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Практика письменного перевода (на материале новелл Э. Базена). Учебное пособие

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remplissant l’autre, faire sauter les filles dans celle du fond et les bouchons dans celle du devant. L’aveugle acceptait de moudre des valses à petit tarif. Le jour de la saint-Louis, fête du village, le Coq blanc donna son premier bal et Pierre Le

Broqué, pour cinq cents francs, s’installa sur une grande caisse, tapissée d’une couverture, qui composait l’estrade.

Ce fut un succès. On s’étouffa l’après-midi, on s’étouffa toute la nuit chez

Toussaint. Tandis que les fils, maniant la belle à pleins bras, profitaient de chaque pause pour siffler chopine, les filles sirotaient des flots d’orangeade, aidées par leurs mères qui s’écrasaient sur des chaises de paille, côté tapisserie, et tricotaient d’un oeil en surveillant de l’autre le pas lourd des galants convenablement pourvus d’hectares. Bousculée, ricochant de coude en coude, la Clope s’affairait, vingt fois repartie, vingt fois rappelée. Sur son perchoir l’accordéoniste fabriquait du rythme pour tympan solide, passait d’un fox, trotté au pas de chasseur, à un tango, pesamment chaviré. Il suait si fort que la patronne, satisfaite de l’encaisse, héla soudain la Clope:

– Porte ça au Broqué.

La Clope attrapa au vol un demi de petite bière et, sur une fin de morceau, traversa la cohue, se hissa jusqu’à l’aveugle qui, les prunelles fixes, l’air absent, s’épongeait le front d’une main lente. Dans le brouhaha, nul n’entendit ce qu’elle lui disait et ce fut sans doute bien banal. Mais Le Broqué soudain revenu de loin, se pencha pour dire, très haut:

– Merci, Mademoiselle.

La Clope, qu’on appelait quelquefois Margot, mais jamais Mademoiselle, en fut toute saisie. Une danseuse pouffa. Et ce fut du délire quand, l’aveugle ayant demandé dans le vide: «Qui est-ce ? La fille de la patronne ?» un luron crut malin de répliquer:

– Non, ce n’est que la servante. Mais comme pin-up, je te la recommande !».

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2 Mots et expressions à retenir et à employer.

сrin (m) – локон, прядь;

les yeux vairons – неодинакового цвета (глаза); bancal – кривоногий;

s’essouffler – запыхаться;

hideux – безобразный, отвратительный; accort – приветливый, приятный; disgrâce (f) – невзгоды;

clocher – хромать; mépris (m) – презрение; deviner – догадаться;

rêvasser – грезить, мечтать; quolibet (m) – шутка, насмешка; dérision (f) – насмешка;

canne (f) – трость;

parvenir – достигать, удаваться; noce (f) – свадьба;

supprimer – отменить, уничтожать;

abuser – обманывать, вводить в заблуждение, злоупотреблять;

luron (m разг.; f – luronne) – 1) молодец; молодчик; бойкий, разбитной малый, бойкая женщина; 2) un gai [joyeux] luron – весёлый малый; 3) бабник;

лихая баба;

infailliblement – безошибочно, неизбежно.

3 Traduisez les phrases en utilisant les mots inconnus.

1Её каштановые локоны падали на лицо, заслоняя загадочные глаза неодинакового цвета.

2Её лицо было настолько безобразным, что даже с улыбкой она не казалась приветливой.

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3С самого детства ее преследовали невзгоды, однажды она так сильно упала, что травма оставила её кривоногой.

4По аллее прогуливался пожилой человек с тростью, немного прихрамывая.

5Вернувшись в школу, она столкнулась с презрением. Отовсюду на неё сыпались шутки и насмешки.

6Роберту не нужно было ничего объяснять, его выражение лица говорило о том, что он обо всем догадался сам.

7В серые и безжизненные будни ему оставалось только грезить о беззаботных выходных.

8Он запретил себе думать о свадьбе, пока не добьется своих целей.

9У него был такой громадный жизненный опыт, что он мог безошибочно определить, когда люди врут.

10Пожар уничтожил все, что было ему дорого.

4 Composez 20 questions pour animer la discussion à partir du sujet de la nouvelle.

5 Traduisez les mots tirés du texte et trouvez les synonymes dans la

deuxième colonne.

dérision (f)

torchonner

hideux

clocher

avertir

informe

éponger

brocard (m)

saoul

poivrot (m)

ivrogne (m)

maligne

boiter

prévenir

patelin

ivre

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6 Composez une situation en utilsant les mots susnommés.

7 Trouvez la bonne réponse, justifiez votre choix.

1La Clope clochait parce qu’elle était bancale (vrai / faux).

2Le boucher voulait que Marguerite et Pierre soient séparés parce qu’il

aimait la Clope (vrai / faux).

3Tout le monde aimait la Clope (vrai / faux).

4Marguerite n’avait aucun travail (vrai / faux).

5Le Broqué était aveugle (vrai / faux).

6La Clope a donné son œil pour faire de greffe au Broqué (vrai / faux).

7Pierre a retrouvé la vue à la fin (vrai / faux).

8Pierre et Marguerite se sont mariés (vrai / faux).

8 Сomposez le plan détaillé de cette nouvelle, trouvez le titre pour chaque poin et exposez la nouvelle d’après ce plan.

9 Faites le portrait physique et moral de:

Marguerite;

Toussaint Larivault;

Pierre Le Broqué;

Marcel.

10 Exposez en français cette histoire de la part de:

Marguerite;

Toussaint Larivault;

Pierre Le Broqué;

Marcel.

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11 Transformez dans les phrases suivantes le discours direct en discours

indirect. Faites les transformations nécessaires.

1 – Miaule donc plus fort qu’on t’entende ! beuglaient les grossiers.

2 Il suait si fort que la patronne, satisfaite de l’encaisse, héla soudain la

Clope: «Porte ça au Broqué».

3 Un luron crut malin de répliquer: «Non, ce n’est que la servante. Mais comme pin-up, je te la recommande !».

4 – Ce que j’entends, je l’entends bien, reprit l’aveugle, avec sévérité.

5 Marcel se donnait des airs de protéger sa victime: «Doucement, doucement, n’effarouchez pas la bête».

6 Il avait même pris soin de neutraliser le patron qui, édifié sur le rendement des servantes que «ça occupe», fronçait déjà les sourcils et semblait d’humeur à mettre bon ordre à ces «bêtises»: «T’es fou ? Tu ne vois pas que cette pièce-là t’amène du client».

7 L’aveugle trouvait dix bras complaisants pour lui faire traverser la rue et il était à peu près sûr de s’entendre demander: « Alors, tu vas la voir, au Coq ?».

8 Une seule fois, il se permit de dire, avec un singulier accent: « Tu sais bien que je ne vais jamais voir quelqu’un».

9 – Tu ne peux pas lui fiche la paix, non ? cria-t-il.

10 – Elle est ce qu’elle est et je suis ce que je suis, dit doucement l’aveugle.

12 Commentez les citations suivantes.

1 «Ventre affamé n’a point d’oreilles, mais il a un sacré nez! (Alphonse Allais).

2 À qui a le nez bouché, toutes les fleurs paraissent en papier (Léonce

Bourliaguet).

3 Ne dormez pas sur vos deux oreilles : gardez-en une pour regarder ce qui se passe autour de vous ! (Jean-Pierre Foucault).

4 Nos yeux, nos oreilles, notre odorat, notre goût diffèrent, créent autant de vérités qu’il y a d’hommes sur la terre (Guy de Maupassant).

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5 Prince qui n’a pas d’oreilles pour écouter n’a pas de tête pour gouverner

(Proverbe allemand).

6Le mensonge n’a qu’une jambe, la vérité en a deux (Proverbe hébreu).

7Il n’est richesse que de science et santé (Proverbe français).

8La préservation de la santé vaut mieux qu’une cuirasse (Hakim Meysari).

9J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé (Voltaire).

10La vérité sort de la bouche des enfants (Proverbe latin).

11Il arrive beaucoup de choses entre la bouche et le verre (Antoine

Furetière).

12 Dans la bouche d’une femme, "non" n’est que le frère aîné de "oui"

(Victor Hugo13.

13 Traduisez les expressions suivantes en russe. Faites vos phrases en

français avec les expressions données.

« avoir du nez;

avoir un verre dans le nez; avoir quelqu’un dans le nez; à vue de nez;

comme le nez au milieu du visage; fourrer son nez partout;

le nez au vent;

les doigts dans le nez;

mener quelqu’un par le bout du nez; nez à nez;

passer sous le nez; pied de nez;

tirer les vers du nez»14.

13URL: http://www.iladit.com

14URL: http://www.le-dictionnaire.com

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8 Le poison

1 Lisez et traduisez la nouvelle «Le poison». Faites par écrit la

traduction littéraire du passage suivant.

«Le père Lormel, dit Myco, était petit et chauve comme un cèpe: son crâne, nu jusqu’aux oreilles, ignorait le chapeau et avait depuis longtemps pris la teinte fauve du bolet. La peau de son visage, jaune, piquetée de roux, un peu squameuse, et le léger goître qui lui renflait le cou accentuaient la ressemblance. Sa démarche avait quelque chose de mou, de clandestin. Il posait le pied sur l’humus d’une façon particulière, sans froisser les feuilles sèches ni briser la moindre brindille.

Le vieux avait passé toute la journée au plus profond de la forêt, là où elle se resserre et s’étouffe, là où l’ombre décourage la pervenche et le hibou lui-même. Il avait erré, guidé par la forme de certains troncs, par l’épaisseur et la qualité de la mousse, par de subtiles odeurs; il s’était attardé en des points, pour lui seul précis, de ce domaine commun aux renards, aux botanistes et aux braconniers. Il revenait, la musette pleine, décrivait des cercles, croisait, recroisait sa piste. Autour de lui, maintenant, hêtres et bouleaux s’espaçaient, s’étoffaient. La rigueur verticale des grands arbres cédait à la nonchalance horizontale des fourrés, propices aux rendezvous, et des demi-clairières, propices aux coups de feu.

Soudain, il s’arrêta et tendit l’oreille. Ce léger bruit, sur sa gauche... Non, il ne s’agissait point du friselis du vent dans les feuilles, ni du sautillement d’un traquet, ni d’une fuite de musaraigne. Myco connaissait bien la malhabile prudence des amoureux, leur manie de se tapir dans les rares endroits secs où les trahissent de menus craquements de bois mort. Son infaillible coup d’œil repéra le buisson, le seul buisson convenable, et sut distinguer, à travers les branches, un bout de sarrau bleu, un morceau de velours côtelé.

La Julie... encore ! murmura-t-il. Et avec un autre ! Il sourit, puis fronça les sourcils:

Ils sont à moins de cent mètres de mes pleurotes.

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Myco s’éloigna, évita un autre couple, un poseur de collets, un garnement pilleur d’avelines. Il savait tout voir sans être vu. Bien qu’il distribuât le plus souvent le contenu de son sac, il gardait jalousement le secret de «ses places». Il gardait aussi celui de ses rencontres: autre variété de champignons jaillie de l’ombre humide, variété peut-être moins vénéneuse que la citrine, mais qui eût fait vomir les cancans des commères.

Une demi-heure plus tard, les espadrilles effilochées du vieux offraient leur corde au goudron de la grand-route. Son pas, toujours souple et discret, n’y laissait point de trace. Il allait, ne pensant à rien, la chemise ouverte sur son goître, son pantalon effrangé lui tire-bouchonnant sur les jambes. Il allait, le soleil dans le dos, précédé par son ombre et suivi par le parfum moite de sa récolte. A deux kilomètres en contrebas, les maisons du village se pelotonnaient les unes contre les autres comme une couvée de poulets blancs. Très loin dans l’azur, les cheminées étiraient des fumées rectilignes et les vaches meuglaient doucement en se rapprochant des barrières. Les colchiques mauves encombraient les fossés. Mais l’intérêt de Myco s’éveilla seulement devant un tas de crottin qui fumait au milieu du macadam.

– La bonne marchandise gâchée ! Voilà pourtant de quoi faire pousser un demi-cent de coprins.

L’angélus tinta sur trois cloches, dont l’une était fêlée, et les corneilles quittèrent les gargouilles pour s’éparpiller dans un ciel encombré de petits nuages qui avaient la douceur agressive et rose de l’ouate thermogène. Rappelé à la notion de l’heure, Myco répartit vivement, dévala la pente, traversa le ruisseau au pont de l’écluse, s’engagea bientôt dans la grande rue et commença par résister aux avances de son «frère de communion», le cafetier Athanase, qui lui criait du fond de son bistrot:

Viens par ici, empoisonneur ! Je te paie un canon !

Tu empoisonnes les gens plus sûrement que moi, répondit-il sans s’arrêter. Mais trente mètres plus loin, la femme du premier adjoint, l’Augustine, qui

revenait du lavoir, mit sa brouette ruisselante en travers de la chaussée.

78

– Père Myco, j’ai tué un lapin, ce midi. Je glisserais bien quelques «rosés»

dans la sauce.

Le bonhomme s’arrêta, se frotta le crâne: c’était sa façon de saluer.

Des rosés !... protesta-t-il. Pourquoi pas des champignons de couche ? Adressez-vous à la chapignonnière.

Pourtant, il délaça les cordons de son sac tandis qu’il resservait la profession de foi qui lui avait valu son surnom:

Je ne suis pas un ramasseur, moi ! Je suis un mycologue.

Alors... des girolles ? quémanda l’Augustine.

Ce n’est plus la saison. Tenez, voici des psalliotes, des russules, des

clavaires...

Le père Lormel disait des russules et non des «verts», des clavaires et non des «cornes de cerf», des psalliotes et non des «boules de neige». Ce faune connaissait par cœur son Petit Atlas Illustré des champignons de France – toujours en évidence sur son buffet, à côté du livre de cuisine – et il tenait beaucoup à prononcer devant les profanes les noms scientifiques. Le sac ouvert, sa récolte s’étalait maintenant sur le trottoir, inquiétante et multicolore. L’Augustine, que venaient de rejoindre deux ou trois passants, hochait la tête:

Si vous vous trompiez, père Myco !

Je ne me trompe jamais.

Comme il aimait alarmer son monde, le vieux ajouta:

– D’ailleurs, les champignons ressemblent aux péchés: pour les déguster, il faut prendre ses risques.

L’Augustine choisit quelques inoffensifs mousserons et quatre grosses

«têtes-de-nègre» où les limaces avaient creusé de blanches logettes.

– Ce que les bêtes mangent est toujours bon, dit-elle sentencieusement. Elles ont l’instinct.

Myco s’éloigna sans relever cette erreur notoire, mais se laissa accrocher au premier tournant, oublia l’heure, déballa, remballa, redéballa sa marchandise. C’était son triomphe quotidien.

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trouvez-vous tout ça, père Myco ? demandait le vétérinaire qui, à ses heures, hantait les futaies, mais n’en ramenait jamais grand-chose.

Un peu partout, mon gars ! Un peu partout dans mes bois.

Il jubilait, pérorait, expliquait pour la centième fois ce qui permet de distinguer la fausse de la véritable golmelle, défendait les lactaires contre des préjugés tenaces:

– Ce n’est pas vrai. Les espèces qui rendent du lait quand on les casse ne sont pas forcément dangereuses.

Cependant il distribuait à pleines mains sa récolte, jouissait des hésitations, des convoitises et surtout de la confiance inspirée par dix ans d’infaillibilité.

Comme toujours, il ne lui restait presque rien quand la Bertine, sa voisine, lui toucha le bras:

– Dépêchez-vous, père Myco. Céleste commence à brailler.

Alors sa joie et sa malice le quittèrent d’un seul coup. Ses épaules se voûtèrent, ses yeux cessèrent de pétiller, sa langue se retira derrière ses derniers chicots.

– Demain..., bredouilla-t-il, je... vous apporterai... vous verrez... des helvelles.

Il galopait déjà, poursuivi par les regards et les quolibets:

Un pauvre type, le Myco ! Un cornard ! Un file-doux ! S’il n’avait pas sa

forêt...

Il en crèverait, résuma le vétérinaire, rageur. Il en crèverait ! Mais faut avouer qu’il sait des choses et qu’il ne se trompe jamais/

Le père Lormel s’était trompé au moins une fois dans sa vie: le jour où il avait convolé avec Céleste. La mort de sa première femme, le mariage de sa fille, l’insuffisance de sa petite retraite d’employé des chemins de fer l’avaient contraint

àcette union avec la forte veuve de son cousin Béchut, le «tambourineur». De quinze ans sa cadette, Céleste, on pouvait le dire, menait son second époux à la

baguette.

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