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Французский язык. Учимся слушать и понимать. Уровень III

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15.08.2026
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Marcel Lobligeois vйrifia prйcipitamment si le propriйtaire du carnet avait inscrit son adresse. L’indication avait йtй inscrite en premiиre page: Jean de Bize, 50, Av. Foch.

Il rкva а ce Jean de Bize, qui se permettait de perdre quatre mille francs. Quelle drфle d’idйe d’avoir tant d’argent sur soi et dans un carnet! Cela prouvait que, pour M. Jean de Bize, cette somme n’йtait pas grand chose. Marcel Lobligeois pensa que Jean de Bize aurait moins de joie а retrouver son argent que lui а le garder. «Au besoin, se disait-il, je renverrai le carnet par la poste, anonymement, un peu plus tard.» L’йquivalent de trois mois de salaire! Et cela juste avant les vacances! Vraiment, la providence l’aidait au moment oщ il йtait prкt а en douter.

Il ne rйvйla pas immйdiatement sa dйcouverte а sa femme Simone. Puis il raconta une histoire de billet de loterie achetй par hasard et dont il avait jusque-lа nйgligй de vйrifier.

Les Lobligeois furent fous de joie et dйcidиrent de partir pour Cannes. Il leur fallut renouveler leurs toilettes car on ne s’habillait pas de la mкme faзon dans le Midi que dans le Nord-Ouest. Toute la famille partit par le train du soir le 10 juillet.

Le lendemain matin, en prenant pied sur le quai de la gare, ils se sentirent heureux dйguisйs dans leurs vкtements parisiens. C’йtait la premiиre fois qu’ils descendirent si loin dans le Sud. Le soleil, l’accent traоnant des porteurs, la poussiиre chaude soulevйe par le vent, la pйtarde des motocyclettes, tout ici enchantait les voyageurs. L’hфtel des «Fiselis» dans une petite rue derriиre le port йtait propre. Dиs que le garзon d’йtage se fut retirй, Simone vida les valises. Elle avait hвte de se mettre en tenue d’йtй. En attendant que sa femme et ses enfants fussent prкts, Marcel Lobligeois s’assit sur le bord et rйflйchit.

Une heure plus tard, toute la famille se dirigea vers le bord de la mer. Soudain, au dйbouchйe de la rue, la mer leur sauta aux yeux, bleue, dure, scintillante. En s’approchant, ils dйcouvrirent une multitude de vacanciers. Il fallut louer deux mиtres carrйs de sable, quatre matelas et un parasol. La jeunesse – Simone comprise – courait se tremper dans la Mйditerranйe. L’eau йtait dйlicieuse. Mais Marcel Lobligeois ne voulait pas se baigner.

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Rкveur, il ne voyait plus la plage, le ciel bleu, les baigneurs, lorsque sa femme et ses enfants accoururent en riant et se jetиrent а plat ventre sur les matelas qu’il avait louйs. Pour ne pas йveiller leurs soupзons, il dut aller а son tour tirer quelques brasses dans la mer. Aprиs avoir sacrifiй, pendant dix minutes aux exigences du sport, il revint dans le rivage, se sйcha, se rhabilla et annonзa nйgligemment qu’il voulait faire un tour en ville. On l’accusa de ne pas savoir profiter de la nature. Il promit d’кtre de retour pour le dйjeuner qu’on devait prendre au bar de l’hфtel et quitta la plage.

D’aprиs H. TROYAT

TEXTE 30. CHEZ LA TANTE VICTORIA

Mots nouveaux:

en deuil – в траурной одежде; un enterrement – похороны

Dans la cour, un violon ne cessait pas de pleurer. Quelque part, un chien aboya, puis, au loin, un tramway passa.

– Allons, debout, Olivier.

Il ouvrit les yeux, regarda le plafond, un coin de l’armoire et la mйmoire du lieu lui revint.

Sa tante йtait dans la chambre: sa longue robe de chambre bleue jetait des reflets et sa chevelure noire semblait trиs lourde sur sa tкte. Elle ouvrait des armoires, sortait du linge, redressait des pots de confitures.

Olivier resta un instant immobile. Il n’avait vu sa tante qu’en deuil, а l’enterrement de sa mиre, et voilа qu’elle lui apparaissait tellement jeune! Quand le regard d’Olivier croisa le sien, il dit un peu vite:

Bonjour, ma tante.

Bonjour, Olivier. As-tu bien dormi?

Oh, oui, ma tante.

Marguerite, Marguerite, appela la tante.

Marguerite, la bonne, apparut en tablier bleu de cuisine.

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Marguerite, dit la tante, vous prendrez la petite table en chкne dans la chambre verte. Vous la placerez devant la fenкtre, ce sera sa table de travail.

Elle se tourna vers Olivier:

Tu feras ta toilette а la cuisine. Marguerite te donnera ce qu’il faut. Et aussi ton petit dйjeuner. А midi, tu dйjeuneras avec nous, а la grande table.

Oui, ma tante. Merci, ma tante.

Dans la cuisine, Olivier fut installй devant une tasse de cafй au lait. La dйlicieuse odeur de beurre le mit en appйtit et il mangea des tartines. Il se lava et revint dans sa chambre. Sur son lit, il trouva une chemisette Lacosta blanche avec un crocodile vert, une culotte de velours noir, des sandales. Habillй, il monta sur la chaise pour se regarder dans la glace au-dessus de la cheminйe. Elle lui renvoya l’image d’un petit garзon triste.

La porte s’ouvrit et il entendit une voix chaude.

– Viens, Olivier, je vais te montrer l’appartement.

La tante Victoria le guida de piиce en piиce. Elle ouvrait une porte, lui donnait de rapides indications, la refermait.

– Ici, c’est le salon. On n’y entre pas sans permission. Olivier apercevait un piano noir, un lustre, des tableaux, des

coussins ...

– La salle а manger. Le petit cabinet. Et voici ma chambre.

...Des colonnes, des tableaux, des miroirs, des vases ... Il n’avait pas le temps de tout voir.

La chambre de ton cousin Marceau. Il rentre bientфt de Suisse. Il a plus de seize ans.

Et les portes continuaient а s’ouvrir, а se refermer...

Des chambres d’amis: la verte, la Louis XIV а cause des parquets, celle de tante Йmilie... Viens, je vais te montrer le cabinet de travail de ton oncle.

Ils entrиrent dans une piиce hexagonale. Olivier balaya du regard les rayons avec leurs livres de toutes les couleurs, des rangйes de pipes, des marionnettes espagnoles ...

Oh, c’est si beau ..., murmura Olivier.

D’aprиs R. SABATIER

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TEXTE 31. UNE AVENTURE

Mots nouveaux:

un interrogatoire en rиgle – допрос по всем правилам; кtre dans les douanes – работать на таможне; des courses de tauraux – бой быков; la fouille de bagages а la douane – таможенный досмотр; en rйcompense du service – в благодарность за услугу; une voleuse – воровка

C’йtait un soir d’automne. Une petite pluie tombait depuis le matin. Liliane, immobile au bord de la route, faisait vainement aux automobilistes le signe de s’arrкter.

Mais personne ne s’arrкtait. Liliane йtait mouillйe jusqu’aux os et trиs fatiguйe. Elle n’espйrait plus en une fin heureuse de son aventure. L’aventure avait commencй pour Liliane au moment oщ elle avait manquй l’autobus qui devait la conduire chez sa grand-mкre, а Hendaye, une petite ville non loin de la frontiиre espagnole. Liliane y passait souvent samedi et dimanche.

La nuit vient vite en octobre. Liliane ne se rendait pas compte de l’heure qu’il pouvait кtre, mais il faisait dйjа sombre. Pour sыr ses grands-parents qui l’attendaient, йtaient trиs inquiets de son absence.

Liliane voulait dйjа prendre le chemin de sa maison quand une voiture s’est arrкtйe enfin.

allez-vous? a dit une aimable voix de femme avec un lйger accent йtranger.

А Hendaye.

Oh! trиs bien. Moi, je me rends en Espagne. Je vous dйposerai а Hendaye qui se trouve, si je ne me trompe pas, а une vingtaine de kilomиtres d’ici. Vous me tiendrez compagnie car je suis fatiguйe et j’ai peur de m’endormir au volant.

Liliane a hйsitй une seconde. Elle est montйe dans la voiture et s’est assise а cфtй de la dame qui йtait trиs йlйgante.

Alors, a dit l’inconnue, parlez. Qui кtes-vous? Chez qui al- lez-vous? Pourquoi кtes-vous seule? Quel вge avez-vous? Quel est votre nom?

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Cela ressemblait а un interrogatoire en rиgle.

Je m’appelle Liliane, j’ai treize ans. Je vais chez ma grandmиre pour y passer samedi et dimanche.

Oh! cela ne m’intйresse pas. Je vous questionne seulement pour ne pas m’endormir. J’ai grand sommeil car je roule sans m’arrкter depuis Paris. Parlez encore, Liliane. Que fait-elle votre grand-mкre?

Elle est institutrice. Mon grand-pиre est dans les douanes.

Mais c’est trиs intйressant. Ainsi, quand vous кtes chez eux, vous pouvez franchir la frontiиre quand vous le voulez?

Oui, c’est assez facile. Nous allons souvent voir des courses de taureaux а Saint-Sйbastien.

Vous n’avez pas faim, ma petite Liliane? a dit l’inconnue.

Je vous remercie, madame. Vous кtes bien bonne. Mais je ne veux rien, conduisez-moi seulement chez ma grand-mиre, s’il vous plaоt.

La dame a froncй les sourcils.

Je suis trиs pressйe. On m’attend а Madrid pour un ren- dez-vous d’affaires trиs important. La fouille de bagages а la douane me fera perdre du temps. Je pense que vous pouvez demander а votre grand-pиre de m’йviter cette fouille en rйcompense du service que je vous ai rendu.

Je ferai ce que je pourrai, a dit Liliane. C’est vrai que vous кtes trиs bonne, mais grand-pиre n’est pas commode...

Alors, faites comme je vous dis. D’autant plus que nous nous approchons de la frontiиre.

Liliane s’est jetйe dans les bras de son grand-pиre. Elle n’a pas oubliй la promesse faite а la bonne dame.

Grand-pиre, a-t-elle dit, tu seras bien aimable si tu hвtes le passage de cette dame. Elle a йtй si bonne!

L’insistance de la fillette a mis le vieux douanier en alerte. Il a donnй l’ordre de fouiller attentivement les bagages de la belle inconnue et d’examiner son passeport. On a trouvй dans les bagages de l’aimable voyageuse d’йnormes sommes d’argent volй. C’йtait une voleuse internationale, depuis longtemps recherchйe par toutes les polices d’Europe. Le nom indiquй dans le passeport

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йtait faux. Personne ne savait au juste quel йtait son vrai nom, ni son pays d’origine.

La voleuse a йtй arrкtйe. Et Liliane?

On dit que jamais plus elle n’a eu le dйsir de profiter des voitures qui passent sur la grande route.

D’aprиs A. LECOURT

TEXTE 32. LA GÉNÉRATION ZINEDINE ZIDANE

Mots nouveaux:

sacrifier – жeртвовать; une complice – соучастница; tenir – выдержать; cфtoyer – соприкасаться; convaincre – убеждать; voler de leurs propres ailes – встать на ноги

Le centre de formation des footballeurs de l’AS Cannes doit sa rйputation а la formation du meilleur footballeur du monde Zinedine Zidane. Les jeunes gens qui cherchent а se faire un nom dans le football professionnel, se plient depuis plusieurs annйes а une rude discipline sportive dans le centre, tout en poursuivant leur scolaritй au lycйe.

Entrй dиs l’вge de treize ans au centre de formation de l’AS Cannes, un jour de janvier 1986, Zidane devait passer une semaine de stage au stade du centre Pierre-de-Coubertin. Il sacrifiait tout а sa passion du ballon. Pendant un an tous les soirs, il pleurait silencieusement dans son oreiller. Il voulait revenir а la maison, et en mкme temps il pensait qu’il fallait tenir. Sa complice de l’йpoque йtait la cabine tйlйphonique, qui chaque soir l’attendait au coin de la rue. Zinedine appelait la famille, pour raconter son emploi du temps de la journйe: le ballon, encore le ballon, toujours le ballon.

«Quand je suis entrй au centre de formation j’ai commencй а cфtoyer des professionnels, se souvient Zidane. J’ai pensй que moi aussi, je pourrais devenir un footballeur professionnel. Il me semblait que si j’йtais sйrieux, si je travaillais, j’aurais une

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chance. Quand j’ai compris зa, je n’ai plus voulu me dйtourner de ma route. Le ballon comptait pour moi plus que tout.»

Plusieurs jeunes gens viennent au centre de formation surtout parce que Zidane йtait passй par lа. Il reste leur modиle, l’exemple а suivre. L’ombre de celui qui est encore considйrй comme le meilleur footballeur du monde, plane sur le stade Pierre-de-Coubertin. L’argument Zidane joue beaucoup pour convaincre les parents de laisser leurs fils partir pour Cannes, car grвce а Zinedine, ce club est en haut du classement concernant la formation des jeunes. Au bout, il n’y a pas de diplфme supйrieur mais le premier contrat de footballeur professionnel. Certains n’attendent pas la fin du cours, ils prйfиrent voler de leurs propres ailes et tenter leur chance loin de la base cannoise.

Les jeunes qui ont dйjа passй le premier filtre de la sйlection а la base, ont le sentiment de constituer une йlite. Mais ils ne sont pas assurйs de leur lendemain: une blessure peut tout remettre en cause. Le jeune professionnel Zair Mehah, par exemple, blessй au genou, ne joue plus. Mais beaucoup de footballeurs s’accordent а l’exemple de ceux qui rйussissent, tout en йtant capables, comme Zinedine Zidane, de garder les pieds sur la terre.

D’aprиs G. DELOUR, Le Nouvel Observateur

TEXTE 33. LE COUSIN D’ARGENTINE

Mots nouveaux:

faire la mauvaise tкte – злиться; se tromper – ошибаться; manquer l’avion – опоздать на самолет

Un jour, la mиre s’est adressйe а sa fille Rйgine:

Rйgine, tu sais que Pablito arrive а deux heures.

Il paraоt oui ...

Йcoute, Rйgine, ne fais pas la mauvaise tкte. Ton cousin doit passer quelques semaines chez nous. J’ose espйrer que pendant tout ce temps-lа tu ne vas pas кtre de mauvaise humeur.

Mmm...

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Bon. Pour commencer, tu vas me rendre le service d’aller le chercher а Orly. Tu parles assez bien espagnol maintenant, ce sera beaucoup plus facile pour lui.

Bien sыr, comme d’habitude, c’est а moi, et pourquoi pas Jacotte?

Mais, ma chйrie, parce que ta sњur apprend le grec, tu le sais! Pour parler а un cousin d’Argentine, ce n’est pas trиs commode ...

Trиs bien, maman, j’irai.

Oh lа lа! Ce cousin d’Argentine, il n’est mкme pas encore arrivй que j’en suis dйjа nerveuse. J’ai dы dйranger toutes mes affaires; ce cher petit occupera ma chambre, c’est gai! En plus c’est moi qui dois lui parler tout le temps parce que j’apprends l’espagnol en classe! Il rira de moi. J’ai dix-sept ans et je ne vais pas laisser un gamin se moquer de moi, non?

Et comment vais-je reconnaоtre ce cher cousin?

Mais tu n’as pas besoin de le reconnaоtre, c’est lui qui viendra vers toi.

Il ne m’a jamais vue!

Non, mais j’ai prйvenu ses parents. Je les ai prйvenus qu’une jeune fille de trиs mauvaise humeur l’attendrait. Alors il ne peut pas se tromper!

Oh! maman, tu leur as йcrit sans me le dire? Et tu as йcrit зa? La figure de maman s’est йclairйe d’un sourire. Je m’aperзois

qu’elle se moque de moi.

Non, bien sыr, ma chйrie, j’ai йcrit tout simplement que tu porterais ton manteau rouge, et que tu avais de longs cheveux blonds.

Merci, maman... Dis, s’il y avait une autre fille blonde а manteau rouge?

N’aie pas peur, de toute faзon Pablito te reconnaоtra.

Pourquoi?

Parce que tu ressembles beaucoup а une de ses sњurs. Allons, va te prйparer maintenant, sans cela tu vas manquer l’arrivйe de l’avion.

Comment est-il, ce cousin argentin?

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Maman a ri mais n’a pas pu me rйpondre. Pablito est un cousin йloignй; il est nй en Argentine et elle ne l’a jamais vu.

Deux heures moins dix. Ouf! Me voici arrivйe а Orly.

«Vol Air France 082 en provenance de Santiago du Chili, Buenos Aires, Dakar, arrivйe prйvue а 14 heures 10. Porte № 30.» J’ai couru а la porte № 30. Voilа, moi et mon manteau rouge, nous sommes а notre poste. Il n’y a qu’а laisser passer les gens. Oh! Oh! C’est fou le nombre de petits garзons bruns qu’il y a dans cet avion! Chaque fois, mon cњur s’arrкte ... Mais non, ce

n’est pas lui.

Celui-lа peut-кtre? Il a l’air gentil; il donne la main а une dame. Oh! je suis bкte, Pablito sera seul.

Mais oщ est donc, cet enfant?

Tous les voyageurs sont passйs maintenant. Il ne restait qu’un jeune homme trиs maigre qui dansait d’une jambe sur l’autre.

Eh bien, Pablito a manquй l’avion. Il ne me reste plus qu’а rentrer а la maison ... Le jeune homme maigre s’est avancй:

Vous кtes Rйgine, n’est-ce pas?

Oui, c’est moi.

Bonjour.

Mais il est fou, ce garзon!

Peut-кtre, vous m’expliquerez pourquoi mon cousin Pablito n’est pas lа?

Mais si, il est lа. C’est moi!

Oh! Ce grand garзon maigre et qui parle franзais sans fautes, c’est Pablito?

Mais je croyais que vous aviez ... onze ou douze ans!

Non, j’en ai vingt et un! Ai-je tort?

Oh, non, il n’a pas tort... Plus je le regarde, plus je trouve qu’il a l’air gentil, ce cousin. Oh, а vrai dire, c’est un cousin trиs йloignй... un ami plutфt.

Comme j’ai bien fait de lui prкter ma chambre et d’кtre venue le chercher. Je sens que c’est moi aussi qui vais lui faire visiter Paris...

D’aprиs H. DOUMAYROU

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TEXTE 34. SIDA: L’ÉPIDÉMIE S’ÉTEND EN AFRIQUE

DU SUD

Mots nouveaux:

s’йtendre – распространяться; remplir les estomacs qui crient famine – заполнять голодные желудки; inlassablement – неутомимо; un orphelin – сирота; des traitements antirйtroviraux – противовирусное лечение

Plus d’un million d’enfants ont perdu leurs parents en Afrique du Sud tuйs par le SIDA. Dиs les premiers jours des vacances, le bord de la mer de Durban s’emplit d’enfants. Certains se lancent dans l’ocйan Indien, d’autres йrigent des chвteaux de sable. Des gamins aux vкtements trouйs sont ici tous les jours de l’annйe. Ils y vivent. Depuis quelques annйes, leurs journйes n’ont qu’un but: remplir les estomacs qui crient famine. Alors, inlassablement, ils s’agrippent aux passants et les suivent aussi longtemps qu’il faut pour obtenir un ou deux rands (un rand = 0,13 euro). Les parents de ces enfants sont morts, fauchйs par le SIDA. Derriиre les centaines d’enfants des rues se cachent plus d’un million d’orphelins du SIDA. Selon l’Unicef, l’infection avait causй un million d’orphelins en 2000, en 2003 – 1,1 million. Et leur nombre continue а augmenter.

Dans les vallйes rurales, Pulmani vient aussi de perdre sa mиre а cause du SIDA, un an aprиs son pиre. Mais il ne se retrouve pas seul. Sa petite maison abrite encore ses sept frиres et sњurs, вgйs de 3 а 14 ans. Nourriture, йducation, entretien de la maison ... aujourd’hui, Pulmani doit tout gйrer. Seul. А 16 ans, il est chef d’une famille nombreuse.

L’Afrique du Sud compte des milliers d’enfants comme Pulmani, certains n’ont que 9 ans. La plupart des orphelins sont toutefois pris en charge par des tantes, des cousines ou, plus souvent, des grands-mиres. La pauvretй surgit dиs qu’un adulte tombe malade. Les familles ayant peu d’йconomies, l’argent dйdiй aux soins est prйlevй sur les secteurs non vitaux: transport, vкtements et surtout йcole. Pulmani et son frиre aоnй ont dы abandonner leurs cartables quand leur pиre est tombй malade.

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