Французский язык для обучающихся по направлению подготовки «Филология» (продвинутый этап обучения). Учебное пособие
.pdfseurship, garantirait la pertinence de leurs jugements esthétiques. Les nerfs, comme vecteurs de la sensibilité, comme traits d’union entre l’âme et le corps, comme principes d’une réflexivité du sentir, induisent une sorte d’ambivalence des valeurs éthiques et esthétiques dont ils sont les vecteurs. La pitié, la compassion sont affaire de sensibilité, mais les Goncourt se réclament aussi d’une lucidité cruelle.
Leurs écrits définissent des axiologies qui réfèrent aux catégories esthétiques mais aussi aux valeurs morales que les fictions tout particulièrement déploient. Leurs romans retracent volontiers des parcours exemplaires qui laïcisent parfois des valeurs chrétiennes (le pardon, la charité) ou prennent la forme de calvaires dont le sens échappe mais qui permettent d’engager la critique des institutions religieuses et judiciaires notamment. La Fille Élisa met ainsi en cause des dispositifs de surveillance et de silence qui associent la religion et l’État. L’œuvre romanesque et théâtrale renoue parfois avec le manichéisme du mélodrame et du feuilleton. Dans un univers sans transcendance, comment sortir de la satire dès lorsqu’on aborde la question morale?
Les frères Goncourt n’ont cessé de proclamer la valeur de leurs œuvres, leur qualité d’hommes de lettres, leur avant-gardisme qui ferait d’eux des précurseurs. Ils entendent partout affirmer leur qualité, ou si l’on préfère, en termes sociologiques, leur «distinction». Ce mot définit leur positionnement social, politique, esthétique, stylistique quelle que soit la «vertu» démocratique de romans centrés aussi bien sur une servante hystérique qui, par ses nerfs, est en partie leur répondant que sur une jeune fille de la haute société impériale, qui, par son culte du chiffon, leur ressemble un peu. L’écriture artiste signe en ces temps de journalisme et d’œuvres anonymes (une page de Maupassant selon Edmond pourrait être signée par n’importe qui: elle ne porte aucune marque), leur aristocratisme, comme un code de l’honneur dans les lettres, leur différence. Il existe pour eux une éthique de la création qui fait sens par opposition aux facilités des bohèmes, aux ficelles de la littérature industrielle, aux procédés de la tradition académique; cette morale, parfois baptisée «idéal», tend à faire accroire qu’ils sont étrangers aux circuits économiques. La valeur (qualitative) de l’art ne se mesurerait pas à l’aune de l’argent gagné par un écrivain. L’échec, en revanche, peut avoir une valeur distinctive et devenir la signature d’une qualité méconnue du grand public.
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Dans ce contexte, comment les valeurs éthiques et esthétiques sont-elles atteintes par des formes nouvelles de distinction? Comment la littérature est-elle à la fois un miroir et un agent de la constitution, de la transmission et des révolutions de valeurs? En quoi écrire suppose-t-il, par-delà la diversité des convictions et des postures morales, une éthique de la littérature? L’œuvre des Goncourt, par son ampleur, par la diversité de ses points de vue, par sa pluridisciplinarité, par les valeurs morales qu’elle persiste à représenter, par le témoignage exceptionnel que constitue le Journal, offre un point de vue privilégié sur une question longtemps refoulée par les études critiques poétiques ou formalistes, mais qui se pose, dans le contexte actuel, avec acuité et invite à une réflexion globale et nourrie sur les Goncourt, sur leur œuvre, leur place dans le champ littéraire [Le Magazine Littéraire , 2010].
11.13.Terminez les phrases.
1.Les frères Goncourt furent des … .
2.Romanciers de talent qui … .
3.À la croisée des genres et des courants artistiques, ils occupent ….
4.Puisqu’ils relatent et jaugent … .
5.Leurs écrits définissent … .
6.Les frères Goncourt n’ont cessé de proclamer … .
7.L’œuvre des Goncourt offre un point de vue … .
11.14.Faites un résumé du texte en employant les
expressions ci-après.
-le texte est consacré à … .
-dans ce texte il est question de … .
-l’auteur analyse … .
-en conclusion on parle de … .
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MODULE XII. LE XXe SIÈCLE
Les exercices de préparation à la lecture des textes
12.1. Retenez les mots et les expressions suivants:
atrocité (f.) – жестокость abasourdir – оглушать bêtise (f.) – глупость blessure (f.) – рана horreur (f.) – ужас
se contenter – довольствоваться source (f.) – источник inspiration (f.) – вдохновение contre-poison (m.) – противоядие s’écarter – уклоняться évidemment – очевидно
12.2. Traduisez les séries de mots:
artisan cordonnier; toutes sortes de gens; il était d’origine piémontaise; à consonance italienne; il ressent la nécessité; laisser sans doute; se perdre dans la nuit des temps; passe par les épreuves; sans avoir tué personne; passer un souffle d’air; les lettres françaises; entre autres; porter ses fruits; vide d’inspiration; à l’origine des mouvements; la manière d’écrire.
12.3. Traduisez les mots formés avec le préfixe -de , trouvez-en les antonymes de la même racine.
Déranger, dénominateur, démesurer, dévaster, désordre, découvrir, débarasser, défaire, décrypter, détracteur, déplacer, desséché, démolir, dénoncer, désespoir.
12.4. Distinguez le champ d’emploi du verbe rendre:
rendre qch (un livre) – вернуть что-либо,
rendre un service à qn оказать услугу кому-либо, se rendre –отправиться куда-либо,
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rendre + adjectif – сделать каким-либо;
rendre malheureux, rendre facile, rendre ridicule, rendre inutile, rendre agréable, rendre inapte; rendre furieux; rendre heureux.
12.5.Traduisez les phrases données:
1.Le premier roman qui le rend célèbre s’intitule «Colline».
2.Il y a l’espoir et la volonté de rendre le monde meilleur.
3.Rendez à la bibliothèque vos livres et ceux de Jean.
4.Un jour Tartarin s’est rendu en Afrique.
5.J’espère qu’il vous rendra ce service.
6.En témoignant de nombreuses corrections qu’il n’a cessé d’apporter à ses vers – bien souvent pour les rendre plus conformes à l’évolution.
7.L’horreur de voir déplacer les meubles et emballer mes petites habitudes me rendit frileuse et mauvaise comme un chat sous la pluie.
8.J’aurais pu la rendre peut-être très heureuse.
9.Et bien, mon enfant, comme ça vous vous rendrez malade.
12.6.Lisez et traduisez le texte.
JEAN GIONNO
En 2020, Jean Giono aurait eu cent vingt-cinq ans. Des écrivains français du 20e siècle, il est aussi important que St-Exupéry, Sartre ou Camus. Le connaissez-vous? Son nom à consonance italienne nous rappelle que son père était d’origine piémontaise. Artisan cordonnier, celui-ci s’était fixé à Monosque, en Provence.
Jean Giono est né dans une famille modeste. Il a une enfance simple, gaie mais pauvre. Rien ne le prépare particulièrement à une brillante carrière littéraire. Au contraire, après ses études au lycée, et comme il ressent la nécessité d’aider ses parents financièrement, il devient employé de banque en 1911, à 16 ans. Mais le travail bancaire lui laisse sans doute un peu de temps car il écrit alors ses premiers vers. Et surtout, il rencontre toutes sortes de gens qui vont plus tard constituer sa collection de portraits.
En 1914, on ne parle pas de mariage. C’est la guerre, la Première Guerre mondiale. Et Jean Giono découvre, avec des millions d’autres jeunes Européens, l’atrcocité, la bêtise, le tragique, l’horreur d’un conflit dont les raisons se perdent dans la nuit des temps.
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Il n’est qu’un simple soldat. Il passe par toutes les épreuves, dont la bataille de Verdun. Et surtout, il y perd son ami d’enfance.
A la fin de la guerre, Jean Giono est comme beaucoup d’autres: abasourdi. Il fera des cauchemars pendant des années. Mais il a eu la chance de s’en sortir, sans blessure grave et «sans avoir tué personne» comme il le dit. Il devient surtout résolument pacifiste. Pour lui, desormais, aucune cause ne vaut la mort de milliers d’hommes, et pas même d’un seul.
En 1920, le monde revit. Les mois, et les années passent. Jean Giono ne se content plus de la vie de la banque. Il veut s’exprimer. Traduire ce qu’il ressent. Mais il ne cherche pas systématiquement à parler de la guerre, au contraire, il cherche une antidote, un contrepoison. Et ce sera la beauté, l’art d’écriture.
Le premier roman qui le rend célèbre s’intitule «Colline». C’est une histoire de gens simples, dans un village de Haute Provence où l’eau de la seule source disparaît. Ce roman, publié chez Grasset, est immédiatement un succès. Le ton, le style, l’inspiration de Giono font passer un souffle d’air sur les lettres françaises alors à vide d’inspiration. Suit un autre roman, «Un de Baumugnes», puis «Regain», où un homme et une femme font revivre un village abandonné, Aubignane.
Jean Giono devient vite une figure de premier plan, bien qu’il demeure loin de Paris. «Le Chant du monde», «Que ma joie demeure …» ses ouvrages sont toujours plus riches, plus intenses. Ils sont traduits en allemand, en anglais, en russe … . L’écrivain ne se contente pas d’écrire pour la beauté de la langue, mais pour transmettre des idées. Des idées fortes dans un monde qui s ‘oriente vers une deuxième catastrophe, la Seconde Guerre mondiale. Giono parle des «vraies richesses» (c’est le titre de l’un de ses livres) qui sont … le bonheur de vivre, l’amitié, la solidarité, le respect de la nature. Il n’aime pas les grandes villes, il craint et dénonce les puissances d’argent. Avec des amis, il crée une petite communauté littéraire, Le Contadour. Mais Giono n’a rien d’un «gourou». Attiré par le communisme, il s’en écarte bientôt et dénonce le totalitarisme de Staline. Ainsi que tous les extrémismes. En fait, il reste un homme libre, ce qui n’est jamais facile.
En 1951, il publie «Le Hussard sur le toit», que l’on peut comparer à «La peste» de Camus bien que le style soit très différent. Jean Gionno y transmet l’idée que la vie est toujours un combat, et que nul ne doit désespérer car tous les efforts, même les échecs, portent un jour leurs fruits.
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Trois pages de cet article ne suffisent évidemment pas à présenter un auteur de cette stature. Il faut s’y plonger: on ne peut pas être indifférent à sa manière d’écrire. Jean Giono est auteur de romans, de poèmes, d’ouvrages de réflexion, d’articles de presse, de dialogues de film et de théâtre. Son œuvre est vaste et originale. Ses idées sont, entre autres, à l’origine des mouvements «alternatifs» ou écologistes. Mais un écologisme vrai et sincère où il y a l’espoir et la volonté de rendre le monde meilleur.
Avec Jean Giono, vous découvrirez aussi la Provence, mais pas celle des touristes ou des cartes postales. Pas même la Provence d’Alphonse Daudet ou de Pagnol. Un pays sauvage, beau mais rude. La Provence des montagnes, des terres desséchées par le vent et le soleil, qu’on ne peut découvrir qu’à pied, quelque part entre le mont Ventoux et le Vercors. Car Giono l’a écrit, en conclusion à l’un de ses ouvrages: «Le soleil n’est jamais si beau qu’un jour où l’on se met en route» [Lettre de Paris, 1995].
12.7.Répondez aux questions.
1.Quand et où est né Jean Giono?
2.De quelle famille est-il issu?
3.Quelle formation a-t-il reçue?
4.Quel métier a-t-il exercé avant la Première Guerre mondiale?
5.Quel sentiment Jean Giono a-t-il éprouvé envers la guerre?
6.Comment cela a influencé sa vie et ses convictions?
7.Quel sentiment éprouve l’auteur après la guerre, étant émployé à la banque?
8.Quel roman le rend célèbre?
9.Pourquoi l’œuvre de Jean Giono est tellement appréciée?
10.Pourquoi est-il connu dans le monde entier?
11.En quelles langues ses ouvrages ont-ils été traduits?
12.Avec quels écrivains français met-on Jean Giono au même
rang?
12.8.Traduisez les phrases en faisant attention aux divers
types de négation.
1. Je marchais à grands pas, le visage enflammé, le vent sifflant dans ma chevelure, ne sentant ni pluie, ni frisson, enchanté, tourmenté, et comme possédé par le démon de mon cœur.
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2.Je viens de découvrir qu’aucun livre de Maurice Barrès n’est plus disponible dans aucune collection.
3.Rien ne le prépare particulièrement à une brillante carrière littéraire.
4.Raphael marcha lentement dans les corridors de la salle, ne se promettant aucune jouissance de ces plaisirs si fort enviés jadis.
5.Oh ! ceux qui envient les sommes que gagnent les grands travailleurs de la littérature ne connaissent guère à quel prix ce peu d’or est vendu.
6.Pour lui, désormais, aucune cause ne vaut la mort de milliers d’hommes, et pas même d’un seul.
7.Les mois, et les années passent. Jean Giono ne se content plus de la vie de la banque.
8.Il savait que ses romans «Les Natchez», «Les Martyrs» n’avaient plus guère de lecteurs.
9.Sa démarche n’accusait rien de gêne d’artificiel.
10.Mais Giono n’a rien d’un «gourou».
11.En fait, il reste un homme libre, ce qui n’est jamais facile.
12.Mais il a eu la chance de s’en sortir, sans blessure grave et «sans avoir tué personne» comme il le dit.
13Nul ne doit désespérer.
14.Toute invention consiste à faire quelque chose de rien.
15.Depuis que je sais lire, je suis «souris chez papa», et, si je ne m’effarouche guère, je ne me passionne pas trop non plus.
16.Je n’en savais rien du tout en réalité.
17.Franchette non plus n’en sait rien.
12.9. Lisez et traduisez le texte ci-dessous.
Aubignane est collé contre le tranchant du plateau comme un petit nid de guêpes; et c’est vrai, c’est là qu’ils ne sont plus que trois. Sous le village, la pente coule sans herbes. presque en bas, il y a un peu de terre molle et le poil raide d’une pauvre oseraie. Dessous, c’est un vallon étroit et un peu d’eau. C’est donc des maisons qu’on a bâties là, juste au bord, comme en équilibre, puis, au moment où ça a commencé à glisser sur la pente, on a planté au milieu du village le pieu du clocher et c’est resté tout accroché. Pas tout: il y a une maison qui s’est comme décollée, qui a coulé de haut en bas, toute seule, qui est venue s’arrêter, les quatre fers d’aplomb, au bord du ruisseau, à la fourche du ruisseau et de ce qu’ils appelaient la route, là, contre un cyprès.
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C’est la maison de Panturle.
Panturle est un homme énorme. On dirait un morceau de bois qui marche. Au gros de l’été, quand il se fait un couvre-nuque avec des feuilles de figuier, qu’il a les mains pleines d’herbe et qu’il se redresse, les bras écartés, pour regarder la terre, c’est un arbre. Sa chemise pend en lambeaux comme une écorce. Il a une grande lèvre difforme comme un poivron rouge. Il envoie la main lentement sur toutes les choses qu’il veut prendre, généralement ça ne bouge pas ou ça ne bouge plus. C’est du fruit, de l’herbe ou de la bête morte; il a le temps. Et quand il tient, il tient bien [Précis de la littérature française, Paris 2003].
12.10. Faites un résumé sur l’œuvre de Jean Giono.
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MODULE XIII. EUGÈNE IONESCO
Les exercices de préparation à la lecture des textes
13.1. Retenez les mots et les expressions suivants:
clairsemé – редкий pusillanime – малодушный timoré – боязливый, забитый s’ingénier – ухищряться consentement (m.) – согласие soumission (f.) – покорность onirique – фантастический
dévastateur – опустошительный noctambule (m.) – лунатик s’affirmer – утверждаться ébahissement (m.) – изумление cuirasse (f.) – броня
mensonge (m.) – ложь ménage (m.) – семья sursaut (m.) – скачок
interloquer – сбивать с толку
13.2. Traduisez les séries de mots:
longtemps méconnu; la vision provocatrice et fantaisiste; personnage inclassable; le génial hurluberlu; la cohérence du monde visible; descendant arrogant; un obscur bâtard; dissiper tout malentendu; il s’en prit au langage; un fils indigne; raconter tous les jours; la richesse de la langue française.
13.3. Précisez le sens des mots.
Ailleurs indique un lieu, autre part.
Par ailleurs permet d’introduire un nouvel élément d’un raisonnement: de plus, d’autre part.
D’ailleurs fait suite à un argument déjà fait dans un raisonnement.
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1.Et l’auteur, illustre inconnu menant par ailleurs une vie rangée, passa d’abord inaperçu.
2.Il vit en France, il y a trois mois il a habité ailleurs.
3.Par ailleurs, la présence de l’environnement quotidien des enfants des banlieues dans les romans policiers représente une ouverture.
4.Elle l’est d’ailleurs.
5.Ils sont partis ailleurs.
6.Par ailleurs, des genres nouveaux pour la jeunesse, le policier notamment, sont apparus dans les dix dernières années.
7.Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi je n’avais pas aimé cette femme, si belle d’ailleurs.
8.Le métier n’est d’ailleurs pas sinistre.
9.D’ailleurs, je ne l’avais jamais vue cracher dans les tasses.
10.Ça fait, d’ailleurs, un sale ton violacé que je mange tout de
suite.
13.4.Lisez et traduisez le texte avec un dictionnaire.
EUGÈNE IONESCO (1909-1994)
Il a révolutionné l’art du théâtre par sa vision provocatrice et fantaisiste d’un monde qu’il jugeait sans pitié. D’origine roumaine, ce génial hurluberlu fut l’un de ceux qui ont le mieux illustré la richesse de la langue française. Longtemps méconnu, il n’en entra pas moins à l’Académie française et, avec Henri de Montheriant, il est le seul dramaturge contemporain à être édité dans la Pléïade. Eugène Ionesco, personnage inclassable, est mort le 28 mars 1994, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans.
Né à Slatina (Roumanie) en 1909, d’une mère française et d’un père roumain, Eugène Ionesco s’installa à Paris en 1938. Dès sa première pièce, «La Cantatrice chauve» (1950), il s’en prit au langage, se plaisant à dynamiter en douce la belle architecture de la prose française. La première représentation eut lieu le 11 mai 1951, au Théâtre des Noctambules, face à une salle des plus clairsemées. Cela fit peu de bruit. Et l’auteur, illustre inconnu menant par ailleurs une vie rangée, passa d’abord inaperçu. Mais dès sa deuxième pièce «Jacques ou la soumission» (1951), imposant plus radicalement la singularité de son style, il dérangea.
Les uns firent de ce petit homme, qui passait pour pusillanime et timoré, un fils indigne des surréalistes, les autres, un descendant
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