Теоретическая фонетика французского языка. Системный и функциональный аспекты. Учебное пособие (на французском языке)
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parlant, l'abaissement de la mâchoire inférieure qui détermine le degré de l'ouverture buccale.
2. La position de la langue par rapport aux dents (la zone d'articulation).
Quand la langue est massée vers l'avant de la bouche, il s'agit d'une voyelle antérieure. Quand, par contre, la langue est retirée des alvéoles et qu'elle articule à l'arrière de la bouche, il se forme une voyelle postérieure. La langue peut rester
aussi dans la position centrale [ə]-français, [a]-russe.
3. La position des lèvres. Si les lèvres ne sont pas avancées, il se forme une voyelle non labiale ou non arrondie. Si les lèvres sont avancées et arrondies, ce qui non seulement modifie la forme du résonateur constitué par la cavité buccale, mais en crée un supplémentaire entre les dents et les lèvres, il se forme alors une voyelle
labiale ou arrondie.
4. L'action du voile du palais. Quand le voile du palais est levé fermant le passage de la cavité nasale, il se forme une voyelle orale. Quand le voile du palais est abaissé laissant l'air passer aussi par la cavité nasale, il s'agit d'une voyelle nasale.
Ces quatre traits suffisent à décrire les voyelles françaises et constituent la caractéristique qualitative (la durée) de toute voyelle française ; ils sont à la base
des oppositions phonématiques du vocalisme français.
Donc, à la base du système vocalique de toutes les langues est le système primaire (nucléaire), qui ne se compose que de trois phonèmes (Fig.1). Ils forment trois oppositions : 1) antérieur / postérieur ; 2) fermé / ouvert ; 3) labial / non labial
qui sont réalsées dans le système vocalique français de la façon suivante (Fig.2):
Fig. 1 Fig. 2
i |
u |
a
i (y) |
|
|
(u) |
e (ø) |
|
|
(o) |
ε (έ) œ (ǽ) |
(э)(э) |
||
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a |
a (ã) |
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Les traits particuliers et essentiels du vocalisme français (d’après Бур-
чинский, 2006: 25-26):
1. Les voyelles antérieures sont de loin les plus nombreuses, il y en a 9 sur 15 en tout. Parmi les 6 postérieures il y en a qui sont très avancées, telles [u], [O], [o].
Tendances : — l'avancement de l'articulation ;
— la neutralisation de l'opposition [a-a] : tâche - tache.
2. L'opposition phonologique voyelle ouverte — voyelle fermée est d'une grande importance pour le phonétisme français, ceci est valable surtout pour les deux séries des orales — séries antérieures [e-ε], [ø-œ] et série postérieure [o-O] — les voyelles d'ouverture intermédiaire.
Tendances : — les hésitations dans la réalisation de ces trois oppositions.
3. Les voyelles labiales jouent un rôle important dans le système phonétique du français constituant la moitié des voyelles françaises (8 sur 15) dont 3 de la série antérieure [y] [ø] [œ] ne sont pas très fréquentes dans d'autre langues.
Tendances : — la délabialisation de [ǽ] et l'élimination de l'opposition [ǽ -
έ] : brun - brin, emprunt - empreint, alun -Alain.
4.Les nasales (4) sont très usitées en français et lui communiquent par leur caractère fort rare un aspect extrêmement particulier et spécifique.
5.Les voyelles françaises sont très nettes et tendues. Leur articulation se ressent de la position accentuée ou non accentuée du son.
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Consonantisme français
On peut résumer en un tableau l'ensemble des oppositions phonologiques
entre consonnes du français, le système phonologique (cf. Tab. 4; 6; 7):
Tableau 12 Système phonologique des consonnes du français
lieux d'articulation |
labiales |
apico- |
palatales |
vélaires |
uvulaires |
|
(bilabiales/ |
dentales |
(médio- |
(post |
|
|
labio- |
(préliguales) |
liguales) |
liguales) |
|
modes |
dentales) |
|
|
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occlusives sonores |
/b/ |
/d/ |
|
/g/ |
|
occlusives sourdes |
/p/ |
/t/ |
|
/k/ |
|
|
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|
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spirantes sonores |
/v/ |
/z/ |
/ 3/ |
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spirantes sourdes |
/f/ |
/s/ |
/ſ/ |
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|
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|
|
|
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nasales |
/m/ |
/n/ |
/η/ |
/ñ/ |
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latérales |
|
/l/ |
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|
vibrante |
|
/r/ |
|
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/R/ |
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Modes d’articulation :
On distingue, en fonction du degré croissant d'ouverture :
—les occlusives (comportant une fermeture momentanée totale, suivie d'un relâchement)... ;
—les spirantes ou constrictives (il y a resserrement des organes)... ;
—les latérales et les vibrantes (qui tiennent à la fois des occlusives par la fermeture totale, et des constrictives par le passage de l'air autour de l'obstacle central : le [1] est la seule latérale du français, et le [r] ou [R] la seule vibrante, ajoutant la vibration de l'organe faisant l'occlusion) ;
Lieu d’articulation : selon la nature du point de contact entre organe mobile et partie fixe;
L'action des cordes vocales : selon qu'elles entrent ou non en vibration, on distingue les sonores (bruit + ton musical):/p/,/f/, /ſ/, etc. et sourdes (bruits): /b/, /v/, /g/, etc.;
— les sonantes : r,l,m,n, w, j ч ;
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— la vibrante apico-dentale [r] ("Bourguignon"), le [R] ("grasseyé") et la
vibrante uvulaire [r] sont des allophones du même phonème (archiphonème) [R];
—la latérale /l/ et la vibrante uvulaire [R] sont marginaux, et s'opposent à tous les autres phonèmes : nid/lit/riz ; loup/roux/sou/chou/coup/goût.
—le statut de phonème de la nasale palatale /η/ est attesté par les paires minimales suivantes :
•en finale absolue : panne/pagne, peine/peigne, benne/baigne ;
•en finale ouverte : peiné/peigné, panné/panier ;
•la nasale vélaire /ñ/ se trouve essentiellement dans les emprunts et onomatopées, en finale absolue : parking, ring (/rime) ; mine/Ming ; bing/bine/Bic;
ting/tic ; ding/dîne, etc.
RESUME
« La phonologie est une phonétique fonctionnelle et structurale : elle classe les sons de chaque langue selon le rôle de chacun dans cette langue et en fonction de leurs rapports avec les autres sons de la langue. » (A. Martinet.)
Phonétique et phonologie.
La distinction entre phonétique et phonologie peut s'insérer dans les trois dichotomies de Saussure :
•Phonétique et phonologie étudient le signifiant, mais la phonologie l'étudié par référence au signifié ;
•La phonétique est du domaine de la parole ; la phonologie est du domaine de la langue (mais, ajoute Martinet, s'il semble certain que tout ce qui est fonctionnel appartient à la langue, les caractéristiques considérées comme non pertinentes ne sont pas nécessairement du seul domaine de la parole) ;
•Aux deux points de vue synchronique et diachronique, doivent correspondre deux subdivisions de la phonétique et de la phonologie ; mais la phonologie, étudiant la fonction des sons dans la langue, envisage des systèmes phoniques : le point de vue synchronique est donc plus important en phonologie.
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Mais le système des phonèmes n’est pas immuable, il se modifie au cours de l’histoire de la langue. Certains phonèmes disparaissent amenant l’élimination des oppositions phonologiques qui existaient dans la langue ; les différences phonématiques sont alors suppléées par les différences entre les variantes d’un même phonème. Soit, par exemple, les deux phonèmes [l] et [l’] en ancien français qui sont devenus des variantes d'un seul phonème [1]. Ou bien l'élimination du phonème [ε:], son passage à l'état d'une variante longue du phonème [ε] dans des conditions déterminées du français contemporain.
Tableau 13 (Récapitulation)
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Phonétique |
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|
Phonologie |
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|
• |
Science des sons de la parole. |
• |
Science des sons de la langue. |
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• |
Science de la face matérielle des sons |
• |
Science de la fonction linguistique des sons |
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du langage humain. |
du langage. |
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• |
La parole est un monde de phénomènes |
• |
La langue, institution sociale, est un monde |
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|
|
empiriques ; d'où : les méthodes de la |
de rapports, de fonctions et de valeurs ; elle |
|
|||
|
phonétique sont celles des sciences |
emploie les méthodes utilisées pour étudier le |
|
|||
|
naturelles |
système grammatical d'une langue. |
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|||
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|
Phonétique |
|
|
Phonologie |
|
|
Etude des sons de la parole selon les |
• |
Etude |
des sons de la langue avec les |
|
|
|
méthodes des sciences naturelles. |
méthodes linguistiques. |
|
|||
|
• |
Etude des sons sans tenir compte de |
• |
Etude des sons du point de vue de la |
|
|
|
leur appartenance à une langue. |
fonction |
qu'ils remplissent dans une langue |
|
||
|
• |
Enregistrement de toutes les |
déterminée. |
|
||
|
différences phoniques perceptibles. |
• |
Mise en relief des traits phoniques qui ont |
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|
une valeur distinctive. |
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ESSAIS ET RECHERCHES: |
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1. Complétez le texte suivant : |
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Les voyelles sont dites d'avant ou ... si elles comportent une poussée vers |
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l'avant de la ... de la masse de la ... (exemple : ... dans île), d'arrière ou ... s'il y a ...
(exemple : .. dans ours). La voyelle ... de mule se distingue du i de mille par l'....
des lèvres; le .. de dé se distingue du .. de dit par une plus grande ......... c'est-à-
dire que .. est plus ouvert et i plus......
2. Définissez en termes de phonétique articulatoire les sons suivants du
français : [p], [t], [k]; [b], [d], [g] ; [j], [w]; [v], [s], [z], [ſ], [3], [l], [r].
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3 Faites une transcription phonologique du passage suivant :
« Chacun sait qu'il y a, de nos jours, deux littératures : la mauvaise, qui est
proprement illisible (on la lit beaucoup). Et la bonne, qui ne se lit pas. C'est ce que l'on a appelé, entre autres noms, le divorce de l'écrivain et du public. » (Jean Paulhan, Les Fleurs de Tartes, p. 18.).
4. Comparez et completez les tableaux ci-dessous : Tableau A
lieux d'articulation labiales |
apico- |
palatales |
vélaires |
uvulaires |
modes |
dentales |
|
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occlusives sonores |
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|
occlusives sourdes
spirantes sonores
spirantes sourdes
nasales
latérales
vibrante
Tableau B
Point d’articu |
Labiales |
|
Linguales |
Uvulaires |
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Mode |
lation bi-L L-dentales |
pré-L |
médio-L |
post-L |
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d’articulation |
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occlu- |
bruits |
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sives |
sonantes |
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constric- |
bruits |
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tives |
sonantes |
|
|
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vibrante |
sonante |
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1.8. ASPECT SUPRASEGMENTAL
L'analyse phonématique dans le cadre du paradigme ne suffit pas à tout expliquer ; il faut étudier le phonème dans le cadre du syntagme.
Contrairement à ce qui se passe dans la chaîne écrite où les unités (mots, lettres) sont séparées par des blancs, les unités de la chaîne parlée se présentent sous une forme plus ou moins continue.
Grâce à la commutation, nous avons dégagé les systèmes vocalique et consonantique sur le plan des paradigmes, ensemble des unités qui peuvent se substituer l'une à l'autre dans un même contexte et qui sont donc dans un rapport virtuel d'opposition. Ce plan ne suffit pas : ce qui caractérise une langue, ce ne sont pas seulement ses unités phonologiques, mais également la façon qu'ont ces unités de se combiner pour former des signes ou des mots.
La chaîne parlée se présente comme un continuum à l'intérieur duquel les sons agissent les uns sur les autres.
Il est nécessaire de tenir compte du contexte (environnement d'une unité dans la chaîne de l'énoncé) ou de la position (place d'une unité — ici, le phonème
— par rapport aux phonèmes consécutifs du même monème). Une variante combinatoire est déterminée par le contexte : /b/ devant /t/ dans obtenir se réalise
/p/. Une opposition ne se neutralise que dans certaines positions, à l'initiale, à l'intervocalique, à l'intérieur, à la finale d'un monème. En position finale, en français, il y a neutralisation de l'opposition /o/ / /O/ :/bo/, / palto/, /mo/ (beau, paletot, mot).
En français, les différentes consonnes se retrouvent dans toutes les positions. On oppose /i/ et /j/ à la finale : pays/paye ; ailleurs, ils sont en distribution complémentaire : /i/ devant consonne et /j/ devant voyelle. Les phonèmes /e/ et /ε/ s'opposent à la finale absolue : été/étais ; cette opposition se neutralise ailleurs et le choix de la forme est déterminé par le contexte : /ε/ en syllabe fermée comme dans père, /e/ en syllabe ouverte comme dans métier. Il y a alors, en position de
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neutralisation, un archiphonème /E/ qui se réalise /e/ ou / ε /. Un phonème qui termine un monème peut subir l'influence du phonème initial du monème suivant. Comparer : c'est l'homme / c'est un nomme ([selOm] / [setfέ(n)Om]), quand on vient / quand nous venons ([kãtõvjέ] / [kãnuvnõ]).
En français, sont évités les groupes /pf/, /bf/, /bv/, /pv/ ; aucun mot français ne commence par un de ces groupes : on peut dire que /f/ et /v/ n'apparaissent jamais en français dans un groupe initial après occlusive labiale. La séquence /dv/ est possible (devin = /dvï/ ; /bv/ n'est pas possible du fait qu'on a deux points d'articulation labiale.
La fonction essentielle jouée par ces diversités de distributions phonématiques est démarcative : elles indiquent les limites d'un monème, d'un mot, voire d'un groupe plus large. Selon Troubetzkoy (Principes de phonologie), deux groupes de phonèmes ne sont admis dans aucune langue : ce sont les groupes de deux consonnes qui se distinguent par un mode d'articulation ou une marque (par exemple : /pb/) ou qui sont en rapport exclusif ( /kg/). Le seul groupe universellement admis est le groupe CV (consonne + voyelle) ; en français, les monosyllabes du type CV sont trois fois plus fréquents que ceux du type VC.
L'unité fondamentale de l'organisation prosodique est donc la syllabe. C'est la syllabe qui constitue la première étape du regroupement des segments dans la chaîne ; c'est elle, par ailleurs, qui porte les traits de hauteur, d'intensité et de durée sur lesquels se fondent les phénomènes prosodiques complexes (regroupement intonatif, contours, accentuation).
Il est donc possible d'étudier la structure phonématique des monèmes. Il existe une variété syllabique immense dans les monèmes du français : V (eau), CV (rat), CCV (trop), CVC (pâte), CVCC (porte), CVCCV (parti), CVCVC (salade), etc. Il n'y a pas de préference de l'ordre CV dans toutes les langues : tchèque CCC : vlk (« loup »), anglais CVCC : written (ritn), russe avec une panoplie de variantes.
Mais en générale, la syllabe se définit par la présence d'une voyelle (V) prononcée, avant et après laquelle se répartissent les consonnes (C). Le nombre de
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voyelles par syllabe est donc par définition limité à une seule, contrairement à celui des consonnes (ex. strict, [strikt] : une seule voyelle, cinq consonnes). Les syllabes appartiennent à deux types :
—syllabe ouverte (ou libre), de type (C) V ;
—syllabe fermée (ou entravée, ou couverte), qui comporte au moins une consonne finale : (C) VC.
La coupe syllabique se fait selon les principes suivants2 :
—une consonne isolée entre deux voyelles appartient à la syllabe qui suit ([o
-pe -ra]);
—quand deux consonnes se suivent à l'intérieur d'un même mot, l'appartenance de syllabe se décide en fonction des degrés d'aperture respectifs. La hiérarchie des degrés d'aperture est la suivante : le plus fermé comporte les occlusives ([p], [b], [t], [d], [k], [g]) ; puis les nasales ([m], [n] et [n]), puis les fricatives ([f], [v], [s], [z], [ſ], [3]) ; puis les liquides ([1] et [r]) ; puis les semivoyelles ([j], [w] et [ч]);
—quand la succession de consonnes est ouvrante (du plus au moins fermé), les deux consonnes font partie de la même syllabe (ex. [pa / tri]), alors que des consonnes dans une succession fermante (du moins au plus fermé) appartiennent à deux syllabes différentes (ex. [par / ti]).
A titre indicatif, Delattre a établi sur un corpus parlé la proportion des syllabes relevant de chaque type :
—syllabes CV : 53 %
—syllabes CVC : 17%
—syllabes CCV : 14 %
—syllabes VC : 2 %
—autres types : proportion inférieure à 2 %
Le regroupement des segments en syllabes contiguës est responsable des phénomènes phonétiques locaux que sont l'enchaînement et la liaison, importants facteurs de variation morphonologique.
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Enchaînement : si, dans un même groupe intonatif, un mot se termine par une consonne et que le mot suivant commence par une voyelle, la consonne finale a tendance à prendre appui sur la voyelle du mot suivant.
Conséquence de l'enchaînement, le découpage syllabique ne correspond pas au découpage en unités graphiques, qui respectent les frontières de mots :
J'ai mal à la main - [3e - ma - la - la - mã]
L'enchaînement, phénomène général, se distingue de la liaison, spécifique au français :
Liaison : dans certaines conditions, une consonne graphique finale de mot normalement « muette » peut devenir audible devant la voyelle initiale du mot suivant.
Les consonnes susceptibles d'intervenir dans la liaison sont : [t], [k], [v], [z], [n], [p], [R] ; leur forme phonétique peut différer de leur forme graphique :
a.s et x → [zl : les enfants [lezãfã] ; dix ans [dizã] ; d → [t] : grand ami [grãtami]
b.Voyelle nasale → dénasalisation de la voyelle [έ] →[εn], etc.) : moyen [mwajέ] →Moyen Age [mwajεna3] ; bon → bon enfant : [bonãfã].
Dans l'enchaînement, contrairement à la liaison, la consonne ne se modifie en
principe pas :
Grande amie [grãdami] (enchaînement), versus grand ami [grãtami] (liaison) à l'exception du [f] de neuf :
Ex. : Neuf enfants [nœfãfã] versus neuf heures [nœvœr], neuf ans [nœvã], (enchaînement)
Dans certains cas, il y a le choix entre enchaînement et liaison :
Ex. : C'est fort aimable [for (t) εmabl] ; toujours ici [tujur (z) isi]
En principe, plus le rapport syntaxique entre les unités est étroit, plus on fait de liaisons ; d'autre part, plus le niveau de langue est soutenu, plus on fait de
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