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ivanov666
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Файл:Le patrimoine français (Культурное наследие Франции от античности до современности). Учебное пособие
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L’impressionnisme
Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, l’impressionnisme révolutionne
la peinture et annonce l’art moderne. En 1874, de jeunes peintres constitués en
association exposent leurs toiles chez le photographe Nadar. Leurs audaces picturales
et le choix de leurs sujets provoquent le scandale.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Édouard Manet (18I2-1821) rompt avec
les conventions picturales. Il compose des tableaux qui exploitent les qualités
plastiques du motif et révolutionne l’art de peindre en refusant le modelé en clair
obscur. I.a lumière découpe brutalement le tableau, la couleur est posée en larges
aplats, sans nuances qui symbolisent les formes. Le geste pictural est libre et direct.
Manet, d’abord reçu au Salon (1861) avec mention, est refusé en 1863 avec Le
Déjeuner sur l’herbe, jugé scandaleux.
Très admiré, Manet devient le chef de file de jeunes peintres qui refusent
l’académisme: Monet, Renoir, Sisley, Bazille, Degas. Mais Manet, voulant garder son
indépendance, ne se joindra pas à ses amis lors de leur première exposition à Paris, en
1874, сhez Nadar. C’est lors de cette exposition qu’un critique, se référant au tableau
Impression, soleil levant de Monet (1872), les surnomme «impressionnistes».
Les premières lignes ferroviaires conduisent les artistes sur les bords de la
Seine, de la Marne et en Normandie. Claude Monet (1840-1926), Pierre Auguste
Renoir (1841-1919) et Camille Pissarro (1830-1903) travaillent directement dans la
nature, peignant en louches rapides et nerveuses la vie frémissante des berges et des
villages. Les Impiessionnistes exaltent l’émotion de la sensation fugitive et de la
précarité de l’instant.
Renoir, au cœur de Montmartre, compose ses toiles les plus célèbres dans
lesquelles la lumière criblée par le feuillage tombe en «pluie» de petites touches
claires sur les personnages (Le Bal au moulin de la Galette, 1876). Pissarro est le
peintre des vues insolites, des paysages traversés par un chemin ou une route.

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Edgar Degas (1834-1917) reçoit une formation classique à l’école des Beaux
Arts de Paris puis se tourne vers l’impressionnisme, dont il apprécie la liberté des
thèmes. II puise son inspiration dans la vie de la capitale, s’attache aux ambiances de
la lumière artificielle, au monde du théâtre et aux coulisses de l’Opéra. C’est aussi le
peintre des blanchisseuses, des cafés, du petit peuple parisien et des champs de
courses, qu’il fréquente et dessine d’un trait virtuose.
Berthe Morisot (1841-1895), après sa rencontre avec Manet eu 1868, rejoint les
impressionnistes. Son œuvre témoigne du bonheur tranquille de ses proches (Le
Berceau, 1873).
Alfred Sisley (1839-1899), d’origine britannique, s’installe en France et rallie
Monet et Renoir dès la première exposition chez Nadar. Sa peinture aux tons clairs
exprime la douceur des campagnes tranquilles et silencieuses.
En marge de l’impressionnisme
Dans le sillage de la révolution impressionniste, de nombreux artistes (isolés ou
regroupés en mouvement) poursuivent la remise en cause des règles classiques de la
peinture.
Autour de Paul Gauguin: l’école de Pont-Aven et les Nabis
Pont-Aven est un village breton fréquenté par de jeunes peintres paysagistes qui
apprécient le décor «primitif» de la Bretagne. Ils affirment le style du cloisonnisme:
la couleur est posée en aplat, le dessin cerne les contours. En 1886, Paul Gauguin
(1848-1903) y fait un premier séjour et s’impose comme le chef de file de ce
mouvement. Les peintres de Pont-Aven admirent son intuition picturale. Au cours de
ses voyages dans les îles du Pacifique, Paul Gauguin poursuit ses recherches sur le
dessin primitif et sur la puissance de la couleur.
Les jeunes peintres de Pont-Aven redécouvrent la valeur de la couleur pure et
la force expressive des arabesques décoratives. Paul Sérusier (1863-1927) est

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l’initiateur de ce groupe qui se retrouve à Paris. Il place Gauguin au rang de prophète
et réalise une peinture manifeste, Le Talisman: un couvercle de boîte de cigares sur
lequel il peint un paysage avec de violents aplats de couleurs. Le groupe se constitue
avec les peintres Pierre Bonnard (1867-1947) et Édouard Jean Vuillard (1868-1940).
Il prend le nom de Nabis (terme hébreu signifiant «prophètes»).
Le néo-impressionnisme
Pour renouveler les recherches picturales sur la couleur, les peintres
divisionnistes appliquent la récente théorie du mélange optique du chimiste Chevreul.
Ils pulvérisent et «divisent» à l’extrême la touche picturale pour juxtaposer des points
de couleur primaire. Vus de loin, ils se mélangent dans l’œil du spectateur qui aperçoit
finalement les couleurs secondaires: par exemple, des points jaunes et des points
rouges composent à distance une couleur orangée. Georges Seurat (1859-1891) crée
le style néo-impressionniste avec Paul Signac (1863-1935) et Henri-Edmond Cross
(1856-1910).
Les individualités
Natif d’Albi, Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) est un fils de
l’aristocratie occitane. Malade des os, il est infirme et condamné à garder une taille
d’enfant. Très bon dessinateur, il «monte» à Paris et rencontre Degas, qui l’initie à la
vie parisienne. Toulouse-Lautrec fréquente les cabarets et les maisons closes de
Montmartre. Influencé par son maître, il privilégie l’expressivité du dessin.
Hollandais d’origine, Vincent Van Gogh (1853-1890) décide de s’installer à
Paris pour peindre. Il rencontre Gauguin et partage avec lui la passion pour les arts
primitifs. Ils vont ensemble à Arles, à la rencontre de la «vraie» lumière solaire du
Midi. Van Gogh dessine avec son pinceau et griffe avec ses doigts dans l’épaisseur de
la peinture. Son œuvre exprime la tension d’un artiste qui, au comble du tourment, se
suicide et meurt seul et méconnu.

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2. Lisez le texte et essayez de remplir les colonnes de ce tableau:
MOUVEMENT
AUTEUR
OEUVRES
Le romantisme:
les premiers romantiques
François-René de
Chateaubriand
M
me
de Staël
Le romantisme: la poésie
romantique
Alphonse de Lamartine
Alfred de Musset
Alfred de Vigny
Le romantisme: le théâtre
romantique
Victor Hugo
Alexandre Dumas
Le romantisme: le roman
Entre le romantisme et le
réalisme
Le réalisme: la poésie
Le réalisme: le roman
Le symlolisme
Le naturalisme
Le XIXe siècle
Ils sont complexes, et il est impossible de les préciser avec certitude. Voici,
semble-t-il, le point essentiel: avant 1789, l’écrivain s’adresse encore à une élite, à la
société polie, aux salons. Le goût est déterminé selon des convenances qui ne changent
que lentement. Mais la Révolution, en brisant les cadres sociaux, a considérablement
élargi le public littéraire, et multiplié les formes du goût. On tend à l’individualisme.
Au XVIIe s. et au XVIIIe s., la matière littéraire est relativement restreinte; le

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XIXe s. va en reculer les bornes. Il abordera tous les thèmes, tous les sujets, en poésie
comme en histoire, dans la critique comme dans le roman. En politique, en
philosophie, les thèses les plus opposées vont s’affronter.
La seconde moitié du XVIIIe s. marquait un retour à la sensibilité. La
Révolution française en est fort imprégnée et ses principes de liberté, d’égalité et de
fraternité font confiance à la bonté humaine et libèrent la personnalité de l’individu.
Mais un bouleversement social n’agit pas tout de suite sur la littérature. Les
goûts littéraires ne changent point parce que la forme de l’État s’est modifiée. Ce n’est
souvent que la génération suivante qui rejette des façons de penser et d’écrire
périmées. Ainsi le lyrisme romantique n’apparaîtra que vers 1820. Du reste, au temps
de la Convention, les préoccupations politiques primaient tout, puis le despotisme
impérial vint museler les lettres.
Après 1789, les formes littéraires du passé se maintiennent donc, très
médiocres. Cependant l’on assiste, comme il est normal, à un brillant développement
de l’éloquence politique avec Mirabeau, elle donne ses premiers chefs-d’œuvre. Enfin
deux grands écrivains, Chateaubriand et Mme de Staël, contribuent, sous l’Empire, à
former l’esprit nouveau. Ils font mieux connaître les littératures étrangères. Ils luttent
contre la tyrannie napoléonienne, qui étouffait la pensée libre et individuelle, et qui
imposait à tous un utilitarisme étroit et sec. Leurs œuvres sont déjà romantiques en ce
sens qu’elles ne sont que l’expression lyrique de leur personnalité. Ils rompent avec
la tradition classique en recherchant d’autres sources d’inspiration (notamment le
Moyen Âge).
Le romantisme
Né en Angleterre et en Allemagne, le romantisme éclôt en France vers 1800, au
retour des exilés de la Révolution. Il rejette la raison universelle des Lumières au profit
de la sensibilité personnelle. Le tempérament romantique fait de passion, de soif
d’absolu et de conscience du malheur se retrouve tout au long du XIXe siècle.
On appelle romantisme le développement du lyrisme, qui, dès 1820, s’est

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manifesté dans la poésie, le genre dramatique, le roman, etc. C’est une période
brillante, une sorte de renaissance après la décadence classique et les années
d’insécurité. Elle coïncide du reste avec une période de paix.
Les origines de ce mouvement sont lointaines: avec Rousseau, la littérature
réagit déjà contre le rationalisme et la discipline classiques, et revient à la sensibilité
et à l’individualisme. Chateaubriand et Mme de Staël furent, pour la génération qui
entre en scène vers 1820, «deux protestations vivantes contre l’oppression de l’âme et
du cœur». Cette génération avait grandi dans le tumulte révolutionnaire et au milieu
des guerres impériales: les uns firent des rêves de gloire, puis se trouvèrent réduits à
l’inaction, après 1815; les autres souffrirent du despotisme de Napoléon, de l’esprit
positif dont il voulait imprégner la société. Tous écoutèrent le souffle de poésie qui
circulait dans le Génie du christianisme, dans les commentaires enthousiastes de Mme
de Staël sur la littérature allemande. Ils rêvèrent d’exprimer à leur tour les sentiments
qui les oppressaient: amour, foi, haine, espoir, et surtout leur mélancolie, la mélancolie
de René, qui est comme la rançon de songes trop exaltés, d’un désir trop grand de
sensations nouvelles.
La nouvelle littérature sera donc lyrique, et elle subira une crise de mélancolie,
plus ou moins âpre selon les tempéraments: c’est le mal du siècle.
Au XVIIIe s., les échanges d’idées furent très grands entre la France et
l’étranger. Or l’influence des écrivains anglais (Shakespeare, 1564- 1616; Walter
Scott, 1771-1832; Byron, 1788-1824) et allemands (Goethe, 1749-1832; Schiller,
1759-1805; Hoffmann, 1760-1828) travaille dans le même sens que celle de
Chateaubriand et de Mme de Staël: les romantiques les lurent avec passion. Ils en
gardèrent le goût du rêve, des mélancolies troubles, du pittoresque violent, des
passions tumultueuses, de la poésie libre. Par haine du classicisme, ils découvrirent
avec enthousiasme les oeuvres du Moyen Âge et de la Renaissance, dont ils ne
comprirent pas toujours le sens véritable: les gestes, la Divine Comédie, Rabelais,
Ronsard.

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Mais aucune œuvre n’exerça une influence plus grande que les poèmes
d’Ossian: ces légendes du nord, fantastiques et brumeuses, enflammèrent les
imaginations.
Le mot romantique se trouve déjà chez Rousseau. Le mot s’applique donc
d’abord aux lieux qui rappellent les descriptions des romans (genre plus libre, non
asservi aux traditions classiques), aux paysages qui, par leur caractère mouvementé,
plaisent à l’âme sensible. Le terme reparaît chez Mme de Staël, qui l’emprunte aux
Allemands: il désigne alors, par opposition aux littératures classiques, nourries de
l’antiquité, les littératures qui s’inspirent du Moyen Âge et du christianisme et sont
plus favorables à la poésie. Le romantisme s’insurgera donc contre l’imitation des
anciens, la tyrannie de la raison, la classification des œuvres en genres soumis à des
règles de goût, précises et strictes. Il proclamera la liberté, dans l’art, des inspirations
individuelles et cherchera des thèmes nouveaux (le Moyen Âge, l’Orient, etc.). Par
réaction aussi contre ce que la doctrine classique avait de net et de clair, il aimera le
pittoresque violent, la nature sauvage, le fantastique, la légende.
Mais cette mode n’empêcha nullement les grands poètes d’exprimer des
émotions largement humaines.
Liberté dans l’art: les tempéraments vont donc se traduire de façons différentes,
et de Lamartine à Musset, il est difficile de préciser une doctrine unique, sauf sur
quelques points.
- Les grands poètes romantiques, délaissant vite les outrances d’une sensibilité
maladive, surent exprimer des sentiments intelligibles à tous, non pas des sentiments
rares et subtils, comme feront les symbolistes, mais des émotions qui peuvent trouver
un écho en chacun de nous. C’est sans doute là une caractéristique de l’esprit français,
qui s’élève toujours à l’universel, au vrai. En d’autres termes, les grands romantiques
traitèrent à leur tour, mais dans des formes et avec une sensibilité nouvelles, des lieux
communs: bonté ou indifférence de la nature, passions éternelles du cœur humain, etc.
- Sous l’infuence de Chateaubriand, le romantisme fut religieux. Le problème

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de la destinée humaine le tourmente. Selon la juste expression de M. Lanson, il est
«tout traversé de frissons métaphysiques».
- Les romantiques ont fortement enrichi la langue classique, trop abstraite à leur
gré pour traduire tant de sentiments nouveaux. Ils donnèrent une importance
particulière à la versification: richesse et sonorité de la rime, mobilité de la césure.
Cette double réforme, et de la langue et du vers, est surtout l’œuvre de Victor Hugo.
La poésie
Avant 1820, la production poétique se traîne dans la banalité. Cependant,
certains chants révolutionnaires1, faibles peut-être de style, valent au moins par le
sentiment: ils ont traduit l’enthousiasme patriotique de tout un peuple. Quelques
poètes élégiaques, Millevoye (1782-1816), Chêne-Dollé (1769-1833), annoncent un
peu Lamartine.
En 1820, les Méditations de Lamartine, dont le succès fut immense, puis en
1822 les Odes de Hugo, encore fort classiques de forme, mais d’un style coloré et
pittoresque, et les premiers poèmes de Vigny, annoncent l’avènement d’un art
nouveau.
Les romantiques, violemment attaqués et raillés par les tenants du classicisme,
ne formaient pas encore une école: de 1823 à 1828, ils commenceront à se grouper et
à préciser leur idéal. Dès 1823, Charles Nodier réunit dans son salon de l’Arsenal
Vigny, Hugo, Soumet, Chêne Dollé, Emile et Antony Deschamps, Ancelot, etc. C’est
le premier cénacle, dont le romantisme est encore assez timide. Le second cénacle se
groupa vers 1827-1828 autour de Hugo: il comprenait Vigny, Sainte-Beuve, De
Nerval, Dumas, Nodier, Gautier, le peintre Delacroix, le sculpteur David d’Angers,
etc. Les tendances sont alors beaucoup plus hardies. Le manifeste de l’école fut la
préface de Cromwell (1827). En 1830, la bataille d’Hernani fut perdue par les
classiques. Et les chefs-d’œuvre de Lamartine, Hugo, Musset et Vigny s'imposèrent.
Il faut mettre à part Béranger, qui fut certainement de 1815 à 1850 le poète le
plus populaire de France.

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Dès 1850, une orientation nouvelle se dessine: la production poétique de
Lamartine, de Vigny et de Musset est terminée. Hugo seul survit au romantisme. Déjà
Gautier et Baudelaire annoncent une autre époque.
Le théâtre
Sous la Révolution et l’Empire, la tragédie selon la formule classique est
toujours en faveur, mais rien que des œuvres médiocres. Certains détails (déjà
rencontrés au XVIIIe s.) annoncent le drame romantique: goût des sujets empruntés à
l’histoire moderne, recherche de la couleur locale. La comédie, de même, n’a rien
produit de durable.
Un genre nouveau paraît, mais il n’appartient guère à la littérature: le mélo-
drame, sorte de tragédie populaire avec accompagnement musical aux passages
émouvants (depuis la Révolution, il faut satisfaire les goûts du peuple), où l’on
cherche plus à émouvoir les âmes sensibles par un pathétique verbeux, qu’à faire
œuvre d’art. Le mélodrame mélangeait sans crainte le trivial, le comique et le
grandiloquent. Il abordait volontiers les sujets historiques. Il était farci de traîtres, de
coups de théâtre impressionnants, de reconnaissances, d’escaliers dérobés, etc., et tout
cela ne fut pas sans influencer le théâtre romantique.
C’est surtout au théâtre que les romantiques livrèrent bataille aux classiques. À
la tragédie, ils opposèrent le drame: mélange du comique et du tragique; sujets
empruntés à l’histoire moderne; suppression des trois unités, des confidents, des
récits. Le drame reproduit la réalité, recherche la couleur locale, ne craint point de
montrer sur la scène un meurtre, un duel, etc., et use d’un style plus libre, souvent
lyrique. La plupart de ces éléments se trouvaient déjà épars dans les mélodrames et
certaines tragédies. Ils se rencontraient aussi dans Shakespeare, dont l’influence était
grande alors. Cependant les romantiques maintinrent dans le drame, par le style et par
le dénouement malheureux, une certaine noblesse tragique qui manque évidemment
aux mélodrames.
Hugo rassembla tous les desiderata de la jeune école dans la préface de

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Cromwell (1827): selon lui, la poésie a eu un développement analogue à celui de
l’humanité. D’abord lyrique (c’est la période de rêve et d'extase: la Bible), puis épique
(c’est la période d’action: Homère), enfin dramatique: c’est la période d’analyse des
passions du cœur humain, dont le christianisme nous a montré la complexité; à côté
des instincts supérieurs, les instincts vils et brutaux. Le modèle admirable, ici, c’est
l’œuvre de Shakespeare. Le drame, pour être vrai, sera donc sublime et grotesque à la
fois, il peindra la réalité totale, sans souci des règles absurdes. Mais l’artiste devra
choisir dans la réalité: Hugo ne dit pas liberté de l’art, mais liberté dans l’art.
Malheureusement, les œuvres ne tinrent pas ce que ce manifeste semblait
promettre. Les drames de Hugo, faibles du point de vue psychologique, gâtés par
l’emploi de procédés de mélodrame, ne sont sauvés que par la beauté du style et la
force de certaines scènes. Ceux d’Alexandre Dumas ne valent que par le pittoresque
de la couleur locale et le mouvement: le style est médiocre et la psychologie nulle.
Le public finit par se lasser des outrances romantiques: en 1843, Les Burgraves
de Hugo furent accueillis froidement, tandis que triomphait une tragédie, Lucrèce, de
Ponsard. Mais cette réaction fut sans lendemain et le théâtre en vers resta longtemps
dédaigné, jusqu’à Henri de Bornier et Rostand.
Quant à la comédie, les romantiques la dédaignèrent en général. À cette époque,
le genre n’est représente que par Scribe, dont les pièces sont fort oubliées: elles ont
des qualités scéniques, mais l’observation des moeurs est superficielle et le style
faible.
Mais le chef-d’œuvre dramatique du romantisme, ce sont les pièces de Musset.
Il est difficile de les classer dans telle ou telle catégorie. Nullement écrites pour la
scène, elles s’imposèrent par leur fantaisie poétique, leur lyrisme vibrant, leur
psychologie exacte et fine. Musset se moque de toute technique et y supplée par le
génie.
Le roman
De tous les genres littéraires, c’est le roman qui a pris la plus grande extension,
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