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ivanov666
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AU BONHEUR DES DAMES
de là, il entendait les rires d’un groupe de fillettes, le ruissellement lointain d’un jet d’eau, tandis que, dans l’ombre chaude,
elle marchait près de lui, silencieuse. Ensuite, il ne savait plus,
sa fièvre avait augmenté d’heure en heure, tout son sang, tout
son être s’était donné. Une enfant pareille, était-ce possible ?
Quand elle passait à présent, le vent léger de sa robe lui paraissait si fort, qu’il chancelait.
Longtemps, il s’était révolté, et parfois encore, il s’indignait,
il voulait se dégager de cette possession imbécile. Qu’avait-elle
donc pour le lier ainsi ? ne l’avait-il pas vue sans chaussures
?n’était-elle pas entrée presque par charité ? Au moins, s’il se
fût agi d’une de ces créatures superbes qui ameutent la foule !
mais cette petite fille, cette rien du tout ! Elle avait, en somme,
une de ces figures moutonnières dont on ne dit rien. Elle ne
devait même pas être d’une intelligence vive, car il se rappelait ses mauvais débuts de vendeuse. Puis, après chacune de ses
colères, il y avait en lui une rechute de passion, comme une
terreur sacrée d’avoir insulté son idole. Elle apportait tout ce
qu’on trouve de bon chez la femme, le courage, la gaieté, la simplicité ; et, de sa douceur, montait un charme, d’une subtilité
pénétrante de parfum. On pouvait ne pas la voir, la coudoyer
ainsi que la première venue ; bientôt, le charme agissait avec
une force lente, invincible ; on lui appartenait à jamais, si elle
daignait sourire. Tout souriait alors dans son visage blanc, ses
yeux de pervenche, ses joues et son menton troués de fossettes
; tandis que ses lourds cheveux blonds semblaient s’éclairer
aussi, d’une beauté royale et conquérante. Il s’avouait vaincu,
elle était intelligente comme elle était belle, son intelligence
venait du meilleurde son être. Lorsque les autres vendeuses,
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chez lui, n’avaient qu’une éducation de frottement, le vernis
qui s’écaille des filles déclassées, elle, sans élégances fausses,
gardait sa grâce, la saveur de son origine. Les idées commerciales les plus larges naissaient de la pratique, sous ce front
étroit, dont les lignes pures annonçaient la volonté et l’amour
de l’ordre. Et il aurait joint les deux mains, pour lui demander
pardon de blasphémer, dans ses heures de révolte.
Aussi pourquoi se refusait-elle avec une pareille obstina-
tion ? Vingt fois, il l’avait suppliée, augmentant ses offres, offrant de l’argent, beaucoup d’argent. Puis, il s’était dit qu’elle
devait être ambitieuse, il lui avait promis de la nommer première, dès qu’un rayon serait vacant. Et elle refusait, elle refusait encore ! C’était pour lui une stupeur, une lutte où son désir
s’enrageait. Le cas lui semblait impossible, cette enfant finirait
par céder, car il avait toujours regardé la sagesse d’une femme
comme une chose relative. Il ne voyait plus d’autre but, tout
disparaissait dans ce besoin : la tenir enfin chez lui, l’asseoir
sur ses genoux, en la baisant auxlèvres ; et, à cette vision, le
sang de ses veines battait, il demeurait tremblant, bouleversé
de son impuissance.
Désormais, ses journées s’écoulaient dans la même obses-
sion douloureuse. L’image de Denise se levait avec lui. Il avait
rêvé d’elle la nuit, elle le suivait devant le grand bureau de son
cabinet, où il signait les traites et les mandats, de neuf à dix
heures : besogne qu’il accomplissait machinalement, sans cesser de la sentir présente, disant toujours non de son air tranquille. Puis, à dix heures, c’était le conseil, un véritable conseil
des ministres, une réunion des douze intéressés de la maison,
qu’il lui fallait présider : on discutait les questions d’ordre inté-
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rieur, on examinait les achats, on arrêtait les étalages ; et elle
était encore là, il entendait sa voix douce au milieu des chiffres,
il voyait son clair sourire dans les situations financières les plus
compliquées. Après le conseil, elle l’accompagnait, faisait avec
lui l’inspection quotidienne des comptoirs, revenait l’aprèsmidi dans le cabinet de la direction, restait près de son fauteuil
de deux à quatre, pendant qu’il recevaittoute une foule, les
fabricants de la France entière, de hauts industriels, des banquiers, des inventeurs : va-et-vient continu de la richesse et de
l’intelligence, danse affolée des millions, entretiens rapides où
l’on brassait les plus grosses affaires du marché de Paris. S’il
l’oubliait une minute en décidant de la ruine ou de la prospérité d’une industrie, il la retrouvait debout, à un élancement
de son cœur ; sa voix expirait, il se demandait à quoi bon cette
fortune remuée, puisqu’elle ne voulait pas. Enfin, lorsque sonnaient cinq heures, il devait signer le courrier, le travail machinal de sa main recommençait, pendant qu’elle se dressait
plus dominatrice, le reprenant tout entier, pour le posséder à
elle seule, durant les heures solitaires et ardentes de la nuit.
Et, le lendemain, la même journée recommençait, ces journées
si actives, si pleines d’un colossal labeur, que l’ombre fluette
d’une enfant suffisait à ravager d’angoisse.
Mais c’était surtout pendant son inspection quotidienne
des magasins, qu’il sentait sa misère. Avoir bâti cette machine
géante, régner sur un pareil monde, et agoniser de douleur,
parcequ’une petite fille ne veut pas de vous ! Il se méprisait, il
traînait la fièvre et la honte de son mal. Certains jours, le dégoût le prenait de sa puissance, il ne lui venait que des nausées,
d’un bout à l’autre des galeries. D’autres fois, il aurait voulu
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étendre son empire, le faire si grand, qu’elle se serait livrée
peut-être, d’admiration et de peur.
D’abord, en bas, dans les sous-sols, il s’arrêtait devant la
glissoire. Elle se trouvait toujours rue Neuve-Saint-Augustin ; mais on avait dû l’élargir, elle avait maintenant un lit de
fleuve, où le continuel flot des marchandises roulait avec la
voix haute des grandes eaux ; c’étaient des arrivages du monde
entier, des files de camions venus de toutes les gares, un déchargement sans arrêt, un ruissellement de caisses et de ballots coulant sous terre, bu par la maison insatiable. Il regardait
ce torrent tomber chez lui, il songeait qu’il était un des maîtres
de la fortune publique, qu’il tenait dans ses mains le sort de la
fabrication française, et qu’il ne pouvait acheter le baiser d’une
de ses vendeuses.
Puis, il passait au service de la réception, qui occupait à cette
heure la partie des sous-sols en bordure sur la rue Monsigny.
Vingt tables s’y allongeaient, dans la clarté pâle des soupiraux
; tout un peuple de commis s’y bousculait, vidant les caisses,
vérifiant les marchandises, les marquant en chiffres connus ; et
l’on entendait sans relâche le ronflement voisin de la glissoire,
qui dominait les voix. Des chefs de rayon l’arrêtaient, il devait
résoudre des difficultés, confirmer des ordres. Ce fond de cave
s’emplissait de l’éclat tendre des satins, de la blancheur des
toiles, d’un déballage prodigieux où les fourrures se mêlaient
aux dentelles, et les articles de Paris, aux portières d’Orient.
Lentement, il marchait parmi ces richesses jetées sans ordre,
entassées à l’état brut. En haut, elles allaient s’allumer aux étalages, lâcher le galop de l’argent à travers les comptoirs, aussi
vite emportées que montées, dans le furieux courant de vente
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qui traversait la maison. Lui, songeait qu’il avait offert à la jeune
fille des soies, des velours, tout ce qu’elle voudrait prendre à
pleines mains, dans ces tas énormes, et qu’elle avaitrefusé, d’un
petit signe de sa tête blonde.
Ensuite, il se rendait à l’autre bout des sous- sols, pour
donner son coup d’œil habituel au service du départ. D’interminables corridors s’étendaient, éclairés au gaz ; à droite et à
gauche, les réserves, fermées par des claies, mettaient comme
des boutiques souterraines, tout un quartier commerçant, des
merceries, des lingeries, des ganteries, des bimbeloteries, dormant dans l’ombre. Plus loin, se trouvait un des trois calorifères
; plus loin encore, un poste de pompiers gardait le compteur
central, enfermé dans sa cage métallique. Il trouvait, au départ,
les tables de triage encombrées déjà des charges de paquets,
de cartons et de boîtes, que des paniers descendaient continuellement ; et Campion, le chef du service, le renseignait sur
la besogne courante, tandis que les vingt hommes placés sous
ses ordres distribuaient les paquets dans les compartiments,
qui portaient chacun le nom d’un quartier de Paris, et d’où les
garçons les montaient ensuite aux voitures, rangées le long du
trottoir. C’étaient des appels, des noms de rues jetés, des recommandations criées, tout unvacarme, toute une agitation de
paquebot, sur le point de lever l’ancre. Et il restait un moment
immobile, il regardait ce dégorgement de marchandises, dont
il venait de voir la maison s’engorger, à l’extrémité opposée des
sous-sols : l’énorme courant aboutissait là, sortait par-là dans
la rue, après avoir déposé de l’or au fond des caisses. Ses yeux
se troublaient, ce départ colossal n’avait plus d’importance, il
ne lui restait qu’une idée de voyage, l’idée de s’en aller dans
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des pays lointains, de tout abandonner, si elle s’obstinait à dire
non.
Alors, il remontait, il continuait sa tournée, parlant et s’agi-
tant davantage, sans pouvoir se distraire. Au second étage, il visitait le service des expéditions, cherchait des querelles, s’exaspérait sourdement contre la régularité parfaite de la machine
qu’il avait réglée lui- même. Ce service était celui qui prenait
de jour en jour l’importance la plus considérable : il nécessitait
à présent deux cents employés, dont les uns ouvraient, lisaient,
classaient les lettres venues de la province et de l’étranger, tandis que les autres réunissaient dans des cases lesmarchandises
demandées par les signataires. Et le nombre des lettres croissait tellement, qu’on ne les comptait plus ; on les pesait, il en
arrivait jusqu’à cent livres par jour. Lui, fiévreux, traversait les
trois salles du service, questionnait Levasseur, le chef, sur le
poids du courrier : quatre-vingts livres, quatre-vingt-dix parfois, le lundi cent. Le chiffre montait toujours, il aurait dû être
ravi. Mais il demeurait frissonnant, dans le tapage que l’équipe
voisine des emballeurs faisait en clouant des caisses. En vain,
il battait la maison : l’idée fixe restait enfoncée entre ses deux
yeux, et à mesure que sa puissance se déroulait, que les rouages
des services et l’armée de son personnel défilaient devant lui,
il sentait plus profondément l’injure de son impuissance. Les
commandes de l’Europe entière affluaient, il fallait une voiture des Postes spéciale pour apporter la correspondance ; et
elle disait non, toujours non.
Il redescendait, visitait la caisse centrale, où quatre cais-
siers gardaient les deux coffres-forts géants, dans lesquels
venaient de passer, l’année précédente, quatre-vingt-huit mil-
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lions. Il donnaitun coup d’œil au bureau de la vérification des
factures, qui occupait vingt-cinq employés, choisis parmi les
plus sérieux. Il entrait au bureau de défalcation, un service de
trente-cinq jeunes gens, les débutants de la comptabilité, chargés de contrôler les notes de débit et de calculer le tant pour
cent des vendeurs. Il revenait à la caisse centrale, s’irritait à la
vue des coffres-forts, marchait au milieu de ces millions, dont
l’inutilité le rendait fou. Elle disait non, toujours non.
Non toujours, dans tous les comptoirs, dans les galeries
de vente, dans les salles, dans les magasins entiers ! Il allait
de la soie à la draperie, du blanc aux dentelles ; il montait les
étages, s’arrêtait sur les ponts volants, prolongeait son inspection avec une minutie maniaque et douloureuse. La maison
s’était agrandie démesurément, il avait créé ce rayon, cet autre
encore, il gouvernait ce nouveau domaine, il étendait son
empire jusqu’à cette industrie, la dernière conquise ; et c’était
non, toujours non, quand même. Aujourd’hui, son personnel
aurait peuplé une petite ville : il y avait quinze cents vendeurs,
mille autres employés de toute espèce,dont quarante inspecteurs et soixante-dix caissiers ; les cuisines seules occupaient
trente- deux hommes ; on comptait dix commis pour la publicité, trois cent cinquante garçons de magasin portant la livrée,
vingt-quatre pompiers à demeure. Et, dans les écuries, des écuries royales, installées rue Monsigny, en face des magasins, se
trouvaient cent quarante-cinq chevaux, tout un luxe d’attelage
déjà célèbre. Les quatre premières voitures qui remuaient le
commerce du quartier, autrefois, lorsque la maison n’occupait encore que l’angle de la place Gaillon, étaient montées
peu à peu au chiffre de soixante-deux : petites voitures à bras,
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voitures à un cheval, lourds chariots à deux chevaux. Continuellement, elles sillonnaient Paris, conduites avec correction
par des cochers vêtus de noir, promenant l’enseigne d’or et
de pourpre du Bonheur des dames. Même elles sortaient des
fortifications, couraient la banlieue ; on les rencontrait dans
les chemins creux de Bicêtre, le long des berges de la Marne,
jusque sous les ombrages de la forêt de Saint- Germain ; parfois, du fond d’une avenue ensoleillée, en plein désert, en plein
silence, onen voyait une surgir, passer au trot de ses bêtes superbes, en jetant à la paix mystérieuse de la grande nature la
réclame violente de ses panneaux vernis. Il rêvait de les lancer
plus loin, dans les départements voisins, il aurait voulu les entendre rouler sur toutes les routes de France, d’une frontière
à l’autre. Mais, il ne descendait même plus visiter ses chevaux,
qu’il adorait. À quoi bon cette conquête du monde, puisque
c’était non, toujours non ?
Maintenant, le soir, lorsqu’il arrivait devant la caisse de
Lhomme, il regardait encore par habitude le chiffre de la recette, inscrit sur une carte, que le caissier embrochait dans une
pique de fer, à côté de lui ; rarement le chiffre tombait au-dessous de cent mille francs, il montait parfois à huit ou neuf cent
mille, les jours de grande exposition ; et ce chiffre ne sonnait
plus à son oreille comme un coup de trompette, il regrettait de
l’avoir regardé, il en emportait une amertume, la haine et le
mépris de l’argent.
Mais les souffrances de Mouret devaient grandir. Il devint
jaloux. Un matin, dans lecabinet, avant le conseil, Bourdoncle
osa lui faire entendre que cette petite fille des confections se
moquait de lui.
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– Comment ça ? demanda-t-il très pâle.
– Eh oui ! elle a des amants ici même. Mouret eut la force
de sourire.
– Je ne songe plus à elle, mon cher. Vous pouvez parler...
Qui donc, des amants ?
– Hutin, assure-t-on, et encore un vendeur des dentelles,
Deloche, ce grand garçon bête... Je n’affirme rien, je ne les ai
pas vus. Seulement, il paraît que ça crève les yeux.
Il y eut un silence. Mouret affectait de ranger des papiers
sur son bureau, pour cacher le tremblement de ses mains. Enfin, il dit sans lever la tête :
– Il faudrait des preuves, tâchez de m’apporter des preuves...
Oh ! pour moi, je vous le répète, je m’en moque, car elle a fini
par m’agacer. Mais nous ne pourrions tolérer des choses pareilles chez nous.
Bourdoncle répondit simplement :
– Soyez tranquille, vous aurez des preuves un de ces jours.
Je veille.
Alors, Mouret acheva de perdre toute tranquillité. Il n’eut
plus le courage de revenir sur cette conversation, il vécut dans
la continuelle attente d’une catastrophe, où son cœur resterait broyé. Et son tourment le rendit terrible, la maison entière
trembla. Il dédaignait de se cacher derrière Bourdoncle, il faisait lui-même les exécutions, dans un besoin nerveux de rancune, se soulageant à abuser de sa puissance, de cette puissance
qui ne pouvait rien pour le contentement de son désir unique.
Chacune de ses inspections devenait un massacre, on ne le
voyait plus paraître, sans qu’un frisson de panique soufflât de
comptoir en comptoir. Justement, on entrait dans la morte-
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saison d’hiver, et il balaya les rayons, il entassa les victimes,
poussant tout à la rue. Sa première idée était de chasser Hutin
et Deloche ; puis, il avait réfléchi que, s’il ne les gardait pas, il
ne saurait jamais rien ; et les autres payaient pour eux, le personnel entier craquait. Le soir, quand il se retrouvait seul, des
larmes lui gonflaient lespaupières.
Un jour surtout, la terreur régna. Un inspecteur croyait
remarquer que le gantier Mignot volait. Toujours des filles aux
allures étranges rôdaient devant son comptoir ; et l’on venait
d’arrêter une d’elles, les hanches garnies et la gorge bourrée
de soixante paires de gants. Dès lors, une surveillance fut organisée, l’inspecteur prit Mignot en flagrant délit, facilitant les
tours de main d’une grande blonde, une ancienne vendeuse
du Louvre tombée au trottoir : la manœuvre était simple, il affectait de lui essayer des gants, attendait qu’elle se fût emplie,
et la menait ensuite à une caisse, où elle en payait une paire.
Justement, Mouret se trouvait là. D’habitude, il préférait ne
pas se mêler de ces sortes d’aventures, qui étaient fréquentes
; car, malgré le fonctionnement de machine bien réglée, un
grand désordre régnait dans certains rayons du Bonheur des
dames, et il ne se passait pas de semaine, sans qu’on chassât un
employé pour vol. Même la direction aimait mieux faire le plus
de silence possible autour de ces vols, jugeant inutile de mettre
la police sur pied, ce quiaurait étalé une des plaies fatales des
grands bazars. Seulement, ce jour-là, Mouret avait le besoin de
se fâcher, et il traita violemment le joli Mignot, qui tremblait
de peur, la face blême et décomposée.
– Je devrais appeler un sergent de ville, cria-t- il au milieu
des autres vendeurs. Mais répondez ! quelle est cette femme ?...
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