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MODE. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»

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418. Emploi du passé antérieur en proposition subordonnée

Le passé antérieur se rencontre presque exclusivement dans les propositions subordonnées circonstancielles de temps. En plus de sa valeur d’aspect, il sert à établir une chronologie et évoque un procès antérieur à celui qu’évoque le reste de la proposition principale:

Tous deux s’étant trouvés différents pour la cure, Leur malade paya le tribut à nature

Après qu’en ses conseils Tant-Pis eut été cru.

(La Fontaine)

REMARQUE. Dans ces phrases complexes, le passé antérieur peut être mis en relation avec un verbe principal:

1. au présent:

Après qu’il eut brouté, trotté, fait tous ses tours, Janot Lapin retourne aux souterrains séjours.

(La Fontaine)

2. au passé défini:

Lorsque Falconet eut vu le buste de son élève, il prit un marteau et cassa le sien devant elle.

(Diderot)

3. au passé indéfini:

AprèsqueJacquesfutreparti,jemesuisagenouilléprèsd’Amélie.

(A. Gide)

4. au plus-que-parfait de l’indicatif:

Longtemps après qu’il eut refermé la porte, Thérèse était demeurée étendue.

(F. Mauriac)

LE FUTUR

419. Définition

1. Dans la série des temps de l’indicatif, le futur est une forme symétrique de celles qui servent à situer un procès dans le passé (passé défini dans la langue écrite; passé indéfini dans la langue parlée). Par son moyen on situe un procès dans l’avenir:

Fidèle? Je l’ai été (ou je le fus) et je le serai toujours.

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2. L’avenir qu’engage le futur se détermine:

a) soit à partir du présent actuel du locuteur au moment où celui-ci s’exprime:

Descends par cet escalier. Il donne dans une des cours du palais Negroni. Il te sera aisé de t’évader par là.

(V. Hugo) b) soit à partir d’un présent historique, antérieur à celui du narra-

teur au moment où celui-ci s’exprime:

Il disait au Seigneur: «Ne finirai-je pas? Où voulez-vous encore que je porte mes pas? Je vivrai donc toujours puissant et solitaire?

Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre.»

(A. de Vigny) […] 3. Le futur peut être accompagné de compléments. Ceux-ci expriment d’une manière absolue (demain, dans huit jours, le trois août, à dix heures…) ou approximative (bientôt, un de ces jours, tard, etc.) la distance qui sépare le point de l’avenir où se situe le procès du présent

pris comme repère:

Demain, peut-être, le vieil homme, l’homme terrestre sera occupé en moi des préparatifs de la mort.

(Stendhal) […] 4. L’avenir est, par nature, incertain. L’accomplissement d’un procès y est, par conséquent, soumis à des conditions qui peuvent ne pas se réaliser. Tout futur admet des déterminants qui soulignent son

caractère hypothétique.

Tous ces gens-là seront peut-être un jour pendus! Ayons donc les égards pour eux qui leur sont dus!

(V. Hugo)

420. Valeurs d’emploi du futur

Les effets de sens qu’on tire du futur découlent des sentiments ou des perspectives dans lesquelles le locuteur et le narrateur envisagent l’avenir. Ces nuances ressortent du contexte.

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421. Futur d’ordre, de prière, d’appréhension

Le futur sert à exprimer:

1. un ordre formel ou un ordre atténué, des prescriptions ou des dispositions générales et permanentes:

Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement.[…]

(A. France)

2. une prière:

Vous accepterez, n’est-ce pas?

3. une prévision, une appréhension:

Tous deux sont armés d’une égale impudence; tous deux ont pour ventre un tonneau; non seulement ils sont gloutons, mais ils sont gourmets; tous deux se disputeront à dîner, non seulement la quantité mais la qualité.

(A. de Musset)

422. Futur de répétition. Futur d’anticipation

1. On exprime au moyen du futur une chose qui a l’habitude de se produire et dont on suppose selon toute vraisemblance qu’elle se reproduira encore:

Comme toutes choses humaines ont une fin, l’État dont nous parlons perdra sa liberté. […]

(Montesquieu) 2.Au moyen du futur, on prévient, par anticipation, une demande,

une objection:

Vous me demanderez si j’aime la richesse, Oui.

(A. de Musset)

423. Futur d’explication ou de supposition

Dans ce tour, le locuteur se situe fictivement dans l’avenir où il suppose trouver l’explication d’un fait actuel ou bien pouvoir constater une chose qu’il soupçonne.

Je ne trouve plus mes lunettes. Elles seront encore égarées.

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424. Futur dans une narration historique au passé

Par ce tour, le narrateur crée un décalage expressif dans un récit dont les verbes sont à un temps du passé ou au présent historique. Fort de ses connaissances il évoque au moyen du futur des faits qui sont passés par rapport à lui, mais qui étaent à venir par rapport au moment où se situe l’histoire racontée:

Jadis Orgon disait, instruit par Tartufe: Et je verrais périr parents, enfants et femme

Que je m’en soucierais autant que de cela. […]

(H. Taine)

425. Futur du style indirect libre

Dans les phrases indépendantesau style indirectlibre,le futur peut être employé. A la différence du conditionnel cette forme rappelle les termes mêmes et le ton du style direct:

Elleclaquaitdesdents:ilspasserontparLaon,ilsbrûlerontParis.

(J.-P. Sartre) […]

LE FUTUR ANTERIEUR

428. Valeur d’aspect du futur antérieur

Le futur antérieur, avec la valeur d’aspect qui lui est propre, sert à situer dans l’avenir un procès achevé:

Auras-tu bientôt fait, impertinent du diable?

(Molière) […]

429. Futur antérieur d’explication, de supposition

Comme le futur simple, le futur antérieur peut servir à formuler une explication ou une supposition:

Mes entrailles se tordent. Où est le pain?... Comment? Les chacals l’auront pris? Ah! Malédiction!

(G. Flaubert) […]

430. Futur antérieur de rétrospection

Dans ce tour, le locuteur se situe par imagination, fictivement, dans l’avenir; de là, il évoque l’état ultérieur qui succède à un fait de son passé:

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Enfin! Je l’aurai vue, cette pièce!

J’aurai même pas tiré un coup de fusil, dit-il avec amertume.

(J.-P. Sartre)

L’IMPARFAIT

432. Valeurs de l’imparfait

L’imparfait est la forme homologue du présent. Les emplois de l’un et de l’autre sont parallèles. La différence qui les sépare tient à la manière dont on envisage le procès. Au présent revient l’expression de tout ce que le locuteur ou le narrateur considèrent comme faisant partie de leur actualité au moment où ils parlent, où ils écrivent. Le présent sert à exprimer une actualité en train de se vivre, suivant la formule de Damourette et Pichon. A l’imparfait est dévolue l’expression de tout ce que le locuteur et le narrateur excluent de cette actualité vivante. L’opposition des deux formes n’est donc pas temporelle.

Si, en effet, dans certains cas, l’imparfait évoque par opposition au présent un fait passé:

Comparer:

Je ne veux pas le déranger: il travaille. Je n’ai pas voulu le déranger: il travaillait.

Dans d’autres cas il évoque des faits présents ou à venir exclus de notre actualité.

On ne peut donc pas classer l’imparfait parmi les temps du passé et sa valeur n’est pas du tout comparable à celle du passé défini ou du passé indéfini. […]

433. L’imparfait en fonction de présent dans le passé

Dans une première série d’emplois, l’imparfait évoque, comme fait le présent, des choses qui, à un moment quelconque du passé, ont constitué l’actualité du locuteur ou du personnage mis en scène. Il peut se définir là comme un véritable présent du passé. On le rencontre avec cette valeur dans des propositions indépendantes et dans des propositions subordonnées. L’imparfait y convient aussi bien à l’expression de procès ponctuels que de procès durables:

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Comparer:

Onchoisissaitlestempsd’orage;et,pourcespartieshasardeuses, on s’embarquait le matin, une heure avant l’aube.

(Stendhal)

[Madame d’Epinay] aimait bien ses amis, elle les servait avec beaucoup de zèle.

(J.-J. Rousseau)

434. Présent dans le passé. L’imparfait narratif ou descriptif

L’imparfait, dit narratif ou descriptif, sert à la relation d’états ou de faits passés que l’on évoque dans leur déroulement, dans leur succession au long de la durée:

Le temps était si beau et l’air si doux que tous les passagers restaient sur le pont.

(Chateaubriand)

435. L’imparfait narratif. Nuances attachées à cet emploi

Les nuances qui s’attachent à l’emploi de l’imparfait dans la narration découlent:

1. du sens des verbes mis à cette forme.

a)avec des verbes de sens imperfectif, l’imparfait est apte à évoquer une habitude, une progression, une succession, une répétition:

Si j’écrivais, on ne me répondait pas.

b)avec des verbes de sens perfectif, la désinence d’imparfait crée

une légère discordance qu’il convient d’interpréter.

Dans les exemples du type: En 1802, naissait à Besançon… l’imparfait suggère que le fait évoqué n’a pas épuisé toute son importance. C’est une forme de mise en relief […]

2. du contraste qui résulte de l’emploi d’un imparfait en relation avec un présent ou avec un passé (défini ou indéfini):

a)L’imparfait sert à poser comme un décor, les circonstances sur lesquelles se détache le procès exprimé au présent ou au passé: […]

b)Ildécritunétatdechosesqu’aouvertleprocèsexpriméaupassé:

Elle sentit son triomphe; mais elle n’en sentait pas encore toute l’étendue.

(Voltaire)

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c)Il décrit un état de choses auquel a mis fin le procès exprimé au passé ou au présent:

Je travaillais… on sonne. […]

d)Ces oppositions permettent à l’imparfait, suivant les contextes, de suggérer une explication:

J’écrivis à Madame de Pompadour… Je n’eus aucune réponse à ma lettre: elle était trop peu raisonnable pour être efficace.

(J.-J. Rousseau)

de souligner un rapport de cause à conséquence: Le train siffla longuement, on arrivait.

(A. Daudet) […]

436. Présent dans le passé. Imparfait d’imminence

L’imparfait, comme le présent, exprime une chose possible, d’une éventualité immédiate, qu’on a actualisée par anticipation:

Un instant après le train déraillait [= aurait déraillé]. […]

437. Présent dans le passé. Imparfait du style indirect libre

Dans les propositions indépendantes du style indirect libre, l’imparfait transpose des paroles, des pensées, qui, au moment où elles ont constitué l’actualité du locuteur, prenaient la forme du présent de l’indicatif:

On m’a souvent fait une question à la Cour : quel était celui de mes poèmes que j’estimais le plus.

(Corneille) […]

LE PLUS-QUE-PARFAIT

442. Définition

Conformément à sa valeur d’aspect, cette forme évoque, dans la même couleur que l’imparfait, un procès achevé:

Il avait trahi: il se tenait pour déshonoré.

443. Le plus-que-parfait d’antériorité

Mis en rapport avec un autre verbe à l’aspect simple, il est apte à traduire un rapport chronologique d’antériorité:

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Je revis le musicien David qui m’avait rendu service dans ma détresse, à un de mes précédents voyages.

(J.-J. Rousseau) […]

444. Le plus-que-parfait dans les phrases hypothétiques.

1.Dans les propositions subordonnées des phrases hypothétiques relatives au passé, le plus-que-parfait est, en français moderne parlé, la seule forme qui soit usuelle lorsqu’il s’agit de traduire un procès achevé:

Si vous me l’aviez dit, j’aurais agi en conséquence.

2.Dans la langue écrite, classique ou de tradition classique, cette forme peut céder la place au plus-que-parfait du subjonctif. Celui-ci insiste sur l’irréalité de l’hypothèse et suggère parfois le regret que la supposition soit vaine:

Si j’eusse été jeune et aimable, et que dans la suite madame d’Houdetot eût été faible, je blâmerais sa conduite; mais tout cela n’était pas.

(J.-J. Rousseau) […]

LE CONDITIONNEL

445. Définition

Pas plus que l’imparfait n’est à proprement parler un «temps du passé», le conditionnel n’est un «temps de l’avenir».

1.Il peut, sans doute, engager l’avenir et y situer un procès soumis

àune condition:

Je le ferais encore, si j’avais à le faire.

(Corneille)

ou indépendant de toute condition:

Quoi! Vous iriez dire à la vieille Emilie Qu’à son âge il sied mal de faire la jolie, Et que le blanc qu’elle a scandalise chacun?

(Molière) 2. Mais il peut aussi engager le présent, comme il ressort des cas où il est déterminé par des adverbes ou des locutions adverbiales telles

que en ce moment, maintenant:

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...En ce moment, on pardonnerait à tous ses ennemis...

(Stendhal) Cela invite à considérer, comme le font Damourette et Pichon, que le conditionnel a le même caractère fondamental que l’imparfait de l’in-

dicatif. Il sert à traduire des choses conçues strictement comme éventuelles et que, comme telles, on n’intègre pas à son actualité présente.

Un personnage à qui l’on a demandé quelque chose et qui, dans un élan, répond Je le fais! ou Je le ferai, s’engage; cette action, il la voit déjà faite ou il s’imagine la réalisant, et dans ce dernier cas il oublie tout ce qui peut s’opposer à son accomplissement. S’il répond Je le ferais, il laisse cette action soumise à toute l’incertitude de l’avenir et, la concevant ainsi, cette différence suffit à créer entre lui et elle une distance, un certain éloignement.[...]

REMARQUE. 1. Le nom de conditionnel est très malencontreux, puisque cette forme sert très souvent à évoquer des choses qui ne sont soumises à aucune condition. Au XVI -ème siècle, le grammairien Meigret proposait avec raison de l’appeler «forme en -rais». [...]

2. Pour s’être substituer dans beaucoup d’emplois à l’imparfait du subjonctif, le conditionnel n’est pas pour cela un mode. L’imparfait du subjonctif, comme on l’a vu, n’actualisait pas le procès et n’était pas par lui-même capable d’analyser le temps en époques. Il évoquait indifféremment une éventualité passée, présente ou à venir. Le conditionnel appartient au mode indicatif dans la mesure où il s’oppose à un présent et où l’éventualité qu’il évoque se détermine précisément à partir de ce présent, ainsi que l’a montré M.G. Guillaume.

446. Le conditionnel, forme de l’éventuel

En proposition indépendante, le conditionnel évoque un procès conçu comme éventuel.

1. Le procès peut être situé implicitement ou explicitement dans l’avenir:

«Mais, dit le prêtre, vous étiez témoin que l’épée a été empruntée?

— Certainement, dit don Garcia; je l’affirmerais devant toutes les cours du royaume.»

(P. Mérimée) [...]

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2. Le procès s’oppose à une situation présente ou bien fait l’objet d’une comparaison:

C’est dommage, dit alors le duc de la Vallière, que Sa Majesté nous ait confisqué nos dictionnaires encyclopédiques... nous y trouverions bientôt la décision de toutes nos questions.

(Voltaire) [...]

REMARQUE. On voit par ces exemples que le conditionnel, à lui seul, ne permet pas en français de distinguer ce qui est du domaine de l’avenir et ce qui est du domaine du présent. Il ne permet pas davantage de distinguer ce qui est du domaine du possible (potenciel) ou du domaine de l’impossible (irréel), du vraisemblable ou de l’invraisemblable; c’est au lexique qu’il revient d’expliciter ces nuances. [...]

447. Nuances attachées à cet emploi

Cette manière de concevoir le procès peut s’allier à des nuances de caractère affectif. Le conditionnel traduit ainsi:

1.un refus, une protestation: J’ouvrirais pour si peu le bec?

(La Fontaine)

2.un désir discret:

Enessayantd’imiterlesdames,il[monpère]renversaimmédiatement tout le liquide sur sa redingote et j’entendis ma mère murmurer:

«Il ferait mieux de se tenir tranquille.»

(G. de Maupassant)

3. un doute, une appréhension:

Ma foi, Sire, on ne veut plus faire crédit à Votre Majesté ni à moi non plus, et nous pourrions bien être coffrés cette nuit, vous et moi.

(Voltaire) [...]

4. une atténuation polie:

Je voudrais bien, dit Colomba, que vous en eussiez un semblable.

(P. Mérimée)

5. un fait que l’on rapporte sous toutes réserves: X renconterait Y prochainement. [...]

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