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ivanov666
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Файл:Civilisation française. Практикум
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dans le monde des adolescents. Comme l'a dit André Gide, «on ne fait pas de
bonne littérature avec de bons sentiments». Et puis la jeunesse est un bon
argument commercial. Le matin, René Julliard décide de publier Bonjour
tristesse et appelle la jeune fille lui demander le droit de l'éditer. Une
domestique répond qu'elle dort et ne sortira du sommeil que vers midi. À 13
heures, rendez-vous est pris pour la fin de l'après-midi. Mais, comme Françoise
est mineure - la majorité est alors fixée à l'âge de 21 ans - elle arrive avec son
père, qui signe le contrat. Lé 17 janvier, elle sort de chez Julliard avec un
chèque de 50 000 francs dans la poche de son manteau. Onze jours seulement se
sont écoulés depuis qu'elle a déposé son manuscrit.
Lorsqu'elle rentre chez elle, boulevard Malesherbes, le dîner est largement
entamé. Toute à son excitation, Kiki annonce la nouvelle et sort le fameux
chèque. Sa mère est exaspérée, mais sait garder son calme: «Si au moins ça
pouvait t'obliger à te coiffer», lan-ce-t-elle. «Et va te laver les mains avant de
passer à table...». Quand à son père, il n'est pas convaincu que dans leur milieu
de la bourgeoisie parisienne le roman soit bien accueilli. Il demande alors à
Kiki de se trouver «un nom de plume», ce qui veut dire un pseudonyme. Un jeu
d'enfant. Françoise se cherche alors un nom bien simple, elle feuillette un
volume de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust et opte pour celui
du prince et de la princesse Sagan. Et c'est ainsi que Mm Quoirez signe d'un
nom proustien son premier roman au titre emprunté à Éluard: «Bonjour
tristesse, / Amour des corps aimables, /Puissance de l'amour, / Dont l'amabilité
surgit, / Comme un monstre sans corps, / Tête désappointée, / Tristesse beau
visage.» Et c'est ainsi que naît une nouvelle princesse des lettres - Françoise
Sagan.

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«Cette jeune fille est de bonne famille, la famille des grands écrivains.»
Le 15 mars sort, tiré à 3 000 exemplaires, Bonjour tristesse. Ce récit séduit
le public et est accueilli comme le manifeste d'une génération oisive et
désespérée. Ceux qui relisent le roman aujourd'hui vont bien s'étonner: ce qui a
été jugé audacieux à l'époque paraît bien désuet au début du XXIe siècle. Mais
en 1954, très vite, la rumeur se propage: cachée derrière un pseudonyme, une
jeune fille de bonne famille aurait écrit un roman cynique dans lequel une
lycéenne sortirait avec un garçon sans projet de mariage, sans même être
amoureuse. L'éveilà l'amour d'une adolescente choque, fascine, repousse,
scandalise. N'oublions pas qu'en France des années 1950, les familles se
cramponnent toujours au code ancien: pas d'amour sans mariage. Le divorce
est quasiment impossible. Le mariage est arrangé. L'avortement est interdit. Les
filles restent tenues par les impératifs religieux, par les principes rigides que les
mères leur inculquent. Le scandale de Bonjour tristesse ne s'explique pas sans
cet environnement pessimiste. La morale de l'histoire, c'est qu'il n'y en a pas.
Tout le monde parle de l'immoralité de l'amour libre. Mais pourquoi le lecteur
n'est-il pas scandalisé par le cynisme d'une adolescente bien élevée, qui, la tête
froide, monte un complot bien réfléchi pour terrasser celle qui dérange sa vie
ensoleillée, pour la conduire progressivement au désespoir et qui en mourra
finalement? Cinquante ans après, en 2003, Françoise Sagan en reparlera dans sa
dernière interview à L'Express: «Pour moi, le scandale dans cette histoire,
c'était qu'un personnage puisse amener par égoïsme quelqu'un à se tuer. Pour
nombre de lecteurs, ce n'était pas cela qui était le plus choquant...». Quoi qu'il
en soit, le succès est immédiat, la première édition est épuisée en quelques
jours. En mars, il faut la réimprimer. Le roman qu'on juge «amoral» apparaît
comme une nouvelle «éducation sentimentale» et reçoit le prix des Critiques alors aussi prestigieux que le prix Goncourt - décerné par un jury composé de
quelques grands noms de la littérature. La lauréate est trop jeune pour toucher le

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chèque de 100 000 francs. On les lui verse en espèces. Le succès foudroyant du
livre est une bénédiction pour la jeune fille. «Parce que je m'étais jurée
d'envahir cette ville et d'y connaître les soleils et la gloire», racontera-t-elle 30
ans plus tard dans Derrière l'épaule. Mais ce succès la laisse interdite. Elle ne
sait pas répondre aux journalistes qui viennent la pourchasser, elle ne sait pas
jouer à la vedette. «Je me suis rêvée être écrivain dès que j'ai commencé à lire,
confiait Françoise Sagan au Monde en 1984, trente ans après Bonjour tristesse.
Après le bac, je m'ennuyais. J'ai commencé à écrire Bonjour tristesse dans les
bistrots. Je l'ai terminé, envoyé à des éditeurs. Julliard l'a accepté. Il y a eu
l'article de Mauriac, Le Prix des Critiques, et tout a commencé... un succès
gigantesque, disproportionné. Ce n'est pas de la mauvaise littérature, c'est du
travail honnête. Mais je sais lire. J'ai lu Proust, j'ai lu Stendhal...». Tout cela
était dit sans amertume. Bonjour tristesse contient déjà tous les thèmes chers à
Françoise Sagan: la vie facile, les voitures rapides, les villas bourgeoises, le
soleil, un mélange de cynisme, de sensualité, d'indifférence et d'oisiveté. Le 1er
juin, c'est jour de gloire. A la une du Figaro, François Mauriac, le grand
écrivain français, prix Nobel de littérature, publie un article resté célèbre, Le
Dernier prix: «[...] Voici ce Prix des Critiques décerné la semaine dernière à un
charmant monstre de dix-huit ans... Le mérite littéraire y éclate dès la première
page et n'est pas discutable. Ce livre a toute l'aisance, toute l'audace de la
jeunesse sans en avoir la moindre vulgarité. De toute évidence, mademoiselle
Sagan n'est en rien responsable du vacarme qu'elle déclenche, et on peut dire
qu'un nouvel auteur nous est né.» Mauriac voit en petite Sagan l'allégorie d'une
génération qui est en train de bouleverser les lois de la famille, du couple et de
l'amour.
«Le charmant monstre» ne répond pas à François Mauriac: Françoise,
stupéfaite de donner lieu à un tel vacarme, ne s'appartient déjà plus. Elle est
l'événement de l'année. La renommée scandaleuse de Sagan se répand comme

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une traînée de poudre. Le Vatican met à l'index ce «poison qui doit être tenu à
l'écart des lèvres de la jeunesse». Le scandale fait vendre: les ventes s'affolent.
Imprimé à 4 500 exemplaires, son roman vit au rythme des réimpressions, de
plus en plus vertigineuses. A la fin de l'année 1954, René Tulliard fait ses
comptes: 500 000 exemplaires vendus, 11,4 kilos de coupures de presse, des
traductions dans vingt langues. C'est le premier best-seller d'après-guerre.
Quand l'été arrive, la jeune romancière fait une entrée fracassante dans le
monde de l'édition et devient un mythe littéraire. Les étrangers achètent les
droits, traduisent, publient. Françoise devient un produit d'exportation. La jeune
star littéraire est ahurie tant par la gloire que par l'argent qui l'accompagne. Elle
ne s'y attendait pas: «Mes parents supportaient plus ou moins les échos de ma
gloire et regardaient cette boule de neige se transformer en une avalanche à
laquelle je me sentais incapable d'échapper.» Elle refuse de prendre tout cela au
sérieux. Elle a écrit son roman sur un petit cahier bleu d'écolier (elle a tapé le
texte à la machine,d'un doigt, pour le présenter à l'éditeur) pour le plaisir et le
bonheur d'écrire. On l'a publié, il l'a rendue célèbre. Est-ce le jeu du hasard? Ou
de la vraie littérature? Plus tard,bien plus tard, elle analysera le succès de ce
premier roman: «Ce livre respire l'aisance, le naturel et toute l'habileté
inconsciente que donnent la fin de l'enfance et les premières brûlures de
l'adolescence: il est rapide, heureux et bienécrit. Bonjour Tristesse est un livre
qu'on peut lire sans ennui et sans déchéance.»
Vocabulaire:
be-bop et le boogie-woogie - танцевальные жанры джаза
adorable embarras (m) - восхитительное замешательство, стеснение
élégante gaucherie (f) - элегантная неловкость, неуклюжесть
chemise (f) en carton - картонная папка
sauter aux yeux - бросаться в глаза

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flairer - предчувствовать , угадывать
ensorcellement (m) - очарование, колдовство
perversité (f) - порочность, развращённость
innocence - невинность
veuf (m) fortuné - богатый вдовец
séducteur(m) - обольститель
jouisseur (m) - жуир
maîtresse (f) - любовница
sa première amourette - её первая влюблённость
se tirer mal de… - плохо выпутаться из…
se supprimer - покончить с собой
déposer - поместить, представить
exaspéré (e) - ожесточённый , -ая
emprunté - заимствованный
oisive - праздный, -ая
rumeur (f) - шум, недовольство
se cramponner - стараться , цепляться
divorce (m) - развод
monter un complot - замышлять заговор
terrasser - сразить
déranger sa vie - портить¸ расстраивать свою жизнь
réimprimer - переиздать
verser en espèces - заплатить наличными
pourchasser - преследовать, охотиться
sans amertume - без горечи
vacarme (m) - сильный шум , грохот , крик
comme une traînée de poudre - как пороховой привод
une entrée fracassante - шумный, скандальный приход, появление

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édition (f) - издание, печатание
ahurie - оглушенная
sans déchéance - без потерь, без упадка
La langue française à travers les âges
L’article2 de la Constitution de 1958 dit: «La langue de la République est le
français». De tous les liens que nouent les hommes dans la cité, le lien de la
langue est le plus fort, car il fonde le sentiment d'appartenance à une
communauté. Parce que la mondialisation des échanges et les progrès de la
construction européenne ne cessent de le faire évoluer, les pouvoirs publics sont
appelés à réaffirmer une politique de la langue qui, tout en veillant à garantir la
primauté du français sur le territoire national, participe à l'effort de cohésion
sociale et contribue à la promotion de la diversité culturelle en Europe et dans le
monde.
Depuis l'Édit de Villers-Cotterêts (1539), la langue française est un élément
constitutif de l'identité nationale. La langue française est au cœur de l'identité
française. Elle est, au plus profond, le lien, qui la ressemble autour des valeurs de
la République. Elle permet de s'ouvrir à la diversité du monde, non seulement
parce qu'elle sert d'outil de communication entre les peuples au sein de
l'ensemble francophone, mais aussi parce que le recours éventuel à d'autres
langues suppose toujours un rapport de confiance avec la sienne propre. La
langue est aussi un élément essentiel du patrimoine de France: son histoire, ses
accents, ses variations, bref, son immense richesse doivent être valorisés et mis à
la disposition du grand public, au même titre que le patrimoine matériel.
Aujourd'hui, l'usage du français, langue de la République, est garanti sur le
territoire de France, en vertu de la Constitution, dans une perspective

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d'ouverture aux autres langues. Les pouvoirs publics disposent d'un service
chargé d'animer, au plan interministériel, la politique linguistique de l'État: la
Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF).
Rattachée au ministère de la Culture et de la Communication, elle joue un rôle de
réflexion, d'impulsion et de coordination.
Présente sur les cinq continents, dans 130 pays, avec 180 associations et
80 000 professeurs, la langue française est le lien fondateur d'une communauté
de 63 membres, associés ou observateurs de l'organisation internationale de la
francophonie (OIF). 29 pays l'ont choisi pour langue officielle. Il est également
l'une des deux langues officielles du comité international olympique et langue
officielle et de travail de la plupart des organisations internationales, notamment
celles du système des Nations Unies et de l'Union européenne (UE)
conformément au règlement CE № 1/ 1958 du 6 octobre 1958. Sur le territoire de
l'UE, le français est la seule langue à être officiellement parlée dans plus de deux
États (comme l'allemand) et à bénéficier d'un rayonnement international (comme
l'anglais ou l'espagnol). La langue française est un outil de lien social et
d'épanouissement personnel, à travers de nombreuses manifestations originales.
Le vade-mecum de l'usage du français dans les institutions de l'UE dit que: a)
dans les réunions, les représentants de la France s'expriment en français, qu'il y
ait ou non interprétation; b) le Conseil des ministres de l'Union européenne ne
délibère et ne décide que sur la base de documents et de projets établis dans les
langues officielles et donc en français; c) lors des réunions informelles, les
représentants français s'expriment exclusivement dans leur langue; d) ils
s'assurent qu'il n'y a pas d'abus de réunions informelles sans interprétation; e)
dans les relations bilatérales informelles, il convient d'utiliser le français ou, à
défaut, la langue maternelle de l'interlocuteur chaque fois que la diversité
linguistique peut être encouragée.

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Le français est également l'une des trois langues de travail du Comité des
Représentants Permanents (CoRePer) (français, anglais, allemand). Le français
est la langue du délibéré dans le système juridictionnel communautaire. Les arrêts
et les avis de la Cour de justice des Communautés européennes et du Tribunal de
première instance sont ainsi rendus en français, des traductions étant ensuite
disponibles dans toutes les autres langues. Dans tous les cas, le français doit être
utilisé comme langue officielle et de travail. Les représentants français rédigent
les documents en français et demandent à recevoir en français tout document de
l'UE dans les conditions rappelées par la circulaire du 30 novembre 1994. Tout
représentant français utilise la langue française lors de ses contacts avec l'une des
institutions de l'UE: courrier, téléphone, télécopie, courrier électronique, etc. Les
informations disponibles sur les sites internet doivent tenir compte de la diversité
linguistique propre à l'Europe et comporter ainsi une version française de nature à
fournir une information aux internautes. Les sites internet institutionnels des
organismes de recherche sont en général intégralement en français et les
informations principales sont traduites dans différentes langues. Les rapports
d'activité sont souvent établis en deux langues (français et anglais). Pour les
colloques tenus en France, la langue française est très majoritairement la langue
de communication.
La situation du français comme langue de communication scientifique est
contrastée. Si la langue de l'enseignement supérieur reste le français, l'anglais
tend à devenir la langue véhiculaire au sein de la communauté des chercheurs
notamment dans les sciences dites exactes où les chercheurs publient directement
dans cette langue. Le français demeure plus présent dans le secteur des sciences
humaines et sociales. La place du français au sein des institutions européennes
connaît un nouveau recul en 2006.
Le français devient une langue de traduction et non plus de conception: en
1997, 40% des documents produits à la Commission faisaient l'objet d'une rédac-

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tion initiale en français (contre 45% pour l'anglais). Ce chiffre est de 14% en
2006 (contre 72% pour l'anglais). Au Conseil de l'Europe, si l'usage du français
est protégé par son statut de langue officielle et favorise par l'implantation
strasbourgeoise de l'organisation, l'anglais y progresse néanmoins, en particulier
dans le travail avec le cabinet du Secrétaire général, dans les relations extérieures
de l'organisation et dans ses programmes conjoints avec la Commission
européenne. L'usage de l'anglais est répandu, mais la vigilance des
représentations diplomatiques des nombreux pays francophones permet au
français de conserver une position enviable.
Et maintenant passons directement à l'histoire de la langue française.
Les origines
D'où vient le français? En grande partie du latin populaire, parlé en Gaule
depuis la conquête romaine. La langue gauloise était fort riche en voyelles:
chaque consonne était accompagnée d'une voyelle au moins. La langue française
contient encore environ 250 mots gaulois, comme: balai, bouleau, rave, etc. Le
français a aussi un fonds celtique; avec des mots surtout champêtre, alouette,
arpent, des noms de lieu. En même temps, on peut dire que c'est «la plus ger-
manique des langues romanes», du fait de l'influence des peuples germaniques,
qui durant des siècles ont occupé le Nord du pays. L'histoire de la langue
française commence avec l'invasion de la Gaule par les armées romaines sous
Jules César de 58 à 50 avant Jésus-Christ. On considère que la Gaule comptait
alors environ 10 millions d'habitants. Après la conquête, les soldats et les
commerçants romains ont importé avec eux le sermo cotidianus, ou latin vul-
gaire. L'assimilation est lente puisqu'elle se complète après plusieurs siècles,
probablement après l'évangélisation des milieux ruraux sous Dagobert. Le latin
fonctionne comme langue de l'écrit et de l'administration, tandis que le gaulois,

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de tradition orale puisqu'il ne s'écrivait pas ou peu, conserve alors une fonction de
langue d'échange.
IVe-XIIe siècles. Le «roman» et l'ancien français
Il y a d'abord une période dite gallo-romane (du IVe au VHP siècle environ)
puis romane (IXe-XI° siècles), avec une langue et une culture fondamentalement
liées aux traditions latines, très fortes dans le Sud. Les premiers textes en
«roman» (nom donné alors à la langue) sont rares (Serments de Strasbourg, signé
en 842, premier acte officiel écrit du français). Mais cette langue latine que les
soldats romains ont apporté en Gaule, ressemblait aussi peu au latin classique de
Cicéron et de Virgile. A Rome aussi il y avait deux langues bien distinctes:
celles du peuple et des paysans, le latin populaire; celle des savants et des
écrivains, désignée sous le nom de latin classique ou littéraire. Les deux langues
employaient souvent des mots différents pour exprimer les mêmes idées.
À partir des XI'-XIP siècles, c'est une période dite gothique, avec influence
des pays du Nord et surtout de l'Angleterre, qui occupe une bonne partie de la
France jusqu'à la fin de la Guerre de Cent ans. C'est la période anglo-normande,
avec des écritures à jambages (прямая черта, палочка в буквах) compliqués qui
rappelle l'art des cathédrales. Il n'y a pas au Moyen Âge une langue, mais des
langues parlées, non pas un français, mais des français, avec une grande liberté de
structures et de tournures. De plus, on parle roman, mais on écrit latin.
De même que le latin populaire a donné en Gaule le français, il devient
l'italien en Italie, l'espagnol en Espagne. En France même, la langue romane se
partage en deux langues principales parlées par les races rivales du Nord et du
Midi. Au sud de la Loire, le pays ayant moins souffert était resté plus
indépendant et la civilisation romaine n'avait pas été entièrement déracinée; la
langue y était plus harmonieuse, plus brillante. Au nord de la Loire on parlait
donc la langue d'oïl ou le français, au sud de la Loire, la langue d'oc ou le
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