Французский язык для обучающихся по направлению подготовки «Филология» (продвинутый этап обучения). Учебное пособие
.pdfarrogant de Lewis Carrol ou un obscur bâtard d’Eugène Labiche, indifférent au désordre qu’il provoquait, celui qu’on s’ingéniait à qualifier de «boulevardier kafkaïen», n’en continuait pas moins à écrire des histoires comme on en raconte tous les jours: un fils qui veut se marier sans le consentement de ses parents «Jacques ou la soumission»: un couple de vieillards solitaires qui attendent des invités qui ne viendront pas «les Chaises», 1952; un ménage que lentement, l’habitude défait «Amédée ou comment s’en débarasser», 1954 [Précis de la littérature française, Paris 2003].
13.5. Traduisez les phrases, observez l’emploi du subjonctif.
1.L’originalité puissante de cette dramaturgie, la plus étrange que nous ait révélée l’après-guerre.
2.Mais il avait fait rire trop de gens pour qu’on admette volontiers son désespoir.
3.On peut le comparer à «La peste» de Camus bien que le style soit très différent.
4.Sans que la censure puisse s’exercer car apparemment Jean de La Fontaine ne conte que des histoires de lion, de loup, d’ours ou de souris … .
5.Lorsqu’il mourut, il suffit d’un mot du roi adressé à Boileau pour qu’aussitôt les courtisans eussent envie d’être morts.
6.Rien qui vaille ou qui reste.
13.6. Lisez et traduisez le texte.
UN COMIQUE ONIRIQUE ET DÉVASTATEUR
Mais ce fut avec «Le Nouveau Locataire» (1957), court mais inoubliable chef-d’œuvre, qui s’affirma véritablement l’originalité puissante de cette dramaturgie, «la plus étrange que nous ait révélée l’après-guerre», selon l’avis de Jacques Lemarchand. Cette «aventure domestique», imaginée par un rêveur inquiet qui doutait autant du sens des mots que de la cohérence du monde visible, était le fruit d’un comique onirique et dévastateur ayant su rendre à l’absurde ses droits.
Très vite angoissé par l’admiration ambiguë qu’on lui voulait à présent et supportant mal l’étiquette de «philosophie farceuse», Ionesco décida, pour dissiper tout malentendu, d’écrire des fables qui auraient comme matière les grands lieux communs qui agitent et divisent les hommes.
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De «Tueurs sans gages» (1959) à «Jeux de massacre» (1970), en passant par Rhinocéros (1960) et «Le Roi se meurt» (1962), il ne cessa d’être au cœur des débats. Plus faciles à décrypter, ces textes devaient le réconcilier avec ses premiers détracteurs. Mais pour l’homme de théâtre – poète de l’absurde au même titre qu’Adamov
– l’anxiété métaphysique (sa maladie chronique) se faisait, à chaque pas, plus vive. Et ce fut cette peur permanente et féconde qui engendra les ressorts essentiels de son œuvre: l’ébahissement d’être, le mensonge des apparences, l’insécurité de l’individu dans un monde qui ne s’avère être, finalement, rien d’autre qu’une triste farce. De ce constat terrifiant d’une inconséquence primordiale, l’homme ne se remit jamais. Et si l’humour fut l’une des armes favorites du dramaturge, il lui servit aussi de cuirasse.
«Je ne sais pourquoi je suis venu au théâtre, disait-il parfois … . Mes pièces n’ont rien changé dans le monde. Peut-être, même, ai-je perdu mon temps?» Mais il avait fait rire trop de gens pour qu’on admette volontiers son désespoir. Pourtant, ce combat mené contre les mots qui avait toujours été le sien, dans un monde vidé de sens, quelle pouvait en être la portée? Son œuvre, qu’il qualifiait dans ses meilleurs jours «d’ardhitecture d’interrogation», l’interloquait la plupart du temps. Il s’ingéniait même à la démolir. Analysant sa manière toute personnelle de mêler le visible et l’invisible. JeanLouis Barrault, dans ses «Cahiers», disait que «ses pièces étaient à la littérature classique ce que la géometrie de Riemann et de Lobatchevski était à celle d’Euclode».
Par-delà les calembours et les contrepèteries transparaissent en effet dans ses écrits ce qu’il appelait lui-même un théâtre «d’aventure métaphysique» montrant, au fil des actes, comment le langage, loin de rapprocher les hommes, les sépare le plus souvent. Pour lui, l’Histoire – lieu d’erreurs par excellence – s’était jouée de l’homme, lequel ne sut jamais bâtir une société. Pourtant Ionesco, dont les pièces sont toujours plus jouées dans le monde entier et dont les personnages, enfermés dans la grisaille du quotidien, disent chaque jour «l’errance de l’homme dans l’univers», ne baissa jamais ni son regard, ni sa plume. Dans une interview accordée au critique Eugène Lamy en 1990, à laquelle il répondit par écrit, le dramaturge, à la question «Comment aimeriez-vous mourir?» déclara: «Je ne veux pas mourir». C’était comme un sursaut du cœur pour ce Roumain qui avait quitté son pays à trois ans et que les bouleversements de l’Est remuèrent au plus profond de ses souvenirs.
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Alors qu’il vient de quitter la scène de la vie pour une autre destinée qui le désespérait tout autant, il nous semble entendre la voix de Béranger l’irréductible qui, à la fin du «Rhinocéros», s’écrit: «Je suis le dernier homme … . Je ne capitulerai jamais.» [Magazine littéraire, 2010].
13.7.Répondez aux questions.
1.Quelle est l’origine de l’écrivain Eugène Ionesco?
2.Quels étaient ses premiers pas dans la littérature?
3.Comment la critique traitait-elle l’écrivain au cours de sa carrière?
4.Pourquoi son œuvre est tellement appréciéе?
5.Qui est le héros principal de ses pièces?
13.8. Traduisez les phrases avec les pronoms possessifs.
1.Pourtant, ce combat mené contre les mots qui avait toujours été le sien.
2.Elle avait fait ses malles en pleurant, selon les rites de Combray, et en déclarant supérieure à toutes les maisons possibles celle qui avait été la nôtre, colportage.
3.Cependant une véritable littérature de jeunesse est née quand les auteurs et les illustrateurs ont inventé des livres en investissant la part d’enfance qui étaient la leur.
4.J’aurai pour moi toute seule, une coiffeuse plus grande que la tienne à Paris.
13.9. Lisez et traduisez l’exrtait tiré de l’œuvre d’Eugène Ionesco.
RHINOCÉROS
JEAN
Je n’ai pas le temps de me reposer. Je dois chercher ma nourriture.
BÉRENGER
Vous n’avez pas grand-chose, puisque vous avez faim. Cependant, vous devriez quand-même vous reposer quelques jours. Ce sera plus prudent. Avez-vous fait venir le médecin? JEAN
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Je n’ai pas besoin de médecin. BÉRENGER
Si, il faut faire venir le médecin. JEAN
Vous n’allez pas faire venir le médecin, puisque je ne veux pas faire venir le médecin. Je me soigne tout seul.
BÉRENGER
Vous avez tort de ne pas croire à la médecine. JEAN
Les médecins inventent des maladies qui n’existent pas. BÉRENGER
Cela part d’un bon sentiment. C’est pour le plaisir de soigner les gens.
JEAN
Ils inventent des maladies, ils inventent des maladies ! BÉRENGER
Peut-être les inventent-ils. Mais ils guérissent les maladies qu’ils inventent.
JEAN
Je n’ai confiance que dans les vétérinaires.
BÉRENGER, qui avait lâché le poignet de Jean, le prend à nouveau.
Vos veines ont l’air de se gonfler. Elles sont saillantes. JEAN
C’est un signe de force. BÉRENGER
Evidemment, c’est un signe de santé et de force. Cependant … .
Il observe de plus près l’avant-bras de Jean, malgré celui-ci, qui réussit à le retirer violemment.
JEAN
Qu’avez-vous à m’examiner comme une bête curieuse? BÉRENGER
Votre peau … . JEAN
Qu’est-ce qu’elle peut vous faire ma peau? Est-ce que je m’occupe de votre peau?
BÉRENGER
On dirait oui, on dirait qu’elle change de couleur à vue d’oeil. Elle verdit. (Il veut reprendre la main de Jean.) Elle durcit aussi.
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JEAN, retirant de nouveau sa main.
Ne me tâtez pas comme ça. Qu’est-ce qu’il vous prend? Vous m’ennuyez.
BÉRENGER , pour lui
C’est peut-être plus grave que je ne croyais. (À Jean) Il faut appeler le médecin. Il se dirige vers le téléphone.
JEAN
Laissez cet appareil tranquille. (Il se précipite vers Bérenger et le repousse. Bérenger chancelle.) Mêlez-vous de ce qui vous regarde.
BÉRENGER
Bon, bon. C’était pour votre bien [Ionesco, 1959, p. 150-151].
13.10. Après la lecture et la traduction de ce chapitre faites un rapport sur la vie et l’œuvre d’Eugène Ionesco.
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BIBLIOGRAPHIE
1.Balzac Honoré de. La peau de chagrin, Le livre de poche. Paris : Librairie Générale Française, 1972. – 380 p.
2.Ionesco Eugène. Rhinocéros. Paris, 1959. – 160 p.
3.Le Figaro Magazine, 25.06.1985.
4.Le Magazine Littéraire, 2010.
5.Label France, 2002.
6.La littérature française XVIIIe siécle. Paris: Hachette, 1998. – 483 p.
7.Mauger Gaston. Cours de la langue et le civilisation française. Paris: Librairie Hachette, 1961. – 244 p.
8.Précis de la littérature française. Paris: Librairie Delagrave, 2003. – 493 p.
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Учебное издание
Автандилова Елена Михайловна, Кравцов Сергей Михайлович
ФРАНЦУЗСКИЙ ЯЗЫК ДЛЯ ОБУЧАЮЩИХСЯ ПО НАПРАВЛЕНИЮ ПОДГОТОВКИ «ФИЛОЛОГИЯ»
(ПРОДВИНУТЫЙ ЭТАП ОБУЧЕНИЯ)
компьютерная верстка Н. Н. Однораленко дизайн обложки А. В. Киреев
Подписано в печать 15.11.2021 г.
Бумага офсетная. Формат 60×84 1/16. Тираж 30 экз.
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