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MODE. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»

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et au plus-que-parfait de l’indicatif, auxquels ils sont constamment associés dans le style indirect: le conditionnel présent transpose dans le passé le futur, l’imparfait y transpose le présent; le conditionnel passé traspose dans le passé le futur antérieur, le plus-que-parfait y transpose le passé composé ou le passé simple.

C’est ce carré de quatre temps de perspective que la langue a utilisé pour se donner un second et nouveau système modal de la possibilité dans l’éventuel. Le schème du décalage temporel était donné par la temporalité de perspective; il suffisait, pour arriver à la modalité du possible dans l’éventuel, qu’un indicateur de modalité entre en jeu pour signaler le changement de signification du décalage temporel. La langue n’est pas allée bien loin pour le trouver: elle a pris pour modèle la construction si + ind. prés. ... futur que nous avons analysé au § a. Cette construction parvient à la modalité de l’éventuel probable par un décalage temporel signalé par l’indice si, le verbe principal étant au futur. Pour parvenir à la modalité de l’éventuel possible, il faut un décalage temporel supplémentaire obtenu par des formes en ais, et l’on parvient ainsi à l’imparfait, l’indice de changement de valeur étant toujours si; le même principe de décalage temporel appliqué au futur de la proposition principale donne le conditionnel; de là un premier schéma: si + imparfait de l’ind....conditionnel présent. Il suffisait d’appliquer ce mécanisme aux deux autres temps de perspective, pour obtenir un deuxième schèma: si + plus-que-parfait de l’ind....conditionnel «passé».

Cette métamorphose modale des temps de l’indicatif s’accompagne d’une transformation de leur énergie temporelle: puisque les formes de perspective du «conditionnel» sont employées en proposition principale (et même indépendante), elles retrouvent leur aptitude à poser le temps «absolu», mais sans pourtant revenir aux temps normalement employés dans ce cas en dehors de la phrase d’hypothèse: le conditionnel pose toujours le processus verbal dans un temps de l’axe primaire de la modalité indicative (système du or-maintenant — ou, en abrégé, système O–M), comme s’il agissait de présents ou de passés exprimés par un autre temps quelconque de l’indicatif. Ce qui entraîne une modification de la valeur de la perspective: désormais elle n’est

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plus temporelle, elle est devenue modale, l’éventuel étant la modalité de la perspective soumise à une condition.

Mais (chose remarquable et qui rejoint ce que nous avons constaté à propos de la construction si + ind.présent ... futur) puisque la langue se rapproche de la modalité subjonctive, l’expression du temps «absolu» ne connaît plus que deux divisions du temps: un présent-fu- tur indivis, en face d’un passé. De là la valeur temporelle des formes employées dans nos constructions: l’imparfait et le conditionnel dit «présent» expriment tous les deux le présent-futur indivis; le conditionnel passé et le plus-que-parfait expriment le passé.

On remarquera le parallélisme de la genèse modale des formes en -ais ou en -rais, et de la particule si; comme celle-ci, elles posent, comme s’il s’agissait d’une affirmation proprement indicative (si = «les choses étant ainsi», «posé ceci, à savoir...»); mais en même temps le contexte transforme cette position en simple supposition, si bien qu’on peut dire que c’est à travers une position que la langue actualise la supposition.

Une remarquable unité préside ainsi aux mécanismes employés par la langue pour se donner les modalités du probable et de l’éventuel. Là où le latin avait tantôt l’indicatif, tantôt le subjonctif, le français moderne vivant n’emploie plus que des formes temporelles indicatives. Un mécanisme unique les oriente vers la modalité subjonctive: le décalage temporel (on dirait peut-être mieux: la décadence temporelle), signalé par l’indice de modalité si. Les formes qu’elle choisit pour exprimer l’éventualité possible sont déjà affectées d’un décalage temporel, qui les mettait à la limite extérieure du système des temps de l’indicatif. En leur affectant l’indice si, elle les pousse encore davantage aux frontières de l’indicatif, tout contre le subjonctif, avec lequel elles s’apparentent étroitement par leur entrée dans le système du temps à deux divisions, mais avec lequel cependant elles ne se confondent pas.

La construction du subjonctif plus-que-parfait est une survivance du latin et de l’ancien français. La langue courante ne la connaît plus; mais elle reste très employée dans le style soutenu, qui en a fait une variante stylistique du tour plus-que-parfait de l’indicatif... conditionnel

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passé: le tour archaïque y semble parfois devenu une sorte de superéventuel du passé, dans lequel l’idée de l’irréel ou du regret semble encore plus nettement indiquée que par le tour usuel.

с) Nous avons jusqu’ici supposé que les formes en -rais appartenaient au système de l’indicatif, leur emploi modal s’expliquant par leur mise en corrélation avec des formes en -rais, elles-mêmes mises en corrélation avec l’indicateur modal si; la modalité de ces formes est une modalité intérieure à la modalité indicative, quoique située sur la frontièreoù cettemodalitétoucheàlamodalitésubjonctive.– Ilsemble qu’une pareille interprétation des faits ne soit plus possible dans les constructions où la correlation avec si manque, ce qui est le cas dans les subordonnées introduites par quand (même), au cas où, etc., et dans les propositions indépendantes où le conditionnel exprime à lui seul l’hypothèse: ne serait-il pas plus raisonnable, dans ces cas (et dans tous ceux précédemment étudiés) d’admettre qu’en fait il y a dès le système morphologique deux formes en -rais, dont l’homonymie masquerait la différence fondamentale: l’une aurait de soi valeur temporelle et appartiendrait à l’indicatif, l’autre aurait de soi valeur modale et formerait à elle seule un tiroir-mode, situé p. ex. entre le subjonctif et l’indicatif; il n’y aurait plus besoin, dans ces conditions, d’imaginer un passage actuel de la valeur temporelle à la valeur modale.

Cette solution d’un problème délicat ne manque pas d’élégance, et n’est certes pas absurde. Il ne semble cependant pas qu’elle s’impose. Outre qu’il faudrait supposer une double genèse dès les origines de la langue, l’hypothèse offre des difficultés sérieuses du seul point de vue synchronique. D’une part ce cas d’homonymie serait le seul à l’intérieur du système verbal (un participe devenant adjectif sort de ce fait du système verbal); d’autre part, au plan de la langue soutenue, le conditionnel-mode, qui n’a que deux formes temporelles, se situerait entreunsubjonctifquienauraitquatreetunindicatifquiencompterait dix, et du coup serait rompue l’harmonieuse progression du nombre des formes temporelles à mesure que l’on avance vers l’indicatif.

Il reste que, dans l’hypothèse de la valeur indicative du conditionnel, il faut expliquer le passage du sens temporel au sens modal. Voici comment on peut se le représenter. Au niveau de la langue, le

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morphème -r-, qui termine le radical des formes verbales en question, oriente celles-ci vers une valeur d’éventualité; à partir de ce radical les formes bifurquent. Une première bifurcation est celle qui mène soit à des formes en -ai soit à des formes en -ais.Al’intérieur des formes en -ais une seconde bifurcation, relative à la valeur seulement, conduit soit à l’emploi temporel, soit à l’emploi modal: c’est le contexte de la phrasequiindiquelechoix.Enrelationavecunprocessusaupasséavec lequelelleestmiseenperspective,laformeen-raisdevientspécifique- ment temporelle; en relation indirecte avec un si, elle devient modale; sans relation aucune, elle suit la même pente, qui est celle de sa valeur congénitale d’éventuel, laquelle reste alors la sienne jusqu’au bout de son actualisation. – A l’intérieur de cette détermination modale, une troisième bifurcation, tributaire du contexte elle aussi, conduit alors d’une part au potentiel, d’autre part à l’irréel. – Le point de référence décisif est ainsi moins la particule si (qui n’est qu’un élément adjuvant de caractère lexical) que l’élément -r-, suivi de la désinence -ais. C’est dans cette désinence que se fait le passage de la valeur temporelle à la valeur modale, exactement comme à l’imparfait (lequel cependant, ne comportant pas l’élément -r-, a besoin essentiellement du corrélatif si pour s’orienter vers la valeur modale). Ce faisant, la modalité indicative est distendue jusqu’à l’extrême limite de ses possibilités: le conditionnel modal est une espèce de subjonctif actualisé à travers un radical d’indicatif, que le morphème -r- a pour fonction d’éloigner en quelque sorte de l’indicatif.

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L. TESNIERE

Eléments de syntaxe structurale Paris, éd. C. Klincksieck, 1969, p.p. 428–430, 597–600

Chapitre 186

QUESTIONNAIRE:

1.L. Tesnière pourquoi étudie-t-il la catégorie du mode dans l’aspect psycologique?

2.Pourquoi divise-t-il les modes en modes logiques et modes affectifs?

3.Que signifie pour lui chacun de сes modes? Quelles définitions leur attribue-t-il?

4.Quels sont les modes principaux du type impératif?

5.Expliquez la phrase de L. Tesnière que l’indicatif est l’absence de mode de type impératif. Pourquoi appelle-t-il l’indicatif mode non marqué?

6.Comment L. Tesnière interprète-t-il l’infinitif? Pourquoi lui attribue-t-il le rôle primordial dans son analyse des modes?

7.Quel rôle attribue-t-il à la caractéristique sémantique (à la marque sémantique) dans la constitution de la valeur modale?

8.Pourquoi, d’après L. Tesnière, les modes affectifs répugnent-ils

às’accommoder de l’infinitif?

9.Comment peut-on expliquer le fait que parmi les modes qui ne sont pas incompatibles avec l’infinitif, L. Tesnière cite l’impératif?

10.Comment L. Tesnière décrit-il l’optatif qui appartenant aux modes affectifs n’est jamais compatible avec l’infinitif?

11.Sur quelle opposition L. Tesnier base-t-il son interprétation du subjonctif?

12.Pourquoi croit-il que les propositions infinitives ne peuvent être subordonnées à des verbes exprimant la volonté et la crainte?

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Infinitif et mode

1.La catégorie du mode est le reflet de l’attitude psychologique du sujet parlant vis-à-vis du procès qu’il exprime par le verbe. Ces attitudes étant susceptibles d’être très variées et surtout très nuancées, la classification des modes est chose délicate, et il est naturel que les grammairiens n’aient pu en faire une théorie rigoureuse.

2.Parallèlement au contenu de la psychologie des sujets parlants, qui est tantôt d’ordre plus ou moins logique, tantôt d’ordre plus ou moins affectif, on peut distinguer en gros les modes logiques et les modes affectifs.

3.Les modes logiques sont surtout des modes de pensée. Il est

rare qu’ils aient une expression grammaticale propre. C’est cependant

àeux que ressortit le conjuctural (cf. chap. 259, § 4).

4.Les modes affectifs sont généralement de type impératif parce

qu’ils expriment une action exercée par le sujet parlant sur le monde extérieur.

5.Les modes de type impératif, dont les principaux sont l’impératif, le subjonctif et l’optatif, ont dans nombre de langues une expression grammaticale propre. L’indicatif est l’absence de mode de type impératif.

6.Cessant d’être un verbe du fait de la translation, il est naturel que l’infinitif perde la faculté strictement verbale de comporter des différences de mode. La notion de mode est donc en principe étrangère

àl’infinitif.

7.Ni en grec, ni en latin, ni en français, ni en allemand, l’infinitif n’est susceptible d’être mis à l’une ou à l’autre des formes modales, à tel point que la grammaire de ces langues n’hésite pas à faire un mode de l’infinitif lui-même, ce qui, dès qu’on a reconnu qu’il procède en réalité d’un fait de translation, apparaît comme un vain effort pour le faire entrer de force dans les cadres de la grammaire traditionnelle, laquelle ignore la translation.

8.Cependant l’infinitif est encore trop près de ses origines verbales pour être toujours incompatible avec la notion de mode. Et, par un phénomène de retard analogue à celui qui a déjà été étudié [...], il peut conserver la faculté d’assumer l’expression de certaines nuances

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modales, sinon de façon active et explicitement marquée, tout au moins de façon passive et non marquée.

9.Le degré de conservation de cette faculté est d’ailleurs très variable d’un mode à l’autre.

10.C’est qu’il dépend dans une large mesure de ce que les phonologues de l’Ecole de Prague appellent la marque, c’est-à-dire de la caractéristique sémantique, qui constitue la valeur modale.

11.D’unefaçongénéralelescaractéristiqusmodalesseconservent d’autant mieux que leur marque sémantique est moins accentuée.

12.C’est ainsi, que les modes logiques, qui n’ont en principe guère de marque sémantique, peuvent se conserver assez longtemps

àl’infinitif.

13.Parcontrelesmodesaffectifs,souventplusfortementmarqués, répugnent en général à s’accommoder de l’infinitif, qui ne conserve généralement pas la faculté d’exprimer une marque modale accentuée.

14.Parmi les modes qui ne sont pas incompatibles avec l’infinitif, il convient de citer l’impératif.

15.L’infinitif à valeur d’impératif est assez courant dans la plupart des langues: fr. agiter avant de s’en servir, all. Tür schliessen

«fermer la porte» [...].

16.L’infinitif à valeur d’impératif est bien connu en indo-iranien et en grec, et E. Benvéniste a montré (Origines de la formation des noms en indo-européen, p. 132–133) que ses deux modes peuvent provenir d’une même forme indo-européenne ancienne à suffixe nominal en -en- non fléchi (cas indéfini) [...]

17.En italien l’emploi de l’infinitif est même de rigueur à la deuxième personne du singulier pour exprimer l’impératif négatif: chiudi la porta «ferme la porte», mais non chiudere la porta «ne ferme pas la porte».

18.Parmi les modes qui sont incompatibles avec l’infinitif, il convient de citer d’abord l’optatif et le subjonctif, qui sont des modes affectifs, mais il y a lieu de faire également une place au conjectural [...], qui, bien que mode logique, est très fortement marqué sémantiquement.

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19.Il ne semble pas que l’optatif soit jamais compatible avec l’infinitif. Il est vrai que ce mode se rencontre assez rarement dans les langues et que, parmi les langues indo-européennes, seuls le sanskrit et le grec ancien l’ont conservé assez vivant pour qu’on puisse y étudier utilement son fonctionnement.

20.Pour le subjonctif, il convient de ne pas perdre de vue qu’il s’oppose, comme mode marqué, à l’indicatif mode non marqué.

21.Or, le latin peut transférer en propositions infinitives les indépendantes à mode non marqué: Deus est sanctus «Dieu est saint». Et c’est ainsi que les infinitives peuvent être subordonnées aux verbes déclaratifs: Credo Deum esse sanctum «je crois que Dieu est saint».

22.Par contre le latin se refuse à transférer en infinitives les indépendantes à mode marqué. Et c’est pourquoi les infinitives ne peuvent être subordonnées à des verbes exprimant la volonté ou la crainte.

23.Pour les subordonnées de ses verbes il y a lieu de recourir à la translation de second degré: nobis imperat ut loquamur «il nous ordonne de parler», timeo ne ueniat «je crains qu’il ne vienne».

24.C’est que l’infinitif et la proposition infinitive dont il est le nœud central sont impuissants à assumer en latin l’expression de la nuance modale de volonté ou de crainte qui exigerait, dans l’indépendante dont procède la subordonnée, l’emploi d’un mode marqué.

25.Ainsis’expliquequecertainsverbesrégissantslatinsadmettent ou non une subordonnée infinitive, selon que la nuance de sens qu’ils expriment appelle un mode non marqué ou un mode marqué.

26.On dira, par exemple: non dubitabo proficisci «je n’hésiterai pas à partir» (mode non marqué), mais, non dubito quin id uerum sit «je ne doute pas que cela soit vrai» (mode marqué à cause de l’idée de doute, même négative).

27.De même on dira uereor loqui «je n’ose pas parler» (mode non marqué), mais timeo ne ueniat «je crains qu’il ne vienne» (mode marqué à cause de l’idée de crainte).

28.Ala différence du latin, le grec admet que les verbes exprimant une volonté puissent régir une proposition infinitive [...].

29.C’est que, sans doute par un phénomène de retard dans la disparition des caractéristiques verbales, l’infinitif ne se refuse pas à

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assumer en grec l’expression de la nuance modale exprimée par le mode marqué qu’entraînerait dans l’indépendante l’idée de volonté exprimée par le verbe de la régissante.

30.Enfin le conjectural, que nous appelons improprement conditionnel en français (v. ch. 259, § 4), semble être, en générale, une notion assez étrangère à l’infinitif. Effectivement ni le français, ni le latin ne connaissent d’infinitif conjectural.

31.Cependant, sans doute par un phénomène de retard dans la disparition des caractéristiques verbales, le grec peut construire l’infinitif avec la particule conjecturale ăυ [...]

QUESTIONNAIRE:

1.Qu’est-ce que c’est qu’une phrase hypothétique?

2.Quelle proposition est-elle appelée suppositionnelle et laquelle s’appelle-t-elle conjecturale?

3.Quel nom L.Tesnière donne-t-il à la proposition suppositionnelle si elle est réalisable? Comment l’appelle-t-il si la supposition est contraire à la réalité actuelle?

4.Quelle est la différence, d’après L.Tesnière, entre les phrases hypothétiques et les phrases simplement conditionnelles? Comment cette différence influence-t-elle le choix du mode?

5.Quesignifiel’affirmationdeL.Tesnièreque«onutiliselaforme du passé du verbe comme marquant, non du sens passé mais du sens

hypothétique de la phrase conditionnelle.»

6.Comment sont les analogues d’emploi de la suppositionnelle et de l’hypothétique en français, en allemand, en anglais et en russe?

7.Dans quels cas, au lieu d’avoir recours à la forme du temps, on utilise celle de la sécution?

8.Est-ce possible de marquer une différence de temps dans l’hypothétique en russe? Par quels moyens peut-on traduire la notion du passé ou du présent dans l’hypothétique?

9.Est-ce que la proposition hypothétique peut se combiner avec la proposition comparative?

10.Quels sont les translatifs de la comparative hypothétique en français, en latin et en russe?

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Chapitre 259

Laphrase hypothétique

1.De même que la conditionnelle est un cas particulier de la causale,de même l’hypothétique est un cas particulier de la conditionnelle.

2.La phrase est hypothétique lorsque la condition exprimée dans la protase est elle-même le fait d’une hypothèse.

3.Dans la phrase hypothétique, la conditionnante (protase) exprime une supposition et la conditionnée (apodose) la conjecture que l’on fonde sur cette supposition.

4.C’est pourquoi nous appellerons la première suppositionnelle et la seconde conjecturale.

5.Il est si vrai que la conditionnante hypothétique (suppositionnelle) exprime une supposition que le français populaire emploie volontier comme translatif de la suppositionnelle la locution conjonctive une supposition que au lieu de la conjonction si: une supposition que je sois riche, je ferais de beaux voyages, c’est-à-dire «si j’étais riche, etc...».

6.Les grammairiens ont continué de distinguer deux espèces de suppositionnelles selon que la supposition qui y est exprimée est réalisable ou non. Si elle est réalisable, la suppositionnelle reçoit le nom de potentiel. Si la supposition est contraire à la réalité actuelle, la

suppositionnelle reçoit le nom d’irréel.

7.Dans certaines langues les phrases hypothétiques sont marquées par le mode subjonctif par opposition au mode indicatif qui se rencontre dans les phrases simplement conditionnelles. C’est ainsi qu’en face de l’indicatif de la phrase conditionnelle felix ero, si amicum habebo «je serai heureux, si j’ai un ami», le latin emploi le subjonctif dans les phrases hypothétiques: futur: felix sim, si amicum habeam «je serais heureux, si (plus tard) j’avais un ami», présent: felix essem, si amicum haberem «je serais heureux si (maintenant) j’avais un ami»,passé: felix fuissem, si amicum habuissem, «j’aurais été heureux, si j’avais eu un ami».

8.Le latin peut aussi marquer la suppositionnelle par le translatif ut suivi du mode subjonctif. Le sens de la suppositionnelle ne peut

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