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Лексикология французского языка. Теория и практика. Учебное пособие

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Cordon-bleu (cuisinier, cuisinière très habile), dormir à pongs fermés (dormor profondément).

Ch.Bally a proposé de distinguer, selon le degré de leur cohésion, deux types essentiels de groupes de mots :

1) les groupes de mots libres, instables qui se forment dans lre discours et qui sont

étudiés dans la grammaire, par exemple : un bon élève, le livre de mon ami, travailler beaucoup ;

2) les groupes de mots usuels ; « les mots, à force d’etre employés ensemble pour l’expression d’une meme idée, perdent toute autonomie, ne peuvent plus se séparer et n’ont de sens que par leur réunion» (Ch. Bally). Ce sont des groupes de mots figés, inanalysables, qu’on accepte tels quels, comme avoir maille à partir avec qqn. (avoir un différend avec qqn.), vivre comme chien et chat (s’accorder mal ensemble), sans coup férir

(sans difficulté, sans rencontrer de résistance). Pourtant Ch.bally souligne qu’entre ces deux types d’egencements de mots, « entre ces deux extremes il y a place pour une foule de cas intermédiaires qui ne se laissent ni préciser ni classer ». Ce sont des groupes de mots consacrés par l’usage et nommés locutions (phraséologiques) qui font l’objet d’étude de la phraséologie.

Parmi ces locutions un groupe à part est constitué par les proverbes, parce qu’ils ne remplacent pas un mot, mais un énoncé, comme c’eat le cas des propositions suivamtes:

Paris vaut bien une messe! Tous les chemins mènent à Rome. Une hirondelle ne fait pas le printemps.

6.2 Caractéristiques essentielles des locutions phraséologiques

Les caractéristiques dont je vais parler distinguent des mots aussi bien que des groupes de mots libres.

1) La lexicalisation des locutions leur permet de fonctionner dans le discours à coté des mots comme leurs équivalents : prendre la clé des champs (s’enfuir). La locution comprend deux éléments au minimum y compris au moins un mot significatif : à merveille.

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2)Leur reproduction dans le discours telles quelles en tant qu'unités lexicales: cette explication (cet argument, son raisonnement) est tiré (-e) par les cheveux.

3)Leur stabilité se manifeste par le caractère constant de leurs éléments: on retrouve toujours les mêmes mots à leurs places ayant gardé telle ou telle forme grammaticale figée. Ainsi, par exemple, on se heurte à des tours archaïques quand on n'emploie pas d'article dans donner (laisser, avoir) carte blanche, être (s entendre, vivre) comme chien et chat ou bien c'est un ancien emploi du gérondif dans tambour battant, chemin faisant;

l’appétit vient en mangeant.

3) Les locutions se caractérisent aussi par une unité de sens. Comme dit Ch. Bally,

«la cohésion des éléments d'une locution composée prouve que le sujet parlant ne pense pas aux mots isolés... Un Français ne pense pas au sens des mots maille et partir dans l’expression avoir maille à partir avec qqn. c'est une erreur de croire que, dans la pratique de la langue maternelle, on comprend tout ce qu'on dit ou écrit» (Ch. Bally). Le sens de la locution peut être rendu par un seul mot et alors c'est un synonyme (plier bagage - s'en aller, partir) ou par une périphrase synonymique, mais exprimant une seule notion: pied noir - Français d'Algérie.

4) Les locutions forment des expressions idiomatiques ou idiotismes qu'on ne peut pas traduire littéralement. En effet, il est souvent impossible de préciser le sens d'une locution à partir du sens des mots qui la composent. Ainsi, par exemple, avoir du chien n'a rien à voir avec le mot chien pris au sens propre, mais cela «se dit d'une femme qui fascine les hommes par un charme un peu canaille»; de même il ne s'agitd'aucun fil qu'il soit blanc, rouge ou autre dans cousu de fil blanc (extrêmement grossier et visible). Les locutions peuvent être plus ou moins idiomatiques; comparez: remporter une victoire et courir le cachet (chercher des leçons à domicile). Donc, le changement de sens, c'est-à- dire une transformation sémantique totale ou partielle de ses éléments est caractéristique de chaque locution.

5) Comme les mots, les locutions peuvent être motivées de façon plus ou moins explicite ou implicite; comparez, par exemple: faire face (réagir avec détermination à une difficulté, un danger), perdre la tête (s'affoler, perdre son sang-froid) à n 'en faire qu 'à sa tête (n'agir qu'à sa fantaisie, sans tenir compte d'autrui), pour de bon (réellement), filer un

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mauvais colon (être dans une situation dangereuse et qui s'aggrave, être très malade), il ne l'a pas volé (il l'a bien mérité), ce n 'est pas le Pérou (ce n'est pas une somme considérable). Il convient de savoir à quelle acception du mot clé se rattache telle ou telle locution. Par exemple, dans coup de pied, coup de poing il s'agit du sens propre des mots pied et poing tandis que dans coup de main (aide momentanée sollicitée ou offerte à qqn dans un travail) et dans coup de tête (décision brusque et irréfléchie, imprévisible, dangereuse) on part du sens figuré des mots main et tête. Dans le cas où le mot ne s'emploie plus ou ne s'emploie pas dans le sens dont est tirée la locution celle-ci est immotivée, comme, chercher noise, avoir maille à partir avec qqn., mesurer à l'aune de

(estimer d'après), apprendre, savoir par cœur (de mémoire), être, ne pas être dans son assiette (dans son état normal).

6) Les locutions sont marquées, c'est-à-dire elles possèdent des particularités émotionnelles, expressives, appréciatives et stylistiques. Les locutions peuvent donc se rapporter au style livresque, parlé ou familier, voire argotique; comparez: peu ou prou

(plus ou moins) - style littéraire à c'est du peu (c'est pour bientôt) - style familier. En plus de ces indices les locutions ont des valeurs métaphoriques; ainsi baisser pavillon (céder) est une métaphore. Outre cela, les locutions peuvent avoir des marques de l'espace ou du temps. C'est ainsi qu'on y trouve des dialectalismcs ou régionalismes (fier comme un pou - fier, orgueilleux), jouer des quilles - partir, s'enfuir et des archaïsmes ou des néologismes comme c'est le cas de rester, demeurer, être coi et, d'autre part, avoir la frite - être en forme, se sentir capable de réussir).

Pour conclure il faut ajouter qu'à l'opposé des mots les locutions se composent toujours d'un groupe de mots ayant gardé leurs rapports syntaxiques qu'ils soient vivants ou fossiles.

6.3 Problèmes de classification

Classement de Ch. Bally

Ch. Bally distingue deux types essentiels de locutions:

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1) séries «où la cohésion des termes n'est que relative» (Ch. Bally); par exemple: courir un danger. Les unités où cette cohésion est absolue, comme dans bon sens, sang froid. «Les séries phraséologiques sont des groupes de mots où deux idées juxtaposées sont bien prés de se confondre en une seule; les mots qui les expriment formant des locutions presque entièrement fixées par l'usage; par exemple... livrer une bataille, remporter une victoire, pousser un cri. une prise de possession» (Ch. Bally).

2) «Enfin les unités phraséologiques sont des groupes qui ne renferment qu'une seule idée indécomposable. Ex.: faire table rase, la bonne volonté. C est là que rentrent l'immense majorité des locutions composées et particulièrement presque tous les idiotismes, ce qu'on appelle en grammaire française des gallicismes. On peut citer au hasard: mener à bien (terminer avec succès), prendre au mot (accepter sur-le-champ une proposition), rendre la pareille (traiter qqn. comme il vous a traité)» (ibid.), de parti pris

(opinion préconçue), tirer parti de (obtenir des avantages de), rendre à partie (attaquer qqn., s'en prendre à qqn.), se tirer d'affaire (faire cesser d'être dans une situation pénible, difficile ou dangereuse), etc. Plus tard Bally ajoute «qu'un groupe forme une unité lorsque les mots qui le composent perdent toute signification et que l'ensemble seul en a une; il faut en outre qUc ccttc signification soit nouvelle et n'équivaillc pas simplement à la somme des significations des éléments... si... l'unité est d'un usage très fréquent, ...le groupe équivaut à un mot unique. C'est le cas par exemple de locutions adverbiales comme tout à l'heure, tout de suite, à peu près, tout à fait, sans doute, sans cesse, etc.» (Ch. Bally).

Indices de l'unité phraséologique

Bally fait la différence entre les indices extérieur qu'on tire de la forme des locutions et intérieurs qui tiennent à la correspondance entre la forme et la pensée. Selon Bally «les seconds ont seuls une réelle importance». Et le linguiste suisse le démontre. Ayant énumére les indices extérieurs il les trouve peu sûrs et trompeurs pour reconnaître une unité phraséologique. Les véritables critères auxquels on reconnaît une unité phraséologique ce sont donc les indices intérieurs tels que l'équivalence avec un mot simple (prendre la fuite - fuir), l'oubli du sens des éléments (comme c'est le cas de maille et partir dans avoir maille à partir avec qqn. ou de jeter dans jeter les yeux sur un objet),

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la présence d'un archaïsme de forme et de sens dans une locution (en guise de, il n'y a pas péril en la demeure).

Toutefois aucun de ces critères ne suffît pour identifier une unité. Et Bally lui-même doit le constater en observant que l'indice de l'équilibre d'une locution avec un mot simple n'est pas infaillible, «puisqu'on peut identifier de cette façon les séries comme les unités»

(Ch. Bally). D'ailleurs, on ne saurait toujours remplacer une locution par un mot: bouteille

à l'encre - situation embrouillée, fermer boutique - quitter le commerce, la profession, etc.

Enfin, Ch. Bally a jeté les bases d'une étude scientifique des locutions.

Classifications ultérieures (позднейший, последующий)

Classification de V. V. Vinogradov et son développement

Les idées de Ch. Bally ont été développées et sa classification a été élargie par V.V. Vinogradov qui distingue trois types de locutions:

1) les locutions soudées (фразеологические сращения) ayant perdu toute motivation et dont le sens ne coïncide pas avec celui de ses éléments (pour des prunes - pour rien; avoir la puce à l'oreille - avoir l'attention éveillée, se méfier, se douter de qqch.; bête noire de qqn. - personne ou chose que qqn. déteste; parler à bâtons rompus - parler de manière peu suivie, discontinue; au fur et à mesure - dans la même mesure ou proportion, en même temps);

2) les ensembles (фразеологические единства), unités phraséologiques ayant gardé leur forme interne, leur sens peut être compris à partir de leurs éléments: rire, sourire, dire, exprimer, manger du bout des lèvres - avec réticence; conte, histoire, récit à dormir debout - qui donne une envie irrésistible de dormir; avoir la langue bien pendue - parler avec facilité; travailler d'arrache-pied - fournissant un effort intense; paroles, promesse, histoire, conte en l'air -sans fondement;

3) les combinaisons phraséologiques (фразеологические сочетания) qui se rapprochent des groupes de mots libres par l'autonomie sémantique de leurs éléments: commettre une faute, une erreur, un crime; remporter une victoire; venir en aide; saisir l'occasion, le moment; question, affaire épineuse; question, entreprise ardue. La classification de V. V. Vinogradov EST complétée par un quatrième type:

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4) les expressions phraséologiques (фразеологические выражения), avant tout proverbiales, il s'agit donc des phrases complètes, mais en tant que formes figées: il y a anguille sous roche - il y a qqch. de caché; comparaison n 'est pas raison - une comparaison n'est pas un argument valable; son compte est bon - il sera puni; il ne faut pas réveiller le chat qui dort - il ne faut pas réveiller une affaire assoupie.

La classification de V. V. Vinogradov a suscité des critiques justifiées vu que les critères sur lesquels elle est basée sont hétérogènes.

En effet les combinaisons phraséologiques sont caractérisées par un indice structurel

- une capacité limitée de combinaison de leurs éléments. Cependant les locutions soudées et les ensembles se caractérisent par un indice sémantique le degré de leur motivation.

D'ailleurs, la notion de motivation elle-même n'est pas assez objective.

Enfin la phraséologie de chaque langue a ses particularités, ses types spécifiques.

On peut différencier les locutions françaises selon les critères suivants :

Types de liens sémantiques à l'intérieur des locutions en français

D'après le degré de l'interdépendance de leurs éléments on peut distinguer deux types essentiels de locutions en français:

1) les idiotismes qui ont une signification particulière globale et dont les éléments dépendent les uns des autres (cheval de bataille - argument qu'on fait valoir sans cesse, à laquelle on revient toujours; manger de la vache enragée - être dans la misère);

2) les locutions unilatérales dont les éléments ont un lien unilatéral, de plus un des éléments au moins doit s'employer au sens propre; ainsi, par exemple, dans rendre à qqn la monnaie de sa pièce (lui rendre la pareille) c'est le verbe rendre qui est employé au sens propre, dans avoir du chien c'est le verbe avoir.

Types structurels de locutions:

1) les locutions non-prédicatives qui ne constituent pas de phrases (en effet, à la fois, nuit blanche, bête à pleura à la queue leu leu, comme quatre);

2) les locutions partiellement prédicatives dont l'élément principal est suivi d'une subordonnée, partie prédicative crier comme un aveugle qui a perdu son bâton, avoir les dents qui raclent le plancher, au temps où Berthe filait;

3) les locutions prédicatives qui se présentent comme phrases sous deux formes:

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a)proverbiale: c 'est au fruit qu 'on connaît l'arbre, la nuit tous les chat sont gris, on ne badine pas avec l'amour, qui vivra verra;

b)non-proverbiale: qu 'à cela ne tienne ! (peu importe), ça va pas la tête? (est-ce que tu es fou?), on aura tout vu! (c'est invraisemblable).

Types fonctionnels de locutions:

1. Les locutions non-communicatives qui ne comportent pas d'énoncés

1) nominatives: a) substantives qui jouent le rôle des substantifs (homme de paille, fils à papa, pierre de touche); b) adjectives ( à succès, beau comme le jour, terre à terre, de fond, hors ligne, dernier cri,); c) adverbiales ( à l'œil, à fond, de toute façon, au fond); d) infinitives (se casser la tête, la couper à qqn, tenir debout, dormir comme une marmotte) ;

2) les locutions à valeur d'interjections (allez-y!, allons donc!, que diable!, mon

Dieu!, ça par exemple!, tu parles!).

3) Les locutions à valeur modale: sans doute, d'ailleurs, bien sûr, en somme, tout compte fait.

2. Les locutions communicatives. Par exemple: il ne faut pas réveiller le chat qui dort; il n'y a pas de fumée sans feu; ça ne casse rien, voilà (c 'est là) le hic; la parole est d'argent, mais le silence est d'or.

6.4 Procédés de formation des locutions

Rappelons que la formation des locutions est accompagnée d'une transformation sémantique de leurs éléments. Ces transformations peuvent se manifester de façon suivante:

1) transfert métaphorique: à bride abattue - à toute vitesse, donner un coup id'épaule à qqn. - l'aider, venir à son aide ; promettre monts et merveilles - des avantages considérables.

2) transfert métonymique: Maison-Blanche - présidence américaine, barbe bleu - personnage cruel pour son épouse, et, en général, pour les faibles qui sont en son pouvoir, bas-bleu - femme pédante, pied noir - Français d'Algérie.

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3) lexicalisation: à huis clos - toutes portes fermées, secrètement ; tout à fait - complètement, prendre feu - s'enflammer.

4) affaiblissement des hyperboles: aller (avancer, marcher) comme un escargot - très lentement, geler à pierre fendre - faire un froid extrême, très vif, crever de rire - rire très fort, donner (mettre) sa tète à couper - parler (affirmer) avec assurance.

5) ellipse : se la couler douce (la vie) - vivre sans soucis et sans efforts; en conter

(dire, raconter) de belles (des choses) - apprendre (savoir) des choses défavorables, honteuses sur qqn; s'y prendre (à qqch.) - agir d'une certaine manière pour obtenir un résultat; s'en prendre à qq., qqch (de qqch.) - s'attaquer à, incriminer; en vouloir à qqn. (du mal) - avoir de la rancune à l'égard de qqn.

6) addition sémantique. Dans ce cas-là on ajoute une signification supplémentaire à la signification d'un groupe de mots libres, par exemple, dans avoir (ne pas avoir) les mains dans les poches - être (ne pas être) actif, efficace; se frotter les mains - se réjouir, se féliciter; plier (courber la tête) - se soumettre; croiser les bras - rester sans rien faire.

7) étymologie populaire, donc faussée: tomber dans les pommes (au lieu de pâmes) - s'évanouir; clouer le bec à qqn. (au lieu de clore) - lui répondre de sorte qu'il n'ait plus rien à dire; fier comme un pou (confusion entre pou nom de l'insecte, et pou, pouil, poul, forme dialectale de coq) - très fier.

6.5 Rapports paradigmatiques

Problème de paradigme. Parfois on parle des paradigmes phraséologiques (В.Г.Гак,

В.Н.Телия). On considère que les locutions comportant un MEME mot clé constituent un paradigme: pierre angulaire, pierre philosophique, pierre de touche; plus mort que vif, de vive voix, prendre (surprendre) qqn. sur le vif. Toutefois on peut trouver des paradigmes parmi les séries (les combinaisons et les ensembles) et non parmi les unités (les locutions soudées), c'est-à-dire, les idiotismes.

Synonymie et variation. Tout d'abord il faut distinguer les synonymes des variantes. Pour ce faire on recourt au critère suivant: les tropes (les métaphores) et les images de même que les origines des locutions synonymiques sont différentes, par exemple, faire une

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farce à qqn et jouer un tour à qqn, bête comme ses pieds et bête à manger du foin, vieux comme le monde et âgé comme le Pont-Neuf. Quant aux variantes, l'image et la dénotation y sont les mêmes: mettre qqn à la porte et jeter (ficher) qqn à la porte (chasser, faire sortir par la menace, la contrainte).

Parmi les locutions, comme parmi les mots, on rencontre des synonymes stylistiques ayant des sèmes connotatifs. Le français familier et surtout l'argot en présentent des exemples nombreux; c'est ainsi que, au lieu de dire mourir on emploie: rendre l'âme, y rester (neutre), sortir entre quatre planches, s'en aller les pieds devant, aller chez les taupes, casser la pipe, avaler son bulletin de naissance, éteindre sa lampe, faire le grand voyage, faire sa malle (sa valise),etc.

Antonymie. On voit trois types de locutions antonymiques:

1) ceux qui réalisent des oppositions de gradation (graduels), comme, riche-comme

Crèsus - pauvre comme Job;

2)oppositions de complémentarité (complémentaires): avoir des yeux dans le dos - avoir des yeux pour ne pas voir;

3)oppositions de réciprocité (réciproques): ficher (foutre) le camp ramener sa fraise, se faire la main - perdre la main.

6.7 Sur les origines des locutions

Selon leur origine on peut distinguer trois groupes essentiels de locutions.

1) Les locutions dont les mots clés sont par exemple des somatismes (main, bras, pied, jambe, tête, cœur, etc.) ou d'autres mots désignant des concepts universels et c'est pourquoi on trouve leurs équivalents dans différentes langues: à bras ouverts, avoir la (sa) tête sur les épaules, remuer ciel et terre.

2) Les locutions reflétant des concepts propres à la civilisation européenne

(mythologie grecque, histoire romaine, sujets bibliques, etc.) dont on rencontre les

équivalents dans plusieurs langues européennes: boîte de Pandore, épée de Damoclès, talon d'Achille, franchir le Rubiconcolosse aux pieds d'argile.

3) Les locutions les plus nombreuses qui désignent des réalités historiques et culturelles françaises et représentent la vision du monde à la française. Beaucoup de ces locutions sont intraduisibles et leurs équivalents (si on en trouve) dans d'autres langues ne

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sauraient rendre toutes les nuances de leur couleur locale. Citons quelques exemples: au temps du roi Dagobert, au temps où Berthe filait (à une époque très éloignée); au diable Vauvert (extrêmement loin); boire comme un Templier (boire avec excès); se porter comme le Pont-Neuf (se porter très bien); travailler pour le roi de Prusse (travailler pour rien).

6.7 Le rôle des locutions phraséologiques dans l'enrichissement du vocabulaire

français

La création des groupements stables est pour le français moderne une source inépuisable d'enrichissement de toutes les parties de son lexique. Ainsi la lutte contre le terrorosme et pour la paix a fait naitre dans le monde entier une foule de locutions phraséologiques, purement analytiques, conformes à la syntaxe de nos jours: collecter les signatures, la lutte pour la paix, les hommes de bonne volonté, colombe de la paix.

Les de locutions phraséologiques se trouvent en abondance en toutes sortes de terminologies et se cr/ent constamment. Il est intéressant de noter qu on crée parfois des locutions phraséologiques sur le modèle du type verbal synthético-analytique de groupements stables (verbe+substantif sans article) : faire surface (en parlant d un sousmarin), prendre contact, faire bloc.

On peut constater qu à l'heure actuelle l' intérêt porté aux problèmes de la phraséologie ne cesse de croître. Il serait juste de dire que la phraséologie demeure jusqu à présent un des domaines de la linguistique qui se lève le plus de discussions.

Ce fait est prouvé premièrement par le nombre des thèses, des travaux scientifiques écrit entre autre par nos étudiants chaque année, deuxièmement, par le nombre des problèmes posés et envisagés par les linguistes, spécialistes en langues. C'est la question des limites de la phraséologie qui est particulièrement contreversée. Des critères variés visant à faire le départ entre les locutions phraséologiques et le sgroupements de mots libres sont proposés. Ce sont entre autres l'intégrité nominative, l'équivalence au mot, la valeur imagée, le caractère idiomatique, la stabilité, la reproductivité intégrale dans la

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