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Практика письменного перевода (на материале новелл А. Моруа). Учебное пособие

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ainsi des nécessités de l’écran, nous aurions mauvaise grâce, vous et moi, à faire preuve d’un pédantisme un peu ridicule quand il s’agit de nos modestes existences.

J’ajoute: a) que cette femme unique n’aurait ni vos traits, ni les miens, puisque l’actrice qui nous représenterait serait celle qui se trouve en ce moment avoir un contrat avec le producteur et qu’elle ne ressemble ni à l’une, ni à l’autre d’entre nous; b) que la somme offerte est fort élevée (soixante mille dollars, au cours actuel du franc plus d’un million) et que naturellement, si vous acceptiez les changements imposés, je rétribuerais très largement la part de collaboration apportée par votre livre.

Je vous prie de me répondre par dépêche, car je dois moi-même câbler à

Hollywood.

VII

Nadine à Thérèse (par télégramme)

10.XII.37 sujet trop important pour être traité par correspondance Stop.

Prendrai Paris train 14 heures 23 serai chez vous vers 18 heures Stop. Meilleurs sentiments Nadine.

VIII

Thérèse à Nadine

Evreux, le ler août 1938.

Chère Nadine,

Me voici de nouveau dans cette maison de campagne que vous connaissez et que vous voulez bien aimer. J’y suis seule, mon mari étant en voyage pour trois semaines. Je serais très heureuse si vous acceptiez d’y venir faire un séjour, aussi long que vous le pourrez et le voudrez. Si vous désirez lire, écrire, travailler, je suis moi-même fort occupée par mon nouveau livre et vous laisserai bien tranquille. Si vous préférez visiter le pays, qui est charmant, ma voiture sera la vôtre. Mais le soir, si vous avez le loisir de vous reposer au jardin près de moi, nous parlerons de nos souvenirs, de nos «mauvais souvenirs» – et de nos affaires.

Croyez à ma très affectueuse sympathie. Thérèse Berger».

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2 Mots et expressions à retenir et à employer.

la vedette – знаменитость, видный актер, часовой; la consécration – освящение, признание;

la déchéance – упадок, униженность; une apoplexie – апоплексия;

le brouillon – набросок, черновик; hardi – смелый, безрассудный;

une ardeur – рвение, боевой дух, чувство жжения; dédaigneux – гордец; пренебрежительный; maudire – проклинать, злословить;

la duplicité – двуличность, введение в заблуждение; trahir – изменять, предать, обмануть ожидания; péremptoire – решительный, категоричный;

jadis – некогда, в прошлом;

involontaire – невольный, непреднамеренный; deviner – угадать.

3 Composez 20 questions pour animer la discussion à partir du sujet de la nouvelle.

4 Trouvez le titre pour chaque lettre, faites le résumé de chaque lettre

en 10 phrases.

5 Faites le portrait physique et moral de:

Thérèse;

Jérôme;

Nadine.

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6 Commentez les passages suivants.

«...L’amour exige de l’abandon, de la confiance. Deux êtres laissent tomber, avec leurs vêtements, leurs craintes, leurs susceptibilités, leurs pudeurs. Etendu près de toi, je me sentais jugé par une ennemie qui, ne perdant jamais le conlrôle de ses sens, m’observait avec une froide lucidité...».

«...Mais il ne faut chercher en tes actions rien de logique, ni de conscient. Tu es, comme tant de femmes, une malheureuse, esclave de tes organes et de tes nerfs, faussée par un drame d’adolescence, et furieuse de son échec...».

«... Oui, beaucoup de gens pensent maintenant que tu es intelligente. Et en effet tu l’es devenue. Mais sais-tu pourquoi ? Parce que je t’ai modelée. Parce que durant vingt années, tu as reçu de moi tout ce qui te manquait: des idées, des connaissances, un vocabulaire...».

7 Relevez dans le texte les mots et les expressions qui décrivent.

l’amour;

la haine;

l’indifférence.

8 Traduisez en français.

1 Когда военные несут караульную службу, им нельзя покидать свой

пост.

2 Если вам часто становится некомфортно в своем доме, нужно пригласить священника и освятить жилище.

3 Недоедание, бессонные ночи, сверхурочная работа стали причинами упадка сил Элизы.

4 «Я тону в этих бумагах», – простонала Катрин, разбирая свои наброски и рисунки.

5 Апоплексический удар может повлечь за собой паралич или утрату способности говорить.

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6 Меня раздражает пренебрежительное отношение к каким-либо вещам, я стараюсь бороться с этим в себе, но иногда мои попытки оказываются тщетными.

7 Злая ведьма была в ярости от того, что ее не пригласили на крестины маленькой принцессы, и прокляла девочку.

8 Я сказала эту фразу совсем нечаянно, отвечая на свои мысли, и тотчас же испугалась твоей реакции на мои слова.

9 Мне представляется чем-то диким, что именно мы с вами 6 лет тому назад любили друг друга и наслаждались жизнью.

10 Он был страстным любителем оперы, и иногда, во время какого-

нибудь дуэта, вдруг на весь театр раздавался его решительный бас: «А ведь чисто-то взял! Точно орех разгрыз».

9 Faites par écrit la traduction littéraire du passage suivant.

«Et tu montreras triomphalement mon livre, ce passage surtout que tu as si soigneusement noté: «Ma femme était fidèle, modeste, intelligente...» Garde-toi,

Thérèse, de croire sans réserves à ce témoignage trop indulgent. Puisque tu me forces en mes dernières défenses, puisque tu me contrains à employer toutes les armes, j’avouerai que cette phrase fut un mensonge. Un mensonge conscient. J’ai voulu paraître généreux. J’ai eu tort. Toute hypocrisie gâte une œuvre d’art. J’aurais dû décrire avec une impitoyable dureté le monstre que tu es, le mal que tu m’as fait.

«Fidèle ?...» J’ai su, bien avant de te quitter que tu avais cessé de l’être.

Mais pourquoi l’aurais-je écrit dans un texte public ? Pourquoi t’aurais-je donné, à mes dépens, le prestige de l’inconstance ? «Modeste?» Tu as un orgueil infernal et le désir de dominer, d’éblouir, explique la plupart de tes actions. «Intelligente ?...»

Oui, beaucoup de gens pensent maintenant que tu es intelligente. Et en effet tu l’es devenue. Mais sais-tu pourquoi ? Parce que je t’ai modelée. Parce que durant vingt années, tu as reçu de moi tout ce qui te manquait: des idées, des connaissances, un vocabulaire. Aujourd’hui même, après cette longue séparation, tu vis du souffle

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que tu m’as pris et cette lettre, par laquelle tu pensais m’achever, c’est à moi encore qu’elle doit ce qu’elle a de vigueur.

Vanité ? Non, fierté. J’ai besoin de me répéter que je crois en moi pour me délivrer de tes maléfices. Je ne veux pas reprendre ta lettre point par point. Ce serait jouer ton propre jeu que de m’infliger ces inutiles souffrances. Encore un mot pourtant. «Je ris amèrement», dis-tu, «quand les journaux parlent de ta force... Je n’ai jamais rencontré un homme, plus faible que toi.» Tu sais très bien, Thérèse, que tu m’attaques là sur deux plans différents que tu affectes de confondre. Tu n’en as pas le droit. Ce que fut mon caractère, dans mes rapports avec toi, ne regarde que nous. Je crois maintenant comme toi que, dans cette lutte, je fus trop faible. C’était par pitié, mais la pitié n’est pas toujours pure de lâcheté.

Seulement tu feins aussi de ne pas savoir qu’un homme peut être faible dans la vie temporelle et créer pourtant une œuvre forte. Et même que, bien souvent, c’est parce qu’il fut faible dans sa vie que son œuvre est robuste. Ce que les jeunes hommes voient dans cette œuvre, sois assurée, Thérèse, que cela s’y trouve. Et à y mieux réfléchir, si tu m’as fait beaucoup souffrir, peut-être de ces souffrances devrais-je, apaisé, te rendre grâces. Je dois à ta haine fidèle une part immense de ce que je puis être.

Tu es, toi, avant tout, une destructrice. C’est la forme qu’a prise en toi la rancune. Parce que tu n’es pas heureuse, tu hais le bonheur. Parce que tu n’es pas sensuelle, tu méprises la volupté. Le dépit fait de toi une observatrice pénétrante et passionnée. Comme ces rayons qui décèlent, dans une énorme pièce de fer, la paille qui en menace la solidité, tu vas droit, dans un être humain, à son point faible. Tu vois la paille dans toutes les vertus. C’est un don remarquable, Thérèse, mais c’est aussi un don maudit. Car tu oublies que les vertus sont des réalités et que les poutres de fer résistent au temps. Ces faiblesses que tu montres en moi si cruellemment, elles existent, je le sais; tu as vu clair, avec une singulière acuité. Mais elles existent noyées dans une masse si lourde et si1 résistante qu’aucune force humaine ne pourrait la briser. Toi-même, tu y a échoué et à ton règne néfaste mon œuvre et mon âme ont survécu.

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«Quelle femme», écris-tu, «pourrait être heureuse avec toi ?» Je veux que tu saches que, moi aussi, depuis notre divorce, j’ai trouvé l’amour. Avec une épouse simple et bonne, je connais enfin la paix. Je devine ton sourire: «Oui, mais elle?...»

Si tu voyais Nadine un seul instant, tu ne douterais plus de son bonheur. Toutes les femmes n’ont pas besoin, comme toi, de tuer pour vivre. Qui détruis-tu maintenant?».

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5 La carte postale

1 Lisez et traduisez la nouvelle « La carte postale».

«– J’avais quatre ans, dit Nathalie, quand ma mère quitta mon père pour épouser ce bel Allemand. J’aimais beaucoup papa, mais il était faible et résigné; il n’insista pas pour me garder à Moscou. Bientôt, contre mon gré, j’admirai mon beau-père. Il montrait pour moi de l’affection. Je refusais de rappeler Père; on finit par convenir que je le nommerais Heinrich, comme faisait ma mère.

Nous restâmes trois années à Leipzig, puis maman dut revenir à Moscou pour arranger quelques affaires. Elle appela mon père au téléphone, eut avec lui une conversation assez cordiale et lui promit de m’envoyer passer une journée chez lui. J’étais émue, d’abord de le revoir, et aussi de retrouver cette maison où j’avais tant joué et dont je gardais un merveilleux souvenir.

Je ne fus pas déçue. Le suisse devant la porte, la grande cour pleine de neige ressemblaient aux images de ma mémoire... Quant à mon père, il avait fait des efforts immenses pour que cette journée fût parfaite. Il avait acheté des jouets neufs, commandé un merveilleux déjeuner et préparé pour la nuit tombante un petit feu d’artifice dans le jardin.

Papa était un homme très bon, mais d’une maladresse infinie. Tout ce qu’il avait organisé avec tant d’amour échoua. Les jouets neufs ne firent qu’aviver mes regrets de jouets anciens que je réclamai et qu’il ne put retrouver. Le beau déjeuner, mal préparé par des domestiques que ne surveillait plus aucune femme, me rendit malade. Une des fusées du feu d’artifice tomba sur le toit, dans la cheminée de mon ancienne chambre et mit le feu à un tapis. Pour éteindre ce commencement d’incendie, toute la maison dut faire la chaîne avec des seaux et mon père se brûla une main, de sorte que ce jour qu’il avait voulu si gai me laissa le souvenir de flammes terrifiantes et de l’odeur triste des pansements.

Quand le soir ma Fräulein vint me rechercher, elle me trouva en larmes.

J’étais bien jeune, mais je sentais avec force les nuances de sentiments. Je savais que mon père m’aimait, qu’il avait fait de son mieux et qu’il n’avait pas réussi. Je

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le plaignais et, en même temps, j’avais un peu honte de lui. Je voulais lui cacher ces idées, j’essayais de sourire et je pleurais.

Au moment du départ, il me dit que c’était l’usage en Russie de donner à ses amis, pour Noël, des cartes ornées, qu’il en avait acheté une pour moi et qu’il espérait qu’elle me plairait. Quand je pense aujourd’hui à cette carte, je sais qu’elle

était affreuse. En ce temps-là j’aimai, je crois, cette neige pailletée faite de borate de soude, ces étoiles rouges collées derrière un transparent bleu de nuit et ce traîneau qui, mobile sur une charnière de carton, semblait galoper hors de la carte.

Je remerciai papa, je l’embrassai et nous nous séparâmes. Depuis il y a eu la Révolution et je ne l’ai jamais revu.

Ma Fräulein me ramena jusqu’à l’hôtel où étaient ma mère et mon beaupère. Ils s’habillaient pour dîner chez des amis. Maman, en robe blanche, portait un grand collier de diamants. Heinrich était en habit. Ils me demandèrent si je m’étais amusée. Je dis sur un ton de défi que j’avais passé une journée admirable et je décrivis le feu d’artifice sans dire un mot de l’incendie. Puis, sans doute comme preuve de la magnificence de mon papa, je fis voir ma carte postale.

Ma mère la prit et, tout de suite, éclata de rire:

– Mon Dieu ! dit-elle. Ce pauvre Pierre n’a pas changé... Quelle pièce pour le musée des Horreurs !

Heinrich, qui me regardait, se pencha vers elle, le visage fâché:

– Allons, dit-il à voix basse, allons... Pas devant cette petite.

Il prit la carte des mains de ma mère, admira en souriant les paillettes de neige, fit jouer le traîneau sur sa charnière et dit:

– C’est la plus belle carte que j’ai jamais vue; il faudra la garder avec soin. J’avais sept ans, mais je savais qu’il mentait, qu’il jugeait comme maman

cette carte affreuse, qu’ils avaient raison tous deux et que Heinrich voulait, par pitié, protéger mon pauvre papa.

Je déchirai la carte et c’est depuis ce jour que j’ai détesté mon beau-père».

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2 Mots et expressions à retenir et à employer.

épouser qn – жениться, выйти замуж;

résigné – покорный, безропотный, смирившийся; contre mon gré (m) – против моей воли;

refuser de faire qch – отказать что-либо сделать; ému – взволнованный, растроганный; maladresse (f) – неловкость;

infini – бесконечный, безграничный; aviver – оживить; усугубить;

fusée (f) – ракета; seau (m) – ведро; usage (m) – обычай; traîneau (m) – сани.

3 Composez 20 questions pour animer la discussion à partir du sujet de la nouvelle.

4 Сomposez le plan détaillé de cette nouvelle, trouvez le titre pour chaque poin et exposez la nouvelle d’après ce plan.

5 Faites le portrait physique et moral de:

Nathalie;

Heinrich;

mère de Nathalie;

père de Nathalie.

6 Exposez en français cette histoire de la part de:

Nathalie;

Heinrich;

la mère de Nathalie;

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le père de Nathalie.

7 Trouvez dans le texte les groupes de mots suivants. Commentez la situation où ils sont employés.

quitter qn pour épouser qn; arranger quelques affaires; appeler qn au téléphone;

envoyer qn passer une journée chez qn; garder un merveilleux souvenir;

rendre malade;

dire sur un ton de défi. au moment du départ;

porter un grand collier de diamants; comme preuve de la magnificence de qn; une pièce pour le musée des Horreurs.

8 Expliquez en détail les expressions suivantes. Trouvez-les dans le texte. Faites vos phrases avec les expressions données.

être faible et résigné; faire qch contre son gré;

être un homme très bon, mais d’une maladresse infinie; garder avec soin.

9 Trouvez dans le texte les verbes au passé simple. Donnez l’infinitif de chaque verbe et conjuguez-les au présent, au passé composé, au futur simple, au subjonctif présent.

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