Французский язык для обучающихся по направлению подготовки «Филология» (продвинутый этап обучения). Учебное пособие
.pdfMaître renard, par l’odeur alléché, Lui tint à peu près ce langage:
«Hé !Bonjour, monsieur du corbeau!
Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau! Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois». A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie, Et, pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie,
Le renard s’en saisit, et dit: «Mon bon monsieur, Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute». Le corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus [Précis de littérature française, 2003].
3.19. Lisez, traduisez et commentez ces citations de La Fontaine.
Ne pas louer son siècle est parler avec des sourds. Le coeur fait tout, le reste est inutile.
Les délicats sont malheureux.
Se croire un personnage est fort commun en France [Précis de littérature française, 2003].
3.20. Retenez les morales les plus célèbres de La Fontaine:
LA CIGALE ET LA FOURMI: «Vous chantiez? J’en suis fort aise. Et bien! dansez maintenant».
LE CORBEAU ET LE RENARD:«Apprenez que flatteur, vit aux dépens de celui qui l’écoute».
LE LOUP ET L’AGNEAU: «La raison du plus fort est toujours la meilleure».
LE CHÊNE ET LE ROSEAU: «Je plie, et ne romps pas».
LE RENARD ET LE BOUC: «En toute chose il faut considérer la fin» [Précis de littérature française, 2003].
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MODULE IV. JEAN RACINE
Les exercices de préparation à la lecture des textes
4.1. Retenez les mots et les expressions suivants:
se livrer – предаваться |
pieux – благоговейный |
altérer – искажать |
singulièrement – особенно |
insomnie (f.) – бессонница |
apologie (f.) – восхваление |
venteux,-se – ветреный |
rage (f.) – ярость |
furibond – неистовый |
désabusé – разочарованный |
déraison (f.) – безрассудство |
divertir – развлекать |
au faîte – на вершине |
apprentie (f.) – ученица |
piété (f.) – набожность |
se tromper – ошибаться |
dédaigner – пренебрегать |
dénudé – оголенный |
4.2. Donnez les antonymes des mots suivants:
toujours, tout, permettre, trouver, le froid, long, attirer, obscur, la tragédie, perdre, souvent, simple, le refus, cesser.
4.3. Complétez les propositions avec les mots suivant le contexte, utilisez ceux-ci de l’exercice précédent.
1.… ne l’intéresse pas.
2.Parfois … était insupportable.
3.On … de sortir au cours de la séance.
4.Il a l’esprit … et c’est le plus grave dans ces obstacles.
5.Enfin elle a … ce qu’elle avait cherché en vain hier.
6.J’ai reçu votre … et j’en suis vraiment très content.
7.Vous savez, ce n’est pas une question …, au contraire, elle est très compliquée.
4.4.Observez l’emploi des pronoms démonstratifs, traduisez
les phrases ci-dessous en faisant attention à l’emploi des pronoms démonstratifs.
1.«Le style a un sexe», celui de Racine serait plutôt féminin.
2.A peine il rédigea péniblement l’histoire de Port-Royal à laquelle celle de Sainte-Beuve fait de l’ombre.
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3.Des vers comme celui-ci, n’appartiennent pas à la langue de l’approbation.
4.Cela dure quelques tragédies en cinq actes.
5.Puis cela le reprit, la fatigue du monde, le désir d’une contre-
vie.
6.Ce n’était pas par simple pose que finissant sa vie comme il l’avait commencée il s’entretint alors des choses du ciel.
7.Cela dit, cette poésie souvent élliptique ou sèche, souffre à mes yeux d’une carence essentielle.
8.La poésie, aujourd’hui, se pratique au sein de chapelles étanches, voire antagonistes, et cela ne concerne que les initiés.
4.5. Observez l’emploi des prépositions avant et devant, traduisez les phrases.
1.Avant ce succès je doutais de lui.
2.Il s’entretint alors des choses du ciel, mais par peur, recueilli devant le mystère du mal.
3.N’attendez pas son retour, partez avant.
4.Quelques voitures stationnaient devant la grande porte du palais.
5.Il éprouvait une sorte de malaise devant la misère d’autrui.
6.Le cœur doit marcher avant l’esprit, l’indulgence avant la sévérité.
7.Il était assis devant un repas magnifique et il ne savait ni que dire ni que faire.
4.6.Remplacez les points par les prépositions avant ou
devant:
1.Réfléchissez bien … de répondre.
2.Attendez-moi … l’entrée.
3.Il est parti … mon arrivée.
4.Elle était assise … lui, calme et silencieuse.
5.Il place ses intérêts … ceux des autres.
6.Tous sont égaux … la loi.
7.Cette rencontre s’est passée trois mois … son départ.
4.7.Précisez la fonction du mot si.
1.Pourquoi nous avez-vous quittés si vite !
2.Sais-tu si tes amis viendront?
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3.Elle est si curieuse !
4.Aimer sans fin et sans retour, c’est leur tragique, leur rôle, leur décision d’être si l’on ose dire.
5.Je vais lui demander si le rédacteur en chef nous recevra aujourd’hui.
6.Si tu ne te lèves pas tout de suite je me fâcherai.
7.Après ces ultimes pièces, si profanes encore, il n’écrit plus que des textes de piété.
8.Si vous apprenez quelque chose, écrivez-moi aussitôt.
9.L’armoire est si pleine que je ne peux plus rien y mettre.
4.8. Lisez et traduisez le texte.
Des tragiques français, Racine (1639-1699) est celui qui s’est avancé le plus loin dans la connaissance du cœur humain il est aussi celui qui a su le mieux aller aux éxigences de la scène, des charmes de la Poésie. Mais Jean Racine, tragédien illustre entre tous, demeure une énigme. Reste cette langue poétique fascinante, cette volonté acharnée de mettre en scène la parole des femmes, en un mot, et à prendre dans tous ses sens, la passion.
À propos de Racine, Roland Barthes parle d’un «homme enfermé». Dans quoi? Dans sa langue sans défaut, dans son enfance sans mère, dans le lien entre l’une et l’autre? De lui-même il parla peu. Même dans un siècle où parler de soi était une faute morale, il y avait peu plus dans son refus de se livrer. Un mystère, une douleur. Il laissa à ses deux fils le soin de détruire ce qui altérait la noble et pieuse fugure d’un homme de Cour. Enfermé dans l’ambition? Mais sait-on ce qui l’attirait vers Louis XIV, la majesté ou la passion de ce roi pour les arts, et singuilièrement les lettres? Le roi l’obligeait à coucher dans sa chambre lors de ses insomnies parce que Racine était le meilleur lecteur du royaume. Peut-être, ces nuits-là, reson- geait-il à son enfance obscure et venteuse parmi les couloirs de PortRoyal, et à ces bords où il fut laissé, dans le tremblement et la rage de faire entendre sa voix.
Enfermé dans les secrets des âmes? Plus précisément, dans la seule passion qui le tint: mettre en scène la parole des femmes. Si, comme le dit Marivaux, «le style a un sexe», celui de Racine serait plutôt féminin. Sur ses neuf tragédies, six ont pour titres des noms de femmes. Reines mourantes, princesses furibondes, amantes désabusées, le plus souvent les pièces n’ont d’autre objet qu’elles. Dans «Andromaque», «Bérénice», «Phèdre» ou «Bajazet», qui pourrait
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s’appeler «Hermione», il ne s’agit que de les posséder ou de les perdre. Elles aiment: «Voyez-moi plus souvent, et ne me donnez rien», murmure Bérénice. Aimer sans fin et sans retour, c’est leur tragique, leur rôle, leur déraison d’être, si l’on ose dire. Phèdre tombe. Hermione tue. Bérénice part. Et les héros? Où sont les hommes? Que font-ils? Ils tentent d’échapper aux femmes. Oreste souffre: «La fléchir, l’enlever, ou mourir à ses yeux». Hippolite fuit: «Présente, je vous fuis, absente, je vous trouve». Néron jouit: «J’aimais jusqu’à ses pleurs que je faisais couler».
Ses héroines le firent connaître et aimer. De 1668 à 1677, ce fut une gloire sans éclipse. Puis, au faîte de la gloire, Racine cessa soudain de hanter les théâtres et d’aimer les actrices. Pendant douze ans, il se tut. Il ne fit que parler. Il n’écrivit pas. Puis cela le reprit, la fatigue du monde, le désir d’une contrevie, le besoin d’entendre des mots de lui dans leurs bouches à elles, encore elles, les blessées, les blessantes. Cette fois, il les fit jouer par les apprenties comédiennes du pensionnat de Saint-Cyr, à qui il confia «Esther» (1689) et «Athalie» (1691), tragédies à thème biblique ou religieux.
On croit voir là un renoncement. Racine s’enferma-t-il en Dieu? Car, après ces ultimes pièces, si profanes encore, il n’écrit plus que des textes de piété: des «Cantiques spirituels» (1694), des prières pour le salut de sa maîtresse, la Champmeslé (1698). Mais il s’agit là d’un retour plus que d’une conversion. C’était par le sacré qu’il était entré dans la littérature avec ses «Poésies chrétiennes et diverses» (1671), et ce n’était pas par simple pose que, finissant sa vie comme il l’avait commencée, il s’entretint alors des choses du ciel, mais par peur, recueillit devant le mystère du mal [Le point, 1999].
4.9.Répondez aux questions.
1.Qui des auteurs tragiques français a connu le plus cœur humain?
2.L’enfance de Racine était-elle facile?
3.Racine aimait-il parler de lui-même dans la vie privée?
4.Quels sentiments éprouvait l’écrivain envers le roi Louis XIV?
5.Comment est-ce qu’on peut définir le style de Racine d’après l’auteur de cet article?
6.Les héroïnes de ses tragédies qui étaient-elles?
7.Pourquoi Racine n’écrit rien pendant douze ans?
8.Racine est-il un homme pieux?
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4.10.Terminez les phrases.
1.A propos de Racine Roland Barthes parle de … .
2.Il laissa à ses deux fils le soin de … .
3.Le roi l’obligeait à coucher dans sa chambre lors de ses insomnies parce que … .
4.Sur ses neuf tragédies, six ont pour titre des noms de … .
5.Ses héroines le firent … .
6.Puis au faîte de la gloire Racine cessa soudain de … .
7.C’était par le sacré qu’il était entré dans … .
4.11.Rappelez-vous quel sens peut avoir l’adverbe toujours, traduisez les phrases qui suivent.
1.Adressez-vous à Charles, c’est un monsieur toujours prêt à vous aider.
2.J connais son adresse, il démeure toujours à côté de chez nous.
3.Jean de La Fontaine n’a pas toujours l’adresse des courtisans.
3.Il paraît qu’il ne viendra pas, téléphonez-lui toujours, on saura s’il faut l’attendre.
4.Vous croyez que ce truc puisse exister? Mais dites toujours … .
5.Les journées étaient fraîches, mais les roses fleurissaient toujours.
6.On ne se trompe pas toujours sur soi.
7.Ce problème n’est toujours pas résolu.
8.Il garda toujours une entaille au-dessus de l’oeil gauche.
9.Ils ne sont pas toujours là où on les attend.
4.12. Complétéz les phrases avec les mots sauf et outre. Précisez leur fonction:
Sauf – à l’exception de, sans compter; outre – en plus de
1.Tous …. sauf lui, ont rejété cette proposition.
2.… l’entrée principale, le parc en avait encore deux.
3.On n’entendait rien … le bruit de la pluie sur le toit.
4.Il a parlé de tout … de l’essentiel.
5.… quelques grands romans, il a écrit beaucoup de nouvelles.
6.Je n’ai rien lu de Maupassant … quelques nouvelles.
7.… ce problème, il nous faudra discuter encore un.
8.J’ai lu ce livre et je me rappelle bien tout, … le nom du héros.
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4.13. Lisez et traduisez le texte.
Quel fut le vrai Racine? Un arriviste assoifé d’honneurs? Un pieux et secret janseniste? Un moraliste déchiré par les souffrances et les humiliations? Tout cela sans doute. Et le plus violent des écrivains.
Il a un an quand meurt sa mère, trois ans quand son père à son tour disparaît. Ils n’étaient ni riches, ni lettrés. Rien ne le disposait mieux que cette entrée difficile sur la scène du monde à en être le plus sensible et le plus blessé des peintres. Son destin était de devenir comme son père officier de grenier à sel. Il fut poète. Et, comme il n’avait pas de bien, il se fit un style. Il garda le sentiment d’être peu, mais eut soif de briller sur la scène. C’est un trajet d’écrivain, mais aussi un travers social: «Toute invention consiste à faire quelque chose de rien», comme il l’écrit dans sa préface de «Bérénice». Ce fut la dévise de son théâtre et le ressort de sa vie entière.
Il garda toujours une entaille au-dessus de l’œil gauche, une pierre reçue en jouant. Intraitable de caractère, petit de taille et de cœur, sa vie ne fut pas tramée de bonté, même s’il exagère de lui prêter l’assassinat de la belle actrice de 30 ans qu’il avait enlevée à Molière, la Du Parc, son Andromaque à la scène. Racine se serait défait d’elle par le poison, non sans avoir tiré de son doigt un diamant de prix, comme l’en accusa le Voisin. Il n’était pas loin de penser que la vie est une faute. Il avait peu d’amis et ne les voyait pas. Mais, lorsqu’il mourut, il suffit d’un mot du roi adressé à Boileau – «Nous avons beaucoup perdu, Despéraux, vous et moi, à la mort de Racine» – pour qu’aussitôt les courtisans eussent envie d’être morts pour être aimés.
Cela dit beaucoup sur l’esprit du Grand Siècle et rien sur le génie de Racine. Ses rapports avec le pouvoir royal étaient, comme sur sa langue, pleins d’ombre et d’orages, avec, au milieu d’un ciel radieux, de grands flamboiements de haine. Son fils Louis rapporte qu’un jour Mme de Maintenon l’entretenait de la misère du peuple, «il répondit qu’elle pourrait être soulagée par ceux qui étaient dans les premières places». Incité par la dame, Racine s’echauffa et écrivit un rapport sur «la misère du peuple», qu’elle s’employa à faire tomber sous les yeux de Louis XIV. Le grand roi, furieux, aurait lâché: «Parce qu’il sait faire parfaitement des vers, croit-il tout savoir? Et parce qu’il est grand poète, veut-il être ministre?»
La faveur du roi, les honneurs, l’Académie, il connut tout ce dont pouvait rêver l’enfant désemparé qui sommeille dans tout am-
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bitieux. Racine fut en politique le contraire d’une belle âme: lui qui avait l’âme déchirée et déliée des moralistes, la finesse psychologique des plus grands écrivains, il se réjouit de la révocation de l’édit de Nantes, applaudit la dévastation du Palatinat. Commissionné comme historiographe du roi, l’écrivain entra dans une longue et brillante carrière de courtisan. Là est le mystère de Racine: après avoir fait «Phèdre» et «Bérénice», passer des années à rédiger des inscriptions à la louange du roi gravées sur les médailles et des monuments.
Qu’on puisse servir la Maintenon après La Montespan, passe encore. Mais admettre qu’un écrivain écrive: «Tous les mots de la langue, toutes les syllabes nous paraissent précieuses, parce qu nous les regardons comme autant d’instruments qui doivent servir à la gloire de notre illustre protecteur?» Quel fut le vrai Racine? Le vil arriviste, qui sombra dans une ultime disgrâce dont peut-être il mourut en 1699? Le pieux et secret janseniste, élevé à Port-Royal, où selon ses désirs, il fut enseveli près de son maître M. Hamon? Le moraliste déchiré par la souffrance et les himiliations, qui trouvait aux ors de Versailles un reflet de sang? Un peu des trois sans doute, et à la vérité un tout autre personnage: le plus violent des écrivains, le plus orgueilleux et le moins vaniteux, voulant comme disparaître dans son œuvre. Il a réussi [Le point, 1999].
4.14.Répondez aux questions.
1.Est-ce que l’auteur de l’article a raison en traitant Racine comme une figure tragique de la littérature française?
2.L’état physique et moral de Racine comment était-il?
3.Comment peut-on définir ses relations avec le roi?
4.La langue de l’écrivain était-elle fascinante?
5.Racine et la Cour du roi Soleil, quelle carrière a-t-il effectuée auprès?
6.D’après vous comment fut le vrai Racine?
4.15.Lisez et traduisez le texte.
Finalement, toute sa vie Racine a été enfremé dans ce qu’énonce ce vers de Boileau, son ami, un frère en exigence: «J’ai voulu lui parler et ma langue s’est perdue». Enfermé dans une langue perdue, les huits dernières années de sa vie, Racine entre dans un nouveau silence. A peine s’il rédigea peniblement une histoire de Port-Royal à laquelle celle de Sainte-Beuve fait de l’ombre, et quelques apo-
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logies du long règne d’un roi qu’il n’aimait pas plus qu’il ne s’aimait lui-même. Rien qui vaille ou qui reste. «J’ai fait par votre ordre près de trois mille vers sur un sujet de piété», écrit-il à Mme de Maintenon en 1968, mais il entendait laisser dans la prose une marque aussi profonde que «celle qu’avaient creusée ses vers».
On se trompe toujours sur soi: ce qui fait son théâtre si grand, sa langue poétique si belle, c’est justement qu’il ne s’agissait plus de tragédie ou de poésie. Racine écrivait de la prose sans le savoir. Ses vers où s’oublie la poésie ne mesurent plus leur course pas à pas, pied à pied, ils ne chantent même pas, mais ils parlent. Des vers dénudés de leurs sens et dépouillés de leur musique, si beaux, si droits, emportés d’une nostalgie dont on ne sait si elle est celle du silence ou de la parole, des vers qui fatalement coulent comme un cours d’eau remonterait à sa source. Des vers comme celui-ci: «Et nous avons des nuits plus belles que vos jours», n’appartiennent pas à la langue de l’approbation ou du refus du monde qui est celle des poètes, mais à la langue ordinaire des êtres ordinaires, celle qui dit ce qui est «Tristesse majestueuse» et simple de Jean Racine.
Passion. Ce seul mot, pris dans tous ses sens, dit ce que furent son œuvre et sa vie, cette façon qu’ont le mal et le bien de se combattre mais aussi de se confondre dans le tragique. Au fond, un même livre court de Racine à Proust, que Baudelaire au passage récrit en y mêlant l’horreur. Une même leçon: les gens du monde sont gens du vide, les hommes de Cour sont des fantômes parlant depuis le néant. Être aimé, c’est être diverti de la mort. Cela dure quelques tragédies en cinq actes, quelques poèmes inévitables ou les trois mille pages du roman d’un insomniaque. Il paraît que Racine mourut en prononçant un seul mot, et que ce mot était: «Silence». On préfère l’imaginer se souvenant de ce vers qu’il prête à Monime et qu’il demandait à la Champmslé de dire en baissant la voix comme si elle tombait au milieu: «Nous nous aimions … . Seigneur, vous changez de visage» [Le point,1999].
4.16. Faites un résumé du texte lu en employant les expressions suivantes.
1.Le texte (l’auteur) expose … , présente … , parle de … , traite de … .
2.Le sujet traité dans ce texte est … .
3.Il s’agit de montrer que … .
4.Le texte raconte (relate, retrace) … .
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5.L’auteur décrit (dépeint, détaille) … .
6.Il explique (démontre, prouve) … .
7.L’auteur fait le récit de … , la description de … .
8.L’auteur aborde … , esquisse … , donne un aperçu de … , évoque, développe (longuement, brievement) illustre … .
4.17. Pour vous donner l’occasion de faire connaissance de l’œuvre de Racine, on vous propose de lire un petit extrait de sa tragédie «Phèdre».
Phèdre
On dit qu’un prompt départ vous éloigne de nous, Seigneur. A vos douleurs je viens joindre mes larmes. Je vous viens pour un fils expliquer mes alarmes. Mon fils n’a plus de père: et le jour n’est pas loin Qui de ma mort encore doit le rendre témoin.
Déjà mille ennemis attaquent son enfance. Mais un secrèt remords agite mes esprits.
Je crains d’avoir fermé votre oreille à ses cris. Je tremble que sur lui votre juste colère
Ne poursuive bientôt une odieuse mère.
Hippolyte
Madame, je n’ai point de sentiments si bas.
Phèdre
Quand vous me haïriez, je ne m’en plaindrais pas, Seigneur. Vous m’avez vue attachée à vous nuire; Dans le fond de mon cœur vous ne pouviez pas lire. A votre intimité j’ai pris soin de m’offrir.
Aux bords que j’habitais je n’ai pu vous vous souffrir. En public, en secret, contre vous déclarée,
J’ai voulu par des mers en être séparée; J’ai même défendu, par une expresse loi, Qu’on osât prononcer votre nom devant moi. Si pourtant à l’offense on mesure la peine, Si la haine peut seule attirer votre haine, Jamais femme ne fut plus digne de pitié,
Et moins digne, Seigneur, de votre inimitié [Le Magazine Littéraire , 2010].
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