (comique, tragique, lyrique,
pathétique, ironique, épique…)?
• Quel est son intérêt (historique, philosophique, sociologique…)?
• Quelles résonances éveille-t-il chez le lecteur (émotion, intérêt, passion,
réflexion, interrogation…)?
2e lecture: étude du niveau lexical et de la modalisation
Classer les mots suivant des familles, examiner si on peut les regrouper
en champs lexicaux ou sémantiques remarquables.
Étudier les formes, couleurs, mouvements, l’organisation de l’espace, les
valeurs symboliques ou affectives de ces éléments.
Étudier l’organisation de ces éléments en parallélisme, en relation, en rappel
ou en opposition.
On peut alors établir des réseaux lexicaux et ainsi discerner les thèmes
(intellectuels, affectifs, symboliques) du texte.
Étude particulière du registre du discours: lyrique, élégiaque, pathétique,
ironique, comique… En fait il y a souvent un registre principal ou dominant et un
ou plusieurs registres secondaires. Tout dépend de la longueur et de la densité
du texte étudié.
Étude des registres de langue (référence à une culture et une classe sociale)
utilisés et des effets produits (appartenance ou opposition, surprise…). Chercher
les procédés de style et tous les écarts qui distinguent le langage utilisé par l’auteur du
langage courant, celui que nous aurions utilisé pour exprimer les mêmes réalités.
En examinant les structures grammaticales et leurs effets de sens: choix des
pronoms, des déterminants du nom; choix du type de construction: nominale,
affirmative, exclamative, interrogative; choix des épithètes: souci de caractérisation,
valeur méliorative ou péjorative; choix des modes verbaux: impératif = prière
ou volonté de pression sur autrui; subjonctif = doute, mode du sentiment ou de
la pensée, temps: présent de narration, de vérité générale, imparfait de durée ou de
répétition passé simple d’action soudaine qui ne se répète pas; choix du style
direct, indirect, indirect libre… Hypotaxe ou parataxe…

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3e lecture: étude des images
Étude des comparaisons explicites, des métaphores, métonymies et synecdoques,
hyperboles, litotes… Quels sont les effets qu’a voulu produire l’auteur en
employant telle ou telle figure de rhétorique?
4e lecture: étude des sons et des rythmes (surtout dans les poèmes mais pas
exclusivement)
Étudier la strophe: disposition des vers, retour éventuel du refrain, analyser les
effets produits.
Étudier le rythme: le choix du mètre, les accents, la cadence, mouvement
ascendant ou chute, la place de la césure, la présence d’enjambements, de rejets,
de contre-rejets.... Analyser les effets produits.
Étudier les sonorités: quels sentiments sont exprimés par le retour de certaines
syllabes? Quelle atmosphère est ainsi créée? Faire attention aux allitérations, aux
assonances, aux rimes, aux hiatus…
Étudier le volume des phrases (longueur, formes: interrogations, exclamations...)
Étudier le rythme des phrases (gradations, symétries, mouvements ascendants
ou descendants...) Quels sont les effets produits?
5e lecture: construction d’une signification d’ensemble
Rassembler les résultats de ces points de vue partiels sur le texte, les confronter
au contexte, à tout ce que je peux savoir de l’œuvre, de l’auteur, de l’époque...
Examiner le poème ou la page à la lumière des catégories:
Esthétiques: classique, romantique, baroque…
Idéologiques: rationalisme, sentimentalisme romantique, désir de provoquer…
Exemple d’analyse (fiche méthodologique)
Voltaire Texte: Voltaire, Dictionnaire philosophique (1764), «Guerre»
Un généalogiste prouve à un prince qu’il descend en droite ligne d’un comte
dont les parents avaient fait un pacte de famille, il y a trois ou quatre cents ans
avec une maison dont la mémoire même ne subsiste plus. Cette maison avait des
prétentions éloignées sur une province dont le dernier possesseur est mort
d’apoplexie: le prince et son conseil concluent sans difficulté que cette province
lui appartient de droit divin. Cette province, qui est à quelques centaines de lieues
de lui, a beau protester qu’elle ne le connaît pas, qu’elle n’a nulle envie d’être
gouvernée par lui; que, pour donner des lois aux gens, il faut au moins avoir leur
consentement: ces discours ne parviennent pas seulement aux oreilles du prince,

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dont le droit est incontestable. Il trouve incontinent un grand nombre d’hommes
qui n’ont rien à perdre; il les habille d’un gros drap bleu à cent dix sous l’aune,
borde leurs chapeaux avec du gros fil blanc, les fait tourner à droite et à gauche
et marche à la gloire. Les autres princes qui entendent parler de cette équipée
y prennent part, chacun selon son pouvoir, et couvrent une petite étendue de pays
de plus de meurtriers mercenaires que Gengis Khan, Tamerlan, Bajazet n’en
traînèrent à leur suite. Des peuples assez éloignés entendent dire qu’on va se
battre, et qu’il y a cinq à six sous par jour à gagner pour eux s’ils veulent être de la
partie: ils se divisent aussitôt en deux bandes comme des moissonneurs, et vont
vendre leurs services à quiconque veut les employer. Ces multitudes s’acharnent
les unes contre les autres, non seulement sans avoir aucun intérêt au procès, mais
sans savoir même de quoi il s’agit. Il se trouve à la fois cinq ou six puissances
belligérantes, tantôt trois contre trois, tantôt deux contre quatre, tantôt une contre
cinq, se détestant toutes également les unes les autres, s’unissant et s’attaquant
tour à tour; toutes d’accord en seul point, celui de faire tout le mal possible.
Le merveilleux de cette entreprise infernale, c’est que chaque chef des meurtriers
fait bénir ses drapeaux et invoque Dieu solennellement avant d’aller exterminer
son prochain.
1re lecture: lecture cursive
À la fin de cette lecture, procéder à un questionnement systématiquement
du texte:
Quel est le thème du texte? Peut-il être mis en relation avec l’œuvre dont
le texte est extrait, avec le titre de l’œuvre, avec l’auteur, avec l’époque?
Le thème est indiqué par le titre. Il s’agit de la guerre. Je sais que
le XVIIIe siècle a connu de nombreuses guerres qui ont coûté très cher au
royaume de France. Je sais aussi que Voltaire est un pacifiste et qu’il a dénoncé les
visées belliqueuses des souverains dans plusieurs contes ou romans en particulier
dans Candide, mais aussi dans des essais comme le Siècle de Louis XIV.
Quel est son genre littéraire (poésie, théâtre, roman…), son type (argumentatif,
narratif, descriptif…)?
Il s’agit ici d’un article de dictionnaire (voir le paratexte). Curieusement,
l’article ne développe pas une notion. C’est un récit, donc il appartient au type
descriptif. Mais une lecture qui ne reste pas superficielle montre que ce récit n’est
pas gratuit, qu’il livre aussi une position, une thèse, il est donc aussi de type
argumentatif. Cette union entre un récit et une leçon morale s’appelle un apologue.

MODULE IV. COMMENT ANALYSER UN TEXTE LITTÉRAIRE?
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Quelle est sa tonalité ou registre littéraire (comique, tragique, lyrique, pathétique,
ironique, épique…)?
La tonalité première pourrait être le merveilleux (comme dans le conte),
d’ailleurs ce mot est repris à la fin de l’article. Très vite cependant je peux relever
des indices d’exagération (par exemple au début) et d’antiphrase, signes
caractéristiques de l’ironie.
Quel est son intérêt (historique, philosophique, sociologique…)?
Son intérêt est double: cet article expose la position d’un philosophe
du XVIIIe siècle à l’encontre de la guerre et des prétentions abusives de l’absolutisme
royal. Plus encore, il est un exemple des moyens utilisés par ces mêmes philosophes
pour faire de leur prose une littérature de combat.
Quelles résonances éveille-t-il chez le lecteur (émotion, intérêt, passion,
réflexion, interrogation…)?
Le lecteur est d’abord intrigué, puis sa réflexion est invitée à aller voir au-delà
des mots – dans leurs alliances contradictoires – pour en arriver à partager
l’indignation de l’auteur devant tant d’absurdités. Voltaire fait appel à la raison
(pour dénoncer l’ineptie) plus qu’aux émotions (horreur, pathétique et tragique).
2e lecture: étude du niveau lexical et de la modalisation
Classer les mots suivant des familles, examiner si on peut les regrouper
en champs lexicaux ou sémantiques remarquables.
Champ lexical de la généalogie (généalogiste, descend, droite ligne…), allié
à celui de la noblesse (comte, prince, maison…), celui du droit, puis celui de la
guerre alliée à ceux de l’armée, de la violence (meurtriers mercenaires, noms
propres de conquérants, se battre…) pour finir avec un vocabulaire moral
et religieux (mal, infernal, Dieu…)
Étudier les formes, couleurs, mouvements, l’organisation de l’espace,
les valeurs symboliques ou affectives de ces éléments.
Difficultés à définir le temps et le lieu. Nous sommes dans un monde merveilleux
comme celui du récit légendaire ou du conte. Apparence de désordre, de confusion
dans la suite du récit.
Étudier l’organisation de ces éléments en parallélisme, en relation, en rappel
ou en opposition.
À l’argumentation juridique du début succèdent le désordre et les retournements
d’alliance. À la futilité de la revendication fait suite une conflagration absurde
et meurtrière.

MODULE IV. COMMENT ANALYSER UN TEXTE LITTÉRAIRE?
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On peut alors établir des réseaux lexicaux et ainsi discerner les thèmes
(intellectuels, affectifs, symboliques) du texte.
Voltaire entend dénoncer l’absurdité de la guerre, dans ses causes et ses
effets.
Étude particulière du registre du discours: lyrique, élégiaque, pathétique,
ironique, comique… En fait il y a souvent un registre principal ou dominant et un
ou plusieurs registres secondaires. Tout dépend de la longueur et de la densité
du texte étudié.
Le registre principal est celui de l’ironie, qui joue sur la dérision et aussi sur
certains aspects burlesques (ou contre-épiques). Parfois Voltaire place quelques
notes pathétiques comme avec la comparaison des moissonneurs.
Étude des registres de langue (référence à une culture et une classe sociale)
utilisés et des effets produits (appartenance ou opposition, surprise…). Chercher
les procédés de style et tous les écarts qui distinguent le langage utilisé par l’auteur
du langage courant, celui que nous aurions utilisé pour exprimer les mêmes
réalités.
Quelques procédés remarquables: un oxymoron, «merveilleux de cette
entreprise infernale».
En examinant les structures grammaticales et leurs effets de sens: choix des
pronoms, des déterminants du nom; choix du type de construction: nominale,
affirmative, exclamative, interrogative; choix des épithètes: souci de caractérisation,
valeur méliorative ou péjorative; choix des modes verbaux: impératif = prière
ou volonté de pression sur autrui; subjonctif = doute, mode du sentiment ou de
la pensée, temps: présent de narration, de vérité générale, imparfait de durée ou de
répétition passé simple d’action soudaine qui ne se répète pas; choix du style
direct, indirect, indirect libre… Hypotaxe ou parataxe…
On peut noter tout ce qui renforce l’indétermination. «Un» répété, repris par
des démonstratifs qui renvoient à cette imprécision.
Choix d’épithètes péjoratives.
Présent qui a des allures de présent d’énonciation (une action contemporaine
du lecteur), mais aussi un présent de vérité générale qui marque l’intemporalité
du propos.
Utilisation importante des deux points qui renforce la parataxe. Voltaire veut
nous montrer dans la rencontre brutale des propositions que l’enchaînement des
faits est sans raison, soumis à l’arbitraire du pouvoir princier.

MODULE IV. COMMENT ANALYSER UN TEXTE LITTÉRAIRE?
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3e lecture: étude des images
Étude des comparaisons explicites, des métaphores, métonymies et synecdoques,
hyperboles, litotes… Quels sont les effets qu’a voulu produire l’auteur en employant
telle ou telle figure de rhétorique?
Les soldats mercenaires comparés à des moissonneurs.
4e lecture: étude des sons et des rythmes (surtout dans les poèmes mais
pas exclusivement)
Étudier le rythme: le choix du mètre, les accents, la cadence, mouvement
ascendant ou chute, la place de la césure, la présence d’enjambements, de rejets,
de contre-rejets.... Analyser les effets produits.
Nombreux rythmes binaires qui évoquent l’affectivité, le mouvement,
le déchaînement des passions.
Deux exemples de rythme ternaire:
«Cette province, […] a beau protester qu’elle ne le connaît pas, qu’elle n’a nulle
envie d’être gouvernée par lui; que, pour donner des lois aux gens, il faut au moins
avoir leur consentement» Rythme évoquant l’équilibre de l’art oratoire d’ailleurs
repris par «ces discours» suivi par l’opposition brutale du coup de force princier.
«Il se trouve à la fois cinq ou six puissances belligérantes, tantôt trois contre
trois, tantôt deux contre quatre, tantôt une contre cinq, se détestant toutes
également les unes les autres, s’unissant et s’attaquant tour à tour […]» Rythme
ternaire qui évoque un semblant d’ordre dans ce désordre général.
Rythme accumulatif à la fin du premier paragraphe qui peut évoquer l’orgueil
du prince et la fébrilité des préparatifs.
Étudier les sonorités: quels sentiments sont exprimés par le retour de certaines
syllabes? Quelle atmosphère est ainsi créée? Faire attention aux allitérations, aux
assonances, aux rimes, aux hiatus…
Le bruit, la fureur et le dégoût évoqués par les allitérations de «m» et de «t»
dans «meurtriers mercenaires que Gengis Khan, Tamerlan, Bajazet n’en traînèrent
à leur suite».
Étudier le volume des phrases (longueur, formes: interrogations, exclamations...)
Utilisation de phrases énonciatives qui se veulent apparemment neutres. Mais
parfois la phrase prend de l’ampleur chaque fois que le philosophe sent monter
en lui l’indignation.
Étudier le rythme des phrases (gradations, symétries, mouvements ascendants
ou descendants...) Quels sont les effets produits?
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