Теоретическая фонетика французского языка. Системный и функциональный аспекты. Учебное пособие (на французском языке)
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nombre de degrés de hauteur (suraigü - SA; aiguë – A ; infra-aigü - IA;
médium - M ; grave – G) ;
— chaque syllabe accentuée
(i)instaure une frontière de groupe intonatif ;
(ii)regroupe les syllabes inaccentuées à sa gauche (et éventuellement à sa
droite) ;
(iii)regroupe, selon sa force de regroupement, les groupes intonatifs à sa
gauche.
Par ex. :
a.La vieille (GI 1) porte le voile (GI 2)
b.La vieille porte (GI 1) le voile (GI 2)
Dans une séquence <GI1, GI2,...>, si le ton de GI2 est « plus fort » que celui de GI1, GI1 et GI2 sont regroupés en une unité englobante (GIeng) (inclusion) ; si les deux tons sont identiques, ou le premier plus fort que le
second, il y a juxtaposition des deux GI.
Le regroupement opère ainsi à plusieurs niveaux, des syllabes au groupe
intonatif maximal, ou énoncé phonologique. P.ex. :
Fig. 3
Les enfants de Jean-François sont partis à l'école
// lezãfã |
// də jãfrãswa |
// sõparti |
// alekOl // |
||||
GI 1 |
GI 2 |
GI 3 |
GI 4 |
||||
|
|
|
|
|
4eng |
||
|
GI |
|
2eng |
|
GI |
|
|
|
|
|
|
||||
GI max
L'énoncé phonologique n'est pas isomorphe à la phrase syntaxique, bien qu'il puisse l'être. Il peut être réalisé par un syntagme (La carte!) comme par une séquence de phrases syntaxiques juxtaposées (restructuration) ; enfin il doit porter l'une ou l'autre des marques fortes de regroupement.
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Mélodie et contour intonatif
Toutes les syllabes sonores, qu'elles soient accentuées ou non, ont une valeur tonale, et contribuent de la sorte à ce que l'on perçoit informellement comme la mélodie de l'énoncé, ou contour mélodique. La variation mélodique est un phénomène plus ou moins continu qui repose sur l'évolution du fondamental de la voix. Fait de substance, la mélodie n'est pas linguistiquement pertinente : elle réalise un schéma mélodique abstrait et discret, qui est une unité linguistique formelle, ou intonème.
Pour certains auteurs le français compte une dizaine d'intonèmes. On peut représenter les intonèmes à l'aide d'un trait continu, sur une portée à 5 degrés de hauteur (SAsuraigü; A- aigü; IA- infra-aigü; M- médium; G- grave) :
— d’après (Rossi & al.) : Fig. 4
Si la bière était fraiche j’en boirais. Qui en veut? encore toi, mon ami ?
SA
A
IA
M
G
continuations |
finalité intérrogation- |
question |
parenthèse |
|
mineure |
majeure |
question |
fermée |
haute |
Cm |
CM |
ouvetre |
|
PH |
Evidemment, c’est moi. – Ça suffit ! Jean-François !
SA
A
IA
M
G
implication |
parenthèse |
ordre |
vocatif |
déclarative |
basse |
|
|
|
PB |
|
|
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— d’après P. Délatre (4 degrés de hauteur) : Fig. 5
-Si ces œufs étaient frais j’en prendrais. Qui les vend ? C'est bien toi, ma jolie ? - Évidemment, Monsieur. - Allons donc ! Prouve-le-moi!
Si ces œufs
__
étaient frais
j’en prendrais
Qui les vend ?
C'est bien toi,
ma jolie ?
Évidemment,
Monsieur.
Allons donc !
Prouve-le-moi !
Continuation mineur
Continuation majeur
Finalité
Interrogation (ques-
tion partielle)
Question (oui ? non ?)
Echo (parenthèse)
haute)
Implication
Parenthèse basse
Réclamation
(exclamation)
Commandement
Si l'on sépare certaines variables phonétiques, comme le degré de pente, qui peut être associé à l'attitude interactionnelle (plus la pente est raide, plus l'attitude est impérieuse), plusieurs de ces intonèmes peuvent être traités comme des
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variantes combinatoires. Certains auteurs réduisent leur nombre à trois : contours plat, montant et descendant (Blanche-Benveniste ), ce qui rapproche les intonèmes des tournures syntaxiques déclarative, interrogative et impérative qui constituent les actes de dire que, demander si et dire de) (cf. chap. 2.3).
D'autre part ces intonèmes ne sont pas tous indépendants (Cm, CM, PH et PB): certains groupes peuvent porter un contour propre, sans pour autant constituer une unité intonative maximale, conme GI 2e et GI 4e de la figure 3. On nomme syntagmes intonatifs les groupes syllabiques dotés d'un contour propre. Il convient de distinguer les contours terminaux (GI 4e) des contours continuatifs (GI 2e) qui
indiquent intonativement la non-complétion de l'unité en cours.
Quel que soit le nombre de schémas intonatifs retenu, l'intonation peut être conçue comme une séquence de cibles phonologiques, indépendamment du trajet parcouru pour les atteindre. Les cibles principales sont les attaques de segments (et leur degré de rupture par rapport au point terminal précédent), et les syllabes accentuées. La portée à n niveaux de hauteur peut être réduite à un contraste H/B. Pour représenter l'organisation intonative globale d'une séquence, on peut ne
prendre en compte que les syllabes accentuées et leur valeur de hauteur :
Fig. 6 H
B |
H |
B |
Si la bière |
était fraiche |
j’en boirais |
L'intérêt porté à la prosodie modifie le concept de langue elle-même. D'une part, on ne peut plus analyser la langue comme un système formel, mais il faut la saisir dans sa fonction de communication. D'autre part, on ne peut plus se contenter de la comparaison trop commode de la langue avec un code, de l'affirmation que la fonction fondamentale de la communication linguistique est la
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transmission d'informations. Dans un simple énoncé des langues maternelles humaines, sont à l'œuvre plusieurs codes différents, dont un code intonationnel. On ne peut que difficilement abstraire l'objet « langue » du processus d'énonciation.
ESSAIS ET RECHERCHES:
1.Soit la phrase : Tu me passes l'éponge. En modifiant l'intonation, la faire passer d'un caractère légèrement interrogatif à l'interrogation marquée, puis la rendre de plus en plus énonclattve jusqu'au ton impératif.
2.Comment la prosodie peut-elle lever l’ambiguïté des séquences suivantes : a) acteur de cinéma muet ;
b) L’éléphant barrit curieusement ; c) Je suis bien à Paris.
Quel component prosodique s’y joue et quelle est sa fontion ?
3.Quelles sont les différences terminologiques et notionelles entre les classifications de mélodies de Rossi et de Délatre ?
4.Divisez la séquence suivante en GI tout en les groupant:
«Il me fallut longtemps pour comprendre d'où il venait. Le Petit prince, qui me posait beaucoup de questions, ne semblait jamais entendre les miennes. Ce sont des mots prononcés par hasard qui, peu à peu, m'ont tout révélé. Ainsi, quand il aperçut pour la première fois mon avion, il me demanda:
- Qu'est-ce que c'est que cette chose-là?»
5.Donnez la définition de l’intonème.
6.Composez un dialogue comprenant toutes les mélodies de base du français.
7.Faites le contour intonatif de la séquence suivante :
«Le petit prince ne parvenait pas à s'expliquer à quoi pouvaient servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères. Cependant il se dit en lui-même:
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— Peut-être bien que cet homme est absurde. Cependant il est moins absurde que le roi, que le vaniteux, que le businessman et que le buveur. Au moins son travail a-t-il un sens. Quand il allume son réverbère, c'est comme s'il faisait naître une étoile de plus, ou une fleur. Quand il éteint son réverbère ça endort la fleur ou l'étoile. C'est une occupation très jolie. C'est véritablement utile puisque c'est joli».
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2.2. LES FACILITES DE PRONONCIATION: ASPECT SOCIOLINGUISTIQUE
La phonologie est le domaine où a été pratiqué le plus grand nombre de recherches socio-linguistiques sur la variation ; c'est aussi la dimension la plus saillante et la plus « classante » de la langue.
Du fait du nombre limité des unités que ce plan met en jeu, c'est un domaine où il est envisageable de tendre vers l'exhaustivité. Les points de variation, assez divers, ne concernent pas de façon égale les champs des consonnes, des voyelles, de l'enchaînement des sons et de la prosodie.
Une réflexion sociolinguistique sur l'aspect phonique de la variation se situe à des points de carrefour de concepts : synchronie et diachronie (relation entre changement et variation), mais aussi phonétique et phonologie, car nous aurons à envisager les effets de la variation sur le système.
Les phénomènes phonologiques pris en considération jusqu'à présent l'ont été sans qu'il soit tenu compte de l'enchaînement discursif. Or, celui-ci, par les rencontres qu'il provoque, entraîne certaines conséquences aux points de jointure des sons ou des mots. Dans les termes de Frei, on dira que ces phénomènes sont des effets du conformisme discursif. C'est dire aussi que l'on quitte le domaine qui intéresse la phonologie pour celui de la phonétique.
D'un point de vue physique, on voit pourquoi ces phénomènes reçoivent le nom de «facilités de prononciation» (V. Gadet 1997): ils se produisent d'autant plus fréquemment qu'il y a moins de surveillance et que le débit est plus rapide ; jugés de façon négative, ils constituent des indicateurs sociolinguistiques.
Les assimilations
Une assimilation peut se produire quand, soit naturellement à l'intérieur d'un mot, soit à la jointure entre deux mots, soit à la suite de la chute d'un e muet, il y a contact entre deux consonnes de nature différente, ce que nous pouvons représenter comme la suite C1C2. L'assimilation est une tendance, jamais absolument complète:
tout au plus peut-on constater (et vérifier sur appareil) qu'un son tend à prendre une 67
partie des caractères d'un son voisin. L'assimilation est le plus souvent (comme on peut le supposer étant donné les caractères généraux du français) régressive (ou anticipante), c'est-à-dire que c'est la nature de la seconde qui influence la nature de la première. En effet, quand deux consonnes se suivent, la première est implosive et la seconde explosive ; c'est donc celle-ci qui est en position forte.
On peut classer les assimilations en fonction de celui des caractères articulatoires des consonnes qui est en cause : la sonorité, le mode d'articulation, ou le point d'articulation.
Assimilation de sonorité
C'est là l'assimilation la plus souvent notée, au point qu'en l'absence de précision, c'est toujours d'elle qu'il s'agit. On distinguera trois cas :
1.C2 est une sourde phonologique (c'est-à-dire qu'il existe une sonore ayant les mêmes point et mode d'articulation). Si Cl est également une sourde, il n'y a pas de problème. Si en revanche Cl est une sonore, il y a une tendance très forte à son assourdissement : (1) [ſpãs] (je pense)
(2) [jkrwa] (je crois)
(3) [otsεn] (Hauts-de-Seine)
(4) [bokutsyksε] (beaucoup de succès)
Sa fréquence et sa force la rendent peu classante, parce qu'elle est presque systématique. Elle fait d'ailleurs partie des rares traits notés dans les transcriptions littéraires de l'oral : (5) ch'pense
2.C2 est une sonore phonologique (il existe une sourde de mêmes point et mode d'articulation). Ce cas devrait être le symétrique du précédent, mais ce n'est pas tout à fait ce qui se passe. Si Cl est sonore, il n'y a pas de problème. Mais si Cl
est sourde, elle est tendanciellement sonorisée : (6) [dezvã] (décevant)
(7)[espezdəkõ] (espèce de con)
(8)[grozbiz] (grosses bises)
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3. C2 est une sonore non phonologique (il n'existe pas de sourde correspondante: ceci concerne les nasales et les liquides, qui sont des sonores phonétiques, mais non phonologiques) :
(9)[izrael] / [israel] (Israël)
(10)[sosjalizm] / [sosjalism] (socialisme)
En (9) et en (10), dans la première option C2 garde son caractère sonore et sonorise Cl, et dans la seconde C2 perd sa sonorité pour s'accorder à Cl sourde (non perceptible à l'oreille).
Parmi les très rares exceptions à l'assimilation régressive figure le groupe [ſf] [ſ fal] et non pas, du moins pour la majorité des locuteurs, [3val]. Autre exception : subsister ([sybziste]). Il se pourrait que ce soit sous cette influence que l'on entend parfois persister prononcé [perziste].
Assimilation du mode d'articulation
Elle apparaît comme moins exclusivement régressive que la précédente ; on rencontre surtout des nasalisations : (11) [karãtãnmetje] (quarante ans de métier)
(12) [3əmlənmând] (je me le demande)
Elle peut aussi intervenir sous l'influence de voyelles nasales :
(13)[kõbjέntãtypar] (combien de temps tu pars ?)
(14)[pãnã| (pendant)
(15)[mέnnã] ou [mέnã] (maintenant)
Pour ce dernier cas, on voit que, tous les sons étant des nasales, il faudrait un effort pour maintenir la nature orale du [t] après la chute du e muet.
On rencontre également quelques cas de dénasalisation de la consonne : (16) [psjø] (monsieur) où [m] devient [p]
Assimilation du point d'articulation
Les seuls exemples que nous en ayons trouvé réalisent une assimilation régressive : (17) [lwikεmpraſέ] (le week-end prochain)
où la non-prononciation du [d] provoque un contact entre [n] et [p], qui entraîne une labialisation du [n], donc son passage à [m].
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(18) [lkέ33чie] (le quinze juin) — assimilation sans doute favorisée par la proximité entre alvéolaire et prépalatale.
L'assimilation est un phénomène beaucoup plus général que ces quelques exemples ne le laissent entendre. Dès qu'il y a chaîne, il y a influence réciproque, mais toutes les assimilations ne sont pas aussi nettement perceptibles. On parle alors de colorations secondaires : vélarisation, labialisation (sensibles si l'on compare chic et chou), palatalisation qui, si elles sont perçues, apparaissent comme des relâchements et contribuent à un jugement négatif sur un énoncé.
Les dilations
Contrairement à l'assimilation des consonnes, qui agit au contact direct, la dilation, qui concerne les voyelles, saute par-dessus les consonnes. On l'appelle aussi quelquefois « harmonie vocalique ».
Dilation de voyelles non intermédiaires
Elles sont assez peu fréquentes, la plupart du temps régressives, et concernent des mots fréquents (surtout des adverbes). Il ne s'agit pas d'un phénomène phonétique, car la même configuration vocalique ne produit pas le même effet sur un autre mot :
(19)[surtu] (surtout ; mais jamais burnou ne se prononcera [burnu])
(20)[atõsjõ] (attention)
(21)[o3Ordi] ou [u3urdчi] (aujourd'hui)
(22)[mâmâ] (maman)
Simplifications de groupes consonantiques complexes
Pour comprendre leur rôle et leur fonctionnement, il faut rappeler le rôle du schéma canonique CVCV, où C tend à être une consonne unique.
Simplification à l'intérieur d'un mot
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