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ivanov666
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AU BONHEUR DES DAMES
nérale, elle n’était un peu blessée que par la tristesse singulière
de Deloche et les sourires inexplicables de Pauline.
Cependant, Mouret la regardait toujours de son air ravi.
– Que cherchez-vous donc, mademoiselle ? demanda-t-il
enfin.
Denise ne l’avait pas aperçu. Elle rougit légèrement. De-
puis sa rentrée, elle recevait de lui des marques d’intérêt, qui
la touchaient beaucoup. Pauline, sans qu’elle sût pourquoi, lui
avait conté en détail les amours du patron et de Clara, où il la
voyait, ce qu’il la payait ; et elle en reparlait souvent, elle ajoutait même qu’il avait une autre maîtresse, cette Mme Desforges,
bien connue de tout le magasin. De telles histoires remuaient
Denise, elle était reprise devant lui de ses peurs d’autrefois,
d’un malaise où sa reconnaissance luttait contre la colère.
– C’est tout ce remue-ménage, murmura-t-elle.
Alors, Mouret s’approcha pour lui dire à voix plus basse :
– Ce soir, après la vente, veuillez passer à mon cabinet. Je
désire vous parler.
Troublée, elle inclina la tête, sans prononcer un mot. D’ail-
leurs, elle entra au rayon, où les autres vendeuses arrivaient.
Mais Bourdoncle avait entendu Mouret, et il le regardait en
souriant. Même il osa lui dire, quand ils furent seuls :
– Encore celle-là ! Méfiez-vous, ça finira par être sérieux !
Vivement, Mouret se défendit, cachant son émotion sous
un air d’insouciance supérieure.
– Laissez donc, une plaisanterie ! La femme qui me prendra
n’est pas née, mon cher !
Et, comme les magasins ouvraient enfin, il se précipita pour
donner un dernier coup d’œil aux divers comptoirs. Bour-
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doncle hochait la tête. Cette Denise, simple et douce, commençait à l’inquiéter. Une première fois, il avait vaincu, par un
renvoi brutal. Mais elle reparaissait, et il la traitait en ennemie
sérieuse, muet devant elle, attendant de nouveau.
Mouret, qu’il rattrapa, criait en bas, dans le hall Saint-Au-
gustin, en face de la porte d’entrée :
– Est-ce qu’on se fiche de moi ! J’avais dit de mettre les om-
brelles bleues en bordure... Cassez- moi tout ça et vite !
Il ne voulut rien entendre, une équipe de garçons dut rema-
nier l’exposition des ombrelles. En voyant les clientes arriver, il
fit même fermer un instant les portes, et il répétait qu’il n’ouvrirait pas, plutôt que de laisser les ombrelles bleues au centre.
Ça tuait sa composition. Les étalagistes renommés, Hutin, Mignot, d’autres encore, venaient voir, levaient les yeux ; mais ils
affectaient de ne pas comprendre, étant d’une école différente.
Enfin, on rouvrit les portes, et le flot entra. Dès la première
heure, avant que les magasins fussent pleins, il se produisit
sous le vestibule un écrasement tel, qu’il fallut avoir recours
aux sergents de ville, pour rétablir la circulation sur le trottoir.
Mouret avait calculé juste : toutes les ménagères, une troupe
serrée de petites- bourgeoises et de femmes en bonnet, donnaientassaut aux occasions, aux soldes et aux coupons, étalés
jusque dans la rue. Des mains en l’air, continuellement, tâtaient « les pendus » de l’entrée, un calicot à sept sous, une
grisaille laine et coton à neuf sous, surtout un orléans à trentehuit centimes, qui ravageait les bourses pauvres. Il y avait
des poussées d’épaules, une bousculade fiévreuse autour des
casiers et des corbeilles, où des articles au rabais, dentelles à
dix centimes, rubans à cinq sous, jarretières à trois sous, gants,
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jupons, cravates, chaussettes et bas de coton s’éboulaient, disparaissaient, comme mangés par la foule vorace. Malgré le
temps froid, les commis qui vendaient au plein air du pavé, ne
pouvaient suffire. Une femme grosse jeta des cris. Deux petites
filles manquèrent d’être étouffées.
Toute la matinée, cet écrasement augmenta. Vers une
heure, des queues s’établissaient, la rue était barrée, ainsi qu’en
temps d’émeute. Justement, comme Mme de Boves et sa fille
Blanche se tenaient sur le trottoir d’en face, hésitantes, elles
furent abordées par Mme Marty, également accompagnée de
sa fille Valentine.
– Hein ? quel monde ! dit la première. On se tue là-dedans...
Je ne devais pas venir, j’étais au lit, puis je me suis levée pour
prendre l’air.
– C’est comme moi, déclara l’autre. J’ai promis à mon mari
d’aller voir sa sœur, à Montmartre... Alors, en passant, j’ai songé que j’avais besoin d’une pièce de lacet. Autant l’acheter ici
qu’ailleurs, n’est-ce pas ? Oh ! je ne dépenserai pas un sou ! Il ne
me faut rien, du reste.
Cependant, leurs yeux ne quittaient pas la porte, elles
étaient prises et emportées dans le vent de la foule.
– Non, non, je n’entre pas, j’ai peur ! murmura Mme de
Boves. Blanche, allons-nous-en, nous serions broyées.
Mais sa voix faiblissait, elle cédait peu à peu au désir d’en-
trer où entre le monde ; et sa crainte se fondait dans l’attrait
irrésistible de l’écrasement. Mme Marty s’était aussi abandonnée. Elle répétait :
– Tiens ma robe, Valentine... Ah bien ! je n’aijamais vu ça.
On vous porte. Qu’est-ce que ça va être, à l’intérieur !
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Ces dames, saisies par le courant, ne pouvaient plus reculer.
Comme les fleuves tirent à eux les eaux errantes d’une vallée,
il semblait que le flot des clientes, coulant à plein vestibule,
buvait les passants de la rue, aspirait la population des quatre
coins de Paris. Elles n’avançaient que très lentement, serrées à
perdre haleine, tenues debout par des épaules et des ventres,
dont elles sentaient la molle chaleur ; et leur désir satisfait
jouissait de cette approche pénible, qui fouettait davantage
leur curiosité. C’était un pêle-mêle de dames vêtues de soie,
de petites-bourgeoises à robes pauvres, de filles en cheveux,
toutes soulevées, enfiévrées de la même passion. Quelques
hommes, noyés sous les corsages débordants, jetaient des regards inquiets autour d’eux. Une nourrice, au plus épais, levait
très haut son poupon, qui riait d’aise. Et, seule, une femme
maigre se fâchait, éclatant en paroles mauvaises, accusant une
voisine de lui entrer dans le corps.
– Je crois bien que mon jupon va y rester,répétait Mme de
Boves.
Muette, le visage encore frais du grand air, Mme Marty se
haussait pour voir avant les autres, par-dessus les têtes, s’élargir les profondeurs des magasins. Les pupilles de ses yeux gris
étaient minces comme celles d’une chatte arrivant du plein
jour ; et elle avait la chair reposée, le regard clair d’une personne qui s’éveille.
– Ah ! enfin ! dit-elle en poussant un soupir.
Ces dames venaient de se dégager. Elles étaient dans le hall
Saint-Augustin. Leur surprise fut grande de le trouver presque
vide. Mais un bien-être les envahissait, il leur semblait entrer
dans le printemps, au sortir de l’hiver de la rue. Tandis que,
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dehors, soufflait le vent glacé des giboulées, déjà la belle saison, dans les galeries du Bonheur, s’attiédissait avec les étoffes
légères, l’éclat fleuri des nuances tendres, la gaieté champêtre
des modes d’été et des ombrelles.
– Regardez donc ! cria Mme de Boves, immobilisée, les
yeux en l’air.
C’était l’exposition des ombrelles. Toutesouvertes, arron-
dies comme des boucliers, elles couvraient le hall, de la baie vitrée du plafond à la cimaise de chêne verni. Autour des arcades
des étages supérieurs, elles dessinaient des festons ; le long des
colonnes, elles descendaient en guirlandes ; sur les balustrades
des galeries, jusque sur les rampes des escaliers, elles filaient
en lignes serrées ; et, partout, rangées symétriquement, bariolant les murs de rouge, de vert et de jaune, elles semblaient
de grandes lanternes vénitiennes, allumées pour quelque fête
colossale. Dans les angles, il y avait des motifs compliqués, des
étoiles faites d’ombrelles à trente-neuf sous, dont les teintes
claires, bleu pâle, blanc crème, rose tendre, brûlaient avec une
douceur de veilleuse ; tandis que, au-dessus, d’immenses parasols japonais, où des grues couleur d’or volaient dans un ciel de
pourpre, flambaient avec des reflets d’incendie.
Mme Marty cherchait une phrase pour dire son ravisse-
ment, et elle ne trouva que cette exclamation :
– C’est féerique !
Puis, tâchant de s’orienter :
– Voyons, le lacet est à la mercerie... J’achète mon lacet et
je me sauve.
– Je vous accompagne, dit Mme de Boves. N’est-ce pas,
Blanche, nous traversons les magasins, pas davantage ?
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Mais, dès la porte, ces dames étaient perdues. Elles tour-
nèrent à gauche ; et, comme on avait déménagé la mercerie,
elles tombèrent au milieu des ruches, puis au milieu des parures. Sous les galeries couvertes, il faisait très chaud, une chaleur de serre, moite et enfermée, chargée de l’odeur fade des
tissus, et dans laquelle s’étouffait le piétinement de la foule.
Alors, elles revinrent devant la porte, où s’établissait un courant de sortie, tout un défilé interminable de femmes et d’enfants, sur qui flottait un nuage de ballons rouges. Quarante
mille ballons étaient prêts, il y avait des garçons chargés spécialement de la distribution. À voir les acheteuses qui se retiraient, on aurait dit en l’air, au bout des fils invisibles, un vol
d’énormes bulles de savon, reflétant l’incendie des ombrelles.
Le magasin enétait tout illuminé.
– C’est un monde, déclarait Mme de Boves. On ne sait plus
où l’on est.
Pourtant, ces dames ne pouvaient rester dans le remous de
la porte, en pleine bousculade de l’entrée et de la sortie. L’inspecteur Jouve, heureusement, vint à leur secours. Il se tenait
sous le vestibule, grave, attentif, dévisageant chaque femme au
passage. Chargé spécialement de la police intérieure, il flairait
les voleuses et suivait surtout les femmes grosses, lorsque la
fièvre de leurs yeux l’inquiétait.
– La mercerie, mesdames ? dit-il obligeamment, allez à
gauche, tenez ! là-bas, derrière la bonneterie.
Mme de Boves remercia. Mais Mme Marty, en se retour-
nant, n’avait plus trouvé près d’elle sa fille Valentine. Elle
s’effrayait, lorsqu’elle l’aperçut, déjà loin, au bout du hall
Saint- Augustin, profondément absorbée devant une table de
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proposition, sur laquelle s’entassaient des cravates de femme
à dix-neuf sous. Mouret pratiquait la proposition, les articles
offerts à voixhaute, la cliente raccrochée et dévalisée ; car il
usait de toutes les réclames, il se moquait de la discrétion de
certains confrères, dont l’opinion était que les marchandises
devaient parler toutes seules. Des vendeurs spéciaux, des Parisiens fainéants et blagueurs, écoulaient ainsi des quantités
considérables de petits objets de camelote.
– Oh ! maman, murmura Valentine, vois donc ces cravates...
Elles ont, au coin, un oiseau brodé.
Le commis faisait l’article, jurait que c’était tout soie, que le
fabricant était en faillite, et qu’on ne retrouverait jamais une
occasion pareille.
– Dix-neuf sous, est-ce possible ! disait Mme Marty, séduite
comme sa fille. Bah ! je puis bien en prendre deux, ce n’est pas
ça qui nous ruinera.
Mme de Boves restait dédaigneuse. Elle détestait la propo-
sition, un commis qui l’appelait, la mettait en fuite. Surprise,
Mme Marty ne comprenait pas cette horreur nerveuse du
boniment, car elle avait l’autre nature, elle était des femmes
heureuses de se laisser violenter, de baigner dans la caresse de
l’offre publique, avecla jouissance de mettre ses mains partout
et de perdre son temps en paroles inutiles.
– Maintenant, reprit-elle, vite à mon lacet... Je ne veux
même plus rien voir.
Cependant, comme elle traversait les foulards et la gan-
terie, son cœur défaillit de nouveau. Il y avait là, sous la lumière diffuse, un étalage aux colorations vives et gaies, d’un
effet ravissant. Les comptoirs, rangés symétriquement, sem-
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blaient être des plates-bandes, changeaient le hall en un parterre français, où souriait la gamme tendre des fleurs. À nu
sur le bois, dans des cartons éventrés, hors des casiers trop
pleins, une moisson de foulards mettait le rouge vif des géraniums, le blanc laiteux des pétunias, le jaune d’or des chrysanthèmes, le bleu céleste des verveines ; et, plus haut, sur
les tiges de cuivre, s’enguirlandait une autre floraison, des
fichus jetés, des rubans déroulés, tout un cordon éclatant qui
se prolongeait, montait autour des colonnes, se multipliait
dans les glaces. Mais ce qui ameutait la foule, c’était, à la ganterie, un chalet suisse fait uniquement avec des gants : un
chef-d’œuvre de Mignot, qui avait exigé deux jours de travail. D’abord, des gants noirs établissaient le rez-de-chaussée
; puis, venaient des gants paille, réséda, sang de bœuf, distribués dans la décoration, bordant les fenêtres, indiquant les
balcons, remplaçant les tuiles.
– Que désire madame ? demanda Mignot en voyant Mme
Marty plantée devant le chalet. Voici des gants de Suède à un
franc soixante- quinze, première qualité...
Il avait la proposition acharnée, appelant les passantes du
fond de son comptoir, les importunant de sa politesse. Comme
elle refusait de la tête, il continua :
– Des gants du Tyrol à un franc vingt-cinq... Des gants de
Turin pour enfants, des gants brodés toutes couleurs...
– Non, merci, je n’ai besoin de rien, déclara Mme Marty.
Mais il sentit que sa voix mollissait, il l’attaqua plus rude-
ment, en lui mettant sous les yeux les gants brodés ; et elle fut
sans force, elleen acheta une paire. Puis, comme Mme de Boves
la regardait avec un sourire, elle rougit.
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– Hein ? suis-je enfant ?... Si je ne me dépêche pas de
prendre mon lacet et de me sauver, je suis perdue.
Par malheur, il y avait, à la mercerie, un encombrement tel,
qu’elle ne put se faire servir. Toutes deux attendaient depuis
dix minutes, et elles s’irritaient, lorsque la rencontre de Mme
Bourdelais et de ses trois enfants, les occupa. Cette dernière expliquait de son air tranquille de jolie femme pratique, qu’elle
avait voulu montrer ça aux petits. Madeleine avait dix ans, Edmond huit, Lucien quatre ; et ils riaient d’aise, c’était une partie
à bon compte, promise depuis longtemps.
– Elles sont drôles, je vais acheter une ombrelle rouge, dit
tout d’un coup Mme Marty, qui piétinait, impatientée de rester
là, à ne rien faire.
Elle en choisit une de quatorze francs cinquante. Mme
Bourdelais, après avoir suivi l’achat d’un regard de blâme, lui
ditamicalement :
– Vous avez bien tort de vous presser. Dans un mois, vous
l’auriez eue pour dix francs... Ce n’est pas moi qu’ils attraperont !
Et elle fit toute une théorie de bonne ménagère. Puisque
les magasins baissaient les prix, il n’y avait qu’à attendre. Elle
ne voulait pas être exploitée par eux, c’était elle qui profitait
de leurs véritables occasions. Même elle y apportait une lutte
de malice, elle se vantait de ne leur avoir jamais laissé un sou
de gain.
– Voyons, finit-elle par dire, j’ai promis à mon petit monde
de lui montrer des images, là-haut, dans le salon... Venez donc
avec moi, vous avez le temps.
Alors, le lacet fut oublié, Mme Marty céda tout de suite, tan-
dis que Mme de Boves refusait, préférant faire d’abord le tour du
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rez-de- chaussée. Du reste, ces dames espéraient bien se retrouver en haut. Mme Bourdelais cherchait un escalier, lorsqu’elle
aperçut l’un des ascenseurs ; et elle y poussa les enfants, pour
compléter la partie. Mme Marty et Valentine entrèrent aussidans l’étroite cage, où l’on fut très serré ; mais les glaces, les banquettes de velours, la porte de cuivre ouvragé, les occupaient à
ce point qu’elles arrivèrent au premier étage, sans avoir senti
le glissement doux de la machine. Un autre régal les attendait
d’ailleurs, dès la galerie des dentelles. Comme on passait devant
le buffet, Mme Bourdelais ne manqua pas de gorger la petite
famille de sirop. C’était une salle carrée, avec un large comptoir de marbre ; aux deux bouts, des fontaines argentées laissaient couler un mince filet d’eau ; derrière, sur des tablettes,
s’alignaient des bouteilles. Trois garçons, continuellement,
essuyaient et emplissaient les verres. Pour contenir la clientèle
altérée, on avait dû établir une queue, ainsi qu’aux portes des
théâtres, à l’aide d’une barrière recouverte de velours. La foule
s’y écrasait. Des personnes, perdant tout scrupule devant ces
gourmandises gratuites, se rendaient malades.
– Eh bien ! où sont-elles donc ? s’écria Mme Bourdelais,
lorsqu’elle se dégagea de la cohue, après avoir essuyé les enfants avec son mouchoir.
Mais elle aperçut Mme Marty et Valentine au fond d’une
autre galerie, très loin. Toutes deux, noyées sous un déballage
de jupons, achetaient encore. C’était fini, la mère et la fille disparurent dans la fièvre de dépense qui les emportait.
Quand elle arriva enfin au salon de lecture et de correspon-
dance, Mme Bourdelais installa Madeleine, Edmond et Lucien
devant la grande table ; puis, elle prit elle-même, dans une bi-
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