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Файл:Основы теории второго иностранного языка (французский язык). Часть 1. Учебное пособие
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(Bally). Ce sont des groupes de mots figés, inanalysables, qu’on accepte
tels quels, comme avoir maille à partir avec qqn. (avoir un différend avec
qqn.), vivre comme chien et chat (s’accorder mal ensemble), sans coup
férir (sans difficulté, sans rencontre de résistance). Pourtant Bally souligne
qu’entre ces deux types d’agencement de mots, « entre ces deux extrêmes
il y a place pour une foule de cas intermédiaires qui ne se laissent ni préciser ni classe ». Donc ce sont les groupes de mots consacrés par l’usage et
nommés locutions (phraséologiques) qui font l’objet d’étude de la
phraséologie.
Parmi les locutions un groupe à part est constitué par les proverbes,
parce qu’ils ne remplacent pas un mot, mais un énoncé, comme c’est le
cas des propositions suivantes : Paris vaut bien une messe ! Tous les
chemins mènent à Rome. Une hirondelle ne fait pas le printemps. Le
jeu n’en vaut pas la chandelle, etc.
Caractéristiques essentielles des locutions qui les distinguent des
mots aussi bien que des groupes de mots libres : 1) la lexicalisation des
locutions leur premet de fonctionner dans le discours à côté des mots
comme leurs équivalents : prendre la clé des champs – s’enfuir. La locution comprend deux éléments au minimum y compris au moins un
mot significatif : à merveille ; 2) leur reproduction dans le discours
telles quelles en tant qu’unités lexicale, p.ex., cette explication (cet ar-
gument, son raisonnement) est tiré (e) par les cheveux ; 3) leur stabilité
se manifeste par le caractère constant de leurs éléments (unité de
forme) : on retrouve toujours les mêmes mots à leurs places ayant gardé
telle ou telle forme grammaticale figée. Ainsi, p.ex., on se heurte à des
tours archaïques quand on n’emploie pas d’article dans donner (laisser,
avoir) carte blanche, être (s’entendre, vivre) comme chien et chat ou
bien c’est un ancien emploi du gérondif dans tambour battant, chemin
faisant ; l’appétit vient en mangeant ; 4) les locutions se caractérisent
aussi par une unité de sens. Comme dit Ch. Bally, « la cohésion des
éléments d’une locution composée prouve que le sujet parlant ne pense
pas aux mots isolés... Un Français ne pense pas au sens des mots maille
et partir dans l’expression avoir maille à partir avec qqn... c’est une
erreur de croire que, dans la pratique de la langue maternelle, on com-
prend tout ce qu’on dit ou écrit ». Le sens de la locution peut être rendu
par un seul mot et alors c’est un synonyme (plier bagage – s’en aller,
partir) ou par une périphrase synonymique, mais exprimante seul no-
tion : pied noir – Français d’Algérie ; 5) les locutions forment des ex-
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pressions idiomatiques ou idiotismes qu’on ne peut pas traduire litté-
ralement : avoir du chien n’a rien à voir avec le mot chien pris au sens
propre, mais cela « se dit d’une femme qui fascine les hommes par un
charme un peu cananille ». Donc le changement de sens, c’est-à-dire
une transformation sémantique totale ou partielle de ses éléménts est
caractéristique de chaque locution ; 6) comme les mots, les locutions
peuvent être motivées de façon plus ou moins explicite ou implicite :
perdre la tête (s’affoler, perdre son sang-froid), pour de bon (réele-
ment). Il convient de savoir à quelle acception du mot clé se rattache
telle ou telle locution : dans coup de pied, coup de poing il s’agit du
sens propre des mots pied et poing tandis que dans coup de main (aide
momentanée solicitée ou offerte à qqn dans un travail). Dans le cas où
le mot ne s’emploie plus ou ne s’emploie pas dans le sens dont est tirée
la locution celle-ci est immotivé : chercher noise, être, ne pas être dans
son assiette ; 7) les locutions sont marquées, c’est-à-dire elles possèdent
des particularités émotionnelles, expressives, appréciatives et stylistiques. Les locutions peuvent donc se rapporter au style livresque, parlé
ou familier, voir argotique : peu ou prou (plus au moins) – style littéraire, c’est du peu (c’est pour bientôt) – style familier. En plus de ces
indices les locutions ont des valeurs métaphoriques ; ainsi baisser pavillon (céder) est une métaphore. Outre cela, les locutions peuvent avoir
des marques de l’espace ou du temps. C’est ainsi qu’on y trouve des
dialectismes ou régionalismes : fier comme un pou – très fier,
orgueilleux, et des archaïsmes ou des néologismes : avoir la frite – être
en forme, se sentir capable de réussir.
Il faut ajouter qu’à l’opposé des mots les locutions se composent
toujours d’un groupe de mots ayant gardé leurs rapports syntaxiques
qu’ils soient vivants ou fossiles.
Classement de Ch. Bally. Ch. Bally distingue deux types essentiels
de locutions : 1) séries « où la cohésion des termes n’est que relative » :
courir un danger, etc. Les unités où cette cohésion est absolue, comme
dans bon sens, sang froid. « Les séries phraséologiques sont des
groupes de mots où deux idées juxtaposées sont bien près de se con-
fondre en une seule ; les mots qui expriment formant les locutions
presque entièrement fixées par l’usage : remporter une victoire, pousser
un cri ; 2) « enfin les unités phraséologiques sont des groupes qui ne
renferment qu’une seule idée indécomposable : faire table rase, la
bonne volonté. C’est là que rentrent l’immense majorité des locutions
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composés et particulièrement presque tous les idiotismes, ce qu’on appelle en grammaire française des gallicismes : mener à bien (terminer
avec succès), de parti pris (opinion préconçue), se tirer d’affaire (faire
cesser d’être dans une situation pénible, difficile ou dangeureuse), etc.
Plus tard Bally ajoute « qu’un groupe forme une unité lorsque les mots
qui le composent perdent toute signification et que l’ensemble seul en a
une ; il faut en outre que cette signification soit nouvelle et n’équivaille
pas simplement à la somme des significations des éléments ... si ...
l’unité est d’un usage très fréquent, ... le groupe équivaut à un mot
unique. C’est le cas p.ex. de locutions adverbiales comme tout à
l’heure, tout de suite, sans doute, sans cesse, etc. ».
Bally fait la différence entre les indices extérieurs qu’on tire de la
forme des locutions et intérieurs qui tiennent à la correspondance entre
la forme et la pensée. Les véritables critères auquels on reconnaît une
unité phraséologique ce sont donc les indices intérieurs tels que
l’équivalence avec un simple mot (prendre la fuite – fuir), l’oubli du
sens des éléments (comme c’est le cas de maille et partir dans avoir
maille à partir avec qqn. ou de jeter dans jeter les yeux sur un objet), la
présence d’un archaïsme de forme et de sens dans une locution (en
guise de, il n’y a pas péril en la demeure).
Toutefois aucun de ces critères ne suffit pour identifier une unité.
Et Bally lui-même doit le constater en observant que l’indice de
l’équilibre d’une locution avec un simple mot n’est pas infaillible, « puisqu’on peut identifier de cette façon les séries comme les unités ».
D’ailleurs, on ne saurait toujours remplacer une locution par un mot :
bouteille à l’encre – situation embrouillée, fermer boutique – quitter le
commerce, la profession, etc.
Enfin, Ch. Bally a jeté les bases d’une étude scientifique des locutions.
Classification de V.V. Vinogradov. Il distingue trois types de locu-
tions : 1) les locutions soudées (фразеологические сращения) ayant per-
du toute motivation et dont le sens ne coïncide pas avec celui de ses éléments (pour des prunes – pour rien ; avoir la puce à l’oreille – avoir
l’attention éveillée, se méfier, se douter de qqch. ; bête noire de qqn. – personne ou chose que qqn. déteste ; au fur et à mesure – dans la même
mesure ou proportion, en même temps) ; 2) les ensembles (фразеологические единства), les unités phraséologiques ayant gardé leur forme interne,
leur sens peut être compris à partir de leurs éléments : rire, sourire, dire,
exprimer, manger du bout des lèvres – avec réticence ; avoir la langue bien
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pendue – parler avec facilité ; travailler d’arrache-pied – fournissant un
effort intense ; paroles, promesse, histoire, conte en l’air – sans fondement ;
3) les combinaisons phraséologiques (фразеологические сочетания) qui
se rapprochent des groupes de mots libres par l’autonomie sémantique de
leur éléments : commettre une faute, une erreur, un crime ; remporter une
victoire ; venir en aide, etc.
La classification de V.V. Vinogradov est complétée par un quatrième
type : les expressions phraséologiques (фразеологические выражения),
avant tout proverbiales, il s’agit donc des phrases complètes, mais en tant
que formes figées : il y a anguille sous roche – il y a qqch. de caché ; son
compte est bon – il sera puni.
La classification de V.V. Vinogradov suscita des critiques justifiées
(Н.Н. Амосова, А.Г. Назарян) vu que les critères sur lesquelles elle est
basée sont hétérogènes.
Enfin la phraséologie chaque langue a ses particularités, ses types
spécifiques.
2. Le rôle de l’image.
Le plus souvent les locutions sont imagées. Ch. Bally distingue les
imges concrètes et donc vivantes (Le vent enfle sa grande voix = Le
vent souffle plus fort) et les images mortes, « saisies par une opération
intellectuelle » : Le malade baisse de jour en nuit – les forces du malade
diminuent ; ... vous courez un grand danger, il n’y a plus ni image ni
sentiment d’image ». Bien sûr, Bally y parle des emplois métaphoriques
des mots. Toutefois il en est de même pour les locutions. En effet qui penserait à la rate en disant de qqn. il court comme un dératé ? Donc, là nous
avons affaire à une image morte. Il y a des locutions qui n’ont pas
d’images et qui sont dépourvues de nuances affectives : mal du pays, tenir
tête, avoir tort. En revanche, dans coup de foudre, cousu de fil blanc, en
mettre sa main au feu, l’image se fait toujours sentir bien que leur motivation et, par conséquent, leur sens ne soient pas tellement précis.
3. Procédés de formation des locutions.
La formation des locutions est accompagnée d’une transformation
sémantique de leurs éléments. Ces transformations peuvent se manifester
de façon suivante : 1) transfert métaphorique : à bride abattue – à toute
vitesse, donner un coup d’épaule à qqn. – l’aider, venir à son aide, promet-
tre monts et merveilles – des avantages considérables ; 2) transfert
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métonymique : Maison-Blanche – présidence américaine, barbe-bleu –
personnage cruel pour son épouse, et, en général, pour les faibles qui sont
en son pouvoir, bas-bleu – femme pédante, pied-noir – Français d’Algérie ;
3) lexicalisation : à huis clos – toutes portes fermées, secrètement, tout à
fait – complètement, prendre feu – s’enflammer ; 4) affaiblissement des
hyperboles : aller (avancer, marcher) comme un escargot – très lentement,
geler à pierre fendre – faire un froid extrême, très vif ; crever de rire – rire
très fort ; donner (mettre) sa tête à couper – parler (affirmer) avec assur-
ance ; 5) ellipse : se la couler douce – (la vie), vivre sans soucis et sans efforts ; en conter (dire, raconter) de belles (des choses) – apprendre (savoir)
des choses défavorables, honteuses sur qqn. ; s’y prendre (à qqch.) – agir
d’une certaine manière pour obtenir le résultat ; s’en prendre à qqn., qqch.
(de qqch.) – s’attaquer à, incriminer ; en vouloir à qqn. (du mal) – avoir de
la rancune à l’égard de qqn. ; 5) addition sémantique, dans ce cas-là on
ajoute une signification supplémentaire à la signification d’un groupe de
mots libres : avoir (ne pas avoir) les mains dans les poches – être (ne pas
être) actif, efficace ; se frotter les mains – se réjouir, se féliciter ; plier
(courber la tête) – se soumettre ; croiser les bras – rester sans rien faire ; 5)
étymologie populaire, donc faussée : tomber dans les pommes (au lieu de
pâmes) – s’évanouir ; clouer le bec à qqn. (au lieu de clore) – lui répondre
de sorte qu’il n’ait plus rien à dire ; fier comme un pou (confusion entre
pou, nom de l’insecte, et pou, pouil, poul, forme dialectale de coq) –
très frier ; il y a belles lurette (de heurette, hurette – forme dialectale) –
il y a bien longtemps.
4. Signification phraséologique.
Dans la signification phraséologique on distingue les aspects sig-
nificatif, dénotatif et connotatif (Кунин). Сette distinction résulte du
fait que les locutions sont des unités nominales au même titre que les
mots. Tous les aspects de la signification sont donc tributaire de la
transformation métaphorique de la signification dénotative. C’est que le
transfert porte sur l’objet nommé : être aux abois (être à l’agonie ou
dans une situation désespérée) « est primitivement un terme de chasse à
courre ; on dit que le cerf est aux bois lorsqu’il ne peut plus et s’arrête,
réduit à endurer, sans pouvoir fuir d’avantage, les abois des chiens qui
l’entourent ». Le transfert métonymique et métaphorique de la signification dénotative du mot sac dans les expressions telles que gros sac
(d’abord l’argent de sac d’argent, ensuite individu riche), sac à viande
(chemise), sac à vin (ivrogne) s’accompagnent de changement des as-
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pects significatif et connotatif du mot sac et de toutes ces locutions :
c’est une des dénominations de personnes ou des choses qui peuvent
avoir quelques défauts dont on se moque un peu, enfin, ces locutions
ont des connotations familières.
5. Rapports paradigmatiques.
Parfois on parle des paradigmes phraséologiques (В. Г. Гак, В. Н. Те-
лия). On considère que les locutions comportant un même mot clé constit-
ue un paradigme : pierre angulaire, pierre philosophale, pierre
d’achoppement, pierre de touche ; plus mort que vif, de vive voix, avoir les
nerfs, la sensibilité à vif, prendre (surprendre) qqn. sur le vif. Toutefois on
peut trouver des paradigmes parmi les séries (les combinaisons et les en-
sembles) et non parmi les unités (les locutions soudées), c’est-à-dire, les
idiomatismes.
Tout d’abord il faut distinguer les synonymes des variantes. Pour
ce faire on recourt au critères suivantes : les tropes (les métaphores) et
les images de même que les origines des locutions synonymiques sont
différentes, p.ex., faire une farce à qqn. et jouer un tour à qqn., bête
comme ses pieds et bête à manger du foin, vieux comme le monde et
âgé comme le Pont-Neuf. Quant aux variantes, l’image et la dénotation
y sont les mêmes : mettre qqn. à la porte et jeter (ficher) qqn. à la porte
(chasser, faire sortir par la menace, la contrainte) ; accepter qqch. pour
argent comptant et prendre qqch. pour de bon argent (accepter sans esprit critique, être crédule) ; contes (histoires) à dormir debout – absurdes, fabuleux ; c’est du chinois (de l’hébreu, de l’algèbre) – c’est
une chose difficile, incompréhensible.
Parmi les locutions, comme parmi les mots, on rencontre des syn-
onymes stylistiques ayant des sémes connotatifs. Le français familier et
surtout l’argot en présentent des exemples nombreux ; c’est ainsi que,
au lieu de dire mourir on emploie : rendre l’âme, y rester (neutre), sortir
entre quatre planches, s’en aller les pieds devant, aller chez les taupes,
casser la pipe, avaler son bulletin de naissance, éteindre sa lampe, faire
le grand voyage, faire sa malle (valise), perdre le goût du pain, rendre
les clés, etc.
On voit trois types de locutions antonymiques :1) сeux qui réalisent
des oppositions de gradation (graduels), comme, riche comme Crésus –
pauvre comme Job ; 2) oppositions de complémentarité (complémentaires) : avoir des yeux dans le dos – avoir des yeux pour ne pas voir ;
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3) opposition de réciprocité (réciproques) : ficher (foutre) le camp –
ramener sa fraise, se faire la main – perdre la main.
6. Sur les origines des locutions.
Selon leur origine on peut distinguer trois groupes essentiels de lo-
cutions : 1) les locutions dont les mots clés sont p.ex. des somatismes
(main, bras, pied, jambe, tête, coeur, etc.) ou d’autres mots désignant
des concepts universels et c’est pourquoi on trouve leurs équivalents
dans différentes langues : à bras ouverte, avoir la (sa) tête sur les épaules, remuer ciel et terre ; 2) les locutions reflétant des concepts propres
à la civilisation européenne (mythologie grecque, histoire romaine, sujets bibliques, etc.) dont on recontre les équivalents dans plusieurs
langues européennes : boîte de Pandore, épée de Damoclès, talon
d’Achille, franchir le Rubicon ; colosse aux pieds d’argile, bouc
émissaire ; 3) les locutions les plus nombreuses qui désignent des réalités historiques et culturelles françaises et représentent la vision du
monde à la françaises. Beaucoup de ces locutions sont intraduisibles et
leurs équivalents (si on en trouve) dans d’autres langues ne sauraient
rendre toutes les nuances de leur couleur locale : au temps du roi Dago-
bert, au temps où Berthe filait (à une époque très éloignée) ; au diable
Vauvert (extrêmement loin) ; boire comme un Templier (boire avec
excès) ; se porter comme le Pont-Neuf (se porter très bien) ; travailler
pour le roi de Prusse (travailler pour rien).
ATTENTION! RÉVISION 5
1. Qu’est-ce que c’est que la phraséologie ?
2. Parlez des problèmes de classification des locutions.
3. Comment est le rôle de l’image ?
4. Quels sont les procédés de formation des locutions ?
5. Parlez de la signification phraséologique.
6. Quels sont les rapports paradigmatiques ?
7. Qu’est-ce que vous connaissez sur les origines des locutions ?
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Тема 6. STRUCTURATION SEMANTIQUE ET FORMELLE
DU VOCABULAIRE DU FRANCAIS
MODERNE. SYNONYMES
1. Notes préliminaires.
2. Synonymie et synonymes.
3. Critères de la synonymie. Définition des synonymes.
4. Typologie des synonymes.
5. Synonymes partiels.
6. Synonymie des locutions phraséologiques.
7. Origines de la synonymie.
1. Notes préliminaires.
Les opinions des linguistes contemporains sur la synonymie sont dif-
férentes. Pour certains linguistes les vocables sont synonymes à condition
d’avoir une valeur sémantique identique. M. Bréal affirme que la synony-
mie est un phénomène précaire et provisoire, de courte durée qui se détruit
infailliblement du fait que les mots-synonymes sont sujets à l’évolution
sémantique et acquièrent, par conséquent, des acceptions distinctes.
En effet, les séries synonymiques subissent des regroupements au
cours des siècles et toutefois la synonymie comme telle demeure un
phénomène constant de la langue. La synonymie est un phénomène dialec-
tique qui suppose tout à la fois des traits communs et des traits distinctifs.
Les vocables forment des séries synonymiques à partir de leur communau-
té, mais leur présence dans la langue est due principalement à leur fonction
différencielle. La synonymie se révèle dans la synchronie, elle est un indice
du caractère systémique de langue.
Au cours de son développement historique la langue devient un in-
strument de communication de plus en plus parfait. La richesse de la synonymie, en particulier, témoigne de la richesse de la langue en entier.
2. Synonymie et synonymes.
Les synonymes sont des mots de même fonction grammaticale qui ont
un sens analogique ou très voisin et des formes différentes (d’après Dubois
1973). Les synonymes se distinguent par leurs nuances dénontatives, fonc-
tionnelles et leurs connotations (évaluatives et stylistiques). La synonymie
est fonction de l’asymétrie du signe linguistique. La lexicologie étudie par
excellence la synonymie lexicale.
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On observe des approches différentes de la synonymie. Ainsi, au
centre du problème se trouve : 1) le degré d’identité de sens des syn-
onymes ; 2) leur équivalence fonctionnelle dans le texte ; 3) leurs carac-
téristiques appréciatives et stylistiques. D’après le premier critère on
distingue la synonymie absolue et relative. Toutefois, il y avait des linguistes qui doutaient de l’existence de la synonymie absolue (M.
Lafaye), voire de toute synonymie (M. Bréal).
Il est vrai que les synonymes absolus ne sont pas nombreux, mais
on peut en citer quelques-uns : nul – aucun, hyperonyme – superordon-
né, (consonne) fricative – constructive – spirante. On voit que les synonymes absolus sont propres à la terminologie scientifique. D’autre part,
on trouve des synonymes absolus dans l’argot : p.ex., pour désigner
l’argent on dit : pognon – grisbi – oseille – osier – pèse (pèze) – picaillons.
R. Martin considère que la synonymie absolue est un état précaire
(Martin 1976). Les synonymes absolus diffèrent des variantes de mots
qui tout en gardant leur identité sémantique maintiennent leur ressemblance de forme. Les paires de mots comme an – année, mont – montagne présentent aussi des variantes fonctionnelles (combinatoires) de
mots. Comparez : Il a vingt ans ; le jour de l’An ; le Nouvel An, mais :
Bonne Année ! cette année, année scolaire, combien d’années ?
Le plus souvent on a affaire à la synonymie relative. Les syn-
onymes relatifs diffèrent par un ou plusieurs sèmes. P.ex., si dans
courageux tous les sèmes marquent des qualités positives d’une personne, dans brave, outre les acceptions « qui ne craint pas le danger »,
« bon et honnête », on trouve : « gentil, mais un peu simple ». Dans
téméraire cette qualité devenue excessive se transforme en défaut :
« qui manifeste une hardiesse excessive et imprudente ». On assiste
donc, avec audacieux et hardi, à toute une série de synonymes qui diffèrent par leurs sèmes dénotatifs et constituent un champ lexical.
Selon leur fonction dans le texte et la présence ou l’absence de ca-
ractéristiques évaluatives et stylistiques on peut distinguer trois types de
synonymes : synonymes dénotatifs ou idéographiques (répondre – ré-
pliquer, maison – bâtiment – immeuble), synonymes connotatifs (styllistiques et fonctionnels) et enfin synonymes de type hétérogène sémantico-stylistiques.
En matière de synonymie stylistique il faut tenir compte du fait que
dans le français standard il existe, selon les styles, deux groupes de mots :
littéraires et usuels, quotidiens, p.ex., mourir – trépasser, cheval – coursier,
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tomber – choir, malheureux – infortuné. Il est vrai que ces derniers temps
les mots familiers, populaires et argotiques pénètrent de plus en plus souvent dans le parler de tous les jours. Or, leur emploi est fonctionnel, tout
dépend de la situation de la communication : à qui parler, de quoi parler et
dans quelle situation. Comme dit C. Kerbrat-Orecchioni, « On ne parle pas
de corde ... » (dans la maison d’un pendu). Comparez : se promener – se
balader, dormir – roupiller, venir – s’amener, manger – bouffer.
Quelques exemples de synonymes sémantico-stylistiques : habita-
tion – gourbi (habitation rudimentaire traditionnelle, en Afrique du
Nord ; habitation misérable, mal entretenue), manger – bâfrer (manger
qqch. avidement et avec excès).
Un mot polysémique (ayant plusieurs variantes lexico-
sémantiques) peut faire partie de différentes séries synonymiques et
champs sémantiques, p.ex., grand – haut, grand – large, grand – inten-
sif, grand – supérieur, etc.
Il convient de savoir distinguer les synonymes de leurs équivalents
fonctionnels. En effet, un même objet peut être désigné, dans le discours, par un hyponyme aussi bien que son hyperonyme. Un hyper-
onyme est un terme dont le sens (pas l’objet désigné) inclut celui d’un
ou plusieurs autres, p.ex., membre est un hyperonyme de bras, siège de
chaise, châpeau de casquette ou couronne, fleur de tulipe. Ansi on peut
employer le mot animal en parlant d’un chat, d’un chien, d’un loup, etc.
Les métaphores et les métonymies ne peuvent pas non plus être con-
sidérées comme synonymes.
3. Critères de la synonymie. Définition des synonymes.
La dénomination du même objet ou phénomène de la réalité n’est
point non plus un critère sûr de la synonymie. En effet, des vocables
très différents par leur sens peuvent désigner dans la parole le même
objet, cependant ils ne deviennent pas pour autant des synonymes. Dans
un certain contexte on peut nommer un chat (un chien, une personne) –
« un monstre ». (« Ce monstre, il m’a volé mon poulet ! » s’écriera une
ménagère furieuse contre un chat). Toutefois monstre ne sera pas un
synonyme de chat.
On insiste très souvent sur l’interchangeabilité des mots comme
critère de la synonymie. Dans l’usage courant nous substituons con-
stamment joli à beau, craindre à redouter et aussi à avoir peur. Toutefois
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