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Описание внешности и характера человека. Учебное пособие по развитию навыков устной и письменной речи и дифференциации синонимов французского языка

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un B! 32. La lèpre avait donc (...) quelque chose de sacré aux yeux de l'Église et des fidèles: c'était un don de Dieu, une distinction spéciale, une marque, pour ainsi dire, de l'attention divine. 33. Souvent il y a autour de nous un troupeau de moutons noirs qui broute, quelque petit garçon nu, leste comme un singe, avec des yeux de chat, des dents d'ivoire, un anneau d'argent dans l'oreille droite et de grandes marques de feu sur les joues, tatouage fait avec un couteau rougi. 34. Il disait qu'il avait eu cette canne à Londres; or, la marque attestait qu'elle était de Paris! 35. On vit s'arrêter, devant la cavée des portes, une opulente automobile de marque américaine. 36. La voiture vint. Augustin reconnut cette marque voyante et fort chère qui garnissait la page entière d'un illustré de luxe avec le dessin d'une automobile, d'une dame seule, d'un chauffeur et d'un pékinois, arrêtés tous les quatre devant un perron à colonnes. 37. À la mi-temps la marque était de 2 à zéro. Une minute plus tard, on crut bien que Monaco allait aggraver la marque. 38. Les deux amis virent distinctement cette fragile nacelle (...) contenant un vieillard (...) et un jeune homme de la figure la plus intéressante, et décoré des marques de la chevalerie. 39. On campa au pied d'eucalyptus qui portaient la marque d'un feu assez récent. 40. Il y avait tellement de poussière que le vieillard mouchait toujours du noir, que ses doigts gluants étaient toujours noirs, et laissaient des marques sur tout ce qu'il touchait. 41. Quand Mme Récamier vit s'avancer l'heure où la beauté baisse et pâlit, elle fit ce que bien peu de femmes savent faire: elle ne lutta point; elle accepta avec goût les premières marques du temps. 42. Elle vivait avec lui, dans son étreinte, matériellement; elle avouait à chaque instant qu'il la possédait toujours, qu'elle garderait toujours la marque de ses baisers. 43. Ma soeur, malgré une marque de naissance à laquelle il fallait quelque temps pour s'habituer, avait, à cet âge, un charme extrême. 44. David, sur ces visages, retrouvait des signes connus, la marque de la faim et du froid, des yeux qui coulaient, des gencives scorbutiques, des clous, des anthrax, des polypes. 45. ... il ôta la loque qui lui abritait le front, (...) montrant une tête flétrie, crapuleuse et jolie, chauve sur le sommet du crâne, marque de fatigue ou de débauche précoce, car cet homme assurément n'avait pas plus de vingt-cinq ans. 46. L'huissier revint avec cette espèce de batte en ébène qui, depuis un temps immémorial, est l'insigne de leur fonction et qu'on appelle une verge. 47. Ils étaient (...) plus de cent guides diplômés du Club Alpin Suisse, dont ils arboraient l'insigne, croix blanche sur champ rouge,

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à leur revers. 48. De tels vins peuvent être mis en vente et circuler sous la dénomination de vins de qualité supérieure (V.D.Q.S.) s'ils sont revêtus d'un label délivré par le syndicat viticole intéressé dans des conditions précisées par l'article 305 bis du code du vin . 49. On se mettait à vendre du Bonnie et du Clyde comme on vend des boîtes de petits pois. Leur nom s'étale partout, il est devenu un label qui fait vendre, qui rapporte de l'argent. 50. Il m’a présenté ce livre en signe d’amitié et de reconnaissance.

3.11. Lisez et traduisez le texte. Comment voyez-vous les personnages à travers ce fragment ?

Le borgne

Du temps du roi Moabdar il y avait à Babylone un jeune homme nommé Zadig, né avec un beau naturel fortifié par l’éducation. Quoique riche et jeune, il savait modérer ses passions; il n’affectait rien; il ne voulait point toujours avoir raison, et savait respecter la faiblesse des hommes. On était étonné de voir qu’avec beaucoup d’esprit il n’insultât jamais par des railleries à ces propos si vagues, si rompus, si tumultueux, à ces médisances téméraires, à ces décisions ignorantes, à ces turlupinades grossières, à ce vain bruit de paroles, qu’on appelait conversation dans Babylone. Il avait appris, dans le premier livre de Zoroastre, que l’amour-propre est un ballon gonflé de vent, dont il sort des tempêtes quand on lui fait une piqûre. Zadig surtout ne se vantait pas de mépriser les femmes et de les subjuguer. Il était généreux; il ne craignait point d’obliger des ingrats, suivant ce grand précepte de Zoroastre: Quand tu manges, donne à manger aux chiens, dussent-ils te mordre. Il était aussi sage qu’on peut l’être, car il cherchait à vivre avec des sages. Instruit dans les sciences des anciens Chaldéens, il n’ignorait pas les principes physiques de la nature tels qu’on les connaissait alors, et savait de la métaphysique ce qu’on en a su dans tous les âges, C’est-à-dire fort peu de chose. Il était fermement persuadé que l’année était de trois cent soixante et cinq jours et un quart, malgré la nouvelle philosophie de son temps, et que le soleil était au centre du monde; et quand les principaux mages lui disaient, avec une hauteur insultante, qu’il avait de mauvais sentiments, et que c’était être ennemi de l’État que de croire que le soleil tournait sur lui-même et que l’année avait douze mois, il se taisait sans colère et sans dédain.

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Zadig, avec de grandes richesses, et par conséquent avec des amis, ayant de la santé, une figure aimable, un esprit juste et modéré, un coeur sincère et noble, crut qu’il pouvait être heureux. Il devait se marier à Sémire, que sa beauté, sa naissance et sa fortune rendaient le premier parti de Babylone. Il avait pour elle un attachement solide et vertueux, et Sémire l’aimait avec passion. Ils touchaient au moment fortuné qui allait les unir, lorsque, se promenant ensemble vers une porte de Babylone, sous les palmiers qui ornaient le rivage de l’Euphrate, ils virent venir à eux des hommes armés de sabres et de flèches. C’étaient les satellites du jeune Orcan, neveu d’un ministre, à qui les courtisans de son oncle avaient fait accroire que tout lui était permis. Il n’avait aucune des grâces ni des vertus de Zadig; mais, croyant valoir beaucoup mieux, il était désespéré de n’être pas préféré. Cette jalousie, qui ne venait que de sa vanité, lui fit penser qu’il aimait éperdument Sémire. Il voulait l’enlever. Les ravisseurs la saisirent, et dans les emportements de leur violence ils la blessèrent, et firent couler le sang d’une personne dont la vue aurait attendri les tigres du mont Imaus. Elle perçait le ciel de ses plaintes. Elle s’écriait:

“Mon cher époux! on m’arrache à ce que j’adore ! “Elle n’était point occupée de son danger; elle ne pensait qu’à son cher Zadig. Celui-ci, dans le même temps, la défendait avec toute la force que donnent la valeur et l’amour. Aidé seulement de deux esclaves, il mit les ravisseurs en fuite et ramena chez elle Sémire, évanouie et sanglante, qui en ouvrant les yeux vit son libérateur. Elle lui dit :

“Ô Zadig! je vous aimais comme mon époux; je vous aime comme celui à qui je dois l’honneur et la vie.

“Jamais il n’y eut un coeur plus pénétré que celui de Sémire. Jamais bouche plus ravissante n’exprima des sentiments plus touchants par ces paroles de feu qu’inspirent le sentiment du plus grand des bienfaits et le transport le plus tendre de l’amour le plus légitime. Sa blessure était légère; elle guérit bientôt. Zadig était blessé plus dangereusement; un coup de flèche reçu près de l’oeil lui avait fait une plaie profonde. Sémire ne demandait aux dieux que la guérison de son amant. Ses yeux étaient nuit et jour baignés de larmes: elle attendait le moment où ceux de Zadig pourraient jouir de ses regards; mais un abcès survenu à l’oeil blessé fit tout craindre. On envoya jusqu’à Memphis chercher le grand médecin Hermès, qui vint avec un nombreux cortège. Il visita le malade, et déclara qu’il perdrait l’oeil; il prédit même le jour et l’heure où ce funeste accident devait arriver.

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“Si c’eût été l’oeil droit, dit-il, je l’aurais guéri ; mais les plaies de l’oeil gauche sont incurables.“

Tout Babylone, en plaignant la destinée de Zadig, admira la profondeur de la science d’Hermès. Deux jours après, l’abcès perça de lui-même; Zadig fut guéri parfaitement.

Hermès écrivit un livre où il lui prouva qu’il n’avait pas dû guérir. Zadig ne le lut point; mais, dès qu’il put sortir, il se prépara à rendre visite à celle qui faisait l’espérance du bonheur de sa vie et pour qui seule il voulait avoir des yeux. Sémire était à la campagne depuis trois jours. Il apprit en chemin que cette belle dame, ayant déclaré hautement qu’elle avait une aversion insurmontable pour les borgnes, venait de se marier à Orcan la nuit même. A cette nouvelle, il tomba sans connaissance; sa douleur le mit au bord du tombeau ; il fut longtemps malade ; mais enfin la raison l’emporta sur son affliction, et l’atrocité de ce qu’il éprouvait servit même à le consoler.

“Puisque j’ai essuyé, dit-il, un si cruel caprice d’une fille élevée à la cour, il faut que j’épouse une citoyenne.”

Il choisit Azora, la plus sage et la mieux née de la ville; il l’épousa et vécut un mois avec elle dans les douceurs de l’union la plus tendre. Seulement il remarquait en elle un peu de légèreté et beaucoup de penchant à trouver toujours que les jeunes gens les mieux faits étaient ceux qui avaient le plus d’esprit et de vertu.

Voltaire, Histoires orientales

3.12. Observez l’emploi des synonymes:

disposition – tendance – inclination – penchant – propension

disposition (f)

1.Disposition à: tendance à.

Disposition à contracter une maladie. Disposition à éprouver des émotions Disposition des prix à la hausse

2.État d'esprit passager.

Dans, en (telle) disposition

Il est dans une disposition à croire tout ce qu'on lui raconte

Être en bonne, en mauvaise disposition

Plur. Intentions envers qn.

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Être dans de bonnes dispositions à l'égard de qqn

3.Aptitude à faire qqch. (en bien ou en mal).

Avoir des dispositions pour l'étude Des dispositions innées, naturelles

Il a toutes les dispositions pour réussir.

Le seul défaut de caractère qu'on lui trouve, c'est une disposition

àdes colères violentes.

tendance (f)

1.Ce qui porte à être, à agir, à se comporter de telle ou telle façon.

Les tendances égoïstes Tendances opposées

Roberti a des tendances au sadisme. Avoir tendance à... (et inf.): être enclin à On a tendance à se flatter.

J'ai plutôt tendance à grossir qu'à maigrir.

Psycho. Principe dynamique, considéré comme la cause de l'orientation des activités humaines.

La tendance n'est jamais que l'orientation spontanée d'un certain nombre de besoins vers les objets qui en assurent la satisfaction.

Tendances inconscientes Tendances refoulées

2.Orientation commune à une catégorie de personnes.

Àquelle tendance politique appartient-il? Tendance artistique ou intellectuelle

Il faut que le critique accepte toutes les tendances et admette les

recherches d'art les plus diverses.

3.Évolution (de qqch.) dans un même sens.

Tendances du cinéma

Tendance fondamentale, ou de fond Les prix ont tendance à monter Tendance à la hausse

inclination (f)

Mouvement affectif, spontané vers un objet ou une fin.

Ses bonnes inclinations s'altérèrent. Inclinations et passions

Combattre ses inclinations

Agir contre sa propre inclination.

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Suivre son inclination

Avoir de l'inclination, une certaine inclination à mentir

La vie n'avait pas trop contrarié son inclination naturelle au bonheur.

Montrer de l'inclination pour l'aventure Montrer une vive inclination pour les sciences Inclinations égoïstes, altruistes, supérieures

penchant (m)

1.Inclination naturelle vers un objet ou une fin.

Mauvais penchants

Avoir un perchant à (pour) la paresse

Vous aviez un fâcheux penchant à vous jeter étourdiment dans

les entretiens sérieux comme un chien dans un jeu de quilles.

2. Littér. Mouvement qui porte à aimer une personne, à prendre parti pour elle.

Ils suivaient sans remords leur penchant amoureux.

propension (f)

Tendance naturelle :

Propension à un sentiment, à la bienveillance, à critiquer autrui La Raison s’achoppe dans sa route, par sa propension

malheureuse à chercher la vérité dans le détail.

Je ne suis pas crédulé, j’ai au contraire une propension merveilleuse au doute.

3.13. Traduisez les phrases en analysant l’emploi des mots disposition-inclinaison-penchant-propension-tendance:

1. Elle avait une disposition à la névrose qu'elle tenait de son père. 2. Je voulais profiter de ces ardentes dispositions inespérées que montrait M. de Charlus, pour lui demander s'il ne pourrait pas me faire rencontrer sa belle-sœur… 3. Ceux qui désirent se rendre aux sports d'hiver ont déjà pris leurs dispositions. 4. Il fit toutes ses dispositions pour résister à l'attaque. 5. J'ai ici à ma disposition une bonne bibliothèque. 6. Je suis à votre disposition pour le concours que je pourrais vous apporter. 7. Avec ses tendances à l'embonpoint, elle deviendra énorme. 8. C'est moi qui dus combattre ma tendance à parler parmétaphores.9.J'avaisspontanémenttendanceàracontertoutcequi

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m'arrivait: je parlais beaucoup, j'écrivais volontiers. 10. Tout homme a une tendance à se croire irrésistible. 11. Les enfants ont toujours une tendance soit à déprécier, soit à exalter leurs parents. 12. Nous avons,

ànotre âge, une fâcheuse tendance à juger les gens trop sévèrement et à condamner sans appel. 13. L'autre jour au cinéma, j'ai assisté à un film à tendances pacifistes qui montrait les horreurs de la guerre: tout le monde applaudissait. 14. Y a-t-il des tendances très définies dans la mode actuelle? Disons qu'il y en a deux: la tendance superclassique et les fantaisies souvent exotiques du nouveau prêt-à-porter.

15.On a beaucoup discuté de l'influence du film sur la délinquance juvénile. La tendance est aujourd'hui à ne pas l'exagérer. 16. Je me suis découvert des tendances à la délation. 17. Cette plaie n'a aucune tendance à la cicatrisation en raison des mouvements incessants de l'oreille qui congestionnent et entretiennent l'inflammation alentour.

18.La tendance de la langue à l'économie consiste à tirer du minimum d'effort le maximum d'information. 19. Oui, madame, (...) répondit le valet avec une inclination de tête que lui aurait enviée un prince saluant la foule. 20. Je crois qu'il y a dans nous une inclination à la paresse, qui est le plus fort de nos penchans. 21. Elle a beaucoup d'inclination pour les langues, beaucoup de facilité à les apprendre, et elle ne résiste pas au plaisir d'y éprouver son habileté. 22. Il y a chez la femme une inclination profonde à la passivité qui oriente tout son comportement. 23. Il n'avait suivi que son inclination pour la France et son attachement pour le duc d'Orléans. 24. Je ne savais pas comment je l'aimais; si c'était de l'intimité pure, de l'amitié, de l'amour, de l'habitude ou de tous ces sentiments réunis que se composait mon inclination pour elle. 25. Je n'oserais pourtant pas affirmer que les mariages de convenance que j'ai vu pratiquer autrefois fussent généralement moins heureux que les mariages d'inclination que je vois faire aujourd'hui. 26. L'éducation vient simplement en aide à la propension naturelle: on incline toujours vers le plus facile à faire. 27. Aucun mérite à cela, je cède à une propension naturelle. 28. Brave homme, ce capitaine Dieulivol (...) mais affecté d'une effroyable propension aux liqueurs fortes, et trop enclin, quand il avait bu,

àconfondre tous les dialectes. 29 .Sans me flatter, j'ai toujours eu de la propension à la libéralité; encore me fallait-il une occasion de l'exercer. 30. Les paysagistes hollandais (...) reproduisant la proprette nature de leur pays, ont une propension innée à peigner le détail outre mesure. 31. Par la position démagogique qu'il avait prise contre

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les conspirateurs et les traîtres, par sa propension à en voir partout, Robespierre incarnait la guerre à outrance. 32. Il se pourra bien faire que je m'en aille me faire Turc en Turquie, ou muletier en Espagne, ou conducteur de chameaux en Égypte. Je me suis toujours senti de la propension pour ce genre d'être. 33. Elle m'inspirait dès ma douzième année un penchant de vénération tendre et de soumission presque religieuse. 34. Souvent, dans des heures solitaires, il a réfléchi à ce penchant irrésistible de son âme à la tristesse, qui souvent le replongeait dans la tristesse lorsqu'il était sur le point d'en trouver la raison profonde... 35. N'oublions pas que les enfants ont un penchant naturel pour les jouets bruyants et sonores. 36. De ces guerres prolongées, les peuples sortaient épuisés, hébétés et vaccinés pour un temps contre leurs penchants belliqueux.

3.14. Lisez et traduisez le texte. Relevez les endroits du texte où l’écrivain ironise sur l’hypocrisie de la société bourgeoise. Par quels procédés l’auteur nous fait-il sentir son ironie ?

Et nous voici réunis, tous les cinq, réunis afin de jouer le premier épisode de ce film à prétentions tragiques, qui pourrait s'intituler: «Atrides en gilet de flanelle»...

Campons les personnages.

D'abord le chef de famille, si peu digne de ce titre, notre père, Jacques Rezeau, Si vous voulez bien vous en référer à L'Explication du Caractère par les prénoms, opuscule de je ne sais plus quel mage, vous constaterez que pour une fois la définition se trouve parfaite. « Les Jacques, y est-il dit, sont des garçons faibles, mous, rêveurs, spéculatifs, généralement malheureux en ménage et nuls en affaires.» Pour résumer mon père d'un mot, c'était un Rezeau statique. Plus d'esprit que d'intelligence. Plus de finesse que de profondeur. Grandes lectures et courtes réflexions. Beaucoup de connaissances, peu d'idées. Le sectarisme des jugements pauvres lui tenait quelquefois lieu de volonté. Bref, le type des hommes qui ne sont jamais eux-mêmes, mais ce qu'on leur suggère d'être, qui changent à vue de personnage dès que le décor tourne et qui, le sachant, s'accrochent désespérément à ce décor. Au physique, papa était petit, étroit de poitrine, un peu voûté, accablé par le poids de ses moustaches. Quand je l'ai connu, le cheveu, encore noir, commençait à lui manquer. Toujours plaintif, il vivait entre deux migraines et se nourrissait d'aspirine.

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Âgée, à la même époque, de trente-cinq ans, madame mère avait dix ans de moins que son mari et deux centimètres de plus. Née Pluvignec, je vous le rappelle, de cette riche, mais récente maison Pluvignec, elle était devenue totalement Rezeau et ne manquait pas d'allure. On m'a dit cent fois qu'elle avait été belle.

Je vous autorise à le croire, malgré ses grandes oreilles, ses cheveux secs, sa bouche serrée et ce bas de visage agressif qui faisait dire à Frédie, toujours fertile en mots:

– Dès qu'elle ouvre la bouche, j'ai l'impression de recevoir un coup de pied au cul. Ce n'est pas étonnant, avec ce menton en galoche.

Outre notre éducation, Mme Rezeau aura une grande passion: les timbres. Outre ses enfants, je ne lui connaîtrai que deux ennemis: les mites et les épinards. Je ne crois rien pouvoir ajouter à ce tableau, sinon qu'elle avait de larges mains et de larges pieds, dont elle savait se servir. Le nombre de kilogrammètres dépensés par ces extrémités en direction de mes joues et de mes fesses pose un intéressant problème de gaspillage de l'énergie.

Pour être juste, Frédie en eut sa très juste part. L'héritier présomptif tenait de mon père tous ses traits essentiels. Chiffe ! Inutile d'aller plus loin. Ce sumom lui conviendra toujours. Sa force d'inertie était proportionnelle aux coups de poing et aux coups de gueule. N'oublions pas son nez, tordu dès le plus jeune âge par la déplorable habitude de se moucher invariablement du côté gauche.

Quant à Marcel, dont je n"ai jamais su pourquoi lui avait été attribué le sobriquet de Cropette (étymologie obscure), point n'ai l'intention de l'abîmer. On pourrait croire que je le jalouse encore. Phivignec cent pour cent, par conséquent doué pour la finance, amateur de grandes pointures, péniblement studieux, froid, tenace, personnel, corollairement hypocrite... Je m'arrête, car je suis en train de ne pas me tenir parole. Signes distinctifs, côté face: un épi au milieu du front et, à fleur de tête, les gros yeux du myope qui ne peut pas ramasser ses lunettes. Signes distinctifs, côté pile: un certain déhanchement et la fesse un peu croulante. Quand il était petit, il avait toujours l'air d'avoir fait dans son pantalon.

Reste la cinquième carte de ce méchant poker. Retournons-la. Dans le brelan de frères, je suis le valet de pique.

Je ne réciterai pas le Confiteor. Qu'il vous suffise de savoir que l'on ne m'a pas vainement rebaptisé Brasse-Bouillon, selon un tic familial agaçant, qui nous apparente aux vieilles familles romaines, où le

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surnom était de rigueur. Le cadet de casse-cogne, le révolté, l'évadé, la mauvaise tête, le voleur d'œufs qui volera un bœuf, «le petit salaud qui a bon cœur». Brun, joufflu jusqu'à l'âge de douze ans et désespéré de l'être, à cause des claques. Resté petit tant que j'ai conservé mes amygdales. Affligé des oreilles maternelles, du menton maternel, des cheveux maternels. Mais très fier de mes dents, du type Rezeau, le seul organe sain de la famille, rendant les casse-noix inutiles, Gourmand de tout et, en premier lieu, de vivre. Très occupé de moimême. Egalement très occupé des autres, mais dans la limite où ceuxci ont le bon esprit de me tenir pour un des éléments importants de leur propre vie. Plein de considération envers les mentalités fortes, amies ou ennemies, avec un léger avantage pour ces dernières: j'ai un sourcil plus haut que l'autre et ne le fronce qu'en leur faveur.

Moi compris, nous voici donc cinq sur la scène de La Belle Angerie.

Hérvé Bazin, Vipère au poing

3.15. Observez l’emploi des antonymes: vertu – vice

vertu (f)

I. 1. Vieilli ou littér. Force avec laquelle l’être humain tend au bien; force morale appliquée à suivre la règle, la loi morale; cette règle, cette loi morale

Il a de la vertu.

2 Littér. Conduite, vie vertueuse.

3. Vieilli ou plaisant. Chasteté ou fidélité sentimentale, conjugale (d’une femme).

Femme de petite vertu.

4. Une, des vertus: disposition à accomplir des actes moraux par un effort de volonté; qualité portée à un haut degré.

Parer qn de toutes les vertus

Les quatre vertus cardinales (courage, justice, prudence, tempérance)

II. 1. Littér. Principe qui, dans une chose, est considéré comme la cause des effets qu’elle produit (=pouvoir, propriété)

Vertu médicale, curative des plantes

La vertu reparatrice du temps

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