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Стилистический анализ художественного текста на французском языке. Учебное пособие

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MODULE II. LA STYLISTIQUE DES MOTS
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3. Effets de combinaison
La redondance: tout effet de surdétermination, de caractérisations équivalentes.
Ex: «Un lac calme et paisible.»
La tautologie: (action de dire la même chose), variété de pléonasme lorsqu'il y a double propos. Ex: «Tout est dans tout et réciproquement.»; «C'est mon avis et je le partage.»
Les gallicismes: "c'est...que" ou "c'est...qui" (effet d'insistance). Ex: «C'est toi qui l'as nommé.» (Phèdre).
Oxymore ou oxymoron: rapprochement de termes normalement antinomiques. Ex: «une obscure clarté.»
La synesthésie: réunion de plusieurs sens, de plusieurs registres sensoriels. Ex: "un cri pointu»; «Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants, Doux comme les hautbois, verts comme les prairies.» (Baudelaire)
L'antithèse (ou opposition). Ex: «A vaincre sans péril on triomphe sans gloire.»
L'attelage: réunion d'un terme concret et d'un terme abstrait. Ex: «Vêtu
de probité candide et de lin blanc.» (Booz endormi de Victor Hugo).
L'énumération ou accumulation (plus de trois éléments). Ex: «Un génie, un savant, un grand homme, une gloire.»
Le balancement ou le parallèle. Ex: «les uns...les autres».
La prétérition: consiste à dire que l'on ne va pas dire précisément ce que l'on est en train de dire.
4. Autres procédés souvent utilisés. L'apostrophe: une interpellation. La prosopée: le fait de prêter des paroles à des idées, des absents ou des morts. L'interrogation et l’exclamation: réelles, signes d'affectivité. L'interrogation et l'exclamation oratoires: (ou fausse exclamation ou
interrogation). La réponse est contenue dans la question ou est apportée par l'orateur lui-même.
III. Effets de style par substitution de code
1. Les niveaux de langue
A une même époque il existe plusieurs niveaux de langue, utilisés selon
l'éducation, les circonstances... et l'intention de l'auteur.
Ex: «Les exercices de style» de Raymond Queneau. Langue littéraire: un soufflet Langue familière: une claque Langue tenue: une gifle Langue populaire: une beigne
MODULE II. LA STYLISTIQUE DES MOTS
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2. Écarts par rapport à la langue
Les néologismes: ce sont des mots créés: «le patrouillotisme» de Rimbaud. Les archaïsmes: emploi de mots déjà vieillis pour l'époque. Ex «chef» pour
tête aujourd'hui.
Emploi de termes techniques, de l'argot... Emploi de termes péjoratifs, neutres ou mélioratifs. Ex: «larbin», «domestique»
et «gens de maisons».
Les poncifs ou clichés: expressions déjà reproduites à un nombre illimité
d'exemplaires.
Le style burlesque: est le mélange volontaire et suivi de niveaux de langue
différents.
IV. Style et morphologie
L'orthographe: «Nouillorque» pour New York. Le prestige de cette ville
est atténué par l'évocation du mot «nouille».
Les barbarismes: Faute grossière de langage, particulièrement celle qui consiste à employer des mots forgés ou déformés, à se servir d'un mot dans un sens qu'il n'a pas. Ex:"J'te craignons point." Dom Juan de Molière.
V. Champs sémantiques et champs lexicaux
Étudier les différentes significations que prend le même mot dans un passage est définir son champ sémantique (c'est l'ensemble des significations, c'est à dire des dénotations et des connotations). Relever l'ensemble des signifiants illustrant un même concept est établir un champ lexical.
VI. La stylistique de la phrase
1. La parataxe et l'hypotaxe.
Les rapports de coordination et de subordination entre deux propositions, deux phrases ou deux paragraphes peuvent être explicitement exprimés par un mot de liaison (conjonction ou mot relatif) ou ne pas être exprimés grammaticalement, propositions, phrases et paragraphes étant seulement juxtaposés: on dit alors qu'il y a asyndète.
La parataxe est donc une construction par juxtaposition, sans qu'un mot de liaison indique la nature du rapport entre les phrases.
L'hypotaxe au contraire indique les liens de subordinations.
Quand la parataxe prédomine, on parle de style coupé. Elle caractérise le discours oral. L'hypotaxe relève plus de l'écrit.
MODULE II. LA STYLISTIQUE DES MOTS
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2. Ordres des termes. L'inversion est le déplacement (d'un mot ou d'un groupe de mots) par
rapport à l'ordre normal ou habituel de la construction. Ex: «Immuable est la loi.»
Le rejet: fait de rejeter à la fin de la proposition ou de la phrase un élément
important et significatif, l'ordre normal étant abandonné dans un souci d'expressivité.
3. Phrases inorganiques et organisées.
Quelques exemples de phrases inorganiques, non propositionnelles.
Les phrases elliptiques (du verbe, du nom). Ex: «Parti, le bonhomme!» L'anacoluthe: est une incohérence de construction, une rupture dans la
construction première de la phrase. Ex: «Et pleures du vieillard, il grava sur leur tombe / Ce que je viens de raconter.» (La Fontaine).
La syllepse: quand l'accord se fait par le sens et non selon la grammaire.
Ex: syllepse de nombre «Minuit sonnèrent.»; syllepse de genre «un jour une personne me dit qu'il...»
4 Quelques constructions particulières.
Le chiasme: consiste à reprendre les mêmes éléments dans l'ordre inverse
(symétrie rigoureuse).
Ex: «Et osent les vaincus, les vainqueurs célébrer.» ( verbe - nom - nom - verbe)
(Du Bellay).
La période: on appelle période une «Phrase complexe dont les membres
composants sont groupés de telle façon que, si variés qu'ils soient dans leur structure, leur assemblage donne une impression d'équilibre et d'unité» (Marouzeau).
Une période est dite ascendante quand la voix reste en suspens presque jusqu'à la fin parce que l'élément porteur de la signification essentielle de la phrase a été rejeté en fin de phrase.
Une période est dite descendante quand l'élément porteur de la signification essentielle est donné dès le début.
La période est dite pyramidale quand les temps de montée et de descente sont égaux.
MODULE II. LA STYLISTIQUE DES MOTS
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TEST
Complétez avec un nom d’animal. (Précisez l’image culturelle qui est liée
au nom de cet animal).
1. Ils ont tous obéi à leur chef et l’ont suivi comme _____________________.
2. C’est une hypocrite. Ses pleurs, c’étaient des larmes de ________________.
3. Le gouvernement fait sembler de ne pas voir les vrais problèmes et parle
d’autre chose. C’est la politique de ____________________________________.
4. Regardez-les! Aucun n’a réagi aux propos scandaleux. Je me demande s’il
se passe quelque chose dans leur tête. Tous des ___________________________.
5. Vous voyez ces grands bâtiments où s’entassent les pauvres gens. Moi,
j’appelle ça des cages à _____________________________________________.
6. Il est rusé, malin. Méfiez-vous de lui! C’est un vieux _________________.
Quel défaut ou quelle qualité veut-on souligner les expressions suivantes?
7. Il se dégonfle facilement.
8. C’est un individu sans foi ni loi.
9. Elle a les poches percées.
10. Dans sa jeunesse, il a mené une vie de bâton de chaise.
11. Il est souvent dans les vignes du seigneur.
12. Elle n’attache pas son chien avec des saucisses.
13. Il joue toujours franc jeu.
14. Elle a mis de l’eau dans son vin.
15. Il n’a pas froid aux yeux.
16. On définie ____________ comme le caractère spécifique de l’action, c’est-à-dire, le sujet parlant fait le choix des moyens linguistiques pour exprimer telles ou telles idées.
17. _______ est le mot nouveau qu’on ne retrouve pas en dehors du contexte de son apparition.
18. _______ sont les mots vieillis exprimant des notions qui ont disparu ou qui sont en voie de disparition.
19. Les mots que l’on choisit pour exprimer une réalité ou une idée permettent soit d’atténuer soit de renforcer certains aspects de cette réalité ou de cette idée, ce sont __________.
20. _________ sont les mots vieillis qui sont des vocables désuets associés à des notions vitales qui survivent dans la langue et qui sont rendus par d’autres vocables plus récents.
MODULE II. LA STYLISTIQUE DES MOTS
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Lisez un extrait tiré de la nouvelle «La rempailleuse» de Guy de Maupassant.
Faites l’analyse stylistique de ce texte.
Guy de Maupassant: La rempailleuse. Texte publié dans Le Gaulois du 17 septembre 1882, puis publié dans le recueil Les contes de la bécasse (pp. 131-148).
Texte d'origine sur http://www.bmlisieux.com
Un jour – elle avait alors onze ans – comme elle passait par ce pays, elle rencontra derrière le cimetière le petit Chouquet qui pleurait parce qu’un camarade lui avait volé deux liards. Ces larmes d’un petit bourgeois, d’un de ces petits qu’elle s’imaginait dans sa frêle caboche de déshéritée, être toujours contents et joyeux, la bouleversèrent. Elle s’approcha, et, quand elle connut la raison de sa peine, elle versa entre ses mains toutes ses économies, sept sous, qu’il prit naturellement, en essuyant ses larmes. Alors, folle de joie, elle eut l’audace de l’embrasser. Comme il considérait attentivement sa monnaie, il se laissa faire. Ne se voyant ni repoussée, ni battue, elle recommença; elle l’embrassa à pleins bras, à plein cœur. Puis elle se sauva.
Que se passa-t-il dans cette misérable tête? S’est-elle attachée à ce mioche parce qu’elle lui avait sacrifié sa fortune de vagabonde, ou parce qu’elle lui avait donné son premier baiser tendre? Le mystère est le même pour les petits que pour les grands.
Pendant des mois, elle rêva de ce coin de cimetière et de ce gamin. Dans l’espérance de le revoir, elle vola ses parents, grappillant un sou par-ci, un sou par­là, sur un rempaillage, ou sur les provisions qu’elle allait acheter.
Quand elle revint, elle avait deux francs dans sa poche, mais elle ne put qu’apercevoir le petit pharmacien, bien propre, derrière les carreaux de la boutique paternelle, entre un bocal rouge et un ténia.
Elle ne l’en aima que davantage, séduite, émue, extasiée par cette gloire de l’eau colorée, cette apothéose des cristaux luisants.
Elle garda en elle son souvenir ineffaçable, et, quand elle le rencontra, l’an suivant, derrière l’école, jouant aux billes avec ses camarades, elle se jeta sur lui, le saisit dans ses bras, et le baisa avec tant de violence qu’il se mit à hurler de peur. Alors, pour l’apaiser, elle lui donna son argent: trois francs vingt, un vrai trésor, qu’il regardait avec des yeux agrandis.
Il le prit et se laissa caresser tant qu’elle voulut.
Pendant quatre ans encore, elle versa entre ses mains toutes ses réserves, qu’il empochait avec conscience en échange de baisers consentis. Ce fut une fois trente
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sous, une fois deux francs, une fois douze sous (elle en pleura de peine et d’humiliation, mais l’année avait été mauvaise) et la dernière fois, cinq francs, une grosse pièce ronde, qui le fit rire d’un rire content.
Elle ne pensait plus qu’à lui; et il attendait son retour avec une certaine impatience, courait au-devant d’elle en la voyant, ce qui faisait bondir le cœur de la fillette.
Puis il disparut. On l’avait mis au collège. Elle le sut en interrogeant habilement. Alors elle usa d’une diplomatie infinie pour changer l’itinéraire de ses parents et les faire passer par ici au moment des vacances. Elle y réussit, mais après un an de ruses. Elle était donc restée deux ans sans le revoir; et elle le reconnut à peine, tant il était changé, grandi, embelli, imposant dans sa tunique à boutons d’or. Il feignit de ne pas la voir et passa fièrement près d’elle.
Elle en pleura pendant deux jours; et depuis lors elle souffrit sans fin.
Tous les ans elle revenait; passait devant lui sans oser le saluer et sans qu’il daignât même tourner les yeux vers elle. Elle l’aimait éperdument. Elle me dit: «C’est le seul homme que j’aie vu sur la terre, monsieur le médecin; je ne sais pas si les autres existaient seulement.»
Ses parents moururent. Elle continua leur métier, mais elle prit deux chiens au lieu d’un, deux terribles chiens qu’on n’aurait pas osé braver.
Un jour, en rentrant dans ce village où son cœur était resté, elle aperçut une jeune femme qui sortait de la boutique Chouquet au bras de son bien-aimé. C’était sa femme. Il était marié.
Le soir même, elle se jeta dans la mare qui est sur la place de la Mairie. Un ivrogne attardé la repêcha, et la porta à la pharmacie. Le fils Chouquet descendit en robe de chambre, pour la soigner, et, sans paraître la reconnaître, la déshabilla, la frictionna, puis il lui dit d’une voix dure: «Mais vous êtes folle ! Il ne faut pas être bête comme ça !»
Cela suffit pour la guérir. Il lui avait parlé ! Elle était heureuse pour longtemps.
Il ne voulut rien recevoir en rémunération de ses soins, bien qu’elle insistât vivement pour le payer.
Et toute sa vie s’écoula ainsi. Elle rempaillait en songeant à Chouquet. Tous les ans, elle l’apercevait derrière ses vitraux. Elle prit l’habitude d’acheter chez lui des provisions de menus médicaments. De la sorte elle le voyait de près, et lui parlait, et lui donnait encore de l’argent.
MODULE II. LA STYLISTIQUE DES MOTS
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Comme je vous l’ai dit en commençant, elle est morte ce printemps. Après m’avoir raconté toute cette triste histoire, elle me pria de remettre à celui qu’elle avait si patiemment aimé toutes les économies de son existence, car elle n’avait travaillé que pour lui, disait-elle, jeûnant même pour mettre de côté, et être sûre qu’il penserait à elle, au moins une fois, quand elle serait morte.
Elle me donna donc deux mille trois cent vingt-sept francs. Je laissai à M. le curé les vingt-sept francs pour l’enterrement, et j’emportai le reste quand elle eut rendu le dernier soupir.
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MODULE III.
LES FIGURES DE ST YL E ET LEU RS EF FE TS
Répertoire alphabétique
Qu'est-ce qu'une figure de style?
Fait étonnant, il existe plusieurs définitions de la figure. C'est là une question de points de vue. Suivant le judicieux conseil de Paul Valéry, «Entre deux mots, il faut choisir le moindre», optons pour la simplicité.
Définissons donc la figure de style, d'abord comme une formulation personnelle qui se substitue à une formulation courante; ensuite, comme une formulation courante dont on a détourné l'usage.
Vous avez envie d'avoir un peu plus d'explications? L'observation de deux énoncés de même sens devrait éclairer le premier volet de notre définition, soit la figure comme formulation personnelle:
L'or est un placement en or. (Formulation figurée)
(Presse écrite)
L'or est un très bon placement. (Formulation non figurée)
Qu'est-ce qui vous frappe dans notre premier exemple? Les deux apparitions du mot or, bien sûr, mais aussi la place qu'il occupe (au début et à la fin de la formulation), de même que le changement de signification d'une apparition à l'autre (du sens propre au sens figuré). L'auteur de cette phrase a été attentif autant à l'expression qu'au contenu. En choisissant de placer dans des positions stratégiques un même terme dont il a modifié la valeur, il s'est exprimé de manière figurée. On ne retrouve rien de tel dans la seconde formulation, qui, avouons-le, est plus banale.
De ce point de vue, la plupart des figures ont une forme particulière reconnaissable. Jetez un coup d'œil au slogan publicitaire suivant:
Comment diminuer le prix d'une voiture de luxe sans diminuer le luxe de la voiture. (Nissan)
Vous remarquez sans peine que les noms voiture et luxe sont repris, mais dans un ordre inverse. Des mots qui se répètent dans une construction en croix, voilà une forme particulière reconnaissable.
Pour illustrer le deuxième volet de notre définition (la figure comme une formulation courante dont on a détourné l'usage), considérons une question et sa réponse:
Quel personnage? Shakespeare, voyons! (Jacques Folch-Ribas)
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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En général, l'interrogation est un procédé qui n'a rien de figuré. Mais elle acquiert le statut de figure si on la détourne de son usage courant: demander un renseignement ou chercher à obtenir une information. Or, dans l'exemple précédent, pour rendre le public complice, l'auteur formule une question à laquelle il s'empresse de répondre. Fausse question équivalant à la phrase déclarative: Le personnage est évidemment Shakespeare. Dans cette optique, la figure n'a pas de forme ni de structure particulière; ce qui frappe, c'est l'emploi inhabituel d'un procédé. Les figures ne sont pas toutes originales, direz-vous. C'est un fait. Mais définir la figure comme une formulation individuelle ou un détournement de l'usage habituel implique qu'on ne tient compte ici ni des figures-clichés, qui ont perdu leur pouvoir de séduction (le blanc manteau pour désigner la neige, par exemple), ni des figures d'usage, qui sont consignées dans les dictionnaires (entre autres, le matraquage publicitaire et l'hémorragie des capitaux). En somme, seules nous intéressent les créations conscientes que sont les figures d'invention.
Ajoutons que tout locuteur faisant preuve de créativité peut transformer la parole d'autrui ou une expression de la langue. Par exemple, Honoré de Balzac s'est amusé à modifier le proverbe Qui trop embrasse mal étreint:
Qui trop embrasse a mal aux reins.
Et, pour l'adapter au contexte, Marcelle Auclair a retouché la locution haut comme trois pommes:
Ce bonhomme haut comme trois oranges - le fruit du pays -, on l'imagine jouant des coudes dans la foule […]
Ou encore, à la façon de Jacques Prévert, un auteur peut réactiver une figure d'usage (ici, se tuer dans le sens de «se donner beaucoup de mal»):
Quand quelqu'un dit:
Je me tue à vous le dire!
Laissez-le mourir.
En somme, expression tout à fait personnelle ou usage individualisé de la langue, la figure de style se fait remarquer en raison de son originalité. Certes, la figure d'invention est le fruit d'un travail parfois exigeant. Heureusement que, d'ordinaire, son emploi ajoute de l'élégance à l’expression et suscite l'intérêt du lecteur ou de l'auditeur. Voilà son premier objectif. Mais il y en a d'autres.
À quoi sert la figure de style?
Aborder tous les effets potentiels de l'expression figurée nous entraînerait dans des considérations fort longues et parfois complexes. Tenons-nous-en aux effets
MODULE III. LES FIGURES DE STYLE ET LEURS EFFETS
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généraux, ceux que l'on rencontre tous les jours, à l'oral comme à l'écrit. Quels sont ces effets?
Ajouter du sens
La figure n'étant pas un simple ornement, le plus souvent, elle fait naître des significations secondes (des connotations). La phrase que voici l'illustre parfaitement:
Les marchands de la mort s'enrichissent particulièrement en temps de guerre.
(La Presse)
Écrire les marchands de la mort plutôt que les marchands d'armement militaire permet de faire surgir toutes les impressions désagréables liées à la mort et d'en imputer la responsabilité autant à ceux qui vendent cet armement qu'à ceux qui l'utilisent.
Fournir l'expression appropriée à l'impression qu'on veut faire naître
Grâce à l'attention que l'on accorde à la forme du message figuré, il devient percutant. Voilà pourquoi la figure nous porte davantage à la réflexion et qu'elle suscite en nous sentiments et émotions, telle cette formulation originale de Paul Verlaine:
Ô triste, triste était mon âme
À cause, à cause d'une femme.
L'absence de toute figure donnerait: J'étais très triste à cause d'une femme. Moins efficace, n'est-ce pas?
Établir une complicité
Plusieurs figures invitent le lecteur ou l'auditeur à deviner ce qui n'est que suggéré ou évoqué. D'autres l'obligent à interpréter une équivoque ou une incompatibilité de sens. C'est le cas, par exemple, de cette alliance de mots:
La Corée du Sud, le minuscule géant. (Titre de la presse écrite)
On est forcé de s'arrêter pour rétablir cette inconséquence apparente: territoire minuscule, ce pays n'en est pas moins un géant sur le plan économique.
Frapper l'imagination
Pas surprenant qu'on entende souvent l'expression «langage imagé». Ainsi, c'est l'imagination de Guy de Maupassant qui l'amène à associer les mots fumée et serpent:
Le vaste bateau glissait, jetant sur le ciel, qui semblait ensemencé d'étoiles,
un gros serpent de fumée noire.
Et quand un auteur exprime une vision personnelle du monde, il nous invite à libérer notre propre imagination.
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