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Le patrimoine français (Культурное наследие Франции от античности до современности). Учебное пособие

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Les pierres sont placées par ordre décroissant et chaque alignement s’achève sur une enceinte mégalithique plus ou moins visible.
Pourquoi toutes ces pierres dressées et alignées? Nombreuses sont les hypothèses qui tentent d’expliquer l’origine des alignements: monuments religieux, culte de la lune ou du soleil, calendrier pour l’agriculture ou encore armée romaine transformée en pierres selon une légende ... le mystère reste entier! Les vestiges de cette période préhistorienne laissent tout de même penser qu’ils avaient une fonction sacrée et funéraire.
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3. Lisez le texte en consultant le dictionnaire:
La Gaule appartenait au puissant empire romaine et à une admirable
civilisation. Le latin, illustré par d’admirables écrivains, était une langue universelle et le demeura bien après la disparition de la civilisation antique. Le droit romain s’enracina dans une grande partie de la Gaule. Les réalisations de Rome inspirèrent de l’admiration pour des siècles et furent inlassablement imitées. Mais l’installation romaine fut aussi celle d’un envahisseur. Les légions avaient montré leur efficacité face à la bravoure gauloise. La culture romaine écrasait en grande partie tout ce qui l’avait précédé, en particulier le savoir de ces druides qui étaient considérés avec crainte, méfiance et peut-être mépris par les nouveaux venus. Et l’histoire de la Gaule subissait les soubresauts de l’histoire romaine.
Les nobles gaulois conservèrent leurs droits et aspirèrent à devenir citoyens romains. La romanisation fut favorisée par la présence de la Narbonnaise au sud: des villes, cités romaines, furent créées où furent installés des vétérans des armées, et les cités gauloises, devenues cités latines, connurent aussi un développement exemplaire. Peu à peu, pour la Gaule chevelue, la carte administrative fut dessinée avec trois
Gaules (Aquitania, Celtica, Belgica) qui se rejoignaient à Lyon, fondé en 43 av. J.-C.
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et c’est là qu’en 12 av. J.-C. fut inauguré le sanctuaire fédéral des Trois Gaules près du confluent du Rhône et de la Saône. Rome laissa vivre cette Gaule, se préoccupant surtout de défendre le Rhin avec la création de deux Germanies. La romanisation s’accéléra sous le règne de l’empereur Claude (41-54) qui était né à Lyon et qui tint, dans un discours conservé dans cette ville grâce aux Tables claudiennes, à rappeler que la Gaule connaissait la sécurité et la paix, et avait été parfaitement fidèle à Rome. Il y aurait des sénateurs gaulois à Rome, et cette grande aristocrate devait durer plus longtemps que l’empire romain. Et une seule cohorte, stationnée à Lyon, suffisait à maintenir l’ordre dans la Gaule désormais pacifiée.
Les villes
Rome avait élaboré une civilisation urbaine. Chaque peuple gaulois se regroupait autour d’une cité - civitas - et ces villes de Gaule adoptèrent le mode de vie
romain. Un forum, au carrefour de deux rues principales, était le centre de la vie publique. Des aqueducs amenaient l’eau vers des thermes où la population pouvait se délasser et qui étaient des centres d’art et de loisir. Le pont du Gard, qui était un aqueduc, rappelle que cet art de la construction demeura inégalé jusqu’au XVIIIe siècle. Le cirque ou les arènes étaient destinés aux combats de gladiateurs et aux courses de chevaux, à tous ces jeux dont les Romains pensaient qu’ils étaient, comme le pain, une nécessité. Les amphithéâtres et les théâtres pouvaient accueillir des milliers de spectateurs et offrir des représentations plus sérieuses, et a Lyon un odéon couvert était destiné au chant. Des monuments venaient orner les villes et les arcs de triomphe rappelaient les victoires de Rome, comme un discret rappel à l’ordre. Enfin ces villes défiaient le temps en adoptant les constructions en pierre de taille et bien des édifices romains ont survécu à toutes les destructions.
Dans ces villes, s’installaient les agents de l’administration romaine et parfois des vétérans des armées, mais aussi des artisans et des commerçants. Par des mariages, les liens se renforcèrent entre Romains et Gaulois romanisés et ainsi s’élabora une société gallo-romaine. Cette symbiose se marqua aussi dans la religion. Si les
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Romains vénérèrent leurs dieux, ainsi dans la Maison carrée de Nîmes, ils respectèrent les dieux gaulois, et une véritable fusion fut réalisée à travers des dieux gallo-romains. Les cultes orientaux firent en Gaule des adeptes et le christianisme s’y répandit aussi. C’est à Lyon que furent sacrifiés des chrétiens en 177 et parmi eux sainte Blandine.
Les villae à la campagne
L’influence romaine marqua aussi les campagnes: les grandes familles gauloises ou les riches Romains s’y constituèrent de vastes domaines fonciers. Elles produisaient des charcuteries, du blé et du vin car la culture de la vigne s’étendait. Dans leurs demeures campagnardes, ces riches Gallo-Romains adoptaient le même mode de vie que dans leurs maisons en ville. Pour exploiter la terre, le propriétaire pouvait avoir des esclaves, mais il eut tendance à la distribuer en petits lopins à des
colons. En 322, Constantin interdit à ces colons de quitter leur terre que le fils dut reprendre après son père: cette dépendance héréditaire du tenancier à l’égard du maître devait survivre lui aussi au monde romain. Tout ce que demandait l’État romain, c’était que l’impôt pût rentrer dans ses caisses, donc que la terre fût bien exploitée et cet impôt devint de plus en plus lourd. Les petits pays - pagi vivaient autour d’un centre local, le vicus - bourg ou petite ville. Les cités et les vici constituèrent le réseau qui a structuré, pour une bonne part jusqu’à nos jours, la géographie française.
L. Bély, L’Histoire de France
4. Trouvez sur Internet d’autres monuments de l’époque gallo-romaine en France,
essayez de dresser leur liste en indiquant leur utilisation. Par exemple:
1. Les arênes de Nîmes: Les Arènes de Nîmes sont l’un des amphithéâtres les
mieux conservés de l’époque romaine. Ce monument impressionnant, édifié au I
er
siècle de notre ère, servait de cadre à des combats d’animaux et de gladiateurs. Aujourd’hui, ce lieu exceptionnel accueille régulièrement des corridas, des courses
camarguaises et des concerts.
2. La maison carrée: La Maison Carrée, temple du forum de la ville, était un
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lieu dédié au culte impérial. Il s’agit du temple le mieux conservé du monde romain. Cet édifice a été bâti entre 10 av. J.-C., sous le règne d’Auguste. C’était un bâtiment pour célébrer l’empereur, plus tard une église, à un moment une mosquée et même un musée.
3. Le pont du Gard: L’aqueduc auquel le Pont du Gard appartient, alimenta
pendant 5 siècles la ville de Nîmes en eau sous pression, en grande quantité. La cité romaine, connaît au 1er siècle un tel développement qu’elle décide de se doter d’un aqueduc, à l’instar de Rome, capitale et modèle pour tout l’empire romain. Cette réalisation donne à la ville un prestige nouveau: fontaines, thermes, eau courante dans
les riches demeures ...
5. Lisez le texte. Quels saints vénérés des Français connaissez-vous?
Le christianisme
Après avoir été en Gaule la croyance de quelques minorités venues d’Orient, le christianisme y devenait la religion de l’État, la religion officielle, avant d être la seule
autorisée. Au lieu d’une multitude de dieux, il imposait un Dieu unique à l’image de celui des Juifs, mais il proposait aussi l’enseignement du fils de Dieu, le Christ. Les empereurs convoquèrent des conciles œcuméniques où furent discutés les principaux articles de foi: celui de Nicée en 325 fixa le Credo et condamna une hérésie, l’arianisme. Une Église, c’est-à-dire une assemblée, se constituait dont les chefs étaient les évêques. L’évêque de Rome, le pape, considéré comme le successeur de saint Pierre, devait prendre une place à part dans la chrétienté. Saint Martin de Tours (317-397), un ancien soldat, se fit aimer pour sa charité - il coupa en deux son manteau pour le donner à un pauvre - et il fonda le premier monastère en Gaule, Ligugé, près de Poitiers, puis, élu évêque de Tours, il en établit un autre, Marmoutier. Ainsi une pratique orientale, le monachisme, s’imposait en Occident.
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6. Résumez en français, paragraphe par paragraphe, les idées développées dans ce
texte, en éliminant tout détail secondaire:
Сен-Дени
Легенда гласит, что святой Дени (saint Denis), обращенный в христианство в Афинах (Athènes) апостолом Павлом (Paul), был в конце I века нашей эры прислан из Рима (Rome), дабы окрестить парижан. Нo святого схватили по приказу Римского префекта (gouverneur romain) и бросили вместе с его спутниками в узилище (prison).
Однажды сереньким октябрьским утром его привели на холм Монмартр (butte Montmartre), где высился храм Меркурия (temple de Mercure) - несколько его колонн и поныне украшают часовню св. Петра. Рю де Мартир (Rue des Martyrs) и хранят память об этом трагическом восхождении. Когда процессия поравнялась с улицей Антуанетт, Дени и его спутники были обезглавлены мечом, но Дени, к великому изумлению зрителей, схватил обеими руками свою голову с развевающейся седой бородой, обмыл ее в фонтане и прошел по направлению к северу 6 000 шагов или что-то около этого. Катулла (Catulle), благочестивая и вдохновенная женщина, поджидала его там, где ныне возвышается базилика Сен-Дени (basilique Saint-Denis), чтобы предать тело святого земле.
Добрый король Дагобер (le bon roi Dagobert) тоже пожелал быть захороненным здесь, а за ним сошли под могильные своды и все Капетинги (Les
Capétiens).
Кровь мученика стала цветом города - красное поле, на фоне которого изображен серебряный корабль. А когда к красному цвету прибавился синий цвет Франции и белый цвет султана из перьев на шлеме (panache) Генриха IV, получился трехцветный флаг Франции.
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UNITÉ 3.
LE MOYEN ÂGE
1. Lisez le texte, dressez la liste des peintres français du Moyen Âge:
La peinture
L’époque troublée que fut le Moyen Âge du VIe au XIe s. n’a pas été favorable à la survie des œuvres peintes. Du XIIe au XVe s., la peinture romane puis gothique, principalement d’inspiration religieuse, se développe sous différentes formes: vitraux, tapisseries, enluminures. Dès le XIVe s., l’art profane s’impose.
À partir du XIIe siècle, les théologiens voient dans le vitrail une métaphore de la lumière divine; dès lors, il se multiplie dans les églises. Le vitrail roman emprunte l’iconographie stylisée et ornementale des peintures murales et des enluminures.
Le vitrail a deux formes principales: le médaillon - c’est la forme la plus ancienne - et le panneau carré dont le côté mesure au maximum un mètre. Les couleurs ont une fonction symbolique: le bleu profond représente le monde céleste, le rouge intense, le monde terrestre.
Au XIIIe siècle, la croisée d’ogives gothiques élève la voûte, les murs cèdent la
place aux verrières. Le vitrail se dote de barlotières (structures métalliques forgées intégrées au châssis) alors que l’ornementation s’épure. À partir du XIVe siècle, les couleurs laissent une place de plus en plus grande à des panneaux de grisaille (peinture grise sur verre incolore), ce qui renforce la fonction éclairante des verrières.
La peinture murale qui orne les églises raconte les épisodes du Nouveau et de l’Ancien Testament à l’intention de ceux qui ne savent pas lire. Jusqu’au XIIe siècle, l’artiste peint selon des codes encore très proches de l’art byzantin: la composition est statique, la réalité n’est pas représentée. Soulignés de noir, les personnages sont tout
en longueur, les yeux grands ouverts cernés de sombre, le nez long, la bouche réduite
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à deux lignes, les mains et les pieds effilés, le drapé vigoureux. Ils sont représentés de face ou de trois quarts, leur taille varie selon la hiérarchie, les objets sont vus de dessus
en perspective rabattue.
Les murs des demeures féodales se réchauffent de tentures aux couleurs vives. Les thèmes sont profanes ou religieux (tapisserie de Bayeux, XIe s., récit de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant). Au XIVe s., les maîtres lissiers s’inspirent des miniatures et créent des tapisseries où les sujets historiques côtoient le religieux (tapisserie de l’Apocalypse, de Nicolas Bataille, 1376-1400).
L’enluminure romane (miniature ornant un manuscrit) du XIe s. offre des images poétiques aux couleurs vives. Elle sert à la transmission des enseignements de l’Église. Les artistes sont libres de disposer, sans souci de réalité, des formes et des couleurs en une peinture claire et simplifiée.
L’enluminure gothique s’inspire du vitrail, puis, au XIVe s., développe un art profane raffiné. Les Très Riches Heures du duc de Berry, des Limbourg, en sont l’apothéose: les personnages élégants, les châteaux et les couleurs donnent l’illusion de la vie et annoncent le goût pour l’observation de la nature de la Renaissance.
2. Lisez le texte et essayez de remplir ce tableau:
La littéraure d’inspiration
religieuse La littérature hagiographique
La Vie de saint Alexis
Le drame religieux
Les mystères
La chanson de geste
La geste de Charlemagne ou du Roi
Le roman courtois
Les romans antiques
Les romans bretons
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Le roman de la Rose
La littérature satirique
Le roman de Rernart
Les fabliaux
La poésie lyrique
La littérature
La culture médiévale est essentiellement religieuse. Elle trouve son expression dans les vies de saints, les sermons en vers et les représentations liturgiques à l’origine du théâtre.
Les premiers textes en langue vulgaire (langue couramment parlée) et non en latin sont des récits hagiographiques (récits de la vie des saints). Le plus ancien est La Cantilène de sainte Eulalie, écrit vers 880. La Vie de saint Alexis, au milieu du XIe siècle, constitue un tournant littéraire: on y discerne le sens de la composition, de la
narration, et certaines caractéristiques de l’épopée. Avec La Vie de saint Thomas Becket (1174), l’hagiographie se rapproche de la biographie historique.
À 1’origine, le théâtre est lié au culte religieux: les premières représentations sont de brèves illustrations des textes bibliques (Ancien et Nouveau Testament). Elle ont lieu lors des offices de Noël, de l’Épiphanie et de Pâques. Elles sont jouées en latin par des clercs (membres du clergé) jusqu’au milieu du XIIe siècle.
Aux XIIIe et XIVe siècles, avec le succès grandissant des vies de saints, se développe le «miracle» qui décrit, en langue vulgaire, l’intervention d’un saint dans la vie d’un de ses fidèles. Le miracle a pour but de montrer que le saint (souvent la Vierge Marie) est fidèle à ceux qui lui sont dévoués et les conduit au repentir et au
salut.
Parmi les spectacles religieux, le mystère connaît un grand succès au XVe
siècle. Son sujet central est la Passion du Christ; les auteurs remontent souvent à sa naissance et au péché originel pour expliquer le sens de la Passion. La Terre incarne
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le lieu de la lutte incessante entre le Bien et le Mal, par l’apparition sur scène de Dieu
et du Diable.
La chanson de geste, apparue en France à la fin du XVe siècle, est une œuvre destinée à être déclamée. Elle rapporte des exploits guerriers (gesta en latin). Son sujet, inspiré par l’histoire des VIIIe et IXe siècles, est centré sur un héros qui acquiert sa grandeur au combat. La chanson de geste raconte l’épopée chrétienne d’un chevalier qui lutte contre les Sarrasins. Les récits de combats surhumains et les
descriptions fabuleuses des combattants occupent la plus grande part du texte.
Le héros épique pratique deux vertus: le courage, qui s’exerce sur le champ de bataille, et la fidélité au suzerain. Son défaut est l’orgueil: ainsi Roland refuse de sonner du cor quand il est encore temps. L’orgueil peut susciter des fautes plus graves: dans le Cycle de Doon de Mayence, les héros, pour se venger d’une humiliation, passent à l’ennemi et provoquent des guerres contre leurs suzerains. Vaincus, ils se repentent souvent. II a un très grand sens de l’honneur: honneur féodal, familial et national. Cette qualité se double d’une grande piété qui lui donne son exceptionnelle
bravoure.
L’origine de l’écriture des chansons de geste est inconnue mais on sait qu’elles
étaient diffusées par des jongleurs sur les routes des pèlerinages et à la cour des grands seigneurs. Un jongleur disait le récit tandis qu’un ou plusieurs autres le mimaient.
Les déformations des faits historiques ne semblent pas seulement dues aux hasards de la transmission orale. Les épopées sont écrites au moment des Croisades et font œuvre de propagande: elles galvanisent les soldats en célébrant les batailles contre les Infidèles; elles vantent la fidélité du vassal au suzerain et magnifient la
personne royale, en une période où l’autorité du roi est souvent contestée.
Le terme de roman, qui désigne à l’origine une œuvre traduite du latin en langue romane, s’est progressivement appliqué à toute œuvre narrative. Sans abandonner
l’idéal chevaleresque de l’exploit guerrier, le roman courtois, au XIIe siècle, est centré sur la quête amoureuse dans le cadre de la cour.
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Au XIIe siècle des clercs adaptent des légendes antiques, transformant les héros
d’autrefois en chevaliers galants. Ainsi sont écrites de longues épopées en vers: Le
Roman d’Alexandre (fin XIIe s.), Le Roman de Thèbes (vers 1150) et Le Roman de Troie (vers 1165).
La matière de Bretagne est le nom donné aux légendes celtiques d’où les trouvères bretons tirent leur inspiration. La figure centrale est le légendaire roi Arthur, entouré de son conseil, les chevaliers de la Table ronde. La légende de Tristan et Iseult, qui se déroule en Bretagne, connaît un tel succès que tous les écrivains de l’époque l’ont abordée d’une façon ou d’une autre.
La fin’amor (amour courtois) s’oppose à l’esprit des chansons de geste par une sorte de jeu qui renverse la misogynie de l’époque; les exploits des chevaliers ne sont plus dictés par l’obéissance à Dieu ou au suzerain mais par la soumission à la «dame», qui devient l’objet d’une adoration quasi mystique. Les amants se choisissent en fonction de leurs qualités physiques et morales; mais la dame, généralement mariée, reste inaccessible. Le chevalier recherche la perfection (courage, élégance) et se soumet aux épreuves imposées par la dame. Les amants sont condamnés à une tension perpétuelle entre le désir et l’interdit.
Le Roman de la Rose est un code de l’amour courtois sous forme allégorique; il narre à la fois la conquête de la Rose, le songe de l’auteur et l’histoire de tout amant qui se reconnaît dans le personnage principal. Avec Guillaume de Lorris (début XIIIe
s.-vers 1238) qui commence l’œuvre en 1235, c’est le couronnement de la littérature courtoise. Jean de Meung (1250-vers 1305), qui termine l’œuvre vers 1270, dénonce
les mœurs de l’aristocratie, des religieux, et remet en cause l’idéal chevaleresque. La femme n’y est plus célébrée, mais décriée pour ses innombrables défauts.
Chansons de geste et romans courtois expriment l’idéal aristocratique. À partir
du XIIe siècle, en opposition à cet idéal, se développe une littérature satirique et malicieuse.
Les différents clercs, qui ont composé en vers la suite des récits du Roman de