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Civilisation française. Практикум

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faire place à qch - освободить, предоставить место
faire partie de qch - составлять часть чего-л.
veine (f) - дарование, вдохновение; направление
aboutir à qch - приводить к
poser les jalons (m, pl) - расставлять вехи
se survivre à qch - сохраниться в
se vouloir - претендовать на
observation (f) - соображение, заметка; наблюдение
receler qch - содержать в себе, таить в себе
finesse (f) - проницательность; остроумие; затаенный смысл
noblesse (f) - возвышенность, благородство
dépeindre qch - описывать, изображать
proche de qch - близкий к
Caractéristiques du théâtre
par Lioudmila RYJOVA
La double appartenance au texte et à la représentation contribue à faire du
théâtre un genre très diversifié. Selon qu'on privilégie l'un ou l'autre de ces deux pôles, on obtient des œuvres très différentes: les deux extrêmes coexistent. Si l'on prend l'exemple du XVIIe siècle, on constate que la comédie se veut alors un art de la représentation, héritier de la commedia dell'arte italienne qui improvisait à partir d'un texte réduit à un canevas. Molière ne dit-il pas, dans l'avertissement «au lecteur» placé en tête de L'Amour médecin, quand il est publié: «On sait bien que les comédies (au sens général de pièce de théâtre) ne sont faites que pour être jouées, et je ne conseille de lire celle-ci qu'aux personnes qui ont des yeux pour découvrir dans la lecture tout le jeu du théâtre»? Au même moment, la tragédie se
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présente avant tout comme un texte poétique, très travaillé littérairement, dont la représentation est inévitablement très statique.
On ne peut nier la nécessité de la représentation. Le texte est une partition qui appelle un interprète. De ce fait, le même texte donne lieu à des interpré­tations différentes, voire opposées. Comment saisir les intentions de l'auteur quand le texte qu'il écrit est toujours prononcé par un personnage et que son in- tervention est réduite aux seules indications des di-dascalies? Par exemple, le Dom Juan de Molière est-il un individu méprisable, pervers et décadent, ou il est le seul être capable de se libérer des entraves de la religion et de la société? Ces interprétations extrêmes ont été données, et l'on n'est pas loin de penser que le
texte les autorise l'une et l'autre sans qu'on puisse honnêtement privilégier l'une des deux. Comme la représentation le destine à un groupe social, à une
communauté, le théâtre prend toutes les dimensions d'une manifestation publique. D'ailleurs, à l'origine, il est lié aux cérémonies religieuses de la cité. Il s'en
dégage ensuite, mais encore maintenant la représentation comporte sa sacra- lisation, avec ses hauts lieux aussi divers que la Comédie-Française, le palais
des Papes à Avignon, la Cartoucherie de Vincennes, ses idoles (acteurs adulés), et ses rites: les trois coups, le lever du rideau, le salut final... Le fait qu'il soit ma­nifestation publique explique l'intérêt que lui ont toujours porté les autorités politiques. Il est subventionné, mais aussi surveillé, et la censure s'est
historiquement plus souvent adressée au théâtre qu'aux autres genres. À certaines époques on l'interdit, à d'autres on s'en sert pour la propagande. Car il devient
facilement une tribune pour l'expression des opinions et des refus. Il n'est pas rare
que les applaudissements, dans une salle, correspondent à une réplique qui, volontairement ou non, fait allusion à un événement d'actualité. Le théâtre est directement lié à la vie de la cité, et on comprend qu'il puisse devenir subversif.
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Vocabulaire:
appartenance (f) à qch - принадлежность к чему-л.
contribuer à qch - способствовать чему-л. privilégier qch - отдавать
предпочтение чему-л.
se vouloir qch - претендовать на что-л.
héritier (m) - наследник
réduire qch - сокращать
canevas (m) - канва; зд.: сюжетная линия
faire allusion à qch - намекать на что-л.
subversif, -ve - разрушительный, ниспровергающий
avertissement (m) - предисловие
partition (f) - зд.: партитура
interprète (m) - интерпретатор
intention (f) - интенция, замысел
intervention (f) - вмешательство
pervers, -e - извращенный, испорченный
entrave (f) - препятствие, помеха
autoriser qn - разрешать, позволять кому-л.
se dégager de qch - освобождаться от; выделяться из чего-л.
sacralisation (f) - зд.: таинство
haut-lieu (m) - центр, средоточие; важное место
aduler qn - льстить, заискивать перед кем-л.; расхваливать,
восторгаться, осыпать похвалами
rite (m) - ритуал, обряд
faire allusion - напоминать
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Le théâtre et son public
Au moyen âges, les traditions du théâtre antique (comédie et tragédie)
s'étaient perdues, et les représentations qu'on peut assimiler au théâtre prirent
deux directions fondamentales: le genre sérieux et religieux avec les mystères, et le genre amusant des farces et soties, originaires des champs de foire. Le point commun de ces spectacles était qu'ils avaient lieu sur la place publique,
lieux scéniques habituels; les façades des maisons pouvaient même servir de décor. Et toute la population était indistinctement conviée.
Au XVIe siècle les représentations se font de plus en plus dans des salles, locaux improvisés. Le public évolue aussi: les grands rassemblements de foules accourant aux mystères et farces cèdent la place à un public plus
sélectionné. Une des confirmations de cette inéluctable évolution est l'inter- diction des mystères par le parlement: on considère qu'ils troublent l'ordre public.
Au début du XVIIe siècle, la France accuse un retard par rapport à d'autres pays européens comme l'Angleterre et l'Italie: elle ne possède pas encore de salles spécialisées destinées aux représentations théâtrales, mis à part l'hôtel de Bourgogne où ne sont mis en scène que les genres médiévaux parce qu'il appartient à une confrérie religieuse.
A partir de 1630, grâce au mécénat de Richelieu, le spectacle théâtral peut enfin disposer de salles et de troupes fixes. À l'hôtel de Bourgogne s'installe la troupe du Roi, puis en 1634 une autre compagnie se fixe au théâtre du Marais. À Paris se créent donc enfin des lieux et un public permanents. Ailleurs, le
théâtre ambulant circule dans les campagnes et les villes, et des mécènes
locaux accueillent des troupes et commandent des spectacles (Molière et le prince de Conti). Mais les comédiens sont toujours considérés comme des
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parias et l'Église continue à les rejeter (pris par la dévotion, le prince de Conti chasse Molière).
Les théâtres construits au XVIIIe et au XIXe sont le reflet d'une organisation sociale où le spectateur s'offre lui-même en spectacle ; les loges reçoivent les grands, et le parterre est relégué sur les hauteurs. Au XXe siècle,
les efforts sont nombreux pour rendre le théâtre plus populaire: éducation scolaire, subventions municipales, régionales, nationales, création de salles
«démocratiques», tout cela permet de drainer un public plus nombreux. Mais il reste encore beaucoup à faire...
Vocabulaire:
assimiler à qch - уподобить к чему-л.
prendre direction - принять направление
farce (f) - фарс, проделка, шутка
sotie или sottie (f) - сотищ (средневековая сатирическая пьеса)
originaire de - происходящий, вытекающий из...; родом из ...
champs de foire (m) - ярмарочная, базарная площадь
servir de qch - служить чем-либо
indistinctement - нечетко, неотчётливо; безразлично
rassemblement (m) - скопление, сборище;
convié, conviée - приглашенный, -ая, -ое
сосредоточение foule (f) - толпа
accourir à qch - спешить, торопиться на
mystère (m) - таинство; мистерия (вид средневекового
западноевропейского религиозного представления: вольные, обычно стихотворные инсценировки библейских эпизодов, разыгрывавшихся на площади во время религиозных празднеств)
céder la place à qn, à qch - уступать место кому-л., чему-л.
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public (m) - публика, зрители
confirmation (f) - подтверждение
inéluctable - неотвратимый, неизбежный
évolution (f) - развитие, изменение
interdiction (f) - запрещение, запрет; оградительный знак
troubler qch - нарушать спокойствие, порядок; баламутить,
будоражить, дезорганизовывать
l'ordre public - общественный порядок
accuser un retard - признавать отставание (запаздывание)
mettre en scène - ставить на сцене
les genres (m) médiévaux - средневековые жанры
confrérie (f) religieuse - религиозное братство
le théâtre ambulant - бродячий театр
mécénat (m) - меценатство
mécène (m) - меценат
local, -e (m, pl.: locaux) -местный
accueillir - собирать
commander des spectacles - заказывать спектакли
paria (m) - пария ; бесправный
dévotion (f) - набожность, благочестие
reflet (m) - отражение
s'offrir - предложить себя, вызваться
loge (f) - ложа
parterre (m) - партер (в театре 16-17 вв. - стоячие места перед сценой,
предназначенные для зрителей низших классов); амфитеатр
être relégué sur qch - быть отнесенным, отодвинутым на что-либо.
rendre qch plus populaire - делать что-либо более народным
(популярным)
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éducation (f) scolaire - система воспитания в школе,
subvention (f) municipales - субсидии (дотации) городских властей
drainer qch - привлекать к себе; захватывать что-то; выкачивать
Le théâtre français d'aujourd'hui
par Patrick BORDES,
comédien français
Le comedien que je suis, va vous donner en quelques mots sa vision du théâtre. Mais avant, je vous propose un petit historique du théâtre en France dans les trente dernières années. Le théâtre dit «bourgeois», assez conventionnel, a longtemps été le seul à être joué dans les provinces françaises. Il a fallu attendre les travaux grandioses de Jean Vilar, créateur du festival d'Avignon, et de ses cadets, comme Alain Planchón, qui ont œuvré pour créer un théâtre populaire, plus proche d'un nouveau public. Cette période, située dans les années 1960, a coïncidé avec la création des Maisons de la Jeunesse et de la Culture (les fameuses MJC), initiées par M. André Malraux, premier ministre de la culture sous la présidence du général de Gaulle. La culture, et le théâtre en particulier, se démocratisaient.
Dans les années 1970, une autre mode de popularisation du théâtre sera amenée avec le café théâtre. Ces cafés deviendront plus tard un style de théâtre. Suite à cette nouvelle forme de théâtre, nous avons connu bon nombre de comédiens talentueux dont Coluche, Patrick Dewaere, Miou Miou, Gérard Depardieu, Gérard Lanvin, Anémone, Gérard Jugnot, Josiane Balasko entre autre.
En France aujourd'hui, il y a deux branches principales de productions théâtrales: le théâtre subventionné et le théâtre privé. Dans la première branche, la Comédie­Française et le Théâtre de l'Odéon sont les seules maisons où les artistes sont des
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fonctionnaires payés par l'État qu'ils jouent ou ne jouent pas. Nous pouvons parler de troupes, comme elles peuvent exister en Russie, je crois. Il existe également des Centres Dramatiques Nationaux (CDN) qui reçoivent des subventions publiques de la région, du département ou encore des collectivités territoriales. Ils sont implantés dans les gran­des et moyennes villes de France. Dans ces théâtres, les artistes sont rémunérés aux jours travaillés. Une création dans un CDN varie le plus souvent entre huit et vingt représentations. Ils existent bien des tournées mais il est rare qu'un spectacle créé dans un CDN ne dépasse les 150 représentations au niveau national. Certains théâtres subventionnés ont une politique qui fait la part belle aux dramaturges contemporains, à la recherche dramaturgique. Je trouve cela très bien.
En revanche, pour l'autre branche des théâtres privés, il n'en va pas de même. Un producteur, un directeur de théâtre privé qui veut rentrer dans ses
frais doit rentabiliser un spectacle par un nombre important de représentations. Certains spectacles privés peuvent être à l'affiche plusieurs années. La gestion
n'est pas la même et le directeur ou programmateur favorise le plus souvent des spectacles comiques à des drames et prendra, dans certain cas, un risque
plus important sur un voire deux spectacles durant sa saison. Dans cette branche
des théâtres privés, il existe également une autre branche composée par des compagnies théâtrales. Elles sont d'un nombre très important en France. C'est une branche un peu hybride puisque certaines compagnies sont subventionnées soit par la région, soit par le département ou la municipalité d'accueil où se
produit cette compagnie, les autres, en plus grands nombres, ne le sont pas. Une compagnie de théâtre non subventionnée doit, si elle veut vivre de son métier,
diversifier ses pratiques. Souvent, elle crée des ateliers de théâtre pour enfants,
adolescents et adultes. Elle essaye de travailler dans l'événementiel et le théâtre en entreprise. Je connais une compagnie, avec qui j'ai travaillé, qui est obligée
de dispenser toutes ces activités si elle ne veut pas mourir. Cette compagnie s'appelle Imaginaction. En plus de ces ateliers théâtre, elle crée des événements
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improvisés, des spectacles en appartement, produit une création artistique tous les ans, et s'occupe de l'organisation d'un festival d'été.
Je vis à Paris et exerce mon métier de comédien depuis 18 ans. J'ai régulièrement travaillé dans différentes compagnies les dix premières années. Puis j'ai eu d'autres activités, pour poursuivre mon métier de comédien et avoir les ressources nécessaires de le continuer. A ce titre, je donne des cours de français pour étrangers, depuis quatre ans, sous forme d'atelier théâtre, atelier de conversation. Je vais travailler bientôt l'improvisation avec des juniors, des enfants de 10 à 12 ans, pour les sensibiliser aux matches d'improvisation. Je suis
actuellement lecteur pour une vieille femme presque aveugle. Il m'arrive de
faire des chantiers de peintures ou d'électricité, mais c'est plutôt rare. Malgré un régime d'intermittent du spectacle, menacé depuis trois ans, je suis obligé d'une manière ou d'une autre de faire des extras. Dans mon parcours théâtrale, le fil rouge de mon travail se situe dans le rire et les différentes déclinaisons de la comédie: humoristique, ironique, provocante, grinçante, farcesque, masquée de la Comédia Dell' Arte.
Je suis allé de Jean Genêt à Sacha Guitry, de Molière à Max Frish, auxquels s'ajoutent toutes les créations que j'ai pu honorées. Le travail ne venant pas à moi, je me suis mis à écrire. Nous avons co-écrit une pièce avec un ami comédien que nous avons jouée et produite l'an passé. J'aime à explorer toutes les formes de théâtre, par nécessité, je suppose. Si je jouais cent à deux cents fois par an, je verrais peut être les choses différemment. J'ai travaillé en animation théâtrale dans des trains, dans des parcs, dans des villes, des festivals, des mairies avec des personnages thématiques aux contacts de la population. Je me suis lancé avec une bande d'étudiants dans la construction du café poétique. Comme son nom l'indique, nous nous produisions dans des cafés. J'ai fait de
l'improvisation dans des cabarets et du théâtre en appartement. Malgré toutes
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ces expériences, je suis encore dans l'underground. J'aspire à respirer «un air»
meilleur.
J'ai travaillé une fois dans un théâtre subventionné. Je sais ce que veut dire travailler dans de bonnes conditions et j'y ai pris goût. Le théâtre à Paris, pour le comédien que je suis, est un métier difficile. Le travail est loin de courir les rues. Mais nous sommes d'une culture jacobine où tout est centralisé. Si vous n'êtes pas dans les bons réseaux, vous galérez.
Le travail se fait lors de rencontre et souvent de bouche à oreille. Le théâtre à Paris et même en France se passe en famille. Il faut connaître une personne de la famille pour être présenté. Vous avez les familles que j'appelle officielle co­médie française, théâtre subventionné, et celles qui sont plus adeptes des che­mins de traverses. Je fais partie de cette dernière.
J'ai longtemps cru que seul mon travail devait compter. Je joue, je me montre, je plais ou je déplais. Non, ce n'est pas suffisant. A moins, peut-être, de
brûler les planches et d'être génial, cela ne suffit pas. Vous devez savoir vous vendre. Vous devez avoir une stratégie bien au point. Je me sens assez mal dans
ces univers ressentis comme calculateurs. La frontière est vraisemblablement mince entre l'envie sincère et la prostitution dans ce métier. Mais en fait tout
n'est que jeu, alors jouons. Comme je vous l'ai dit, j'ai commencé à écrire et
compte bien continuer vers une orientation spectacle de cabaret, de music hall. L'envie me prend de travailler un personnage clownesque et de vivre avec lui sur la durée, avec les transformations que je et qu`il me procurera. Je pense plus précisément à un savant déconnecté du monde, un savant dans son monde. Je le
vois faire des conférences dans sa maison. Aujourd`hui, je me sens dans une bonne phase de création, profitonsen. J'ai la chance et le mérite, bien sûr, de travailler sur une création théâtrale où je vais jouer un personnage de savant conférencier pour la saison prochaine d`une part et d`autre part, sur un festival d`été où je vais pouvoir tester mon personnage de savant très étrange dans une