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Лексикология французского языка. Теория и практика. Учебное пособие

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parole, les possibilités de modélisation des locutions dans le cadre de la linguistique cognitive, à partir des situations.

En guise de conclusion il faut dire que ces derniers temps on continue à étudier en détails les problèmes nommés, y compris plusieurs autres, et je vous invite à vous joindre car les études des locutions phraséologiques c'est la possibilité de découvrir un monde captivant, une source inépuisable d'enrichir votre propre vocabulaire et s'exprimer en tant qu'un sanant débutant.

Questionnaire

1.Quel est le trait essentiel de la phraséologie ?

2.Précisez les caractéristiques essentielles des locutions.

3.Expliquez la différence entre les groupements de mots dits libres et les groupements

de mots dits phraséologiques.

4.Quels sont les types de groupements phraséologiques ? Précisez-en les

particularités. Donnez des exemples.

5.Quels sont les deux types de locutions établies par Ch. Bally ?

6.Peut-on appliquer la classification de V.V. Vinogradov au français ?

7.Comment sont formées les locutions phraséologiques ?

Exercices

 

Exercice 1. Associez le qualificatif au nom de l'animal qui lui correspond.

1.

Il est têtu comme

a) un poisson dans l'eau

2.

Il est doux comme

b) une pie

3.

Il est bête comme

c) une oie

4.

Il est connu comme

d) une mule

5.

Il est jaloux comme

e) un pou

6.

Il est heureux comme

f) un pinson

7.

Il est laid comme

g) une couleuvre

8.

Il est gai comme

h) un tigre

9.

Il est bavard comme

i) un agneau

10. Il est paresseux comme

j) le loup blanc

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Exercice 2. Précisez le sens des locutions suivantes:

manger comme quatre, marcher comme une tortue, dormir comme une marmotte, pleurer comme une fontaine, rester muet comme un poisson, les cheveux frisent comme des chandelles, se ressembler comme deux gouttes d'eau, trembler comme une feuille.

Exercice 3. Ajouter la deuxième partie des locutions suivantes:

être têtu comme... ; être comme un poisson... ; être sage comme... ; être habillé comme... ;

être vieux comme... ; être maigre comme... ; être long comme... ; être bon comme...

Exercice 4. Consultez un dictionnaire phraséologique et trouvez les équivalents russes des locutions suivantes:

1.Je ne lui ai dit ni oeuf ni boeuf

2.Quand on parle du diable on en voit les cornes

3.Parler français comme une vache espagnole

Exercice 5. Mettez au lieu des points le nom d’un animal:

1.Revenons à nos ...

2.Un temps de ...

3.Le ... émissaire

4.Quand les ... auront les dents

Exercice 6. Trouvez les équivalents français des locutions suivantes:

1.В здоровом теле здоровый дух

2.Век живи, век учись

3.Глаза зеркало души

4.Конец – делу венец

5.Не пойман – не вор

7 Stratification fonctionnelles du vocabulaire français

Plan

7.1Le fond usuel du lexique et des couches lexicales

7.2La différenciation territoriale du lexique du français moderne

7.3La différenciation sociale du lexique du français moderne

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7.4La terminologie scientifique et technique

7.1Le fond usuel du lexique et des couches lexicales

Les mots d'une langue jouent un rôle différent pour la société. Les uns, qui constituent le fonds usuel, utiles à la vie de tous les jours, sont d'un usage courant parmi tous les membres du collectif parlant cette langue, d'autres ont une extension plus restreinte ne servant principalement que quelque groupe particulier de gens : la population d'une région déterminée (variations territoriales), une couche sociale quelconque

(variations sociales).

Quant à la durée de l’existence des mots dans la langue, ils se distinguent : les uns conservent leur vitalité au cours de longs siècles sans rien perdre de leur valeur jusqu'à nos jours, quelques-uns tombent dans l'oubli (archaïsmes), d'autres représentent des créations nouvelles (néologismes).

Donc, malgré ce que le vocabulaire connaît une évolution constante, le fonds usuel de la langue se caractérise par sa stabilité, sa vitalité, l’empreinte nationale fort prononcée.

Le fonds usuel comprend tous les mots du fonds hériditaire auxquels viennent s’ajouter les formations nouvelles, purement françaises (mots formés en français par la dérivation propre ou impropre, composés, abrégés, locutions phraséologiques). Les

éléments essentiels du fonds usuel restent dans la langue pendant des siècles, depuis l’époqie de la romanisation de la Gaule jusqu’à nos jours. Il est considérablement plus riche que celui de l’ancien français, le lexique d’une langue se trouvant en état de modification perpétuelle conditionnée par les changements dans la vie sociale et culturelle de la France, par le progrès de la mentalité humaine.

Le fonds hériditaire de la langue française se compose essentiellement du latin populaire, y compris des éléments celtiques, grecs et germaniques :

-les éléments celtiques: alouette, bouleau, saumon, Paris, Lyon;

-les éléments grecs: bourse, bocal, bouteille, golfe, tombe;

-les éléments germaniques: frais, garder, riche, rouge, guerre, fauteuil.

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Le fonds usue,l y compris les éléments celtiques, grecs et germaniques, est constitué par des mots – racines de formation populaire (terre, homme, lune, femme) et des composés à usage général (enfant, faire, pomme de terre, aller).

Sauf les mots autonomes le fonds usuel comprend les mots outils ou nonautonomes qui ont reçu un emploi commun et durable. Ce sont les articles, les pronoms, les verbes auxiliaires, les prépositions, etc.

Le fonds usuel du lexique possède des couches lexicales d’un emploi plus ou moins restreint telles que terminologie spéciale, jargons professionnels, jargons de classe, parlers locaux, les emprunts, les internationalismes.

7.2 Différenciations territoriales du lexique du français moderne

Le lexique de toute langue a des particularités locales. Les dialectes et les parlers locaux sont au service de toutes les classes d’une population habitant un territoire déterminé.

Les parlers locaux servent sans distinction toutes les classes du territoire où ils sont parlés, mais ils peuvent avoir des différenciations lexicales, phoniques et grammaticales.

Il y a quelques termes permettant différencier les particularités territoriales du lexique. Patois, m – parler, dialecte local employé par une population généralement peu nombreuse, souvent rurale et dont la culture, le niveau de civilisation sont jugés comme inférieurs à ceux du milieu environnant. Dialecte, m – variété régionale d’une langue. Parler, m – ensemble des moyens d’expression employés par un groupe à l’intérieur d’un domaine linguistique.

En ce qui concerne «patois» et «dialecte» il n’y a pas de différence de principe entre ces deux termes.

P. Guiraud propose sa classification des dialectes français :

-le Centre : autour du francien l’orléanais, le bourbonnais, le champenois ;

-le Nord : le picard, le haut normand, le wallon ;

-l’Est : le lorrain, la bourguignon, le franc-comtois ;

-l’Ouest : le bas normand, le gallo, l’angevin, le maine ;

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- le Sud-Ouest : le poitevin, le saintongeais, l’angoumois.

Outre les dialectes du français il existe encore d’autres dialectes romans : la langue d’oc, le catalan, l’italien (du toscan), les parlers corses. L’alsacien, le flamand, le breton, le basque sont des parlers non romans.

Dans la France d’aujourd’hui les dialectes sont entièrement évincés par la langue nationale, ils sontb réduits à l’état de patois (de parlers locaux). Pourtant le français moderne garde l’empreinte des dialectes évincés. Modifié sous l’influence des dialectes, des parlers locaux dans telle ou telle région de la France, le français nationale porte le nom de français régional. De nos jours le français régional se rapproche du français de la capitale. Les patois se rapproche du français régional.

Les XIX et XX siècles sont marqués par le progrès considérable du français. Le développement rapide de l'économie, le service militaire obligatoire, la diffusion de l'instruction y ont largement contribué. Le français contemporain n'a presque pas conservé de dialectes.

Par contre, sur le territoire du pays le français national, en se propageant jusque dans les coins les plus éloignés du pays, porte l'empreinte des dialectes qu'il a évincés. Le français régional de France, qui occupe une place intermédiaire entre le français de la capitale et le patois, n'est rien autre que le français national qui s'est assimilé quelques particularités dialectales.

En France le français régional a subi l'influence des parlers locaux qui se fait surtout sentir sur la prononciation. Par exemple, la prononciation dans les régions du Nord de la France est à quelques détails près la même que celle des Parisiens. La prononciation des originaires du Midi s'en distingue profondément. Le langage y est plus mélodieux il est caractérisé par un timbre plus élevé ; les voyelles nasales n'y existe pas ou bien elles sont prononcées d'une autre manière. Un autre trait de l'accent méridional est la présence des [ə] devenus muets dans le français de Paris, surtout en position finale.

Les distinctions grammaticales du français régional sont moins prononcées. Parmi les particularités les plus frappantes on peut citer l’emploi du passé simple dans la conversation dans les régions du Midi; la conjugaison du verbe être, et certains autres, avec l'auxiliaire être aux temps composés (par exemple: je suis été, je suis passé).

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En ce qui concerne le vocabulaire du français régional il comprend un certain nombre de vocables particuliers, parmi lesquels on rencontre des mots périmés, tombés en désuétude dans le français national littéraire : les mots courtil (« jardin » et par métonymie « maisonnette de paysan ») en Bretagne, souventes fois (« souvent ») en Saintonge.

Le français régional, surtout dans le Midi, possède des mots ou des expressions de sa propre fabrication, par exemple : avoir le tracassin - «être turbulent, ne pas tenir en place», millade [mijad] - «bouillie de millet», millas(se) ou milliasse [mijas] - «divers gâteaux et pâtisseries à base de maïs», journade - «terrain qu'on peut labourer en une journée».

Parfois certains mots d'un emploi usuel dans la langue nationale ont dans le français régional un autre sens. Dans le Poitou, quitter s'emploie pour «laisser» ; dans l'Orléanais guetter a conservé le sens ancien de «garder, surveiller» ; en Normandie espérer signifie

«attendre».

L'action du français sur les parlers locaux est surtout manifeste dans le vocabulaire.

Toutes les innovations d'ordre social, économique, politique sont dénommées par des mots français. Les patois, essentiellement concrets, adoptent les termes abstraits français. Plus vivaces sont les vocables patois ayant trait à la vie rurale et domestique, aux parties du corps, aux conditions atmosphérique aux coutumes locales. Actuellement les mots et les tours patois sont petit à petit éliminés du langage des jeunes qui voit en eux des vestiges d'un temps révolu.

Les dialectes locaux en voie de disparition s'incorporent à la langue nationale en l'enrichissant à leur tour d'un nombre considérable de mots et d'expressions reflétant la culture, les mœurs, les conditions économiques et géographiques des régions différentes.

Parmi les dialectes qui ont enrichi au cours du temps le français national la première place revient à ajuste titre aux parlers provençaux. Le français a adopté au provençal des mots tels que : asperge, brancard, cadenas, cadeau, cigale, amour, caserne, cap, tricoter, casserole, concombre, boutique, cabane, charade, escalier, escargot, jaloux. Certains ont conservé leur halo provençal : bouillabaisse («mets provençal composé de poissons cuits dans de l'eau ou du vin blanc»), ailloli («coulis d'ail pilé avec de l'huile d'olive»),

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farandole, fétiche, mas, pétanque, mistral. Le limousin a donné rave, le mot poussière a

été pris au lorrain. Le Midi a donné les mots tels que ballade, troubadour, pelouse, béret.

Parfois le français emprunte le radical et forme un mot nouveau en y ajoutant un affixe. Ainsi le mot familier costaud est formé du provençal costo [côté]. Il s'emploie dans la langue parlée comme adjectif synonyme de solide, fortement charpenté, et comme substantif au sens d'un brave gaillard. Un autre mot très familier parfois dingue (un fou) est un dérivé du verbe dinguer (sursauter avec un grand bruit).

Avant de devenir le français, le dialecte de l'Île-de-France n'était parlé que par des ruraux terriens ignorant à peu près tout ce qui se rapportait à la mer. Les termes de marine furent plus tard pris par le français au normand et au picard : crevette, caillou, cahute,

écaille, flaque (une petite mare), galet (caillou poli déposé sur le rivage), homard, salicoque (variété de crevette ), pieuvre sont venus du normand; daurade, rascasse, sole

(noms de poissons) - du provençal. Il faut ajouter que beaucoup de mots d'origine norroise

(vieux Scandinave) ont été introduits dans le français par l'intermédiaire du normand; tels sont: bâbord (côté gauche d’un navire), bateau, bord, hisser, vague.

Les parlers de la Savoie et de la Suisse française ont introduit dans le français des termes ayant trait aux montagnes : chalet, moraine (débris de roche entraînés par un glacier), avalanche, glacier, chamois (ruminant à cornes qui habite les montagnes), alpage

(pâturage d'altitude), replat (plateau en saillie au flanc d'une montagne), varappe (escalade de rochers), luge (petit traîneau à main; des mots désignant les fabrications locales : gruyère, tomme (sortes de fromage).

Beaucoup de termes se rapportant à l'industrie minière ont été pris aux dialectes picardo-wallons: houille, grisou (gaz qui se dégage dans les mines de houille), coron, faille (fracture de l’écorce terrestre), benne (caisse servant au transport dans les mines, les chantiers).

On parle aussi de français régionaux lorsqu'il s'agit de la langue française en usage en dehors des frontières de la France. Les français régionaux sont ceux de la Belgique, de la Suisse romande, du Canada, de l’Afrique noire et de l’Afrique du Nord.

Les divergences au sein du français en usage dans ces pays sont avant tout d'ordre lexical. Ce sont parfois des dénominations de réalités locales, comme, par exemple, les

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canadianismes ouaouaron(m) - «grenouille géante de l'Amérique du Nord», craquelin -

«variété de pain au lait et au sucre», caraque - «une variété de chocolat»; débarbouillette est un autre canadianisme qui correspond en français à «gant de toilette». Plus souvent ce sont des équivalents de vocables du français central. Ainsi en Belgique on dit amitieux pour « affectueux » en parlant d'une personne, avant-midi (m) pour «matinée», fricadelle

(f) pour «boulette de viande hachée». En Suisse clairance (f) et moindre (tout ~) sont des synonymes autochtones de «lumière», et de «affaibli; fatigué».

Il faut signaler que certains vocables n'ont pas exactement la même valeur sémantique en France et dans les autres pays francophones. Il est ainsi de déjeuner, coussin ou odeur qui sont employés respectivement pour «petit déjeuner», «oreiller» et «parfum» dans le français belge.

Il est à noter que l’évincement actuel des patois ne signifie pas leur disparition complète. Malgré l’unification de la langue française, d’après M. Cohen, les patois sibsistent encore de nos jours sur la plus grande partie du territoire français.

7.3 La différenciation sociale

La langue est appelée à satisfaire les besoins du peuple en entier, elle sert pareillement toutes les couches sociales. Cependant la présence au sein de la société de classes et de groupes sociaux différents se fait infailliblement ressentir sur la langue, particulièrement sur son vocabulaire. L'existence des divers jargons sociaux en est un témoignage manifeste.

Les dialectes sociaux (ou jargons) se distinguent profondément des dialectes locaux. À l’encontre des dialectes locaux qui sont parlés par des représentants de couches sociales différentes, les jargons ont une sphère d'application étroite parmi les membres

d'un groupe social déterminé.

Contrairement aux dialectes locaux, les dialectes sociaux ou jargons n'ont guère leur propre système grammatical et phonétique ; ils le possèdent en commun à côté d'une partie du vocabulaire avec la langue nationale. Donc, les jargons sociaux sont dépourvus de toute

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indépendance linguistique, ils ne sont rien autre que des rejetons de la langue nationale du peuple tout entier.

Le jargon de l'aristocratie française du XVII siècle (jargon des précieuses). Les jargons peuvent être créés par les membres des classes dirigeantes qui se sont détachées du peuple et nourrissent du mépris à son égard. Ces jargons de classe se distinguent par un certain nombre de mots et d'expressions spécifiques d'un caractère recherché, ils sont exempts des expressions réalistes et «grossières» de la langue nationale. Voulant se singulariser, les couches supérieures des classes dominantes se fabriquaient, en particulier, des «langues de salon». L'aristocratie mondaine du XVIIe s. désireuse de s'opposer au «bas» peuple s'est ingéniée à remplacer des mots d'un emploi commun, mais lui paraissant vulgaires, par des périphrases euphémiques inintelligibles et saugrenues, comme : la mesure du temps («la montre»), le témoin des âges («l'histoire»), l'enfant de la nécessité

(«un pauvre»), la compagne perpétuelle des morts et des vivants («une chemise»), l'ameublement de la bouche («les dents»), lustrer son visage («se farder»), l'amour fini

(«le mariage»), le plaisir innocent de la chair («l'ongle»).

Ce jargon avait une sphère étroite de circulation. Il reflète les vaines tendances des représentants des classes supérieures de la France de s'opposer aux autres, au peuple en premier lieu, par la création d'un lexique spécial, incompréhensible aux non-initiés. De nos jours nombre parmi elles sont incompréhensibles. En effet, il est fort difficile de comprendre la phrase: l'invisible n'a point gâté l'économie de votre tête, ce qui veut dire 'le vent n'a point défrisé votre coiffure. On ressent bien le caractère artificiel de ce langage mort-né.

Argot ou jargon des déclassés. À côté des jargons de classe, il faut nommer l'argot des déclassés, appelé aussi «jargon». De même que les jargons de classe l'argot des déclassés ne forme guère de langue indépendante. Il utilise les systèmes grammatical et phonétique de la langue nationale et n'a en propre qu'une partie du lexique. Il ne sert guère de moyen de communication à toute la société, mais seulement, à une couche sociale restreinte, originairement à des malfaiteurs. L'argot français des déclassés est ancien, il existe depuis le Moyen Âge.

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Dans son développement accéléré l'argot fait appel aux divers moyens de création et de renouvellement appartenant à la langue commune. Ainsi on y retrouve les mêmes procédés essentiels de formation :

- affixation (l'emploi des préfixes et des suffixes courants): dé- : débecter - «dégoûter» ← becter - «manger» ; re- : replonger - «être incarcéré de nouveau après récidive» plonger -«être inculpé ou incarcéré »;

-conversion : battant, palpitant - «cœur», luisant - «soleil» et «jour», crevant - «très fatigant» et «très drôle», cogne- «policier, agent de police», centrale (m) - «prisonnier détenu dans une maison centrale» ;

-composition : casse-pattes - « boisson très forte », court-jus - « court-circuit », courtcircuit - «douleur vive et rapide», casse-pipe - «guerre»;

-télescopage : malagauche de mala[droit] et gauche «maladroit», foultitude de foul[e] et

[mul]titude - «grande quantité», éconocroques de écono[mie] et croqu[er];

- abréviation : bombe pour «bombance», alloc pour «allocation», beauf(e) pour «beaufrère», estom pour «estomac», diam pour «diamant», maquille pour «maquillage », der pour «dernier » (cf. le der des ders - « le dernier verre avant de se quitter»);

-formation d'onomatopées : toquante - «montre» toc-toc, fric-frac - «vol avec effraction»;

-formation de locutions phraséologiques: tas de ferrailles - «véhicule en mauvais état»,

pincer de la harpe, de la guitare - «être en prison», son et lumière - «une personne âgée, un vieillard», soixante-dix-huit tours - «personne âgée ou démodée», être tondu à zéro -

«avoir les cheveux coupés très ras», c 'est du cinéma! - «c'est invraisemblable, ce n'est pas crédible!», c 'est pas de la tarte! - «cela n'ira pas tout seul, c'est qqch de très difficile!», n'en avoir rien à cirer - «s'en désintéresser complètement».

Cependant l'argot possède certains modèles et procédés de formation qui lui appartiennent en propre. Signalons, entre autres, les pseudo-suffixes argotiques -mar(e), -muche, -uche, -oche, -go(t), -os, -ai, -dingue, -aga, par exemple : épicemar - «épicier» ;

Ménilmuche «Ménilmontant», argomuche - «argot» ; la Bastoche - «Bastille», cinoche -

«cinéma», parigot - «parisien», icigo - «ici», lago - «là» ; chicos - «chic», craignos se dit de qch de laid, douteux, inquiétant - «Cet hôpital ripou (= «pourri») devient craigne»,

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