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Файл:Основы теории второго иностранного языка (французский язык). Часть 2. Учебное пособие
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celle de subordination. Le subjonctif dans les propositions
indépendantes remplit sa fonction secondaire, celle de l'impératif.
- L'emploi du subjonctif est régi par des structures bien déterminées
à la systématisation desquelles sont consacrés plusieurs ouvrages.
(Nordhal, 1969; Boysen, 1971; Togeby, 1966). Les corrélatifs après
lesquels il est possible d'employer le subjonctif et l'indicatif sont aussi bien
déterminés. Le corrélatif (l'élément régissant) a besoin d'un support
grammatical et sémantique à la fois. Le subjonctif lui sert de support
grammatical. Entre le corrélatif et le subjonctif il у a une complémentarité
réciproque (Imbs, 1953; Nordhal, 1970).
- Le subjonctif tout en réalisant la subordination la plus forte
possible d'une proposition à l'autre produit un certain effet de sens: il
sert à interpréter l’action à travers la modalité de la structure
régissante; l’action interprétée par le subjonctif objectivement peut être
irréelle aussi bien que réelle (Je veux que tu viennes. - action désirée -
Je suis heureux que tu sois venu - action objectivement réelle).
- Le fait que le subjonctif sert de forme de subordination a amené
la disparition de la concordance des temps du système du subjonctif
qui remplit aussi la fonction de subordination. Le remplacement de
1'imparfait et du plus-que-parfait du subjonctif par le présent et le
passé du subjonctif, est la conséquence de ce que la fonction primaire
du subjonctif est celle de la subordination grammaticale. Le fait que la
concordance des temps remplit la fonction de subordination peut être
montré par 1'imparfait de l'indicatif employé en vertu de la
concordance des temps après le passé composé: On m'a dit que vous
étiez malade. La forme étiez exprime une action liée au moment du
passé mais continuant au présent.
La forme du présent peut être employée dans la subordonnée: On
m'a dit que vous êtes malade. Les deux phrases On m'a dit que vous
étiez malade et On m'a dit que vous êtes malade se traduisent par Мне
сказали, что вы больны. Mais il у a entre elles une différence
grammaticale et sémantique. Dans la première la dépendance de la
proposition subordonnée du verbe de la principale est beaucoup plus
étroite que dans la deuxième ce qui peut être prouvé par une
transformation. Si on transforme la phrase avec étiez, on obtient: On
m'a dit que vous étiez malade - Vous étiez malade, on me l’а dit.
L'action exprimée par étiez se rapporte au passé, tandis que dans la
phrase non transformée (On m'a dit que vous étiez malade) étiez
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désigne une action se rapportant au présent, or la transformation amène
le changement de sens. Dans le cas avec кtes la transformation se fait
sans que le sens change: On m'a dit que vous êtes malade - Vous êtes
malade, on me l'a dit. Cela prouve que la subordonnée avec êtes n'est
pas si étroitement liéе à la principale que celle qui contient étiez. De la
différence grammaticale découle une différence sémantique. Dans le
premier cas (On m'a dit que vous étiez malade) le locuteur n'est pas sûr
de la réalité de l'action exprimée par la subordonnée. Dans le deuxième
cas (On m'a dit que vous êtes malade) le locuteur est sûr de la vérité de
faction d'où le présent. On se sert de cette différence dans un but
stylistique (Пиотровский, 1970). Ainsi, la concordance des temps
remplit la fonction grammaticale de subordination.
Il est à noter que lorsque l’action de la principale et celle de la
subordonnйe se rapportent au passй et que l'action n'est pas liéе au
présent, la transformation se fait sans que le sens change. Cela a lieu au
cas où dans la principale est employé un autre temps du passé que le
passé composé: II dit (passé simple) qu'elle était malade. - Elle était
malade. II le dit. Cela veut dire que le lien entre la subordonnée et la
principale n'est pas aussi étroit que dans la phrase On m'a dit que vous
étiez malade. Lorsque la principale est au passé simple 1'imparfait de
l'indicatif est employé pour exprimer une action passée et non pas en
vertu d'une pure concordance des temps.
Lorsqu'on emploie 1'imparfait du subjoncitf, la subordination est
exprimée simultanément par le subjonctif même et par la concordance
des temps. La langue tend à économiser ses moyens. Le subjonctif
étant une forme spéciale de subordination d'une proposition à l'autre
suffit, la concordance des temps dans le système du subjonctif (c'est-àdire l'emploi de 1'imparfait du subjonctif et conformément du plus-
que-parfait du subjonctif) est superflue, ce qui entraîne le
remplacement de 1'imparfait du subjonctif par le présent du subjonctif
et le plus-que-parfait du subjonctif par le passé du subjonctif: II a
voulu Qu'elle partît - II a voulu quelle parte. II regrettait qu'elle fût
partie. - II regrettait qu'elle soit partie. La preuve en est le fait que
1'imparfait du subjonctif cède sa place au présent du subjonctif avant
tout dans les propositions où l'on voit agir la loi de la concordance des
temps, notamment dans les propositions complétives. La disparition de
1'imparfait du subjonctif dans ces types de proposition provoque son
affaiblissement dans les propositions relatives et circonstancielles
(Пицкова, 1958).
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- Si l'on met à la tête de la phrase la subordonnée introduite par la
conjonction que, c'est toujours le subjonctif qui s'impose
indépendamment du verbe régissant: C'est certain qu'il est venu. ->
Qu'il soit venu c'est certain. La subordonnée préposée est plus
étroitement liéе à la principale que la subordonnée postposée.
- II est à noter que si le sujet parlant emploie un indicatif là où
l'on n'emploie que le subjonctif, renonciation ne change pas de sens et
l'indicatif est considéré comme une faute de grammaire (Schogt, 1968).
- Dans la langue parlée il у a une tendance à remplacer le
subjonctif par l'indicatif (ou le conditionnel) dans les cas où le lien de
subordination s'affaiblit. Ce phénomène a lieu dans les propositions de
concession introduites par bien que, quoique, malgré que:
- Mais comme je suis tellement faible et que j'ai peur de leur
passer entre les mains, j'ai voulu vous écrire, pour vous embrasser
avant Quoiqu'il faut avoir toujours espoir de s'en aller (Rolland); Je ne
suis trop mal logé, bien qu'une douche serait la bienvenue, vu le métier
salissant que j'exerce («L'Humanité dimanche»).
- L'alternance subjonctif/indicatif dans la subordonnée après les
mêmes corrélatifs sert de pierre de touche dans la définition de la
signification du subjonctif. Etant donné que la modalité des phrases
avec un subjonctif n'est pas la même qu'avec un conditionnel et un
indicatif certains savants attribuent au subjonctif une valeur modale
particulière. Par exemple: Il dit qu'elle vienne et II dit qu'elle vient. La
pensée qu'elle vienne me rassure et La pensée qu'elle viendra me
rassure. Dans la phrase Il dit quelle vienne le subjonctif n'exprime pas
par lui même la modalité, il sert à discerner le sens volitif du verbe dire
(dire = ordonner). Dans la phrase avec l'indicatif dire signifie affirmer,
constater. Dans la phrase La pensée quelle vienne me rassure l'effet
modal du subjonctif est dû à sa fonction de subordination. Autrement
dit, sa soi-disant modalité est la conséquence de sa subordination. Ici il
s'est сгéé le domaine du possible (dont a parlé G. Guillaume). La
preuve en est la transformation de la phrase: La pensée qu'elle vienne
me rassure - La pensée de sa venue possible me rassure ou: II est
possible qu'elle vienne et cela me rassure.
II est à noter que la subordination exprimée par la concordance des
temps dans l'indicatif peut donner aussi des effets modaux (voir là-
dessus: On m'a dit que vous étiez malade et On m'a dit que vous êtes
malade).
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Ainsi, la fonction du subjonctif dans les propositions
subordonnées est avant tout de servir de forme de subordination
(fonctionnelle). Les effets modaux des phrases contenant le subjonctif
sont dus à l'interdépendance du subjonctif et de la sémantique de la
structure régissante, qui gouverne le subjonctif. Cette complémentarite
réciproque crée le domaine du possible.
Le subjonctif, étant une forme de subordination, exprime le
rapport à la réalité non pas par lui-même, mais à travers la structure
régissante (à travers la visée d'après G. Guillaume). Ceci fait du
subjonctif une forme qui porte un caractère interprétationnel.
La corrélation subjonctif (dont la marque formelle est que (seul ou
comme partie d'une conjonction)/formes sans que (l'indicatif et le
conditionnel) constitue le premier niveau de la catégorie du mode.
C'est le subjonctif qui sert de forme marquée: sa masse phonique est
plus grande, son emploi est moindre.
4. L'indicatif et le conditionnel.
La corrélation indicatif (formes sans -r) / conditionnel (formes en -r)
constitue le deuxième niveau de la catégorie du mode. Contrairement
au subjonctif, l'indicatif et le conditionnel expriment le rapport à la
réalité par eux-mêmes, directement. La corrélation indicatif /
conditionnel est de préférence celle qui porte un caractère réflectoire.
Dans cette corrélation c'est le conditionnel qui sert de forme marquée:
la masse phonique est plus grande, son emploi est moins fréquent.
L'indicatif sert à énoncer des faits qui sont affirmés ou niés
comme réels. C'est sa fonction primaire. Les nuances modales qui
apparaissent à l'indicatif dans certaines conditions du contexte sont
propres non pas à l'indicatif comme mode, mais à certaines formes
temporelles de l'indicatif.
L'opinion des linguistes sur les formes en -r (il chantera - il aura
chanté, il chanterait - il aurait chanté) n'est pas unanime. On peut dé-
gager les points de vue suivants:
1. Les formes en -r sont réparties en deux modes: l'indicatif et le
conditionnel. Le futur simple (il chantera) est rapporté à l'indicatif. La
forme en -rait (il chanterait) est considérée comme un mode autonome -
le conditionnel (M. Grevisse, 1964). Certains savants répartissent les
formes en -rait en des homonymes grammaticaux: le futur dans le
passé et le conditionnel (Boer, 1954).
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2. Les formes en -r sont rapportées à l'indicatif et sont considérées
comme des formes temporelles du futur: le futur catégorique (il
chantera), et le futur hypothétique (il chanterait) (Wagner et Pinchon,
1968; Martin, 1971; Imbs, 1960).
3. Les formes en -r representent un mode à part, le suppositif
(Yvon, 1956; Yvon, 1953; Gougenheim, 1939, Пицкова, 1982).
Cette diversité d'opinions est conditionnée par deux facteurs:
1) les formes en -r cumulent deux valeurs: temporelle et modale;
2) la différence des points de départ des linguistes.
La plupart des grammairiens contemporains tiennent à rapporter
les formes en -r à l'indicatif.
R.-L. Wagner et J. Pinchon tout en rapportant le conditionnel à
l'indicatif estiment qu'il est impossible de séparer la forme en -rait du
futur simple; les auteurs remarquent que si Ton tient à distinguer le
mode conditionnel, il faut choisir la voie proposée par H. Yvon, c'està-dire considérer toutes les formes en -r comme un mode autonome,
celui du conditionnel. II est à noter que les grammairiens qui
rapportent les formes en -r à un mode autonome ne sont pas nombreux.
Mais l'idée de considérer toutes les formes en -r comme un mode à part
n'est pas sans fondement.
Les formes en -r constituent un ensemble au point de vue
morphologique et présentent certaines analogies du point de vue de
l'usage syntaxique.
Ces deux formes caractérisées par l'élément -r se définissent l'une
par l'autre et sur le plan paradigmatique du niveau morphologique elles
sont opposées à toutes les autres formes de l'indicatif qui ne possèdent
pas l'йlйment -r. Sur le plan syntaxique les formes en -r ont en
commun le fait qu'elles ne peuvent pas être employées après le si
conditionnel. Les formes en -r étant caractérisées par le même indice
formel et ayant un emploi semblable ont une valeur commune: une
éventualité potentielle. A la différence de l'indicatif, qui est la forme
catégorielle de renonciation pure et simple, les formes en -r présented
les faits comme probables, éventuels. Les formes en -r (les formes du
conditionnel) n'entrent pas dans la zone du réel. Empruntant à G.
Guillaume l'idée sur quatre domaines sémantiques (possible, probable,
certain, réel), qui gouvernent le choix du mode, on voit que les formes
en -r ne s'emploient pas dans le domaine du réel. On peut dire: II est
probable qu'il viendra, il est certain qu'il viendra, mais on ne peut pas
dire: il est réel qu'il viendra.
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La probabilité orientée vers le futur est très proche du domaine du
certain. Voilà pourquoi il est possible de dire: il est certain qu'il
viendra, il a dit qu'il viendrait (viendra) sans faute. Le futur
s'accommode parfaitement de la certitude absolue: Au quatrième top, il
sera exactement vingt heures. Ajoutez quatre et quatre, vous aurez huit
(Martin, 1971). Mais le futur simple n'entre pas dans le domaine du
réel. La probabilité est présentée dans une mesure très infime dans le
futur simple (le futur du conditionnel) et dans le futur antérieur (le
parfait du conditionnel), elle est fortement exprimée dans le
conditionnel présent (l'imparfait du conditionnel) et le conditionnel
passé (le plus-que-parfait du conditionnel). H. Yvon distingue dans le
cadre du conditionnel le conditionnel probable (il chantera) et le
conditionnel incertain (il chanterait) (Yvon, 1956).
La valeur d'éventualité potentielle est renforcée dans le futur
simple et le futur antérieur quand il s'agit d'une action supposée se
rapportant au présent ou au passé: Elle ne revient pas, elle aura mal à
la tète. - Elle n'en aura pas profité (Simenon).
L'imparfait du conditionnel et le plus-que-parfait du conditionnel
servent à exprimer une information sur la réalité de laquelle on refuse
de se prononcer: J'ai pensé que vous prendriez bien un verre avec nous
(Simenon). Quelques 2800 personnes seraient mortes au cours des
séismes survenus un peu partout dans le monde tout au long de
1'аппéе 1977 («Humanité»).
Le plus-que-parfait du conditionnel (le conditionnel passé) traduit
très souvent l'éventualité irréalisable: Si j'en avais eu la possibilité,
j'aurais achevé топ instruction aujourd'hui (Larousse). Ainsi, à la
différence de l'indicatif qui indique un fait réel (affirmé ou nié), le
conditionnel traduit un fait potentiellement éventuel, un fait supposé
(hypothétique).
II est à noter que les relations temporelles réalisées par les formes
de l'indicatif et du conditionnel servent de preuve définitive de leurs
valeurs modales.
ATTENTION! RÉVISION 7
1. Le problème du mode et de la modalité.
2. L 'impératif.
3. Le subjonctif comme une forme verbale de subordination
fonctionnelle.
4. La corrélation indicatif (formes sans -r) / conditionnel (formes en -r).
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ТЕМА 8. L’OBJET DE LA SYNTAXE
1. Introduction à ľétude de la syntaxe. Les problèmes généraux de
la proposition.
2. Les termes de proposition.
3. La structure formelle de la proposition
4. Les categories propositionnelles.
5. Les propositions avec des formes specifiques de predication.
La phrase complexe.
6. L'unité superphrastique et le texte.
1. Introduction à ľétude de la syntaxe. Les problèmes
généraux de la proposition.
La syntaxe est la partie de la grammaire decrivant les règles de la
combinaison des mots et de ľ organisation des phrases, ainsi que celles
de ľinsertion des phrases dans des formations plus importantes telles
que l'unité superphrastique et le texte. Unité de communication, la
proposition constitue l'unité essentielle de la syntaxe.
On peut distinguer trois approches de la syntaxe: structurale, logique
et sémantique. La première s'attache à étudier les formes, la deuxième met
en corrélation les formes syntaxiques et celles de la pensée étudiées par la
logique, tandis que la dernière tient compte également de la réalité décrite
par les phrases. Ces trois approches se complètent et sont nécessaires pour
une analyse adequate des faits syntaxiques.
La structure sémantique de la phrase comprend deux aspects:
ľaspect nominatif qui represente la situation de fait (les objets, leurs qualités,
leurs actions, leurs relations) et I'aspect modal et communicatif qui reflète la
situation de discours, c'est-a-dire les circonstances et le but de l'acte de
parole.
Les unités étudiées par la syntaxe sont: la proposition (la phrase), le
terme de la proposition, le groupement de mots, l'unité superphrastique. La
proposition simple à deux termes constitue l'unité de base dont toutes les
autres dérivent ou font partie. La proposition se presente sous deux aspects:
en tant que schéma (modèle) sémantico-structural et en tant qu'énonce
(unité de discours, proposition actualisée, en situation).
Toutes les unités syntaxiques relèvent.à la fois de la langue
comme système et de la parole. Elles possèdent un sens généralisant
constitué par l'interaction du sens abstrait de la structure syntaxique
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donnée et du sens categoriel de ses composants lexicaux occupant leur
positions dans cette structure, elles possèdent aussi une fonction
référentielle (ou dénominative) qui les lie à un fragment de la situation
extralinguistique.
L'interaction lexico-syntaxique au sein d'une structure syntaxique a quatre manifestations principales. Toute construction correcte
repose sur I'accord sémantique de ses composants, autrement dit, les
mots liés syntaxiquement ne doivent pas avoir de sèmes incompatibles.
La fonction syntaxique du mot est également en rapport avec son
sémantisme.
Pour comprendre le sens et la structure d'une unité syntaxique,
il faut tenir compte de la présupposition, c'est-a-dire de ľensemble des
connaissances communes aux interlocuteurs et antérieures à ľacte de
parole. La présupposition explique les faits d'économie ou de
redondance, sémantique ou de structure, que ľon peut observer dans la
phrase.
Pour exprimer les éléments de la situation, les rapports entre
eux, les aspects communicatifs (modalité, question, mise en relief,
etc.), la syntaxe emploie tous les moyens fournis par la langue: lexique
(mots autonomes et mots-outils), indices morphologiques des mots,
ordre des mots, intonation. Ces quatre moyens participent, chacun à sa
facon, à l'expression du sens global de la phrase.
La proposition réunit deux fonctions: la fonction nominative
(elle sert à désigner un fragment de la situation) et la fonction
communicative (elle sert à transmettre un message). Dans une
proposition on distingue: a) le modèle (schéma structural) et ľénоnсé
(proposition mise en situation de discours): b) les niveaux sémantique,
logico-communicatif et syntaxique (formel); c) le noyau prédicatif;
d) les éléments stables et variables de la structure.
La proposition se laisse analyser sur trois niveaux: a) le niveau
sémantique qui reflète la situation concernée; le sujet sémantique
désigne l'agent réel; le prédicat, son action ou son état; les actants
sémantiques se refèrent à des objets impliques dans ľaction; b) le
niveau logico-communicatif, reflétant la charge informationnelle de la
proposition; le sujet logique exprime le thème de l'énoncé, le prédicat
logique, le rhème; c) le niveau syntaxique, reflétant l'organisation
formelle de la proposition; le sujet et le prédicat syntaxiques ont des
indices formels d'ordre morphologique ou syntaxique. Dans la phrase-
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noyau (Pierre parle) les trois niveaux se superposent exactement, les
trois types de sujet et de prédicat coïncident, mais on observe en
général des écarts multiples qui rendent difficile l'analyse de la
proposition.
Outre les trois niveaux ou plans décrits ci-dessus, on distingue,
dans la proposition, son aspect affectif-expressif et son aspect
discursif-communicatif. Le premier reflète le coté subjectif de
l'énonciation, l'attitude du locuteur; le second, l'organisation de ľacte
de parole (son debut, sa fin, la suite logique, etc.).
La prédication constitue la base de toute proposition. En
général, elle est formée par un couple de termes: sujet et prédicat. Elle
reflète le rapport entre la proposition et la situation et se traduit par
trois catégories (le temps, la modalité et la personne) exprimées par la
forme finie du verbe. La modalité s'exprime également par l'intonation.
A coté de la prédication essentielle, formée par le sujet et le prédicat,
on en trouve des formes spécifiques: la polyprédication, la semiprédication, la prédication réduite ou latente.
Les propositions sont classées d'après leur forme ou leur
contenu. Sur le plan formel, la proposition simple à deux termes
constitue le type central, nucléaire, de proposition. Les autres types
sont obtenus par la réduction ou la complexification du type central.
Sur le plan sémantique, on distingue les propositions neutres des
emotives; les enonciatives des interrogatives, des imperatives et des
optatives, les assertives des negatives, etc.
On peut définir différemment les éléments stables et les
éléments variables d'une proposition. Dans un cas ce seront le dictum
et le modus, dans un autre, le schéma structural et le remplissage
lexical.
Le dictum reflète l'aspect nominatif de la proposition, le fait dont
il s'agit; le modus constitue ľensemble des catégories propositionnelles
reflétant différents aspects de la situation de discours. On peut relever
huit catégories prépositionnelles syntaxiques: la personne, le temps et
l'aspect, la modalité, l'assertion, l'intention communicative, la structure
communicative, l'affectivité, le niveau stylistique de discours.
L'ensemble de ces catégories appliquées à une proposition (à un
dictum) constitue le paradigme de celle-ci.
Le schéma structural, c'est le modèle de la proposition. Le
modèle sémantico-structural, à la difference du modèle exclusivement
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sémantique ou exclusivement structural, comprend la structure
formelle de la proposition avec son sens généralisant, le sens catégoriel
des termes de la proposition (surtout celui du verbe et des actants),
certaines catégories verbales (temps, personne). Un modèle peut en
engendrer d'autres par des transformations synonymiques (périphrases)
ou non-synonymiques (dérivations).
2. Les termes de proposition. La théorie générale des termes de
proposition ne cesse de s'attirer des critiques, et pourtant aucune des-
cription syntaxique ne peut se passer de termes tels que sujet, prédicat,
compléments, etc. La vitalité de cette théorie tient à son caractère
mentaliste; ses difficultés découlent de la double asymétrie des faits
syntaxiques: un élément extralinguistique peut être dénoté à l'aide de
termes de proposition différents, cependant qu'un terme de proposition
peut être exprimé par des mots appartenant à des parties du discours
différentes.
Les linguistes s'appliquent à préciser les critères sémantiques,
morphologiques et syntaxiques de la délimitation et de ľidentification
des termes de proposition. Sur le plan de structure, on distingue les
termes simples analytiques, combinés et complexes. Sur le plan sémantique et fonctionnel, on distingue les termes essentiels et les termes
secondaires. Dans le domaine des termes de proposition, on constate
beaucoup de cas de syncrétisme. Entre les termes de propositions et les
parties du discours, il existe une corrélation fondamentale; pourtant, la
transposition fonctionnelle permet d'adapter toutes les parties du
discours à des fonctions variées.
Le sujet grammatical se reconnaît à certains indices morpholo-
giques ou syntaxiques (place, absence de préposition, remplacement
possible par le pronom-sujet). Sa fonction structurale consiste à assurer
à la préposition une structure à deux termes qui represente un des traits
caractéristiques de la syntaxe française. Sa fonction sémantique
primaire est de désigner le sujet réel de ľaction exprimé par le verbe.
Dans ses fonctions secondaires, très fréquentes en français, il désigne
d'autres éléments de la situation: objet réel, destinataire, instrument,
temps, lieu, cause, action elle-même.
Le prédicat grammatical est exprimé surtout par un verbe à la
forme finie. II remplit trois fonctions dans la proposition: sémantique
(il caractérise le sujet), prédicative (il exprime les catégories de la pré-
60
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