Французский язык. Учимся слушать и понимать. Уровень III
.pdfLes revenus ont diminuй, de la mort du pиre а celle de la mиre, laissant les huit enfants sans ressources.
L’information sur le SIDA commence а circuler, mкme si les deux tiers des jeunes femmes en Afrique du Sud, principal foyer de la pandйmie, ne savent pas trop comment on se contamine. Or ce sont les femmes, trois fois plus sensibles а l’infection que les hommes du mкme вge. L’йpidйmie continue а s’йtendre.
Les traitements antirйtroviraux arrivent en Afrique du Sud. Beaucoup moins vite que ce qui avait йtй planifiй pour 2006: 1,4 million de traitements, alors qu’on en prйvoyait deux fois plus. Mais donner un avenir а 1, 4 million de personnes, ce n’est pas rien! Grвce а ces molйcules des milliers de morts ont йtй йvitйs!
D’aprиs D. LEBOURG, Le Nouvel Observateur
TEXTE 35. REFAIS TA VIE!
Mots nouveaux:
un camйraman – оператор; un preneur de son –
звукорежиссер; battre les records – бить рекорды; la vie quotidienne, le quotidien – повседневная жизнь
L’homme inconnu venait d’entrer dans la cuisine. Ignorant tous les Bourdin, il se planta devant le rйfrigйrateur, les mains sur les hanches, tournй vers la salle de sйjour, un sourire йclatant aux lиvres. Suivant son regard, Paulette aperзut alors le reste de l’йquipe: un camйraman, un preneur de son et un йclairagiste. Ce dernier alluma son projecteur et une lumiиre blanche inonda la cuisine. La voix de l’inconnu rйsonna, amplifiйe par un haut-parleur:
– J’ai rarement vu un endroit aussi banal, mes amis! Il est temps de sauver cette infortunйe famille de la routine du quotidien!
Nйanmoins, Paulette pouvait constater que sa mиre йtait aussi йtonnйe. La tartine qu’elle s’apprкtait а avaler restait suspendue devant sa bouche ouverte. Quand la mиre reprit ses esprits, ce fut pour assaillir son mari de questions: Pourquoi ce cirque-
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lа? Qui йtaient ces gens? Comment йtaient-ils entrйs chez eux? La rйponse ne fut certainement pas celle qu’elle attendait:
– C’est bientфt notre anniversaire de mariage, mon amour. Quinze ans, tu te rends compte? Presque l’вge de Paulette. Et pour fкter dignement cet йvиnement j’ai eu l’idйe de prendre contact avec les producteurs de l’йmission tйlйvisйe а la mode
Refais ta vie!
Alors le pиre adressa un clin d’њil а sa fille; chaque fois qu’il йtait embarrassй avec sa femme, il cherchait l’appui de Paulette. Celle-ci rйflйchit un peu, associa deux et deux et comprit que cet homme qui trouvait que leur cuisine manquait de fantaisie йtait Chabrol, l’animateur vedette du programme qui battait les records d’audience.
Cependant papa promit que les dйsirs les plus fous, mкme ces nouvelles voitures allemandes allaient se concrйtiser avec Pierre Chabrol. Le principe de l’йmission йtait simple: Pierre devait accompagner la famille un moment dans sa vie nouvelle, et eux, papa, maman et Paulette tйmoigneraient, photos et films а l’appui de ce qu’йtait l’ancienne. Il s’agissait de prouver que tout le monde pouvait y arriver, qu’on pouvait йchapper а la grisaille du quotidien. Le sourire de maman laissait deviner qu’elle capitulait.
Trиs vite, la maison familiale se transforma en studio TV. Ses parents, eux aussi, йtaient mйtamorphosйs. Jamais le pиre de Paulette n’avait paru si sыr de lui. Le bronzage et les implants qui masquaient sa tonsure naturelle y йtaient pour beaucoup. Ainsi que le costume sur mesure. Quant а la mиre ... C’йtait bien belle, pas de doute, mais si Paulette n’avait pas йtй son enfant unique et chйrie, la fille aurait demandй а vйrifier sa carte d’identitй. D’abord, la coiffure ... Une composition volumineuse toute en boucles dйcolorйes. Ensuite le maquillage. Pas un centimиtre carrй de son visage n’y йchappait! Les vкtements, enfin. Genre femme d’affaires, tailleur trois piиces, collants noirs, escarpins, quelques bijoux fantaisie – plus rien а voir avec les pulls informes et les jeans raides qu’elle portait d’ordinaire.
Tout changeait chez les Bourdin et Paulette ne reconnaissait plus rien. Elle ignorait mкme oщ se trouvait maintenant la cui-
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sine de sa propre maison! En moins de vingt-quatre heures, Pierre Chabrol rйussit а bouleverser le dйcor familial. Les peintres achevaient de massacrer la faзade de la maison, recouvrant le blanc d’inimaginable vert! Les rosiers de sa mиre йtaient dйracinйs et jetйs sur le trottoir. Contre une part de rкve tout le monde йtait prкt au compromis. Tout le monde mais pas Paulette. Elle refusait de se laisser imposer le goыt des dйcorateurs et du public sous prйtexte de passer а la tйlй. Et en entendant ses parents discuter joyeusement leur magnifique voiture neuve stationnйe devant le garage, elle voulait pleurer de rage: Comment pouvaient-ils plaisanter alors que toute leur vie йtait en train de basculer? Est-ce que tous les adultes rйagissaient de la mкme faзon? Suffisait-il de leur promettre monts et merveilles pour qu’ils effacent de leur mйmoire ce qui faisait leur quotidien?
TEXTE 36. DANS LA GALERIE «DAVID FERRIEUX»
Mots nouveaux:
une vente aux enchиres – аукцион; faire une exception –
сделать исключение; l’atterrissage – приземление
Diana Varelle attacha sa ceinture et s’installa confortablement dans son siиge. Un sourire de satisfaction flottait sur ses lиvres: elle venait d’acheter une toile cйlиbre а une vente aux enchиres, pour laquelle elle s’йtait rendue а Chicago. Avec ce dernier tableau, sa collection qui regroupait dйjа les њuvres de la plupart des grands peintres modernes йtait presque complиte.
Songeant а la solide rйputation qu’elle avait acquise, а vingtsept ans, dans le milieu des collectionneurs de tableaux la jeune femme sourit avec fiertй. Ses yeux brillaient de contentement. Dиs que l’avion eut dйcollй, le dйjeuner fut servi. Diana toucha а peine au plateau, non pas pour conserver sa silhouette mince, mais parce que l’habitude des voyages lui avait pris а prйfйrer la cuisine а terre.
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Aprиs l’atterrissage а Paris, elle hйla un taxi pour rentrer chez elle, dans le centre de la ville. Antoine, le portier, l’accueillit avec un large sourire. Arrivйe dans son bel appartement sur les murs duquel йtaient accrochйs de nombreux tableaux abstraits, Diana ouvrit la porte vitrйe qui donnait sur une grande terrasse. Elle s’assit dans un fauteuil et contempla le parc qui s’йtendait а ses pieds.
Le tйlйphone sonna brusquement, et Diana se prйcipita pour rйpondre.
–Diana, chйrie, vous venez ce soir? dit une voix d’homme. Tout le monde vous attend. Et souvenez-vous: vous avez promis.
David Ferrieux, collectionneur rйputй et propriйtaire de nombreuses galeries d’art, йtait un vieil ami du pиre de Diana.
–David, je suis dйsolйe, mais ...
–Vous avez oubliй? J’en йtais sыr. Il s’agit du vernissage de Claude Darrous!
–Mais qui est Claude Darrous?
–C’est un artiste contemporain trиs а la mode. Il est peintre et sculpteur. Un gйnie!
Vous avez promis d’assister а cette rйception. Je sais, Diana, que vous vous intйressez а l’art abstrait, mais ce soir, je vous demande de faire une exception.
Diana n’avait vraiment aucune envie d’accepter, mais elle ne pouvait pas refuser ce plaisir а son vieil ami.
–Trиs bien, je serai lа. Mais comment se fait-il que je n’aie jamais vu ses toiles?
–Parce que vous ne vous intйressez qu’aux peintres dйjа cйlиbres!
Diana sourit et dit: «А ce soir, David!»
Vingt minutes plus tard, Diana pйnйtra dans la galerie «David Ferrieux». Elle commenзa а faire lentement le tour de la salle.
А mesure qu’elle admirait les toiles, Diana voulait connaоtre le peintre. Elle aurait aussi aimй dйcouvrir les paysages qu’elle avait sous les yeux. Les tableaux de Claude Darrous reflйtaient toutes les beautйs naturelles de la Provence.
D’aprиs R. FALLET
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TEXTE 37. J’AI FAIT LES VENDANGES À MARGAUX
Mots nouveaux:
faire les vendanges – собирать урожай винограда; On se demande ce que tu deviens. – Хотелось бы знать, чем ты занимаешься; un vignoble – виноградник; «tenir le coup» – продержаться; une hotte – корзина (носимая за спиной на ремнях)
Un йtudiant qui n’est pas habituй aux travaux de champ passe ses vacanaces dans la rйgion bordelaise а faire les vendanges.
–Allф! Pourrais-je parler а Йtienne, s’il vous plaоt?
–C’est lui-mкme.
–Ah! Bonjour, c’est Sylvie. On se demande ce que tu deviens. Trois semaines sans toi, c’est long.
–Tu sais, je n’ai pas eu le temps d’йcrire. J’ai travaillй du matin au soir.
–Tu as travaillй? Mais pourtant tu es encore en vacances! Les cours а l’Universitй ne reprennent qu’au mois de novembre...
–Bien sыr, mais j’ai fait les vendanges pendant trois semaines, et crois-moi, ce ne sont pas des vacances!
–Ah bon... C’est trиs fatigant?
–Je pense bien! Je n’ose plus me baisser, j’ai peur de ne pas pouvoir me relever!
–Tu veux dire que tu n’as pas envie de recommencer?
–Je veux t’expliquer: а Margaux, c’est le nom d’un vignoble dans la rйgion de Bordeaux, pendant trois semaines, j’ai portй une hotte sur le dos. C’est dans cette hotte que sont vidйs les paniers remplis de raisins. Et, а mon tour, je verse les raisins dans un trиs grand panier qui est ensuite emportй а la ferme.
–Mais pourquoi as-tu choisi d’кtre videur? C’est trиs fatigant!
–D’abord, on dit «porteur», pas «videur». Pourquoi? Eh bien, ceux qui portent gagnent plus que ceux qui coupent! J’ai gagnй 90 euros par jour, logй et nourri.
–Pss! Mais dis donc, tu es riche! Je voudrais bien que tu m’emmиnes au cinйma!
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–Pas si vite! Cet argent, je le garde pour finir de payer ma moto Kawa 500. Tout ce que je peux t’offrir, c’est un tour en moto, je l’aurai la semaine prochaine...
–Tu vas vite oublier la fatigue avec ta Kawa!... C’est vrai que tu as travaillй toute la journйe а Margaux?
–Oui, il faut кtre а huit heures dans les vignes, du lundi au samedi. Le matin, зa va, il fait frais et nous aussi, nous sommes
аpeu prиs «frais». Mais l’aprиs-midi on montre moins de courage. Et pourtant, il faut «tenir le coup» jusqu’а six heures.
–Eh bien, зa ne doit pas кtre gai de faire les vendanges!
–Au contraire! Je garde un trиs bon souvenir des vendanges! On se retrouve entre jeunes, surtout des йtudiants, franзais et йtrangers... J’ai mкme parlй anglais avec Harry, un Irlandais...
–Зa devait кtre drфle de t’entendre parler anglais!
–Tu peux rire mais j’ai fait des progrиs.
–Oh, c’est magnifique!
D’aprиs Passe-Partout
TEXTE 38. PAUL ET MARGUERITE
Mots nouveaux:
une tondeuse а gazon – газонокосилка; un cliquetis – стук; faucher – косить; une bвche – брезент; peindre – красить; le pinceau – кисть; le fer rouillй – ржавое железо; кtre virй
(congйdiй) – быть уволенным
La tondeuse а gazon йtait а peine plus grande qu’une tondeuse
аcheveux. En outre, vieille et dйglinguйe, elle arrachait autant d’herbe qu’elle en coupait. Mais Marguerite йtait habituйe а cet instrument et mкme les observations de Paul n’avaient pas pu la dйcider а en changer. Elle n’allait pas s’encombrer d’une mйcanique moderne et compliquйe alors qu’il n’y avait qu’une pelouse
аfaucher! Appuyйe du ventre au manche de l’appareil, elle le poussait rudement sur la terre molle. Le cliquetis des lames rotatives lui emportait la tкte. Tout le voisinage en йtait secouй. Comme elle s’arrкtait pour souffler, M. Bolivet apparut dans l’encadrement d’une fenкtre et cria:
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– Ce n’est pas bientфt fini, ce vacarme?
Le cњur de Marguerite descendit d’un cran et elle avala sa salive. Mais dйjа Paul rйpondait d’une voix suave:
–Encore cinq petites minutes, monsieur! Nous vous prions de nous excuser. Ce sont les inconvйnients du jardinage!
Paul йtait en train de repeindre les chaises de fer et le banc de bois, dans le fond du jardin. Le pinceau а la main, les bras levйs, le regard humble, on eыt dit qu’il demandait l’aumфne aux йtages supйrieurs. Dйsarmй par tant de courtoisie, M. Bolivet referma la fenкtre avec fracas.
–Qu’est-ce que je dois faire? – murmura Marguerite.
–Vous continuez.
Elle n’osait pas. Alors, Paul prit la tondeuse des mains de Marguerite et lui passa son pinceau. L’air s’emplit de nouveau d’un bruissement saccadй et mйtallique. De temps а autre, Paul suspendait sa marche pour balayer l’herbe coupйe et la rassembler en tas sur une vieille nappe, au bord de la pelouse. Puis il se remettait а son travail de fauche.
Soulagйe, Marguerite йtalait une йpaisse couleur blanche sur les chaises. Sous le pinceau qui glissait paresseusement, le fer rouillй reprenait vie. Par moments, elle reculait d’un pas et inclinait la tкte pour juger de l’effet. Lorsque la pelouse fut tondue, Paul vint а Marguerite pour admirer la chaise qu’elle avait repeinte.
–Est-ce qu’on ne vous dira rien, si vous n’allez pas а votre travail aujourd’hui? demanda-t-elle.
–J’en suis tout а fait sыr ... J’ai йtй virй, hier!
Marguerite ne comprit pas tout de suite et rйpйta:
–Virй?
–Oui, congйdiй, quoi! Marguerite s’йpouvanta:
–Mon Dieu! Paul continua:
–Rйduction de personnel, en raison de la crise. Les derniers embauchйs sont les premiers а кtre jetйs par-dessus bord. Ne faites donc pas cette tкte! Ce n’est pas grave.
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–Mais si! dit-elle. Qu’allez-vous devenir?
–Je trouverai bien autre chose. L’affaire de quelques jours. Et ce sera peut-кtre mieux.
Paul prit le second pinceau et se mit а repeindre le banc. Appliquйs, cфte а cфte, а leur besogne, ils ne se parlaient plus. L’odeur de la peinture se mкlait au parfum de l’herbe fraоchement coupйe. Une goutte d’eau mouilla le poignet de Marguerite. Puis une autre. Et soudain, ce fut l’averse.
–Vite, les chaises! cria Paul.
Ils en rangиrent quelques-unes dans la tonnelle et couvrirent les autres avec une bвche. La peinture collait а leurs doigts. Une pluie drue fouettait l’allйe. Paul courut dans la maison. Marguerite le rejoignit, les cheveux trempйs. Ils se regardиrent en riant. Dans le salon, Paul proposa:
– Si on faisait du feu?
Il disposa des bыches, fourra de vieux journaux entre les chкnets, craqua une allumette. Des flammes s’йlevиrent avec une fйrocitй joyeuse. Paul retira ses chaussures, ses chaussettes humides et s’assit par terre, pieds nus, devant la cheminйe. Marguerite en fit autant. Paul se frottait les mains devant le feu. Le reflet des flammes sautillait dans ses yeux de faпence. Il avait des marques de peinture blanche sur le nez. Soudain, Paul bondit sur ses pieds et se dirigea vers le fond de la piиce.
–Oщ allez-vous? demanda Marguerite.
–J’ai vu un tourne-disque, par lа!
Il choisit un disque, le mit sur le plateau. Une mйlodie йclata, une voix monta des abоmes du temps. Sensible а la musique, Marguerite dйrivait dans le bonheur. Disque aprиs disque, elle s’enfonзait dans une somnolence heureuse ...
La pluie s’йtait arrкtйe, mais ni Paul ni elle n’avaient envie de retourner dans le jardin. Pris entre le sortilиge du feu et celui de la musique, ils voulaient prolonger indйfiniment leur йtat de rкverie ouverte.
D’aprиs H. TROYAT
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TEXTE 39. LE BULLETIN TRIMESTRIEL
Mots nouveaux:
il se renfrogne – он хмурится; elle semble dans la lune –
у нее отсутствующий взгляд; c’est l’approche de la pubertй – это приближение половой зрелости; si tu la cajoles quand je la gronde – если ты будешь ее гладить, когда я ее ругаю; insolente – наглая
Jean-Charles et Laurence ont deux filles, Catherine et Louise. L’aоnйe inquiиte sa mиre: elle pleure la nuit, les programmes scolaires ne l’intйressent pas beaucoup. Pourquoi? Laurence devine la vйritй: «le monde qu’on lui cache et qu’elle entrevoit» fait souffrir Catherine: guerres, famine, catastrophes ... Le bulletin trimestriel de Catherine n’est pas bon.
– Les enfants ont rapportй hier le bulletin trimestriel. Laurence a tendu celui de Louise а Jean-Charles. Premiиre,
troisiиme, seconde. Jean-Charles l’a parcouru avec indiffйrence.
– Celui de Catherine est moins brillant.
Il a regardй et s’est renfrognй: douziиme en franзais, neuviиme en latin, huitiиme en mathйmatiques, quinziиme en histoire, troisiиme en anglais.
–Douziиme en franзais! Elle йtait toujours premiиre! Qu’estce qui lui arrive?
–Elle n’aime pas son professeur.
–Et quinziиme en histoire, neuviиme en latin!
Les commentaires n’arrangent rien. «Pourrait faire mieux. Bavarde en classe. Distraite.»
–Tu as parlй а ses professeurs, a demandй Jean-Charles а sa femme.
–J’ai vu celui d’histoire. Catherine a l’air fatiguй, elle semble dans la lune, souvent а cet вge-lа les petites filles traversent une crise, m’a-t-elle dit; c’est l’approche de la pubertй, il ne faut pas trop s’inquiйter.
–Зa m’a l’air d’une crise sйrieuse. Elle ne travaille pas, et elle crie la nuit.
–Appelle-la, je veux lui parler.
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Jean-Charles regarde sa fille d’un air sйvиre:
–Voyons, Catherine: explique-moi ce qui t’arrive. L’annйe passйe tu йtais toujours dans les trois premiиres.
Il lui a mis le bulletin sous le nez:
–Tu ne travailles pas.
–Mais si.
–Douziиme, quinziиme!
Elle a levй vers son pиre un visage йtonnй:
–Qu’est-ce que зa peut faire?
–Ne sois pas insolente! Laurence a dit, d’une voix gaie:
–Si tu veux кtre mйdecin, il faudra beaucoup travailler.
–Ah! je travaillerai; зa m’intйressera, a dit Catherine. Maintenant on ne me parle jamais de choses qui m’intйressent.
–L’histoire, la littйrature, зa ne t’intйresse pas? a dit JeanCharles d’une voix indignйe.
Quand le pиre demandera: «Qu’est-ce qui t’intйresse? Catherine ne saura pas rйpondre, mais Laurence sait: c’est ce monde autour d’elle, ce monde qu’on lui cache mais qu’elle entrevoit.
–C’est ton amie Brigitte qui te fait bavarder en classe?
–Oh! Brigitte, c’est une trиs bonne йlиve.
La voix de Catherine s’est animйe:
–Elle a de mauvaises notes en franзais, parce que le professeur est bкte, mais elle a йtй premiиre en latin et troisiиme en histoire.
–Eh bien! tu devrais l’imiter. Зa me fait de la peine que ma petite fille devienne un cancre.
Les larmes ont perlй aux yeux de Catherine, et Laurence lui a caressй la tкte.
–Elle travaillera mieux le prochain trimestre. Va, ma chйrie, va jouer avec Louise.
Catherine est sortie de la piиce et Jean-Charles a dit d’une voix fвchйe:
–Si tu la cajoles quand je la gronde, il est inutile que je m’occupe d’elle.
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