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Основы теории второго иностранного языка (французский язык). Часть 1. Учебное пособие

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Тема 4. EMPRUNTS
1. Emprunt en tant que source externe de l’enrichissement du vo-
cabulaire.
2. Types d’emprunts.
3. Emprunts aux langues.
4. Adaptation des vocables empruntés au vocabulaire du français.
5. Internationalismes.
6. Doublets étymologiques et phonétiques.
1. Emprunt en tant que source externe de l’enrichissement du
vocabulaire.
L’emprunt est un phénomène sociolinguistique, résultat des con-
tacts en synchronie de langues et processus de ces contacts en dia-
chronie. L’emprunt est un phénomène complexe qui peut être considéré sous différents aspects. Avant tout l’emprunt lexical est une source de l’enrichissement du lexique. Tandis que la formation de mots sert de source interne de l’évolution lexicale, l’emprunt en est une source ex­terne. D’autre part, les emprunts représentent une des parties du lexique qui se distingue par son origine des mots du fond héréditaire et des mots de formation française. Aussi le lexique français n’est-il pas homogène. Comme chaque processus l’emprunt doit être délimité dans le temps et l’espace. Par conséquent, on ne peut pas parler des emprunts faits avant les débuts du français, c’est-à-dire, à l’époque du gallo­roman. C’est pourquoi les celtiques (tels que chemin, chêne, bouleau, bec, Paris, Verdun, etc.) de même que les mots germaniques (jardin,
banc, fauteuil, guerre, honte, robe, gai, riche, blanc, blond, bleu, etc.) ne
se présentent pas comme emprunts. On ne peut donc parler des emprunts qu’à partir du IXe siècle. Telle est la délimitation des emprunts dans le temps. Quant à leur démarcation dans l’espace, il convient de préciser qu’il’s’agit bien des emprunts aux autres langues
et pas aux dialectes du français ni à l’argot ou aux jargons profession­nels.
L’emprunt né des contacts de langues différentes et de leurs sujets par-
lants. Comme les formes, la durée et l’intensité de ces contacts divergent, on obtient des résultats divers. Ansi parmi les conditions extralinguistiques favorables à l’emprunt on peut nommer les contacts commerciaux et cul- turels. Par contre, les contacts dus aux conflits militaires n’exercent pas l’influence considérable et prolongée sur l’enrichissement du lexique. C’est
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ainsi que, p.ex., les mots allemands d’usage courant sous l’occupation (tels que Ausweis, Kommandatur, etc.) sont sortis du lexique. Donc l’influence d’une langue prêteuse diffère au cours de l’histoire. Elle dépend du pres- tige culturel à telle ou telle époque du peuple qui parle cette langue.
Cependant il existe encore un problème consernant les emprunts. Une
fois un mot étranger ayant pénétré dans le vocabulaire, il doit s’y adapter. Et là, ce sont des facteurs linguistiques internes qui entrent en jeu, parce que le problème de l’assimilation des emprunts est avant tout un problème
linguistique. Selon L. Deroy, on emprunte surtout des substantifs, les verbes et les adjectifs sont moins courants, tandis que les adverbes, les in-
terjections, les prépositions et les conjonctions apparaissent empruntés un petit nombre de fois et enfin, « les pronoms personnels et démonstratifs, ainsi que les articles sont très rarement empruntés ». Outre les mots, on emprunte aussi des morphèmes, notamment, des affixes dérivationnels, p.ex., -ade, -esque, -issime, -ing. Et cet emprunt aussi intéresse le lexico­logue. Enfin, on reprend souvent aux mots étrangers leurs significations ce
qui fait toujours partie du domaine de la lexicologie.
2. Types d’emprunts.
Les emprunts se distinguent d’après les critères suivants : 1) la
langue préteuse, source d’emprunts ; 2) la voie par laquelle se fait l’emprunt (oral ou écrite) ; 3) les rapports référentiels et significatifs du mot emprunté dans la langue emprenteuse (les rapports entre le mot emprunté et de l’autre coté son référent et son signifié) ; 4) le degré de leur assimilitation ; 5) la structure et la sémantique des mots empruntés.
On distingue la voie orale et écrite. Quant aux langues vivantes, on
utilise les deux voies pour y puiser, tandis que l’emprunt aux langues mortes (le latin, le grec ancien) se fait par voie écrite.
Rapports référentiels et significatifs du mot emprunté. D’après ce
critère on peut différencier les types d’emprunts suivants : 1) un mot étranger vient en français en même temps que la chose dénommée et le
concept : football, club, jean(s), motel, fax, balcon, fresque, concert,
mazurka, polka, café, coton, etc. ; 2) on n’emprunte que le mot (non signifiant et son signifié) et par conséquent, le concept est présent dans l’esprit des Français tandis que la chose elle-même reste étrangère à la vie quotidienne de la plupart des sujets parlants. Il s’agit dans ce cas-là des mots dits exotiques et folkloriques qui servent à dénoter des choses caractérisant la vie d’un autre peuple dont la langue est utilisée comme source d’emprunt ; tels sont les noms géographiques comme toundra,
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steppe, fjord, etc., les noms d’animaux et de plantes comme okapi, once, etc. Les mots dits « folkloriques » désignent des objets de la vie quotidienne et culturelle qui n’ont pas d’équivalents dans la réalité française et c’est pourquoi ces mots sont intraduisibles en français, p.ex., samouraï, kimono, geisha, samovar. Comme les mots « folklor­iques » servent à rendre la couleur locale, les écrivains les introduisent aisément dans leurs oeuvres se permettant même parfois d’employer des vocables étrangers dits « xenismes » qu’on ne retrouve dans aucun dictionnaire ; 3) on reprend à un autre idiome un mot exprimant un concept qui existe déjà en français et qui est rendu par une périphrase, comme dans « folklore – ensemble des arts, usage et traditions popu­laires » ; 4) le français possède un mot correspondant au terme emprun­té. Alors le mot emprunté acquiert d’autres significations que le mot
autochtone, il peut devenir son hyponyme et prendre des connotations :
ainsi leader se rapporte au chef du groupe politique, d’un parti, et bien qu’il ait d’autres sèmes, ils sont moins nombreux que les sèmes du mot chef. Il en est de même pour star (emprunté) et étoile, spleen et ennui. Parfois les mots empruntés acquièrent des connotations péjoratives ou stylistiques, p.ex., les emprunts à l’allemand rosse – mauvais cheval, tandis que les vocables toubib (médecin) venu de l’arabe, l’anglicisme business (les affaires) sont d’emploi familier et le mot moukère (femme) emprunté à l’espagnol est argotique.
Types structuro-sémantiques d’emprunts.
1) On emprunte la forme du mot sans substitution de morphèmes et
au minimum une des significations du mot, c’est-à-dire le signifiant et au moins une partie du signifié, comme c’est le cas des mots : film,
club, jean(s), venus de l’anglais, opéra, piano, villa, repris à l’italien, sucre, tarif, hasard (mots d’origine arabe), izba, mazout (mots russes).
2) L’emprunt se fait à condition d’une substitution partielle de
morphèmes, de leur adaptation au système du français et de la reprise d’au moins une des significations du mot, c’est-à-dire que le signifiant et le signifié y sont touchés partiellement. C’est ainsi que, p.ex., les
mots anglais to stop et speaker [spik∂] deviennent stopper et [spikœr].
3) On adopte aussi des mots étrangers au moyen du calque. C’est
une sorte de traduction par morphèmes qui produit donc un mot nou­veau. C’est-à-dire on procède à la substitution totale des morphèmes et
on emprunte la forme interne du mot ou de locution, donc leur structure
et leur contenu sémantique, autrement dit, le signifié et la sctructure du
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signifiant. Ce sont les mots composés qu’on calque le plus souvent. Dans les calques l’ordre des morphèmes ou des mots habituels au fran­çais est violé, comme dans ces cas-là : haut-parleur (de l’anglais loud­speaker), libre-échange (de l’anglais free-trade), quartier-maître (de l’allemand Quartiermeister).
4) Il existe enfin des types d’emprunts purement sémantiques avec
une substitution totale des morphèmes, le signifié seul est emprunté. Ces emprunts se présentent comme une espèce « d’étrangers déguisés » et on a du mal à les reconnaître à moins qu’on ne connaisse bien les deux langues :
dans les emprunts par traduction on prend à la langue prêteuse la significa- tion des mots et des locutions sans que leur forme y soit touchée, comme dans ces mots composés : sky-scraper (ang.) →gratte-ciel, blue-stocking (ang.) → bas-bleu, cyberwar (ang.) → guerre d’information, Kindergarten (all.) → jardin d’enfants ; sous la contamination sémantique (terme de J. Dubois) on entend l’acquisition par les mots et les locutions des significa- tions nouvelles sous l’influence d’un mot ou locution étrangers, p.ex., le mot séminaire, de l’allemand Seminar, ayant reçu la signification « groupe d’étudiants travaillant sous la direction d’un enseignant ».
Il faut dire que les frontières entre les types d’emprunts examinés
ne sont pas toujours bien déterminées. On étudie souvent les calques et les emprunts par traduction à part des autres emprunts.
3. Emprunts aux langues. а) Emprunts aux langues classiques.
On peut dire que le latin a servi de tout temps au français de source
inépuisable d’enrichissement. Les emprunts au latin et au grec ancien se font à partir des débuts du français jusqu’à nos jours, mais surtout au XIVe siècle et au XVIe siècle : faculté, fanatique, académie, emblème, disque, etc. On peut dire que l’influence latine sur le français a été si forte que sa structure même s’en est ressentie.
Cependant le terme « mots savants » est devenu purement conven-
tionnel dans le français moderne. Effectivement beaucoup d’emprunts aux langues mortes ne restent guère cantonnés, comme au moment de leur apparition, dans l’une ou l’autre terminologie spéciale ; ils finissent par s’ancrer dans la langue commune. Nombre de mots étymologique- ment « savants » dont régiment, nature, imbécile, facile, fatiguer, habit- uer, imaginer sont perçus comme étant d’origine française. Tout Fran- çais se sert non seulement des anciens emprunts tels que penser et ré-
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fléchir, mais aussi des créations réussies plus récentes comme avion, aviation, téléphone, photographie formés à partir d’éléments latins et
grecs.
б) Emprunts aux langues orientales.
Les langues orientales ont enrichi le français d’un certain nombre de
vocables ayant trait tant aux moeurs des peuples d’origine qu’aux acquisi-
tions de la culture mondiale.
De l’hébreu le français tient surtout des terme bibliques : amen –
« ainsi soit-il », satan < satan – « adversaire », ensuite nom de l’esprit du mal dans la Bible. Ces mots ont été transmis en français par le latin ec­clésiastique.
Le français a aussi adopté quelques mots persans dont la plupart lui
sont venus par l’intermédiaire d’autres langues dont l’espagnol, l’italien, l’arabe : bazar, caravane, échec.
L’emprunt à l’arabe connaît deux périodes essentielles : 1) à partir du
IXe siècle le français puise l’arabe, parce que pendant tout le Moyen Age la civilisation arabe a été une des grandes sources de la culture eu­ropéenne : azimut, algèbre, tarif, etc. ; 2) aux temps modernes beaucoup de mots arabes sont venus du monde arabe actuel, surtout de l’Algérie, ce sont des emprunts directs : toubib. Il est à noter que la plupart des mots arabes ont pénétré en français par l’intermédiaire d’autres langues : le latin mé­diéval – alchimie ; l’italien – douane, chiffre, zéro, etc. ; l’espagnol – alcôve, alcade, algarade. C’est par l’arabe que sont venus en français des
mots turcs : divan, kiosque, chacal. Le nombre des emprunts arabes en français est 270 mots.
с) Emprunts aux langues romanes.
Les emprunts à l’italien commencent à se faire sentir dès le XIVe
siècle et progressent rapidement jusqu’à la fin du XVIe siècle (353 mots) à mesure que les Français s’initient à la culture italienne de la Renaissance : ambassade, porcelaine, balcon, médaille, etc. On compte 850 mots emprunté à l’italien.
Les emprunts à l’espagnol se rapportent surtout au XVIe siècle (88
mots) et au XVIIe siècle (87 mots) : cigare, camarade, bizarre. C’est par l’espagnol que des langues amérindiennes de l’Amérique du Sud sont venus dans la langue française : maïs, tomate, chocolat. A partir du
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XVIIIe siècle les emprunts à l’espagnol deviennent de plus en plus rar- es. Il existe 300 mots emprunté à l’espagnol.
Le portugais a donné les mots tels que caravelle, caste, marmelade,
etc. et le provençal le mot cap.
d) Emprunts aux langues germaniques.
Les mots d’origine anglaise ne sont pas nombreux en français
jusqu’au XVIIe siècle et XVIIIe siècle : paquebot, club. De même que l’espagnol, l’anglais sert d’intermédiaire aux mots venus des langues des anciennes colonies britanniques. C’est ainsi que le français doit des mots tels que kaki, jungle, pyjama, shampoing, etc., à l’hindi, tandis que : kangourou, boomerang viennent de l’australien et tabou du polynésien. Au XIXe siècle la quantité de nouveaux anglicismes double par rapport au siècle précédent et au XXe siècle on assiste à une véritable invasion de mots anglais en français. Parmi les anglicismes il y a des vocables pris aurefois au français qui sont revenus, avec quelque changement de sens, là où étaient nés, comme c’est le cas des mots tennis (du français tenez), budget (de bou­gette – petit sac en ancien français), humour (de humeur), etc. Il y a 700 mots emprunté à l’anglais.
L’apport de l’allemand, du néerlandais et des autres langues germa-
niques est moins considérable que celui de l’anglais. Les emprunts à l’allemand n’ont jamais été nombreux (170 mots). Le maximum qui se chiffre à 27 mots a été ateint au XIXe siècle : valse, képi. Outre l’allemand, le français a toujours puisé au vocabulaire néerlandais : les substantifs comme bloc, brique, bière, écran, l’adjectif drôle. Le français possède quelques mots d’origine scandinave, notamment, norvégienne : ski, slalom.
Emprunts au russe et aux langues des minorités nationales. Les langues slaves n’ont pas joué un grand rôle dans l’enrichissement
du lexique français. Le premier mot d’origine russe qui est venu en français au XVIe siècle par l’intermédiaire de l’italien est le mot zibeline. C’est à partir XVIIIe siècle avec l’élargissement des contacts et des rapports cul-
turels et commerciaux entre la France et la Russie que le nombre de mots russes augmente : boyard, steppe, cosaque, isba, samovar, vodka, kvas
(kwas), balalaïka. Beaucoup de mots russes apparaissent en français à l’époque soviétique, il s’agit des soviétismes tels que : soviet, kolkhoz(e), sovkhoz(e). Et le mot spoutnik désignant le premier satellite artificiel de la Terre lancé en 1957 par l’Union Soviétique est entré dans plusieurs langues y compris le en français. Les emprunts aux autres langues slaves
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sont assez rare. Toutefois, on peut citer quelques exemples d’emprunts au polonais : chapska, mazurka, polka et au tchèque : robot, mot créé par K. Čapek pour désigner des travailleurs artificiels.
L’apport fait au vocabulaire du français par les langues des minorités
nationales habitant le territoire de la France est moins considérable. Les emprunts au breton qui sont le plus nombreux : goéland, bijou, joyau, biniou, dolmen, menhir.
5. Adaptation des vocables empruntés au vocabulaire du fran-
çais.
Cette intégration se fait aux niveau phonologique, morphologique,
sémantique et enfin par la formation de dérivés. L’assimilation phonétique implique le déplacement de l’accent sur la dernière syllabe (villa) ou bien la suppression de la voyelle finale non accentuée (can- none – canon).
L’intégration morphologique comprend deux aspects :
l’assimilitation morphématique et l’assimilitation grammaticale. L’assimilitation morphématique signifit que les morphèmes étrangers sont francisés. Cela concerne surtout les affixes finaux, c’est-à-dire les suffixes. Deux cas peuvent se présenter : 1) le français finit par accepter un suffixe étranger en assimilant à son propre système. Tels sont les cas des suffixes italiens « -esque » qu’on rencontre dans les italianismes :
chevaleresque, grotesque, aussi bien que dans des mots de formation
française : livresque, chaplinesque, « -issime » : illustrissime, généralis­sime, du suffixe roman « -ade » qui vient du provençal « -ada » et de l’italien « -ata » : colonnade, mais aussi promenade, baignade. Le suf­fixe flexionnel anglais « -ing » venu avec les mots tels que meeting, jumping. Quant au mot anglais man emprunté avec des anglicismes : barman, cameraman, il commence à fonctionner comme suffixe dans recordman et rugbyman formés en français ; 2) il en est autrement du suffixe anglais « -er » désignant des noms d’agent. Ce morphème est francisé s’assimilant à « -eur » et sert à représenter des noms d’agent ou d’instrument (objet) : speaker, scooter. Dans l’autres cas le morphème« -er » s’assimile à « -aire » : docker, reporter.
L’assimilitation grammaticale signifie que le substantif emprunté
acquiert ou confirme son genre en français, prend la forme française du
pluriel des noms. Dans la plupart des cas le genre des substantifs se
maintient en français, comme cela arrive aux mots venus des langues
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romans et slaves citadella (f) – citadelle (f), colonello (m) – colonel (m), интеллигенция (f) – intelligentsia (f), мазут (f) – mazout (f).
Quant aux noms empruntés à l’anglais qui n’ont pas de genre dans la langue prêteuse ces noms l’acquièrent en français. Le problème est alors de savoir déterminer leur genre. La plupart des anglicismes s’approprient le masculin : un club, un week-end, tous les mots en –ing,
enfin, les mots qui se terminent par consonne : le football, un ticket, un
film, le rock, un meeting. Par contre, le féminin peut apparaître par analogie avec son hyperonyme français. C’est ainsi que jeep acquiert le genre le féminin sous l’influence du mot automobile, c’est l’anglicisme interview est considéré finalement comme un nom du féminin grâce au rapprochement avec son doublet étymologique entrevue. Il est bien na- turel que le féminin s’impose là où le nom emprunté désigne une per- sonne de sexe féminin : une girl, une star. La plupart des substantifs empruntés s’intégrant au français prennent le « s » au pluriel un rails – des rails, une villa – des villas.
L’assimilition sémantique se fait de façon différentes : dans la plu-
part des cas langue emprunteuse n’adopte pas toutes les significations du mot emprunté, mais une ou quelques-unes seulement. On assiste donc à la restriction de la signification du mot emprunté dans la langue emprunteuse. Le mot emprunté peut acquérir des significations nouvelles dans la langue emprunteuse. P.ex., le mot vedette repris à l’italien vedetta – « lieu élévé où on place une sentinelle ». Or ce mot a acquiert d’autres significations en français qui n’ont avec la significa­tion primaire qu’un seul sème commun « lieu, position élevée bien en
vue, de premier plan » pris au sens figuré (en parlant des personnes et des choses).
Enfin, le mot est considéré comme totalement intégré s’il a formé des
dérivés : standart → standardiser → standardisation, ces dérivés se rap­prochent des formations savantes ; stop, boxe, boycott sont formés : stop
→ stopper → stoppeur, -euse, boxe → boxer → boxeur, boycott → boy­cotter → boycottage, ces dérivés se rapprochent des formations populaire.
6. Internationalismes.
On peut considérer les mots dits internationalismes comme une des
conséquence de l’emprunt. Grâce aux emprunts dans plusieurs langues européennes s’est formé un fond lexical commun qu’on appelle interna-
tional et qui conprend des termes techniques des sciences, des arts, etc.
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C’est surtout au latin et au grec ancien qu’on puise ces vocables. A titre d’exemple on pourrait citer les mots et les morphèmes comme linguis- tique, philologie, lexicologie, technique, mathématiques, physique, etc., les suffixes –isme, -iste, -ite, les morphèmes télé-, auto-, phono-, thèque, etc.
Chaque langue fait apport au fond international : l’italien, p.ex., a
fourni des termes d’art (acquarelle, opera, ballet, etc.) ; on a pris à
l’anglais des termes de sport, de cinéma, de commerce (sport, football, film, exporter, chèque, etc.) ; l’arabe a donné des termes des sciences (algèbre, chimie, algorithme) ; d’après les mots russes, enfin, on a calqué planifier et autocritique.
7. Doublets étymologiques et phonétiques.
Dans la langue il existe des doublets étymologiques et phonétiques.
Les doublets étymologiques sont des mots dont les sens est proche de celui de l’étymon (une forme attestée ou reconstituée dont on fait dériver un mot). Ils apparaissent dans la langue à des époques différentes et par des voies différentes. Les doublets étymologiques venus du latin peuvent être d’origine populaire et classique. On distingue en français d’après leur origine trois groupes essentiels de mots : mots d’origine populaire, mots savants et mots d’origine étrangère. C’est aux emprunts au latin que le français doit la plus grande partie de ces doublets : bain – bagne (de l’it.), chanteuse – cantatrice (de l’it.), chevalier – cavalier (de l’it.), oeuvre – op é­ra (de l’it.), chef – cap (du provençal), dame – duègne (de l’esp.), enfant – infant (de l’esp.), noir – nègre (de l’esp. ou portugais), entrevue – interview (de l’angl.), exprès – express (de l’angl.), humeur – humour (de l’angl.). On peut compléter cette liste par quelques paires de mots provenant d’un même étymon arabe et venus en français par des voies différentes : ma­gasin – magazine, moire – mohaire.
Les doublets phonétiques sont des variantes des emprunts surtout
anglais. Dans un cas on s’oriente sur la prononciation de la langue d’origine, dans l’autre on se rélègue sur l’écriture en francisant la pro-
nociation.
ATTENTION! RÉVISION 4
1. Qu’est-ce que c’est que l’emprunt ?
2. Quels types d’emprunts connaissez-vous ?.
3. Quels sont les emprunts aux langues classiques ?
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4. Quels sont les emprunts aux langues orientales ?
5. Quels sont les emprunts aux langues romanes ?
6. Quels sont les emprunts aux langues germaniques ?
7. Quels sont les emprunts au russe et aux langues des minorités
nationales ?
8. Quels sont les voies d’adaptation des vocables empruntés au
vocabulaire du français connaissez-vous ?
9. Qu’est-ce que c’est que les internationalismes ?
10. Parlez des doublets étymologiques et phonétiques.
Тема 5. PHRASÉOLOGIE FRANÇAISE
1. Définition de la phraséologie. Caractéristiques essentielles des
locutions. Problèmes de classification.
2. Le rôle de l’image.
3. Procédés de formation des locutions.
4. Signification phraséologique.
5. Rapports paradigmatiques.
6. Sur les origines des locutions.
1. Définition de la phraséologie. Caractéristiques essentielles des
locutions. Problèmes de classification.
Le terme phraséologie est tiré des mots grecs phràsis, phràseôs
(expression, langage) et logos (discours, doctrine).
On appelle locutions phraséologiques ou locutions tout court, les
groupes de mots plus ou moins figés qui fonctionnent dans le discours comme unités nominales, les mots, ou les propositions et qui sont ca- ractérisés par une transformation sémantique totale ou partielle de leurs éléments (d’après Назарян) : cordon-bleu (cuisinier, cuisinière très habile), dormir à poings fermés (dormir profondément).
Ch. Bally qui fut le premier à étudier la phraséologie française a
proposé de distinguer, selon le degré de leur cohésion, deux types essen-
tiels de groupes de mots : 1) les groupes de mots libres, instables qui se
forment dans le discours et qui sont étudiés dans la grammaire, p.ex., : un bon élève, un exercice difficile, le livre de mon ami, travailler beaucoup, lire un livre, etc. ; 2) les groupes de mots usuels ; « les mots, à force d’être employés ensemble pour l’expression d’une même idée, perdent toute au­tonomie, ne peuvent plus se séparer et n’ont de sens que par leur réunion »
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