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Основы теории второго иностранного языка (французский язык). Часть 1. Учебное пособие

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l’interchangeabilité quoique souvent très utile dans la selection des syn­onymes ne peut être considérée comme un critère absolu. Le « signale­ment » intervient parfois en marquant de son empreinte leur fonctionne­ment. C’est pourquoi les mots exprimant la même notion, mais ressortis­sant à des styles différents de la langue fonctionneront différemment. Un professeur ne s’adressera point à ses élèves avec les paroles : « Je décampe because j’ai la dent ». On ne dira pas non plus dans une conversation : « J’ai mal à l’abdomen ». Le halo argotique ou scientifique qui s’ajoute à la notion exprimée par ces mots en restreint l’aire d’emploi. L’emploi tradi­tionnel des mots est aussi un obstacle à l’interchangeabilité des synonymes. Donc, l’interchangeabilité ne pourra pas être appliquée à tous les syn­onymes. D’autre part, ainsi que nous l’avons démontré, l’interchangeabilité occasionnelle du type chat et monstre ne nous autorise point à y voir des
synonymes.
C’est uniquement à partir de la faculté des vocables d’exprimer des
notions identiques ou proches qu’il est possible de dégager des syn-
onymes.
Parfois on définit les synonymes comme des vocables différents
ayant le même sens (ou pareille signification). Ce genre de définition présente un inconvénient du fait que le contenu sémantique des termes « sens » et « signification » varie d’un ouvrage à l’autre. Deux vocables peuvent être marqués de distinctions affectives ou fonctionnelles très nettes, mais être traités de synonymes à condition d’avoir en commun
la valeur cognitive.
4. Typologie des synonymes.
Les synonymes diffèrent tant par leur sens (variations notionnelles
et affectives) que par leur signalement (variations stylistico­fonctionnelles et variations d’emploi).
Les variations notionnelles : la série synonymique de craindre, re-
douter, appréhender, avoir peur.
Les variations affectives. Il existe plusieurs synonymes pour rendre
la notion de enfant. Le mot enfant est neutre, le mot bambin désigne un petit enfant avec une nuance de sympathie ou d’intérêt ; le mot gosse traduit la sympathie du locuteur, mais il comporte en même temps une nuance de supériorité et de dédain ; quand on veut parler à un petit gar- çon sur un ton amical et un peu protecteur, on peut l’appeler petit bon-
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homme ; le mot galopin est employé généralement dans un sens péjo­ratif, quant à garnement, il est nettement dépréciatif.
Les variations stylistico-fonctionnelles. Il a déjà été question des
différentes couches lexicales dont se compose le vocabulaire d’une langue. Le choix des mots dépend dans chaque cas concret des circon­stances, du caractère de l’énoncé. Les mots appartiennent à l’un ou l’autre style de la langue écrite ou parlée : ils peuvent être neutres, no­bles, familiers ou vulgaires ; ils ont tantôt un emploi commun, tantôt un emploi terminologique. Cette répartition stylistique donne naissance aux synonymes stylistico-fonctionnels. A côté de la tournure usuelle au revoir il existe une variante vulgaire à la revoyure ; le mot tête possède des synonymes argotiques tels que boule, caboche, cafetière, etc. Ainsi les synonymes peuvent appartenir à des styles fonctionnels différentes, tout en exprimant la même notion, ces synonymes ont des caracté-
ristiques socio-linguistiques distinctes. Il y a des synonymes apparte-
nant à différents genres littéraires : firmament est plus poétique que ciel, génisse plus poétique que vache, etc.
Les variantes d’emploi. Il y a des synonymes qui se distinguent
avant tout par leur environnement linguistique. P.ex., les mots triomphe
et victoire tout en étant des synonymes, peuvent se distinguer par leur
emploi ; ainsi dans l’expression remporter une victoire on ne peut pas remplacer le mot victoire par triomphe. Par contre on peut avoir un air de triomphe, mais on ne peut pas avoir un air de victoire ; cependant on
dit indifféremment air victorieux et air triomphant. L’étude des emplois
des mots-synonymes avec d’autres mots est parmi les plus importantes et les plus difficiles.
5. Synonymes partiels.
Il est aisé de s’apercevoir que les mots polysémiques sont membres
de plusieurs sénés synonymiques à la fois. Ainsi le mot aigre a plusieurs sens dont chacun possède des synonymes pour : 1) « qui a une acidité désagréable » les synonymes sont : acide, acerbe, piquant ; 2) pour « fort et désagréable » (en parlant d’un son, d’une voix) les syn-
onymes sont : aigu, criard, perçant, strident ; 3) en parlant de l’air, du vent les synonymes de aigre sont : froid, glacial, glacé, cuisant, vif ; 4)
en parlant du ton, de l’humeur où aigre est le contraire de aimable les synonymes sont : acre, amer, cassant, mordant. Le mot aigre, grâce à sa polysémie, n’entre que partiellement dans les quatre séries indiquées, il
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est un synonyme partiel de chacune d’entre elles. Mais les autres mem- bres des séries ne le sont aussi que dans des conditions particulières : ainsi, cuisant n’est la synonyme de froid que par rapport au temps, à la température de l’air ; dans les groupes de mots tels que douleur cuisan- te, remords cuisants, l’adjectif cuisant n’est aucunement un synonyme
de froid ou glacial ; de même l’adjectif cuisant n’est plus un synonyme de froid ou de glacial dans leur sens figuré : accueil froid, politesse gla­ciale, etc. les mots froid et cuisant deviennent des synonymes dans un
emploi particulier, mais ils ne sont pas dans d’autres cas. C’est ainsi qu’on appelle « synonymie partielle ».
6. Synonymie des locutions phraséologiques.
Les locutions phraséologiques sont souvent des synonymes de
mots isolés. Ansi à côté de se replier et s’enfuire nous avons battre en retraite et plier bagage. Les locutions phraséologiques servent gé­néralement à rendre la parole plus colorée : tailler une bavette, savonner la tête à qqn., la semaine des quatre jeudis ou quand les poules auront des dents sont plus évocateurs que bavarder, gronder ou jamais.
D’autre part, les locutions phraséologiques peuvent aussi former
des séries synonymiques. Pour rendre l’idée qu’on est démuni d’argent on dit n’avoir pas un rond ou être à sec, être sur le sable. On appelle un gaspilleur panier percé ou bourreau d’argent.
La synonymie des groupement phraséologiques est caractérisée par
quelques traits particuliers. En effet, la synonymie idéographique n’est pas caractéristique de la phraséologie qui est utulisée avant tout à des fins affectives et expressives. Les synonymes phraséologiques à valeur affectives sont, en revanche, très nombreux. Si s’enfuir et s’emporter sont dépourvus d’affectivité, prendre les jambes à son cou et monter comme une soupe au lait sont teintés d’ironie ; collé monté et mal
blanchi sont offensants en face de prude et un Noir.
Les synonymes phraséologiques offrent très souvent des variations
stylistico-fonctionnelles : être sans le sou, être dans les vignes (du Sei-
gneur), essuyer un échec appartiennent un style neutre, alors que re- spectivement être dans la dèche est familier, être bourré comme un coing est populaire et ramasser un bide (en parlant d’un spectacle) s’emploie dans l’argot.
Quant à la synonymie partielle elle n’est pas typique des groupements
phraséologiques car ces derniers sont rarement polysémiques.
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7. Origines de la synonymie.
L’apparition de nouveaux synonymes répond au besoin de nuancer
notre pensée. Les dénominations de ces nuances sémantiques sont pui- sées dans des sources diverses. Parfois c’est l’emprunt à une langue étrangère. Ainsi à côté du mot goûter a apparu son synonyme d’origine anglaise lunch. Le mot d’origine anglaise barman est venu se ranger à côté des mots français serveur et garçon.
Il arrive parfois que les doublets étymologiques conservent une af-
finité de sens qui permet de les considérer comme synonymes, p.ex., les adjectifs synonymes frêle et fragile présentent le même phénomène : tous les deux remontent à un seul adjectif latin fragilis, tous les deux indiquent l’aptitude à être brisé, cassé, mais frêle implique l’idée de « facilité d’être courbé, ployé » qui se rapproche de la notion exprimée par l’adjectif fai­ble : la porcelaine est fragile, la tige d’une fleur est frêle.
Il n’est pas rare de rencontrer des synonymes formés d’une seule
racine, dont l’un contient un affixe et l’autre en est dépourvu ; tels les sunstantifs mont et montagne qui sont des synonymes idéographiques. Le mot mont s’emploie plutôt quand on souligne le caractère individuel de l’objet : le mont Olympe, le mont Parnasse, tandis que le mot mon- tagne a un caractère plus général : descendre une montagne, habiter au pied d’une montagne.
Mais le plus souvent c’est au développement de la polysémie que
la langue doit l’apparition des synonymes.
Les synonymes sont aussi créés par les euphémismes qui tendent à
se substituer à des vocables trop crus sans toutefois y réussir néces-
sairement. C’est pourquoi les euphémismes surgissent en tant que syn­onymes de vocables existants (quitter les siens et mourir ; porter des
cornes, voyager en Cornouaille et être cocu).
Ainsi la synonymie se développe et se modifie tout comme les au-
tres aspects de la langue.
ATTENTION. RÉVISION 6
1. Qu’est-ce que c’est que la synonymie ?
2. Combien de types de synonymes y a-t-il ?
3. Quelles sont les critères de la synonymie ?
4. Comment est la typologie des synonymes ?
5. Parlez des synonymes partiels.
6. Y a-t-il la synonymie des locutions phraséologiques ?
7. Parlez des origines de la synonymie.
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Тема 7. STRUCTURATION SEMANTIQUE ET FORMELLE DU
VOCABULAIRE DU FRANCAIS MODERNE (fin).
ANTONYMES. PARONYMES. HOMONYMES
1. Antonymie et antonymes.
2. Types d’antonymes.
3. Antonymes partiels.
4. Homonymie et homonymes.
5. Paronymie et paronymes.
6. Holonyme et méronyme.
7. Les champs sémantiques.
1. Antonymie et antonymes.
Les antonymes sont des unités (mots d’une même partie du dis-
cours ou groupes de mots) à sens contraire : bonheur – malheur, facile – difficile, naître – mourir, beaucoup – peu. Les antonymes servent donc à exprimer des concepts contraires par leurs caractéristiques qualifica­tives, quantitatives, temporelles, etc. toutefois, pour qu’on puisse parler des antonymes il faut qu’il y ait un concept commun servant de base à
tous ces mots ; p.ex. : froid – chaud (température), léger – lourd (poids), entrer – sortir (mouvement horizontal). Les vocables désignant des objets à
sens concret et n’ayant pas de connotations, sont dépourvus d’antonymes. Si un mot à sens concret possède des connotations, il peut avoir des an­tonymes contextuels. Cette figure de style s’appelle antithèse : « Paix aux chaumière, guerre aux palais ». L’antonymie est un phénomène psy­chologique ; les oppositions antonymiques ne reflètent pas nécessairement les oppositions réelles entre les choses, mais les oppositions qui constituent des images que nous formons du monde réel. P.ex., le blanc et le noir sont perçus par notre esprit comme des contraires, tandis que le rouge et le vio­let ne le sont pas, quoique du point de vue scientifique ils représentent bien les points opposés du spectre (l’infra-rouge et l’ultra-violet). Grâce à cette particularité des oppositions psycholinguistiques apparaît le phénomène de l’antonymie occasionnelle.
2. Types d’antonymes.
1) Les oppositions entre deux choses homogènes peuvent être de
différente nature ; de là – les différents types d’antonymes.
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Les antonymes contraires désignent l’opposition graduelle qualifica-
tive ou quantitative : riche – pauvre, jeune – vieux, respect – dédain. Les antonymes de ce type possèdent différents degrès d’intensité :
richissime ← riche -------I--------pauvre → misérable jeunet ← jeune ------------I------d’âge moyen → vieux estime ← respect ---------I-------mépris → dédain
Antonymes complémentaires : vrai – faux, marié – célibataire, pos-
sible – impossible. Ces antonymes expriment les concepts qui ne coex­istent pas : qqch qui est faux ne peut pas être vrai en même temps.
2) Vocables exprimant des actions, des caractéristiques, des quali-
tés opposées : monter- descendre, entrer – sortir, allumer – éteindre, national – antinational, mondialiste – antimondialiste.
3) Un groupe à part, assez limité, est constitué de mots désignant
des action réciproques : acheter – vendre, donner – prendre, prêter – emprunter.
D’après leur forme, on distingue les antonymes à base commune
(réel – irréel) et à base différentes : clair – obscur.
Aussi bien que les synonymes il existe des antonymes absolus
(croyant – incroyant) et relatifs où tous les sèmes ne trouvent pas leurs contraires. P.ex. : bien adv. 1. De manière satisfaisante, excellente :
travailler bien. 2. Beaucoup, très : merci bien. 3. Assurément, réellement : je le crois bien. 4. Au moins, approximativement : il y a bien un mois que je ne l’ai pas vu ; mal adv. 1. D’une manière contraire à la morale : agir, se conduire mal. 2. D’une manière non satisfaisante : parler, écrire mal.
3. Antonymes partiels.
Tout comme les synonymes, les antonymes peuvent être partiels.
Les mots polysémiques peuvent avoir des antonymes dans chacune de
leurs acceptions.
Ainsi le mot bouillant signifie : 1) « ce qui bout » ; 2) « actif, ar-
dent, emporté ». La première acception a pour antonyme froid, glacé, la deuxième – calme, pondéré. Le mot bouillant est un antonyme partiel
des adjectifs froid et calme.
4. Homonymie et homonymes.
Un homonyme est un mot qu’on prononce ou/et qu’on écrit comme
un autre, mais qui en diffère par le sens ; comparez : bas du visage et
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bas de laine, pain (espèce d’aliment) et pin (espèce d’arbre). L’apparition des homonymes paraît fortuite. Cependant, les possibilités de ce phénomène sont conditionnées par les lois de la langue : change- ments phonétiques (louer), rupture de la polysémie (voler), emprunt (sport et spore), abréviation de mots (maths et matte), etc. Mais leur réalisation est le jeu du hasard (d’après Виноградов 1994).
Types d’homonymes : 1) homonymes absolus qui présentent à la fois
la même forme phonique et graphique aussi bien que la même partie du
discours, p.ex. : baie n.f. partie du littoral (baie du Mont-Saint-Michel) ; baie n.f. – espèce de fruit (raisin, groseille, cassis) ; baie – ouverture fer­mée ou non d’une façade : baie vitrée. Cousin n.m. – parent ; cousin n.m. – insecte ; 2) homonymes relatifs. Parmi les homonymes relatifs on peut distinguer deux sous-types principaux : les homophones (bal n.n. – balle n.f., vice n.m. – vis n.m., faim n.f. – fin n.f.) et les formes
homonymiques de mots ou « homoformes » - mots de sens différents dont quelques formes coïncident graphiquement et phonétiqement. Les homophormes se rapportent souvent aux différentes parties du discours.
P.ex. : bond n.m. – bon adj., mont n.m. – mon adj. possessif, vin n.m. – vain adj. – vingt adj. numéral et n.m. – (il) vint. Les homonymes de ce
type sont nombreux. Par contre, si dans les langues à accent mobile, comme le russe, on peut voir de vrais homographes (comparez : мỳка­мукá), ce type d’homonymes n’est pas caractéristique du français. On peut trouver des exemples isolés, comme celui-ci : les fils [fil] de soie – les fils [fis] à papa. Or, il s’agit là d’une homonymie contextuelle.
Enfin, il arrive que les frontières entre l’homonymie et la polysém-
ie ne soient pas bien délimitées. On a donc affaire aux cas intermé­diaires ; p.ex., grenade (fruit et projectile léger explosif, incendiaire, fumigène ou lacrymogène).
5. Paronymie et paronymes.
Les paronymes sont définis par les linguistes français comme mots
de sens différent, mais de forme relativement voisine (Dubois 1973) : conjecture (supposition) et conjoncture (occasion). Selon cette défini- tion, la paronymie se rapproche de l’homonymie. Ch. Bally les appelle « pseudohomonymes » (Bally 1944). Cependant il est nécessaire d’y apporter quelques modifications et précisions. La différence de sens peut être totale ou partielle. Par conséquent, les linguistes russes con- sidèrent la paronymie comme une catégorie intermédiaire entre
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l’homonymie et la synonymie. Dons les paronymes ce sont les mots d’une même partie du discours contenant des phonèmes et des morphèmes semblables et qui ont un sens relativement voisin (d’après Виноградов 1994).
Types de paronymes. Il existe deux types essentiels de paronymes :
1) paronymes ayant une coïcidence partielle du plan de l’expression et du plan du contenu. Cela est conditionné par des facteurs objectifs du dévéloppement de la langue. Plusieurs paronymes possèdent une paren­té étymologique ou dérivationnelle : chevalier (au Moyen Age combat­tant à cheval, puis noble) et cavalier (personne à cheval - de l’it.), humeur (disposition affective et émotionnelle dominante) et humour (forme d’esprit qui cherche à mettre en valeur le caractère ridicule de certains aspects de la réalité – emprunté à l’angl.). Les vocables cités présentent des doublets étymologiques des emprunts aux langues vi­vantes. Quant aux doublets étymologiques résultant des emprunts au latin (mots savants et populaires), dans le français moderne on ne peut pas les traiter comme paronymes parce qu’ils ont perdu, au cours de l’histoire, leur ressemblance phonétique aussi bien que leurs liens sémantiques : écouter et ausculter, hôtel et hopital ; 2) le caractère psy­cholinguistique de la paronymie (Лейчик, Секежицки 1999) se fait surtout sentir dans un autre type de paronymes où la coïncidence par­tielle ne porte que sur le plan de l’expression : adapter (ajuster, arrang-
er) – adopter (faire sien), allocation (action d’allouer qqch. à qqn. : al­locations familiales) – allocution (bref discours officiel), collision (complicité) – collusion (opposition, conflit).
Les sujets parlants peuvent percevoir et produire des mots qui se res-
semblent en les confondant parfois par faute d’instruction (étymologie populaire) ou les rapprochant de façon delibérée. Le dernier cas se rattache plutôt à la paronomasie qui est utilisée dans les oeuvres littéraires comme un procédé styllistique : Qui se ressemble s’assemble. Tout ceci porte à croire que la paronymie appartient en même temps à la langue (on peut trouver des rapports paronymiques dans le système français) et à la parole (par l’attraction paronymique), au social et à l’individuel.
6. Holonyme et méronyme.
Dans l’optique cognitive on parle d’holonyme pour le tout et de
méronyme pour la partie. Il existe cinq types de relations entre eux : 1) objet/élément : pied/jambe ; 2) ensemble/membre : arbre/forêt ; 3)
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masse/portion : flocon/neige ; 4) objet/constituent : farine/gâteau;
5) activité/phase : péroraison/discours (Gaudin, Guespin 2000).
Holonyme lié à une autre relation sémantique de tout à partie.
P.ex. : ordinateur est un holonyme de clavier, puisqu’il est incluant. Du grec holon – tout et onoma – nom.
Méronyme, terme lié à un autre terme par une relation de partie à
tout. P.ex. : clavier est un méronyme d’ordinateur puisqu’il est inclus. Du grec meros – partie.
Par comparaison les mots hypéronyme et hyponyme font référence
à des signifiés qui appartiennent au même ensemble d’objets alors qu’holonyme et méronyme font référence à des signifiés qui appar- tiennent au même objet.
7. Les champs sémantiques.
L’idée de Saussure sur le réseau assosiatif reliant les mots étant
dans l’air, elle fut dévéloppée par les linguistes allemands J. Trier et G. Ipsen. En effet, si le lexique représente un système de signes, il est na- turel qu’il existe des rapports paradigmatiques et syntagmatiques entre
eux.
Le champ lexical peut être défini comme un réseau de mots réunis
par leurs sens (parfois par leur forme aussi). Le champ lexical reflète la ressemblance notionnelle, référentielle et fonctionnelle des mots dont il
se compose.
J. Trier fut le premier à essayer de délimiter un champ linguistique
en étudiant les mots qui se rapportent au secteur notionnel de l’entendement en allemand. Il montre donc que ces mots constituent un ensemble structuré à l’intérieur duquel chacun dépend des autres.
Selon Trier et un autre linguiste allemand L. Weisgerber, « nos
concepts recouvrent tout le champ du réel sans laisser de vide ... comme les pièces d’un puzzle » (Guiraud 1964). Voilà pourquoi chaque changement dans les limites d’un concept entraîne une modification des
concepts voisins et des mots qui les expriment. L. Weisgerber insiste
sur l’interdépendance de nos concepts et de nos mots. Ainsi, p.ex., il montre que les noms de couleurs forment un système arbitraire et qu’on
pourrait diviser autrement le spectre solaire, comme, p.ex., le faisaient
les abciens qui avaient une échelle différente de la nôtre et reflétant une façon différente de découper la réalité. Les mots forment un champ lin-
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guistique recouvrant un champ conceptuel et expriment une vision du
monde qu’ils permettent de reconstituer.
La notion d’un champ linguistique fut une vraie révolution dans la
sémantique. Toutefois elle suscite des critiques et des réajustements. On sait bien que J. Trier a étudié des notions intellectuelles, tandis que le vocabulaire du monde physique et matériel est toujours confus dans ses limites. En fait les premières tentatives de délimitation de champ por-
tent sur des champs notionnels, comme, p.ex., chez Trier le champ des
mots désignant la connaissances.
On peut citer comme exemple de l’étude des champs notionnels dans
« le domaine français » les travaux de G. Matoré. Selon cet auteur, la lexi-
cologie est « une discipline sociologue utilisant le matériel linguistique que sont les mots » et c’est en « sociologue » de l’école sociologique française
qu’il étudie le vocabulaire économique, technique et politique. Ainsi la lexicologie est considérée « comme la servante de la sociologie » (picoche
1977). L’analyse sémantique de Matoré est basée sur la recherche de mots témoins (néologismes correspondant à des choses ou à des vues nouvelles de l’époque étudiée, telles que coke à la fin du XVIIIe siècle) et de mots clés (porteurs de notions centrales pour une génération, comme, p.ex., prud’homme, honnête homme et philosophe au siècle des Lumière).
Outre les champs notionnels il existe de vrais champs linguistiques,
comme, p.ex., celui de Ch. Bally qui définit ses champs associatifs à partir des critères formels et linguistiques. C’est ainsi que la champ du boeuf fait penser à : 1) vache, taureau, veau, cornes, beugler, ruminer, etc. ; 2) labour, charrue, joug, etc. ; 3) idée de force, d’endurance, de travail patient, mais aussi de lenteur, de lourdeur, de passivité. Le language figuré (comparaisons, métaphores, proverbes, tours stéréotypes) intervient comme réactif ; com-
parez : un vent à décorner les boeufs, ruminer une idée, mettre la charrue avant les boeufs, fort comme un boeuf, c’est un boeuf pour le travail, etc.
P. Guiraud a raison de dire que « le relèvement des champs associatifs
est subjectifs puisque l’apparition dans la conscience de tel ou tel individu des associations physiques dépend de son âge, de sa profession, de son milieu social et d’aures facteurs ».
Aussi P. Guiraud avance-t-il l’idée d’un champ morpho-sémantique.
« C’est un complexe de relations de formes et de sens formé par un ensem- ble de mots ». P.ex., le mot chat est à l’origine d’un grand nombre d’images et de métaphores comme, p.ex., j’ai d’autres chats à fouetter, acheter chat en poche, pas un chat, il n’y a pas de quoi fouetter un chat et d’autres. On trouve
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