Добавил:
ivanov666
Опубликованный материал нарушает ваши авторские права? Сообщите нам.
Вуз:
Предмет:
Файл:Civilisation française. Практикум
.pdf
31
provençal. Les termes de langue d'oc et de langue d'oïl proviennent de ce que oïl
était oui au Nord, et oc était oui au Sud.
XIVe-XVe siècles. Le moyen français
À partir de la fin du XIIIe siècle, la «langue du roi» est mieux reconnue et
devient une langue de prestige. Mais la France reste un pays bilingue. Aux XIVeXVe siècles, c'est la période des humanistes: sous l'influence de la Renaissance
italienne, on assiste par rapport au latin à un renouvellement et un développement
considérable du français. Sous l'effet de bouleversements majeurs (Guerre de
Cent ans) et aussi d'évolutions internes, cette langue se transforme rapidement.
Proche à l'origine de ses sœurs latines, italien et espagnol, elle s'en éloigne,
devient plus savante. Son écriture garde les lettres muettes de l'époque
précédente, qui ne sont plus prononcées. Les anciennes déclinaisons
disparaissent, l'ordre des mots change, la cor li roi devient la cour du roi, Dieu,
en cui nom, devient Dieu, au nom de qui. Le vocabulaire s'enrichit avec des
formes venues directement du latin, comme indubitable, rotule, captif, etc. Il présente depuis, jusqu'à nos jours, ce double caractère à la fois populaire et savant
que l'on retrouve dans l'ensemble de la langue. Vieux latin et germanique a été à
plusieurs reprises renouvelé par les emprunts, des remaniements et des
doublets. C'est avant tout par la traduction à partir du latin que se répandent les
ouvrages en langue française nécessaires au développement de la nouvelle
culture.
XVIe siècle. La Renaissance
Avec l'invention de l'imprimerie, et surtout à partir de la Renaissance, la
question de la fixation de la Langue du roi se pose encore plus fortement. Il faut
écrire les lois, traduire la Bible, et les partisans du protestantisme, souvent des
artisans et des gens des villes, vont faire beaucoup à cet égard.

32
Les interventions royales bannissent le latin en faveur du français dans les
arrêts de justice: ordonnances successives de 1490, 1510, et enfin de 1539, avec
le célèbre édit de Villers-Cotterêts, qui entérine en bonne part une situation déjà
existante. C'est aussi l'âge d'or des grands dictionnaires avec le Dictionnaire
françois latin de R. Estienne, 1539 et 1540, le Trésor de la langue française de
Nicot, 1606, etc.
La Renaissance est de loin l'époque qui a connu la plus grande richesse
lexicale, due aux emprunts au latin et surtout à l'italien (près de 1 000 mots). On
publie des Arts poétiques, des grammaires. On prend la défense du français
contre les langues anciennes (Dejfence et illustration de la langue françoyse,
1549, de Joachim du Bellay). Ronsard et la Pléiade prennent la tête d'une vaste
campagne en faveur du renouvellement de la langue et surtout de l'orthographe,
et ils connaissent le plus grand succès.
XVIIe siècle. Le français classique
Au XVIIe siècle, les questions de langage passionnent non seulement la Cour
et la «Ville» (de Paris), mais de larges couches provinciales. Faut-il dire sarpe ou
serpe, doleur ou douleur? On blâme des tournures comme je le vous porterai
demain [pour je vous le porterai], ou je ne le veux pas faire [pour je ne veux pas
le faire]. Richelieu crée l'imprimerie royale (1640) et surtout l'Académie
française (1635), chargée de faire un dictionnaire (lequel paraîtra seulement en
1694) et de prendre soin de la langue. Vers 1650 se forme dans les salons une
intense vie mondaine, M
me
de Rambouillet et les «Précieuses» veulent être des
«femmes savantes». Elles introduisent des façons de parler en partie ridicules,
mais d'autres légitimes et qui nous sont restées. Elles veulent faire la loi, y
compris sur le terrain de l'orthographe (Dictionnaire des Précieuses). Elles
demandent une écriture simple, car elles ne connaissent pas le latin.

33
Avec le règne personnel de Louis XIV se fait jour une nouvelle
«Renaissance» des lettres, des arts, de l'imprimerie française, et la langue en
bénéficie. Les premiers dictionnaires entièrement français de Richelet (1680),
Furetière (1690), l'Académie (1694) contribuent à répandre le «beau langage».
XVIIIe siècle. Le Siècle des Lumières
A la période suivante, l'enseignement du français se développe. A côté d'une
certaine préciosité des milieux mondains, apparait avec l'extension de la presse
une prose nerveuse et incisive, qui s'affirmera chez les Philosophes et surtout
dans l'Encyclopédie. L'Académie, elle aussi, innovera constamment au XVIII
e
siècle. Elle modifie plusieurs milliers de mots dans ses éditions de 1740,1762et
1798, abandonnant «l'ancienne orthographe» et mettant en place celle qui est
devenue à présent. Elle supprime les consonnes muettes du type bled/blé,
crud/cru, apprentif/apprenti, verrouil/ verrou, fruict/fruit, et tous les s muets
internes qui servaient à noter les différentes voyelles. Elle met en place pour les
remplacer un système complet d'accentuation, accents aigus, graves et
circonflexes. Le français est devenu une grande langue diplomatique
internationale, parlée dans toutes les cour des rois et les ambassades. Voltaire est
invité chez Frédéric II de Prusse, Diderot à Saint-Pétersbourg par la grande
Catherine de Russie. On prend conscience du prestige ainsi acquis, ce qui ne
manque pas d'amener un certain sentiment de supériorité. Ainsi, en 1784, le prix
de l'Académie de Berlin est donné à Rivarol pour son discours sur l'universalité
de la langue française, où il soutient la thèse d'une perfection de forme propre à la
langue française, grâce à sa clarté et sa rationalité.
XIXe siècle. Révolution, Empire. Le français moderne
Vers la fin du XVIIIe siècle vient l'époque agitée de la Révolution. Sur le
plan du vocabulaire, les mots comme gabelle, dîme, sé-néclwussée, bailliage,

34
vont disparaître et faire place à de nouveaux termes, politiques, sociaux, institutionnels. On abolit les noms de titres (prince, sire, duc, et même Monsieur,
remplacé par Citoyen). On instaure le tutoiement public. La syntaxe évolue
également. Mais à la Révolution, une grande partie de la population sur l'ensemble du territoire comprend le français mais ne l'écrit pas et un habitant sur
quatre, surtout dans les campagnes, ne parle que le patois ou la langue régionale.
Au début, tous les textes publics sont traduits dans le diverses provinces. Puis un
retournement se fait, et la politique de la langue devient plus centralisatrice
(Rapports de Barrère et de Grégoire, 1794). Les émigrés français maintiennent au
dehors des usages désuets, créant ainsi une coupure avec l'évolution interne (on
prononce à l'étranger j'avoes pour j'avois, j'avais en France.
Sous l'Empire, il y aura dans les lycées un retour au latin, avec un grand
développement des sciences et des mathématiques. L'Académie est restaurée dans
tous ses droits par Louis XVIII en 1816, et publie une édition nouvelle de son
dictionnaire en 1835, une autre en 1878, avec des modifications non négligeables.
Le français se dote de l'armature nécessaire aux nouveaux impératifs d'une
éducation étendue (loi Guizot, 1832-1834). Les dictionnaires se font de plus en
plus gros: Larousse, Grand dictionnaire universel en 17 volumes, 1865, puis le
Dictionnaire de la langue française de Littré, 1872.Sous Louis-Philippe, à coté
des mots du romantisme, les sciences et les inventions répandent aussi dans
l'usage des systèmes entiers de nouvelles nomenclatures, postes, chemin de fer,
navigation à vapeur, télégraphe, etc.
Sous le second Empire, c'est le monde de la presse, des affaires, de la
publicité qui multiplie les néo-logismes et les termes de vulgarisation
scientifique. Les anglicismes pénètrent dans les domaines de la mode, de la
politique et des sports. La langue populaire et l'argot commencent à avoir droit de
cité en littérature (Chanson des Gueux de Richepin, 1876). Les lois de Jules Ferry
sur l'Enseignement obligatoire (1882-1885) donnent à l'État des obligations

35
considérables, celles d'apprendre à lire et à écrire le français à l'ensemble de la
population.
XXe siècle. Le français contemporain
Les progrès de l'instruction publique ont pour effet une meilleure
connaissance générale de la langue, l'évolution de la société fait que chaque
citoyen a besoin de bien la maitriser pour défendre et exercer ses droits dans la
vie quotidienne; Les questions linguistiques prennent ainsi une importance
accrue. Ces derniers temps, la langue orale semble reprendre plus que jamais sa
marche en avant. Les tron-cations de mots se multiplient, métro, Vel d'hiv, Caf
conç', accu, ciné. Les mots s'usent vite /3 a fait place à hippy; épatant, mini-,
tnaxi-, font place à sensas', formid'; elle est belle devient elle est «trop», etc. Le
domaine des dictionnaires s'enrichit sans cesse. Les médias diffusent en
permanence dans le public de nouveaux vocabulaires (sports, cinéma, économie,
sciences). Mais inversement, leur influence a tendance à unifier et à normaliser
les différentes façons de parler. Une langue a besoin pour se maintenir de se
renouveler, elle a également besoin d'être fixée. Il y a aussi l'influence de l'angloaméricain, dont le rôle croissant en tant que la langue de communication in-
ternationale ne signifie pas pour autant un recul des langues nationales, qui peu-
vent et doivent coexister et prospérer. Diverses émissions de radio et de télévision contribuent également à faire connaître au public le dispositif
d'enrichissement de la langue française. Les façons de parler le français sont
enfin de plus en plus diversifiées, à travers toute la société et tous l'ensemble de
la francophonie, DOM-TOM, Québec, Afrique.
Pour la première fois dans l'histoire des Jeux Olympiques, l'Organisation
internationale de la Francophonie (OIF), forte de ses 68 États membres, a signé le
26 novembre 2007 avec le Comité d'organisation chinois «une convention pour

36
promouvoir le français aux Jeux Olympiques de Pékin», qui prévoit une série
d'actions concrètes pour y renforcer la place du français:
• mise à disposition de traducteurs francophones, traduction de la plate-
forme officielle d'information, réalisation d'une signalétique en français,
traduction de publications
• destinées au public, comme le guide du spectateur, ou encore formation au
français des volontaires chinois.
L'influence du français dans le monde ne se limite pas à son expansion hors
de France, c'est-à-dire à la francophonie; il ne se mesure pas seulement en
nombre de locuteurs du français langue maternelle ou langue seconde. C'est aussi
la contribution du français à l'enrichissement lexical d'autres langues. Des
domaines attendus, ceux de la cuisine et de la gastronomie ou de l'habillement
sont bien représentés: apéritif, dessert, Champagne, bonbon ont pénétré l'italien,
l'allemand, l'anglais; le croissant est international; potage est passé en italien, en
catalan, en espagnol, en portugais, en breton. L'anglais a hérité de nombreux mots
français. La jelly délicatement teintée de vert par la menthe et qui agrémentait les
sangliers d'Astérix chez les Bretons est une version colorée de la gelée. Quant au
porridge gris-brun, qui consolide les petits déjeuners anglais, c'est un potage de
flocons d'avoine.
Beaucoup de termes français du domaine militaire sont passés dans plusieurs
autres langues, alors que le français a hérité de nombreux mots franciques (dard,
épieu, guetter, blesser, meurtrir, flèche ...).
L'anglais se montre accueillant et riche, depuis fort longtemps, en
expressions françaises. Il a hérité du français, on le sait, la moitié de son
vocabulaire. En particulier un certain nombre de mots concernant le voyage:
l'anglais voyage, to travel «voyager» qui vient de travailler (alliant labeur et
loisir); journey est le français journée; trip est issu d'un ancien français treper
«marcher, piétiner»; tour (utilisé dans le franglais tour opera-tor) est le français

37
tour. Juste retour des choses, car touriste et tourisme sont anglais. Dans le
vocabulaire courant, d'abord, où abondent les déjà vu ou mal vu, les par
excellence, les soi-disant, les faux-pas, les tours de force, les vis à vis ou les
raisons d'être. Les échanges des mots entre langues voisines en contact est une
règle sans exception.
Bibliographie:
Rapport au Parlement sur l'emploi de la langue française. Synthèse 2007.
Langue française et diversité. Délégation générale à la langue française et
aux langues de France. Bilan 07.
Nina CATACH La langue française à travers les âges.
Marie-José BROCHARD Le français en voyage.
Le français dans les institutions européennes. Bruxelles. 2007.
Vocabulaire:
сohésion (f) sociale - социальное сплочение
francophone - франкоязычный
en vertu de la Constitution - на основании Конституции
vade-mecum (m) - карманный справочник, путеводитель
abus (m) - злоупотребление
colloque (m) - коллоквиум, семинар
langue (f) véhiculaire - язык межнационального общения
vigilance (f) - бдительность
évangélisation (f) - проповедование евангелия
Cicéron et de Virgile - античные поэты - философы Цицерон и
Вергилий
bilingue - двуязычный
emprunts (m) pl - заимствования

38
remaniements (m) pl - переделки
doublets (m) pl - дублеты
bannir - удалять, устранять
la Pléiade - собрание поэтов XVI в.
milieux (m) pl mondains - светские круги
tutoiement (m) - обращение на ты
flocons d'avoine - овсяные хлопья
Le théâtre à travers les siècles (XVe-XVIIe siècles)
Le théâtre au XVI
Les formes moyenâgeuses survivent jusqu'au milieu du siècle puis le
mystère est interdit, et la farce décline. L'Antiquité fournit alors les modèles
de deux formes qui vont bientôt dominer la production théâtrale: la comédie (à
l'imitation surtout des Latins Plaute et Térence) et la tragédie (s'inspirant du
Grec Euripide et du Latin Sénèque).
La comédie met en scène des personnages du commun, dont on respecte
le langage familier et dont les aventures n'excluent pas les situations grivoises
(Les Contents, d'Odet de Turnèbe). Au contraire, la tragédie représente des êtres
hors du commun: les événements y sont rares, l'essentiel consiste en un
discours poétique célébrant la valeur et les malheurs du héros, et le caractère
e
siècle
inexorable du destin (première tragédie: la Cléopâtre captive de Jodelle, en
1553).

39
Le théâtre au XVII
e
siècle
La tragi-comédie baroque (les œuvres de Rotrou) multiplie les péripéties,
mêle les tons, représente sur scène les comportements passionnels: langage
cru, sensualité et cruauté, sang et meurtres. Le théâtre classique réagit par la
reprise rigoureuse de la distinction entre les deux genres, la tragédie et la
comédie, et instaure la règle des unités. Corneille écrit des comédies, puis
surtout des tragédies, qui évoluent du baroque (L'Illusion comique) au respect
de l'esthétique classique (dès Horace, en 1640). Les tragédies de Racine sont
considérées comme le modèle du classicisme. Molière s'offre volontiers des
libertés: Dom Juan ne respecte aucune des trois unités.
Les scènes du XVIIe siècle accueillent aussi des comédies qui font place à
la musique et à la danse: les comédies-ballets. Héritières des ballets de cour,
elles sont d'abord un spectacle réservé à la cour royale, avant d'être présentées
au public parisien. Musique, danse et chant s'ajoutent aux dialogues pour créer
un spectacle complet. Le Bourgeois gentilhomme fait partie de cette veine qui
aboutira à l'Opéra Comique et qui pose les jalons de la comédie musicale.
Le théâtre au XVIII
e
siècle
La tragédie classique se survit à elle-même, mais avec plus de pathétique,
des mises en scène grandioses. Voltaire se veut le continuateur de Racine et de
Corneille.
La comédie a deux illustres représentants, Marivaux et Beaumarchais: ils
ne transforment pas le genre, mais leurs observations de la société et de la
psychologie humaine recèlent beaucoup de finesse. La grande nouveauté, c'est
le drame: il renonce aux règles classiques, à la versification, à la noblesse du
sujet, pour dépeindre des situations qui se veulent réalistes et proches de
préoccupations du spectateur bourgeois. Diderot est le théoricien de ce nou

40
veau genre, et écrit lui-même deux drames (Le Fils naturel; Le Père de famille)
qui rencontrent un certain succès.
Vocabulaire:
moyenâgeux, -se - средневековый
survivre qch - пережить
interdire qch - запрещать
décliner qch - идти к упадку, ослабевать
Antiquité (f) - античность
fournir qch - предоставлять
les personnages du commun - обычные люди, простонародье
respecter qch - уважать; соблюдать
langage (m) familier - разговорный язык
exclure qch - исключать
grivois, - se - вольный, игривый
hors du commun - незаурядный, выдающийся
inexorable - неумолимый, непреклонный, без жалостный
destin (m) - судьба
multiplier - преумножать
péripétie (f) - перипетия (неожиданное обстоятельство, вызывающее
осложнения; неожиданная перемена в каком-то деле, в жизни)
passionnel, -le - внушенный страстью, любовный
cru, -е - резкий, грубый, необработанный
sensualité (f) - чувственность; похотливость
cruauté (f) - жестокость, бесчеловечность
meurtre (m) - убийство; преступление
rigoureux, -se - строгий; точный, пунктуальный; неукоснительный
instaurer qch - устраивать, учреждать; основывать
Соседние файлы в предмете [НЕСОРТИРОВАННОЕ]
