Analyse du texte et du lexique. Учебно-методическое пособие
.pdfmain forte; preter serment; ce rapport prete a la critique; elle se pretait a ce jeu; se preter aux circonstances.
Composez deux phrases – l’une avec le verbe emprunter, l’autre avec son antonyme – le verbe preter.
Débarrasser / Se débarrasser de
1.V. Tr. Avec pour complément un nom de chose.
2.V. Pron. Se défaire de ce qui gêne.
Traduisez du français. Débarrasser une armoire des vêtements usagés. Débarrasser la voie publique des véhicules mal garés. Elliptiquement. Débarrasser la cave. Débarrasser la table et, absolument, débarrasser, ôter les plats et les couverts qui s’y trouvent après le repas. Débarrassez le plancher! Allez-vous-en! Débarrasser un voyageur de sa valise. Débarrasser une personne de son manteau, de son chapeau ou, elliptiquement, la débarrasser, les lui prendre à son arrivée. Débarrasser quelqu’un d’un souci, d’une responsabilité. Débarrasser un ami d’un gêneur. Se débarrasser de ses bagages, de son sac, de son parapluie. Se débarrasser d’une obsession, d’une idée fixe.
Espace f.
1.Étendue continue et illimitée. Nous situons les corps et les mouvements dans l’espace. Le temps et l’espace.
2.Conception abstraite d’un milieu, dépourvue de tout contenu sensible.
3.Espace-temps, système résultant de la combinaison du concept d’espace géométrique à trois dimensions avec le concept du temps.
4.Intervalle entre deux points, deux lignes, deux corps.
5.Étendue définie avec plus ou moins de précision.
6.Volume déterminé. L’espace occupé par un meuble. Espace habitable. Une cuisine conçue comme un espace de vie.
7.Litt. Étendue des airs. Les appels des bergers résonnaient dans l’espace.
Apprenez les exemples: Un grand espace, un espace immense. Manquer
d’espace. Ménager l’espace. Réserver sur un mur un espace suffisant pour y accrocher un tableau. Espace mort, zone inaccessible aux tirs d’une arme à feu. Mesurer l’espace parcouru en une heure. D’espace en espace, de place en place, par places. Espace à une, deux dimensions. Espace à quatre dimensions. Espace courbe. Étudier les propriétés de l’espace.
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Traduisez en russe de français. L’étang occupe un vaste espace au milieu du parc. Les espaces vierges, les régions de la terre qui restent à découvrir. Espace vert, dans une agglomération, surface réservée à des plantations, à un parc, à un jardin public. Les espaces verts d’une grande cité. Espace aérien, zone de circulation aérienne sur laquelle un État exerce sa souveraineté et qui correspond au territoire compris entre ses frontières ainsi qu’à la zone maritime délimitée par ses eaux territoriales. Espace vital, étendue de territoire que revendique un pays, pour des raisons démographiques ou économiques. Surface qui est nécessaire aux individus d’un groupe, d’une espèce, pour vivre et se développer. L’espace entre deux arbres, entre deux bornes. Les quatre espaces d’une portée de musique, les quatre interlignes de la portée. L’espace-temps permet de situer un phénomène à la fois dans l’espace et dans le temps. L’espace à trois dimensions est celui de la géométrie euclidienne. La géométrie dans l’espace, à trois dimensions.
Decouvrir tr.
1.Dégarnir de ce qui couvrait.
2.Dégarnir de ce qui mettait à couvert, de ce qui protégeait.
3.Révéler, faire connaître ce qu’on tenait ou ce qui était tenu caché, secret.
4.Commencer d’apercevoir, entrevoir.
5.Trouver ce qui n’était pas connu, ce qui était resté ignoré, caché.
Apprenez les exemples. Découvrir une source, un trésor, une mine d’or.
Découvrir une terre nouvelle, un pays inconnu. Découvrir un talent, le révéler au public. Découvrir un artiste, un auteur. Découvrir quelqu’un du premier coup d’œil. Découvrir un paysage, une perspective. Découvrir son cœur, ses intentions. Découvrir ses jambes. Découvrir son jeu. Découvrir un pot, un plat, un panier. Se découvrir devant quelqu’un.
Traduisez du français. Il a commis l’erreur de se découvrir. Il se découvrit et encaissa un direct à la mâchoire. En se retirant, la cavalerie risquait de découvrir l’infanterie. Une robe qui découvre la gorge. Le ciel se découvre, se dégarnit de nuages, s’éclaircit. La mer découvre, se retire, et, par métonymie, ce banc découvre, émerge à marée basse.
Traduisez en français. Открыть бутылку; открыть кран; открыть всю правду; открыть (о научных открытиях); открыть памятник; от-
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крыть счет, кредит; открыть огонь, военные действия; открыть доступ; открыть глаза кому-либо на что-либо.
Traduisez du russe. Адекватность перевода, будь то художественного или научного, всегда обусловлена знанием «чужой» культуры. Проблема взаимоотношения языка и культуры традиционно включалась в сферу интересов языковедов, а в последние годы понятие «культура» приобретает все более широкую интерпретацию. Сейчас бытует расширенное объяснение, включающее все особенности исторических, социальных и психологических явлений, характерных для данного этноса, его традиции, ценности, взгляды, институты, поведение, быт, условия жизни – то есть все стороны его бытия и сознания. Окружающий мир, духовная жизнь и поведение людей отражаются в сознании человека, которые, в свою очередь, реализуются в языковых категориях и формах.
Исходя из того, что каждый язык создает своеобразную «языковую картину мира», что является одной из причин трудностей, возникающих при переводе, можно отметить, что структура языка действительно способна определять возможные пути построения сообщений, организуя определенным образом выражаемые мысли, порой навязывая говорящим обязательное употребление тех или иных форм. Но верно и то, что языковая форма высказывания не определяет однозначно содержание высказывания, выводимое на основе интерпретации значений составляющих его единиц, а служит лишь исходной базой для понимания глобального смысла. Один и тот же смысл может быть выведен из разных языковых структур, и, наоборот, одна и та же структура может служить основой для формирования и понимания сообщений.
Assoupir intr.
1.Endormir à demi.
2.Calmer, atténuer.
(s’) étirer intr.
1.V. Tr. Étendre, allonger par traction.
2.V. Pron. Présenter une certaine ductilité, une certaine élasticité.
Recuperer tr.
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1.Rentrer en possession de ce dont on n’avait plus la jouissance, dont on était temporairement privé ; recouvrer.
2.Collecter, recueillir ce qui a été abandonné, mis au rebut ou reste inemployé, pour en tirer parti.
3.Fig. Et péj. Détourner à son profit l’action d’une personne ou, plus souvent, d’un groupe politique, social.
Planquer tr.
1.V. Tr. Pop. Cacher, mettre à l’abri des objets de valeur, souvent acquis frauduleusement, ou des personnes qui sont recherchées.
2.V. Pron. Dans l’argot militaire. Obtenir un poste à l’abri du danger.
Coincer tr.
1.Serrer, fixer avec des coins.
2.Bloquer; mettre dans l’impossibilité de se mouvoir.
3.Fig. Et pop. Retenir ; mettre dans l’impossibilité de partir, de se dérober.
Errer intr.
1.Aller au hasard, marcher à l’aventure, sans but précis.
2.Class. S’écarter de la vérité, être dans l’erreur, se tromper.
Essayer intr.
1.Éprouver par l’usage ou par une expérimentation le fonctionnement d’un
appareil, l’efficacité d’un produit, les qualités d’un objet.
2.Faire usage pour la première fois, et pour l’éprouver, d’un objet, d’un produit, d’un appareil, etc.
3.Essayer de, suivi d’un infinitif. Tâcher de, faire un effort pour.
4.Pron. Mettre à l’épreuve ses capacités.
Traduisez du français en russe: 1. Nous avons débarrassé le grenier des objets inutiles. 2. Le brocanteur l’a débarrassé de ses vieux meubles. 3. Débarrassez-moi de cet importun! Il ne sait comment se débarrasser de ses créanciers. 4. La chaussée occupe l’espace libre entre les trottoirs d’une rue. 5. En écrivant, il faut ménager entre les mots un espace suffisant. 6. Un espace d’environ cinquante mètres nous séparait. 7. Le thème de l’espace vital était utilisé par l’Allemagne hitlérienne pour justifier sa volonté d’expansion territoriale. 8. Le malade s’est découvert en s’agitant dans son lit. Spécialement. Se découvrir, ôter
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son couvre-chef en signe de respect. 9. Le flanc du régiment était découvert. Une telle manœuvre découvrirait la frontière. 10. Il m’a découvert son secret. 11. Il est allé leur découvrir tout ce qu’il savait du complot. 12. Il s’est entièrement découvert à eux. 13. La vérité se découvre enfin. 14. Quand ils eurent navigué plusieurs semaines, ils découvrirent un cap. 15. On découvrit les vaisseaux de la flotte ennemie. 16. Du haut de cette montagne, on découvre une plaine verdoyante.
17.Pasteur a découvert le bacille du charbon. 18. Je crois avoir découvert l’homme qu’il nous faut. 19. Il s’est découvert un soudain intérêt pour l’astronomie, une passion pour la musique. 20. Étirer ses bras, ses jambes, les étendre pour décontracter ses muscles. 21. L’ascension des premières pentes a étiré le peloton. 22. Les athlètes ont deux jours pour récupérer avant la finale. 23. Les salariés devront récupérer la demi-journée non travaillée en raison de l’inventaire. 24. Il a travaillé dimanche et récupèrera sa journée dès que possible.
25.Ils ont planqué toute la nuit devant l’immeuble. 26. Le dossier était coincé au fond du tiroir. 27. Les portières du véhicule étaient coincées. 28. Le mécanisme s’est coincé. 29. Je suis coincé et bien obligé d’en passer par là. 30. Un bateau qui erre sur les flots. Les nuages erraient dans le ciel, au gré du vent. 31. Son regard erra sur l’assistance. 32. La négociation coince, elle achoppe. 33. Les touristes, désœuvrés, errent dans la ville. 34. Il m’a coincé entre deux portes pour me raconter ses malheurs. 35 On l’a coincé en flagrant délit, on l’a arrêté. 36. Il faut conclure, même au risque d’errer. 37. Il erre dans ses conclusions, ses conclusions sont erronées, fautives. 38. Selon Rousseau, la volonté générale ne saurait errer.
Apprenez les exemples. Errer par la campagne. Errer parmi les bois. Errer comme une âme en peine. Laisser errer ses pensées. Laisser errer son imagination. Un homme coincé. Un air coincé. Coincer une voiture contre le trottoir. À cause de l’humidité, le tiroir coince. Coincer des rails. Coincer une pièce entre les mâchoires d’un étau. Étirer un élastique. Étirer du verre, un métal. Banc à étirer.
Revoyez la distinction entre les verbes utiliser, user; se servir de, profiter de. Traduisez en français: 1. Мальчик прибегал к уверткам, чтобы скрыть свои плохие отметки. 2. Как вы использовали свои свободные дни?
3.Каким словарем вы пользуетесь? 4. Как вы используете эту площадку? 5. Он воспользовался возможностью пойти на выставку.
Apprenez la construction être sur le point de
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Apprenez la construction venir chercher / aller chercher
Faites attention à l’emploi des verbes allonger et rallonger. Allonger une barre de fer en la forgeant. Cette corde s’est allongee. Ce rideau est trop court, il faut le rallonger. Rallonger une jupe, une table, les jours allongent.
Texte Supplémentaire
Depuis quelques jours elle commence à sortir de sa chambre, s’intéresse à ce qui se passe dans la maison. Elle a proposé à ma mère de faire les courses, de descendre les poubelles, de participer à la préparation des repas. Elle laisse sa porte ouverte, fait son lit, range la cuisine, passe l’aspirateur, regarde les matches de foot avec nous à la télévision. Elle sort un peu dans la journée, ne revient jamais plus tard que dix-neuf heures.
Quand je rentre du lycée elle me rejoint, s’allonge sur la moquette pendant que je fais mes devoirs, feuillette un magazine ou une bande dessinée, ou bien elle reste là, les yeux grands ouverts, étendue sous le ciel factice de ma chambre, constellé d’étoiles phosphorescentes, j’observe sa poitrine se soulever au rythme de sa respiration, j’essaie de lire sur son visage le chemin de ses pensées, mais rien n’est visible, jamais rien.
À table elle observe comment je mange, je vois bien qu’elle fait des efforts pour ne pas commettre d’impair, elle ne met pas ses coudes sur la table, elle se tient droite, elle cherche dans mon regard une approbation, je suis sûre qu’on ne lui a jamais appris comment il fallait tenir sa fourchette ou son couteau, qu’il ne faut pas saucer avec le pain, couper la salade et tout, je ne suis pourtant pas un modèle du genre, même si ma grand-mère veut absolument m’apprendre les bonnes manières quand je vais chez elle en vacances. L’autre jour j’ai raconté à No la fameuse histoire qui m’est arrivée l’été dernier chez ma tante Yvonne, qui est la soeur de ma grand-mère et qui a épousé le fils d’un vrai Duc et tout. Ma grandmère m’avait emmenée boire le thé là-bas, pendant trois jours elle m’avait fait des tas de recommandations, m’avait acheté une robe affreuse pour la circonstance, dans la voiture m’avait délivré ses ultimes conseils, et puis nous nous étions garées devant la belle maison. Yvonne avait fait elle-même des petites madeleines et des tuiles aux amandes. Je buvais mon thé avec le petit doigt en l’air, ça ne semblait pas plaire beaucoup à ma grand-mère mais j’étais assise comme elle m’avait
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montré, du bout des fesses sur le canapé de velours, jambes serrées mais pas croisées, c’était quand même assez compliqué de manger les gâteaux avec la tasse et la soucoupe dans la main sans faire tomber des miettes sur le tapis. À un moment j’ai voulu faire un petit frais (comme dit ma grand-mère), ce n’était pas facile de prendre la parole dans une ambiance aussi solennelle, mais je me suis lancée. Je voulais dire: Tante Yvonne, c’est délicieux. Je ne sais pas ce qui s’est passé, un genre de court-circuit dans le cerveau, j’ai pris une grande respiration et j’ai dit calmement, en articulant bien:
– Tante Yvonne, c’est dé-gueu-lasse.
No a tellement ri quand je lui ai raconté. Elle voulait savoir si je m’étais fait engueuler. Mais tante Yvonne a bien compris qu’il y avait eu un problème de connexion, ou que c’était l’émotion, elle a eu juste un petit rire, comme une toux.
C’est comme si No avait toujours été là. De jour en jour nous la voyons reprendre des forces. Nous voyons son visage changer. Et puis sa façon de marcher. Nous la voyons relever la tête, se tenir droite, laisser son regard s’attarder.
Nous l’entendons rire devant la télévision et fredonner dans la cuisine des chansons qui passent à la radio.
No est chez nous. Dehors l’hiver est venu, dans la rue les gens marchent vite, laissent retomber derrière eux les portes lourdes des immeubles, composent des codes, appuient sur des boutons d’interphone et font tourner leur clé dans les serrures.
Dehors des femmes et des hommes dorment enfouis dans des sacs de couchage ou sous des cartons vides, au-dessus des bouches de métro, sous les ponts, ou à même le sol, dehors des femmes et des hommes dorment dans les recoins d’une ville dont ils sont exclus. Je sais qu’elle y pense parfois, mais nous n’en parlons pas. Je la surprends le soir, le front collé à la vitre, elle regarde la nuit et je ne sais rien de ce qui défile dans sa tête, je ne sais rien. Axelle Vernoux s’est fait couper les cheveux très court, avec une mèche plus longue et plus claire devant, c’est l’attraction du jour, elle rit avec Léa sous le préau, elles sont entourées de garçons, le ciel est bleu, le froid glacial. Ce serait plus simple si j’étais comme elles, si j’avais des jeans moulants, des bracelets porte-bonheur, des soutiens-gorge et tout. Mais bon.
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Unité 2
Analyse du texte Poulets grillées
Sophie Hénaff est une journaliste, romancière et traductrice française. Figure emblématique du journal Cosmopolitan, elle est responsable de la
rubrique humoristique «La Cosmoliste». Elle a fait ses armes dans un café-théatre lyonnais (L’Accessoire) avant d’ouvrir avec une amie un «bar à cartes et jeux de sociétés», le Coincoinche, puis, finalement, de se lancer dans le journalisme.
«Poulets grillés», paru en 2015, est son premier roman, et conte une enquête menée par une brigade composée d’éléments indésirables de la police. Il a reçu le prix Arsène Lupin, le prix Polar en séries et le Prix des Lecteurs-Le Livre de Poche 2016 .
En 2016 est publié «Rester groupés», la suite des aventures de la brigade parisienne dont on a fait la connaissance dans «Poulets grillés» et le troisième volet de la série «Art et Décès» en 2019.
Lecture analytique d’après S. Hénaff, Poulets grillées
Buron s’était levé pour l’accueillir. Le cheveu et la barbe étaient gris, coupés à la militaire, et entouraient un visage de basset artésien. Il promenait en permanence un regard affable, presque triste, sur le monde alentour. Il dépassait Capestan, pourtant déjà grande, d’une bonne tête. En largeur, il la dépassait d’un bon ventre. Malgré cette allure bonhomme, Buron dégageait une autorité avec laquelle personne ne plaisantait. Capestan lui sourit et tendit le livre de Wolfe. Elle avait écorné la couverture et une moue de contrariété passa sur le visage du directeur. Sans comprendre qu’on attache une telle importance aux objets, Capestan lui dit qu’elle était désolée. Il n’en pensait pas un traître mot, mais répondit que ce n’était rien, voyons.
Derrière Buron, installés dans de larges fauteuils, elle reconnut Fomenko, ancien patron des Stups, devenu directeur régional adjoint, et Valincourt, passé de la direction de la Crim à celle des Brigades centrales. Capestan se demanda ce que ces pointures attendaient là. Au vu de ses derniers états de service, la perspective
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d’un recrutement paraissait peu probable. Le visage aimable, elle s’installa face au triumvirat des seigneurs de la police et attendit le verdict.
–J’ai une bonne nouvelle, lança Buron. L’enquête de l’IGS est bouclée, votre mise à pied prend fin, vous êtes réintégrée. L’incident ne sera pas porté à votre dossier.
Un immense soulagement libéra Capestan, elle sentit la joie qui commençait à courir dans ses veines et lui enjoignait de sortir pour fêter ça. Elle s’efforça néanmoins de rester concentrée. Buron reprenait:
–Votre nouvelle affectation prend effet en septembre, on vous confie une
brigade.
Pour le coup, Capestan tiqua. Qu’on la réintègre était inattendu, qu’on lui confie des responsabilités devenait suspect. Un détail dans le discours de Buron sonnait comme le craquement des phalanges précédant la gifle.
–À moi ? Une brigade ?
–Il s’agit d’un programme particulier, expliqua Buron, l’oeil vague. Dans le cadre de la restructuration de la police visant à optimiser le rendement des différents services, une brigade annexe a été créée. Elle sera directement placée sous mon autorité et regroupera les fonctionnaires les moins orthodoxes.
Buron débitait son laïus, pendant que ses acolytes s’ennuyaient ferme. Fomenko étudiait sans passion la collection de médailles anciennes dans la vitrine de Buron. De temps en temps, il passait la main dans ses cheveux blancs, tirait sur le bas du gilet de son costume ou contemplait le bout de ses santiags. Sa chemise aux manches retroussées laissait paraître des avant-bras velus dont la puissance rappelait qu’au moindre coup de pogne, Fomenko pouvait vous décrocher les mandibules. Valincourt, lui, tripotait sa montre argentée avec l’envie manifeste de l’avancer. Il avait la silhouette sèche, les traits anguleux et le teint sombre. Son profil de chef indien semblait abriter une âme à mille réincarnations. Il ne souriait jamais et arborait en permanence cet air revêche de Sa Majesté qu’on importune. Il devait sûrement réserver son attention à des considérations plus élevées, une vie plus nette. Les simples mortels hésitaient à le déranger. Capestan décida d’abréger leurs souffrances à tous.
–Et concrètement?
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La désinvolture du ton déplut à Valincourt. Tel un oiseau de proie, il pivota brusquement sur l’axe de son cou, révélant un nez busqué et tranchant. Il interrogea Buron du regard, mais il en fallait davantage pour émouvoir le directeur. Buron consentit même à sourire en se calant au fond de son fauteuil.
–Très bien, Capestan, je vous résume la chose: on nettoie la police pour faire briller les statistiques. Les alcoolos, les brutes, les dépressifs, les flemmards et j’en passe, tout ce qui encombre nos services mais qu’on ne peut pas virer, on le rassemble dans une brigade et on l’oublie dans un coin. Sous votre commandement. En septembre.
Capestan se garda de toute réaction. Elle tourna son visage vers la fenêtre et examina un instant les reflets bleus qui jouaient sur le double vitrage. Elle poursuivit avec les fines vaguelettes de la Seine qui miroitaient sous un ciel clair, laissant son cerveau distiller l’essence du discours hiérarchique.
Un placard. Tout simplement. Très grand modèle. Une poubelle, plutôt. Une unité de répudiés, la poulaille honteuse du département, tous unis dans une benne à ordures. Et elle était la cerise sur le radeau, la chef.
–Pourquoi le commandement?
–Vous êtes la seule au grade de commissaire, fit Buron. Il faut croire que, d’ordinaire, les pathologies se déclarent avant les concours.
Capestan aurait parié que cette brigade était une idée de Buron. Ni Valincourt ni Fomenko ne semblaient approuver le programme. L’un par mépris, l’autre par indifférence. Tous deux avaient d’autres choses à faire, cette histoire les retardait.
–Qui dans l’équipe? demanda Capestan.
Buron hocha le menton et se pencha pour ouvrir le dernier tiroir de son bureau. Il en extirpa une chemise épaisse qu’il lâcha sur son sous-main, un maroquin en cuir vert bouteille. Rien n’était inscrit sur la couverture de la chemise. Brigade anonyme. Le directeur ouvrit le dossier et, parmi les différentes paires de lunettes alignées sous la lampe, il choisit celles à monture d’écaille. Selon qu’il souhaitait se donner l’air rassurant, moderne ou sévère, Buron variait bses bésicles. Il démarra sa lecture.
– Agent Santi, en congé maladie depuis quatre ans, capitaine Merlot, alcoolique…
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