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Теоретическая фонетика французского языка. Системный и функциональный аспекты. Учебное пособие (на французском языке)

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1.5. PHONETIQUE ARTICULATOIRE

La phonétique articulatoire décrit les mécanismes physiologiques engagés dans la production des sons. Une part de sa terminologie est utilisée également dans la description phonologique (dont nous parlerons ultérieurement).

Consonnes, voyelles, semi-voyelles

À un premier niveau, la phonétique articulatoire distingue consonnes,

voyelles et semi-voyelles :

Voyelles : sons caractérisés par la vibration des cordes vocales.

Semi-voyelles : sons assimilés aux voyelles articulatoirement et spectralement proches.

Consonnes : sons caractérisés par la présence d'un obstacle partiel ou

complet au passage de l'air.

Les paires suivantes illustrent la différence entre voyelles et semi-voyelles :

( 1 ) abbaye/abeille

[abεi]/[abεj]

pays/paye

[pεi]/[pεj]

haï/ail

[ai]/[aj]

(2) loua/loi

[lua]/[lwa]

troua/trois

[trua]/[ trwa]

(3) nuit

[nчi]/[nyi]

Du point de vue articulatoire les semi-voyelles ressemblent aux voyelles ; mais le rôle qu'elles jouent dans la syllabe les assimile clairement aux consonnes : la syllabe en français étant vocalique, il y a autant de syllabes que de voyelles (sauf tics et onomatopées, ts, grrr, brrr, etc.). Cela permet d'opposer voyelles et consonnes sur une base fonctionnelle : seules les premières peuvent à elles seules constituer une syllabe :

(4) [stra/bism], [sput/nik], [a/ε/rO/pO: r] (stra-bisme, spout-nik, a-é-ro-port) On observe alors que les semi-voyelles ne peuvent à elles seules créer un

noyau syllabique, et se comportent donc comme des consonnes : 21

(5) [a/be/i]/[a/bεj] (abbaye/abeille)

Dimensions articulatoires des consonnes et des voyelles

À un second niveau, la phonétique articulatoire classe les voyelles et les

consonnes selon un nombre restreint de dimensions et de traits :

Les 4 dimensions articulatoires des voyelles

a.degré d'aperture (ouverture ; distance entre le dos de la langue et le palais)

:fermé [i], semi-fermé [e], semi-ouvert [ε], ouvert [a]

b.zone d'articulation (position de la langue) : antérieure [i], postérieure [u], centrale [a/œ]

c.position des lèvres : arrondies [o] (labiales), non-arrondies [i] (non-

labiales)

d.nasale/orale : [έ], [ô]/[ε], [O]

Les 3 dimensions articulatoires des consonnes

a.action des cordes vocales : non-voisées (sourdes) [p]/voisées (sonores) [b]

b.modes d'articulation : occlusives [p], [b]; fricatives (constrictives) : [f], [v]; sonnantes (latérale [1], vibrantes [r], [r], nasales [m], [n])

c.lieu d'articulation: labiales (bilabiales [p], et labiodentales [f]), apico- denta-les [t], palatales [p], [3], vélaires [k], uvulaires [R].

Ce n'est qu'en prenant en considération l'ensemble du système français que l'on parvient à comprendre pourquoi, alors que le système des consonnes est pratiquement stable (à quelques exceptions près) depuis le XVIIe siècle, le système des voyelles est le siège de nombreux flottements, et présente à la fois variation et changement.

L'importance des variations sur l'ensemble de la population est telle qu'elle rend nécessaire une distinction entre système phonologique minimal (partagé par tous, ou usage de convergence) et système maximal (comportant certaines variantes particulières qui révèlent par leur variation même qu'elles ne sont pas indispensables au fonctionnement).

Tableau 4 Les consonnes

22

 

bilabiale

labio-dentale

apicale

alvéolaire

prépalatale

palatale

velaire

 

 

 

 

 

 

 

 

sourde

p

f

t

s

ƒ

 

k

 

 

 

 

 

 

 

 

sonore

b

v

d

z

3

 

g

 

 

 

 

 

 

 

 

nasale

m

 

n

 

 

ñ

η

 

 

 

 

 

 

 

 

r et l n'entrent pas dans ce tableau

On voit que le système est relativement équilibré, sauf en quelques points ; les consonnes connaissent fort peu de variation.

Tableau 5 Les voyelles

 

 

 

 

 

 

i

 

y

 

 

 

 

u

fermées

 

e

 

ø

 

 

 

o

 

 

 

 

ε ε

 

œ ǽ

ə

 

OO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

a

 

 

a ǽ

ouvertes

 

 

 

 

 

antérieures postérieures

Le nombre de voyelles est très élevé : 16 si le système est complet, alors que le nombre de consonnes n'est que de 18 au maximum. Ce chiffre à lui seul explique les tendances à la simplification. On comprend assez bien, en regardant le triangle vocalique du français, où peuvent se situer les points de variation.

Seules les voyelles fermées sont stables. Il y a donc des variations sur les voyelles intermédiaires, les voyelles ouvertes et les nasales.

1.6. CLASSEMENT ARTICULATOIRE DES SONS

(D’après Séliach, Evtchik, 1986 : 17-20)

23

Si la colonne d'air, porteuse de vibrations glottales, ne rencontre aucun obstacle dans sa progression, le son produit est une voyelle. Au contraire, si la colonne d'air est contrariée dans sa progression par la présence d'un obstacle, le son

produit est une consonne.

Consonnes. L'existence d'un obstacle, l'action jouée par les cordes vocales et par le voile du palais permettent de définir les consonnes françaises avec quatre traits articulatoires: la nature de l'obstacle, le lieu de l'obstacle, l'action des cordes

vocales, l'action du voile du palais.

1. La nature de l'obstacle. Toutes les consonnes se divisent en bruits et en s o n a n t e s. Les consonnes-bruits sont celles où le bruit domine: [p, b, t, d, k, g, f, v, s, z, ƒ, 3] ; les consonnes-sonantes sont telles autres où le bruit s'ajoute au ton musical, et c'est le ton musical qui domine: [1, r, m, n, η, j, ч, w]. A leur tour, les consonnes-bruits constituent deux classes de sons: a) bruits par excellence ou

consonnes sourdes

[p, t, k, f, s, ƒ] etc) bruits accompagnés de ton musical ou

consonnes sonores [b, d, g, v, z, 3 ].

 

 

 

 

 

Classification des consonnes d'après la nature de l'obstacle (mode

d'articulation)

 

 

 

 

 

 

 

Tableau 6 Consonnes-bruits

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

constrictives (continues)

 

occlusives (momentanées)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

sourdes

 

sonores

 

sourdes

 

sonores

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

s

 

z

 

p

 

b

 

 

ƒ

 

3

 

t

 

d

 

 

f

 

v

 

k

 

g

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Consonnes-sonantes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

constrictives

 

occlusives

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

l,r,j, w, ч

 

m,n,η

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24

Lorsque la progression de l'air est momentanément stoppée par l'existence

d'une occlusion, le son obtenu est appelé occlusif ou momentané: [p, t, k, b, d, g].

Lorsque la progression de l'air est simplement contrariée par la nécessité de s'écouler dans un canal étroit, l'air peut entrer en turbu-lance et produire un bruit de friction. On parlera dans ce cas de consonnes constrictives, fricatives ou

continues: [f, v, s, z, ƒ ,3 ].

Certaines consonnes semblent présenter à la fois l'occlusion, caractéristique des occlusives, et l'écoulement continu de l'air, caractéristique des constrictives. Il s'agit de la latérale [1], qui combine une occlusion centrale, obtenue par l'application de la langue contre la partie alvéolaire ou post-alvéolaire du palais, et un écoulement continu de l'air de part et d'autre de cet obstacle central. Il s'agit également des vibrantes, comme le [r] qui, par une série de battements, combine

occlusion et écoulement de l'air.

2. Le lieu de l'o b s t a c 1 e. Le lieu où se situe l'obstacle, le point

d'articulation, est également un trait important pour la classification des consonnes.

Classification des consonnes d'après le lieu de l'obstacle (le point

d'articulation)

Tableau 7 Classification articulatoire des consonnes françaises

labiales

labio-

prépalatales

pala

post-

uvulaires

(bilabiales)

dentales

(alvéolaires)

tales

palatales

 

 

 

 

 

 

 

(vélaires)

 

 

 

 

apicales

prédor-

 

dorsales

 

 

 

 

 

sales

 

 

 

p

b

 

t d

 

 

k g

 

 

 

 

 

 

 

 

 

m

 

f v

n 1

s z

η

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

w

ч

 

 

ƒ 3

j

 

r

 

 

 

 

 

 

 

 

Si l'obstacle est constitué par les dents supérieures et la lèvre inférieure, la consonne est 1abio-denta1e: [ f, v].

25

Si la pointe de la langue (apex) entre en contact avec les dents, les alvéoles ou la région post-alvéolaire, nous avons les alvéolaires ou les p r é p a 1 a t a 1 e s [t, d, n, s, z, ſ, 3 , 1] qui peuvent être classées de la façon suivante: apicales [t, d, n,

1, ſ, 3] et prédorsales [s,z].

Si le dos de langue entre en contact avec le palais dur ou mou nous avons les dorsales [η, j, k, g, r]. Le contact de la langue avec le palais dur détermine les p a 1 a t a 1 e s [η, j]. Si le dos de la langue entre en contact avec le palais mou dans la partie antérieure, nous avons des post-palatales ou vélaires [k, g]. Lorsque le contact a lieu dans la partie postérieure du palais mou, nous avons des uvulaires, comme le [r] français (le r non roulé ou grasseyé ).

3.Lorsque les cordes vocales vibrent lors de la prononciation d'une consonne, celle-ci est sonore: [b, d,g,v,z, 3].

Lorsque les cordes vocales ne vibrent pas, lors de l'écoulement de l'air, la consonne ainsi produite est sourde: [p, t, k, f, s, ſ ].

4.Si le voile du palais (le palais mou) est relâché et abaissé, l'air, porteur des vibrations glottales, s'écoulera à la fois par la cavité buccale et par les fosses

nasales. La consonne obtenue est une consonne nasale [m, n].

Consonne sera appelée orale car tout l'air s'écoulera par le conduit buccal: [p, g,1] ,etc.

Voyelles. Les voyelles se caractérisent par quatre traits articulatoires: la profondeur d'articulation, l'aperture, l'action des lèvres, l'action du voile du palais.

l.La profondeur d'articulation. Lorsque la langue se masse dans la partie antérieure de la cavité buccale, la voyelle produite est dite antérieure: [i, y, e], etc. sont des voyelles antérieures. Lorsque la langue se masse dans la partie postérieure de la cavité buccale, la voyelle est dite postérieure, comme par exemple [u, o, a].

26

Tableau 8 Classification articulatoire des voyelles françaises

Degrés

 

Antérieures

 

Postérieures

 

 

 

d'aperture

 

 

 

 

 

 

 

 

 

non-arrondies

arrondies

non-arrondies

arrondies

 

orales

nasales

orales

nasales

orales

nasales

orales

nasales

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1

i

 

y

 

 

 

u

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2

e

 

0

 

 

 

o

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3

ε

ε

œ(ə)

ǽ

 

 

э

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4

a

 

 

 

a

ã

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2.L' a p e r t u r e. Du fait de la mobilité de la langue, son degré d'élévation, par rapport au palais, peut varier. C'est ainsi qu'on distingue quatre degrés d'aperture: 1 — les voyelles fermées comme [i], 2 — les voyelles mi-fermées comme [e], 3 — les voyelles mi-ouvertes comme [ε ], 4 — les voyelles ouvertes comme [a].

3.L' a c t i o n des l è v r e s. Si les lèvres sont projetées en avant, elles forment une cavité supplémentaire. Les voyelles articulées avec projection labiale comme [y, u, o] sont appelées arrondies. Les autres, comme [i, e] produites par rétraction des lèvres, sont appelées non-arrondies.

4.L' action du voile du palais. Lorsque le voile du palais ferme l'accès aux

fosses nasales, la voyelle produite sera, comme [i, y, o], une voyelle orale. Dans le cas contraire, l'air s'écoulant à la fois par les cavités nasale et buccale, la voyelle obtenue sera nasale: [ ã], [ O], [ε], [ǽ].

Les habitudes articulatoires du français moderne ont certains traits particuliers qui opposent le français à plusieurs autres langues. P.Delattre a cru possible de les ramener à trois modes: mode tendu, mode antérieur, mode croissant.

Le mode tendu. La tension musculaire est constante dans l'articulation du français. Elle est sans cesse maintenue, sans augmentation ou diminution brusque. P.Fouché est en droit d'écrire que nulle part, la différence entre les sons tendus et

les sons relâchés n'est aussi faible qu'en français. Mais ce travail intense des 27

muscles ne se laisse pas voir; il est tout intérieur et le Français ne trahit aucunement

son effort.

Le mode tendu veut dire que:

Le français n'a pas de diphtongues, car le timbre des voyelles ne change pas au cours de l'émission. Il suffit de comparer le [o ] français qui est homogène du début de la phonation jusqu'à sa fin, au son [ o] du russe légèrement diphtongue commençant par un élément bref pareil au [u] - [uo] .

Le français n'a non plus de consonnes affriquées. La tension musculaire les a éliminées de la langue de même que les diphtongues au cours de la deuxième moitié du Moyen Age.

Le rythme de la chaîne parlée française est produit par l'égalité des syllabes qui se succèdent. Pour faire ressortir la syllabe accentuée finale ce n'est pas

àun excès de force (intensité) que le Français fait appel, mais à un excès de durée. Pour allonger ainsi la dernière syllabe indépendamment de l'intensité, il faut avoir une tension musculaire remarquable.

Les syllabes françaises ont une intonation relativement plate. Le ton sur lequel la voyelle est prononcée se maintient sans grand changement jusqu'au bout, les modifications de tons se trouvent entre les voyelles plutôt que pendant les voyelles.

Le mode antérieur. L'articulation française a un caractère antérieur clair. La plupart des voyelles et des consonnes du français moderne sont articulées dans la partie antérieure de la bouche. Le français possède 9 voyelles et 17 consonnes formées dans la partie antérieure de la cavité buccale. Il n'y a que 6 voyelles et 3 consonnes qui soient formées à l'arrière de la bouche. La résonance antérieure du français est due encore à la fréquence d'utilisation des sons antérieurs. D'après les données de A.Valdman, confirmées par N.Chigarevskai'a, la fréquence des sons ante'-rieurs est deux fois plus élevée (67,5%) que celle des sons postérieurs (32,6%) [55, p. 56].

28

Le mode antérieur peut s'observer dans les mouvements de la langue, dans ceux des lèvres ou dans les deux à la fois. Par exemple, dans la série des lèvres. D'autre part, le français anticipe la position d'une voyelle en articulant la consonne précédente. Ainsi toute consonne qui est suivie d'une voyelle arrondie s'articule elle-même avec les lèvres arrondies.

Le mode croissant. Le terme "croissant" signifie que les sons, les syllabes et les unités accentuelles se réalisent généralement avec une énergie physiologique qui commence doucement et s'accroît progressivement: c'est le phénomène de l'attaque douce. La partie dominante de la syllabe se fait donc dans un mouvement ouvrant progressif. Après l'ouverture buccale prolongée de la voyelle, le mouvement fermant qui suit est vif, il appartient plutôt à la transition syllabique, entre voyelle j et consonne, qu'à la voyelle même.

Les conséquences du mode croissant sont nombreuses:

De là résulte l'absence d'assourdissement des sonores finales: "base" est différent de "basse".

Il faut attribuer au mode croissant le phénomène connu sous le nom de "détente des consonnes finales". D'une part, l'ouverture buccale pour la voyelle de la syllabe finale se prolonge, d'autre part, la consonne finale se prononce presque comme si elle commençait une nouvelle syllabe: la bouche se rouvre légèrement et un embryon de voyelle se fait entendre: plage — [plaЗ].

La syllabation française est ouverte: la consonne se rattache à la voyelle qui suit plutôt qu'à celle qui précède. La transcription syllabique d'une phrase française telle que "Elle imite un autre accent" serait donc ( e - li — mi — tε — no

tra — ksã].

En définitive, comparons les habitudes articulatoires du français avec celles

du russe.

Le français

Toute articulation française est caractérisée par une tendance antérieure.

Les consonnes se palatalisent légèrement dans un entourage palatal.

29

Le système phonétique français est dominé par l'articulation labiale. La langue connaît une série complète de voyelles antérieures arrondies. La labialisation quand elle a lieu, est très forte.

Le russe, au contraire, est caractérisé par une tendance à reculer les articulations dans la bouche. Les consonnes se palatalisent fortement dans un entourage palatal. La labialisation est très faible et comporte seulement une projection faible des lèvres.

ESSAIS ET RECHERCHES:

1.Enumérez les organes de la parole.

2.Quels sont les points d’articulation ?

3.Finissez la définition suivante: La phonétique articulatoire décrit ...

4.Précisez les 4 dimensions articulatoires des voyelles.

5.Quel est le nombre de voyelles de la langue française?

6.Qu’est-ce qu’ on appelle modes d'articulation?

7.Enumérez les consonnes sourde du français.

8.Quelle est la différence entre les consonnes constrictives, fricatives ou continues?

9.Qu’est-ce qu’ on appelle le mode tendu ?

10.Précisez les différences entre l’articulation française et russe du point de vue de l’antérieurité, la labialisation et la palatalisation.

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