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Fig. 35. Schéma mélodique de la

phrase interrogative : Est-ce que

Vous partez demain ?

verbe, le dernier mot du syntagme n'ayant qu'une valeur complémentaire se prononce sur un ton des­cendant (mélodie « descen­dante-montante-descendante »).

Citons d'autres exemples pour les deux variantes :

Est-ce qu'il est heureux dans sa famille? \ Est-ce qu'il est heureux f dans sa famille? \ Est-ce qu'on revient tard ce soir ?\ Est-ce qu'on revient tard \ ce soir ? \ Est-ce que vous fumez dans la salle de séjour ? \ Est-ce que vous fumez j dans la salle de séjour ? \ etc.

Comme l'interrogation, dans ces phrases, est exprimée par la particule interrogative est-ce que, le ton de la syllabe finale peut ne pas dépasser la hauteur de la voyelle initiale de est-ce que. Il lui arrive même souvent d'être plus bas que le ton de la première syllabe de la phrase (mélodie « des­cendante-montante ») (fig. 35).

§ 149. Dans une phrase oщ l'interrogation porte sur le prédicat, ou sur l'ensemble de la phrase, elle peut être ex­primée par la postposition du sujet. Le mouvement mélodi­que est d'ordinaire ascendant (fig. 36, 1) II arrive toute­fois que le début de la phrase renfermant l'inversion commen­ce sur un ton élevé qui dépasse la hauteur mélodique de la syllabe finale (fig. 36, 2). x

D'ailleurs, tout changement d'ordre logique ou émotion­nel est suivi de modifications dans le mouvement musical de la phrase en ce sens que la place du ton le plus haut varie suivant l'importance (logique ou affective) qu'on attribue а tel ou tel terme de la proposition.

Fig. 36. Schéma mélodique des phrases interrogatives: 1 N'est-elle pas rentrée ? \ 2 T'es-tu dé­jа battu? \

§ 150. Quand l'interrogation porte sur un terme de la proposition autre que le prédicat (question partielle), la proposition comporte d'or­dinaire un mot interrogatif placé au début. Générale-ment celui-ci est appuyé par l'inversion du sujet si toutefois la question ne porte pas sur ce dernier (Que voyez-vous ? \\ Quand rentre-t-il ? \\ ) ou bien par la particule interrogative

est-ce que (Qu'est-ce que vous voulez ? || Quand est-ce qu'il rentre ? Qui est-ce qui vient ? || )

La prononciation courante de ces phrases interrogatives comporte un ton haut sur le mot interrogatif, le reste de la phrase étant caractérisé le plus souvent par un ton descen­dant comme suit (mélodie « descendante»). Le début de la phrase atteint une note assez haute (300 — 340 Hz.). l

Oщ vas-tu ? Il Qui Га fait ? \\ Quand rentres-tu ? \\ Que fait-il ? ||

Ces phrases sont prononcées sur un ton descendant. Ce même mouvement musical caractérise également les phrases interrogatives qui contiennent la particule interrogative est-ce que. Témoin la phrase qui suit : Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ? \\ (fig. 37) 2.

Il arrive toutefois que cette espèce de phrase oщ le ton le plus haut porte sur le mot interrogatif comporte également une montée vers la fin. C'est le cas des phrases oщ l'interro­gation est exprimée par tous les mots d'une façon plus ou

15*

1 B. M. Ïè на е а. Èнтîнацèя îïрîсèтельнûх ïредлîженèé [îôранцуçсêîм яçûêе. «Ученûе çаïèсêè I МГÏÈÈЯ», т. 18, 1960 стî.154. > » F

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1 D'après les données de: B. M. Ïè на е а. Èнтîнацèя îïрîсè­тельнûх ïредлîженèé. «Ученûе çаïèсêè I МГÏÈÈЯ», т. 18. 1960;W. Zwanenburg. Recherches sur la prosodie de la phrase française.Leiden, 1965.

2 Ouvrage cité.

227

moins égale. Tout mot porte dans ce genre d'interrogation. Par exemple : Avec qui partez-vous demain ? \\

La partie descendante d'une phrase interrogative n'at­teint jamais la note basse qui caractérise la syllabe finale de la proposition énonciative.

L'intensité des voyelles des mots interrogatif s accentués (qui, que, quand, oщ, etc.) est fort grande, elle dépasse l'intensité des autres voyelles du syntagme et même celle de la voyelle finale accentuée. La durée de la voyelle dans le mot interrogatif ne se ressent pas de l'accent, elle ne présente pas de variations considérables par rapport а d'autres voyelles du syntagme.

Fig. 37. Schéma mélodique de la

phrase interrogative : Pourquoi est-ce

que tu me demandes ça?

La phrase interroga­tive a beaucoup d'autres variétés mélodiques im­posées par les nuances de la pensée, par le besoin de mise en relief, par le caractère plus ou moins affectif de notre débit. Citons un exemple littéraire :

Pourquoi diable arrives-tu si tard ? \\ ...La voix, de son frère... n'avait pas appuyé sur «pourquoi» mais sur « tard ». || Le souci de marquer le coup l'emportait sur la curiosité. \\ (H. Bazin)

§ 151. Dans le style familier du français actuel, il existe des phrases interrogatives dont la structure est toute diffé­rente de celle des phrases étudiées dans ce même chapitre. Il s'agit des phrases oщ l'ordre direct de mots est respecté, tandis que le mot interrogatif est rejeté а la fin de la propo­sition :

// est revenu quand ? \\ II Va demandé а qui ? \\ Ça a com­mencé а quelle heure ? \\ Vous avez procédé comment ? \\ Cela coûte combien ? \\ , etc.

Fig. 38. Schéma mé­lodique de la phrase interrogative : II est revenu quand?

On prononce ces phrases sur un ton plus ou moins uniforme, par­fois comportant une montée а peine perceptible, jusqu'au mot interrogatif oщ on effectue une montée brusque et considérable (mélodie « montante ») (fig. 38).

Le mouvement musical de ces questions suit donc la même ligne que celui de l'interrogation portant sur le prédicat dans une phrase oщ Tordre des mots est direct (// est revenu ?).

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c. Types de phrases affectives