Французский язык для обучающихся по направлениям подготовки «Филология», «Педагогическое образование». Учебное пособие
.pdfLES TRANSFORMATIONS DANS LA VIE SOCIALE...
3.14. Traduisez le texte par écrit.
LE STYLE DE VOLTAIRE
Voltaire sait donner des choses la vue qu’il en a, claire et précise. Il excelle à exposer des faits historiques; à démontrer, à dégager des causes et des raisons; à réunir des arguments, à introduire une conclusion. Pour atteindre à cette clarté, il renonce à la période oratoire; ses phrases sont courtes, nettement coupées, sans articulations lourdes et peu chargées en épithètes: «Tout le monde, dans la province de Candhahar, connaît l’aventure du jeune Rustan. Il était fils unique d’un mirza du pays; c’est comme qui dirait marquis parmi nous, ou baron chez lesAllemands. Le mirza, son père, avait un bien honnête. On désirait marier le jeune Rustan à une demoiselle ou mirzane de sa sorte. Les deux familles le désiraient passionnément. Il devait faire la consolation des ses parents, rendre sa femme heureuse, et l’être avec elle» (Voltaire). La sobre perfection du style se pare de tous les charmes de l’esprit [La littérature française du XVIIIe siècle, 1998].
3.15. Lisez le texte sans dictionnaire.
L’ÉVOLUTION DES GENRES LITTÉRAIRES
Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, les grands écrivains apparaissent tous formés à l’école du classicisme; et les genres traditionnels, tragédie, comédie, roman, connaissent encore la vogue. Ces genres, pourtant, évoluent. Marivaux se libère de la tradition de Molière et crée une formule nouvelle de comédie en donnant la première place à l’analyse nuancée des sentiments amoureux. Le sage introduit dans le roman des intentions satiriques; Marivaux et l’abbé Prévost mêlent des traits d’observation contemporaine à l’étude des sentiments et des passions. Enfin, la réflexion morale change de caractère avecVauvenargues, qui, s’opposant aux penseurs dusiècleprécédent,formulelesprincipesd’unesagessetouthumaine,fondée sur le culte de l’action et la confiance dans la nature [La littérature française du XVIIIe siècle, 1998].
3.16.Faitesunrapportoralsurlaconditiondesécrivainsetl’évolution des genres littéraires au XVIIIe siècle.
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MODULE IV
LAPENSÉE MORALE. VAUVENARGUES (1715-1747)
Les exercices de préparation à la lecture des textes
4.1. Retenez les mots et les expressions suivants.
seconder − способствовать viril − мужественный désastre (m.) − бедствие petite vérole (f.) − оспа s’abstenir − воздерживаться emphase (f.) − напыщенность
étayer − поддерживать
se circonscrire − ограничиваться
plénitude (f.) − изобилие stoïcien − стоический
discerner − различать ingénuité (f.) − наивность exalter – возбуждать, обострять sobriété (f.) − сдержанность autodidacte (m.) − самоучка dense (перен.) − краткий sérénité (f.) − безмятежность dévouement (m.) −
самопожертвование concis − лаконичный mièvre − слащавый
4.2. Traduisez les séries de mots.
Accomplir une brillante carrière; seconder son mérite; de bonne heure; l’amour de la gloire; une virile énergie; exalter son imagination; toucher son cœur; assister à un nouveau désastre; la fragilité de la santé; l’écroulement de tous les rêves; en tête des œuvres.
Отглагольные существительные мужского рода со значением действия или результата действия образуются с помощью суффикса -ment (-ement), присоединяемого к основе глагола. Par exemple, amender (улучшать) → amendement (улучшение).
4.3. Formez les noms des verbes suivants à l’aide du suffixe -ment (-ement).
Accomplir, assouplir, balancer, changer, développer, dévouer, s’écrouler, juger, ralentir, sentir, attacher, détacher, tourmenter.
4.4. Traduisez les phrases.
1. Cette liberté de ton et de mouvement donne beaucoup d’attrait à sa critique.
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LA PENSÉE MORALE. VAUVENARGUES
2.La raison était pas distincte, chez Boileau, du sentiment: c’était son instinct.
3.Il condamne les ornements trompeurs et se méfie de l’éloquence.
4.Il trouve parfois des formules saisissantes qui définissent un tempérament et illuminent une œuvre.
5.Chénier avait suivi, de Londres, les premiers événements révolutionnaires.
6.Cette éthique se construit dans le cadre de la lutte pour la liberté d’expression et l’avènement d’un régime de liberté de presse.
7.Au-delà des thèmes conventionnels, les poètes romantiques revendiqueront un assouplissement de l’expression versifiée.
8.Le roman va devenir le genre dominant par sa diffusion massive entretenueparl’instructionpubliquecroissanteainsiqueparledéveloppement de la presse et des feuilletons dans la deuxième moitié du siècle.
9.Certains auteurs comme Flaubert ou Maupassant ne veulent pas appartenir à un mouvement précis.
10.Elle aime le vol, le cri des mouettes qui envahissent le port, le balancement de ses voiliers.
4.5.Formez les noms à partir des verbes donnés et traduisez les phrases.
Accomplir, changer, dévouer, écrouler, juger.
1.La petite vérole ruine pour toujours sa santé: c’est ... de tous ses rêves.
2.Les ... de société sont importants tout au long du siècle.
3.Vauvenargues ne réussit pas ... d’une brillante carrière.
4.Les ... sur les écrivains du XVIIe siècle, qu’il sema dans ses «Réflexions et Maximes», étaient bien connus.
5.Ainsi Vauvenargues propose un idéal d’héroisme et de ... .
4.6. Lisez et traduisez le texte avec un dictionnaire.
Vauvenargues aurait pu accomplir une brillante carrière, si la chance avait secondé son mérite. Il voulait devenir un grand capitaine; mais l’occasion de s’illustrer lui fit défaut et la maladie ruina son beau projet. Il se consacra alors à la méditation solitaire. Ses «Réflexions et Maximes» attestent son amour de la gloire, qu’il ne put satisfaire, son goût pour la vie active, que le destin contraria, sa virile énergie, qui le soutint jusqu’à ses derniers moments.
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MODULE IV
Luc de Сlapiers, Marquis de Vauvenargues, conçut de bonne heure le dessein de vivre une existence glorieuse. Il possédait une noble ambition, fondée sur la conscience de son mérite et de ses ressources. A seize ans, la lecture de Plutarque exalte son imagination et touche son cœur. Lorsque, deux ans plus tard, il entre comme sous-lieutenant dans l’armée, il rêve de figurer dans l’histoire au rang des grands capitaines.
La vie militaire le déçoit.Après s’être distingué en Italie, il doit reprendre une monotone vie de garnison; en 1741, il retourne au combat en Bohême; mais, au cours de la pénible retraite qui termine cette campagne, il tombe malade et on doit le rapatrier, les deux jambes gelées. En 1743, il franchit encore le Rhin, assiste à un nouveau désastre et éprouve la fragilité de sa santé. En 1744, le capitaine de Vauvenargues doit donner sa démission de l’armée.
Vauvenargues songe un moment à s’illustrer dans la carrière diplomatique; mais comme on se décide enfin à accueillir sa demande, la petite vérole ruine pour toujours sa santé: c’est l’écroulement de tous ses rêves. Il se résigne avec mélancolie à son sort: installé à Paris, il révise les notes qu’il a prises, approfondit les réflexions qu’il a faites. Il a renoncé à toute ambition et s’abstient même de faire figurer son nom en tête des œuvres qu’il publie en 1746, un an avant de mourir [La littérature française du XVIIIe siècle, 1998].
4.7. Terminez les phrases.
1. Vauvenargues conçut de bonne heure le dessein de … . 2. À seize ans, la lecture de Pultrarque … .
3. Deux ans plus tard il entre … .
4. En 1744, le Capitaine de Vauvenargues doit … . 5. Vauvenargues songe un moment à … .
6. Il aurait pu accomplir une brillante carrière si … .
7. Ses «Réflexions et Maximes» attestent son amour … .
4.8. Faites un résumé de la biographie de Vauvenargues en le nommant «Les étapes d’un cruel destin» suivant le plan ci-dessous.
1.Le rêve de gloire (1715-1733).
2.Les désillusions du métier militaire (1733-1744).
3.L’acceptation des disgrâces (1744-1747).
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LA PENSÉE MORALE. VAUVENARGUES
4.9. Lisez et traduisez le texte avec un dictionnaire.
LES RÉFLEXIONS D’UN NOBLE GÉNIE Vauvenargues avait dû interrompre ses études à cause de sa santé; il se
cultiva seul. Les jugements sur les écrivains du XVIIe siècle qu’il sema dans ses «Réflexions et Maximes» ou réunit dans ses «Réflexions sur quelques poètes» attestent l’originalité de sa pensée. Vauvenargues juge les auteurs en toute indépendance d’esprit. Il n’a pas le dogmatisme de Boileau et montre un goût plus personnel que celui de La Bruyère. Sa simplicité naturelle le rend hostile à l’emphase qu’il croit discerner chez Corneille; sa délicatesse est heurtée par les sujets «trop bas» de Molière; au contraire, il est attiré par l’ingénuité de Fénelon, et ses éloges coulent en effusion: «Quelle bonté de Cœur, quelle sincérité se marque dans tes écrits! Quel éclat de paroles et d’images! Ah! que de trésors d’abondance dans ta riche simplicité!» Cette liberté de ton et de mouvement donne beaucoup d’attrait à sa critique.
En même temps, Vauvenargues est habile à pénétrer dans son originalité profonde le mérite d’un écrivain, à découvrir sa faculté maîtresse, à noter le trait dominant de son génie: «Corneille a éminemment la force, Boileau la justesse, La Fontaine la naïveté, Molière les saillies et la vive imitation de la nature ...». Il trouve parfois des formules saisissantes qui définissent un tempérament et illuminent une œuvre; «La raison était pas distincte, chez Boileau, du sentiment: c’était son instinct». Il nuance ses remarques avec un sens très vif de la subtilité psychologique: «on admire, écrit-il à propos de La Fontaine, qu’un esprit si fin ait été en même temps si naturel». Il excelle à embrasserenuncoupd’œiluniquedestalentsdifférents,qu’iléclairel’unpar l’autre: «La Bruyère était un grand peintre; il n’était peut-être pas un grand philosophe. Le duc de la Rochefoucauld était philosophe, mais n’était pas un peintre». Il n’est pas moins habile à conduire une étude un peu longue, et son parallèle entre Corneille et Racine peut compter parmi ses meilleures pages. Dans l’ensemble de ses jugements, Vauvenargues a célébré la profondeur, la sobriété, l’honnêteté du génie français au XVIIe siècle; par la délicatesse de son goût et la sûreté de son instinct, cet autodidacte découvrait l’esprit du classicisme [La littérature française du XVIIIe siècle, 1998].
4.10. Répondez aux questions.
1.Pourquoi Vauvenargues a dû interrompre ses études?
2.Pour quelle raison on l’appelle l’autodidacte?
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MODULE IV
3.Comment peut-on caractériser ses réflexions?
4.Quels traits de méditations sont propres à Vauvenargues?
5.Dans l’ensemble de ses jugements qu’est-ce qu’il célèbre le plus?
4.11. Traduisez les phrases en déterminant le sens du verbe russe «пережить» rendu par les verbes «éprouver», «endurer», «supporter», «survivre».
1.Il éprouvait comme le sien le malheur d’autrui.
2.Elle résume ainsi sa vie, hochant la tête: «J’ai enduré bien du mal».
3.Il a tout supporté: faim, soif, manque d’argent.
4.J’ai toujours trouvé dans l’étude quelque noble raison de supporter patiemment mes peines.
5.Je viens d’avoir l’image d’un vieil homme de lettres qui a survécu à la génération dont il fut un brillant représentant.
6.Charles IX ne survécut pas longtemps aux horreurs de la SaintBarthélemy.
4.12. Faites une traduction du texte par écrit.
L’ÉCRIVAIN
Au service d’une pensée pénétrante et noble, Vauvenargues mettait d’éminentes qualités d’écrivains. Son mérite tient à la netteté concise de sa langue et à la fraîcheur de ses images.
Vauvenargues cultive cette netteté qu’il définit comme «le vernis des maîtres». Selon lui, «l’obscurité est le royaume de l’erreur»; d’accord avec Boileau et La Bruyère, il estime que toute pensée juste et profonde doit être exprimée simplement. Il se préoccupe surtout de définir les termes avec rigueur, de les employer avec discernement; et le mérite de l’idée frappe d’autant plus que l’expression est plus dépouillée et plus sobre: «La guerre est moins onéreuse que la servitude»; «On ne peut être juste si on n’est pas humain». Il condamne les ornements trompeurs et se méfie de l’éloquence. Ses maximes les plus réussies sont celles qui éveillent en quelques mots tout un monde de réflexions, grâce à un rapprochement de termes inattendu, mais profondément réfléchi: «Non plus sûrs protecteurs sont nos talents»; «L’art de plaire est l’art de tromper».
Parfois, cependant, Vauvenargues, suivant la pente d’un naturel aimable, rehausse ses maximes d’images qui le rapprochent de Fénelon, plutôt que
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LA PENSÉE MORALE. VAUVENARGUES
du pur usage classique. Il lui arive même de paraître mièvre, au jugement de Voltaire: «Les premiers jours du printemps ont moins de grâce que la vertu naissante d’un jeune homme»; «Les feux de l’amour ne sont pas si doux que lespremiersregardsdelagloire».Sesimpressionsnaissentd’uneimagination fraîche et qui demeure toujours guidée par une réflexion psychologique ou morale.
Vauvenargues vécut en indépendant; et on fausserait le sens de son œuvre si l’on prétendait l’expliquer par l’influence exclusive d’une école. Par son goût, il est un hérirtier du classicisme. Par sa doctrine morale, il se rattache à l’humanisme du XVIIIe siècle: comme Voltaire, il exalte la justice et fait confiance à l’homme. Quelques-unes de ses idées, enfin, le font apparaître comme un précurseur: hostile au scepticisme mondain, à la frivolité, à l’ironie, à la raison implacable et sèche, ardent à exalter les mouvements de l’instinct, les élans de la passion et la bonté de la nature, il fait parfois songer à Rousseau. Comme plupart des romantiques, il fut hanté par le désir de vivre une destinée singulière; enfin, par son culte de l’action et de l’énergie, il s’apparente aux héros stendhaliens [La littérature française du XVIIIe siècle, 1998].
4.13. Faites une traduction du texte par écrit.
LE MORALISTE
Pour Vauvenargues, l’observation psychologique n’a pas sa fin en ellemême: elle doit déceler «l’origine des principales erreurs» et ainsi étayer une doctrine morale. Faute de temps, il s’est borné à consigner dans ses «Réflexions et Maximes» des remarques particulières. Ces remarques suffisentcependantàluidonnerunefigureoriginale,parrapportauxpenseurs du siècle précédent.
Dieu est absent des «Réflexions et Maximes». Vauvenargues n’est pas hostile à la religion, mais il ne pratique pas et il proscrit toute préoccupation métaphysique; c’est perdre son temps que de discuter sur «l’immortalité de l’âme,surl’essencedescorpsetdesesprits,surlemouvement,surl’espace...
Il vaut mieux s’attacher à des choses vraies, instructives et profitables, qu’à ces grandes spéculations dont on ne peut rien conclure de raisonnable et de décisif». Sa morale est toute terrestre et se circonscrit dans les limites mêmes de la vie. Si la sagesse chrétienne consiste essentiellement à se préparer à la mort, celle de Vauvenargues consiste, au contraire, à n’y pas songer, afin de
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MODULE IV
vivre avec plénitude: «Pour exécuter de grandes choses, il faut vivre comme si on ne devait jamais mourir»; «La pensée de la mort nous trompe, car elle nous fait oublier de vivre».
Vauvenargues écarte aussi la doctrine stoïcienne, qui présente l’avantage de proposer une sagesse tout humaine, mais qui fait trop de crédit à la raison. À son avis, la raison «nous trompe plus souvent que la nature»; elle conseille souvent un peu de glorieuse prudence, alors que «les grandes pensées viennent du cœur». Nous trouvons dans notre cœur «les sémences de bonté et de justice»; nous y trouvons aussi le germe de passions fécondes: «Aurionsnous cultivé les arts sans les passions, et la réflexion toute seule nous auraitellefaitconnaîtrenosressources?»L’amour,l’ambitiondeshonneurs,ledésir de la gloire ne sont pas pour Vauvenargues les manifestations d’un fâcheux égoïsme, ni les faiblesses dangereuses qui troublent la sérénité intérieure, mais de précieux moteurs pour l’activité humaine.
Au gré de Vauvenargues, l’action est la loi même de la vie: «Plus nous agissons, plus nous produisons, plus nous vivons». L’homme a besoin d’elle pour être heureux; et «il n’est pas de plus doux plaisir que le fruit du travail». Aussi la plus précieuse des facultés humaines est-elle la volonté; et la première des vertus, le courage, qui est la mesure de la grandeur d’âme.Ainsi Vauvenarguesproposeunidéald’héroismeetdedévouement;ilrecommande, pour y atteindre, de suivre les généreuses impulsions de l’instinct. Les phiposophes ont vainement rempli leurs ouvrages «d’invectives contre la nature». L’homme n’est pas déchu, comme le pense Pascal, ni gâté par les passions, comme le croient les stoïciens, ni corrompu par l’amour-propre, comme le prétend La Rochefoucauld; il mérite qu’on lui «restitue toutes ses vertus». Vauvenargues s’y est employé: par son robuste optimisme, il réconcilie l’homme avec lui-même et avec la vie [La littérature française du XVIIIe siècle, 1998].
4.14. Lisez sans dictionnaire l’article donné d’un célèbre critique français et résumez-le.
LE COMMENTAIRE DE MAURICE TOESCA
La littérature française compte quelques moralistes qui ont conquis la gloire universelle: Montaigne, Pascal, La Bruyère, La Rochefoucauld et d’autres qui sont restés au plan plus restreint du registre français proprement dit − Chamfort, Joubert, Forneret. On a tendance à négliger ces moralistes en
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LA PENSÉE MORALE. VAUVENARGUES
les entourant d’une considération toute scolaire. Mais, à les relire on éprouve un plaisir! Comme le disait Pascal, on est souvent étonné, «car on s’attendait à voir un auteur et on trouve un homme».
Tel fut mon sentiment après avoir lu les deux volumes des Œuvres complètes de Vauvenargues» (Hachette, 1968) qu’Henry Bonnier a présentées d’une façon très originale: «Vauvenargues, dit-il, n’a rien fait que de vivre, c’est-à-dire d’entrer dans un destin et de l’assumer ensuite jusqu’au bout, porté par quelques vertus qu’il avait tirées de sa propre substance ...». Cette étude a valu à Henry Bonnier le grand prix de la Critique littéraire de l’Académie française, qui a certainement voulu marquer ainsi la qualité d’un essai et l’importance de Vauvenargues dans notre littérature.
Et comment ne pas être touché par ces lignes d’une lettre de Voltaire, adressée à Vauvenargues: «Je vais lire vos portraits. Si jamais je veux faire celui du génie le plus naturel, de l’homme du plus grand goût, de l’âme la plus haute et la plus simple, je mettrai votre nom en bas». Oui, comment ne pas être ému par un tel éloge, venant du philosophe le plus célèbre de son temps, quinquagénaire égrotant, écrit en mai 1747 pour un homme de trente-deux ans dont il ne soupçonnait pas qu’il était aux portes de la mort? Dans le tome II de ces «Œuvres complètes», Henry Bonnier a fait place aux «Réflexions et Maximes», très judicieusement numérotées et classées de 1 à 945. De quoi lire ... et relire, d’autant plus que la plupart d’entre elles suscitent en chaque lecteur des réactions personnelles. Vauvenargues l’avait prévu puisqu’il notait: «Peu de maximes sont vraies à tous égards».
Sa modestie ne doit pas égarer, mais plutôt nous faire songer à la formule de Pirandello: «À chacun sa vérité» [La littérature française du XVIIIe siècle, 1998].
4.15. Lisez et traduisez les citations tirées de «Réflexions et Maximes» de Vauvenargues.
La clarté orne les pensées profondes. La prospérité fait peu d’amis.
Avant d’attaquer un abus, il faut voir si on peut ruiner ses fondements. Les orages de la jeunesse sont environnés de jours brillants.
Il est faux qu’on ait fait fortune lorsqu’on ne sait pas en jouir.
Il n’est pas vrai que les hommes soient meilleurs dans la pauvreté que dans les richesses.
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MODULE IV
Il faut entretenir la vigueur du corps pour conserver celle de l’esprit.
Il n’y aurait pas beaucoup d’heureux, s’il appartenait à autrui de décider de nos occupations et de nos plaisirs.
Les grandes pensées viennent du cœur.
Pour exécuter de grandes, il faut vivre comme si on ne devait jamais mourir.
Les conseils de la vieillesse éclairent sans échauffer, comme le soleil de l’hiver.
La dépendance est née de la société.
Les faibles veulent dépendre, afin d’être protégés: ceux qui craignent les hommes aiment les lois.
Qui sait souffrir peut oser. La patience est l’art d’espérer.
Est-il contre la raison ou la justice de s’aimer soi-même? Et pourquoi voulons-nous que l’amour-propre soit toujours un vice?
L’humanité est la première des vertus.
La vertu ne peut faire le bonheur des méchants.
Il y a des hommes qui vivent heureux sans le savoir [La littérature française du XVIIIe siècle, 1998].
4.16. Ayant lu quelques articles consacrés à la vie et à l’œuvre de Vauvenargues et ayant fait connaissance avec ses «Réflexions et Maximes», faites un rapport oral à ce sujet.
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