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Au Bonheur Des Dames

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AU BONHEUR DES DAMES
de là, il entendait les rires d’un groupe de fillettes, le ruisselle­ment lointain d’un jet d’eau, tandis que, dans l’ombre chaude, elle marchait près de lui, silencieuse. Ensuite, il ne savait plus, sa fièvre avait augmenté d’heure en heure, tout son sang, tout son être s’était donné. Une enfant pareille, était-ce possible ? Quand elle passait à présent, le vent léger de sa robe lui parais­sait si fort, qu’il chancelait.
Longtemps, il s’était révolté, et parfois encore, il s’indignait,
il voulait se dégager de cette possession imbécile. Qu’avait-elle donc pour le lier ainsi ? ne l’avait-il pas vue sans chaussures ?n’était-elle pas entrée presque par charité ? Au moins, s’il se fût agi d’une de ces créatures superbes qui ameutent la foule ! mais cette petite fille, cette rien du tout ! Elle avait, en somme, une de ces figures moutonnières dont on ne dit rien. Elle ne devait même pas être d’une intelligence vive, car il se rappe­lait ses mauvais débuts de vendeuse. Puis, après chacune de ses colères, il y avait en lui une rechute de passion, comme une terreur sacrée d’avoir insulté son idole. Elle apportait tout ce qu’on trouve de bon chez la femme, le courage, la gaieté, la sim­plicité ; et, de sa douceur, montait un charme, d’une subtilité pénétrante de parfum. On pouvait ne pas la voir, la coudoyer ainsi que la première venue ; bientôt, le charme agissait avec une force lente, invincible ; on lui appartenait à jamais, si elle daignait sourire. Tout souriait alors dans son visage blanc, ses yeux de pervenche, ses joues et son menton troués de fossettes ; tandis que ses lourds cheveux blonds semblaient s’éclairer aussi, d’une beauté royale et conquérante. Il s’avouait vaincu, elle était intelligente comme elle était belle, son intelligence venait du meilleurde son être. Lorsque les autres vendeuses,
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chez lui, n’avaient qu’une éducation de frottement, le vernis qui s’écaille des filles déclassées, elle, sans élégances fausses, gardait sa grâce, la saveur de son origine. Les idées commer­ciales les plus larges naissaient de la pratique, sous ce front étroit, dont les lignes pures annonçaient la volonté et l’amour de l’ordre. Et il aurait joint les deux mains, pour lui demander pardon de blasphémer, dans ses heures de révolte.
Aussi pourquoi se refusait-elle avec une pareille obstina-
tion ? Vingt fois, il l’avait suppliée, augmentant ses offres, of­frant de l’argent, beaucoup d’argent. Puis, il s’était dit qu’elle devait être ambitieuse, il lui avait promis de la nommer pre­mière, dès qu’un rayon serait vacant. Et elle refusait, elle refu­sait encore ! C’était pour lui une stupeur, une lutte où son désir s’enrageait. Le cas lui semblait impossible, cette enfant finirait par céder, car il avait toujours regardé la sagesse d’une femme comme une chose relative. Il ne voyait plus d’autre but, tout disparaissait dans ce besoin : la tenir enfin chez lui, l’asseoir sur ses genoux, en la baisant auxlèvres ; et, à cette vision, le sang de ses veines battait, il demeurait tremblant, bouleversé de son impuissance.
Désormais, ses journées s’écoulaient dans la même obses-
sion douloureuse. L’image de Denise se levait avec lui. Il avait rêvé d’elle la nuit, elle le suivait devant le grand bureau de son cabinet, où il signait les traites et les mandats, de neuf à dix heures : besogne qu’il accomplissait machinalement, sans ces­ser de la sentir présente, disant toujours non de son air tran­quille. Puis, à dix heures, c’était le conseil, un véritable conseil des ministres, une réunion des douze intéressés de la maison, qu’il lui fallait présider : on discutait les questions d’ordre inté-
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rieur, on examinait les achats, on arrêtait les étalages ; et elle était encore là, il entendait sa voix douce au milieu des chiffres, il voyait son clair sourire dans les situations financières les plus compliquées. Après le conseil, elle l’accompagnait, faisait avec lui l’inspection quotidienne des comptoirs, revenait l’après­midi dans le cabinet de la direction, restait près de son fauteuil de deux à quatre, pendant qu’il recevaittoute une foule, les fabricants de la France entière, de hauts industriels, des ban­quiers, des inventeurs : va-et-vient continu de la richesse et de l’intelligence, danse affolée des millions, entretiens rapides où l’on brassait les plus grosses affaires du marché de Paris. S’il l’oubliait une minute en décidant de la ruine ou de la prospé­rité d’une industrie, il la retrouvait debout, à un élancement de son cœur ; sa voix expirait, il se demandait à quoi bon cette fortune remuée, puisqu’elle ne voulait pas. Enfin, lorsque son­naient cinq heures, il devait signer le courrier, le travail ma­chinal de sa main recommençait, pendant qu’elle se dressait plus dominatrice, le reprenant tout entier, pour le posséder à elle seule, durant les heures solitaires et ardentes de la nuit. Et, le lendemain, la même journée recommençait, ces journées si actives, si pleines d’un colossal labeur, que l’ombre fluette d’une enfant suffisait à ravager d’angoisse.
Mais c’était surtout pendant son inspection quotidienne
des magasins, qu’il sentait sa misère. Avoir bâti cette machine géante, régner sur un pareil monde, et agoniser de douleur, parcequ’une petite fille ne veut pas de vous ! Il se méprisait, il traînait la fièvre et la honte de son mal. Certains jours, le dé­goût le prenait de sa puissance, il ne lui venait que des nausées, d’un bout à l’autre des galeries. D’autres fois, il aurait voulu
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étendre son empire, le faire si grand, qu’elle se serait livrée peut-être, d’admiration et de peur.
D’abord, en bas, dans les sous-sols, il s’arrêtait devant la
glissoire. Elle se trouvait toujours rue Neuve-Saint-Augus­tin ; mais on avait dû l’élargir, elle avait maintenant un lit de fleuve, où le continuel flot des marchandises roulait avec la voix haute des grandes eaux ; c’étaient des arrivages du monde entier, des files de camions venus de toutes les gares, un dé­chargement sans arrêt, un ruissellement de caisses et de bal­lots coulant sous terre, bu par la maison insatiable. Il regardait ce torrent tomber chez lui, il songeait qu’il était un des maîtres de la fortune publique, qu’il tenait dans ses mains le sort de la fabrication française, et qu’il ne pouvait acheter le baiser d’une de ses vendeuses.
Puis, il passait au service de la réception, qui occupait à cette
heure la partie des sous-sols en bordure sur la rue Monsigny. Vingt tables s’y allongeaient, dans la clarté pâle des soupiraux ; tout un peuple de commis s’y bousculait, vidant les caisses, vérifiant les marchandises, les marquant en chiffres connus ; et l’on entendait sans relâche le ronflement voisin de la glissoire, qui dominait les voix. Des chefs de rayon l’arrêtaient, il devait résoudre des difficultés, confirmer des ordres. Ce fond de cave s’emplissait de l’éclat tendre des satins, de la blancheur des toiles, d’un déballage prodigieux où les fourrures se mêlaient aux dentelles, et les articles de Paris, aux portières d’Orient. Lentement, il marchait parmi ces richesses jetées sans ordre, entassées à l’état brut. En haut, elles allaient s’allumer aux éta­lages, lâcher le galop de l’argent à travers les comptoirs, aussi vite emportées que montées, dans le furieux courant de vente
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qui traversait la maison. Lui, songeait qu’il avait offert à la jeune fille des soies, des velours, tout ce qu’elle voudrait prendre à pleines mains, dans ces tas énormes, et qu’elle avaitrefusé, d’un petit signe de sa tête blonde.
Ensuite, il se rendait à l’autre bout des sous- sols, pour
donner son coup d’œil habituel au service du départ. D’inter­minables corridors s’étendaient, éclairés au gaz ; à droite et à gauche, les réserves, fermées par des claies, mettaient comme des boutiques souterraines, tout un quartier commerçant, des merceries, des lingeries, des ganteries, des bimbeloteries, dor­mant dans l’ombre. Plus loin, se trouvait un des trois calorifères ; plus loin encore, un poste de pompiers gardait le compteur central, enfermé dans sa cage métallique. Il trouvait, au départ, les tables de triage encombrées déjà des charges de paquets, de cartons et de boîtes, que des paniers descendaient conti­nuellement ; et Campion, le chef du service, le renseignait sur la besogne courante, tandis que les vingt hommes placés sous ses ordres distribuaient les paquets dans les compartiments, qui portaient chacun le nom d’un quartier de Paris, et d’où les garçons les montaient ensuite aux voitures, rangées le long du trottoir. C’étaient des appels, des noms de rues jetés, des re­commandations criées, tout unvacarme, toute une agitation de paquebot, sur le point de lever l’ancre. Et il restait un moment immobile, il regardait ce dégorgement de marchandises, dont il venait de voir la maison s’engorger, à l’extrémité opposée des sous-sols : l’énorme courant aboutissait là, sortait par-là dans la rue, après avoir déposé de l’or au fond des caisses. Ses yeux se troublaient, ce départ colossal n’avait plus d’importance, il ne lui restait qu’une idée de voyage, l’idée de s’en aller dans
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des pays lointains, de tout abandonner, si elle s’obstinait à dire non.
Alors, il remontait, il continuait sa tournée, parlant et s’agi-
tant davantage, sans pouvoir se distraire. Au second étage, il vi­sitait le service des expéditions, cherchait des querelles, s’exas­pérait sourdement contre la régularité parfaite de la machine qu’il avait réglée lui- même. Ce service était celui qui prenait de jour en jour l’importance la plus considérable : il nécessitait à présent deux cents employés, dont les uns ouvraient, lisaient, classaient les lettres venues de la province et de l’étranger, tan­dis que les autres réunissaient dans des cases lesmarchandises demandées par les signataires. Et le nombre des lettres crois­sait tellement, qu’on ne les comptait plus ; on les pesait, il en arrivait jusqu’à cent livres par jour. Lui, fiévreux, traversait les trois salles du service, questionnait Levasseur, le chef, sur le poids du courrier : quatre-vingts livres, quatre-vingt-dix par­fois, le lundi cent. Le chiffre montait toujours, il aurait dû être ravi. Mais il demeurait frissonnant, dans le tapage que l’équipe voisine des emballeurs faisait en clouant des caisses. En vain, il battait la maison : l’idée fixe restait enfoncée entre ses deux yeux, et à mesure que sa puissance se déroulait, que les rouages des services et l’armée de son personnel défilaient devant lui, il sentait plus profondément l’injure de son impuissance. Les commandes de l’Europe entière affluaient, il fallait une voi­ture des Postes spéciale pour apporter la correspondance ; et elle disait non, toujours non.
Il redescendait, visitait la caisse centrale, où quatre cais-
siers gardaient les deux coffres-forts géants, dans lesquels venaient de passer, l’année précédente, quatre-vingt-huit mil-
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lions. Il donnaitun coup d’œil au bureau de la vérification des factures, qui occupait vingt-cinq employés, choisis parmi les plus sérieux. Il entrait au bureau de défalcation, un service de trente-cinq jeunes gens, les débutants de la comptabilité, char­gés de contrôler les notes de débit et de calculer le tant pour cent des vendeurs. Il revenait à la caisse centrale, s’irritait à la vue des coffres-forts, marchait au milieu de ces millions, dont l’inutilité le rendait fou. Elle disait non, toujours non.
Non toujours, dans tous les comptoirs, dans les galeries
de vente, dans les salles, dans les magasins entiers ! Il allait de la soie à la draperie, du blanc aux dentelles ; il montait les étages, s’arrêtait sur les ponts volants, prolongeait son inspec­tion avec une minutie maniaque et douloureuse. La maison s’était agrandie démesurément, il avait créé ce rayon, cet autre encore, il gouvernait ce nouveau domaine, il étendait son empire jusqu’à cette industrie, la dernière conquise ; et c’était non, toujours non, quand même. Aujourd’hui, son personnel aurait peuplé une petite ville : il y avait quinze cents vendeurs, mille autres employés de toute espèce,dont quarante inspec­teurs et soixante-dix caissiers ; les cuisines seules occupaient trente- deux hommes ; on comptait dix commis pour la publi­cité, trois cent cinquante garçons de magasin portant la livrée, vingt-quatre pompiers à demeure. Et, dans les écuries, des écu­ries royales, installées rue Monsigny, en face des magasins, se trouvaient cent quarante-cinq chevaux, tout un luxe d’attelage déjà célèbre. Les quatre premières voitures qui remuaient le commerce du quartier, autrefois, lorsque la maison n’occu­pait encore que l’angle de la place Gaillon, étaient montées peu à peu au chiffre de soixante-deux : petites voitures à bras,
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voitures à un cheval, lourds chariots à deux chevaux. Conti­nuellement, elles sillonnaient Paris, conduites avec correction par des cochers vêtus de noir, promenant l’enseigne d’or et de pourpre du Bonheur des dames. Même elles sortaient des fortifications, couraient la banlieue ; on les rencontrait dans les chemins creux de Bicêtre, le long des berges de la Marne, jusque sous les ombrages de la forêt de Saint- Germain ; par­fois, du fond d’une avenue ensoleillée, en plein désert, en plein silence, onen voyait une surgir, passer au trot de ses bêtes su­perbes, en jetant à la paix mystérieuse de la grande nature la réclame violente de ses panneaux vernis. Il rêvait de les lancer plus loin, dans les départements voisins, il aurait voulu les en­tendre rouler sur toutes les routes de France, d’une frontière à l’autre. Mais, il ne descendait même plus visiter ses chevaux, qu’il adorait. À quoi bon cette conquête du monde, puisque c’était non, toujours non ?
Maintenant, le soir, lorsqu’il arrivait devant la caisse de
Lhomme, il regardait encore par habitude le chiffre de la re­cette, inscrit sur une carte, que le caissier embrochait dans une pique de fer, à côté de lui ; rarement le chiffre tombait au-des­sous de cent mille francs, il montait parfois à huit ou neuf cent mille, les jours de grande exposition ; et ce chiffre ne sonnait plus à son oreille comme un coup de trompette, il regrettait de l’avoir regardé, il en emportait une amertume, la haine et le mépris de l’argent.
Mais les souffrances de Mouret devaient grandir. Il devint
jaloux. Un matin, dans lecabinet, avant le conseil, Bourdoncle osa lui faire entendre que cette petite fille des confections se moquait de lui.
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– Comment ça ? demanda-t-il très pâle.
– Eh oui ! elle a des amants ici même. Mouret eut la force
de sourire.
– Je ne songe plus à elle, mon cher. Vous pouvez parler...
Qui donc, des amants ?
– Hutin, assure-t-on, et encore un vendeur des dentelles,
Deloche, ce grand garçon bête... Je n’affirme rien, je ne les ai pas vus. Seulement, il paraît que ça crève les yeux.
Il y eut un silence. Mouret affectait de ranger des papiers
sur son bureau, pour cacher le tremblement de ses mains. En­fin, il dit sans lever la tête :
– Il faudrait des preuves, tâchez de m’apporter des preuves...
Oh ! pour moi, je vous le répète, je m’en moque, car elle a fini par m’agacer. Mais nous ne pourrions tolérer des choses pa­reilles chez nous.
Bourdoncle répondit simplement :
– Soyez tranquille, vous aurez des preuves un de ces jours.
Je veille.
Alors, Mouret acheva de perdre toute tranquillité. Il n’eut
plus le courage de revenir sur cette conversation, il vécut dans la continuelle attente d’une catastrophe, où son cœur reste­rait broyé. Et son tourment le rendit terrible, la maison entière trembla. Il dédaignait de se cacher derrière Bourdoncle, il fai­sait lui-même les exécutions, dans un besoin nerveux de ran­cune, se soulageant à abuser de sa puissance, de cette puissance qui ne pouvait rien pour le contentement de son désir unique. Chacune de ses inspections devenait un massacre, on ne le voyait plus paraître, sans qu’un frisson de panique soufflât de comptoir en comptoir. Justement, on entrait dans la morte-
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saison d’hiver, et il balaya les rayons, il entassa les victimes, poussant tout à la rue. Sa première idée était de chasser Hutin et Deloche ; puis, il avait réfléchi que, s’il ne les gardait pas, il ne saurait jamais rien ; et les autres payaient pour eux, le per­sonnel entier craquait. Le soir, quand il se retrouvait seul, des larmes lui gonflaient lespaupières.
Un jour surtout, la terreur régna. Un inspecteur croyait
remarquer que le gantier Mignot volait. Toujours des filles aux allures étranges rôdaient devant son comptoir ; et l’on venait d’arrêter une d’elles, les hanches garnies et la gorge bourrée de soixante paires de gants. Dès lors, une surveillance fut orga­nisée, l’inspecteur prit Mignot en flagrant délit, facilitant les tours de main d’une grande blonde, une ancienne vendeuse du Louvre tombée au trottoir : la manœuvre était simple, il af­fectait de lui essayer des gants, attendait qu’elle se fût emplie, et la menait ensuite à une caisse, où elle en payait une paire. Justement, Mouret se trouvait là. D’habitude, il préférait ne pas se mêler de ces sortes d’aventures, qui étaient fréquentes ; car, malgré le fonctionnement de machine bien réglée, un grand désordre régnait dans certains rayons du Bonheur des dames, et il ne se passait pas de semaine, sans qu’on chassât un employé pour vol. Même la direction aimait mieux faire le plus de silence possible autour de ces vols, jugeant inutile de mettre la police sur pied, ce quiaurait étalé une des plaies fatales des grands bazars. Seulement, ce jour-là, Mouret avait le besoin de se fâcher, et il traita violemment le joli Mignot, qui tremblait de peur, la face blême et décomposée.
– Je devrais appeler un sergent de ville, cria-t- il au milieu
des autres vendeurs. Mais répondez ! quelle est cette femme ?...
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