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Файл:Основы теории второго иностранного языка (французский язык). Часть 2. Учебное пособие
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l’inanimé à celui de l’animé), qui permet d’avoir recours, même de
Origine
Aboutissement (до-
стижение, результат)
Personnification
Chose concrète
inanimée
Etre concret animé
Allégorie
Concept (понятие,
концепт)
Etre irréel, le plus
souvent animé
Composé détroits
concrets
façon fugace, à l’immense variété du lexique de l’action.
L’allégorie remplace une formulation abstraite par une image résultant
d’une construction de l’esprit, purement fictive, détachée du réel auquel elle
emprunte pourtant le plus souvent les traits individuels qui la composant ;
cette image peut d’ailleurs être autre que celle d’une « personne », même si
le concours à un être animé est le cas le plus courant.
On peut résumer les oppositions entre ces deux figures à l’aide du
tableau suivant :
5. La métonymie (du grec métonumia, changement de nom) est la
nomination d’un objet ou d’un phénomène par un mot désignant un autre
objet, un autre phénomène lié au premier par quelque rapport objectif,
matériel ou logique. Contrairement à la métaphore qui suppose une
association de similitude, la comparaison n’y est pas en jeu. Les rapports
entre les objets et phénomènes de la réalité sont divers et variés ; aussi, la
métonymie présente-elle nombre de cas particuliers on prend la partie pour
le tout et plus rarement, le tout pour la partie ; le singulier pour le pluriel ; la
matière pour la chose fabriquée l’instrument de l’action pour l’action, le
contenant pour le contenu etc.
Souvent le sens nouveau est consacré pour l’usage. Ils durent un
des sens dérivés du mot le veau position n’étant plus sentie, il est alors
une nomination directe d’un objet ou phénomène.
C’est ainsi que certains noms de lieu désignent des produits qui y
sont fabriqués ; par ex, chonupague, vin mousseux récolté dans les
vignobles de l’ancienne champagne.
Se prêtent à la transposition du sens par métonymie :
- le nom : Dans leur cabas la pharmacie voisine avec
l’épicerie… (A. Blondin, Les enfants du bon Dieu). Le nom s’un local
est pris pour les noms de produits qu’on y vend.
101

- l’adjectif : ex : Subitement, après la longue attente immobile,
tout prenait une cadence précipitée (G. Cogniot, L’évasion).
L’adjectif « immobile » qui détermine le substantif « attende »
(nom d’état) désigne l’état des hommes qui attendent, immobiles : une
qualité qui en réalité, se rapporte aux hommes, est attribuée à leur état.
- le verbe (rarement) : Quant à ronfler douze heures, par question,
n’est-ce pas ! Elle pourrait engraisser ! (H. Bazin, Lève-toi…)
- l’adverbe : Et les minutes s’écoulent pour une petite femme
arrise dans sa cuisine devant deux couverts déséspérément vides
(Z. Lafitte Nous retournerons…).
L’adverbe de manière « désespérément » exprime le sentiment, le
désespoir, qu’inspire à la jeune femme la vue des couverts vides.
Certaines métonymies reviennent assez souvent dans la conversation.
Par exemple, le nom d’un local ou d’un lieu et jouent employé pour
désigner ceux qui s’y trouvent ou ceux qui les habitent. Du français parlé,
ces métonymies là pénètrent dans la langue des belles-lettres : L’usine […]
est en effervescence (R. Bellanger, J’ai vingt ans).
La langue parlée connaît aussi l’emploi de noms propres comme
noms communs (l’antonomase). Les noms des personnages littéraires bien
communs évoquent des associations déterminées. Aussi, dit-on, p.ex, « un
tartufe » (hypocrite), un gavroche (garçon des rues, « gamin »).
Bien souvent, pour désigner quelqu’un, on nomme un trait saillant
(выдающаяся черта) de son physique ou quelque article de vêtement.
Ces métonymies suggérées par les circonstances sont essentiellement
propres à la langue parlée. On en trouve un exemple dans le discours
d’un des personnages du roman Beau Masque ; ne connaissant pas
encore le nom de l’héroïne, il dit : J’ai applaudi les yeux noirs parce
qu’ils me plaisent (R. Vailland, Beau Masque).
La métonymie est assez fréquente dans le langage de la presse,
dans les articles des journalistes et des publicistes, ainsi que dans les
discours d’orateurs.
Ainsi certains administrations publiques sont souvent désignées
par le nom du lieu de leur siège, par exemple, on dit « le Quai
d’Orsay » pour « le Ministère des Affaire Etrangères », (de la France).
La métonymie est caractéristique de la poésie et de la prose d’art.
Très variées quant à la forme et à la fonction esthétique, les
métonymies y portent souvent la marque de la manière individuelle de
l’auteur.
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L’emploi du singulier au lieu du pluriel des noms désignant
certaines parties du corps humain, est un fait de langue très répondu :
les expressions figées : un coup d’œil, ne pas fermer l’œil, avoir bon
pied, mettre la main à l’œuvre.
La littérature fournit maints exemples de métonymies stylistiques
de ce type.
Voici des exemples de métonymies de ce genre traditionnelles
depuis l’époque du classique français : …la main du jardinier officiel
est devenue bien plus sévère (Stendhal, Le Rouge et le Noir).
Quelquefois deux métonymies se confondent en une seule
expression imagée : l’homme est désigné par le nom d’une partie de
son corps, et ce nom est pris au singulier au lieu du pluriel qui
s’impose : L’académicien, ravi de trouver une oreille vierge, raconta
longuement à Julien… (Stendal, Le Rouge et le Noir).
On sait aussi le français parlé applique quelquefois le nom d’une
qualité abstraite à la personne possédant cette qualité ; comparez une
jeunesse, une jeune fille ; une beauté, une belle personne.
Il arrive qu’un écrivain établit des rapports inattendus et crée des
métonymies toutes neuves. C’est le contexte qui les justifie et les
explique). P.ex., Les bouquinistes déposent leurs boîtes sur le parapet.
Ces braves marchands d’esprit…
Le rapport logique entre les deux notions rapprochées est évident : les
livres éveillent la pensée, ils nourrissent et forment l’esprit. L’alliance de
mots usuelle « marchands des livres » n’aurait point de valeur expressive ;
l’alliance inattendue « marchands d’esprit » en a une.
La synecdoque est une métonymie qui remplace le nom d’une
réalité non pas par celui de l’une quelconque de ses caractéristiques,
mais par celui d’une d’une de ses parties. La langue courante en fournit
une infinité d’exemples : on est à la recherche d’un toit ! C’est-à-dire
d’une maison, d’un appartement ; on voit s’approcher une flottille de
douze voiles, c’est-à-dire de douze voiliers. On dit communément que
la synecdoque exprime la partie pour le tout, et l’on se plaît souvent à
le dire en latin : pars pro toto, par opposition à pars pro parte (« une
partie pour une autre partie », par exemple le contenant pour le
contenu), dernière formule dont on se sert pour désigner une
métonymie non synecdochique.
Le langage des sourds-muets a souvent recours, par souci de
rapidité et de clarté, à la Synecdoque – cela un particulier pour
désigner une personne par un de ses traits physique marquants. Tel
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nomme aux sourcils broussailleux se verra appeler « les sourcils », tel
autre au nez proéminent (выпуклый) « le nez ».
Au reste, cette formule de partie pour le tout est trop limitée, et
l’on parle de synecdoque dans de nombreux autres cas, ce qui nécessite
une définition plus large : c’est en fait un rapport d’inclusion
quelconque qui définit plus justement la figure.
La synecdoque (du grec sun – « ensemble » et ekdokhe « action de
comprendre », « d’interpréter » donc interprétation large ») a souvent été
d’écrite comme un trope autonome. Ainsi Pierre Fontamir considère-t-il
qu’il existe en fait trois tropes : la métaphore, dite « trope par
ressemblance », la métonymie dite « trope par correspondance », la
synecdoque dite « trope par connexion ». Si nous décidons ici, avec
beaucoup de stylisticiens modernes, de ne décrire la synecdoque que
comme un cas particulier de métonymie, c’est que son fonctionnement est
exactement le même que celui de cette dernière : le discours est structuré
suivant les deux axes que nous avons décrits, il n’y en a pas trois.
L’antonomase est aussi une variante de la métonymie (du grec
anti – « à la place de » et onoma « nom »). On en a en effet nommé
ainsi la synecdoque particulière qui consiste à désigner un individu par
l’espèce à laquelle il appartient – par exemple un homme par sa
nationalité – figure qui aboutit au remplacement d’un nom propre par
un nom commun.
De belles antonomases sont fréquentes sous la plume ou dans la
bouche des journalistes. Dans le compte rendu d’une conférence
internationale de diplomates, on écrira par exemple : Le Britannique
prit la parole….
Toute espèce, toute classe peut donner lieu à l’emploi de cette
figure – et cela aussi lien dans le langage courant, ou journalistique,
que dans la littérature. En face de ce truand originaire de Marseille que
le reporter de tel hebdomadaire appelle « le Marseillais », on trouve
« l’Athénien » pour désigner Socrate « buvant la cigue » sous la plume
de Julie dans la Nouvelle Héloïse.
Dans le sens inverse, l’antonomase peut également remplacer le
nom de l’espèce pour celui d’un de ses individus, ou bien encore le
nom d’un individu par celui d’un autre individu appartenant à la même
espèce on à la même classe : c’est là la forme la plus connue de la
figure, qui remplace non plus un nom propre par un nom commun,
mais un nom propre par un autre nom propre. Balzac écrit ainsi :
« Jamais les os desséchés que le souffle divin doit ranimer dans la
vallée de Jasaphat, jamais cette image apocalyptique ne fut mieux
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réalisée que par ce Lazare sans cesse rappelé au sépulcre à la vie par la
voix de la jeune fille ».
Le nom de Lazare remplace celui de vieux serviteur David,
Balzac se référant ici au ressuscité du Nouveau Testament. C’est que
Lazare et le vieux Davide appartiennent à la même classe, celle des
morts vivant, des mots qui ressuscitent.
6. La périphrase est un trope qui consiste à employer une
circonlocution (описательное выражение) du lien d’un mot ou d’un
groupe de mots désignant directement, l’objet ou le phénomène en
question. Les tours périphrastiques sont des expressions prises tantôt
au propre, tantôt au figuré.
Au terme de périphrase, d’origine grecque, correspond exactement
celui de circonlocution, qui est, lui, d’origine latine. Les deux mots
signifient proprement le fait de parler autour. Le Japon peut ainsi être
appelé, par périphrase, le pays du soleil levant. Au lieu de dire je vais
dormir on peut déclarer je vais aller retrouver Morphée.
Mais qu’elle s’appuie sur une relation métaphorique ou bien
métonymique, la périphrase constitue bien une figure spécifique qui ne
sauront se confondre ni avec une métaphore ni avec une métonymie.
D’ailleurs, le détour qu’effectue la périphrase peut désigner une réalité
aboutit toujours à une expression plus étendue, parfois nettement plus
complexe que le mot simple. La périphrase est une figure expansive.
La rhétorique classique distinguait la périphrase – qui par exemple
énonce une idée simple à l’aide d’une expression développée, laquelle
remplace telle formule banale – de la pronomination, c’est-à-dire « nous
donné à la place (Sens du préfixe « pro ») d’un autre ». Dans ce dernier
cas, plus courant, c’est un mot unique qui est remplacé par une expression
plus ample. Ce distingue paraît aujourd’hui obsolète. Quoi qu’il en soit, on
assiste toujours à une expansion du dis courus. Cette expansion
caractéristique de la formule périphrastique peut être le résultat d’une
simple combinaison nominale : la grande Mademoiselle pour la duchesse
de Montpensier, l’auteur du Rouge et le Noir pour Stendhal.
On relève des périphrases dans tous les styles de la langue
française. Mais le nombre, la fonction et le type même des périphrases
varient d’un style à l’autre.
Rare dans le style officiel, la périphrase y est un moyen d’adoucir
l’expression.
Dans la conversation, on recourt assez souvent à la périphrase pour
euphémisme, pour éviter le mot propre, pour voiler l’expression. Dans un
exposé scientifique on ne trouve guère que de rares tours périphrastiques
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stéréotypés, des formules telles que l’auteur de ce livre, « celui qui écrit
ces lignes » (employées pour le pronom de la première personne) : le
souci de l’exactitude et de la précision fait écrier la périphrase.
L’auteur d’un article sur la vie politique et sociale préfère des
périphrases appréciatives : les journalistes et les publicistes en usent
pour souligner la portée sociale d’un fait, pour caractériser une
personne :
Et les philantropes de l’industrie de profiter des chômages pour
fabriquer à meilleur marché.
La périphrase métaphorique « les philantropes de l’industrie »
pour les industriels », d’une ironie mordante, fait allusion à la théorie
vicieuse des opportunistes qui niaient l’antagonisme du capital et du
travail, les contradictions de classe.
Ce sont la prose d’art et la poésie qui offrent des périphrases les
plus variées.
En France, la périphrase fut en vogue au XVIIe et au XVIIIe
siècle. Le fait s’explique, d’une part, par le purisme extrême de
l’époque, par la tendance à bannir de la langue des belles-lettres « les
mots bas », parmi lesquels on rangeait non seulement les mots
évoquant des notions basse, les mots grossiers, mais aussi les mots de
métiers, les mots désignant des faits de la vie courante. La périphrase
permettant d’évoquer une chose sans la nommer directement vers la fin
du XVIIIe siècle, la périphrase commence à faire fureur dans les vers
des épigones du classicisme.
Au premier tiers du XIXe siècle les écrivains et les poètes,
romantiques et réalistes, condamnent la périphrase sans valeur esthétique
en tant que trope », la nomination directe des choses. Des périphrases de
style soutenu produisent un effet humoristique lorsqu’a natale France les
insère dans le discours d’un vieux savant que ce dernier adresse à son
chat, qui, la nuit, défend sa bibliothèque des souris :
Hamilcar, prince somnolent de la cité des livres, gardien
nocturne ! tu défends contre des vils rongeurs les manuscrits et les
imprimés.
7. L’Ironie est un trope à part. Ce trope consiste à employer un
mot ayant ordinairement un sens favorable, dans un sens opposé, c’està-dire dans un sens défavorable : Autrefois, voici quinze ans déjà,
j’avais eu l’idée de réunir les un volume sous ce titre. « Leurs
Injures », un choix délicat des compliments que la critique ni avait
adressé (E. Lola).
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Le mot « compliments » substitué par ironie à son antonyme
« injures » y devient son synonyme. La contradiction flagrante entre le
fait, la situation ou le contexte, et le sens propre du mot lui prête un
sens contraire. C’est la collision des deux sens opposés du mot, du sens
nominatif et de celui qu’il prend dans le contexte, qui fait de ce trope
un moyen stylistique très éfficace.
L’ironie prend souvent la forme de l’antiphrase : on dit le contraire
de ce qu’on veut faire entendre ! on loue pour accentuer le blâme. Par
extension, le terme ironie s’applique à tout jugement qui exprime le
blâme (порицание) sous la forme d’un élage (хвала). Le contexte, les
faits énoncés permettent d’en saisir le vrai sens.
L’ironie est fréquente dans la langue parlée, émotive de sa nature,
l’intonation décèle le sens ironique des paroles et le souligne.
L’auteur d’un exposé scientifique s’arme quelquefois de l’ironie
pour polémiquer avec ses adversaires.
Les journalistes, les publicistes et les écrivains et les poètes
recourent souvent à l’ironie pour énoncer des jugements
d’appréciation.
ATTENTION! RÉVISION 2.
1. Ľ origine du mot “trope”.
2. La comparaison.
3. La métaphore.
4. Les oppositions entre la personification et ľ allégorie.
5. Les variantes de la métonymie.
6. Ľ emploi de la périphrase.
7. L’Ironie est un trope à part.
ТЕМА 3. FIGURES DE STYLES
1. L’euphémisme et le pléonasme.
2. La Répétition : l’anaphore, l’épiphore, l’anépiphore,
l’épanaphore, la reprise approximative.
3. La gradation.
4. L’antithèse et l’oxymore.
5. Question et apostrophe oratoires.
6. Les figures de l’ordre des mots.
7. Les figures du contenu sémantique.
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1. L’euphémisme et le pléonasme.
Le terme d’euphémisme vient des mots grecs phêmi qui signifie
« je parle », et eu qui signifie « bien, heureusement, sous de bons
auspices (предзнаменование)». Avoir recours à l’euphémisme
étymologiquement c’est parler sans prononcer aucune parole de
mauvaise augure (предзнаменование).
L’euphémisme fait partie de ces procédés, évoqués dans notre
introduction, qui ne se reconnaît qu’à l’effet qu’ils produisent. Cet effet
est de rendre « supportable » l’expression d’une idée qui sans cela,
serait désignée par un mot ou un tour considérés comme
« inconvenants ».
Les raisons qui font qu’un mot paraît insupportable sont
multiples :
- une crainte superstitieuse devant la mort fait remplacer le
verbe mourir par les verbes passer, ou disparaître ou s’en aller, et fait
dire il a vécu au lieu de il est mort ;
- les raisons d’ordre politique amènent parfois le discours
officiel à recourir à l’euphémisme : ainsi la guerre d’Algérie était-elle
appelée, par le gouvernement de l’époque, les opérations de maintien
de l’ordre.
- la simple convenance, elle, fait aller certains au « petit coin »,
et presque tous aux « toilettes », et nous venons d’évoquer le langage
des précieux du XVIIe siècle qui, trouvant vulgaires les mots désignant
directement les réalités de la vie quotidienne (des fauteils, par
exemple) furent grands consommateurs d’euphémismes
périphrastiques (« les commodités de la conversation »).
Tous les niveaux de langue - ont recours à l’euphémisme – du plus
courant du plus travaillé : dans ce dernier cas, l’utilisation de ce
procédé peut répondre à une volonté de manipulation idéologique aussi
bien qu’à une intention esthétique. La littérature elle-même emploie les
euphémismes que la morale ambiante lui impose : Flaubert, qui nient
d’être accusé d’immoralité lors du procès de Madame Bovary, et dont
le but n’est ici en aucune manière de choquer qui que. Ce soit, dit ainsi
de Prousanette, dans l’Education Sentimentale, qu’elle « se laisse [e]
renverser sur [un] divan » par Frédéric. Grâce à cet euphémisme,
Flaubert évite d’exprimer avec des mots plus crus et plus directs l’idée
de possession physique. Et nous même venons de sacrifier à
l’euphémisme de rigueur, avec cette formule de possession physique,
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qui a en outre le tort de transformer en une possession l’acte d’amour
dans lequel, comme l’affirme Proust dans du côté de chez Swann, on
ne possède rien.
Le mot pléonasme vient du grec pleonasmos qui signifie
« surabondance, excès ». Il désigne un tour qui se caractérise par la
présence de plusieurs mots contenant les mêmes informations. Quand
il est involontaire (dans ce cas, on l’appelait autrefois périssologie,
c’est-à-dire « discours superflu »), il est considéré comme une faute –
qu’on ne mange pas de reprocher aux écoliers qui la commettent : On
ne doit pas dire descendre en bas, ou une île entourée d’eau de tous
côtés, parce que c’est dire deux, voire trois fois la même chose. La
locution adverbiale en bas apporte une précision inutile au verbe
descendre, puisque ce verbe comporte déjà le sème « qui va de haut en
bas ». Il est superflu de dire qu’une île est entourée d’eau, puisque
c’est là la définition du mot île ; de plus, le sème « de tous côtés »
caractérisant déjà le mot entouré, on a affaire ici à un double
pléonasme. De même quand le ciel est constellé, il est pléonastique
d’ajouter qu’il est constellé d’étoiles, puisque le mot constellé à lui
seul signifie « semé d’étoiles ».
2. La répétition est un procédé efficace de mise en relief logique
et surtout affective. On peut insister sur un fait ou une idée par une
simple répétition du mot (ou des mots) qui les désigne.
Dans la conversation quotidienne on recourt souvent et
spontanément à la répétition d’un même mot sans qu’aucune autre mot
vienne s’y intercaler : C’était bien ? Tu es content ? Très-très ?
Dans la narration littéraire la répétition prend des formes variées :
Ils se taisent… Pluie. Pluie. Pluie (R. Rolland, Pierre et Luce).
La répétition fait ressortir le mot voulu, change l’information, la
phrase prend de l’expressivité.
L’anaphore est une répétition voulue d’un mot ou d’un groupe de
mots en tête de phrases de strophes poétiques ou d’alinéas successifs :
Si ces gens-là étaient libres, que devient dirons-nous ? Que
deviendraient-ils eux-mêmes ? Ils sont libres et ne dansent plus. Ils
sont libres. Ils sont libres et ils combattent. L’anaphore est la
répétition des mots terminant une proposition, au début de la
proposition qui suit : … j’arrache les masques et j’accuse. J’accuse
Pétain et la Botude, qui l’entoure et l’appuie…
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L’épiphore est la répétition d’un mot (ou d’un groupe de mots) en
fin de phrases, de strophes poétiques ou d’alinéas successifs. Ainsi
dans la poésie de P. Eluard, Liberté se terminent par les mots : J’écris
ton nom.
Ex : Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable, sur la neige
J’écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom.
L’anaphore met en valeur le thème, l’épiphore résume l’idée de
chacune des strophes (alinéas, propositions), l’idée est mise en valeur
avec une insistance ascendance.
L’anépiphore est encore une variété de la répétition : le même mot
(ou le même groupe de mots) se retrouve au début et à la fin d’une
strophe, d’un alinéa ou d’une phrase. La poésie de L. Aragon, Du poète
à son partie :
Mon partie m’a rendu mes yeux et ma mémoire :
Je ne savais plus rien de ce qu’un enfant sait
Que mon sang f si rouge et mon cœur f t français
Je savais seulement que la nuit était noire
Mon partie m’a rendu mes yeux et ma mémoire.
La reprise approximative (ou répétition partielle) rapproche deux
mots différents mais appartenant à une même famille de mots. Elle a
pour fonction de souligner le rapport entre deux notions qu’on
distingue et qu’on rapproche simultanément. La reprise approximative
peut servir aussi pour effet de prolonger, comme par un écho, une
impression ou une évocation, qu’on veut mettre en valeur. Elle est
surtout profitable dans les œuvres littéraires et la presse.
Comme la répétition d’un mot, la reprise approximative sert aussi
à insister sur un fait ou une idée.
En voici des exemples tirés de la poésie et de la prose d’art : Ton
bras est invaincu, mais non pas invincible (непреодолимый).
En voici quelques exemples relevés dans la presse d’aujourd’hui :
Nous savons mal, nous qui avons le nez dessus, qu’aucune siècle n’a
jamais aussi bouleversé, aussi bouleversant que le nôtre.
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