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Стилистический анализ художественного текста на французском языке. Учебное пособие

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MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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L'ANTÉPIPHORE
Le mal dont les hommes sont responsables est en fin de compte le vrai visage
du mal.
(Jean-Claude Barreau)
Une phrase est en quelque sorte encadrée par un mot, puisque c'est celui qui
a amorcé la phrase qui la termine.
La figure en action
L'antépiphore est l'apparition d'un même mot (ou d'un même groupe de mots)
au début et à la fin d'une phrase:
La police a-t-elle besoin du matériel journalistique pour savoir ce que fait
la police? (Michel C. Auger)
L'égoïste est celui qui n'emploie pas toutes les minutes de sa vie à assurer
le bonheur de tous les autres égoïstes. (Lucien Guitry)
Règle numéro un, des jeunes meurent à la guerre. Règle numéro 2, les
médecins militaires ne peuvent rien changer à la règle numéro un. (MASH)
Il arrive qu'un mot apparaisse au début d'une phrase et à la fin de la phrase
suivante:
Pourtant, à deux pas de sa chaise, il se figea tel un chien d'arrêt: son père était là… Il venait de sentir l'odeur unique du tabac que fumait son père. (Gilbert Cesbron)
L'antépiphore, c'est aussi la présence de la même strophe au début et à la fin d'un poème, de la même phrase au début et à la fin d'un paragraphe ou encore du même vers au début et à la fin d'une strophe:
Que vous disent les vieilles rues
Des vieilles cités?…
Parmi les poussières accrues
De leurs vétustés
Rêvant de choses disparues
Que vous disent les vieilles rues? (Émile Nelligan)
Ses effets
Quand on reprend l'élément initial à la fin d'une phrase:
• Attirer l'attention de son public, puisque le début et la fin d'une phrase sont
des positions clés.
• Mieux persuader le lecteur ou l'auditeur, le retour d'un mot ou d'une suite
de mots dans ces positions étant une manière d'enfoncer le clou.
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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Quand on répète le vers initial à la fin d'une strophe:
• Exprimer une passion, traduire une obsession.
• Provoquer un effet de circularité ou d'éternel retour.
Étymologie: Antépiphore est formé du mot latin ante qui veut dire «au début»
et d'un terme grec signifiant «apporter ensuite».
Synonyme ou variante: épanadiplose. VOIR anaphore, épiphore, répétition stylistique.
L'ANTIMÉTABOLE
Il faut rire avant de mourir de peur de mourir sans avoir ri.
(Maxime)
Deux mots sont repris, mais dans l'ordre inverse. Il retourna vers la nuit, bouche immense, immense oreille. (Gilbert Cesbron) L'auteur a aussi croisé des termes, mais un seul est répété.
La figure en action
L''antimétabole est l'interversion de mots qui reviennent tels quels ou en
subissant une modification:
On passe les trois quarts de sa vie à faire sans vouloir et à vouloir sans faire.
(André Malraux)
Aussi Jacquotte riait-elle […] toujours fredonnant quand elle ne chantait
point et chantant quand elle ne fredonnait pas. (Honoré de Balzac)
Le procédé permet de dire autre chose avec les mêmes mots. À la manière du chiasme*, la représentation de l'antimétabole peut se faire
au moyen d'une croix:
fredonnant chantait
chantant fredonnait
Souvent, le mot repris change de signification (ce qui rappelle l'antanaclase*). C'est le cas de canons dans les vers suivants (qui renferment aussi une répétition de mots appelée anaphore*):
Ceux qui donnent des canons aux enfants
Ceux qui donnent des enfants aux canons. (Jacques Prévert)
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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La modification de l'ordre des termes peut entraîner des changements de classes grammaticales. À preuve, l'exemple suivant où un verbe se transforme en nom et, à l'inverse, un nom se transforme en verbe:
Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d'action. (Henri Bergson)
L’antimétabole ludique exploite le double sens* et les mots de forme identique:
Cela va beaucoup mieux. Dans mes débuts je me serrais la ceinture. Maintenant c'est la ceinture qui me serre. (Smaïn)
Quand on intervertit des termes, mais qu'un seul d'entre eux est repris, on parle alors d'antimétabole partielle:
On reproche à mon client de n'être pas médecin. Je reproche, moi, aux médecins de n'être pas tous des guérisseurs. (René Floriot)
Mot d'esprit, l'antimétabole suivante se double de la répétition stylistique* d'un verbe:
Certains hommes parlent pendant leur sommeil. Les conférenciers parlent pendant le sommeil des autres. (Alfred Capus)
Ses effets
• Transmettre une vision de la réalité tantôt tragique, tantôt comique.
• Favoriser l'émergence d'idées nouvelles sur le mode sérieux
humoristique.
• Créer un effet de contraste.
• Servir d'argument pour persuader son public.
• Retourner un argument en vue de désarmer un interlocuteur:
Pensez-vous réellement ce que vous dites?
Et vous, dites-vous réellement ce que vous pensez?
• Créer un rythme particulier.
• Faciliter la mémorisation.
Étymologie: Antimétabole vient d'un mot grec signifiant «changer en jetant en sens inverse».
Synonymes: régression, réversion.
VOIR antanaclase, chiasme, contrepèterie, dérivation, parallélisme,
polyptote.
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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L'ANTIPHRASE
Ces jeux ont coûté la modique somme de 1,4 milliard de dollars après une
estimation de 300 millions.
(Presse écrite)
Grâce au contexte, le lecteur saisit P'ironie du journaliste qui dénonce
la somme «exorbitante» qu'on a dû débourser.
La figure en action
L'antiphrase est l'expression du contraire de ce qui est ou de ce que l'on pense
pour que le public saisisse notre vraie pensée:
C'est un très bel art que celui qui désole les campagnes, détruit les habitations,
et fait périr année après année quarante mille hommes sur cent mille. (Voltaire)
Connaissant les positions de Voltaire, le lecteur comprend que, loin d'être un très bel art, la guerre est une activité odieuse. Il comprend que l'ironiste fait semblant de trouver beau ce qui ne l'est pas, qu'il y a une différence entre ce qu'il dit (le message apparent) et ce qu'il veut faire entendre (le message réel).
Lorsque Marat, cet homme doux, et Robespierre, cet homme propre, demandaient celui-là, trois cent mille têtes, et celui-ci la permanence de la guillotine […] (Charles Baudelaire)
Compte tenu de ce que Baudelaire dit de Marat et de Robespierre, on saisit que, à ses yeux, le premier est tout le contraire d'un homme doux et le second, tout le contraire d'un homme propre.
Ci-dessous, Prosper Mérimée dénigre les agissements de certains Français qui viennent d'acheter des esclaves noirs africains:
Les nouveaux maîtres se hâtèrent de leur ôter leurs fourches de bois pour leur donner des carcans et des menottes de fer; ce qui montre bien la supériorité
de la civilisation européenne.
Deux «voix» se font entendre: celle de l'écrivain dénonçant la situation et celle des Européens de l'époque, qui se pensent supérieurs, notamment parce qu'ils ont substitué le fer au bois.
À l’oral, on décode les antiphrases grâce au ton de la voix, aux mimiques, aux gestes accompagnant le message et à l'écart entre ce qui est dit et les faits. A l'écrit, l'interprétation ironique repose sur le contexte et l'analyse de la situation. On la signale parfois par la ponctuation (point d'exclamation, points de suspension, guillemets) ou par des mots et des expressions à prendre à contre-pied (ex.: vraiment,
évidemment, bien entendu; comme on pouvait s'y attendre, comme chacun sait).
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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Toutefois, à certains moments, il peut être prudent d'indiquer la portée
ironique de son message:
Il faut voir ce film à tout prix: c'est un pur chef-d'œuvre. Oui, oui, c'est
de l'ironie. (La Presse)
Ses effets
• Exprimer divers sentiments, très souvent l'amertume ou l'indignation.
• Viser une cible:
• Critiquer une situation ou une position, la dénoncer en attirant l'attention sur
ce qu'elle a d'inacceptable.
• Discréditer la position d'un adversaire en feignant de l'adopter.
• S'en prendre à quelqu'un, le blâmer ou l'attaquer.
• Se moquer de quelqu'un, le railler ou le tourner en dérision.
• Agir sur le lecteur ou l'auditeur:
• L'inviter à reconnaître le message réel sous le message apparent.
• Le surprendre, le déconcerter, pour mieux l'influencer.
• S'arranger pour qu'il prenne conscience de situations ou de comportements
jugés anormaux, et qu'il y réfléchisse.
• Le séduire, l'amuser.
• Être prudent par crainte de représailles: on pourra toujours nier avoir exprimé
le contraire de sa pensée.
Étymologie: Antiphrase vient d'un mot grec signifiant «contre-vérité». VOIR antithèse, paradoxe.
L'ANTITHÈSE
Il avait fabriqué une histoire fausse à l'aide de plusieurs faits vrais qu'il situait
ensemble et récemment […]
(Gilbert Cesbron)
Deux groupes de mots de sens opposés s'éclairent l'un l'autre, à distance.
La figure en action
L'antithèse associe des mots en opposition de sens, mots qui se mettent
réciproquement en valeur:
Il promène ses idées blanches dans les sombres corridors de sa conscience.
(Paul Wyczynski)
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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Envie de décrocher? Voilà un tarif qui va vous accrocher! (Hôtel Delta)
Les mots qu'oppose l'antithèse ne sont pas nécessairement des contraires ou des antonymes:
Oh ! si gai, que j'ai peur d'éclater en sanglots! (Émile Nelligan)
Une larme de Courvoisier pour un flot de souvenirs. (Publicité)
L'antithèse ludique nous amuse, en particulier quand elle joue avec les mots:
Ce court roman met en vedette des chats et des hirondelles. C'est charmant et bien écrit. Ça repose des histoires d'humains, décidément trop bêtes. (Josée Blanchette)
Dans la conversation, gardez-vous bien d'avoir le dernier mot, le premier. (Sacha Guitry)
Quand tu es pris la main dans le sac, tu ne devrais pas, en plus, te mettre les
pieds dans les plats. (Pierre Foglia)
Ses effets
• Traduire la dualité, l'opposition.
• Accentuer les contrastes, exprimer avec force les conflits.
• Faire ressortir les contradictions à l'intérieur d'un personnage ou entre deux
personnages.
• Dramatiser une situation.
• Persuader son auditoire au moyen d'une opposition prolongée et élaborée.
• Renforcer l'opinion que l'on défend. On confronte alors deux ensembles
de mots opposés, «celui qui valorise sa thèse et celui qui discrédite la thèse adverse». (Robert Baniol)
• Faire rire, surtout quand les termes opposés ne sont pas en rapport l'un avec
l'autre.
Étymologie: Antithèse vient d'un terme grec qui signifie «opposition».
Remarque: Contrairement à l'oxymore* et au paradoxe*, l'antithèse ne présente
aucune contradiction apparente.
Synonyme: contraste.
VOIR antiphrase, chiasme, oxymore, paradoxe, parallélisme.
L'ANTONOMASE
Le Roi-Soleil s'installa définitivement à Versailles en 1672.
(Presse écrite)
Voilà l'illustration d'une des trois formes de cette figure: le remplacement d'un nom propre (Louis XIV) par des noms communs formant une périphrase* (le Roi-Soleil).
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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La figure en action
L'antonomase remplace un nom propre par un nom commun ou par un groupe
de mots. A l'inverse, elle remplace un nom commun par un nom propre.
Du nom propre au nom commun: Gardez-vous d'imiter ces coquettes vilaines […] Et de vous laisser prendre aux
assauts du Malin. (Molière) [Cf. Satan]
Fonctionnant alors comme un nom propre, le nom commun prend la majuscule. [Dans la langue courante: le Sauveur (= le Christ), la Vierge (= Marie),
le Philosophe (= Aristote), le Poète (= Virgile), etc.]
Du nom propre au groupe de mots (une périphrase*): Alors les ministres tremblent, font des compromis et puis un soir un groupe plein
de ferveur renverse la statue du Petit Père des peuples. (Jacques Godbout) [Cf. Staline]
[Dans la langue courante: le Petit Caporal (= Napoléon), la Dame de fer
(Margaret Thatcher), la Belle Province (= le Québec), etc.]
Du nom commun au nom propre:
• Le savant n'est plus un Moïse guidant les populations. (Edgar Morin)»
• Si vous faites figure d'un David dans le monde du placement, voulez-vous
vous mesurer à un Goliath? (Walwyn)
[Dans la langue courante: un harpagon (= un avare), un tartuffe (= un hypocrite), un don Juan (= un séducteur sans scrupule), un hercule (= un homme d'une force exceptionnelle), un Démosthène (= un grand orateur), un don Quichotte (= un homme généreux et rêveur), un Crésus (= un riche), un Judas (= un traître), etc.]
Ses effets
Quand on remplace un nom propre par un nom commun ou une périphrase:
• Résumer le caractère d'un être.
• Attirer l'attention sur un de ses traits essentiels.
• Éviter une répétition de mots.
Quand on remplace un nom commun par un nom propre:
• Mettre en valeur la caractéristique d'une personne au moyen du nom propre
d'une autre personne qui a la réputation d'avoir cette caractéristique.
• Établir une connivence avec le public invité à saisir cette caractéristique.
• Éviter une répétition de mots.
Étymologie: Un verbe grec signifiant «appeler d'un nom différent» est à l'origine du mot antonomase.
VOIR allusion, métonymie, périphrase, synecdoque.
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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L’APOSTROPHE
Toi, Paris, je suis bien dans tes bras.
(Enrico Macias)
D'ordinaire, l'apostrophe permet de s'adresser à une personne pour établir avec elle un contact. Dans cette chanson, c'est une réalité non humaine qu'on interpelle. Il y a donc un écart entre cet emploi particulier et l'usage habituel de ce moyen d'expression.
La figure en action
Comme figure, l'apostrophe est le procédé qui consiste à interrompre soudainement son propos pour s'adresser à une personne (en général absente ou disparue), à un animal, à son lecteur, à une idée ou à un objet personnifiés, à une force surnaturelle, à Dieu:
Salut, ô mer, mon berceau, mon image! (François-René de Chateaubriand)
Ô Satan, prends pitié de ma longue misère ! (Charles Baudelaire)
Pas un ne recula. Dormez, morts héroïques. (Victor Hugo)
Berceau, que n'as-tu fait pour moi tes bras funèbres? (Émile Nelligan)
Toi et moi, cochon, nous ne serons estimés qu'après notre mort. (Jules Renard)
Ses effets
• Révéler une émotion profonde du sujet parlant.
• Créer un effet de surprise en raison du caractère inattendu de ce type
d'interpellation.
• Interpeller un auditeur à des fins polémiques pour susciter son adhésion.
• Donner au lecteur l'impression qu'il participe au récit, par exemple.
• Mieux persuader l'auditoire réel en s'adressant à un autre auditoire, présent
ou absent, animé ou inanimé.
• Louer ou blâmer un être absent, «comme représentant symbolique d'une
vertu ou d'un vice». (Jean-Jacques Robrieux)
Remarque: Grâce à la prosopopée*, on fait parler certaines réalités au lieu de les interpeller.
Synonyme: interpellation.
VOIR exclamation, personnification, prosopopée.
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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L'ASSONANCE
Banco. Plus de numéros qu'il n'en faut.
(Loto-Québec)
Sur le plan sonore, on est frappé par la répétition de la voyelle [0] à la fin
de mots avoisinants.
La figure en action
Généralement, l'assonance est le retour voulu et remarquable d'une voyelle,
quelle que soit sa place, dans une suite de mots rapprochés:
Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages. (Alphonse de Lamartine) Le retour de la voyelle est d'autant plus perceptible qu'il se produit à intervalles
réguliers, en finale de mot, donc en position accentuée:
Un seul vœu, c'est trop peu; deux, c'est bien mieux. (Carte d'anniversaire)
Pour que le phénomène d'assonance se produise, il n'est pas nécessaire que les voyelles répétées aient la même orthographe; ce qui compte, c'est qu'elles aient le même son. Ainsi, dans le vers suivant, un même timbre vocalique présente trois graphies différentes: «ent», «an» et «ant».
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant. (Paul Verlaine)
L'assonance est souvent accompagnée d'une allitération* (répétition d'au moins une consonne). Ci-dessous, la consonne [r] attire autant l'attention que la voyelle nasale correspondant à la graphie «on»:
Avec des grondements que prolonge un long râle. (José Maria de Heredia)
L'assonance, c'est aussi le retour de la même voyelle à la fin de vers successifs qui ne riment pas:
Qu'est-ce qu'on peut pour votre ami
Qui souffre d'une douleur infinie (Saint-Denys Garneau)
Il n'y a pas de rime*, puisque les deux mots associés n'ont en commun que leur dernière voyelle. Il s'agit donc d'une assonance de fin de vers (que certains considèrent comme une rime pauvre).
Ses effets
• Créer une impression, un climat.
• Donner une certaine tonalité, une certaine couleur à l'expression. Voici
quelques illustrations qui peuvent aussi renfermer des répétitions de consonnes (allitérations*):
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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Les voyelles représentées par les lettres «i» et «u» ont la stridence de l'aigu,
propre à suggérer la clarté ou l'acuité de bruits:
Je revis ces campagnes où j'entendis si souvent siffler la grive. (François-René
de Chateaubriand)
Les voyelles représentées par les lettres «an» (ou «en») et «on» peuvent faire
naître l'image de quelque chose de sombre et de voilé:
Les vendredis sanglants et lents d'enterrement (Guillaume Apollinaire) Les voyelles représentées par les lettres «o» et «ou» peuvent évoquer
la gravité, la tristesse, les bruits sourds, la lourdeur:
La boule rouge bouge et roule. (Robert Desnos)
• Rappeler les échos de fins de vers, ceux produits par la rime*:
• Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire. (Jean Racine)
VOIR allitération, homéotéleute, rime.
L'AUTOCORRECTION
Ce bref exposé avait pour but de montrer que le système de la rhétorique antique
n'a rien perdu de son utilité ou mieux de sa nécessité.
(Olivier Reboul)
L'auteur fait comme si l'emploi d'un terme ne le satisfaisait pas; aussi s'empresse-
t-il d'en ajouter un autre qui traduit encore mieux sa pensée.
La figure en action
L'autocorrection est le retour volontaire sur ce que l'on vient de dire ou d'écrire
pour le rectifier:
J'ai exercé une profession qui, toute une partie de ma vie, m'a obligé à paraitre, que dis-je, à comparaître devant le public et la critique. (Yves Furet)
A l'écrit, l'autocorrection est toujours une feinte. L'auteur, en effet, aurait pu biffer sa première formulation et la remplacer par la nouvelle. Il a préféré s'exprimer par touches successives (comme dans une gradation*):
Dans les jours qui suivirent, je fus encore admis ou plutôt convoqué à deux autres lectures confidentielles. (Marcel Pagnol)
Le procédé inverse est la confirmation:
A ses étudiants chargés de traiter des dissertations philosophiques (nous disons
bien: philosophiques), Alain donnait le conseil suivant […] (André Dulière)
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