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Civilisation française. Практикум

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Bonjour Sagan (1935-2004)
«C'est une grave injustice qu'elle ne soit pas enseignée dans les écoles. Et c'est une erreur, parce qu'elle écrit sur les mythes qui touchent la jeunesse.»
Frédéric BEIGBEDER
Françoise Sagan s'est éteinte en 2004, il y a cinq ans déjà. Elle nous manque toujours. En France, comme à l'étranger, la nouvelle de sa disparition, a bouleversé tout le monde. Car, la romancière n'était pas seulement le symbole d'une époque et d'une génération, elle était aussi - surtout - l'écrivain français
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contemporain le plus connu dans le monde. Elle a vécu 69 ans, dont vingt ans de succès mondial, suivis de vingt ans de souffrances et d'oubli. Aujourd'hui, elle
continue d'habiter notre imaginaire. Sa tombe est couverte de fleurs dans un petit
cimetière du Lot. On la voit sur les écrans, réincarnée en Sylvie Testud, dans le
film de Diane Kurys, sorti en 2008. On revisite son mythe dans Sagan à toute allure, une biographie étonnamment vivante de Marie-Dominique Lelièvre. Elle
demeure aussi dans les mémoires, comme l'image d'insouciance et d'excès, comme une icône dont le mode de vie solaire et délicieusement scandaleux a incarné les rêves de plusieurs générations depuis l'après-guerre. La littérature française n'explique pas le succès de Françoise Sagan, mais elle reconnaît un talent précoce, fait d'intelligence vraie, de sensibilité juste, d'audace et de lucidité. Ces qualités provoquent le scandale et la surprise du roman Bonjour tristesse, écrit par une jeune fille de bonne famille bourgeoise. Avec son entrée foudroyante dans la littérature, Françoise rallume les étoiles dans le ciel du roman français. Best-seller immédiat, le roman de la jeune fille scandaleuse sera l'événement de 1954 et des années qui suivront. Françoise vient alors de naître une deuxième fois en prenant le pseudonyme de Sagan et en devenant l'un des personnages les plus célèbres de son temps.
Née le 21 juin 1935 à Cajarc, dans le Lot, où sa mère possède des terres et des moulins, Françoise Quoirez grandi à Paris, dans le quartier chic de la plaineceau. À 10 ans, elle écrit des pièces et des poèmes.13, elle lit Cocteau, Camus, Sartre. À 16,elle est virée du Collège des Oiseaux pour manque de
spiritualité». À 17 ans, au baccalauréat, on lui demande de traiter «En quoi la tragédiе ressemble-t-elle à la vie?». Le sujet l'a inspirée. Jusqu'à son dernier
souffle, elle ne cessera plus de le mettre en scène. Le reste appartient à la joyeuse légende de sa triste époque.
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Univers de Françoise Sagan
Tout commence en 1954, lorsqu'une jeune fille timide entre brutalement, à 19 ans, dans la légende en publiant un petit roman au titre inoubliable, Bonjour
tristesse.
Les désordres amoureux, les intrigues cyniques, racontés par une
adolescente de bonne famille bourgeoise, font un beau scandale. Court, cruel et poétique, ce récit «peu convenable» suscite la polémique sans précédent et se vend immédiatement à des centaines de milliers d'exemplaires, rapportant à son auteur beaucoup d'argent, qu'elle s'empresse de dépenser sans compter.
Dès le début, on pouvait imaginer qu'avec elle les choses ne tourneraient pas de manière ordinaire. Une bonne part de son charme était là, dans cette singularité. Elle puisait son inspiration dans le paradoxe de son existence, entre une hyperactivité créatrice, une vie mondaine mouvementée et une grande solitude intérieure, entre la bohème et la bourgeoisie.
Généreuse, inspirée, rapide, rebelle, inclassable, inimitable, son personnage suscitait la curiosité, fascinait ou repoussait. Et on lui tout pardonnait, on ne savait pas trop pourquoi. Elle était adorée par des centaines de milliers de gens qui la trouvaient irrésistiblement sympathique et intelligente. Et on l'aimait, même si on n'avait pas lu ses livres ou si on ne les lisait plus. Oui, il faut avouer: la France connaissait ses scandales, moins ses romans, on s'intéressait plus à sa vie, moins à son œuvre, sans savoir que celle qui a peint les gens riches et leur paresse, était en fait une grande travailleuse, une ouvrière spécialisée dans la dentelle des émotions. Elle se cachait derrière sa légende comme à l'abri d'une voilette: se faire légère, respecter ce qu'elle considérait être les signes de l'élégance et de «la bonne éducation» donnée par ses parents.
Elégance absolue: c'est assurément deux mots qu'on a envie de retenir pour symboliser Françoise Sagan. Derrière cette élégance, cette légèreté, ces brillantes
apparences, se cachait une femme sensible, intelligente, discrète, secrète.
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Et un écrivain de talent qui a écrit une vingtaine de romans, une dizaine de pièces de théâtre, autant d'adaptations au cinéma, des textes de chansons et même un ballet. 30 millions de livres vendus en France! Des traductions en 15 langues! Des thèses qui s'écrivent sur elle dans les universités américaines! Des écoliers russes qui apprennent le français dans ses livres! Des clubs Sagan au
Japon, comme pour Mireille Mathieu!
Françoise ne vieillissait pas. Ou plutôt elle vieillissait moins vite que ses lecteurs. Une telle femme n'était pas faite pour vieillir. Ses qualités ­l'insouciance, la légèreté, l'imprévoyance - ne supportaient pas l'âge. Et puis, elle était déjà morte tellement de fois, Françoise Sagan, que l'on aurait voulu croire encore à une de ces insolences dont elle avait le redoutable secret. Ainsi, en 1957,
lors de son premier accident - sa voiture s'était retournée - elle avait été déclarée cliniquement morte, son pouls ne battait plus. En 1978, convaincue d'avoir un
cancer du pancréas, elle avait supplié le chirurgien qui allait l'opérer pendant huit heures de ne pas la réveiller s'il constatait qu'elle était condamnée. Une autre fois, en 1985, lors d'un voyage officiel du président Mitterrand à Bogota, elle était tombée dans le coma à 2 650 mètres d'altitude - déchirement de la plèvre,
des tuyaux partout, rapatriement en France par avion sanitaire.
«Je peux vous rassurer, disait-elle, derrière, il n'y a rien. C'est le noir, le néant total. Voir souvent la mort de si près lui enlève, croyez-moi, beaucoup de prestige.» Elle avait donc fini sinon par mépriser la mort, du moins par la
négliger. Cela rajoutait du charme à son élégante frivolité, à son étonnante jeunesse. Cela faisait partie de sa vie de légende qu'elle avait créée ou bien qui l'avait créée mais dont elle s'est fait piégée.
Parce que tôt ou tard, le réel finit toujours par demander des comptes. Et cette fois, son médecin n'a laissé plus aucun espoir: «Le 24 septembre, à 19 h 35,
dans une chambre de l'hôpital de Ronfleur (Calvados), où elle était entrée quelques jours plus tôt à la suite d'un malaise respiratoire, Mm Sagan a
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succombé à une décompensation cardio-respiratoire le vendredi 24 septembre, à 19 h 35. Son fils, Denis, était à ses côtés.»
Qu'est-ce qu'on sait en fait d'elle? Qu'est-ce qu'on a retenu de cette «petite fille trop douée», comme l'a qualifiée François Mauriac à ses débuts, qu'une
invraisemblable accumulation d'histoires qui n'ont fait que renforcer sa légende: la gloire et le scandale, les casinos, l'alcool, puis la drogue, qui entraînent néces­sairement des problèmes d'argent, les cures de désintoxication, les voitures de sport décapotables conduites à grande vitesse, les fêtes, Saint-Tropez, les nuits blanches, l'amour libre, Saint-Germain-des-Prés et le café des Deux Magots, enfin le procès Elf où certains auraient tenté de lui faire jouer l'espionne, etc.
«L'image qu'on a donnée de moi pendant des années n'est pas celle que j'aurais souhaitée, mais finalement elle était plus plaisante que d'autres. Tout
compte fait, whisky, Ferrari, jeu, c'est une image plus distrayante que tricot, maison, économies... De toute manière, j'aurais eu du mal à imposer celle-là.»
Elle disait que ses livres parlaient essentiellement de la solitude. A travers ses ouvrages, elle a régulièrement peint la vie sentimentale des bourgeois, qui habitent de belles maisons, voire des châteaux, qui passent leurs jours et leurs nuits un verre à la main, qui s'ennuient on ne sait pas trop de quoi, qui se sentent solitaires et malheureux on ne sait pas trop pour quelle raison, qui souffrent du manque d'amour et qui ne savent pas aimer. C'est du moins la manière dont on a
caricaturé l'œuvre de Sagan, celle qui a presque réussi à faire naître un adjectif: être «saganesque», c'est être nostalgique et drôle, faussement léger et très lucide.
On parle aussi du ton «saganesque»: le ton en apparence nonchalant. Et de la fameuse «petite musique saganesque» mélancolique, faite de tendresse et d'élé­gance.
Oh, la petite musique de Sagan: ce refrain la suivait toute sa vie. Cette
«petite musique», qu'on a évoquée dès son premier livre pour qualifier son style,
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est devenu finalement une manière ironique de dire que ses romans n'étaient pas «grand-chose».
Elle répétait volontiers, elle aussi: «J'ai lu Proust, j'ai lu Dostoïevski, je sais
que mes petits romans ne sont pas grand-chose». Mais ajoutait: «Pas de la grande littérature, mais un bilan globalement positif». Amoureuse de beau
langage, elle savait parfaitement écrire ce que l'on appelait autrefois le français et qui s'est changé aujourd'hui, hélas, en franglais.
Elle a su imposer un style, le sien, ce fameux style Sagan. Un style aussi insaisissable que son auteur. Aujourd'hui, cinq ans après sa mort, il serait temps
de lui rendre justice, parce que son œuvre qu'il faudra sans doute reconsidérer,
restera intemporelle et occupera sans aucun doute une petite place éternelle dans l'histoire de la littérature française du XXe siècle.
Nous avons essayé de brosser le portrait de cette femme libre, fragile et attachante, et nous vous invitons à visiter son univers.
On dit qu'elle a laissé un texte inachevé. Elle voulait l'appeler Le Coeur
battu. On aimerait que cet ultime message soit publié. En attendant, pour retrouver Sagan, il faut, d'abord, la lire. En premier lieu, Bonjour tristesse.
Vocabulaire:
s'éteindre - угасать
l'image d'insouciance et d'excès - образ беспечности и несдержанности
un talent précoce - ранний талант
s'empresser - торопиться, спешить
dépenser - тратить, транжирить
une vie mondaine mouvementée - оживлённая светская жизнь
l'adaptation au cinéma - экранизация
cancer (m) du pancréas - рак поджелудочной железы
condamnée - приговорена
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déchirement (m) de la plèvre - разрыв плевры
mépriser la mort - презирать смерть
s'est fait piégée - пойматься в ловушку
succombеr - изнемогать
apparence (m) nonchalant - небрежный вид
franglais (m) - смесь французского и английского
intemporelle - вне времени
Quand la légende se transforme en mythe
«J'ai trop entendu parler de moi pendant des années pour m'intéresser à ce
que je suis.»
Françoise SAGAN
Françoise Quoirez, dit Sagan, a 19 ans, et c'est à l'époque, le plus jeune
auteur français à avoir atteint cette place: le monde est à ses pieds. Bonjour
tristesse sera traduit en 20 langues; la traduction anglaise atteint la première place de la liste des best-sellers du New York Times; on adapte le roman au
cinéma. Le jour où Françoise a reçu les premières avances sur ses droits d'auteur (il s'agit de 500 millions d'anciens francs), elle a demandé à son père ce
qu'elle pourrait en faire: «C'est très dangereux, tant d'argent à ton âge. Il vaut mieux le jeter par les fenêtres», a-t-il répondu en riant. Cette plaisante philosophie convient parfaitement à Françoise. Elle se sent soulagée. «Je suis tombée dans une période bénie où tout était possible», se souviendra-t-elle.
Françoise s'offre son rêve, une voiture desport rouge, symbole de son triomphe: elle l'a payée 1 300 000 francs. Elle s'achète aussi un manteau de panthère
qu'elle a vu dans un magazine. Elle fréquente les boîtes de nuit et les clubs à la
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mode. Elle vit «scandaleusement», c'est-à-dire en toute liberté. Car elle ne
demande à l'argent que la liberté, pour elle et pour ceux qui l'entourent, afin d'éviter «tout visage soucieux par autre chose qu'un chagrin d'amour».
Le succès va créer la légende malgré elle. Son personnage doit plaire avant
tout à sa génération, la génération d'enfants de la guerre qui a tellement manqué
de jouets, de joies, d'amour, qu'elle se rattrape. «À quoi bon gagner de l'argent si on n'a pas le temps de le dépenser?», cette affirmation de Sagan, les jeunes
qui veulent lui ressembler en tout, la prennent pour leur devise. Le drame
commence, parce que derrière le masque se cache une fille timide, qui vit chez
ses parents, qui a peur la nuit dans son lit, et que le moindre craquement fait
bondir. Mais il faut continuer de boire, de faire la fête jusqu à l'aube, de
conduire de belles voitures trop vite et trop fort. Ajoutons à ce cocktail la gloire la vie facile, argent, ces millions qui déboulent comme un cadeau inattendu. La
légende prend son essor. Bonjour tristesse, son fameux roman est pour sa créatrice une étiquette . La directrice du magazine Elle, Hélène Gordon­Lazareff, lui demande une série d'articles sur l'Italie. L'hebdomadaire titre ses
reportages Bonjour Naples, Bonjour Capri, Bonjour Venise... Ce «Bonjour» devient sa griffe. En 1956, sort son deuxième livre, Un certain sourire, en 1957,
son troisième roman Dans un mois, dans un an. Les deux sont encore un succès. Les ventes s'envolent. La légende se transforme en mythe. Le mythe, qui ne laissera plus de place à l'être humain qui l'incarne à ses fragilités, à ses malheurs, à ses craintes. Françoise est condamnée au succès ou à l'échec.
Vocabulaire:
adapter au cinéma - экранизировать boîte (f) de nuit - ночное кафе , кабаре , кабак bondir - подпрыгивать débouler - нагрянуть, свалиться неожиданно
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prendre son essor - взлететь incarner - воплощать est condamnée - быть приговорённой
Premier roman, premier scandal,
premier succès
«J'aime écrire. Écrire un roman, c'est faire un mensonge. J'aime mentir.
J'ai toujours menti.»
Françoise SAGAN
En ce début d'été 1953, Françoise vient de rater son examen à la Sorbonne.
Elle sait qu'il n'y aura pas de session de rattrapage en septembre. Cette fois, rien ne pourra la dispenser des réflexions mi-sévères, mi-ironiques de sa mère qui ne
sait pas «ce qu'on va faire d'elle. Faut-il la marier?». Françoise sait enfin qui elle veut être. Elle a son secret qu'elle n'a confié qu'à son amie, Florence Ma­lraux: son petit roman. Les deux amies décident de le proposer à l'édition de René Julliard. Le 6 janvier 1954, Françoise descend à la station de métro Saint­Germain-des-Prés. Le quartier n'a pas de secret pour elle, où la nuit elle danse le be-bop et le boogie-woogie dans des caves enfumées. Elle se rend au 30, rue de l'Université, siège des Éditions Julliard. Elle y entre avec cet adorable
embarras, cette élégante gaucherie qui ne la quitteront jamais vraiment. À l'accueil, elle remet une chemise en carton jaune qui contient 160 feuillets et
sur laquelle est rédigé à la main: «Françoise Quoirez, 167, boulevard Malesherbes, Carnot 59-81, née le 21 juin 1935». Le 7 janvier au matin, le directeur littéraire, Pierre Javet, ouvre en bâillant le maigre manuscrit. La première phrase lui saute aux yeux, elle n'est guère banale et elle n'est pas
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d'une gamine: «Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent,
j'ésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse.» Flairant le talent neuf, il prie François Le Grix, son meilleur lecteur, de lui d onn er au plus vite son avis. Le 8 janvier arrive le rapport enthousiaste: «Authenticité. Vérité totale. Talent spontané. Poème autant que roman. Aucune fausse note.» Il parle même
d'un «ensorcellement, fait à la fois de perversité et d'innocence». René Jul­liard lit Bonjour tristesse dans la nuit. Ce court roman lui brûle les doigts. Il le
repousse, le reprend, le lit et le relit un crayon à la main. L'argument de départ est simple: Cécile, une adolescente de 17 ans, y raconte ses premières vacances dans une villa de la Côte d'Azur avec son père Raymond, veuf fortuné,
séducteur et jouisseur qu'elle adore, et la maîtresse de celui-ci, Eisa, un peu stupide, mais commode. Orpheline de mère, Cécile sort d'un couvent qui ne l'a pas beaucoup marquée et c'est pendant ses premières vacances qu'elle découvre la vie et sa première amourette dans les bras de Cyril, un étudiant en
vacances. Quant à son Don Juan de père, c'est un joyeux adepte des liaisons
amoureuses passagères et sans importance. Mais sa conception change lorsqu'il rencontre une femme, une qui compte: c'est une ancienne connaissance, Anne Larsen, une femme plus âgée, raffinée, autoritaire et intelligente, pour laquelle Raymond abandonne aussitôt Eisa. Cécile sent la menace de la part de Anne parce que son père en tombe amoureux et veut l'épouser! Ah ça, non, surtout pas! Effrayée de voir son père lui échapper, une fille bien élevée devient
diabolique. Cécile pousse Anne au désespoir pour l'écarter à tout prix et couper court à ce projet de mariage. «Dans Bonjour tristesse, le moment clé est celui où Anne apprend la présence d'une maîtresse chez l'homme qu'elle aime: l'instant où l'on comprend qu'elle se tirera mal de cette histoire». L'histoire se termine en effet dans un accident de voiture où se supprime Anne Larsen. Françoise Quoirez applique aux plages de la Riviera les lois de la tragédie
grecque. Elle fait entrer l'ennui et le cynisme, qui sont des sentiments d'adulte