Добавил:
Опубликованный материал нарушает ваши авторские права? Сообщите нам.
Вуз: Предмет: Файл:

Французский язык для обучающихся по направлению подготовки «Филология» (продвинутый этап обучения). Учебное пособие

.pdf
Скачиваний:
0
Добавлен:
15.08.2026
Размер:
893 Кб
Скачать

9.16. Traduisez le texte et trouvez-y les noms des oiseaux, des insectes, des fleurs et des arbres. Retenez-les par cœur.

Le printemps en Bretagne, est plus doux qu’aux environs de Paris et fleurit trois semaines plus tôt. Les cinq oiseaux qui l’annoncent, l’hirondelle, le loriot, le coucou, la caille et le rossignol, arrivent avec des brises qui hébergent dans les golfes de la péninsule armoricaine. La terre se couvre de marguerittes, de pensées, de jonquilles, de narcisses, d’hyacinthes, de renoncules, d’anémones comme les espaces abandonnés qui environnent Saint-Jean-de Latran et Sainte- Croix-de-Jérusalem, à Rome. Des clairières se panachent d’élégantes et hautes fougères; des champs de genêts et d’ajoncs resplendissent de leurs fleurs qu’on prendrait pour des papillons d’or. Les haies, au long des quelles abondent la fraise, la framboise et la violette, sont décorées d’aubépine, de chevrefeuille, de ronces dont les rejets bruns et courbés portent des feuilles et des fruits magnifiques. Tout fourmille d’abeille et d’oiseaux; les essaims et les nids arrêtent les enfants à chaque pas. Dans certains abris, le myrte et le laurier-rose croissent en pleine terre, comme en Grèce; la figue mûrit comme en Provence; chaque pommier, avec ses fleurs carminées, ressemble à un gros bouquet de fiancée de village … . [Mauger, 1961].

81

MODULE X. HONORÉ DE BALZAC

Les exercices de préparation à la lecture des textes

10.1. Retenez les mots et les expressions suivants: pommeau (m.) – набалдашник

éditeur(m.) – издатель imprimeur (m.) – печатник huissier (m.) – судебный пристав turquoise (f.) – бирюза pourchasser – преследовать habit (m.) – фрак

s’effondrer – рухнуть écraser – раздавить rival (m.) – соперник

crépuscule (m.) – сумерки déception (f.) – разочарование cénacle (m.) – кружок, общество se moquer – насмехаться fainéant – праздный

certitude (f.) – уверенность

10.2. Traduisez les séries de mots:

parler fort; boutons d’or ciselé; être couvert de dettes; faire fortune; chambre monacale; une lutte affreuse; chute des projets; à force d’obstination; retourné à ses plumes; quitter la table; signer un contrat juteux; ce dandy hâbleur; une vie de galérien; écrire romans et feuilletons; les grands travaux du forçat littéraire; oeuf de Pâques; faute d’un écu; la vie privée; la canne à pommeau; dents ébréchées; livre sur livre; de roman en roman; fondre entre ses mains; devenir une bonne affaire; instants de passion.

10.3. Précisez le sens des adverbes tant, autant.

autant marque la comparaison et sert à exprimer l’égalité.

tant n’exprime pas l’idée de comparaison, mais celle de quantité et d’intensité (supériorité).

1. Douze petits volumes en un an, signés de tant de pseudonymes qu’on s’y perd.

82

2.Ces ouvrages sont autant de voies pour découvrir la langue, jouer avec les concepts, créer une distance avec le réel.

3.D’autant que le Surintendant mène une vie brillante et fait bâtir un château splendide, au sud de Paris, Vaux -le -Vicomte.

4.Précurseur du romantisme, il reste à tout jamais l’enchanteur, celui dont la langue fascine et charme, tant elle est musique autant que langage.

5.La religion de Chateaubriand est plus aimable, et permet de miser sur le temporel autant que sur l’éternité.

6.Beaucoup d’ampleur de Mirabeau mais nulle lourdeur; il y avait tant d’âme qu’il portait tout cela légèrement, gaiement, comme une enveloppe souple.

7.Je ne croyais pas que je puisse tant aimer un commencement d’être, écrit-il.

8.Puisque nous les regardons comme autant d’instruments qui doivent servir à la gloire de notre illustre protecteur.

9.Papa, à la belle barbe, je t’en veux presque autant qu’à moimême.

10.4. Lisez et traduisez le texte. BALZAC EN GLOIRE (1799-1855)

Regardez cet homme: il parle fort, il montre sa canne à pommeau incrusté de turquoises; son habit bleu à boutons d’or ciselé, son gilet de soie viennent de chez Buisson, le tailleur à la mode. Des laquais en livrée l’attendent à la porte du salon, et, devant l’immeuble, il y a son cabriolet. C’est M. Honoré de Balzac. Noble? Allons donc ! Il s’est approprié la particule, mais il est fils d’un administrateur de l’hospice général de Tours. Il est né dans cette ville, le 20 mai 1799 – l’année du 18 brumaire – et il est couvert de dettes. Ce M. de Balzac a rêvé de faire fortune en écrivant des romans ! N’importe lesquels d’abord: douze petits volumes en un an, signés de tant de pseudonymes qu’on s’y perd. Il a été Lord R’hoone, Horace de SaintAubin. Il a écrit un «Jean-Louis ou la fille trouvée», une «Clotilde de Lisignan ou le beau juif», puis il a tenté d’être éditeur, imprimeur, et chaque fois il n’a récolté que des dettes. Alors il est retourné à ses plumes, travaillant vingt heures par jour, levé à minuit, couché au crépuscule. Une vie de galérien et la déception au bout: «Essayer de devenir libre à coups de romans, et quels romans ! a-t-il écrit à sa soeur Laure. Ah, quelle chute de mes projets de gloire !»

Car il ne rêve qu’à cela, la gloire et la fortune. Avoir été enfant pendant le règne de Napoléon le Grand – il a 16 ans dans l’année de

83

Waterloo – cela donne des idées. «Et ce qu’il a entrepris par l’épée, je l’accomplirai par la plume», s’est-il écrié en regardant le buste de Napoléon qu’il a placé sur la cheminée de sa petite chambre monacale. Et puis, peu à peu, à force d’obstination, à vingt feuillets par jour, il se taille une place de polygraphe, de chroniqueur, de feuilletoniste. L’argent rentre. Le voici, après la publication en 1829 du «Dernier chouan» – le premier livre signé Balzac – invité dans le salon de Victor Hugo, rencontrant les écrivains et les artistes, admis dans leur cénacle. On se moque, bien sûr, de ce dandy hâbleur, de cet «œuf de Pâques», déjà si corpulent, aux cheveux gras, aux dents ébréchées, aux ongles sales. Mais comment ignorer, alors qu’il publie livre sur livre, qu’en 1833 il découvre le ressort de son œuvre, le retour des personnages de roman en roman?

Ces «Scènes de la vie privée, de la vie de province, de la vie parisienne» qu’en 1839 il intitulera, pensant à «La divine comédie» de Dante, «La comédie humaine».

Le voici donc, enfin connu, reçu chez la princesse Bagration, chez la duchesse d’Aumale, chez la comtesse Molé, chez les FitzJames et les Guiches. Il a sa loge à l’Opéra, il aime «en poète et en Empereur», il conquiert les femmes par ces livres. Il ne s’intéresse qu’à celles qui sont titrées. Une étrangère – Eveline Hanska lui dit d’Ukraine. Il commence avec elle – comtesse fortunée – une longue correspondance amoureuse, l’équivalent du quart de «La comédie humaine». Il la rencontre enfin à Neuchâtel. Elle lui cède. Elle repart. La passion pour «l’Etrangère» habite cet homme «gros, épais, carré par la base et les épaules, le cou, la poitrine, le corps, les cuisses, les membres puissants, beaucoup d’ampleur de Mirabeau mais nulle lourdeur; il y avait tant d’âme qu’elle portait tout cela légèrement, gaiement, comme une enveloppe souple». Ainsi le décrit Lamartine. Mais il y a aussi Sarah Lovell, comtesse Guidoboni-Visconti – qui lui donne un fils, – Marie du Fresnay, dont il a une fille.

Instants de passion, entre les nuits vouées au travail, qui prime tout, car l’argent gagné, feuillet après feuillet, fond entre ses mains. Les huissiers le pourchassent et il faut donc écrire romans et feuilletons. «Ceci constitue les grands travaux du forçat littéraire, dit-il, deux cents nuits à passer là-dessus et cela représente 60000 francs.» Mais la quête d’argent n’est que le moyen à se contraindre, de river sa chaîne, pour devenir l’un des plus grands, écraser Eugène Sue ou Alexandre Dumas, «Dieu merci, mes rivaux sont Molière, Walter Scott, Lesage et Voltaire», lance-t-il. Et ses héros – Vautrin, Rastignac, Licien de Rubempré, Mme de Bargeton, le docteur Blanchon

84

– 2504 personnages, font bientôt dans l’esprit des contemporains «concurrence à l’état civil».

«Saluez-moi, dit-il, car je suis tout simplement en train de devenir un génie». Et il ajoute: «Je veux gouverner le monde intellectuel en Europe et encore deux ans de patience et de travaux et je marcherai sur toutes les têtes de ceux qui voudraient me lier les mains, retarder mon vol». La preuve de la réussite, c’est la fortune. Il achète des actions sur la Compagnie des chemins de fer du Nord, dix-sept pièces de terre à Sèvres, deux maisons et en fait construire une troisième, ce sont Les Jardies. Il rêve d’y faire la plantation d’ananas ! Naturellement, tout s’effondre. Il faut fuire les huissiers, se cacher chez les femmes amies, écrire plus encore.

«Quand ils m’ont vu faire 6000 lignes en dix jours, ils ont été vraiment épouvantés.» Il signe des contrats pour trente-deux livres en quatre ans ! «Si je travaillais comme je viens de travailler depuis trois ans, j’ai la certitude de pouvoir payer mes dettes et de vivre ! C’est le plus beau triomphe que la plume d’un homme aura remporté ! s’écrie-t-il. «La comédie humaine» est devenue une bonne affaire, on vend de plus en plus.

Mais il paie cher de se placer ainsi sous le «pressoir» pour faire jaillir de lui des mots et des mots. C’est son sang qu’il verse, «Oh ! ceux qui envient les sommes que gagnent les grands travailleurs de la littérature ne connaissent guère à quel prix ce peu d’or est vendu», soupire-t-il. C’est une «lutte affreuse». «Hier j’ai travaillé dix-neuf heures et aujourd’hui il en faut travailler vingt ou vingtdeux. C’est la copie qui me mine, il en faut seize ou vingt feuillets par jour et je les fais et je les corrige. Le Constitutionnel (le journal auquel il donne ce feuilleton) a épuisé mon avance et il faut lui en fournir, et je n’ai pas quitté ma table». Mais quand il signe un contrat juteux, il s’exclame: «Voilà de quoi faire rougir tous les fainéants, les aboyeurs, les gens de lettres … . Depuis les vingt-cinq volumes de Chateubriand achétés 200000 francs, il n’y a pas eu de marché semblable !»

Il semble ne songer qu’à l’argent – cet étau qui le force à produire – alors qu’il veut écrire «La comédie humaine» «à la lueur de deux vérités éternelles: la Religion et la monarchie». Mais qu’y peut-il, si Louis-Philippe, le roi bourgeois, règne? «Qu’est-ce que la France de 1848? demande-t-il avec mépris. – Un pays exclusivement occupé d’intérêts matériels, sans patriotisme, sans conscience, où le pouvoir est sans force, où l’élection fruit du libre arbitre et de la liberté politique n’élève que les médiocrités, où la force brutale est devenue nécessaire contre les violences populaires et

85

où la discussion étendue aux moindres choses étouffe toute action du corps politique, où l’argent domine toutes les questions et où l’individualisme, produit horrible de la division des héritages qui supprime la famille, dévorera tout, même la nation que l’égoïsme livrera quelque jour à l’invasion.»

Voilà ce qu’il peint. Et Victor Hugo peut dire: «A son insu, qu’il le veuille ou non, qu’il y consente ou non, l’auteur de cette œuvre immense et étrange est de la forte race des écrivains révolutionnaires.» [Le point,1999].

10.5.Terminez les phrases.

1.C’est M. Honoré de Balzac. Il est fils de … .

2.Il est né dans cette ville, … .

3.Ce M. de Balzac a rêvé de faire fortune … .

4.N’importe lesquels d’abord: douze petits volumes en un an, signés … .

5.Il a écrit un … .

6.Il a tenté d’être … .

7.Alors il est retourné à ses plumes … .

8.Car il ne rêve qu’à … .

9.Le voici, après la publication en 1829 du «Dernier chouan» … .

10.Ces «Scènes de la vie privée, de la vie de province, de la vie parisienne» qu’en … .

11.Il commence avec elle – comtesse fortunée – une … .

12.Instants de passion, entre les nuits vouées au travail, … .

13.Les huissiers le pourchassent et … .

14.Mais la quête d’argent n’est que le moyen à … .

15.«Saluez-moi, dit-il, car je suis … .

16.La preuve de la réussite, c’est … .

17.Il semble ne songer qu’à … .

18.Un pays exclusivement occupé … .

19.Où l’argent domine … .

20.Victor Hugo peut dire:.. .

10.6.Traduisez les phrases et précisez l’emploi du participe

passé.

1.Issu d’une famille aristocratique aisée, il entame une carrière militaire.

2.Il commence avec elle – comtesse fortunée – une longue correspondance amoureuse.

86

3.Une roche écartée, un étang désert où le jonc flétri murmu-

rait.

4.Je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie ni frisson, enchanté, tourmenté,et comme possédé par le démon de mon cœur.

5.Il est retourné à ses plumes, travaillant vingt heures par jour, levé à minuit, couché au crépuscule.

6.On a planté au milieu du village le pieu du clocher et c’est resté tout accroché.

7.Raphael marcha lentement dans les corridors de la salle, ne se promettant aucune jouissance de ces plaisirs si fort enviés jadis.

8.La discussion étendue aux moindres choses étouffe toute action du corps politique.

9.Assidus aux dîners Magny, grands amateurs de discussions et de théories littéraires, les Goncourts prirent place, assez tardivement, dans la mouvance réaliste.

10.Blessé alors qu’il combat les armées de la République naissante, il s’exile à Londres.

10.7.Formez les participes passés et tradusez les phrases.

1.De la République (naître), il s’exile à Londres.

2.Sa femme est emprisonnée, et une partie de sa famille, (rester) en France, est guillotinée.

3.Il rentre en France en 1800 et s’installe à Paris, loin de sa femme et de sa sœur, (rester) dans le château familial de Combourg en Bretagne.

4.Après la révolution de 1830, (fatiguer) des revirements politiques en France, il se retire des affaires.

5.(Installer) dans son appartement parisien, il achève l’écriture de ses mémoires.

6.Les vers (dépouiller) de leur musique, si beaux, (emporter) d’une nostalgie.

10.8.Traduisez les phrases avec la construction causative.

1.Deux maisons et il en fait construire une troisième, ce sont Les Jardies.

2.Cette comparaison lui fit retrouver la trace de la vérité dans ses confus souvenirs.

3.Mes boucles me faisaient souffrir quand je roulais ma tête sur l’oreiller.

87

4.Habituée à ces candides absences, je lui fais comprendre qu’il s’agit de sa sœur.

5.Papa a fait rayonner les trois parois de la chambre.

6.Il a fait partir les meubles de son fumoir et ceux du salon de Montigny.

10.9. Lisez et traduisez le texte.

LE 2505e HÉROS DE LA «COMÉDIE HUMAINE»

Mais Balzac s’épuise dans la démesure. Après la tension de l’écriture, il célèbre dans le paraître et l’excès la conclusion d’un roman. Il s’attable au restaurant Véry. Il avale un cent d’huîtres d’Ostende, douze côtelettes de présalé au naturel, un caneton aux navets, une paire de perdreaux rôtis, une sole normande, sans compter les entremets et les fruits !

Le corps s’empâte, la fatigue l’écrase et parce que les dettes s’accumulent, malgré les revenus, il faut écrire encore. Alors, au café épais qu’il boit pour se tenir éveillé il ajoute à partir de 1848 une bouteille de bordeaux, du porto. Et les troubles se multiplient: inflammation cérébrale, hémorragie nasale, jaunisse, défaillances de la mémoire. «C’est une année fatale, où il me faut exploiter la comédie humaine, et mes œuvres, et mon cerveau pour en finir avec la misère.» Il passe jusqu’à quarante-huit heures sans dormir, écrivant, corrigeant les épreuves. «Le vieux Dubois, – un médecin – m’a dit hier que je marchais à la vieillesse et à la mort.»

Il est lucide mais il conclut: «Je vais donc travailler dix-huit heures par jour, d’ici au 1er janvier.» C’est qu’il est dévoré par son œuvre, et celle-ci est devenue inextricablement ses livres et sa vie, ses dettes et sa passion. Il écrit «Illusions perdues» et «Splendeur et misères des courtisanes.» Il signe de nouveaux contrats, parce qu’il veut offrir à Mme Hanska – veuve désormais – une situation financière saine et une maison luxueuse. Il multiplie les achats d’antiquités. Il décore les pièces de sa demeure d’œuvres d’art, de meubles de prix – qui sont presque tous des faux, parce qu’on le gruge. Il est semblable à l’un de ses personnages qu’emporte le tourbillon d’une passion folle.

Il rend visite à Mme Hanska en Ukraine. Il s’épuise en voyages. Il travaille, il est bien le 2505e héros de «La comédie humaine». Mais la machine grippe. «Pas une ligne ! Sous des torrents de café le cerveau reste inerte … . Je perds la tête.» Il fuit à nouveau en Ukraine. Il rêve à une autre vie. Mme Hanska est enceinte mais

88

fait une fausse couche. «Je ne croyais pas que je puisse tant aimer un commencement d’être, écrit-il. Mais c’était toi, c’était nous. La résignation me vient difficilement … . Si je retrouvais la faculté d’inventer, de composer. Je me mettrais dans le travail à y mourir. Mais quand l’organe fatigué se refuse à tout … .» Quand il se marie enfin avec elle, à Berditcheff, le 14 mars 1850, la joie est de courte durée: «Comme la vie est autre du haut de 50 ans et que souvent nous sommes loin de nos espérances !» écrit-il.

Il rêve encore pourtant: «Je n’ai eu ni jeunesse heureuse ni printemps fleuri, j’aurai le plus brillant été, le plus doux de tous les automnes.» Illusion perdue. Le voyage de retour est épouvantable. Il est malade. Il note difficilement sa dernière ligne. «Je ne puis ni lire ni écrire.» Puis il dicte son testament le 4 juin 1850. Il agonise. Il appelle à son chevet le docteur Bianchon, un des personnages de «La comédie humaine». N’est-il pas l’un d’eux? Et ne sont-ils pas entrés dans la vie?

Il meurt le 18 août 1850, à 23h.30. Victor Hugo, prévenu, vient s’incliner devant la dépouille de celui qui s’était effacé pour lui permettre d’entrer à l’Académie française. «Je le voyais de profil, dit Hugo, il ressemblait à l’Empereur.» [Le point, 1999].

10.10. Trouvez dans les textes les fragments où l’auteur parle de:

-portrait physique d’Honoré de Balzac;

-ses origines;

-ses ambitions;

-sa vie quotidienne;

-ses exploits;

-ses faiblesses;

-ses aspirations.

10.11.Traduisez les phrases et précisez les cas d’emploi du сonditionnel présent et сonditionnel passé.

1.Il aurait pu songer avec confiance à la postérité.

2.On l’aurait ainsi vu errer à travers quatre continents; écrivain voyageur, il connaît les grandes forêts américaines (1797) et les déserts de Judée.

3.Tantôt j’aurais voulu être un des ces guerriers errant au milieu des vents, des nuages et des fantômes … .

89

4.Je me figurais les bords ignorés, les climats lointaints où ils se rendent; j’aurais voulu être sur leurs ailes.

5.Si je retrouvais la faculté d’inventer, de composer. Je me mettrais dans le travail à y mourir.

6.On dirait qu’elle change de couleur à vue d’oeil.

7.Des champs de genêts et d’ajoncs resplendissent de leurs fleurs qu’on prendrait pour des papillons d’or.

8.On dirait un morceau de bois qui marche.

9.Andromaque», «Bérénice», «Phèdre» ou «Bajazet» qui pourrait s’appeler «Hermione», Le grand roi, furieux, aurait lâché parce qu’il sait faire parfaitement des vers, croit-il tout savoir.

10.12.Lisez et traduisez l’extrait tiré d’un des romans

d’Honoré de Balzac.

Voyez-vous cette fastueuse voiture? … ce coupé simple en dehors, de couleur brune, mais sur les panneaux duquel brille l’écusson d’une antique et noble famille? Quand ce coupé passe rapidement, les grisettes l’admirent, en convoitent le satin jaune, la soie onduleuse, le tapis de la Savonnerie, la passementerie fraîche comme une paille de riz tressée par des mains blanches et vierges, les moelleux coussins, et les glaces muettes … .

Un jeune et joli jockey mène en postillon deux chevaux de prix, et deux laquais en livrée se tiennent debout, derrière cette voiture aristocratique; mais au fond, sur la soie, gît une tête brûlante aux yeux cernés, Raphaël, triste et pensif: – fatale image de la richesse !… . Il court à travers Paris comme une fusée, arrive au péristyle du théâtre Favart, le marche-pied se déploie, ses deux valets le soutiennent, une foule envieuse le regarde.

- Qu’a-t-il fait celui-là pour être si riche !… dit un pauvre étudiant en droit qui, faute d’un écu, ne pouvait entendre les magiques accords de Rossini.

Raphael marcha lentement dans les corridors de la salle, ne se promettant aucune jouissance de ces plaisirs si fort enviés jadis. En attendant le second acte de la «Sémiramide», il se promena au foyer, errant à travers les galeries, insouciant de sa loge, dans laquelle il n’était pas encore entré. Le sentiment de la propriété n’existait plus au fond de son cœur. Semblable à tous les malades, il ne songeait qu’à son mal.

Appuyé sur le manteau de la cheminée, autour de laquelle abondaient, au milieu du foyer, les élégants, jeunes et vieux, d’anciens

90

Соседние файлы в предмете [НЕСОРТИРОВАННОЕ]