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ivanov666
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Файл:Au Bonheur Des Dames
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AU BONHEUR DES DAMES
! » Et il l’a faite, la culbute !... Ah ! le malheureux, qui était si
bien au courant du vrai commerce, qui avait toutes mes idées !
Pour une guenuche, pour un de ces mannequins qui paradent
aux vitrines des maisons louches !... Non, voyez-vous, c’est à
confondre la raison !
Il branlait la tête, ses yeux vagues s’étaient baissés et regar-
daient les dalles humides, usées par des générations de clientes.
– Voulez-vous savoir ? continua-t-il à voix plus basse,
eh bien ! il y a des moments où je me sens le plus coupable,
dans notre malheur. Oui,c’est ma faute, si notre pauvre fille
est là-haut, dévorée de fièvre. Est-ce que je n’aurais pas dû les
marier tout de suite, sans céder à mon bête d’orgueil, à mon
entêtement de ne point leur laisser la maison moins prospère
? Maintenant, elle aurait celui qu’elle aime, et peut-être leur
jeunesse à tous deux accomplirait-elle ici le miracle que je n’ai
pas su réaliser... Mais je suis un vieux fou, je n’y ai rien compris, je ne croyais pas qu’on tombât malade pour des choses
pareilles... Vrai ! ce garçon était extraordinaire : un don de la
vente, et une probité, une simplicité de mœurs, un ordre en
toutes choses, enfin mon élève...
Il relevait la tête, défendant encore ses idées, dans ce com-
mis qui le trahissait. Denise ne put l’entendre s’accuser, et elle
lui dit tout, emportée par son émotion, à le voir si humble, les
yeux pleins de larmes, lui qui autrefois régnait là, en maître
grondeur et absolu.
– Mon oncle, ne l’excusez pas, je vous en prie... Il n’a jamais
aimé Geneviève, il se serait enfui plus tôt, si vous aviez voulu
hâter lemariage. Je lui en ai parlé moi-même ; il savait parfaitement que ma pauvre cousine souffrait à cause de lui, et vous
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voyez bien que cela ne l’a pas empêché de partir... Demandez
à ma tante.
Sans ouvrir les lèvres, Mme Baudu confirma ces paroles
d’un signe de tête. Alors, le drapier blêmit davantage, tandis
que les larmes achevaient de l’aveugler. Il bégaya :
– Ça devait être dans le sang, le père est mort l’été dernier
d’avoir trop couru la gueuse.
Et, machinalement, son regard fit le tour des coins obscurs,
passant des comptoirs nus aux casiers pleins, puis revint se
fixer sur sa femme, qui se tenait toujours droite à la caisse, dans
l’attente vaine de la clientèle disparue.
– Allons, c’est la fin, reprit-il. Ils nous ont tué notre com-
merce, et voilà qu’une de leurs coquines nous tue notre fille.
Personne ne parla plus. Le roulement des voitures, qui
ébranlait par instants les dalles, passait comme une batterie
funèbre de tambours, dans l’air immobile, étouffé sous le plafond bas.
Et, au milieu de cette morne tristesse des vieilles boutiques
agonisantes, on entendit des coups sourds, frappés quelque
part dans la maison. C’était Geneviève qui venait de se réveiller et qui tapait avec un bâton, laissé près d’elle.
– Montons vite, dit Baudu, se levant en sursaut. Tâche de
rire, il ne faut pas qu’elle sache.
Lui-même, dans l’escalier, se frottait rudement les yeux,
pour effacer la trace de ses larmes. Dès qu’il eut ouvert la porte,
au premier étage, on entendit une faible voix, une voix éperdue, criant :
– Oh ! je ne veux pas être seule... Oh ! ne me laissez pas
seule... Oh ! j’ai peur d’être seule...
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AU BONHEUR DES DAMES
Puis, quand elle aperçut Denise, Geneviève se calma, eut
un sourire de joie.
– Vous voilà donc !... Comme je vous ai attendue, depuis
hier ! Je croyais déjà que vous m’abandonniez, vous aussi !
C’était une pitié. La chambre de la jeune fille donnait
sur la cour, une petite chambre où tombait une clarté livide.
D’abord, les parentsavaient couché la malade dans leur propre
chambre, sur la rue ; mais la vue du Bonheur des dames, en face,
la bouleversait, et ils avaient dû la ramener chez elle. Là, elle
était allongée, si fluette sous les couvertures, qu’on ne sentait
même plus la forme et l’existence d’un corps. Ses maigres bras,
brûlés de la fièvre ardente des phtisiques, avaient un perpétuel
mouvement de recherche anxieuse et inconsciente ; tandis que
ses cheveux noirs, lourds de passion, semblaient s’être encore
épaissis et mangeaient de leur vie vorace son pauvre visage,
où agonisait la dégénérescence dernière d’une longue famille
poussée à l’ombre, dans cette cave du vieux commerce parisien.
Cependant, Denise, le cœur crevé de commisération, la re-
gardait. Elle ne parlait pas, de peur de laisser couler ses larmes.
Enfin, elle murmura :
– Je suis venue tout de suite... Si je pouvais vous être utile ?
Vous me demandiez... Voulez- vous que je reste ?
Geneviève, l’haleine courte, les mains toujourserrantes
dans les plis de la couverture, ne la quittait pas des yeux.
– Non, merci, je n’ai besoin de rien... Je voulais seulement
vous embrasser.
Des pleurs gonflèrent ses paupières. Alors, Denise, vive-
ment, se pencha, la baisa sur les joues, toute frissonnante de se
sentir aux lèvres la flamme de ces joues creuses. Mais la malade
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l’avait prise, et elle l’étreignait, et elle la gardait dans un embrassement désespéré. Puis, ses regards allèrent vers son père.
– Voulez-vous que je reste ? répéta Denise. Si vous aviez
quelque chose à faire ?
– Non, non.
Les regards de Geneviève se tournaient obstinément vers
son père, qui demeurait debout, l’air hébété, la gorge étranglée.
Il finit par comprendre, il se retira, sans prononcer un mot, et
l’on entendit son pas descendre pesamment les marches.
– Dites-moi, il est avec cette femme ? demanda la malade
tout de suite, en saisissant lamain de sa cousine, qu’elle fit asseoir au bord de la couchette. Oui, j’ai voulu vous voir, il n’y a
que vous pour me dire... N’est-ce pas, ils vivent ensemble ?
Denise, dans la surprise de ces questions, balbutia, dut avouer
la vérité, les bruits qui couraient au magasin. Clara, ennuyée de
ce garçon qui lui tombait sur le dos, lui avait déjà fermé sa porte
; et Colomban, désolé, la poursuivait partout, tâchait d’obtenir
d’elle une rencontre de temps à autre, par une humilité de chien
battu. On assurait qu’il allait entrer au Louvre.
– Si vous l’aimez tant, il peut vous revenir encore, conti-
nua la jeune fille, pour endormir la mourante dans ce dernier
espoir. Guérissez vite, il reconnaîtra ses fautes, il vous épousera.
Geneviève l’interrompit. Elle avait écouté de tout son être,
avec une passion muette qui la redressait. Mais elle retomba
aussitôt.
– Non, laissez, je sais bien que c’est fini... Je ne dis rien,
parce que j’entends papa pleurer, et que je ne veux pas rendre
maman plus malade.
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Seulement, je m’en vais, voyez-vous, et si je vous appelais
cette nuit, c’était par crainte de m’en aller avant le jour... Mon
Dieu ! quand on pense qu’il n’est pas même heureux !
Et, Denise s’étant récriée, en lui assurant que son état
n’était pas si grave, elle lui coupa une seconde fois la parole,
elle rejeta soudain la couverture d’un geste chaste de vierge
qui n’a plus rien à cacher dans la mort. Découverte jusqu’au
ventre, elle murmura :
– Regardez-moi donc !... N’est-ce pas fini ?
Tremblante, Denise quitta le bord de la couchette, comme
si, d’un souffle, elle eût craint de détruire cette nudité misérable. C’était la fin de la chair, un corps de fiancée usé dans
l’attente, retourné à l’enfance grêle des premiers ans. Lentement, Geneviève se recouvrit, et elle répétait :
– Vous voyez bien, je ne suis plus une femme... Ce serait
mal, de le vouloir encore.
Toutes deux se turent. Elles se regardaient de nouveau, ne
trouvant plus une phrase. Ce futGeneviève qui reprit :
– Allons, ne restez pas là, vous avez vos affaires. Et merci,
j’étais tourmentée du besoin de savoir ; maintenant, je suis
contente. Si vous le revoyez, dites-lui que je lui pardonne...
Adieu, ma bonne Denise. Embrassez-moi bien, c’est la dernière
fois.
La jeune fille l’embrassa, en protestant.
– Non, non, ne vous frappez donc pas, il vous faut des
soins, rien de plus.
Mais la malade eut un hochement de tête obstiné. Elle sou-
riait, elle était sûre. Et, comme sa cousine se dirigeait enfin vers
la porte :
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– Attendez, tapez avec ce bâton, pour que papa monte... J’ai
trop peur toute seule.
Puis, quand Baudu fut là, dans cette petite chambre morne,
où il passait les heures sur une chaise, elle prit un air de gaieté,
elle cria à Denise :
– Ne venez pas demain, c’est inutile. Mais, dimanche, je
vous attends, vous resterez l’après- midi avec moi.
Le lendemain, à six heures, au petit jour, Geneviève expi-
rait, après quatre heures d’un râle affreux. Ce fut un samedi
que tomba l’enterrement, par un temps noir, un ciel de suie
qui pesait sur la ville frissonnante. Le Vieil Elbeuf, tendu de
drap blanc, éclairait la rue d’une tache blanche ; et les cierges,
brûlant dans le jour bas, semblaient des étoiles noyées de crépuscule. Des couronnes de perles, un gros bouquet de roses
blanches, couvraient le cercueil, un cercueil étroit de fillette,
posé sur l’allée obscure de la maison, au ras du trottoir, si près
du ruisseau, que les voitures avaient déjà éclaboussé les draperies. Tout le vieux quartier suait l’humidité, exhalait son odeur
moisie de cave, avec sa continuelle bousculade de passants sur
le pavé boueux.
Dès neuf heures, Denise était venue, pour rester auprès
de sa tante. Mais, comme le convoi allait partir, celle-ci, qui
ne pleurait plus, les yeux brûlés de larmes, la pria de suivre
le corps et de veiller sur l’oncle, dont l’accablement muet, la
douleur imbécile inquiétait la famille. En bas, la jeune fille
trouva la rue pleine de monde. Le petit commerce du quartier
voulait donner aux Bauduun témoignage de sympathie ; et il
y avait aussi, dans cet empressement, comme une manifestation contre le Bonheur des dames, que l’on accusait de la lente
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agonie de Geneviève. Toutes les victimes du monstre étaient
là, Bédoré et sœur, les bonnetiers de la rue Gaillon, les fourreurs Vanpouille frères, et Deslignières le bimbelotier, et Piot
et Rivoire les marchands de meubles ; même Mlle Tatin, la lingère, et le gantier Quinette, balayés depuis longtemps par la
faillite, s’étaient fait un devoir de venir, l’une des Batignolles,
l’autre de la Bastille, où ils avaient dû reprendre du travail chez
les autres. En attendant le corbillard qu’une erreur attardait, ce
monde vêtu de noir, piétinant dans la boue, levait des regards
de haine sur le Bonheur, dont les vitrines claires, les étalages
éclatants de gaieté, leur semblaient une insulte, en face du Vieil
Elbeuf, qui attristait de son deuil l’autre côté de la rue. Quelques
têtes de commis curieux se montraient derrière les glaces ; mais
le colosse gardait son indifférence de machine lancée à toute
vapeur, inconsciente des morts qu’elle peut faire en chemin.
Denise cherchait des yeux son frère Jean. Elle finit par
l’apercevoir devant la boutique de Bourras, où elle le rejoignit pour lui recommander de marcher près de l’oncle et de
le soutenir, s’il avait de la peine à marcher. Depuis quelques
semaines, Jean était grave, comme tourmenté d’une préoccupation. Ce jour-là, serré dans une redingote noire, homme fait
à cette heure et gagnant des journées de vingt francs, il semblait si digne et si triste, que sa sœur en fut frappée, car elle ne
le soupçonnait pas d’aimer à ce point leur cousine. Désireuse
d’éviter à Pépé des tristesses inutiles, elle l’avait laissé chez
Mme Gras, en se promettant d’aller l’y chercher l’après-midi,
pour lui faire embrasser son oncle et sa tante.
Cependant, le corbillard n’arrivait toujours pas, et Denise,
très émue, regardait brûler les cierges, lorsqu’elle tressaillit, au
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son connu d’une voix qui parlait derrière elle. C’était Bourras.
Il avait appelé d’un signe un marchand de marrons, installé en
face, dans une étroite guérite, prise sur la boutique d’un marchand de vin, et il lui disait :
– Hein ? Vigouroux, rendez-moi ce service... Vous voyez, je
retire le bouton... Si quelqu’un venait, vous diriez de repasser.
Mais que ça ne vous dérange pas, il ne viendra personne.
Puis, il resta debout au bord du trottoir, attendant comme
les autres. Denise, gênée, avait jeté un coup d’œil sur la boutique. Maintenant, il l’abandonnait, on ne voyait plus, à l’étalage,
qu’une débandade pitoyable de parapluies mangés par l’air et de
cannes noires de gaz. Les embellissements qu’il avait faits, les
peintures vert tendre, les glaces, l’enseigne dorée, tout craquait,
se salissait déjà, offrait cette décrépitude rapide et lamentable du
faux luxe, badigeonné sur des ruines. Pourtant, si les anciennes
crevasses reparaissaient, si les taches d’humidité avaient repoussé sous les dorures, la maison tenait toujours, entêtée, collée au
flanc du Bonheur des dames, comme une verrue déshonorante,
qui, bien que gercée et pourrie, refusait d’en tomber.
– Ah ! les misérables, gronda Bourras, ils ne veulent même
pas qu’on l’emporte !
Le corbillard, qui arrivait enfin, venait d’êtreaccroché par
une voiture du Bonheur, dont les panneaux vernis filaient,
jetant dans la brume leur rayonnement d’astre, au trot rapide
de deux chevaux superbes. Et le vieux marchand lançait vers
Denise un coup d’œil oblique, allumé sous la broussaille de
ses sourcils.
Lentement, le convoi s’ébranla, pataugeant au milieu des
flaques, dans le silence des fiacres et des omnibus brusque-
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ment arrêtés. Lorsque le corps drapé de blanc traversa la place
Gaillon, les regards sombres du cortège plongèrent une fois
encore derrière les glaces du grand magasin, où seules deux
vendeuses accourues regardaient, heureuses de cette distraction. Baudu suivait le corbillard, d’un pas lourd et machinal ;
et il avait refusé d’un signe le bras de Jean, qui marchait près
de lui. Puis, après la queue du monde, venaient trois voitures
de deuil. Comme on coupait la rue Neuve-des-Petits-Champs,
Robineau accourut se joindre au cortège, très pâle, l’air vieilli.
À Saint-Roch, beaucoup de femmes attendaient, les petites
commerçantes du quartier,qui avaient redouté l’encombrement de la maison mortuaire. La manifestation tournait à
l’émeute ; et, lorsque, après le service, le convoi se remit en
marche, tous les hommes suivirent de nouveau, bien qu’il y
eût une longue course, de la rue Saint-Honoré au cimetière
Montmartre. On dut remonter la rue Saint-Roch et passer une
seconde fois devant le Bonheur des dames. C’était une obsession, ce pauvre corps de jeune fille était promené autour du
grand magasin, comme la première victime tombée sous les
balles, en temps de révolution. À la porte, des flanelles rouges
claquaient au vent ainsi que des drapeaux, un étalage de tapis
éclatait en une floraison saignante d’énormes roses et de pivoines épanouies.
Denise, cependant, était montée dans une voiture, agitée
de doutes si cuisants, la poitrine serrée d’une telle tristesse,
qu’elle n’avait plus la force de marcher. Il y eut justement un
arrêt, rue du Dix-Décembre, devant les échafaudages de la
nouvelle façade, qui gênait toujours la circulation. Et la jeune
fille remarqua le vieux Bourras, resté en arrière, traînant la
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jambe, dansles roues mêmes de la voiture où elle se trouvait
seule. Jamais il n’arriverait au cimetière. Il avait levé la tête, il
la regardait. Puis, il monta.
– Ce sont mes sacrés genoux, murmura-t-il. Ne vous recu-
lez donc pas !... Est-ce que c’est vous qu’on déteste !
Elle le sentit amical et furieux, comme autrefois. Il gron-
dait, déclarait ce diable de Baudu joliment solide, pour aller
quand même, après de tels coups sur le crâne. Le convoi avait
repris sa marche lente ; et, en se penchant, elle voyait en effet
l’oncle s’entêter derrière le corbillard, de son pas alourdi, qui
semblait régler le train sourd et pénible du cortège. Alors, elle
s’abandonna dans son coin, elle écouta les paroles sans fin du
vieux marchand de parapluies, au long bercement mélancolique de la voiture.
– Si la police ne devrait pas débarrasser la voie publique !...
Il y a plus de dix-huit mois qu’ils nous encombrent, avec leur
façade, où un homme s’est encore tué l’autre jour. N’importe !
lorsqu’ils voudront s’agrandir désormais, il leur faudra jeter des
ponts par-dessus les rues... On ditque vous êtes deux mille sept
cents employés et que le chiffre d’affaires atteindra cent millions
cette année... Cent millions ! mon Dieu ! cent millions !
Denise n’avait rien à répondre. Le convoi venait de s’en-
gager dans la rue de la Chaussée- d’Antin, où des embarras
de voitures l’attardaient. Bourras continua, les yeux vagues,
comme s’il eût maintenant rêvé tout haut. Il ne comprenait
toujours pas le triomphe du Bonheur des dames, mais il avouait
la défaite de l’ancien commerce.
– Ce pauvre Robineau est fichu, il a une figure d’homme
qui se noie... Et les Bédoré, et les Vanpouille, ça ne tient plus
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