Добавил:
ivanov666
Опубликованный материал нарушает ваши авторские права? Сообщите нам.
Вуз:
Предмет:
Файл:Стилистический анализ художественного текста на французском языке. Учебное пособие
.pdf
MODULE I. LES STYLES FONCTIONNELS
11
b. Réécrivez le texte suivant dans un style familier et vulgaire, puis dans
un style soutenu.
Il arrêta sa voiture devant la maison des Berthaud. Quand il ouvrit la porte
il découvrit une pièce où régnait le plus grand désordre. Des vêtements sales
traînaient un peu partout. La télévision faisait un bruit épouvantable. Un homme
d’une quarantaine d’années dormait dans un lit au beau milieu de la pièce. Une
femme d’âge indéfinissable faisait la cuisine. Jacques Berthaud était là. Il finissait
de s’habiller et s’apprêtait à aller travailler.
LES REGISTRES FAMILIERS ET VULGAIRES
Les mots soulignés appartiennent au registre familier ou au registre vulgaire.
Donnez leur sens dans le texte et, le cas échéant, les autres sens qu’ils peuvent
avoir. Faites la liste des «gros mots» qui peuvent être utilisés comme jurons.
N.B.: si ces mots doivent être compris par un étranger qui souhaite bien
connaître la langue française, nous conseillons de ne les utiliser qu’après avoir
acquis une parfaite maîtrise de la langue et des situations où ils peuvent être
prononcés.
Franck, un policier, s’est vu abandonné par sa femme Lili. Celle-ci revient
un jour en compagnie de leur fille Carol et annonce à Franck qu’elle veut
divorcer. Franck, qui avait espéré que Lili reviendrait vivre avec lui, est
effondré.
Il disparut dans la cuisine. C’était ce qu’il avait craint le plus au monde mais
il s’était pas étalé, ce bon vieux Franck avait pas titubé sous le coup, il avait pas
bronché. Tout de suite, il avait pensé tu crois ça, tu crois vraiment ça, bon Dieu
laisse-moi le temps de remplir ces verres, on va parler, j’ai toute la nuit, ça fait que
commencer, merde tu crois ça.
Carol prit Lili sous le bras et l’entraîna vers le canapé.
– Mince, tu l’as scié, elle dit. T’es formidable.
– J’aimerais bien être ailleurs, ça n’a pas de sens, pour moi. Peut-être que
je lui dois ça, non, je déconne. oouuu quel bordel, j’ai pas envie de parler,
j’écouterais bien de la musique.
Carol lui caressa la joue.
– Qu’est-ce que tu veux? elle demanda.
– Je sais pas, y a pas grand-chose ici.

MODULE I. LES STYLES FONCTIONNELS
12
Carol fouilla dans la pile de disques. Franck, avec son goût dégueulasse,
il achetait des disques en faisant les courses, en même temps que la bouffe, il avait
sa con de chaîne, comme tout le monde, alors il se payait des disques, il les
écoutait jamais, la musique le faisait chier, il choisissait simplement la pochette
avec une préférence pour les nanas et les couchers de soleil, les bouquins c’était
pareil et tout un tas de choses, il y en avait plein comme lui dans les rues. Elle finit
par tomber sur un vieux disque de Lennon soldé, elle posa le truc sur l’appareil
en pensant mon vieux Lennon, tout ce qu’il avait embarqué dans la tombe, mais
le disque était pas fameux.
Elle glissa aux pieds de Lili, posa sa tête sur ses genoux, le monstre était pas
encore revenu de sa putain de cuisine, peut-être qu’il allait les empoisonner
ou bien ouvrir le gaz, elle demanda:
– Dis, tu veux que je reste? Tu veux rester seule avec lui?
Lili lui caressa la tête. Elle savait pas trop ce qu’elle voulait ou si elle voulait
quelque chose, parfois le shit vous rend léger, il vous coupe de tout et bon, elle
arrivait pas à se secouer.
– Bah, j’en sais rien. Sûrement qu’il voudra baiser, je sais pas quoi lui dire.
Philippe Djian, Bleu comme l’enfer,
Éditions Bernard Barrault, 1983.
LE JEU SUR LES REGISTRES DE LANGUE
Les chansons sur un rythme de rap sont souvent des expressions populaires qui
évoquent les problèmes des banlieues et le mal-être des émigrés et des exclus.
Maître dans l’art de la parodie, le groupe de comédiens humoristes «Les Inconnus»
a imaginé un rap des beaux quartiers de Paris (Neuilly-Auteuil-Passy), où les fils
de bourgeois privilégiés racontent leur malaise existentiel.
Étudiez le jeu sur les niveaux de langue. Relevez les mots ou expressions:
• propres au langage populaire,
• propres au langage soutenu des beaux quartiers.
Le RAP Neuilly-Auteuil-Passy
Hé, mec, je me présente: Charles-Henri Dupré. J’habite à Neuilly dans
un quartier paumé.
Je suis fils unique dans un hôtel particulier.

MODULE I. LES STYLES FONCTIONNELS
13
C’est la croix, la bannière, pour se sustenter. Huber-Frédéric-Patrick-Stanislas,
duc de Montmorency À cinq ans et demi, j’avais déjà ma Ferrari.
As-tu saisi, mon pote, notre envie de révolte?
J’ai envie de crier zut, flûte, crotte, chi-ier ! Neuilly-Auteuil-Passy, c’est pas
du gâteau. Neuilly-Auteuil-Passy, tel est notre ghetto.
Salut (bises), tu-vas-biên*...?
Y en a marre de Fauchon, de Hédiard*,
Du saumon, du caviar.
Mon avenir à moi est déjà tout tracé:
Lycée privé, Sciences-po, EN A* ou НЕС*.
Et dans le pire des cas reprendre la boîte de papa ! Salut (bises), tu-vas-biên?
Nous sommes issus d’une famille qui n’a jamais souffert.
Nous sommes issus d’une famille qu’on ne peut plus souffrir.
Les Inconnus, chanson créée par les Inconnus, D.R.
bien: imitation de l’accent des beaux quartiers Fauchon, Hédiard: épiceries
de luxe EN A: École nationale d’administration.
НЕС: École pour les hautes études commerciales.

MODULE I. LES STYLES FONCTIONNELS
14
TEST
1. Le style fonctionnel qui a ses particularités, telles que: le vocabulaire
spécifique (par exemple, on y emploie largement les mots dits familiers),
l’emploi particulier des pronoms (on, ça au lieu des pronoms personnels),
la syntaxe expressive avec des phrases elliptiques, des exclamations etc.,
c’est le français ______.
2. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un langage codé qui consiste
à inverser les syllabes. Ce procédé est l’un des classiques tours de l’argot,
mais immortalisé par le chanteur Renaud dans le classique «Laisse béton»,
c’est _______.
Voici les adjectives qui servent à caractériser des discours oraux
ou écrits.
3. Classez ces mots:
• selon qu’ils se reflètent à une norme socio-culturelle et à une échelle
de valeurs;
• selon qu’ils se reflètent à une situation de communication spécifique.
Argotique
Courant
Ésotérique
Jargonnant
Poétique
Populaire
Technique
Recherché
Châtié
Soutenu
4. A) Permettez- moi, chère Madame, de vous présenter Mme Gaillot.
B) Permettez- moi de vous présenter ma femme.
C) Vous connaissez pas ma bourgeoisie?
1) Français standard
2) Français familier
3) Français soutenu

MODULE I. LES STYLES FONCTIONNELS
15
5. A) C’est un film super.
B) C’est vraiment un très bon film.
C) Ce film ne suscite que des éloges.
1) Français standard
2) Français familier
3) Français soutenu
6. A) Ces problèmes me deviennent insupportables.
B) J’en ai marre de ces problèmes.
C) J’en ai assez de ces problèmes.
1) Français standard
2) Français familier
3) Français soutenu
7. A) Ça m’est égal.
B) Cela m’est indifférent.
C) Je m’en balance.
1) Français standard
2) Français familier
3) Français soutenu
8. A) Une voiture
B) Une bagnole
C) Une véhicule
1) Familier
2) Administratif
3) Courant
9. A) Une piaule
B) Une maison
C) Une demeure
1) Courant
2) Argotique
3) Soutenu
10. A) La porte
B) L’huis
C) La lourde
1) Argotique
2) Soutenu
3) Courant

MODULE I. LES STYLES FONCTIONNELS
16
11. A) Les vêtements
B) Les fringues
C) Les effets
1) Soutenu
2) Courant
3) Familier
12. A) Un emploi
B) Un travail
C) Un boulot
1) Familier
2) Administratif
3) Courant
13. A) Le désordre
B) la pagaille
C) Le bordel
1) Courant
2) Vulgaire
3) Familier
14. A) dormir
B) Faire dodo
C) Roupiller
1) Familier
2) Courant
3) Enfantin
15. A) Se hâter
B) Se dépêcher
C) Se grouiller
1) Soutenu
2) Familier
3) Courant
16. A) Bosser
B) Vaquer à ses occupations
C) Travailler
1) Courant
2) Familier
3) Soutenu

MODULE I. LES STYLES FONCTIONNELS
17
17. A) Malpropre
B) Déguelasse
C) Sale
1) Courant
2) Soutenu
3) Familier
18. Voici les adjectifs qui servent à caractériser des discours oraux
ou écrits. Classez ces mots:
1. selon qu’ils se reflètent à une norme socio-culturelle et à une échelle
de valeurs;
2. selon qu’ils se reflètent à une situation de communication spécifique.
Enfantin
Didactique
Familier
Trivial
Spécialisé
Administratif
Oratoire
Noble
Télégraphique
Sophistiqué
Élevé
Relâché

18
MODULE II .
LA ST YL IS TI QU E DE S MO TS
I. Les figures de style
1. Les mots
On peut considérer:
leur longueur: Un navire passait MAJESTUEUSEMENT (Vigny).
leur graphisme: italiques, majuscules, calligrammes.
leur sonorité: la répétition insistante de phonèmes consonantiques s'appelle
une allitération, la répétition insistante de phonèmes vocaliques s'appelle une
assonance.
Lorsque l'assonance ou l'allitération a pour intention ou effet d'imiter un bruit
et seulement dans ce cas, vous pouvez parler d'onomatopée appelée aussi parfois
harmonie imitative.
Lorsque l'effet est volontairement désagréable, on parle de cacophonie.
Ex: La pipe ô papa du Pape Pie pue. (Prévert).
2. Les écarts
par suppression d'un phonème:
Lorsqu'un phonème est supprimé en tête de mot, on parlera d'aphérèse:
«Dis-moi 'man!»
Lorsqu'un phonème est supprimé en fin de mot, on parlera d'apocope.
Lorsqu'un phonème est supprimé en milieu de mot, on parlera de syncope.
par adjonction d'un phonème:
Lorsqu'un phonème est ajouté en tête de mot, on parlera de prothèse.
Lorsqu'un phonème est ajouté en milieu de mot, on parlera d'épenthèse.
Ex: «Merdre» (Jarry dans Ubu roi).
Ne pas oublier le cas particulier de la diérèse: passion.
par répétition:
La répétition proprement dite: les mots répétés sont séparés: «Je lui donnai
ce que le jour m'avait donné.» (Eluard).
La reprise: ils ne sont pas séparés: «Volupté, volupté qui fut jadis maîtresse».
L'anaphore: le mot est répété au moins trois fois en tête de phrase.
L'épiphore: le mot est répété au moins trois fois en fin de phrase.

MODULE II. LA STYLISTIQUE DES MOTS
19
par inversion:
On profite d'une équivalence phonique pour établir une équivalence
sémantique: «Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.»(Pascal).
le calembour: jeu sur le sens, la prononciation ou l'écriture d'un mot.
Ex: «Les miroirs feraient mieux de réfléchir un peu avant de renvoyer notre image»
(Cocteau).
l'à-peu-près est un calembour fondé sur une similitude incomplète.
la paronomase est la juxtaposition de mots ayant des phonèmes communs mais
des signifiés différents.
l'anagramme consiste à former un mot avec les lettres d'un autre. Ex: Boris Vian =
Bison Ravi.
la contrepèterie: il s'agit d'intervertir des lettres ou des syllabes.
l'acrostiche: les premières lettres des phrases forment un nom. Ex:
La nuit descend,
On y pressent,
Un long, un long destin de sang. (Apollinaire).
la métathèse: il s'agit de la permutation des consonnes témoignant ainsi d'une
ignorance de la langue dans une volonté de réalisme souvent comique: «aréodrome"»
II. Les figures de rhétorique
1. Les images
La comparaison: elle comporte trois éléments: l'élément réel, l'élément figuré
et un élément grammatical soulignant le passage du réel au figuré. Ex: «les claviers
résonnaient (réel) ainsi que (élément grammatical) des cigales (figuré)» Lamartine.
L'apposition ne comporte plus que deux éléments, l'élément réel et l'élément
figuré te une simple virgule souligne le passage. Ex: «Les flots glissaient le long
du bord, vertes couleuvres.» Victor Hugo.
La métaphore supprime tout élément marquant le passage du réel au figuré
qui sont confondus, le figuré se substituant au réel. Il en existe deux sortes:
la métaphore in praesentia: où l'élément réel est cité. Ex: «Clodomir lissa
sa moustache de maïs avec le crochet de son index» (Giono).
la métaphore in absentia: où l'élément réel n'est même plus cité (substitution totale).
Ex: «cette faucille d'or (= la lune en croissant) dans le champ des étoiles.» (Victor Hugo).
Remarque: La métaphore filée est une métaphore qui se prolonge sur
plusieurs mots.

MODULE II. LA STYLISTIQUE DES MOTS
20
La métonymie: l'image naît par contiguïté. On y garde le même signifiant
(le même mot) mais par glissement de sens on en change le contenu (rapport
d'association). Ex: le contenu par le contenant "Boire une bonne bouteille".
La synecdoque repose, elle, sur un rapport d'inclusion établi entre deux
éléments: la partie pour le tout ou le tout pour la partie.
L'allégorie: est une métaphore ou une comparaison très développée qui
transcrit une entité, une abstraction (sentiment, idée) en termes concrets et convergents.
Le symbole (c'est le contraire de l'allégorie): un élément concret se charge
d'abstraction, finit par exprimer une idée. Ex: La mort du loup d'Alfred de Vigny,
symbole de la condition humaine.
L'hypallage consiste à attribuer à un être ou une chose des qualités qui
appartiennent à un autre être ou à une autre chose. Ex: «Les moissonneurs posant
leurs faucilles lassées» (Desfontaines).
L'antonomase est l'emploi d'un nom propre comme nom commun.
Ex: un harpagon, un don juan.
2. L'expression détournée
La périphrase: désigne une chose par une de ses caractéristiques.
Ex: le dieu foudroyant: Jupiter; la Ville-lumière: Paris.
L'euphémisme consiste à atténuer, par pudeur, crainte, émotion, ou ironie.
Ex: «ils reposent"» pour «ils sont morts» ou «il a manqué de courage» pour «il
a été lâche».
La litote se distingue de l'euphémisme parce qu'elle atténue la chose en
question en faisant appel à une formule négative: elle exprime le positif par
le négatif. Ex: «Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes.»
(il faisait beau).
L'antiphrase: procédé fondamentalement ironique. Elle consiste à dire
le contraire de ce que l'on pense.
L'hyperbole: ou exagération. Ex: «C'est un roc, c'est un pic, c'est une
péninsule...» (tirade du nez dans Cyrano de Bergerac.)
La gradation ou renchérissement. Ex: «Oui, messieurs, un lourdaud,
un animal, un âne.» (La Fontaine).
La correction (procédé inverse). Ex: «Vous n'accordez qu'un jour, une
heure, un moment.»
La concession: ex: «Puis, quand ainsi serait que, selon ta prière...»
Соседние файлы в предмете [НЕСОРТИРОВАННОЕ]
