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ivanov666
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Файл:Le patrimoine français (Культурное наследие Франции от античности до современности). Учебное пособие
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Les pierres sont placées par ordre décroissant et chaque alignement s’achève
sur une enceinte mégalithique plus ou moins visible.
Pourquoi toutes ces pierres dressées et alignées? Nombreuses sont les
hypothèses qui tentent d’expliquer l’origine des alignements: monuments religieux,
culte de la lune ou du soleil, calendrier pour l’agriculture ou encore armée romaine
transformée en pierres selon une légende ... le mystère reste entier! Les vestiges de
cette période préhistorienne laissent tout de même penser qu’ils avaient une fonction
sacrée et funéraire.
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3. Lisez le texte en consultant le dictionnaire:
La Gaule appartenait au puissant empire romaine et à une admirable
civilisation. Le latin, illustré par d’admirables écrivains, était une langue universelle
et le demeura bien après la disparition de la civilisation antique. Le droit romain
s’enracina dans une grande partie de la Gaule. Les réalisations de Rome inspirèrent
de l’admiration pour des siècles et furent inlassablement imitées. Mais l’installation
romaine fut aussi celle d’un envahisseur. Les légions avaient montré leur efficacité
face à la bravoure gauloise. La culture romaine écrasait en grande partie tout ce qui
l’avait précédé, en particulier le savoir de ces druides qui étaient considérés avec
crainte, méfiance et peut-être mépris par les nouveaux venus. Et l’histoire de la Gaule
subissait les soubresauts de l’histoire romaine.
Les nobles gaulois conservèrent leurs droits et aspirèrent à devenir citoyens
romains. La romanisation fut favorisée par la présence de la Narbonnaise au sud: des
villes, cités romaines, furent créées où furent installés des vétérans des armées, et les
cités gauloises, devenues cités latines, connurent aussi un développement exemplaire.
Peu à peu, pour la Gaule chevelue, la carte administrative fut dessinée avec trois
Gaules (Aquitania, Celtica, Belgica) qui se rejoignaient à Lyon, fondé en 43 av. J.-C.

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et c’est là qu’en 12 av. J.-C. fut inauguré le sanctuaire fédéral des Trois Gaules près
du confluent du Rhône et de la Saône. Rome laissa vivre cette Gaule, se préoccupant
surtout de défendre le Rhin avec la création de deux Germanies. La romanisation
s’accéléra sous le règne de l’empereur Claude (41-54) qui était né à Lyon et qui tint,
dans un discours conservé dans cette ville grâce aux Tables claudiennes, à rappeler
que la Gaule connaissait la sécurité et la paix, et avait été parfaitement fidèle à Rome.
Il y aurait des sénateurs gaulois à Rome, et cette grande aristocrate devait durer plus
longtemps que l’empire romain. Et une seule cohorte, stationnée à Lyon, suffisait à
maintenir l’ordre dans la Gaule désormais pacifiée.
Les villes
Rome avait élaboré une civilisation urbaine. Chaque peuple gaulois se
regroupait autour d’une cité - civitas - et ces villes de Gaule adoptèrent le mode de vie
romain. Un forum, au carrefour de deux rues principales, était le centre de la vie
publique. Des aqueducs amenaient l’eau vers des thermes où la population pouvait se
délasser et qui étaient des centres d’art et de loisir. Le pont du Gard, qui était un
aqueduc, rappelle que cet art de la construction demeura inégalé jusqu’au XVIIIe
siècle. Le cirque ou les arènes étaient destinés aux combats de gladiateurs et aux
courses de chevaux, à tous ces jeux dont les Romains pensaient qu’ils étaient, comme
le pain, une nécessité. Les amphithéâtres et les théâtres pouvaient accueillir des
milliers de spectateurs et offrir des représentations plus sérieuses, et a Lyon un odéon
couvert était destiné au chant. Des monuments venaient orner les villes et les arcs de
triomphe rappelaient les victoires de Rome, comme un discret rappel à l’ordre. Enfin
ces villes défiaient le temps en adoptant les constructions en pierre de taille et bien
des édifices romains ont survécu à toutes les destructions.
Dans ces villes, s’installaient les agents de l’administration romaine et parfois
des vétérans des armées, mais aussi des artisans et des commerçants. Par des mariages,
les liens se renforcèrent entre Romains et Gaulois romanisés et ainsi s’élabora une
société gallo-romaine. Cette symbiose se marqua aussi dans la religion. Si les

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Romains vénérèrent leurs dieux, ainsi dans la Maison carrée de Nîmes, ils respectèrent
les dieux gaulois, et une véritable fusion fut réalisée à travers des dieux gallo-romains.
Les cultes orientaux firent en Gaule des adeptes et le christianisme s’y répandit aussi.
C’est à Lyon que furent sacrifiés des chrétiens en 177 et parmi eux sainte Blandine.
Les villae à la campagne
L’influence romaine marqua aussi les campagnes: les grandes familles
gauloises ou les riches Romains s’y constituèrent de vastes domaines fonciers. Elles
produisaient des charcuteries, du blé et du vin car la culture de la vigne s’étendait.
Dans leurs demeures campagnardes, ces riches Gallo-Romains adoptaient le même
mode de vie que dans leurs maisons en ville. Pour exploiter la terre, le propriétaire
pouvait avoir des esclaves, mais il eut tendance à la distribuer en petits lopins à des
colons. En 322, Constantin interdit à ces colons de quitter leur terre que le fils dut
reprendre après son père: cette dépendance héréditaire du tenancier à l’égard du maître
devait survivre lui aussi au monde romain. Tout ce que demandait l’État romain,
c’était que l’impôt pût rentrer dans ses caisses, donc que la terre fût bien exploitée et
cet impôt devint de plus en plus lourd. Les petits pays - pagi – vivaient autour d’un
centre local, le vicus - bourg ou petite ville. Les cités et les vici constituèrent le réseau
qui a structuré, pour une bonne part jusqu’à nos jours, la géographie française.
L. Bély, L’Histoire de France
4. Trouvez sur Internet d’autres monuments de l’époque gallo-romaine en France,
essayez de dresser leur liste en indiquant leur utilisation. Par exemple:
1. Les arênes de Nîmes: Les Arènes de Nîmes sont l’un des amphithéâtres les
mieux conservés de l’époque romaine. Ce monument impressionnant, édifié au I
er
siècle de notre ère, servait de cadre à des combats d’animaux et de gladiateurs.
Aujourd’hui, ce lieu exceptionnel accueille régulièrement des corridas, des courses
camarguaises et des concerts.
2. La maison carrée: La Maison Carrée, temple du forum de la ville, était un

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lieu dédié au culte impérial. Il s’agit du temple le mieux conservé du monde romain.
Cet édifice a été bâti entre 10 av. J.-C., sous le règne d’Auguste. C’était un bâtiment
pour célébrer l’empereur, plus tard une église, à un moment une mosquée et même un
musée.
3. Le pont du Gard: L’aqueduc auquel le Pont du Gard appartient, alimenta
pendant 5 siècles la ville de Nîmes en eau sous pression, en grande quantité. La cité
romaine, connaît au 1er siècle un tel développement qu’elle décide de se doter d’un
aqueduc, à l’instar de Rome, capitale et modèle pour tout l’empire romain. Cette
réalisation donne à la ville un prestige nouveau: fontaines, thermes, eau courante dans
les riches demeures ...
5. Lisez le texte. Quels saints vénérés des Français connaissez-vous?
Le christianisme
Après avoir été en Gaule la croyance de quelques minorités venues d’Orient, le
christianisme y devenait la religion de l’État, la religion officielle, avant d être la seule
autorisée. Au lieu d’une multitude de dieux, il imposait un Dieu unique à l’image de
celui des Juifs, mais il proposait aussi l’enseignement du fils de Dieu, le Christ. Les
empereurs convoquèrent des conciles œcuméniques où furent discutés les principaux
articles de foi: celui de Nicée en 325 fixa le Credo et condamna une hérésie,
l’arianisme. Une Église, c’est-à-dire une assemblée, se constituait dont les chefs
étaient les évêques. L’évêque de Rome, le pape, considéré comme le successeur de
saint Pierre, devait prendre une place à part dans la chrétienté. Saint Martin de Tours
(317-397), un ancien soldat, se fit aimer pour sa charité - il coupa en deux son manteau
pour le donner à un pauvre - et il fonda le premier monastère en Gaule, Ligugé, près
de Poitiers, puis, élu évêque de Tours, il en établit un autre, Marmoutier. Ainsi une
pratique orientale, le monachisme, s’imposait en Occident.

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6. Résumez en français, paragraphe par paragraphe, les idées développées dans ce
texte, en éliminant tout détail secondaire:
Сен-Дени
Легенда гласит, что святой Дени (saint Denis), обращенный в
христианство в Афинах (Athènes) апостолом Павлом (Paul), был в конце I века
нашей эры прислан из Рима (Rome), дабы окрестить парижан. Нo святого
схватили по приказу Римского префекта (gouverneur romain) и бросили вместе
с его спутниками в узилище (prison).
Однажды сереньким октябрьским утром его привели на холм Монмартр
(butte Montmartre), где высился храм Меркурия (temple de Mercure) - несколько
его колонн и поныне украшают часовню св. Петра. Рю де Мартир (Rue des
Martyrs) и хранят память об этом трагическом восхождении. Когда процессия
поравнялась с улицей Антуанетт, Дени и его спутники были обезглавлены
мечом, но Дени, к великому изумлению зрителей, схватил обеими руками свою
голову с развевающейся седой бородой, обмыл ее в фонтане и прошел по
направлению к северу 6 000 шагов или что-то около этого. Катулла (Catulle),
благочестивая и вдохновенная женщина, поджидала его там, где ныне
возвышается базилика Сен-Дени (basilique Saint-Denis), чтобы предать тело
святого земле.
Добрый король Дагобер (le bon roi Dagobert) тоже пожелал быть
захороненным здесь, а за ним сошли под могильные своды и все Капетинги (Les
Capétiens).
Кровь мученика стала цветом города - красное поле, на фоне которого
изображен серебряный корабль. А когда к красному цвету прибавился синий
цвет Франции и белый цвет султана из перьев на шлеме (panache) Генриха IV,
получился трехцветный флаг Франции.

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UNITÉ 3.
LE MOYEN ÂGE
1. Lisez le texte, dressez la liste des peintres français du Moyen Âge:
La peinture
L’époque troublée que fut le Moyen Âge du VIe au XIe s. n’a pas été favorable
à la survie des œuvres peintes. Du XIIe au XVe s., la peinture romane puis gothique,
principalement d’inspiration religieuse, se développe sous différentes formes: vitraux,
tapisseries, enluminures. Dès le XIVe s., l’art profane s’impose.
À partir du XIIe siècle, les théologiens voient dans le vitrail une métaphore de
la lumière divine; dès lors, il se multiplie dans les églises. Le vitrail roman emprunte
l’iconographie stylisée et ornementale des peintures murales et des enluminures.
Le vitrail a deux formes principales: le médaillon - c’est la forme la plus
ancienne - et le panneau carré dont le côté mesure au maximum un mètre. Les couleurs
ont une fonction symbolique: le bleu profond représente le monde céleste, le rouge
intense, le monde terrestre.
Au XIIIe siècle, la croisée d’ogives gothiques élève la voûte, les murs cèdent la
place aux verrières. Le vitrail se dote de barlotières (structures métalliques forgées
intégrées au châssis) alors que l’ornementation s’épure. À partir du XIVe siècle, les
couleurs laissent une place de plus en plus grande à des panneaux de grisaille (peinture
grise sur verre incolore), ce qui renforce la fonction éclairante des verrières.
La peinture murale qui orne les églises raconte les épisodes du Nouveau et de
l’Ancien Testament à l’intention de ceux qui ne savent pas lire. Jusqu’au XIIe siècle,
l’artiste peint selon des codes encore très proches de l’art byzantin: la composition est
statique, la réalité n’est pas représentée. Soulignés de noir, les personnages sont tout
en longueur, les yeux grands ouverts cernés de sombre, le nez long, la bouche réduite

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à deux lignes, les mains et les pieds effilés, le drapé vigoureux. Ils sont représentés de
face ou de trois quarts, leur taille varie selon la hiérarchie, les objets sont vus de dessus
en perspective rabattue.
Les murs des demeures féodales se réchauffent de tentures aux couleurs vives.
Les thèmes sont profanes ou religieux (tapisserie de Bayeux, XIe s., récit de la
conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant). Au XIVe s., les maîtres
lissiers s’inspirent des miniatures et créent des tapisseries où les sujets historiques
côtoient le religieux (tapisserie de l’Apocalypse, de Nicolas Bataille, 1376-1400).
L’enluminure romane (miniature ornant un manuscrit) du XIe s. offre des
images poétiques aux couleurs vives. Elle sert à la transmission des enseignements de
l’Église. Les artistes sont libres de disposer, sans souci de réalité, des formes et des
couleurs en une peinture claire et simplifiée.
L’enluminure gothique s’inspire du vitrail, puis, au XIVe s., développe un art
profane raffiné. Les Très Riches Heures du duc de Berry, des Limbourg, en sont
l’apothéose: les personnages élégants, les châteaux et les couleurs donnent l’illusion
de la vie et annoncent le goût pour l’observation de la nature de la Renaissance.
2. Lisez le texte et essayez de remplir ce tableau:
La littéraure d’inspiration
religieuse
La littérature hagiographique
La Vie de saint
Alexis
Le drame religieux
Les mystères
La chanson de geste
La geste de Charlemagne ou
du Roi
Le roman courtois
Les romans antiques
Les romans bretons

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Le roman de la Rose
La littérature satirique
Le roman de Rernart
Les fabliaux
La poésie lyrique
La littérature
La culture médiévale est essentiellement religieuse. Elle trouve son expression
dans les vies de saints, les sermons en vers et les représentations liturgiques à l’origine
du théâtre.
Les premiers textes en langue vulgaire (langue couramment parlée) et non en
latin sont des récits hagiographiques (récits de la vie des saints). Le plus ancien est La
Cantilène de sainte Eulalie, écrit vers 880. La Vie de saint Alexis, au milieu du XIe
siècle, constitue un tournant littéraire: on y discerne le sens de la composition, de la
narration, et certaines caractéristiques de l’épopée. Avec La Vie de saint Thomas
Becket (1174), l’hagiographie se rapproche de la biographie historique.
À 1’origine, le théâtre est lié au culte religieux: les premières représentations
sont de brèves illustrations des textes bibliques (Ancien et Nouveau Testament). Elle
ont lieu lors des offices de Noël, de l’Épiphanie et de Pâques. Elles sont jouées en
latin par des clercs (membres du clergé) jusqu’au milieu du XIIe siècle.
Aux XIIIe et XIVe siècles, avec le succès grandissant des vies de saints, se
développe le «miracle» qui décrit, en langue vulgaire, l’intervention d’un saint dans
la vie d’un de ses fidèles. Le miracle a pour but de montrer que le saint (souvent la
Vierge Marie) est fidèle à ceux qui lui sont dévoués et les conduit au repentir et au
salut.
Parmi les spectacles religieux, le mystère connaît un grand succès au XVe
siècle. Son sujet central est la Passion du Christ; les auteurs remontent souvent à sa
naissance et au péché originel pour expliquer le sens de la Passion. La Terre incarne

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le lieu de la lutte incessante entre le Bien et le Mal, par l’apparition sur scène de Dieu
et du Diable.
La chanson de geste, apparue en France à la fin du XVe siècle, est une œuvre
destinée à être déclamée. Elle rapporte des exploits guerriers (gesta en latin). Son
sujet, inspiré par l’histoire des VIIIe et IXe siècles, est centré sur un héros qui acquiert
sa grandeur au combat. La chanson de geste raconte l’épopée chrétienne d’un
chevalier qui lutte contre les Sarrasins. Les récits de combats surhumains et les
descriptions fabuleuses des combattants occupent la plus grande part du texte.
Le héros épique pratique deux vertus: le courage, qui s’exerce sur le champ de
bataille, et la fidélité au suzerain. Son défaut est l’orgueil: ainsi Roland refuse de
sonner du cor quand il est encore temps. L’orgueil peut susciter des fautes plus graves:
dans le Cycle de Doon de Mayence, les héros, pour se venger d’une humiliation,
passent à l’ennemi et provoquent des guerres contre leurs suzerains. Vaincus, ils se
repentent souvent. II a un très grand sens de l’honneur: honneur féodal, familial et
national. Cette qualité se double d’une grande piété qui lui donne son exceptionnelle
bravoure.
L’origine de l’écriture des chansons de geste est inconnue mais on sait qu’elles
étaient diffusées par des jongleurs sur les routes des pèlerinages et à la cour des grands
seigneurs. Un jongleur disait le récit tandis qu’un ou plusieurs autres le mimaient.
Les déformations des faits historiques ne semblent pas seulement dues aux
hasards de la transmission orale. Les épopées sont écrites au moment des Croisades
et font œuvre de propagande: elles galvanisent les soldats en célébrant les batailles
contre les Infidèles; elles vantent la fidélité du vassal au suzerain et magnifient la
personne royale, en une période où l’autorité du roi est souvent contestée.
Le terme de roman, qui désigne à l’origine une œuvre traduite du latin en langue
romane, s’est progressivement appliqué à toute œuvre narrative. Sans abandonner
l’idéal chevaleresque de l’exploit guerrier, le roman courtois, au XIIe siècle, est centré
sur la quête amoureuse dans le cadre de la cour.

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Au XIIe siècle des clercs adaptent des légendes antiques, transformant les héros
d’autrefois en chevaliers galants. Ainsi sont écrites de longues épopées en vers: Le
Roman d’Alexandre (fin XIIe s.), Le Roman de Thèbes (vers 1150) et Le Roman de
Troie (vers 1165).
La matière de Bretagne est le nom donné aux légendes celtiques d’où les
trouvères bretons tirent leur inspiration. La figure centrale est le légendaire roi Arthur,
entouré de son conseil, les chevaliers de la Table ronde. La légende de Tristan et Iseult,
qui se déroule en Bretagne, connaît un tel succès que tous les écrivains de l’époque
l’ont abordée d’une façon ou d’une autre.
La fin’amor (amour courtois) s’oppose à l’esprit des chansons de geste par une
sorte de jeu qui renverse la misogynie de l’époque; les exploits des chevaliers ne sont
plus dictés par l’obéissance à Dieu ou au suzerain mais par la soumission à la «dame»,
qui devient l’objet d’une adoration quasi mystique. Les amants se choisissent en
fonction de leurs qualités physiques et morales; mais la dame, généralement mariée,
reste inaccessible. Le chevalier recherche la perfection (courage, élégance) et se
soumet aux épreuves imposées par la dame. Les amants sont condamnés à une tension
perpétuelle entre le désir et l’interdit.
Le Roman de la Rose est un code de l’amour courtois sous forme allégorique;
il narre à la fois la conquête de la Rose, le songe de l’auteur et l’histoire de tout amant
qui se reconnaît dans le personnage principal. Avec Guillaume de Lorris (début XIIIe
s.-vers 1238) qui commence l’œuvre en 1235, c’est le couronnement de la littérature
courtoise. Jean de Meung (1250-vers 1305), qui termine l’œuvre vers 1270, dénonce
les mœurs de l’aristocratie, des religieux, et remet en cause l’idéal chevaleresque. La
femme n’y est plus célébrée, mais décriée pour ses innombrables défauts.
Chansons de geste et romans courtois expriment l’idéal aristocratique. À partir
du XIIe siècle, en opposition à cet idéal, se développe une littérature satirique et
malicieuse.
Les différents clercs, qui ont composé en vers la suite des récits du Roman de
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