MODE. Пособие по курсу «Теоретическая грамматика французского языка»
.pdf2. En tant que forme du verbe, il implique un agent ou un siège représenté par un substantif ou un pronom; il admet des compléments, parmi lesquels des compléments d’objet si le verbe est transitif:
Deux mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé, L’autre portant l’argent de la gabelle.
(La Fontaine)
3. Il peut assumer les fonctions d’un adjectif. [...]
LE GERONDIF
366. Définition
En français moderne, le gérondif se distingue du participe présent parce qu’il est toujours précédé de la préposition en, quelquefois renforcée au moyen de l’adverbe tout:
Tout en causant, le mercier avait mis sa balle à terre.
(Diderot) [...]
367. Valeur du gérondif
Le gérondif équivaut pour le sens à un complément circonstanciel; il évoque un procès secondaire qui accompagne l’action principale:
Ses palais se touchent les uns les autres; en passant dans la rue, on voit ces grands plafonds patriciens tout peints et dorés.
(G. Flaubert)
Il avait beaucoup lu, hâtivement, superficiellement, en passant la moitié des pages, en inventant ce qu’il n’avait pas lu.
(R. Rolland)
368. Construction du gérondif
Usagemoderneveutquel’agentduverbeaugérondifsoitlemême que celui du verbe au mode personnel que détermine le gérondif. C’est une exigence de clarté recommandable en bien des cas. Mais les écrivains de l’époque classique étaient sur ce point plus libéraux que les grammairiens modernes. On rencontre chez eux nombre de gérondifs qui ont pour agent un autre mot que celui du verbe au mode personnel, ou qui sont employés en constructions absolues:
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Vous m’êtes, en dormant, un peu triste, apparu.
(La Fontaine)
L’abbesse ne faisait autre chose jour et nuit que lever les mains au ciel, ne lui restant plus aucune espérance de secours de la part des hommes.
(Racine) Si donc on ne conseille pas de suivre l’exemple des écrivains modernes qui usent de cette liberté, on ne peut cependant pas les taxer
d’incorrection.
Le pont rompu fait ventre au milieu et ne vous laisse passer qu’en vous baissant.
(E. de Goncourt)
[= que si vous vous baissez]
Le bonheur s’obstient en n’y pensant pas.
(H. de Montherlant)
[= si l’on n’y pense pas]
II. LES MODES PERSONNELS ET NON TEMPORELS
LE SUBJONCTIF
QUESTIONNAIRE:
9.Pourquoi le subjonctif ainsi que l’impératif sont-ils considérés comme modes personnels mais non temporels?
10.Quelles sont les valeurs principales du subjonctif?
11.Qu’est-ce qui permet à R.L.Wagner et J. Pinchon de définir le subjonctif comme mode au moyen duquel on interprète le procès?
12.Qu’est-ce que le subjonctif exprime en proposition non dépen-
dante?
13.Quels sont les emplois essentiels du subjonctif présent?
14.Quels sont les emplois du subjonctif imparfait et plus-que-
parfait?
15.Quels sont les emplois du subjonctif présent ou passé en proposition dépendante? Quand le subjonctif est-il d’un emploi obligatoire?
16.Dans quels cas le subjonctif se substitue à l’indicatif?
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17. Quelles sont les particularités et les valeurs d’emploi de l’impératif en tant que mode personnel non temporel?
369. Morphologie
Le subjonctif se compose de deux temps. Chacun de ceux-ci comporte deux aspects: un simple, un composé. L’ensemble constitue quatre séries de formes.
Actif |
|
Présent |
Imparfait |
Aspect simple Que j’aime (etc.) |
Que j’aimasse (etc.) |
Passé |
Plus-que-parfait |
Aspect composé Que j’aie aimé (etc.) |
Que j’eusse aimé (etc.) |
Passif |
|
Présent |
Imparfait |
Aspect simple Que je sois aimé (etc) |
Que je fusse aimé (etc.) |
Passé |
Plus-que-parfait |
Aspect composé Que j’aie été aimé (etc.) |
Que j’eusse été aimé (etc.) |
REMARQUE. Les noms sous lesquels on désigne ce mode et les formes simples qui le composent caractérisent très imparfaitement leur valeur.
a) “Subjonctif” (lat. subjungere: mettre sous la dépendance de...) convient bien à désigner les formes de ce mode lorsqu’on les emploie en proposition subordonnée sous la dépendance d’un terme principal:
Je ne pense pas qu’il vienne.
Mais il ne s’applique pas aux formes de ce mode employées en proposition indépendante ou principale:
Périsse le Troyen, auteur de mes alarmes!
(Racine)
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b) Les termes de présent et de passé caractérisent très mal l’opposition de l’aspect simple et de l’aspect composé qui confrontent un procès en cours et un procès achevé:
Comparer:
Je suis heureux que vous réussissiez. Je suis heureux que vous ayez réussi.
D’autre part la valeur temporelle de ces formes se dégage le plus souvent du contexte. Dans Je suis heureux que vous réussissiez, «réussissiez» n’est pas à proprement parler un présent puisqu’il ne s’oppose ni à une forme de futur ni à une forme propre de passé. Il engage à la fois une portion de passé, le présent et l’avenir.
Si l’on compare
Je regrette qu’il soit venu et J’attendrai qu’il soit venu
on voit que qu’il soit venu sert aussi bien à évoquer un fait éventuel, non réalisé, attendu dans l’avenir qu’à évoquer un fait réel, situé dans le passé.
370. La valeur du subjonctif
La valeur propre du subjonctif résulte de l’opposition dans laquelle ce mode se trouve par rapport à l’indicatif. Grace au nombre de ses formes, l’indicatif est apte à actualiser un procès. On se sert de lui pour poser une chose, pour la situer dans l’une des trois époques de la durée. Du fait qu’il possède un nombre de formes beaucoup plus restreint, le subjonctif n’est pas apte aux mêmes emplois. En conséquence on se sert de lui toutes les fois que dans un énoncé la prise en considération d’un fait, l’interprétation d’un fait l’emportent sur l’actualisation de ce fait.
Comparer
Voici deux triangles: ce sont des triangles égaux. Soit deux triangles égaux.
[Dans la première phrase, on présente deux figures, dessinées. On pose qu’elles ont les mêmes proportions. Le fait est actualisé, d’où l’emploi du mode indicatif. Dans la seconde, le fait n’est pas posé mais envisagé, admis au départ d’un raisonnement ou d’un problème.
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Ce n’est pas son actualisation qui compte, mais la suite, qui, elle, sera posée. D’où l’emploi du subjonctif.]
Comparer
Je doute (je suis content) qu’il vienne. Je sais qu’il viendra.
[Dans le premier exemple, ce qui compte, c’est la couleur qu’on donne au fait envisagé, le sentiment que son éventualité suscite. L’actualisation du fait lui-même est secondaire, passe au second plan, l’accent de la phrase porte sur la principale. Dans le second exemple, c’est la venue de X... actualisée, explicitement posée et située dans l’avenir, qui passe au premier plan.]
Le subjonctif se révèle ainsi propre à exprimer que le procès est présenté comme l’objet d’un jugement, d’un sentiment, d’une volonté et non comme un fait que l’on pose en l’actualisant.
REMARQUES. 1. Il est inexact de définir le subjonctif comme le mode de la non-réalité par opposition à l’indicatif qui serait celui de la réalité.
Le subjonctif évoque un fait réel dans je suis heureux qu’il soit venu. L’indicatif n’exprime pas un fait réel lorsqu’on pose, au futur, je crois qu’il viendra.
2. Il est inexact de justifier l’emploi du subjonctif par des raisons mécaniques tirées, par exemple, du caractère interrogatif ou négatif de la proposition principale. En fait, une alternance entre l’indicatif et le subjonctif, comportant une nuance, est possible après une proposition interrogative ou négative:
D’où tenez-vous qu’il a fait cela?/ ait fait cela? On ne saurait dire qu’il a changé. / ait changé.
aussi bien qu’après une proposition principale positive:
Je suppose qu’un moine est toujours charitable.
(La Fontaine)
Je suppose que les hommes soient éternels sur la terre...
(La Bruyère)
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371. Le subjonctif. Mode de l’interprétation du procès
Le subjonctif peut être ainsi défini comme le mode au moyen duquel on interprète le procès.
1. L’interprétation est implicite lorsque le subjonctif est employé en proposition indépendante, ou en proposition incise:
Moi, héron, que je fasse une si pauvre chère!
(La Fontaine)
Il n’est pas, que je sache, à bout de ressources.
2. L’interprétation est explicite lorsqu’un terme principal (verbe, substantif, conjonction ou locution conjonctive) commande l’emploi du subjonctif en proposition subordonnée et suggère que le procès n’est pas posé, mais envisagé:
L’idée qu’il s’éloigne m’est pénible. Je regrette qu’il nous quitte
Il rejeta son oreiller, s’étendit avec précaution sans que sa machine en souffrît, perdit connaissance.
(F. Mauriac)
372. Vitalité du subjonctif en français
Le tableau des formes du subjonctif qu’on a donné au paragraphe 369 correspond, historiquement, à deux états de langue distincts [...] 1.Enfrançaismoderne,lesubjonctifprésentetsaformecomposée demeurent très vivants. Ils continuent à tenir presque tous les emplois qu’ils occupaient dans la langue classique. En revanche, l’imparfait et le plus-que-parfait ne sont plus en usage dans la langue parlée. Dans la langue écrite, ils ne servent plus guère que de formes de concordance
après un verbe principal au passé:
Il fallut cet accident pour que Raymond Courrèges et Maria Cros se fissent signe enfin.
(F. Mauriac)
Encore leur emploi est-il en recul.
2. En français classique, au contraire, l’imparfait du subjonctif possédait encore une valeur propre, héritée de l’ancien français, qui en rendait l’emploi très fréquent:
On craint qu’il n’essuyât les larmes de sa mère.
(Racine)
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373. Le subjonctif en proposition non dépendante
En proposition indépendante et dans les propositions incises, le subjonctif ne dépend pas d’un terme principal. Il exprime de luimême, par sa propre force modale, que le procès est envisagé par un acte d’intelligence ou bien qu’il est l’objet d’un sentiment.
374. Emploi du subjonctif présent.
Le subjonctif présent est ainsi propre à traduire et à souligner: 1. une hypothèse, une supposition:
Qu’on lui confie les clefs, qu’on lui présente le papier, il montrera, non sans transport, le vieux chien, qu’il n’est ni plus sot ni moins sportif que ceux de la jeune génération.
(G. Duhamel)
2. une concession:
Passe pour cette fois.
Faudra-t-il aussi que j’aboie? Nous n’avons jamais eu le même code des convenances, que je sache.
(Colette)
3. un ordre:
Qu’on sache si ma mère est encore en ces lieux!
(Racine)
4. un vœu, un souhait, une prière ou au contraire un refus:
Veuille (ou Fasse) le Ciel que...
Ah! vienne vite le Printemps.
(Verlaine)
HISTORIQUE. Dans ces emplois, la seule différence d’usage entre le français classique et le français moderne tient à la construction du subjonctif avec ou sans que.
1. En français moderne, que est obligatoire dans les ordres, dans les défenses à la 3-ème personne, ainsi que dans le refus d’une hypothèse et dans les suppositions:
Allons! qu’on m’obéisse, et vite! Qu’il n’aille pas me dire qu’il a oublié!
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Que je mente, moi?
Qu’une gelée survienne et tous les bourgeons serons brûlés. Que est très fréquent, sans être absolument obligatoire, dans les
souhaits:
(Que) le diable t’emporte! – (Que) Dieu te protège! Périsse le serment qui m’enlève Atala.
(Chateaubriand) D’une façon générale, les subjonctifs de souhait, de concession, et de supposition sans que constituent des locutions figées ou appar-
tiennent à la langue littéraire archaïsante:
Vive la France! – Ainsi soit-il! – Fasse le Ciel que... – Coûte que coûte. – Passe! [...]
2. En français classique, l’emploi de que dans ces phrases était beaucoup plus libre. Il était soumis, en vers, aux exigences du mètre:
Soit une vérité, soit un conte, n’importe.
(Corneille)
375. Emploi du subjonctif imparfait et plus-que-parfait
En proposition non dépendante, le subjonctif imparfait ou plus- que-parfait n’est plus employé que dans des tours figés, à moins que des auteurs ne l’utilisent par volonté d’archaïsme. Dans la langue moderne, ces deux formes ont cédé la place au conditionnel (à la forme simple ou à la forme composée).
1.L’imparfait du subjonctif, conformément à son ancienne valeur, traduit une pure éventualité, en dehors de toute catégorie temporelle:
Nous voulons de l’amour N’en fût-il plus au monde. (Livret de La Belle Hélène)
2.Le subjonctif plus-que-parfait évoque:
a) une éventualité passée qui ne s’est pas réalisée:
O toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!
(Baudelaire) b) une éventualité dans le passé qui n’ayant pas été réalisée donne lieu, parfois, à un regret. C’est ainsi qu’il faut interpréter le plus-que-
parfait du subjonctif dans cette phrase de Beaumarchais:
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Las d’attrister des bêtes malades, et pour faire un métier contraire, je me jette à corps perdu dans le théâtre. Me fussé-je mis une pierre au cou!
(Mariage de Figaro, V, 3) [Figaro laisse plaisamment entendre qu’il regrette de ne pas s’être noyé, alors qu’il lui était possible de le faire, au lieu d’écrire des pièces
pour la scène.]
c) un fait réel, passé, mais qu’on élimine par hypothèse:
N’eût été la souffrance, chacun se serait félicité d’être à l’hôpital.
(M.Aymé) [...]
376. L’emploi du subjonctif présent ou passé en proposition dépendante
[...]
1.Propositions conjonctives introduites par que:
Il est douteux qu’il vienne à cette heure-ci. L’idée qu’il s’éloigne me fait de la peine. Je crains qu’il ne réussisse pas.
2.Propositions relatives:
On cherche un ouvrier qui sache travailler le bois. Il est le seul qui ait réussi.
3. Propositions circonstancielles:
Venez avant qu’il ne soit parti.
Agissez en sorte qu’on ne puisse rien vous reprocher. Je le dirai, pour peu qu’on me le demande.
Je le dirai, que cela plaise ou non.
377. Emploi obligatoire du subjonctif présent ou passé
Dans certaines de ces propositions, le subjonctif est d’un emploi obligatoire, comme il ressortira des règles concernant la syntaxe des propositions subordonnées.
Le procès qui constitue le centre de la subordonnée n’est pas actualisé:
1. soit qu’on se borne à l’envisager (comme possible, douteux, nécessaire, indifférent).
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Que je haïsse ou que j’aime, je sais pourquoi.
(Diderot) [...] 2. soit qu’on le présente comme l’objet d’un sentiment (volonté,
souhait, regret):
Il se fâche que sa fille unique, Vanina, ne veuille pas se marier.
(Stendhal) [...] 3. soit que le terme principale dégage ou fasse passer au premier plan une nuance particulière de la relation qui l’unit à la proposition
dépendante.
a) Intention:
Vous m’apporterez ce dossier pour que je le contrôle.
(Saint-Exupéry)
b) Concession d’une circonstance secondaire:
Cependant cette mer d’harmonie n’est point un chaos. Si grosse et si profonde qu’elle soit, elle n’a point perdu sa transparence.
(V. Hugo)
c) Opposition, contraste ou restriction:
Le pain est hors de prix, encore s’en faut-il bien qu’il soit de pur froment.
(A. France)
d) Proportion:
Pour peu qu’il s’intéresse à l’affaire, il nous aidera.
Pour peu qu’il y ait quelques arbres à côté de la voie, on y casse la croûte.
(H. Bosco)
e) Négation d’une cause ou d’une conséquence:
Non parce que je prétende à lui être comparée [à Mme de Sévigné].
(Madame du Deffand) [...]
378.Alternance du subjonctif et de l’indicatif
Dans les propositions dépendantes le subjonctif se substitue à l’indicatif toutes les fois qu’au lieu d’actualiser le procès et de le situer dans une époque on l’interprète selon les valeurs qui ont été définies au paragraphe 370 et au paragraphe 371.
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