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Le patrimoine français (Культурное наследие Франции от античности до современности). Учебное пособие

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Renart (1170-1250), s’attachent à parodier la hiérarchie de la cour par la transposition animale: Renart est le vassal du roi Noble, le lion, qui rend la justice entouré d'un conseil d’animaux, les barons.
Courts récits dont on ignore les auteurs, à l’exception de Rutebeuf et de Jean
Bodel d’Arras, les fabliaux sont récités par des jongleurs et leur nombre va croissant de la fin du XIIe siècle au milieu du XIVe s. Ils ont pour fonction première de faire rire
et sont étrangers à toute forme de principe moral ou religieux. Les personnages sont
des vilains (bourgeois et paysans) qui s'expriment dans un langage grossier. Les
mêmes schémas se retrouvent toujours: le paysan triomphant du chevalier, le naïf se faisant posséder par tous...
Comme dans le roman courtois, la femme occupe généralement la place centrale: elle surpasse son mari par sa beauté, sa naissance bourgeoise et son intelligence, et ne pense qu’à le ridiculiser ou à le tromper. L’amour apparaît dans sa réalité quotidienne et charnelle.
À partir des fabliaux, que les jongleurs mettent en scène sommairement, et des mystères, qui laissent une place grandissante aux épisodes comiques, se développe, au milieu du XVe siècle, la farce. C’est une pièce comique et son comique repose essentiellement sur les jeux de mots et les pitreries. Les plus célèbres, La Farce de maître Pathelin (vers 1465) et La Farce de Cuvier (vers 1450), reprennent le schéma du trompeur trompé.
À l’origine est lyrique le poème d’amour accompagné à la lyre. Son contenu correspond à un code. Pourtant certains poètes s’éloignent des codes et expriment
leurs sentiments personnels.
Les troubadours du Languedoc créent au XIe siècle une poésie lyrique courtoise qui chante le service de la dame. Le poète y déplore l’union impossible. Le désir inassouvi est sublimé par le langage mystique.
Au XIIe siècle, le lyrisme gagne le nord de la France et s’épanouit notamment dans le genre de la pastourelle, à la fois populaire et aristocratique: dans une chanson
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d’amour, où un chevalier courtise une bergère qui tantôt se laisse séduire, tantôt reste fidèle à son berger.
L’œuvre du poète Rutebeuf rompt avec l’esprit courtois; elle s’attache à la description réaliste des soucis de la vie quotidienne. Cette poésie, par le chaos qu’elle décrit et par la variété de sa forme (confession, satire, exhortation religieuse), reflète l’instabilité du XIIIe siècle.
Vers un lyrisme personnel:
À vingt-six ans, Christine de Pisan (1364-1431) est veuve avec trois enfants. En chantant sa douleur et sa solitude, elle connaît le succès et, fait exceptionnel, vit de sa plume. Les vingt-cinq années d’emprisonnement de Charles d’Orléans (1394-
1465) donnent à ses vers élégants des accents désespérés. François Villon (1431-après
1463) s’oppose au lyrisme conventionnel par ses thèmes et par sa langue. Il chante exclusivement ses compagnons miséreux et délinquants.
3. Lisez le texte, trouvez sur Internet les monuments romans les plus célèbres en
France.
Art et architecture romans
Le terme «art roman» apparaît après 1800 et veut diviser ce temps bien trop long, pointer un moment plus précis: celui où l’architecture médiévale, du Xe au XIIe siècle, est encore en continuité avec la tradition «romaine», avant l’époque des grandes cathédrales.
Ses églises adoptent le plan basilical, copie religieuse de la basilique civile romaine. Ce sont les maçons lombards, corporation d’artisans qui parcourra l’Europe, qui imposent à son axe une forme de navire renversé (la nef), et aux murs extérieurs ces motifs de bandes lombardes, restes décoratifs des arcatures qui renforçaient les églises paléochrétiennes. Un témoin de ce premier roman du Sud est l’église Saint- Vincent de Cardona, dans la province de Barcelone. Le succès du culte des reliques
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entretient la mode des cryptes, celui des pèlerinages fait naître les vaisseaux collatéraux, comme à Saint-Martin du Canigou, dans les Pyrénées, puis mènera jusqu’à la construction de déambulatoires dans les chevets. Les églises étant dirigées chevet vers l’orient (orientées donc), les transepts apparaissent de ce côté et traversent la nef pour évoquer la forme d’une croix. Au Nord, l’art ottonien insuffle aussi son
apport novateur et Saint-Pantaléon de Cologne est une transition entre architecture carolingienne et romane: on ajoute un transept occidental, représentant à l’entrée le
lieu symbolique du pouvoir temporel impérial, faisant face au pouvoir céleste du chevet. La France du Nord est au milieu de ces évolutions romanes et contribue à leurs ajustements au culte. La place croissante de la célébration du pain et du vin suscite un complément d’autels: dans le chevet à déambulatoire s’ajoutent alors des chapelles rayonnantes (absidioles), comme à l’église Saint-Etienne de Vignory, en Haute- Marne. Les grandes églises de pèlerinage, comme Saint-Sernin de Toulouse, possèderont enfin des tribunes, augmentant la capacité de circulation des fidèles.
L’architecture romane offre un support privilégié à de vastes programmes de sculpture. Les thèmes les plus fréquents des tympans des portails sont le Christ en majesté, entouré des quatre animaux évangéliques (Moissac), et le Jugement dernier
(Conques), vraies Bibles de pierre. Les chapiteaux, aux surfaces moins aptes aux
narrations, facilitent l’accroche d’une ornementation végétale et plus encore d’un bestiaire roman prolifique. Un exemple en est Vézelay, représentatif de son lien à l’ordre de Cluny qui essaime en Europe et influence les programmes architecturaux. Le monde des monastères fournissant à l’homme roman son système de valeurs, c’est un autre ordre qui va prospérer en réaction, celui de Cîteaux, dont Saint-Bernard prend la direction: l’art cistercien prône un retour à l’épure, à une sculpture dont doivent être absentes, selon lui, les «monstruosités ridicules». Les mêmes enjeux sacrés résonneront à propos des vitraux, des ivoires, émaux et orfèvrerie (au développement suscité par les Trésors des cryptes de pèlerinage), des miniatures des manuscrits.
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4. Lisez le texte, touvez sur Internet les monuments gotiques français:
Art et architecture gothiques
C’est après la Renaissance qu’apparaît d’abord l’expression «art gothique», à la teinte un peu péjorative: elle veut désigner toute une production artistique médiévale, qui, depuis l’Antiquité, aurait «attendu» la Renaissance, en restant sous l’influence du temps des invasions (Goths).
La notion d’art gothique se confond d’abord avec son temps le plus connu: le temps des cathédrales… Le latin cathedra désigne un siège de puissance, trône royal ou d’évêque: dans l’église cathédrale réside donc le siège de l’évêque, qui officie parmi le haut-clergé de ses chanoines, gouvernant au chapitre, ce collège de clercs qui règle les liturgies les plus solennelles de l’église. C’est à la montée en puissance de ces collèges médiévaux de chanoines, de cette élite ecclésiastique urbaine liée à l’émergence des grandes villes, que correspondent les grands chantiers gothiques du XIIIe siècle, localisés au départ dans une riche France du nord. Cette élite participe, de par son rang social et sa propriété des terrains, au financement des constructions. Elle en est aussi l’utilisatrice, on le mesure à l’allongement très important du chœur des édifices, au profit de stalles fastueuses, de plus en plus clôturées, qui forment une église dans l’église, espace où le haut-clergé officie avec faste, protégé de la circulation des pèlerins.
Les chantiers ont souvent pour maîtres d’ouvrage les évêques eux-mêmes, ou de puissants abbés, comme Suger à Saint-Denis. La rupture architecturale n’est pas pour autant brutale et évidente, car les formes intermédiaires sont nombreuses, notamment dans le monde anglo-normand qui engage d’abord ces constructions et parce que la suprématie du style roman reste complète jusque vers 1230. Les premiers
grands chantiers gothiques apparaissent en France avec Sens et Saint-Denis vers 1140,
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Noyon vers 1150, Soissons en 1176, Laon en 1180, Chartres vers 1195, Reims vers
1210. Dès 1175, l’architecte Guillaume de Sens est appelé pour la reconstruction du
chœur de la cathédrale de Canterbury et on peut y voir les débuts du gothique anglais. Pour autant un certain nombre de techniques existait déjà, comme à la cathédrale de Durham (1093) où des arcs romans se croisent en diagonale, ouvrant la voie à la voûte d’ogives gothique; de même de l’arc-boutant, que l’architecture anglo-normande dissimulait sous les combles, et que l’architecte de Sens rendra apparent. Ou encore l’arc brisé, que l’on trouvait déjà dans l’abbaye romane de Cluny. L’ensemble de ces allègements de structure et de maçonnerie permet de plus grandes ouvertures pour la lumière ; abondante, elle peut être réglée par le verre coloré, et le gothique permet le développement d’un art du vitrail de plus en plus raffiné.
Le gothique atteindra les édifices civils, dans l’affichage d’un équilibre urbain
de puissance entre pouvoir civil et religieux: en France, sous le règne de Charles V (1364-1380), on voit enfin l’architecture civile se détacher de l’inspiration des
constructions religieuses. Enfin quelques édifices civils dit gothiques relèvent plutôt
de la Renaissance, pendant laquelle le gothique continue son chemin, comme le Palais
du marchand Jacques Cœur à Bourges (1443), célèbre exemple du gothique dit «flamboyant».
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5. Texte complémentaire à lire:
Aix-la-Chapelle
Le roi sut être aussi un administrateur pour asseoir son pouvoir: il s’appuyait sur les évêques et sur les comtes dont les fidèles soldats assuraient l’ordre; il contrôla l’ensemble en envoyant ses représentants personnels, les missi dominici. Charlemagne
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fit édifier à Aix-la-Chapelle un palais qui était relié à une chapelle. C’était un octogone parfait avec une coupole où le Christ était représenté. Le trône de Charlemagne était au-dessus d’une galerie, comme un intermédiaire entre la terre et le ciel. Les séjours
loyaux furent fréquents à Aix qui devint résidence permanente et capitale à partir de
807. Une seconde Rome, une seconde Byzance naissait. L’action de Charlemagne visa à créer une cour autour de lui, et il chercha à y attirer des lettrés venus de tous les horizons. Une académie du palais se dessinait, surtout autour d’Alcuin. Son programme, précisé en 789, était d’ouvrir des écoles “pour apprendre à lire aux enfants”. Il faut, disait-on, “que dans chaque monastère, dans chaque évêché, on enseigne les psaumes, les notes, le chant, le comput, la grammaire, et qu’on corrige soigneusement les livres pieux, car souvent, alors que certains désirent prier Dieu, ils ne le peuvent pas du fait des fautes qui encombrent les livres”. La cour devait être aussi une école, les jeunes seigneurs y étaient nourris et c’est parmi eux que Charlemagne choisirait les comtes qu’il allait mettre à la tête des pagi - les “pays”. Une renaissance culturelle s’opéra dont le symbole fut une écriture plus soignée, claire et régulière, la “Caroline”. Elle fut marquée aussi par la construction de chapelles et d’abbayes. L’église de Germigny construite par l’évêque d’Orléans en est un beau témoignage.
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UNITÉ 4.
LE XVIe SIÈCLE
1. Lisez le texte, dressez la liste des peintres français du XVIe siècle:
La Renaissance naît en Italie au XIVe siècle, dans une Europe encore médiévale qu’elle va éblouir pendant deux siècles. Le mécénat des papes et des Médicis à Florence, les grandes découvertes en sciences, sciences humaines, l’imprimerie... favorisent l’éclosion de l’esprit scientifique et des arts.
La peinture s’enrichit de nouvelles techniques et idées picturales, comme l’utilisation accrue de l’huile sur toile: les pigments ne sont plus liés avec de l’œuf mais de l’huile, le support de bois est remplacé par la toile tendue. On note le progrès
de la restitution des trois dimensions, et la perspective.
Un siècle s’écoule avant que la Renaissance venue d’Italie gagne l’Europe. L’Europe du Nord, sous l’influence de la Réforme, abandonne les sujets religieux pour les scènes de genre ou le portrait.
Vers 1380, l’intérêt pour l’Antiquité classique et l’Italie gagne Paris, mais la guerre de Cent ans ralentit la réception des idées. À la cour de Bourgogne, le mécénat
des ducs facilite le croisement des artistes: on y engage Claude Sluter, sculpteur novateur des Flandres, on commande des toiles aux peintres flamands Van Eyck et Van der Weyden.
Les premières guerres menées en Italie (1494-1516) par les souverains de France lancent l’italianisation des goûts de la noblesse. Courtisans et ambassadeurs, envoyés vers les cours italiennes et le Saint-Siège, rentrent charmés de l’art péninsulaire.
En France, l’art est le fait du roi. François Ier, ébloui par le raffinement de la Renaissance lors des guerres d’Italie, décide de l’introduire à la cour et s’entoure d’artistes. Il invite Léonard de Vinci à Amboise, puis des Florentins, Francesco
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Primatice (1504-1570) et Fiorentino Rosso (1494-1540), à qui il confie la décoration de son nouveau palais (1533-1537). L’école de Fontainebleau est née. La grande galerie se pare de sujets allégoriques et sensuels mêlés au stuc en compositions
monumentales. La peinture de chevalet, en revanche, offre des portraits élégants aux
couleurs froides.
François Ier s’attache également une famille de peintres français d’origine flamande, les Clouet, spécialistes des portraits et du rendu des étoffes. Il dote son pays d’une collection prestigieuse d’œuvres de Léonard de Vinci, Raphaël, Titien, etc.
En musique, des philosophes se penchent sur la théorie, la musique polyphonique atteint son apogée; un nouvel art apparaît, celui de l’opéra. L’art de la céramique atteint l’excellence: les Italiens, à Faenza, améliorent la faïence avec des techniques d’émail importées d’Espagne. En France, Bernard Palissy pousse la céramique au maniérisme.
Enfin, un art relevant à la fois de la sculpture, de la littérature, de la mythologie, fait à partir de l’Italie un bond créatif: l’art des jardins. On y associe l’art antique des labyrinthes avec l’image humaniste de la nature maîtrisée. On incarne les fleuves par
des statues de dieux: elles projettent leurs eaux en animant fontaines, cascades et autres «divertissements hydrauliques». Le chef-d’œuvre en est la Villa d’Este à Tivoli.
2. Lisez le texte et essayez de remplir ce tableau:
GENRE
AUTEUR
OEUVRE
Prose
François Rabelais Michel de Montaigne Marguerite de Navarre
Gargantua et Pantagruel Essais
Le Heptaméron
Poésie
Théâtre
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La littérature du XVIe siècle en France
Les travaux d’érudits italiens pénètrent en France avec l’esprit de la Renaissance: confiance dans le progrès et réhabilitation de l’art de vivre de l’Antiquité. Les humanistes ont le souci de revenir à la source, la littérature gréco­latine, pour s’y former et proposer une morale universelle.
Les litterae humaniores sont littéralement «l’étude des lettres qui rend plus digne du nom d’homme». Il s’agit de tendre, grâce à la raison et à la connaissance, vers un idéal de perfection dans tous les domaines. En méditant sur la sagesse des textes antiques, l’homme exerce sa libre critique, donne sa place à la beauté et acquiert une élégance morale, signe d’une culture accomplie.
L’invention de l’imprimerie au milieu du XVe siècle conduit les grandes villes françaises à se doter d’une librairie. En 1500, quarante villes françaises en possèdent une. Le livre au format réduit se répand, favorisant le goût pour l’érudition et la diffusion des idées humanistes.
Nombre de dictionnaires bilingues, d’ouvrages littéraires, juridiques et scientifiques sont publiés. À cette érudition nouvelle s’ajoute une réflexion pédagogique, soucieuse de maintenir un équilibre entre les disciplines intellectuelles,
physiques et morales.
Les humanistes transmettent un esprit cosmopolite; ils tirent des leçons des
différents types de gouvernement qu’ils observent et tentent de décrire une société idéale fondée sur le pacifisme et l’équilibre.
Les humanistes sont ceux qui participent à ce nouvel esprit. D’abord linguistes comme, Guillaume Fichet (1433-1480), Jacques Lefèvre d’Étaples (1450-1537), Guillaume Budé et Henri Estienne (1531-1598), ils sont ensuite suivis par une génération d’érudits et de philosophes: Érasme (1469-1536), Rabelais (1494-1553),
Montaigne (1533-1592).
Dans la mythologie, les Pléiades sont une constellation. Au IIIe siècle, sept
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poètes d’Alexandrie choisissent ce terme pour se désigner. Ronsard et six de ses amis
reprennent ce nom. Leur ambition: conquérir l’immortalité en imitant les genres antiques. Leur outil: la langue française consacrée comme langue littéraire et poétique.
L’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539 a imposé la langue française dans les actes officiels. Reste à démontrer sa nécessité dans les textes littéraires.
En 1549, un manifeste écrit par Du Bellay, Défense et Illustration de la langue française, résume la doctrine du groupe: le poète doit servir la beauté en donnant à la langue française le souffle d’une grande littérature à l’imitation des Anciens.
S’appuyant sur les travaux philologiques des humanistes, les poètes de la Pléiade proposent d’enrichir la langue à partir de l’étude de ses mécanismes et de l’étymologie (emprunts au grec, au latin et aux dialectes, dérivations, ajouts de suffixes et de préfixes). Le principe premier de la Pléiade est de concilier la tradition antique et le souci d’innover. Le poète doit pratiquer les genres anciens (épigrammes, élégies, odes, satires), mais il doit choisir ses sources d’inspiration dans sa propre sensibilité.
Peu à peu, au cours du siècle, les poètes tendent à écarter l’éloquence au profit de la sincérité et de la justesse, par un renouvellement des formes poétiques, prôné
avant tout par Marot. Grâce à Marot et Mellin de Saint-Gelais (1491-1558), poète de cour sous François Ier, le sonnet, imité de Pétrarque, a été introduit en France au milieu du XVIe siècle. Le sonnet s’impose comme le genre bref le plus noble. Son ton se diversifie: d’abord lié à la thématique amoureuse (sur le modèle de Pétrarque), il devient tour à tour mignard, humoristique, satirique ou nostalgique. Du Bellay est le
maître du genre: il utilise toutes les ressources du rythme et de l’harmonie et séduit par le mouvement et l’intensité qu’il donne à ses vers.
La violence des guerres de Religion entre 1560 (la conjuration d’Amboise) et 1598 (l’édit de Nantes) fait naître une littérature militante et théologique.
Du côté protestant éclôt toute une littérature engagée avec Théodore de Bèze
(1519- 1605), Henri Estienne et surtout Agrippa d’Aubigné (1552-1630). Orateurs,